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Programme de rétablissement de la gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri) au Canada - 2017 [Proposition]

Partie 2 – Programme de rétablissement de la gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri) en Ontario, préparé par Judith Jones pour le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario

Gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri) en Ontario
Série de Programmes de rétablissement de l'Ontario
Programme de rétablissement préparé en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition - 2015

Programme de rétablissement de la gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri) en Ontario

Photo de partie 2 couverture de documentPhoto: © Theodore Flamand

 

Naturel. Apprécié. Protégé
Ministère des Richesses naturelles - Ontario


Information sur le document

À propos de la Série de Programmes de rétablissement de l'Ontario

Cette série présente l'ensemble des programmes de rétablissement préparés ou adoptés à l'intention du gouvernement de l'Ontario en ce qui concerne l'approche recommandée pour le rétablissement des espèces en péril. La province s'assure que la préparation des programmes de rétablissement respecte son engagement de rétablir les espèces en péril en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) et de l'Accord pour la protection des espèces en péril au Canada.

Qu'est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est le processus par lequel le déclin d'une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces qui pèsent sur cette espèce sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie à l'état sauvage.

Qu'est-ce qu'un programme de rétablissement?

En vertu de la LEVD 2007, un programme de rétablissement fournit les meilleures connaissances scientifiques disponibles quant aux mesures à prendre pour assurer le rétablissement d'une espèce. Un programme de rétablissement présente de l'information sur les besoins de l'espèce en matière d'habitat et sur les types de menaces à la survie et au rétablissement de l'espèce. Il présente également des recommandations quant aux objectifs de protection et de rétablissement, aux méthodes à adopter pour atteindre ces objectifs et à la zone qui devrait être prise en considération pour l'élaboration d'un règlement visant l'habitat. Les paragraphes 11 à 15 de la LEVD 2007 présentent le contenu requis et les délais pour l'élaboration des programmes de rétablissement publiés dans cette série.

Après l'inscription d'une espèce sur la Liste des espèces en péril en Ontario, des programmes de rétablissement doivent être préparés dans un délai d'un an pour les espèces en voie de disparition et de deux ans pour les espèces menacées. Une période de transition de cinq ans (jusqu'au 30 juin 2013) est prévue pour l'élaboration des programmes de rétablissement visant les espèces menacées et en voie de disparition qui figurent aux annexes de la LEVD 2007. Des programmes de rétablissement doivent obligatoirement être préparés pour les espèces disparues de l'Ontario si leur réintroduction sur le territoire de la province est jugée réalisable.

Et ensuite?

Neuf mois après l'élaboration d'un programme de rétablissement, un énoncé de réaction est publié. Il décrit les mesures que le gouvernement de l'Ontario entend prendre en réponse au programme de rétablissement. La mise en œuvre d'un programme de rétablissement dépend de la collaboration soutenue et des mesures prises par les organismes gouvernementaux, les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres et les partenaires de la conservation.

Pour plus d'information

Pour en savoir plus sur le rétablissement des espèces en péril en Ontario, veuillez visiter la page Web des espèces en péril du ministère des Richesses naturelles.

Référence Recommandée

Jones, J. 2015. Programme de rétablissement de la gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri) en Ontario, Série de Programmes de rétablissement de l'Ontario, préparé pour le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario, Peterborough, Ontario, vi + 37 p.

Illustration de la couverture : Gérardie de Gattinger. Photo : Theodore Flamand. Cette photo ne peut pas être reproduite séparément du présent document sans la permission du photographe.

Content (excluding the illustrations) may be used without permission, with appropriate credit to the source.

Auteurs

Judith Jones, Winter Spider Eco-Consulting, Sheguiandah, Ontario

Remerciements

Certains éléments utilisés dans le présent document proviennent de versions antérieures préparées par Judith Jones, Jarmo Jalava et Holly Bickerton, sous la direction de l'Équipe de rétablissement des alvars de Bruce-Manitoulin et de l'Agence Parcs Canada.

Merci aux personnes et organismes suivants pour les renseignements qu'ils ont fournis : Anthony Chegahno (Première Nation de Neyaashiinigmiing), Theodore Flamand (Wikwemikong Department of Lands and Natural Resources), Clint Jacobs (Walpole Island Heritage Centre), G'mewin Migwans (United Chiefs and Councils of Mnidoo Mnising), Will Kershaw (Parcs Ontario) et Nikki Boucher (ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario, district de Sudbury). Merci aussi à Theodore Flamand d'avoir permis l'utilisation de ses photos.

Déclaration

Le programme de rétablissement de la gérardie de Gattinger a été élaboré conformément aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD). Il a été préparé à l'intention du gouvernement de l'Ontario, d'autres instances responsables et des nombreuses parties qui pourraient participer au rétablissement de l'espèce.

Le programme de rétablissement ne représente pas nécessairement les opinions de toutes les personnes qui ont prodigué des conseils ou participé à sa préparation, ni la position officielle des organisations auxquelles ces personnes sont associées.

Les buts, les objectifs et les méthodes de rétablissement présentés dans le programme se fondent sur les meilleures connaissances disponibles et pourraient être modifiés au fur et à mesure que de nouveaux renseignements deviennent disponibles. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

La réussite du rétablissement de l'espèce dépendra de l'engagement et de la collaboration d'un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme.

Autorités responsables

Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario
Environnement Canada – Service canadien de la faune, Ontario

Sommaire

La gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri) figure parmi les espèces en voie de disparition de la province en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) de l’Ontario et elle est inscrite à titre d’espèce en voie de disparition au Canada à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP).

La gérardie de Gattinger est une petite plante vivace rêche de moins de 15 cm de hauteur dont les feuilles opposées sont très minces et les fleurs rose pâle en forme d’entonnoir se présentent séparément à l’extrémité de tiges effilées. Elle fleurit de la fin juillet jusqu’à la fin septembre. L’espèce possède une banque de semences de longue durée. À preuve, des semences auraient germé après plus de 10 années d’entreposage. Les tailles des populations peuvent fluctuer, et si aucun plant vivant de gérardie de Gattinger n’a été observé pendant une année donnée, il ne faut pas présumer pour autant que le site est inoccupé.

Il y a 26 occurrences existantes de gérardies de Gattinger en Ontario et cinq au Manitoba. En Ontario, la gérardie de Gattinger est présente dans les prairies à herbes hautes ainsi que dans des alvars qui lui servent d’habitats. On trouve l’espèce sur l’île Manitoulin et dans les environs, sur la péninsule Bruce ainsi que sur l’île Walpole. On dénombre au moins 18 occurrences dans des réserves des Premières Nations ou sur d’autres terres qui forment un territoire traditionnel ou revendiqué par les Premières Nations. On compte trois occurrences dans des aires protégées et deux occurrences dans un prolongement proposé pour un parc provincial. L’abondance totale en Ontario se chiffre à environ 70 000 individus, mais ce nombre fluctue. Sur l’île Walpole, l’espèce subit un déclin important. Dans la région de Manitoulin, des dommages ont été causés à quatre sites détenus par des sociétés, mais on ignore l’étendue des méfaits. La plupart des autres sites abritent vraisemblablement des populations stables.

Les menaces qui guettent la gérardie de Gattinger comprennent le développement, les changements qui s’opèrent dans les processus écologiques, la conversion des prairies en terres agricoles, l’extraction des agrégats, l’invasion par les espèces exotiques, l’exploitation forestière et les activités industrielles, l’utilisation de véhicules hors route, le broutage du bétail, les dommages causés par le piétinement ainsi qu’un manque de sensibilisation à la vulnérabilité des alvars, qui sous-tend plusieurs menaces.

L’objectif de rétablissement se résume à maintenir des populations autosuffisantes de gérardies de Gattinger dans leur répartition actuelle en Ontario en conservant et en protégeant l’habitat et en réduisant les autres menaces. Les objectifs de rétablissement consistent à :

  • Évaluer les menaces et prendre des mesures d’atténuation et de réduction;
  • Employer des outils stratégiques, le cas échéant, pour protéger la gérardie de Gattinger;
  • Mieux faire connaître la gérardie de Gattinger et ses habitats sensibles;
  • Combler les lacunes dans les connaissances.

Un certain nombre de mesures et d’actions sont suggérées afin d’atteindre ces buts et ces objectifs et de s’attaquer aux menaces.

Il est recommandé que l’habitat visé par la réglementation soit désigné comme suit :

  • Toutes les régions où la gérardie de Gattinger pousse ou a poussé, à moins que des levés montrent que toutes les espèces ont été absentes pendant plus de10 ans;
  • Toute nouvelle région où l’espèce sera découverte dans l’avenir;
  • La région où des plants vivants de gérardie de Gattinger poussent ou ont déjà poussé ainsi que tout le polygone de végétation visé par la classification écologique des terres (CET) dans lequel il y a une occurrence;
  • Une distance supplémentaire de 50 mètres entourant l’extérieur du polygone, de manière à ce que les activités dans les régions adjacentes soient suffisamment éloignées pour prévenir les effets néfastes, comme des changements dans le drainage qui modifient l’humidité du sol, dans le cas où des individus seraient présents sur le pourtour du polygone.

1 Renseignements généraux

1.1 Évaluation et statut de l'espèce

Nom commun :
Gérardie de Gattinger :
Nom scientifique :
Agalinis gattingeri
Statut selon la liste des EEPEO :
En voie de disparition
Historique dans la liste des EEPEO :
En voie de disparition (2008), en voie de disparition – non réglementée (2004)
Historique des évaluations du COSEPAC :
En voie de disparition (2001, 1999 et 1988).
Statut selon l'annexe 1 de la LEP :
En voie de disparition (5 juin 2003)
Cotes de conservation :
Cote G : G4
Cote N : N2
Cote S : S2

Les termes techniques, y compris la signification des abréviations ci-dessus, sont définis dans le glossaire.

1.2 Description et biologie de l'espèce

Description de l'espèce

La gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri), nommée en anglais Gattinger's agalinis, Round-stem False Foxglove (NatureServe, 2014) ou Gattinger's False Foxglove (Brouillet et al., 2014), est une petite plante annuelle à tiges souples (figure 1). En Ontario et ailleurs dans la partie nord de son aire de répartition, la gérardie de Gattinger est généralement haute de moins de 15 cm et possède des feuilles opposées très effilées longues de 10 à 34 mm et larges de 0,4 à 1,0 mm. Les tiges des individus bien développés comportent parfois des ramifications. Les fleurs sont rose pâle, en forme d'entonnoir, longues d'environ 1 à 1,5 cm et portées individuellement par un pédicelle grêle de plus de 7 mm de longueur. La floraison a lieu à la fin juillet et en septembre, et les fleurs demeurent ouvertes une seule journée, puis tombent de la plante. Les capsules sont sphériques et jaune-brun et renferment de nombreuses petites (0,5 à 1,2 mm) graines. L'espèce est une hémiparasite et se fixe à d'autres plantes au moyen de racines spécialisées (Canne-Hilliker, 1988, 1998).

La gérardie de Gattinger se distingue facilement de la gérardie pourpre (A. purpurea var. purpurea) et de la gérardie appauvrie (A. purpurea var. paupercula) par ses fleurs qui sont portées par de longs pédicelles grêles les éloignant de la tige principale, alors que les fleurs des deux autres espèces sont portées très près de la tige principale, par de courts pédicelles de moins de 7 mm. Cependant, il peut être extrêmement difficile de distinguer la gérardie de Gattinger de la gérardie de Skinner (A. skinneriana) et de la gérardie à feuilles ténues (A. tenuifolia), qui poussent parfois aux côtés de la gérardie de Gattinger. Dans de nombreuses clés d'identification courantes (C.F. Newcomb, 1977; Gleason et Cronquist, 1991; Voss, 1996), l'information sur ces espèces est insuffisante ou incorrecte et ne permet pas de distinguer celles-ci. Les clés de la Michigan Flora Online (Reznicek et al., 2011) et de Voss et Reznicek (2012) sont utiles.

Figure 1. Gérardie de Gattinger en fleur (Photo : Judith Jones).
Image of Gérardie de Gattinger en fleur
(Photo : © Judith Jones)

La gérardie de Gattinger se distingue des autres membres de son genre par : ses fleurs rose pâle qui comportent sur leur gorge des taches rougeâtres et des lignes jaunes; ses pédicelles longs et étalés (non parfaitement dressés); les lobes supérieurs de ses fleurs dressés à réfléchis, mais jamais orientés vers l'intérieur de la fleur; ses feuilles qui sont étalées par rapport à la tige et mesurent généralement 1 mm de largeur ou moins; les poils souples présents sur la face externe des lobes inférieurs de ses fleurs; le fait que la plante conserve une couleur vert jaunâtre une fois séchée (Canne-Hillike, 1998; J. Canne-Hilliker, comm. pers., 2008; Reznicek et al., 2011). Plusieurs de ces caractères peuvent être difficiles à observer chez les spécimens séchés.

La gérardie de Gattinger était auparavant classée dans la famille des Scrophulariacées (Gleason et Cronquist, 1991; Newmaster et Ragupathy, 2012). Toutefois, des études génétiques des membres parasites des familles des Scrophulariacées et des Orobanchacées (Olmstead et al., 2001; Bennett et Mathews, 2006) semblent indiquer que les espèces parasites sont plus étroitement apparentées à certains genres de la famille des Orobanchacées et auraient évolué à partir d'une seule lignée. Ainsi, puisque la gérardie de Gattinger est une hémiparasite, il convient mieux de la classer dans la famille des Orobanchacées.

Biologie de l'espèce

On sait peu de choses de la biologie de la gérardie de Gattinger. L'espèce a une répartition de grande amplitude latitudinale et pousse à la fois dans des communautés d'alvar et de prairie à herbes hautes en Amérique du Nord (Gleason et Cronquist, 1991; NatureServe, 2014), ce qui donne à penser qu'elle a une grande tolérance à diverses conditions environnementales, notamment en ce qui a trait à la température moyenne, à la durée du jour, à la durée de la saison de végétation et peut-être au régime hydrologique.

Les espèces du genre Agalinis sont des hémiparasites qui prélèvent des nutriments chez d'autres plantes par des racines spécialisées (haustoria) se fixant aux racines de leur plante hôte (Canne-Hilliker, 1988). Les hôtes privilégiés par la gérardie de Gattinger ne sont pas connus, mais ils diffèrent probablement selon la latitude. D'autres espèces du genre Agalinis utilisent une vaste gamme d'hôtes et peuvent se fixer aux racines de presque n'importe quelle plante voisine (Musselman et Mann, 1977). Les plantes de certains genres de la famille des Orobanchacées sont capables d'utiliser jusqu'à 79 espèces hôtes, et même de parasiter plus d'une espèce hôte à la fois (Piehl, 1963; Phoenix et Press, 2005). Ainsi, la gérardie de Gattinger pourrait ou non être limitée à une seule ou à quelques espèces hôtes. D'un autre côté, la gérardie de Gattinger pousse uniquement dans des alvars et des prairies et n'est pas présente dans les zones peuplées de mauvaises herbes, ce qui laisse croire que sa gamme d'hôtes pourrait être assez limitée. Selon Voss et Reznicek (2012), le genre Agalinis aurait diverses espèces hôtes (du moins au Michigan), particulièrement des espèces graminoïdes. Dans les prairies du Midwest des États-Unis, la plupart des espèces du genre Agalinis utilisent probablement le faux-sorgho penché (Sorghastrum nutans) comme hôte (G. Dieringer, comm. pers., 2014).

Puisqu'elle est une annuelle, la gérardie de Gattinger doit boucler la totalité de son cycle vital (germination à fructification et dispersion des graines) en une seule saison (période d'environ 8 à 10 semaines). La floraison a lieu à la fin juillet et en septembre, et la maturation des fruits, en septembre et en octobre. Ainsi, les individus vivants de l'espèce sont présents seulement durant la deuxième moitié de l'été et au début de l'automne. Durant le reste de l'année, la gérardie de Gattinger persiste dans le réservoir de semences.

Les graines du réservoir de semences de la gérardie de Gattinger pourraient avoir une longue viabilité. On ignore pendant combien de temps les graines demeurent viables dans le sol, mais des graines entreposées en conditions normales pendant plus de 10 ans ont germé en laboratoire (J. Canne-Hilliker, comm. pers., 2008). Dans un site de la région de l'île Manitoulin, des individus vivants ont été observés après quatre années d'absence apparente de l'espèce (J. Jones, données inédites), et des absences de trois à cinq ans ont été observées chez d'autres espèces du genre Agalinis (G. Dieringer, comm. pers., 2014). Les graines ont probablement besoin d'un certain taux d'humidité pour germer (J. Jones, obs. pers., 2004-2014; G. Dieringer, comm. pers., 2014). Toutefois, la disponibilité en eau est assez variable dans les alvars, qui subissent souvent des sécheresses extrêmes au milieu de l'été. Ce facteur pourrait faire partie de ceux qui expliquent que la taille des populations fluctue grandement d'une année à l'autre et que l'espèce peut sembler être présente ou absente selon les années (Canne-Hilliker, 1988; Jones, données inédites). Ainsi, si aucun individu vivant de l'espèce n'est observé une année donnée, il faut attendre que des relevés aient été réalisés sur plusieurs années consécutives avant de pouvoir supposer que le site n'est plus occupé par l'espèce.

On ne sait pas comment la pollinisation est assurée chez la gérardie de Gattinger, mais la forme d'entonnoir des fleurs donne à penser que celles-ci pourraient attirer un certain nombre d'espèces d'insectes (Canne-Hilliker, 1988). De plus, une autofécondation a été observée chez la gérardie de Skinner (Dieringer, 1999) et la gérardie de Nouvelle-Écosse (A. neoscotica), espèces apparentées (Stewart et al., 1996), particulièrement dans les petites populations et en l'absence d'abeilles. Il est possible que la gérardie de Gattinger puisse elle aussi se reproduire par autofécondation.

On ignore la distance de dispersion des graines de la gérardie de Gattinger, mais celles-ci ne semblent disposer d'aucun mécanisme d'adaptation particulier qui permettrait leur dispersion sur de longues distances. Les graines sont probablement dispersées par le vent et d'autres perturbations qui font bouger les capsules ouvertes fixées aux longues tiges minces (Canne-Hilliker, 1988).

Le rôle écologique de la gérardie de Gattinger dans les prairies ou les alvars est inconnu; toutefois, puisque l'espèce est une hémiparasite, elle pourrait avoir un certain effet sur ses plantes hôtes (Phoenix et Press, 2005).

1.3 Répartition, abondance et tendances des populations

L'aire de répartition mondiale de la gérardie de Gattinger s'étend depuis l'Ontario et le Manitoba jusqu'au Nebraska, au Texas, en Louisiane et en Alabama. L'espèce est surtout commune dans les hautes terres d'Ozark-Ouachita, au Missouri et en Arkansas. Aux États-Unis, la gérardie de Gattinger a été signalée dans 18 États. Elle est considérée comme rare (cote de conservation de S1 à S3, gravement en péril à vulnérable) dans les dix États où elle a été classée (NatureServe, 2014), mais elle est commune dans les huit États où elle n'a pas été classée (BONAP, 2013). L'espèce compte une seule occurrence existante au Michigan, observée pour la dernière fois en 1999, dans un vestige de lande à chênes (Michigan Natural Features Inventory, 2007). La gérardie de Gattinger a été désignée espèce menacée (Threatened) au Wisconsin (Wisconsin Department of Natural Resources, 2014) et espèce en voie de disparition (Endangered) au Michigan et au Minnesota (Minnesota Department of Natural Resources, 2013; Michigan Natural Features Inventory, 2014) et a été inscrite sur la liste des espèces à surveiller en Indiana (Indiana Department of Natural Resources, 2007).

Au Canada, il y a 31 occurrences existantes de gérardie de Gattinger, dont 5 dans la région d'Entre-les-Lacs, dans le centre-sud du Manitoba, et 26 en Ontario (figures 2 et 3; tableau 1) (COSEWIC, 2009a). En Ontario, la gérardie de Gattinger se rencontre dans des prairies à herbes hautes et des alvars. L'espèce est présente dans l'île Manitoulin et d'autres îles plus petites dans le chenal North, dans le lac Huron, ainsi que dans la péninsule Bruce et dans l'île Walpole. Trois occurrences se trouvent dans des aires protégées, et deux autres dans une zone qui pourrait être annexée à un parc provincial.

Au moins 18 occurrences, y compris celle qui compte le plus grand nombre d'individus, se trouvent dans des réserves des Premières Nations, ou sur d'autres territoires traditionnels des Premières Nations ou terres revendiquées par celles-ci. Près de la moitié des populations de gérardie de Gattinger en Ontario se situe sur le territoire traditionnel des Premières Nations membres de l'United Chiefs and Councils of Mnidoo Mnising (UCCMM), dans l'île Manitoulin. Plusieurs autres populations se trouvent sur des terres qui appartiennent à la réserve indienne non cédée de Wikwemikong (WUIR) ou sont revendiquées par celle-ci. Il y a aussi deux populations existantes sur des terres ou des territoires traditionnels de la Première Nation de Neyaashiinigmiing (anciennement les Chippewas de Nawash), ainsi qu'une population existante et deux populations historiques sur le territoire de la Première Nation de Walpole Island (PNWI).

L'effectif total de la gérardie de Gattinger en Ontario est d'environ 70 000 individus, d'après des estimations réalisées de 2000 à 2010. Toutefois, la taille de la population peut fluctuer d'une année à l'autre, et la taille du réservoir de semences du sol est inconnue. Chez certaines autres espèces du genre Agalinis, on a observé des populations passant de 2 ou 3 individus à jusqu'à 500 individus (G. Dieringer comm. pers., 2014). Selon le COSEPAC (COSEWIC, 2009a), la population de l'espèce comptait environ 11 000 individus, mais au moins une nouvelle grande population a été découverte depuis, et de nouvelles données sur l'abondance ont été recueillies pour quelques autres populations. Ailleurs que dans l'île Walpole, on dispose de peu d'information sur les tendances des populations, car un seul relevé a été effectué dans la plupart des autres sites. Les seules populations historiques connues sont celles qui se trouvaient dans l'île Walpole.

Figure 2. Répartition de la gérardie de Gattinger dans les régions de l'île Manitoulin et de la péninsule Bruce. Les points noirs indiquent l'emplacement général des occurrences existantes (Brownell et Riley, 2000; Jones, 2004, 2005; COSEWIC, 2009a; A. Chegahno, comm. pers., 2014). Aucune occurrence historique ou disparue n'est connue dans cette région.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 2

La figure 2 montre la répartition de l’espèce dans les régions de l’île Manitoulin et de la péninsule Bruce. Il y a environ deux douzaines de localités depuis l’île Darch jusqu’à l’île Big Burnt. Deux sites additionnels se trouvent du côté est de la péninsule Bruce, près de Cape Cocker.

Figure 3. Répartition de la gérardie de Gattinger dans l'île Walpole (source : J. Bowles, comm. pers., 2008). Les points noirs indiquent l'emplacement général des occurrences existantes. Les occurrences historiques ou possiblement disparues ne sont pas indiquées.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 3

La figure 3 montre l’emplacement de l’occurrence existante de gérardie de Gattinger à l’extrémité nord de l’île Walpole, en Ontario.

Tableau 1. Liste des occurrences de gérardie de Gattinger en Ontario (sources : Brownell et Riley 2000; Jones, 2004, 2005, données inédites; COSEWIC, 2009a; A. Chegahno, comm. pers., 2014). Les caractères italiques indiquent que la population de gérardie de Gattinger est disparue ou n'a pas été observée depuis au moins 10 ans. Légende : Ent. = terrain appartenant à une entreprise; PN = Première Nation; ONG = organisation non gouvernementale; UCCMM = United Chiefs and Councils of Mnidoo Mnising (île Manitoulin); RINCW = Réserve indienne non cédée de Wikwemikong.
Liste des occurrences de gérardie de Gattinger en OntarioNo du siteNom du siteRégionPropri-été des terresAbond-anceDernier observateur et dateCommentaires
PN de walpole island1PN de Walpole Island
no 1
WalpolePNAu moins 35J. Bowles et C. Jacobs, 2008« Plusieurs douzaines » en 1998; « plusieurs milliers » en 1987
PN de walpole islandblancPN de Walpole Island
no 2
WalpolePNNon observée depuis 1990J. Bowles et C. Jacobs, 2008Probablement disparue
PN de walpole islandblancPN de Walpole Island
no 3
WalpolePNNon observée depuis 1987; « com-mune » en 1982J. Bowles et C. Jacobs, 2008Habitat très perturbé, mais la remise en état commence à donner des résultats positifs pour d'autres espèces des prairies (J.M. Bowles, comm. pers., 2008; C. Jacobs, comm. pers., 2014).
Péninsule bruce2PN de Neyaashiinigmingr no 1PéninsuleBrucePN50 000J. Jalava et A. Chegahno, 2009blanc 
Péninsule bruce3PN de Neyaashiinigming - îlePéninsuleBrucePN3A. Chegahno 2012blanc 
Île manitoulin / chenal north4Île AmedrozAlgomaPN/
Couron-ne
> 200J. Jones, 2008Territoire traditionnel des PN de l'UCCMM
Île manitoulin / chenal north5Péninsule Badgely SudManitoulinCouron-ne / Parcs Ontario10 000J. Jones et personnel de la RINCW 2009Projet de parc provincial Killarney Coast / territoire traditionnel de la RINCW
Île manitoulin / chenal north6Île Bedford EstManitoulinPN/
Couron-ne
> 200J. Jones 2005Territoire traditionnel des PN de l'UCCMM
Île manitoulin / chenal north7Île Bedford OuestManitoulinPN/
Couron-ne
~ 75J. Jones 2005Territoire traditionnel des PN de l'UCCMM
Île manitoulin / chenal north8Île Clapperton
(baie Beatty et nord-ouest de la baie de Baker)
ManitoulinPN/
Couron-ne
~ 400J. Jones, 2005Territoire traditionnel des PN de l'UCCMM
Île manitoulin / chenal north9Île Clapperton (alvars du nord et baie Logan)ManitoulinPN/
Couron-ne
> 1 300J. Jones, 2006Territoire traditionnel des PN de l'UCCMM
Île manitoulin / chenal north10Île CourtneyManitoulinPN/
couronne
> 30J. Jones, 2004Territoire traditionnel des PN de l'UCCMM
Île manitoulin / chenal north11Île DarchAlgomaPN/
Couron-ne
Centai-nesJ. Jones, 2008Territoire traditionnel des PN de l'UCCMM
Île manitoulin / chenal north12Pointe FreerManitoulinONGMilliersJ. Jones, 2008Réserve naturelle privée
Île manitoulin / chenal north13Île Goat (= « pont tournant de Little Current »)ManitoulinEnt.59J. Jones, 2005blanc 
Île manitoulin / chenal north14Sud-est de la grande île La Cloche
(rivière Little; ouest de l'autoroute 6)
ManitoulinEnt.Centai-nesP. Catling et V. Brownell, années 1990Voir Brownell et Riley, 2000
Île manitoulin / chenal north15Grande île La Cloche (pointe Stony, pointe English)ManitoulinEnt.MilliersP. Catling et V. Brownell, années 1990Voir Brownell et Riley, 2000
Île manitoulin / chenal north16Péninsule La Cloche no 1 (PN de Whitefish River)ManitoulinPNMilliersJ. Jones et personnel de l'UCCMM, 2010blanc 
Île manitoulin / chenal north17Péninsule La Cloche no 2 (PN de Whitefish River)ManitoulinPN< 100J. Jones et personnel de l'UCCMM, 2010blanc 
Île manitoulin / chenal north18Île InnesAlgomaPN/
Couron-ne
Centai-nesJ. Jones, 2004Territoire traditionnel des PN de l'UCCMM
Île manitoulin / chenal north19Little Current, chemin Harbour ViewManitoulinTerres privées/
Ent.
InconnueD'après OMNR, 2013blanc 
Île manitoulin / chenal north20Île Rous EstManitoulinPN/
Couron-ne
~ 50J. Jones et personnel de l'UCCMM, 2010Territoire traditionnel des PN de l'UCCMM
Île manitoulin / chenal north21Île Rous OuestManitoulinPN/
Couron-ne
> 1 000J. Jones, 2005Territoire traditionnel des PN de l'UCCMM
Île manitoulin / chenal north22Île Strawberry (extrémité nord)ManitoulinParcs Ontario> 500J. Jones, 2005blanc 
Île manitoulin / chenal north23Île Strawberry (ouest de l'anse Bowell)ManitoulinParcs Ontario> 250J. Jones, 2005blanc 
Île manitoulin / chenal north24Wikwemikong no 1ManitoulinPN36J. Jones et personnel de la RINCW, 2008blanc 
Île manitoulin / chenal north25Wikwemikong – île no 3ManitoulinPN> 1 000J. Jones et personnel de la RINCW, 2008blanc 
Île manitoulin / chenal north26Wikwemikong – île no 4ManitoulinPN~ 500J. Jones et personne de la RINCW, 2008blanc 
Sites n'ayant fait l'objet d'aucun relevé, où l'habitat est convenable mais où la présence de l'espèce n'a pas été confirméeblanc Wikwemikong – île no 2ManitoulinPNPrésence probableJ. Jones et personnel de la RINCW, 2008blanc 
Sites n'ayant fait l'objet d'aucun relevé, où l'habitat est convenable mais où la présence de l'espèce n'a pas été confirméeblanc Péninsule Badgely NordManitoulinCouron-ne / Parcs OntarioPrésence probableW. Bakowsky et W. Kershaw, 2000Projet de parc provincial Killarney Coast
Sites n'ayant fait l'objet d'aucun relevé, où l'habitat est convenable mais où la présence de l'espèce n'a pas été confirméeblanc Île BeautyManitoulinTerres privéesPrésence probableblanc blanc 
Sites n'ayant fait l'objet d'aucun relevé, où l'habitat est convenable mais où la présence de l'espèce n'a pas été confirméeblanc Petite île La Cloche (pointe Mary)ManitoulinEnt.Présence probableJ. Jones, 1996blanc 
Sites n'ayant fait l'objet d'aucun relevé, où l'habitat est convenable mais où la présence de l'espèce n'a pas été confirméeblanc Îles au large de la grande île La Cloche (Matlas, Patten, Flat, etc.)ManitoulinInconnuePrésence probableJ. Jones, 1996blanc 

Total : 26 occurrences; 5 sites potentiels non confirmés
~ 70 000 individus entre 2000 et 2012, mais la taille du réservoir de semences est inconnue.

r La Première Nation de Neyaashiinigmiing a également été connue sous les noms de « Chippewas de Nawash » et de « Cape Croker ».

Dans l'île Walpole, la gérardie de Gattinger connaît un grave déclin. Deux populations sont probablement disparues depuis 1988, et l'existence d'une seule population a été confirmée en 2014. Le nombre d'individus est passé de milliers dans les années 1980 à plusieurs douzaines en 1998 et à seulement environ 35 en 2008 (COSEWIC, 2009a). Cependant, la réalisation de relevés visant la gérardie de Gattinger dans l'île Walpole comporte certaines difficultés, car la gérardie de Skinner et la gérardie à feuilles ténues sont elles aussi présentes sur ce territoire, et il est donc complexe de déterminer le nombre d'individus de chaque espèce (J.M. Bowles, comm. pers., 2008; C. Jacobs, comm. pers., 2014). Dans un site où la gérardie de Gattinger pourrait être disparue, des travaux de remise en état sont en cours, et des plantes indigènes de la prairie commencent à faire leur retour (C. Jacobs, comm. pers., 2014). Il reste à voir si la remise en état du milieu améliorera la situation de la gérardie de Gattinger dans ce site.

Dans la région de l'île Manitoulin, l'exploitation de carrières, le développement et le reprofilage du sol au bulldozer semblent avoir eu des répercussions sur la gérardie de Gattinger ou avoir décimé l'espèce dans certains secteurs de trois des quatre sites appartenant à des entreprises (tableau 1), mais l'ampleur des effets et les déclins potentiels sont inconnus. La plupart des autres populations se trouvent sur des îles qui ne sont pas habitées et sont visitées peu fréquemment par des humains. Ces populations sont donc probablement stables.

1.4 Besoins en matière d'habitat

Dans la région de l'île Manitoulin et de la péninsule Bruce, la gérardie de Gattinger pousse dans des prairies d'alvar et des savanes à pin gris, sur du calcaire de l'Ordovicien. Le microhabitat convenable se trouve dans les types de végétation de la classification écologique des terres (CET) (Lee et al., 1998) ci-dessous (Reschke et al., 1999; Brownell et Riley, 2000; Jones, 2004, 2005, données inédites).

  • Alvar-pavage dégagé à plantes annuelles sur sol sec (ALO1-2)
  • Pré rocheux dégagé à barbon à balais sur sol sec à frais (ALO1-3)
  • Pré rocheux dégagé à danthonie à épi sur sol sec à frais (ALO1-4)
  • Alvar à arbustes nains, à genévrier horizontal et à potentille frutescente (ALS1-2)
  • Alvar boisé (savane) à pin gris, à thuya occidental et à épinette blanche (ALT1-4).

La superficie des polygones peut varier de 0,5 ha à plus de 100 ha, mais elle est généralement de moins de 20 ha (Reschke et al., 1999; Brownell et Riley, 2000; J. Jones, données inédites).

À l'intérieur de ces types de végétation, le microhabitat se trouve généralement dans des zones dominées par le sporobole à glumes inégales (Sporobolus heterolepis) ou le barbon à balai (Schizachyrium scoparium). La gérardie de Gattinger pousse généralement dans de petites parcelles de sol dénudé (substrat rocheux ou couche de sol organique de quelques centimètres d'épaisseur), entre des buttes de graminées (figure 4), souvent parmi d'autres petites annuelles comme le lin à rameaux sillonnés (Linum sulcatum) et le sporobole négligé (Sporobolus neglectus). Le drainage est très mauvais à cause du substratum sous-jacent, de sorte que des périodes prolongées de sécheresse ou d'inondation sont observées dans ces alvars (Reschke et al., 1999).

Sur le territoire de la Première Nation de Walpole Island (et au Manitoba) la gérardie de Gattinger pousse dans des loams sableux, dans des vestiges de prairie à herbes hautes ouverte (Walpole Island Heritage Centre, 2006; J.M. Bowles, comm. pers., 2008; COSEWIC, 2009a). D'après le régime hydrologique et les espèces associées (J.M. Bowles, comm. pers., 2008), le microhabitat convenable correspond au type de communauté végétale de la CET de la prairie à herbes hautes sur sol frais à humide (TPO2-1). Les espèces couramment associées à la gérardie de Gattinger sont le barbon à balai ainsi que d'autres graminées des prairies, notamment le barbon de Gérard (Andropogon gerardii), le panic raide (Panicum virgatum) et le faux-sorgho penché (Sorghastrum nutans). La gérardie de Gattinger se rencontre aussi parfois dans des baissières peu profondes (zones basses et humides). Dans les habitats de prairie ainsi que dans les alvars, l'espèce est généralement observée dans les secteurs où la couverture végétale est courte et clairsemée et où le sol est dénudé, entre des buttes de graminées et autour de ces buttes (Jones, 2004, 2005; A. Kraus-Danielsen, comm. pers., 2008; COSEWIC, 2009a).

Figure 4. Microhabitat de la gérardie de Gattinger dans un alvar. Les petites fleurs roses de l'espèce sont visibles entre des touffes de sporoboles à glumes inégales et des plaques de calcaire imprimées de fossettes (photo : Theodore Flamand).
Microhabitat de la gérardie de Gattinger dans un alvar
Photo: © Theodore Flamand

Les graminées indigènes présentes dans l'habitat de la gérardie de Gattinger forment généralement des touffes ou des buttes. Dans les zones à végétation clairsemée, les parcelles à sol dénudé qui séparent les buttes constituent le microhabitat privilégié par la gérardie de Gattinger (J. Jones, obs. pers., 1996-2014). Par contre, les graminées adventices et les graminées exotiques produisent généralement de longs rhizomes et forment un gazon dense sur des parcelles entières, sans laisser les petites ouvertures dont la gérardie de Gattinger a besoin (J. Jones, obs. pers., 1996-2014).

Le feu est utilisé dans l'île Walpole pour maintenir le caractère ouvert des prairies à herbes hautes (C. Jacobs, comm. pers., 2014), et les brûlages constituent depuis longtemps un outil traditionnel de gestion de la prairie (COSEWIC, 2009a; Riley, 2013). Un incendie est probablement survenu au site de Neyaashiinigmiing (Jalava, pers. com., 2008), et le feu pourrait être bénéfique ou essentiel pour certains types d'alvars (Catling et Brownell, 1998; Catling et al., 2001; Catling, 2009). Toutefois, dans la région de l'île Manitoulin, les signes d'incendie sont négligeables ou inexistants dans la plupart des alvars où pousse la gérardie de Gattinger (Reschke et al., 1999; Jones et Reschke, 2005). Il est possible que ces alvars n'aient pas été créés par des incendies, mais qu'ils soient plutôt des reliques de l'époque post-glaciaire où la végétation s'établit extrêmement lentement (sur des siècles) (Jones et Reschke, 2005). Par ailleurs, il se peut que le cycle de sécheresses et d'inondations et le sol mince inhibent en permanence la croissance des végétaux ligneux et maintiennent ces alvars ouverts et leur végétation clairsemée malgré l'absence d'incendies (Rosén, 1995; Reschke et al., 1999).

1.5 Facteurs limitatifs

L'hémiparasitisme de la gérardie de Gattinger pourrait constituer un facteur limitatif si celle-ci est limitée à une espèce hôte précise, plutôt que de pouvoir utiliser un certain nombre d'espèces comme hôtes. L'absence d'hôtes pourrait empêcher l'établissement et la croissance de la gérardie de Gattinger. En outre, certains facteurs écologiques et climatiques naturels pourraient être limitatifs, particulièrement les années où il y a peu de précipitations, car les graines ont besoin d'un certain taux d'humidité pour germer, et les alvars et les prairies subissent fréquemment des sécheresses au milieu de l'été (Reschke et al., 1999; COSEWIC, 2009a).

La gérardie de Gattinger est une annuelle, et les individus vivants de l'espèce sont présents uniquement durant la deuxième moitié de l'été et le début de l'automne. De plus, il est possible qu'aucun individu n'émerge du sol certaines années. Ainsi, le moment de l'année peut avoir une incidence sur la gravité d'une menace ou l'efficacité d'une technique de rétablissement.

1.6 Menaces à la survie et au rétablissement

La gérardie de Gattinger est une plante fragile qui pousse dans un habitat vulnérable. De nombreux facteurs peuvent donc avoir des effets négatifs sur les individus de l'espèce, leur habitat ou les deux à la fois. Les principales menaces, dans les prairies et les alvars, sont celles qui causent la dégradation et la perte des habitats. Parmi les menaces, on compte le développement, la modification des processus écologiques, la conversion de la prairie en terres agricoles, l'extraction d'agrégats, les espèces exotiques envahissantes, la suppression des incendies, l'exploitation forestière et les activités industrielles, l'utilisation de véhicules hors route, le pâturage du bétail et le piétinement par des randonneurs. La dégradation de l'habitat découlant du manque de sensibilisation quant à la vulnérabilité des alvars est une autre menace générale.

Développement et construction

De nombreux alvars qui hébergent la gérardie de Gattinger se trouvent à proximité du littoral du lac Huron et sont donc en demande pour la construction de résidences ou de chalets. Dans l'île Walpole, les terres disponibles pour la construction de logements et d'autres types de développement sont extrêmement limitées, mais les besoins en cette matière sont urgents. Le développement industriel et le développement commercial représentent une menace pour l'habitat dans un secteur de l'île Manitoulin. La construction de bâtiments, de cours, d'allées et de routes dans les alvars ou les prairies peut complètement éliminer l'habitat convenable. Plusieurs activités associées au développement peuvent avoir des effets négatifs, notamment l'élimination de la végétation, le dynamitage du substrat rocheux aux fins de nivellement ou d'ancrage de certaines structures, le remblayage, qui pourrait introduire des végétaux envahissants et recouvrir le substrat convenant à l'espèce, le déplacement de la mince couche de sol et le piétinement de la végétation par la machinerie lourde.

Modification des processus écologiques

En l'absence d'incendies ou d'autres processus écologiques dans les alvars et prairies ouverts, la végétation devient graduellement trop dense, et les conditions ne conviennent plus à la gérardie de Gattinger, qui a besoin de zones à végétation clairsemée, courte et dominée par les graminées. Les espèces qui, comme la gérardie de Gattinger, sont courtes et produisent de petites graines sont particulièrement sujettes à disparaître en l'absence d'incendies dans les prairies (Leach et Givnish, 1996). Selon Crow et al. (2003), une perte de 36 % de la végétation de prairie est survenue dans l'île Walpole de 1972 à 1998, principalement en raison de la succession naturelle associée à l'absence d'incendies (Bowles, 2005). Des brûlages dirigés sont réalisés dans certaines prairies dans l'île Walpole, mais leur fréquence n'est peut-être pas suffisante dans tous les sites (C. Jacobs, comm. pers., 2014). De plus, certaines données indiquent que les brûlages réalisés à un moment inopportun durant l'année pourraient entraîner une réduction de la population de la gérardie de Skinner, espèce apparentée (Bowles, données inédites; Environment Canada, 2012), et pourraient donc également avoir une incidence sur la gérardie de Gattinger. Ainsi, la modification du moment où se produisent les processus naturels pourrait constituer une autre menace.

Dans de nombreux alvars où la gérardie de Gattinger est présente, les signes que l'habitat a été créé ou est maintenu par les incendies sont négligeables ou inexistants (Jones et Reschke, 2005; Jones, données inédites), mais des signes d'incendies passés sont visibles dans quelques populations situées dans des alvars (J. Jones, données inédites; J. Jalava, comm. pers., 2008). Selon certains chercheurs, les incendies sont dommageables pour les alvars (Gilman, 1995, 1997). Cependant, on ignore si la réalisation de brûlages dirigés dans les alvars serait bénéfique ou dommageable pour la gérardie de Gattinger, et il pourrait être important de réaliser cette activité à une période appropriée.

Les modifications du régime d'humidité naturel peuvent également constituer une menace pour la gérardie de Gattinger. Dans l'île Walpole, l'installation de tuyaux et l'aménagement de fossés pour le drainage des terres agricoles dans les années 1980 ont modifié le régime hydrologique dans certains sites de prairie, ce qui a probablement causé la disparition de deux populations (Canne-Hiliker, 1998; COSEWIC, 2009a). De plus, les modifications du niveau de l'eau du lac ont causé une hausse de la teneur en eau dans une partie de l'habitat de prairie dans l'île Walpole (COSEWIC, 2009a). Certaines parties de la population actuellement existante pourraient encore être menacées par la dégradation de l'habitat associée à la hausse de la teneur en eau.

Conversion de la prairie en terres agricoles

Dans l'île Walpole, la conversion de la prairie en terres agricoles représente toujours une menace, car ces terres n'ont jamais fait l'objet de traitements chimiques et peuvent donc être utilisées pour la production de cultures biologiques certifiées. Les prix de location de terres de prairie peuvent être le double de ceux de terres conventionnelles (C. Jacobs, comm. pers., 2014). Par le passé, la majeure partie des prairies en Amérique du Nord a été convertie en terres agricoles, et il subsiste aujourd'hui seulement environ 0,5 % des prairies et des savanes qui étaient présentes en Ontario au 19e siècle (Bakowsky et Riley, 1994).

Exploitation de carrières et extraction d'agrégats

Les alvars sont souvent recherchés pour la création de carrières, car la roche calcaire s'y trouve près de la surface, de sorte que peu de déboisement et de déblaiement sont nécessaires. L'exploitation de carrières peut complètement détruire les alvars. Plusieurs alvars renfermant des populations de gérardie de Gattinger se trouvent dans une zone pour laquelle un permis d'extraction d'agrégats a été accordé. Conformément aux conditions prévues par les accords conclus aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD), avant de pouvoir réaliser toute expansion, les titulaires de permis doivent réaliser des relevés pour déterminer si la gérardie de Gattinger est présente, et, le cas échéant, mettre en œuvre des mesures d'atténuation appropriées (R. Steedman, comm. pers., 2014).

Espèces exotiques envahissantes

La présence d'espèces exotiques dans les alvars et les prairies est généralement associée à des perturbations passées qui sont responsables de l'introduction de graines ou d'autres propagules de ces espèces. Dans les alvars, les espèces exotiques entrent en concurrence avec les espèces indigènes pour l'espace et les nutriments, et elles peuvent devenir dominantes et réduire la présence d'espèces indigènes (Reschke et al., 1999). Les espèces exotiques dégradent l'habitat de la gérardie de Gattinger en occupant les petites superficies entre les buttes de graminées ainsi qu'en produisant de l'ombre, en accentuant l'accumulation de litière et en modifiant d'autres aspects de la dynamique, notamment la rétention de l'eau (J. Jones, données inédites). Parmi les espèces problématiques pour la gérardie de Gattinger dans les alvars, on compte notamment le mélilot blanc (Melilotus albus), le brome inerme (Bromus inermis) et le millepertuis commun (Hypericum perforatum) (J. Jones, données inédites). Dans l'île Walpole, le roseau commun (Phragmites australis spp. australis) est présent tout autour de l'habitat de la gérardie de Gattinger (C. Jacobs, comm. pers., 2014), et cette espèce agressive constitue une menace reconnue dans d'autres habitats de prairie (WEMG, 2012).

De plus, les champignons pathogènes présents dans le sol pourraient avoir un effet négatif sur la croissance et l'abondance de la gérardie de Gattinger. Klironomos (2002) a observé que la gérardie de Gattinger avait une piètre croissance dans les sols renfermant des champignons pathogènes, alors que les espèces envahissantes étaient généralement capables de résister à ces champignons. La présence d'agents pathogènes pourrait représenter un mécanisme par lequel les espèces envahissantes ou adventices nuisent à la gérardie de Gattinger.

Exploitation forestière et activités industrielles

Les alvars qui servent d'habitat à la gérardie de Gattinger sont fréquemment utilisés comme aires de stockage pour les activités d'exploitation forestière réalisées dans les forêts adjacentes ainsi que pour l'entreposage des matériaux et de la machinerie utilisés à des fins industrielles. Le transport des billes et des matériaux et la circulation de la machinerie lourde dans les alvars causent le piétinement des individus, la perturbation de la mince couche de sol et l'introduction d'espèces exotiques qui dégradent l'habitat.

Utilisation de véhicules hors route

L'utilisation de véhicules tout-terrain (VTT) et d'autres véhicules hors route représente une menace pour les individus de l'espèce et leur habitat. L'utilisation de VTT en particulier constitue une préoccupation importante, car ces véhicules peuvent aller pratiquement partout et ne nécessitent pas de routes ou de sentiers. L'utilisation de véhicules perturbe ou détruit la végétation, déplace la mince couche de sol et introduit des mauvaises herbes. Cette activité constitue actuellement une menace dans l'île Walpole ainsi que dans l'île Manitoulin.

Pâturage du bétail

Le pâturage du bétail dégrade les milieux naturels, réduit les populations de végétaux et propage des mauvaises herbes exotiques (Reschke et al., 1999). Du bétail était auparavant présent dans de nombreux alvars dans la région de l'île Manitoulin, et les mauvaises herbes et les baisses de la qualité de l'habitat associées à cette présence sont encore visibles. En 2014, un seul site renfermant la gérardie de Gattinger en Ontario (dans la région de l'île Manitoulin) était utilisé pour le pâturage (J. Jones, obs. pers.), mais cette activité demeure une menace potentielle dans quelques endroits.

Piétinement

La circulation piétonnière peut endommager la végétation et les plantes fragiles comme la gérardie de Gattinger. De plus, dans les îles du chenal North au lac Huron (figure 2), le camping non surveillé (installation de tentes et de latrines et feux de camp dans les alvars) constitue une menace.

Manque de sensibilisation du public

L'habitat peut devenir dégradé simplement à cause d'un manque de sensibilisation du public. Les alvars, peut-être parce qu'ils présentent une végétation clairsemée et sont dépourvus d'arbres, sont souvent vus comme des milieux ayant peu de valeur que l'on peut utiliser sans discernement puisqu'il « n'y a rien à cet endroit ». Il est donc fréquent que les alvars deviennent le lieu d'activités non autorisées, comme le dépôt illégal de déchets et le camping non surveillé. De plus, puisque les alvars sont vus comme des milieux ayant peu de valeur, les gens choisissent préférablement ce type de milieu pour la réalisation de plusieurs des activités énumérées associées à des menaces. Bien que la sensibilisation du public à l'égard des alvars en Ontario ait augmenté au cours des dix dernières années, de nombreuses personnes ne savent toujours pas ce qu'est un alvar, même dans la région de l'île Manitoulin, où les alvars sont assez communs.

1.7 Lacunes dans les connaissances

La taille de la population de gérardie de Gattinger fluctue grandement d'une année à l'autre. Certaines années, il peut y avoir une absence totale d'individus vivants de l'espèce, mais des graines viables peuvent être présentes dans le sol. On ignore si ces fluctuations de la population sont naturelles et attribuables à des facteurs limitatifs intrinsèques du cycle vital de l'espèce, si elles pourraient être associées à des phénomènes climatiques (sécheresses, fortes pluies, etc.), ou si elles pourraient être dues aux menaces dans certains cas. Les fluctuations de la population compliquent les activités de rétablissement, de suivi et de protection, car il peut parfois être difficile de savoir si l'espèce est encore présente ou de détecter celle-ci. Ainsi, il sera important de combler les lacunes dans les connaissances concernant l'ampleur, la périodicité et les causes des fluctuations de la population. Il faut mener des recherches sur le cycle vital et les besoins écologiques de la gérardie de Gattinger, particulièrement en ce qui concerne les facteurs qui ont une incidence sur les taux de reproduction et de germination, notamment les mécanismes qui induisent ou lèvent la dormance des graines, la viabilité du réservoir de semences, les plantes hôtes, les pollinisateurs et les mécanismes de dispersion des graines. Il est également important de comprendre le rôle des individus matures et du réservoir de semences en ce qui a trait à la viabilité de la population, pour orienter les mesures de rétablissement et évaluer le succès du rétablissement.

Le taxon a une large répartition géographique dans les États du Midwest, mais les populations sont très petites et très dispersées en Ontario. On ignore ce qui explique ce type de répartition, mais il pourrait être utile de faire la lumière sur cette question à des fins de rétablissement. Il y a également des lacunes dans les connaissances concernant les facteurs génétiques, notamment l'isolement génétique et l'existence d'unités importantes sur le plan évolutif. Les résultats de la recherche à ce sujet pourraient permettre de déterminer si les populations en Ontario sont petites à cause d'une consanguinité.

Les effets des diverses techniques de gestion sur l'espèce sont inconnus. Par exemple, on ignore si l'élimination manuelle des mauvaises herbes et l'utilisation de brûlages dirigés pour maintenir le milieu dégagé seraient bénéfiques à l'espèce.

Dans la région de la péninsule Bruce et de l'île Manitoulin, un certain nombre de sites contenant de l'habitat potentiel n'a pas encore fait l'objet de relevés visant la gérardie de Gattinger. Dans la péninsule Bruce en particulier, peu d'attention a été accordée à la gérardie de Gattinger par le passé, et aucun relevé n'a encore été réalisé dans un certain nombre de sites (J. Jalava, comm. pers., 2008). Toutefois, même si l'espèce était découverte dans certains de ces sites, on estime que l'aire de répartition canadienne de la gérardie de Gattinger représenterait tout de même moins de 10 % de l'aire de répartition mondiale de l'espèce.

1.8 Mesures déjà achevées ou en cours

Études d'envergure sur les alvars

L'International Alvar Conservation Initiative (IACI) (Reschke et al., 1999) est un vaste projet conjoint dans le cadre duquel des relevés et des recherches ont été menés dans les alvars de tout le bassin des Grands Lacs. Une grande quantité d'information a été recueillie sur l'emplacement des alvars, les types des communautés végétales qu'ils hébergent ainsi que leur dynamique écologique. Un certain nombre d'alvars qui renferment la gérardie de Gattinger ont fait l'objet de relevés dans le cadre de l'IACI. De plus, des activités de sensibilisation destinées aux propriétaires de terrains situés en alvar ainsi qu'à l'industrie des agrégats ont été menées, et des articles dans des revues et des mentions dans d'autres médias ont permis de faire mieux connaître l'importance écologique des alvars. 

L'Ontario Alvar Theme Study (Brownell et Riley, 2000) visait à recueillir de l'information sur tous les alvars d'Ontario et à les classer selon leur importance. À la suite de cette étude, des recommandations ont été formulées quant à la désignation de nombreux alvars, dont plusieurs hébergent la gérardie de Gattinger, à titre de zones d'intérêt naturel et scientifique d'importance (ZINS). Toutefois, la désignation à titre de ZINS n'a été confirmée pour aucun alvar dans le district de Manitoulin (Manitoulin Planning Board, 2013).

Travaux sur le terrain

Dans le cadre de plusieurs projets, des relevés de terrain visant la gérardie de Gattinger et son habitat ont été menés dans de nombreuses localités dans des prairies et des alvars (Jones, 2004, 2005; Bowles, 2005; Jalava, 2008; COSEWIC, 2009a). Toutes les instances des Premières Nations qui comptent la gérardie de Gattinger sur leurs terres ont réalisé des relevés ciblant l'espèce et possèdent des données de référence sur l'emplacement des occurrences. Ces Premières Nations travaillent à la protection et à la gestion de l'habitat de la gérardie de Gattinger (T. Flamand, comm. pers., 2014; A. Chegahno, comm. pers., 2014; C. Jacobs, comm. pers., 2014; G. Migwans, comm. pers., 2014). 

Sensibilisation

Des livrets éducatifs sur les espèces en péril, notamment la gérardie de Gattinger, ont été préparés par la PNWI (Walpole Island Heritage Centre, 2006) et la RINCW (Wikwemikong Department of Lands and Natural Resources, 2012). Ces livrets sont très populaires et ont rapidement été épuisés. La Première Nation de Neyaashiinigmiing s'occupe d'un site Web concernant les espèces en péril (Neyaashiinigmiing Nature, 2014) et reçoit deux fois par année des excursions scolaires visant à faire connaître aux jeunes l'alvar et ses espèces rares (A. Chegahno, comm. pers., 2014). De plus, des fiches d'information ont été préparées et distribuées dans cette collectivité.

Intendance et acquisitions

Deux sites renfermant la gérardie de Gattinger ont été achetés en vue de leur protection. La pointe Freer est devenue une réserve naturelle privée appartenant à Escarpment Biosphere Conservancy, et l'île Strawberry est devenue une réserve naturelle provinciale de l'Ontario. La PNWI a créé une fiducie foncière sans but lucratif enregistrée qui loue ou achète des terres à des fins de conservation. La fiducie a permis de réduire le taux de conversion des prairies et des savanes en d'autres types de milieux (COSEWIC, 2009b). Certaines parties de l'habitat où pousse la gérardie de Gattinger sur le territoire de la PNWI ont été achetées par la fiducie (C. Jacobs, comm. pers., 2014). De plus, la PNWI réalise des brûlages dirigés pour maintenir les habitats de prairie et a utilisé différentes techniques de lutte, dont le désherbage manuel, pour réduire la présence d'espèces exotiques (C. Jacobs, comm. pers., 2014). La Première Nation de Neyaashiinigmiing prévoit construire une promenade de bois en vue d'éviter que l'alvar soit piétiné. En outre, la collectivité travaille activement pour s'assurer que les véhicules circulent sur une route existante et non parmi la végétation (A. Chegahno, comm. pers., 2014).

Politiques et planification

La RINCW et la Première Nation de Neyaashiinigmiing préparent actuellement des plans d'utilisation des terres qui orienteront les futures activités de développement sur leurs terres. Les alvars et les terres qui renferment des espèces en péril, dont la gérardie de Gattinger, figurent déjà à titre de secteurs préoccupants désignés dans le plan de la RINCW et recevront une certaine protection durant la planification (J. Manitowabi comm. pers. 2014). De plus, la collectivité élabore actuellement un processus d'évaluation des espèces en péril qui sera préalable à l'approbation de tout nouveau projet (T. Flamand, comm. pers., 2014).

Dans la région de l'île Manitoulin, un nouveau plan officiel destiné à orienter l'utilisation des terres et le développement est en cours d'approbation (Manitoulin Planning Board, 2013). Ce nouveau plan limite les modifications pouvant être apportées aux alvars et exige qu'une étude environnementale montre que le projet n'aurait aucune répercussion avant que celui-ci puisse être réalisé. Les municipalités de la région doivent encore adopter des règlements leur permettant d'appliquer le nouveau plan, mais il n'est pas prévu que ces règlements voient le jour au cours des deux prochaines années.

2 Rétablissement

2.1 Objectif du rétablissement

Maintenir des populations autosuffisantes de gérardies de Gattinger dans leur aire actuelle en Ontario en conservant et en protégeant l’habitat et en réduisant les autres menaces.

2.2 Objectifs en matière de protection et de rétablissement

Les objectifs en matière de protection et de rétablissement (tableau 2) et les approches de rétablissement (tableau 3) visent à fournir une orientation pour le rétablissement à toutes les autorités responsables, qu’il s’agisse d’organisations gouvernementales, de Premières Nations, de particuliers ou d’entreprises propriétaires de terrains ou d’organisations non gouvernementales.

Tableau 2. Objectifs en matière de protection et de rétablissement.
NoObjectif en matière de protection ou de rétablissement
1Évaluer les menaces et prendre des mesures d’atténuation et de réduction.
2Employer des outils stratégiques, le cas échéant, pour protéger la gérardie de Gattinger.
3Mieux faire connaître la gérardie de Gattinger et ses habitats sensibles.
4Combler les lacunes dans les connaissances.

2.3 Approches de rétablissement

Tableau 3. Approches de rétablissement de la gérardie de Gattinger en Ontario.
Objectifs de rétablissementPriorité relativeÉchéancier relatifVolet du rétablissementApproche de rétablissementMenaces ou lacunes dans les connaissances visées
1. Évaluer les menaces et prendre des mesures d'atténuation et de réduction.EssentielCourt termeProtection, gestion, suivi et évaluation, sensibilisation, intendance

1.1 Assurer la liaison avec l'UCCMM et la PN de Neyaashiinigmiing et soutenir les mesures de rétablissement qu'ils élaborent. Exemples de mesures :

  • Planifier la protection dans les îles du chenal North et les localités de Neyaashiinigmiing.
  • Poser des panneaux, au besoin.
  • Planifier des vérifications périodiques des sites, pour contrôler et prévenir les activités non autorisées.
  • Discuter avec les utilisateurs locaux des îles pour obtenir leur aide en matière de suivi et de protection.
Développement/construction
Espèces exotiques envahissantes
Exploitation forestière et activités industrielles
Utilisation inconsidérée de VTT
Piétinement
Manque de sensibilisation du public
1. Évaluer les menaces et prendre des mesures d'atténuation et de réduction.EssentielEn coursProtection, gestion, intendance

1.2 Assurer la liaison avec la PNWI et la RINCW et soutenir les mesures de rétablissement qu'elles élaborent. 

  • Aider la collectivité à obtenir du financement pour les travaux en cours.
  • Contribuer aux travaux de réduction et d'atténuation des menaces et de remise en état de l'habitat à la demande de la collectivité.
Développement/construction
Conversion de la prairie en terres agricoles
Modification des processus écologiques
Espèces exotiques envahissantes
Exploitation forestière et activités industrielles
Utilisation inconsidérée de VTT
Piétinement
Manque de sensibilisation du public
1. Évaluer les menaces et prendre des mesures d'atténuation et de réduction.NécessaireEn coursSensibilisation1.3 Sur demande, fournir de l'aide à la PNWI concernant la location et/ou l'achat de terres à des fins de conservation sur son territoire.Conversion de l'habitat en terres agricoles
Modifications du régime hydrologique
1. Évaluer les menaces et prendre des mesures d'atténuation et de réduction.NécessaireEn coursProtection, gestion, éducation et sensibilisation, intendance

1.4 Faire en sorte qu'un zonage et des mesures de protection adéquates soient adoptés dans les parcs et les aires protégées, notamment par les moyens ci-dessous.

  • Déterminer les besoins particuliers en matière de gestion.
  • Désigner des sentiers, pour prévenir le piétinement et l'introduction d'espèces exotiques.
  • Préparer des documents et/ou des affiches éducatifs.
  • Évaluer la faisabilité de réaliser des brûlages dirigés dans certains sites.
Modification des processus écologiques
Espèces exotiques envahissantes
Utilisation inconsidérée de VTT
Piétinement
Manque de sensibilisation du public
1. Évaluer les menaces et prendre des mesures d'atténuation et de réduction.NécessaireLong termeProtection1.5 Appliquer la LEVD et la LEP de manière plus rigoureuse si l'intendance et les autres mesures se révèlent inefficaces.Développement/construction
Exploitation forestière et activités industrielles
Utilisation inconsidérée de VTT
Piétinement
Manque de sensibilisation du public
2. Employer des outils stratégiques, le cas échéant, pour protéger la gérardie de Gattinger.EssentielCourt termeProtection

2.1 S'assurer que les alvars désignés zones d'intérêt naturel et scientifique soient reconnus dans le plan officiel de la région de l'île Manitoulin.

  • Les instances gouvernementales responsables doivent assurer la liaison avec les responsables de la planification.
Développement/construction
Exploitation de carrières et extraction d'agrégats
Manque de sensibilisation du public
2. Employer des outils stratégiques, le cas échéant, pour protéger la gérardie de Gattinger.EssentielCourt termeProtection

2.2 Élaborer des politiques communautaires visant à protéger les alvars, les prairies et la gérardie de Gattinger sur les terres des Premières Nations.

  • Concevoir des processus d'approbation des projets de développement qui tiennent compte de la protection des espèces en péril.
  • Réorienter les projets vers d'autres emplacements.
Développement/construction
Exploitation de carrières et extraction d'agrégats
Espèces exotiques envahissantes
Exploitation forestière et activités industrielles
Manque de sensibilisation du public.
2. Employer des outils stratégiques, le cas échéant, pour protéger la gérardie de Gattinger.EssentielCourt termeProtection

2.3 S'assurer que les règlements municipaux tiennent compte des alvars et des espèces en péril, en :

  • faisant en sorte que les alvars et les espèces en péril soient reconnus durant l'élaboration de nouveaux règlements;
  • réorientant les projets vers d'autres emplacements.
Développement/construction
Exploitation de carrières et extraction d'agrégats
Espèces exotiques envahissantes
Exploitation forestière et activités industrielles
Manque de sensibilisation du public
3. Mieux faire connaître la gérardie de Gattinger et ses habitats sensibles.EssentielCourt termeÉducation et sensibilisation, communication

3.1 Discuter de la gérardie de Gattinger et des alvars avec les entreprises propriétaires et les extracteurs d'agrégats.

  • Organiser des rencontres individuelles ou avec des groupes de propriétaires.
  • Fournir du matériel d'information.
Exploitation de carrières et extraction d'agrégats
Exploitation forestière et activités industrielles
Pâturage du bétail
Espèces exotiques envahissantes
Développement/construction
Manque de sensibilisation du public
3. Mieux faire connaître la gérardie de Gattinger et ses habitats sensibles.EssentielEn coursProtection, communication, intendance

3.2 Discuter de la gérardie de Gattinger avec les planificateurs municipaux.

  • Fournir du matériel d'information et des renseignements généraux sur l'emplacement de l'habitat.
Développement/construction
Exploitation de carrières et extraction d'agrégats
Exploitation forestière et activités industrielles
Utilisation inconsidérée de VTT
Pâturage du bétail
Piétinement
Manque de sensibilisation du public
3. Mieux faire connaître la gérardie de Gattinger et ses habitats sensibles.NécessaireEn coursProtection, suivi, communication, intendance

3.3 Discuter de la gérardie de Gattinger avec les agents d'application de la loi.

  • Fournir du matériel d'information et des renseignements sur l'emplacement de la population et de l'habitat.
Espèces exotiques envahissantes
Exploitation forestière et activités industrielles
Utilisation inconsidérée de VTT
Piétinement
Manque de sensibilisation du public.
3. Mieux faire connaître la gérardie de Gattinger et ses habitats sensibles.BénéfiqueEn coursÉducation et sensibilisation, communication

3.4 Aider à la réimpression des documents éducatifs de la RINCW et de la PNWI ainsi qu'à la préparation de documents pour les collectivités de l'UCCMM et de Neyaashiinigmiing, sur demande.

  • Distribuer les livrets aux membres des collectivités et aux autres parties intéressées.
Toutes les menaces ou n'importe laquelle
4. Combler les lacunes dans les connaissances.NécessaireLong termeInventaire, suivi et évaluation, recherche

4.1 Élaborer un protocole de suivi annuel et le mettre en application, pour évaluer la taille et les fluctuations de la population et faire le suivi des menaces.

  • Élaborer un protocole pouvant être utilisé dans l'ensemble de l'aire de répartition, si possible.
  • Utiliser les données pour faire le suivi des tendances relatives à l'abondance et à la qualité de l'habitat.
  • Utiliser les données pour dégager les besoins biologiques ou besoins en matière d'habitat importants.
Lacunes dans les connaissances concernant l'ampleur, la fréquence et la cause des fluctuations de l'abondance; situation actuelle des populations et des menaces; situation de l'habitat; effet des mesures de gestion sur les individus de l'espèce ou les populations.
4. Combler les lacunes dans les connaissances.NécessaireLong termeInventaire, suivi et évaluation, recherche

4.2 Étudier le cycle vital et les besoins biologiques de la gérardie de Gattinger lorsque la réalisation d'études devient possible.

  • Étudier la viabilité des graines, la germination, la génétique, les plantes hôtes, etc.
  • Utiliser les données pour dégager les besoins biologiques ou besoins en matière d'habitat importants.
Lacunes dans les connaissances concernant l'effet des facteurs limitatifs naturels et des menaces sur les populations; dommages possiblement causés aux individus par les brûlages destinés à maintenir l'habitat ouvert; pertinence des brûlages comme outils de gestion et moment propice pour les réaliser.
4. Combler les lacunes dans les connaissances.NécessaireLong termeInventaire, suivi et évaluation, recherche

4.3 Étudier le réservoir de semences de la gérardie de Gattinger.

  • Déterminer s'il est possible de détecter et de mesurer le réservoir de semences.
  • Utiliser les données pour évaluer le degré de viabilité de la population d'après les individus vivants et le réservoir de semences.
Lacunes dans les connaissances concernant la viabilité de la population; améliorer les mesures de l'abondance; améliorer le suivi des effets des menaces et de la réussite du rétablissement.
Commentaires à l'appui des approches de rétablissement

L'abondance de la gérardie de Gattinger fluctue naturellement, mais on ignore l'ampleur et la périodicité des fluctuations. De plus, s'il s'avérait que les fluctuations sont associées à des phénomènes climatiques, comme des sécheresses ou des précipitations exceptionnelles, il est possible que les modifications de l'abondance ne soient pas attribuables aux menaces. Donc, l'abondance ne constitue pas actuellement une mesure fiable du succès du rétablissement. D'ici à ce que les lacunes dans les connaissances sur l'abondance et les facteurs biologiques aient été comblées, le but du rétablissement est de maintenir des populations autosuffisantes de gérardie de Gattinger, l'autosuffisance signifiant ici que l'espèce est présente la plupart des années où des relevés sont réalisés.

Les Premières Nations auront un rôle de premier plan à jouer pour le rétablissement de la gérardie de Gattinger. Les membres des collectivités des Premières Nations sont en contact avec plusieurs des sites où l'espèce est présente; il est donc probable que la participation de ceux-ci devra être sollicitée à de nombreux niveaux pour assurer la réussite du rétablissement.

De nombreuses populations de gérardie de Gattinger se trouvent sur des terres où la présence des propriétaires ou des autorités compétentes est faible, que ces terres appartiennent à une Première Nation, à la Couronne, à une entreprise ou à une municipalité. Certaines de ces terres sont revendiquées par des Premières Nations, ou font partie de zones proposées pour devenir des parcs provinciaux. En attendant que les questions liées à la propriété légale soient clarifiées et résolues, des mesures de rétablissement peuvent tout de même être entreprises de nombreuses façons. On recommande que les diverses instances communiquent entre elles et collaborent en vue de la protection et du rétablissement de l'espèce.

La gérardie de Gattinger a des besoins très précis en matière d'habitat qu'elle ne peut combler que dans une aire géographique très restreinte en Ontario. Il est peu probable que l'aire de répartition de l'espèce s'agrandisse considérablement, même avec les mesures de rétablissement, car les habitats d'alvar et de prairie convenables sont limités. En outre, les principales menaces qui pèsent sur la gérardie de Gattinger sont en fait liées à son habitat. Les deux localités historiques connues (île Walpole) sont disparues à cause de la destruction de leur habitat. Ainsi, le but du rétablissement pour la gérardie de Gattinger est axé sur le maintien de la répartition actuelle de l'espèce, par le maintien des habitats et populations existants. La réintroduction de l'espèce et l'augmentation de la taille des populations au moyen de semis ou de graines ne sont pas envisagées dans un avenir rapproché.

2.4 Aire à considérer pour l'élaboration d'un règlement sur l'habitat

En vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, un programme de rétablissement doit comprendre une recommandation au ministre des Richesses naturelles et des Forêts concernant l’aire qui devrait être prise en considération lors de l’élaboration d’un règlement sur l’habitat. Un tel règlement est un instrument juridique qui prescrit une aire qui sera protégée à titre d’habitat de l’espèce. La recommandation énoncée ci-dessous par l’auteure sera l’un des nombreux éléments dont le ministre tiendra compte dans l’élaboration du règlement sur l’habitat de cette espèce.

Considérations

Il peut être difficile de déterminer l’occupation. La gérardie de Gattinger est une annuelle qui se régénère à partir de son réservoir de semences. La taille de la population peut fluctuer d’une année à l’autre chez l’espèce, et il peut arriver certaines années qu’aucun individu vivant n’apparaissent au-dessus du sol. Il peut être extrêmement difficile de repérer cette petite plante à tiges souples parmi les graminées lorsque celle-ci n’est pas en fleur. La gérardie de Gattinger fleurit tard dans la saison, donc la présence/absence d’individus vivants est mieux déterminée pour toute année donnée de la fin août à environ la fin septembre, période durant laquelle certains individus seront en fleur.

En outre, on ignore la période maximale pendant laquelle les graines de la gérardie de Gattinger peuvent demeurer viables dans le sol, mais des graines entreposées durant 10 ans ont germé en laboratoire. Selon des observations anecdotiques, des individus vivants de plusieurs espèces du genre Agalinis ont été observés après des absences apparentes de trois à cinq ans (J. Jones, obs. pers., 2004-2014; G. Dieringer, comm. pers., 2014). Toutefois, sur le terrain, aucun cas de réapparition après une absence de plus de 10 ans n’a été observé chez une espèce du genre Agalinis. Il est admis que cette question n’a pas été étudiée dans le cas de la gérardie de Gattinger en particulier et qu’il y a des lacunes dans les connaissances en ce qui concerne la viabilité des graines. Jusqu’à ce que des études soient réalisées, on peut tout de même raisonnablement présumer que les graines de la gérardie de Gattinger ont une viabilité de 10 ans sur le terrain.

Ainsi, même si aucun individu de l’espèce n’est observé durant plusieurs années, on ne peut pas présumer que l’habitat est inoccupé. On recommande d’attendre qu’aucun individu vivant n’ait été observé pendant au moins 10 ans avant de présumer qu’un site où la gérardie de Gattinger a déjà été signalée est inoccupé. Si l’habitat convenable pour la gérardie de Gattinger n’est plus présent, on recommande tout de même que le site soit considéré comme occupé durant une période de 10 ans, au cas où des mesures de gestion ou des perturbations naturelles permettraient de restaurer l’habitat et ainsi potentiellement la réapparition d’individus vivants.

La méthode qui suit est recommandée pour déterminer si la gérardie de Gattinger est absente d'un site depuis plus de 10 ans. Une personne qualifiée doit, sur 10 années consécutives, chaque année durant la période du 20 août au 30 septembre, réaliser de brefs relevés hebdomadaires visant à déterminer si l'espèce est présente ou absente. Si la gérardie de Gattinger n'est observée durant aucun de ces relevés, on peut conclure qu'elle n'est plus présente.

Il est recommandé que l’habitat visé par la réglementation soit désigné comme suit :

  1. Toutes les zones où la gérardie de Gattinger pousse ou a déjà poussé, sauf celle pour lesquelles des relevés ont montré que l'espèce est absente depuis plus de 10 ans.
     
  2. Toute nouvelle zone où l'espèce serait découverte dans le futur.
     
  3. Les zones où des individus vivants de l'espèce poussent ou ont déjà poussé, ainsi que la totalité du polygone correspondant aux types de végétation de prairie ou d'alvar de la CET (énumérés ci-dessus) dans lesquels la gérardie de Gattinger se trouve ou a déjà été observée. Même si la proportion du polygone occupée par l'espèce est faible, le polygone doit être protégé en entier, pour un certain nombre de raisons. Premièrement, les communautés des alvars et des prairies ne sont pas statiques. Elles sont plutôt régies par des facteurs dynamiques (incendies, inondations, etc.) qui créent, comblent, détruisent et recréent les parcelles éparses qui conviennent à la gérardie de Gattinger. Ces processus écologiques agissent sur la totalité de la communauté d'alvar ou de prairie, et non uniquement sur les parcelles ouvertes où l'espèce se rencontre, de sorte qu'il faut maintenir l'espace nécessaire pour que ces processus se produisent. Deuxièmement, la zone d'occupation du réservoir de semences est inconnue, et il est possible qu'un incendie ou un autre processus permette à la gérardie de Gattinger de réapparaître dans des secteurs qui semblaient auparavant inoccupés ou non convenables à l'espèce à cause de la densité de leur végétation. De plus, l'habitat convenable naturel étant extrêmement limité, il est important de protéger la totalité de l'habitat existant là où l'espèce est présente. De plus, de l'espace est nécessaire pour la dispersion des graines et l'établissement de l'espèce. Enfin, les pollinisateurs de la gérardie de Gattinger sont probablement des généralistes qui ont besoin d'autres espèces et de superficies supplémentaires pour survivre.
     
  4. Une distance additionnelle de 50 m entourant l’extérieur du polygone, de manière à ce que, dans le cas où des individus seraient présents sur le pourtour du polygone, les activités dans les régions adjacentes soient suffisamment éloignées pour prévenir les impacts tels qu’une modification du drainage qui pourrait modifier l’humidité du sol. Même si les zones à l’extérieur du polygone peuvent contenir des habitats non convenables qui ne sont pas des alvars ou des prairies, on recommande tout de même de les inclure, comme mesure de protection

    On a montré qu'une distance de 50 m offre une zone minimale de fonctions essentielles assurant le maintien des propriétés du microhabitat des plantes rares. Une étude sur les gradients micro-environnementaux en bordure des habitats (Matlack, 1993) et une étude sur les effets de bordure forestière (Fraver, 1994) ont montré que des effets de bordure peuvent être décelés jusqu'à 50 m à l'intérieur des fragments d'habitat. Selon Forman et Alexander (1998) et Forman et al. (2003), les effets de bordure associés à la construction de routes et à la circulation répétée se font principalement sentir, chez les végétaux, dans les premiers 30 à 50 m.

    Reschke et al. (1999) ont étudié les caractéristiques hydrologiques des alvars et ont constaté que, dans ces milieux, l'eau provenait en majeure partie des précipitations plutôt que de sources souterraines. Ils ont également observé que, dans leurs sites d'étude, les eaux de surface provenant de l'extérieur des alvars n'étaient pas la source des inondations. Ainsi, dans les alvars, une distance de 50 m pourrait être suffisante pour protéger le régime hydrologique. Dans les prairies, où les sols sont plus épais et où les eaux souterraines pourraient avoir de l'importance, il est admis que des distances additionnelles pourraient être justifiées pour protéger le régime hydrologique du sol. Toutefois, aucune recherche existante ne permet de guider la recommandation d'une distance de protection précise. Dans les prairies, on recommande donc que la distance de 50 m soit utilisée comme ligne directrice jusqu'à ce que des renseignements additionnels soient accessibles.

Il est recommandé que les infrastructures existantes, comme les routes, les bâtiments et les zones cultivées, soient exclues du règlement sur l’habitat.

Glossaire

Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO) :
Comité, créé en vertu de l'article 3 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, qui est responsable de l'évaluation et du classement des espèces en péril en Ontario.
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) :
Comité créé en vertu de l'article 14 de la Loi sur les espèces en péril; il est responsable de l'évaluation et de la classification des espèces en péril au Canada.
Cote de conservation : Classement attribué à une espèce ou à une communauté écologique, qui indique le degré de rareté de cette espèce ou de cette communauté aux échelles mondiale (G), nationale (N) ou infranationale (S). Ces classements, appelés cote G, cote N et cote S, ne sont pas des désignations juridiques. Le statut de conservation d'une espèce ou d'un écosystème est classé selon une échelle de 1 à 5, précédé de la lettre G, N ou S indiquant l'échelle géographique de l'évaluation. Les significations des nombres sont les suivantes :
1 = gravement en péril : Espèce extrêmement susceptible de disparaître du territoire en raison de son extrême rareté (souvent 5 occurrences ou moins) ou de certains autres facteurs, tels que des déclins très marqués.
2 = en péril : Espèce très susceptible de disparaître du territoire à cause d'une aire de répartition très limitée, d'un nombre restreint de populations, d'un déclin rapide ou d'autres facteurs
3 = vulnérable : Espèce modérément susceptible de disparaître du territoire en raison d'une aire de répartition limitée, d'un nombre relativement faible de populations, de déclins récents et généralisés ou d'autres facteurs.
4 = apparemment non en péril : Peu commune sans être rare; source de préoccupation à long terme en raison de déclins ou d'autres facteurs.
5 = non en péril : Espèce commune, répandue et abondante.
Germination :
Processus par lequel une graine sort de dormance, son embryon commençant à se développer et à produire des racines et des parties aériennes.
Hémiparasite :
Plante qui est capable de photosynthèse, mais qui tire également des nutriments de plantes d'autres espèces.
Liste des espèces en péril en Ontario (EEPEO) :
Règlement pris en application de l'article 7 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition qui précise le statut officiel des espèces en péril en Ontario. Cette liste a d'abord été publiée en 2004 à titre de politique, puis est devenue un règlement en 2008.
Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) :
Loi provinciale qui fournit une protection aux espèces en péril en Ontario.
Loi sur les espèces en péril (LEP) :
Loi fédérale qui confère une protection aux espèces en péril au Canada. Dans cette loi, l'annexe 1 constitue la liste légale des espèces sauvages en péril. Les annexes 2 et 3 renferment des listes d'espèces qui, au moment où la Loi est entrée en vigueur, devaient être réévaluées. Une fois réévaluées, les espèces des annexes 2 et 3 jugées en péril sont soumises au processus d'inscription à l'annexe 1 de la LEP.
Occurrence :
Ensembles d'individus d'une espèce qui se trouvent à moins de un kilomètre les uns des autres. Les ensembles d'individus distants de plus de un kilomètre sont considérés comme des occurrences ou des populations distinctes.
Propagule :
Partie d'une plante pouvant être dispersée et permettre l'établissement de l'espèce à un nouvel endroit. Parmi les propagules, on compte les fruits, les graines et toute autre partie d'une plante qui a la capacité de produire des racines et de s'établir.
Rhizome :
Tige horizontale souterraine sur laquelle des tiges additionnelles et des racines peuvent pousser, produisant ainsi une colonie.
Sessile :
Feuilles, fleurs ou autres structures dépourvues de support et dont la base est directement fixée à un autre organe.

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