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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Albatros à pieds noirs (Phoebastria Nigripes) au Canada

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

L’U.S. Fish and Wildlife Service (USFWS) génère des estimations annuelles de la population nicheuse d’Albatros à pieds noirs au moyen de techniques normalisées, dont le dénombrement direct des nids actifs et l’estimation fondée sur la production de poussins. La population mondiale totale d’oiseaux nicheurs n’englobe ni les oiseaux immatures ni les oiseaux nicheurs qui n’ont pas pondu un œuf ou qui ne sont pas retournés dans leur colonie pour s’accoupler (USFWS, données inédites, 2005). Un projet de lecture des bagues, en cours depuis 1979 à l’île Tern, dans les hauts-fonds French Frigate, sera utilisé pour calculer le segment de la population qui n’a pas déjà été inclus dans les dénombrements d’oiseaux nicheurs (Flint, comm. pers., 2005).

Depuis 1980, des dénombrements directs des nids actifs ont été réalisés dans les hauts-fonds French Frigate. De tels dénombrements sont effectués dans l’atoll de Midway depuis la saison de nidification 1991 et 1992 (année d’éclosion 1992). Des estimations ont été faites pour l’île Laysan depuis 1992, mais les dénombrements directs ont commencé en 1997 et 1998 seulement (Naughton, comm. pers., 2006).

Dans les années qui ont immédiatement suivi la Seconde Guerre mondiale, des biologistes travaillant dans l’archipel d’Hawaï, et plus précisément dans l’atoll de Midway, ont généré des estimations démographiques préliminaires des colonies d’Albatros à pieds noirs (voir par exemple Fisher et Baldwin, 1946; Rice et Kenyon, 1962b; Robbins, comm. pers., 2006). Les méthodes de dénombrement étaient variées.

Abondance

La population mondiale actuelle d’Albatros à pieds noirs est estimée à un nombre variant de 278 000 (BirdLife, 2004a,b) à 300 000 individus (Cousins et Cooper, 2000). Plus de 95 p. 100 des oiseaux reproducteurs nichent dans les îles hawaïennes (Cousins et Cooper, 2000; USFWS, 2005a; tableau 1), principalement dans l’île Laysan et l’atoll de Midway.

En 2000, environ 62 000 couples nichaient dans 12 colonies (Cousins et Cooper, 2000). En 2005, selon les estimations, 61 141 couples nichaient dans 12 colonies, avec 21 006 et 21 829 couples nichant respectivement dans l’île Laysan et l’atoll de Midway. La population japonaise est formée d’environ 2 450 couples reproducteurs (tableau 1).

Tableau 1. Meilleures estimations du nombre de couples nicheurs d’Albatros à pieds noirs dans toutes les aires de nidification en 2005 et 2006 (USFWS, données inédites; Tershy, comm. pers., 2006 – îles Revillagigedo; Hasegawa, comm. pers., 2006 –populations japonaises). Voir le texte pour plus de détails.
Aire de nidificationNombre de couplesDernière année de recensement
Atoll de Kure, Hawaii
2000
Atoll de Midway, Hawaii
21 829
2004
Récif Pearl et Hermes, Hawaii
2003
Île Lisianski, Hawaii
2002
Île Laysan, Hawaii
21 006
2004
Hauts-fonds French Frigate, Hawaii
4 259
2004
Île Necker, Hawaii
1995
Île Nihoa, Hawaii
31
1994
Kauai, Hawaii
0
2004
Île Lehua, Hawaii
2002
Niihau, Hawaii
?
 
Kaula, Hawaii
0
1998
Oahu, Hawaii
0
2002
Île Izu (Torishima), Japon
2005
Îles Senkaku, Japon
2002
Îles Bonin, Japon
2005
Île Guadalupe, Mexique
0
2003
Îles Revillagigedo, Mexique
0
2002
Total
61 570
 
Note de tableau a

L’estimation est une prévision rétrospective du nombre total d’œufs, d’après le nombre d’oisillons observés plus tard dans la saison et un succès de reproduction de 75 % (Flint, comm. pers., 2005).

Retour à la premièreréférence de la note de tableaua

Note de tableau b

Prévision rétrospective comme ci-dessus, mais avec un succès de reproduction de 65 % (Hasegawa, comm. pers., 2006).

Retour à la référence de la note de tableaub

Note de tableau c

Estimation fondée sur le nombre de nids et d’oisillons (Hasegawa, comm. pers., 2006).

Retour à la premièreréférence de la note de tableauc

Au Mexique, un seul nid a été noté dans l’île Guadalupe en 1998, et un autre, dans l’île San Benedicto (groupe Revillagigedo) en 2000 (Pitman et Ballance, 2002). Au cours du relevé le plus récent (2002) dans les îles Revillagigedo, aucun Albatros à pieds noirs nicheur n’a été observé à San Benedicto, mais on en a peut-être vu un dans l’île Clarión. Comme les cochons et les moutons ont récemment été éliminés de Clarión, il se peut que des Albatros à pieds noirs y nichent maintenant (Tershy, comm. pers., 2006). En janvier 2006, des équipes sur le terrain ont aperçu un couple au comportement nicheur dans l’île Guadalupe (Henry, comm. pers., 2006). On croit que ces oiseaux mexicains illustrent un phénomène de nouvelle colonisation plutôt que la recolonisation d’une ancienne aire de nidification. Au Japon, la petite population nicheuse a augmenté et a élargi son aire de répartition au cours des 20 à 50 dernières années (Hasegawa, comm. pers., 2006).

Fluctuations et tendances 

C’est dans la colonie des hauts-fonds French Frigate, qui ne forme que le quart de la taille des 2 plus grandes colonies (Midway et Laysan), que le dénombrement direct de nids a donné la série chronologique la plus longue. Il est donc important de considérer cette colonie dans l’évaluation, chez l’espèce, des changements à long terme des facteurs anthropiques et océanographiques ainsi que des changements dans les populations de proies. Le nombre total de couples nicheurs d’Albatros à pieds noirs dans les hauts-fonds French Frigate a fluctué annuellement de 2 760 à 5 067 (figure 10). En comparant les dénombrements annuels à une moyenne sur 25 ans, les valeurs anormales variaient de -1 195 à + 3 872 couples/an, avec 54 p. 100 des années affichant des anomalies positives. Toutefois, le nombre de nids actifs a diminué de manière stable de 1987 à 1996, à la suite d’un dénombrement donnant les résultats les plus bas; le deuxième dénombrement le plus faible a été observé en 1996. Cette même année, l’érosion a fait disparaître Whale-Skate – une des îles des hauts-fonds French Frigate –; on y avait observé un maximum de 2 046 Albatros à pieds noirs nicheurs (1984). Après 1996, toutefois, le nombre d’oiseaux nicheurs a ensuite augmenté de façon régulière et atteint, en 2005, les valeurs d’avant 1985.

Figure 10.  Dénombrement total de nids actifs dans les hauts-fonds French Frigate, avec moyenne sur 25 ans pour illustrer la variation interannuelle (USFWS, données inédites, 2005).

Figure 10.  Dénombrement total de nids actifs dans les hauts-fonds French Frigate, avec moyenne sur 25 ans pour illustrer la variation interannuelle (USFWS, données inédites, 2005).

Dans l’île Laysan, les dénombrements directs de l’année d’éclosion 1998 à l’année d’éclosion 2005 (n = 8 ans) variaient de 19 900 à 23 297 couples nicheurs (figure 11; moyenne ± écart-type : 21 079 ± 1 382 couples). Le taux de fluctuation annuelle (n = 7) variait de + 7,3 p. 100 à -17,1 p. 100. Dans l’atoll de Midway, le nombre de couples nicheurs de 1998 à 2005 était de 17 617 à 21 829 (19 709 ± 1 346) (figure 11). Le taux de fluctuation annuelle (n = 7) y variait de + 6,6 p. 100 à -16,4 p. 100. Les 2 colonies affichent les déclins annuels les plus importants de l’année d’éclosion 1999 à l’année d’éclosion 2000.

Le nombre de couples nicheurs dans l’île Laysan avant l’année d’éclosion 1998 a été estimé au moyen de la densité d’œufs dans les quadrats (représentant 5 p. 100 de la superficie totale), puis multiplié par la superficie totale de l’aire de nidification. Les estimations du nombre de couples par densité d’œufs ne sont pas comparables aux estimations obtenues par les méthodes de dénombrement direct adoptées en 1998. Dans l’île Laysan, où les 2 techniques sont encore employées, la méthode utilisant la densité d’œufs produit toujours un nombre plus élevé de couples que les dénombrements directs (tableau 1).

Figure 11. Tendances des populations d’Albatros à pieds noirs de l’île Laysan (dénombrements indirects des nids actifs des années d’éclosion de 1992 à 1997; dénombrements directs de 1998 à 2005) et de l’atoll de Midway (dénombrements directs de 1992 à aujourd’hui; USFWS, données inédites).

Text Box: TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS Activités de recherche L’U.S. Fish and Wildlife Service (USFWS) génère des estimations annuelles de la population nicheuse d’Albatros à pieds noirs au moyen de techniques normalisées, dont le dénombrement direct des nids actifs et l’estimation fondée sur la production de poussins. La population mondiale totale d’oiseaux nicheurs n’englobe ni les oiseaux immatures ni les oiseaux nicheurs qui n’ont pas pondu un œuf ou qui ne sont pas retournés dans leur colonie pour s’accoupler (USFWS, données inédites, 2005). Un projet de lecture des bagues, en cours depuis 1979 à l’île Tern, dans les hauts-fonds French Frigate, sera utilisé pour calculer le segment de la population qui n’a pas déjà été inclus dans les dénombrements d’oiseaux nicheurs (Flint, comm. pers., 2005). Depuis 1980, des dénombrements directs des nids actifs ont été réalisés dans les hauts-fonds French Frigate. De tels dénombrements sont effectués dans l’atoll de MidwayFigure 11. Tendances des populations d’Albatros à pieds noirs de l’île Laysan (dénombrements indirects des nids actifs des années d’éclosion de 1992 à 1997; dénombrements directs de 1998 à 2005) et de l’atoll de Midway (dénombrements directs de 1992 à aujourd’hui; USFWS, données inédites).

Des décennies de lacunes en matière de données ont empêché l’analyse des tendances des 2 plus grandes colonies d’Albatros à pieds noirs pendant une période de 3 générations (60 ans). Un relevé réalisé en 1945 a estimé à 26 500 le nombre de couples nicheurs d’après les dénombrements d’oisillons qui ont survécu dans des transects (Fisher et Baldwin, 1946). Avec l’hypothèse d’un succès de nidification de 75 p. 100 de l’USFWS, ce la donne un dénombrement de 35 333 couples. Les dénombrements subséquents, de 1954 à 1967, montrent une chute dramatique du nombre de couples nicheurs dans l’île Midway, chute probablement due aux opérations militaires de l’après-guerre (Rice et Kenyon, 1962b; Robbins, comm. pers., 2006). À l’inverse, les oiseaux de l’île Laysan étaient moins perturbés. Dans leur relevé d’albatros de 1956 et 1957 dans l’archipel d’Hawaï, Rice et Kenyon (1962b) ont estimé que 34 000 couples y nichaient (figure 12).

Figure 12. Couples nicheurs d’Albatros à pieds noirs dans l’île Laysan et l’atoll de Midway, de 1945 à 2005 (Fisher et Baldwin, 1946; Rice et Kenyon, 1962b; Robbins, comm. pers., 2006; USFWS, données inédites).

Figure 12. Couples nicheurs d’Albatros à pieds noirs dans l’île Laysan et l’atoll de Midway, de 1945 à 2005 (Fisher et Baldwin, 1946; Rice et Kenyon, 1962b; Robbins, comm. pers., 2006; USFWS, données inédites).

Figure 13. Nombre total de couples nicheurs dans 3 colonies surveillées d’Albatros à pieds noirs : hauts-fonds French Frigate, atoll de Midway et île Laysan, de 1992 à 2005. Avant 1998, le nombre de nids actifs de l’île Laysan était estimé au moyen de méthodes de dénombrement indirect. Les intervalles à 95 p. 100 indiquent un degré d’incertitude pour ces années (USFWS, données inédites).

Figure 13. Nombre total de couples nicheurs dans 3 colonies surveillées d’Albatros à pieds noirs : hauts-fonds French Frigate, atoll de Midway et île Laysan, de 1992 à 2005. Avant 1998, le nombre de nids actifs de l’île Laysan était estimé au moyen de méthodes de dénombrement indirect. Les intervalles à 95 p. 100 indiquent un degré d’incertitude pour ces années (USFWS, données inédites).

Le déclin évident du nombre d’Albatros à pieds noirs dans les trois principales colonies à la fin des années 1990, combiné à la sensibilisation accrue à la prise accessoire d’albatros par les pêches à la palangre, ont accentué les soucis de conservation de cette espèce (Naughton, comm. pers., 2006). Cependant, en 2000, quand le nombre d’oiseaux nicheurs dans les colonies était le plus bas, Pyle (2000) a affirmé dans un article non revu par des pairs que la cause du déclin n’était pas claire et qu’elle pourrait être liée à des changements dans la productivité de l’océan, à une augmentation de la mortalité des adultes, à un changement dans l’intervalle de reproduction ou à une combinaison de ces trois facteurs.

Vu les inquiétudes entourant le nombre peu élevé d’individus nicheurs retournant dans les colonies à la fin des années 1990, on a effectué plusieurs projections démographiques pour évaluer la situation future de l’espèce. En 2000, on a tenu un atelier afin d’estimer la mortalité totale d’Albatros à pieds noirs qui constituaient des prises accessoires dans les pêches à la palangre. Les participants ont calculé un déclin de 20 p. 100 en 3 générations en se fondant sur des données démographiques sur l’Albatros de Laysan (il n’existait pas de données démographiques sur l’Albatros à pieds noirs) (Cousins et Cooper, 2000). En 2003, Lewison et Crowder ont publié une projection semblable de la population d’Albatros à pieds noirs en se basant sur le taux de prise accessoire dans la portion observée des pêches états-uniennes ainsi que sur une estimation inédite de l’effort annuel de pêche total par les palangriers pélagiques d’autres pays. Lewison et Crowder (2003) ont utilisé un modèle matriciel structuré selon l’âge et les mêmes paramètres démographiques que Cousins et Cooper (2000), soit ceux associés à l’Albatros de Laysan. Les 2 estimations projetées de la population présumaient que les paramètres démographiques n’étaient pas perturbés, c’est-à-dire que la survie des albatros (de Laysan) adultes n’était alors pas affectée par une mortalité accessoire due aux pêches à la palangre. La publication du modèle de Lewison et Crowder (2003), le compte rendu d’atelier de Cousins et Cooper (2000) et les incertitudes entourant les prises accessoires totales dans le Pacifique Nord étaient les principales justifications de l’inscription de l’Albatros à pieds noirs sur la liste des espèces menacées d’extinction de l’UICN (BirdLife International, 2004a,b; voir la section Protection actuelle ou autres désignations de statut).

Pour comprendre l’effet possible des estimations actuelles de la mortalité par les pêches sur les populations futures d’Albatros à pieds noirs, Wiese et Smith (2003) ont estimé, dans un rapport inédit, les taux de croissance au moyen d’un modèle matriciel structuré selon l’âge en se fondant sur les mêmes paramètres démographiques (ceux-ci étant les seules valeurs à leur disposition), mais en présumant que les données démographiques étaient affectées, c’est-à-dire que la mortalité accessoire était déjà intégrée dans les taux observés de survie des adultes depuis la pratique de la pêche à la palangre dans le Pacifique Nord, au milieu du siècle dernier. Les résultats du modèle de Wiese et Smith (2003) ont projeté des taux de croissance démographique de 0,98 à 1,04 pour les 20 prochaines années. En d’autres mots, ils ne prédisent aucun déclin. Les auteurs ont utilisé leur modèle pour établir des prévisions rétrospectives des niveaux de population de 1998, et les résultats correspondaient aux données réelles.

Depuis 2004, la fiabilité des projections démographiques publiées (et de la liste de l’UICN) est de plus en plus débattue parce que les données démographiques actuelles portant sur l’Albatros à pieds noirs n’ont pas été utilisées, que l’effort total de pêche (de tous les pays) dans le Pacifique Nord n’était pas connu et que le taux de prise accessoire par les pêches étrangères et états-uniennes n’étaient pas non plus connues à cause du manque d’observateurs et de mentions. De plus, on manquait généralement de données de marquage-recapture sur les oiseaux bagués pour générer des estimations précises de la survie annuelle (Naughton, comm. pers., 2006).

   Au début de 2006, le Patuxent Wildlife Research Center de l’US Geological Survey (USGS) a calculé les paramètres démographiques des Albatros à pieds noirs nichant en territoire états-unien (les résultats ne sont pas encore accessibles au public). En réponse aux travaux de l’USGS, l’USFWS a lancé en 2005 un nouveau programme de surveillance de l’Albatros à pieds noirs qui devrait fournir des estimations du taux de survie dans le futur (Naughton, comm. pers., 2006).

  En janvier 2006, une évaluation préliminaire de la situation considérant toutes les données disponibles sur l’Albatros de Laysan et l’Albatros à pieds noirs a été soumise à l’USFWS. L’évaluation sera présentée au public pour examen dans un avenir non défini (Arata et al., 2006; Sievert, comm. pers., 2006). J. Arata et d’autres chercheurs ont établi une projection de la population au moyen d’un modèle matriciel structuré selon l’âge en utilisant des données démographiques de Patuxent qui ne sont pas encore accessibles, toutes les données historiques et actuelles sur l’effort des pêches pélagiques et des pêches à la palangre, les taux de prise accessoire spatialement explicites fondés sur les données des observateurs aux États-Unis et au Canada, et, enfin, les estimations du taux de prise accessoire par des bateaux étrangers fondés sur les données de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) (Sievert, comm. pers., 2005). Une fois approuvée et diffusée par l’USFWS, l’évaluation constituera celle la plus à jour sur les tendances des populations d’Albatros de Laysan et d’Albatros à pieds noirs.

En résumé, les tendances à long terme de la population mondiale d’Albatros à pieds noirs ne sont pas claires, et ce, en dépit de l’estimation publiée d’un déclin de 60 p. 100 en 3 générations (Lewison et Crowder, 2003; voir aussi la section Facteurs limitatifs et menaces – Effets cumulatifs). La prise accessoire d’un grand nombre d’Albatros à pieds noirs par les pêches à la palangre dans le Pacifique Nord ne fait aucun doute, mais la récente colonisation par des adultes nicheurs des îles mexicaines et de l’atoll de Wake ne correspond pas nécessairement à un comportement lié à un déclin dramatique. Les données récentes indiquent que la variabilité interannuelle des dénombrements des nids actifs de cette espèce est extrêmement élevée. Par conséquent, une évaluation de la situation de la population varie en fonction de la période de temps examinée. BirdLife International a basé sa nouvelle liste sur des modèles démographiques utilisant des données des années 1990, mais, depuis, le nombre d’oiseaux nicheurs a augmenté dans toutes les colonies. Certains résultats du modèle de projection démographique ont montré des déclins variant de faibles à dramatiques (Cousins et Cooper, 2000 [comptes rendus d’ateliers non revus par des pairs]; Lewison et Crowder, 2003 [article publié revu par des pairs]), tandis que d’autres révèlent une population relativement stable (Wiese et Smith, 2003 [rapport non revu par des pairs, en cours de révision à des fins de publication]). Des paramètres démographiques inadéquats et des données limitées sur les efforts de pêche et les taux de prise accessoire par les pêches nationales et étrangères sont très problématiques dans tous les modèles de projection démographique.

Il n’existe aucune analyse des tendances spécifiques de l’Albatros à pieds noirs dans les eaux canadiennes.

Effet d’une immigration de source externe 

Le concept d’un effet d’une immigration externe ne s’applique pas à cette espèce au Canada, puisque cette dernière ne se reproduit pas au pays.