Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Albatros à pieds noirs (Phoebastria Nigripes) au Canada

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur
l’albatros à pieds noirs
Phoebastria nigripes
au Canada

l’Albatros à pieds noirs (Phoebastria nigripes)

Préoccupante 2007

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC 2007. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Albatros à pieds noirs (Phoebastria nigripes) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. x + 66 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Louise Blight, Joanna Smith et John Cooper qui ont rédigé le rapport de situation sur l’Albatros à pieds noirs (Phoebastria nigripes) au Canada, en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Richard Cannings, coprésidente du Sous-comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Black-footed Albatross Phoebastria nigripes in Canada.

Illustration de la couverture

Albatros à pieds noirs – Mike Lusk, USFWS

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2007
de catalogue CW69-14/518-2007F-PDF
ISBN 978-0-662-09310-7

Retournez à la table des matières

Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2007

Nom commun : Albatros à pieds noirs

Nom scientifique : Phoebastria nigripes

Statut : Préoccupante

Justification de la désignation : Cet oiseau marin longévif à longues ailes (qui vit au-delà de 40 ans), se reproduit sur des îles éloignées des îles d'Hawaï. Cependant, un nombre important d'individus se nourrit au large de la côte de la Colombie-Britannique chaque année, y compris des adultes qui se déplacent sur de grandes distances pour rechercher de la nourriture pour leurs petits. Le nombre d'individus a subi un déclin dans une des deux colonies majeures dans les années 1990, mais la population semble généralement stable. Certains modèles de population ont prédit un déclin important, alors que d'autres prévoient des populations stables. Un grand nombre d'individus sont capturés de façon accessoire par la pêche à la palangre, et la plupart souffrent de l'ingestion de plastique et accumulent des taux élevés de polluants, mais les effets à long terme de ces menaces sont incertains.

Répartition : Océan Pacifique

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 2007. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

Retournez à la table des matières

Résumé

Albatros à pieds noirs
Phoebastria nigripes

Information sur l’espèce

L’Albatros à pieds noirs (Phoebastria nigripes, Audubon 1839) est un membre relativement petit de la famille des Diomédéidés. Hormis la base du bec, le dessous des yeux, la base de la queue et les tectrices sous-caudales, qui sont blancs, les oiseaux adultes sont entièrement brun sombre. Le bec est de couleur foncée, tandis que les pattes et les pieds sont noirs. Les oiseaux juvéniles ont un plumage plus foncé que les adultes, et leurs tectrices sus-caudales et sous-caudales sont dépourvues de marques blanches. Les individus des deux sexes se ressemblent, mais les mâles sont généralement plus gros que les femelles. Au cours de la dernière décennie, les analyses génétiques ont ravivé une vieille controverse au sujet de la classification des Diomédéidés. Le débat se poursuit sur la taxinomie des espèces d’albatros de l’hémisphère Sud, mais le retrait des albatros du Pacifique Nord du genre Diomedea (oiseaux du sud) et sa reclassification dans le genre Phoebastria sont bien soutenues par des données sur la morphologie et sur le comportement ainsi que par des données génétiques. Dans le genre Phoebastria, l’Albatros à pieds noirs est une lignée bien distincte puisqu’il a divergé de son parent le plus proche, l’Albatros de Laysan (P. immutabilis), il y a quelque 7,9 millions d’années. En ce qui concerne les populations actuelles d’Albatros à pieds noirs, l’analyse de l’ADN mitochondrial indique une importante différenciation génétique entre les oiseaux qui nichent à Hawaï et ceux qui nichent au Japon. Par conséquent, il y a peut-être isolement reproductif de ces 2 populations, et ce, même si les aires de répartition en mer se chevauchent considérablement. Vu les données limitées, il est difficile d’établir l’origine des oiseaux qui visitent les eaux canadiennes, mais on a déterminé que 13 prises accessoires d’une pêche à la palangre en Colombie-Britannique étaient tous des albatros d’origine hawaïenne.

Répartition

L’Albatros à pieds noirs ne niche pas au Canada. On lui connaît actuellement 12 aires de nidification bien établies dans le monde. L’espèce a récemment commencé à coloniser ou à recoloniser au moins 4 autres sites. La répartition des oiseaux nicheurs se limite presque entièrement aux îles hawaïennes du Nord-Ouest, où plus de 95 p. 100 de la population mondiale se reproduit. La majorité de la population hawaïenne niche dans l’atoll de Midway et l’île Laysan, mais on trouve de petites colonies de Lehua, dans le groupe principal des îles d’Hawaï, à l’atoll de Kure, à l’extrémité ouest des îles hawaïennes du Nord-Ouest. De petites colonies se trouvent aussi dans des îles au large des côtes japonaises. On a récemment vu l’espèce nicher dans les îles Guadalupe, San Benedicto et Clarión, au Mexique. L’Albatros à pieds noirs vient également de recoloniser l’atoll de Wake, dans le Pacifique central.

En mer, l’Albatros à pieds noirs se rencontre dans tout le centre du Pacifique Nord, depuis les tropiques jusqu’à la mer de Béring et depuis la côte ouest de l’Amérique du Nord jusqu’aux côtes de la Chine, du Japon et de la mer Okhotsk. Les Albatros à pieds noirs représentent l’espèce d’albatros la plus courante dans l’est du Pacifique Nord, mais ils sont relativement rares dans l’ouest. Les adultes se concentrent autour des colonies pendant la ponte, l’incubation et la garde du poussin, mais s’éloignent à plus de 4 500 km des colonies pendant l’élevage de leur petit pour trouver de la nourriture dans les eaux productives au large de la côte ouest nord-américaine.

Au Canada, l’Albatros à pieds noirs est la seule espèce d’albatros observée régulièrement au large du littoral du Pacifique. Des observations en mer, depuis les eaux au large du sud-ouest de l’île de Vancouver jusqu’à l’entrée Dixon, située au large de la côte nord de l’archipel de la Reine-Charlotte (Haïda Gwaii), sont consignées tous les mois de l’année. L’Albatros à pieds noirs est considéré comme une espèce pélagique, mais on le voit couramment au-dessus des eaux se trouvant dans un rayon de quelques milles marins de la côte de la Colombie-Britannique de mai à octobre. L’été, quelque 2 500 oiseaux fréquentent les eaux canadiennes. Selon des données récentes, pendant l’élevage du poussin, les oiseaux nicheurs partent en quête de nourriture dans le courant de Californie et remontent parfois vers le nord jusqu’en Colombie-Britannique. Les Albatros à pieds noirs sont les plus nombreux dans les eaux canadiennes lorsqu’ils se dispersent après la reproduction, soit en août et au début septembre. On les trouve alors surtout le long de la rupture de pente du talus continental. De la fin septembre à octobre, leur nombre diminue le long de la côte de la Colombie-Britannique, les oiseaux retournant alors dans leur colonie nicheuse à Hawaï ou au Japon.

Habitat

L’Albatros à pieds noirs niche habituellement sur des plages de sable exposées ou sur des chapelets adjacents de basses îles coralliennes et sablonneuses peu végétalisées des faibles latitudes du Pacifique. Le lek (arène de reproduction), confiné aux aires de nidification et aux environs immédiats, est fréquenté seulement pendant les périodes d’accouplement et de nidification. Environ 35 p. 100 de la population mondiale d’Albatros à pieds noirs se reproduit dans l’atoll de Midway, sanctuaire faunique national des États-Unis. Une proportion semblable d’oiseaux niche dans l’île Laysan, dans le sanctuaire faunique national des îles d’Hawaï. Les autres colonies d’Albatros à pieds noirs se trouvent pour la plupart dans d’autres îles et atolls, situés également dans le sanctuaire faunique national des îles d’Hawaï, et le réseau de sanctuaires d’oiseaux de mer de l’État d’Hawaï (atoll de Kure); ainsi, la grande majorité des Albatros à pieds noirs du monde nichent dans des sites protégés.

Les stades du cycle vital de l’espèce exercent des contraintes et influences sur l’utilisation de l’habitat marin. Pendant la garde de leur poussin, les oiseaux cherchent de la nourriture au-dessus des eaux océaniques chaudes et pauvres en nutriments à proximité de leur colonie. Quand les poussins sont assez âgés, les albatros nicheurs étendent leur aire d’alimentation et fréquentent alors les eaux côtières froides et productives le long du talus continental de l’Amérique du Nord, depuis le centre de la Californie jusqu’à la Colombie-Britannique. Dès le début de la période post-reproduction, les Albatros à pieds noirs se dispersent dans le Pacifique Nord, où ils fréquentent un vaste éventail de domaines océaniques typiques des eaux tropicales, subtropicales, transitionnelles et subarctiques. À des échelles de 10 à 100 km, des processus qui rassemblent les proies (p. ex. des zones de convergence et des zones frontales) influent probablement sur la répartition de l’Albatros à pieds noirs. Des données de relevés en mer réalisés dans le cadre d’études pélagiques canadiennes et états-uniennes montrent que les Albatros à pieds noirs sont les plus abondants dans la zone externe du talus continental, plus précisément à la rupture de pente. L’espèce aime les limites entre masses d’eau et entre zones de remontée d’eau forte et persistante. Les monts sous-marins peuvent aussi être une formation océanique d’importance pour les Albatros à pieds noirs.

L’habitat marin de l’Albatros à pieds noirs est peu protégé, en partie parce que les oiseaux utilisent des eaux pélagiques ne relevant pas de la compétence des pays. Dans l’ensemble de l’aire de répartition connue, on rencontre aussi des Albatros à pieds noirs dans les eaux territoriales du Canada, des États-Unis, du Mexique, de la Chine, de Guam, du Japon, de la République de Corée, des îles Marshall, des États fédérés de Micronésie, des îles Mariannes du Nord, de la Russie et de Taïwan.

Biologie

On a beaucoup étudié les Albatros à pieds noirs dans les colonies nicheuses d’Hawaï depuis les années 1950. Le comportement en mer de cette espèce est relativement bien connu, cette dernière ayant fait l’objet de nombreux relevés et études d’espèces multiples d’oiseaux de mer et d’autres prédateurs marins les décennies suivantes. L’Albatros à pieds noirs est monogame, et le couple reste uni jusqu’à la mort ou la disparition d’un des 2 partenaires. Les adultes se reproduisent généralement à l’âge de 7 ou 8 ans. Les oiseaux nicheurs retournent dans la colonie à la fin octobre et pondent un seul œuf entre la mi-novembre et le début décembre; l’œuf éclot entre la mi-janvier et le début février. Les parents nourrissent leur poussin d’œufs d’exocets (poissons-volants) et d’huile stomacale de calmars. La période de nidification dure entre 140 et 150 jours, et l’envol des poussins a lieu en juin ou en juillet. Les adultes et les juvéniles muent en mer, pendant la dispersion post-reproduction.

Le régime alimentaire des Albatros à pieds noirs est principalement constitué d’œufs de poissons-volants, de poissons, de calmars, de charognes et de crustacés d’eau profonde. Les oiseaux se nourrissent surtout en capturant leurs proies à partir de la surface de l’eau, et les charognes représentent une portion importante des proies. Les Albatros à pieds noirs sont attirés par les bateaux de pêche et les suivent, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la noyade dans les palangres et les filets dérivants ainsi qu’aux déversements d’hydrocarbures. L’espèce est longévive, son espérance de vie variant de 12 à 40 ans.

Taille et tendances des populations

La population mondiale actuelle d’Albatros à pieds noirs est estimée à environ 300 000 individus. En 2005, selon les estimations, 61 141 couples nichaient dans 12 colonies, avec 21 006 et 21 829 couples nichant respectivement dans l’île Laysan et l’atoll de Midway. La population japonaise est formée d’environ 2 450 couples reproducteurs. C’est dans la colonie des hauts-fonds French Frigate, qui ne forme que le quart de la taille des 2 plus grandes colonies (Midway et Laysan), que le dénombrement direct de nids a donné la série chronologique la plus longue. Le nombre de nids actifs a diminué de manière stable de 1987 à 1996, à la suite d’un dénombrement donnant les résultats les plus bas, mais il a ensuite augmenté de façon régulière et atteint, en 2005, les valeurs d’avant 1985.

Avant 1998, les estimations de la taille des populations de Midway et de Laysan étaient fondées sur des méthodes indirectes et ne sont pas directement comparables aux relevés ultérieurs. Dans l’île Laysan et l’atoll de Midway, on constate une augmentation relative du nombre de couples nicheurs au début des années 1990, un déclin dans la deuxième moitié des années 1990, puis une nouvelle augmentation en 2000 par rapport aux dénombrements du début des années 1990. Malgré l’estimation d’un déclin de 60 p. 100 en 3 générations qui a été publiée, les tendances à long terme de cette population d’Albatros à pieds noirs ne sont pas claires. Les données actuelles indiquent que la variabilité interannuelle des dénombrements de nids actifs est extrêmement élevée chez cette espèce et que, par conséquent, une évaluation de la situation de la population varierait selon la période de temps examinée. Certains résultats de modèles de projection démographique révèlent des déclins allant de faibles à dramatiques, alors que d’autres indiquent une population relativement stable. L’utilisation de paramètres démographiques et de données sur l’effort de pêche et le taux de prise accessoires par les pêches nationales et internationales qui sont inadéquats est très problématique dans tous les modèles de projection démographique. En janvier 2006, une évaluation préliminaire de la situation considérant toutes les données disponibles sur l’Albatros de Laysan et l’Albatros à pieds noirs a été soumise à l’US Fish and Wildlife Service (USFWS). Une fois approuvée et diffusée par l’USFWS, cette évaluation constituera l’évaluation la plus complète et la plus à jour des tendances des populations d’Albatros de Laysan et d’Albatros à pieds noirs. Il n’existe aucune analyse des tendances spécifiques de l’Albatros à pieds noirs dans les eaux canadiennes.

Facteurs limitatifs et menaces

À l’instar de la plupart des oiseaux de mer pélagiques, l’Albatros à pieds noirs est une espèce qui vit longtemps et qui présente les caractéristiques suivantes : couvée de petite taille, faible fécondité, croissance lente des poussins, longue période de soins parentaux, maturité sexuelle tardive, taux de survie élevé chez les adultes. L’espèce est donc très vulnérable à la mortalité chez les adultes. Historiquement, elle était principalement menacée par les braconniers, qui la chassaient pour les plumes et les œufs; près de 300 000 oiseaux ont ainsi été tués entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Parmi les autres grandes menaces figuraient l’altération de l’habitat due à l’occupation militaire et à l’introduction de lapins domestiques et de végétation non indigène, et le contrôle des populations d’oiseaux nicheurs pendant les préparations en temps de guerre et les opérations militaires connexes. Les activités halieutiques sont aujourd’hui les menaces les plus importantes, les Albatros à pieds noirs faisant souvent l’objet de prises accessoires des pêches à la palangre et au filet dérivant. D’autres menaces, existantes ou imminentes, sont les déversements chroniques et catastrophiques d’hydrocarbures; les changements climatiques et l’interaction avec les cycles climatiques naturels; les charges élevées de contaminants chimiques tels que les organochlorés et les métaux lourds; l’ingestion de plastique; les espèces exotiques envahissantes, dont les plantes modifiant l’habitat et les prédateurs vertébrés. 

Bien que la validité du pire scénario, qui consiste en un déclin de 60 p. 100 en 3 générations, soit incertaine puisque l’évaluation des populations la plus récente n’est pas encore disponible, plusieurs faits prouvent qu’il y a lieu de s’inquiéter pour l’Albatros à pieds noirs : le degré élevé de variabilité interannuelle du nombre d’oiseaux nicheurs qui retournent dans la colonie chaque année (même si les moyennes à long terme semblent relativement stables); les multiples menaces documentées qui affectent la survie des adultes et des poussins; le fait que l’espèce occupe le troisième rang parmi les oiseaux de mer les plus couramment rapportés dans les prises accessoires dans le Pacifique Nord (et le premier rang parmi les espèces rapportées dans les prises accessoires des pêches canadiennes); la reconnaissance quasi unanime parmi les scientifiques des États-Unis et du Canada qu’une grande incertitude entoure les estimations de la mortalité par les pêches étrangères à la palangre. À cause des multiples menaces, du degré d’incertitude entourant la mortalité totale et de la grande variabilité dans le nombre des adultes qui retournent nicher chaque année, une approche prudente est recommandée. Il ne fait aucun doute que la mortalité soutenue des adultes causée par les activités humaines peut causer un grave déclin des populations d’oiseaux de mer longévifs.

Importance de l’espèce

Par le passé, les marins considéraient les albatros comme des âmes sœurs ou les âmes réincarnées de leurs compagnons de bord. Aujourd’hui, les marins ressentent encore une affinité avec ces oiseaux qui suivent le sillage de leur bateau. En tant qu’albatros le plus commun dans l’est du Pacifique Nord, l’Albatros à pieds noirs est important pour les marins qui naviguent dans ces eaux. Malgré ses habitudes extracôtières, l’espèce est aussi connue des Premières Nations vivant sur les côtes, comme en fait foi la présence du nom de l’espèce dans le lexique des Haïdas.

L’Albatros à pieds noirs est un prédateur de niveau supérieur dans le réseau trophique marin du Pacifique Nord. Même si cet oiseau de mer n’est pas aussi abondant que d’autres espèces de niveau trophique supérieur, il faut maintenir ses populations ou les ramener à leurs niveaux historiques pour assurer un écosystème marin sain et fonctionnel dans le Pacifique Nord.

Protection actuelle

L’Albatros à pieds noirs est protégé au Canada par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs et par la Wildlife Act de la Colombie-Britannique. L’espèce figure sur la liste des espèces menacées (Threatened) à Hawaï et au Mexique. En 2004, l’USFWS a reçu une pétition pour désigner l’Albatros à pieds noirs comme espèce menacée (Threatened) ou en voie de disparition (endangered) et il procède actuellement à son examen. En 2003, l’Union mondiale pour la nature (UICN) a reclassé l’Albatros à pieds noirs, le faisant passer d’espèce vulnérable (Vulnerable) à espèce menacée d’extinction (Endangered) (EN A3bd); elle justifie cette modification par le déclin de > 60 p. 100 que devraient connaître les 3 prochaines générations (c.-à-d. 56 années) d’après les projections fondées sur le taux estimé de mortalité causée par les prises accessoires des pêches démersales et pélagiques à la palangre dans le Pacifique Nord. L’Albatros à pieds noirs figure aussi à l’annexe II de la Convention concernant les oiseaux migrateurs (Convention de Bonn).

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

Retour à la référence de la note de bas de pagea

Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

Retour à la référence de la note de bas de pageb

Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de pagec

Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

Retour à la référence de la note de bas de paged

Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Retour à la référence de la note de bas de pagee

Retournez à la table des matières

Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique

Phoebastria nigripes Audubon 1839

Nom français

Albatros à pieds noirs

Nom anglais

Black-footed Albatross

Nom autochtone

Sk’aay (haïda; Harfenist et al., 2002)

Classification

Classe

-Oiseaux

Ordre

-Procellariiformes

Famille

-Phoebastria

Genre

-Phoebastria

Espèce

-nigripes

La classification suit celle de l’American Ornithologists’ Union (AOU, 2005). En 1839, Audubon a d’abord nommé l’espèce Diomedea nigripes, mais Nunn et al., (1996) a recommandé de rétablir le genre Phoebastria et de reclasser les quatre espèces d’albatros du Pacifique Nord dans ce genre pour résoudre les problèmes de paraphylie au sein de Diomedea. La situation taxinomique officielle de l’Albatros à pieds noirs a été modifiée en 1997 (AOU, 1998; Integrated Taxonomic Information System (ITIS), 2006; NatureServe, 2006).

Noms vernaculaires :

En français, l’espèce porte également le nom d’« albatros à pattes noires » (Service canadien de la faune, 1991). La plupart des synonymes vernaculaires anglais de l’Albatros à pieds noirs viennent des marins. Parmi ces synonymes, qui servent parfois à désigner toutes les espèces d’albatros (Jameson, 1961), figurent « gooney » ou « gooney bird », avec les variantes orthographiques « gony », « goony » et « goonie » (Mayr, 1945; Yocum, 1947; Alexander, 1955; Hatler et al., 1978; American Heritage Dictionary, 2004). Aux États-Unis, l’espèce a également pour noms communs « Black Albatross », « moli » et « ka’upu » (hawaïen) (US Fish and Wildlife Service, 2005a; Hawaii Department of Land and Natural Resources, 2005). En espagnol, le synonyme vernaculaire est « Albátros pata negra (ITIS 2006). En japonais, le terme qui désigne les albatros en général est « aho-dori » (qui signifie « oiseaux fous »), et celui qui désigne l’Albatros à pieds noirs est « Kuroashiahoudori » (Oikonos, 2005).

Description morphologique

D’une longueur de 64 à 74 cm et d’une envergure des ailes de 193 à 216 cm, l’Albatros à pieds noirs est un membre relativement petit de la famille des Diomédéidés (figure 1; Whittow, 1993). La masse corporelle varie de 2 800 à 4 975 g (Whittow, 1993; Nunn et Stanley, 1998; Sibley, 2003; K. Morgan, comm. pers.). Hormis la base du bec, le dessous des yeux, la base de la queue et les tectrices sous-caudales, qui sont blancs, les oiseaux adultes sont entièrement brun sombre (Whittow, 1993; Hyrenbach, 2002). Ce plumage blanc devient de plus en plus étendu jusqu’à l’âge du premier accouplement (c.-à-d. de 5 à 6 ans; Hyrenbach, 2002). La couleur du bec varie de noisette foncé, avec une base noirâtre, à gris noirâtre luisant (Harrison, 1983). Les pattes et les pieds sont noirs. Les oiseaux juvéniles ont un plumage plus foncé que les adultes, et leurs tectrices sus-caudales et sous-caudales sont dépourvues de marques blanches. Les ailes longues et étroites permettent un vol stable (Sibley, 2003). En mer, on peut confondre les Albatros à pieds noirs avec les Albatros à queue courte (P. albatrus) immatures. Toutefois, chez ces derniers, le bec et les pieds sont roses (et non de couleur foncée), la taille générale est plus grande, avec une longueur dépassant de 84 à 94 cm, et l’envergure des ailes est de l’ordre de 213 à 229 cm (Harrison, 1987). Les individus des deux sexes de l’Albatros à pieds noirs se ressemblent, mais les mâles sont généralement plus gros que les femelles, et leur bec est plus long (Rice et Kenyon, 1962a; Whittow, 1993). D’après Warham (1990), le dimorphisme sexuel est tel qu’il est possible de distinguer le mâle de la femelle dans le couple. Les oiseaux qui nichent au Japon seraient plus petits que ceux d’origine hawaïenne (Walsh et Edwards, 2005). 

Figure 1. Albatros à pieds noirs (Phoebastria nigripes). (Photo de L.K. Blight)

Figure 1. Albatros à pieds noirs (Phoebastria nigripes).(Photo de L.K. Blight)

L’Albatros à pieds noirs se reproduit occasionnellement avec l’Albatros de Laysan (P. immutabilis). Les hybrides qui en résultent sont gris perle, à dos gris foncé, à ventre pâle et à bec foncé (Fisher, 1972; Whittow, 1993).

Description génétique

Au cours de la dernière décennie, la disponibilité et le recours à des analyses génétiques ont ravivé une vieille controverse (voir Alexander et al., 1965) au sujet de la classification des Diomédéidés (Nunn et al., 1996; Nunn et Stanley, 1998; Robertson et Nunn, 1998; Penhallurick et Wink, 2004). Bien que le débat se poursuive sur la taxinomie des espèces d’albatros de l’hémisphère Sud (Nunn et al., 1996; Robertson et Nunn, 1998; Penhallurick et Wink, 2004), la monophylie et la reclassification des albatros du Pacifique Nord dans le genre Phoebastria (à partir du genre Diomedea) sont bien soutenues par des données sur la morphologie et le comportement ainsi que par des données issues du séquençage du gène du cytochrome-bmitochondrial (Nunn et al., 1998; Penhallurick et Wink, 2004). D’après les distances entre acides aminés, la séparation du genre Diomedea et du genre Phoebastria s’est produite il y a environ 13,2 millions d’années. Dans le genre Phoebastria, l’Albatros à pieds noirs est une lignée bien distincte puisqu’il a divergé de son parent le plus proche, l’Albatros de Laysan (P. immutabilis), il y a quelque 7,9 millions d’années (Penhallurick et Wink, 2004).

En ce qui concerne les populations actuelles d’Albatros à pieds noirs, l’analyse de l’ADN mitochondrial (gène du cytochrome-b) indique une importante différenciation génétique (ΦST = 0,914; p< 0,0001, d’après 1 000 permutations)entre les oiseaux qui nichent à Hawaï et ceux qui nichent au Japon. Par conséquent, il y a peut-être isolement reproductif de ces 2 populations, et ce, même si les aires de répartition en mer se chevauchent considérablement (Walsh et Edwards, 2005). Aucune autre étude n’appuie cette hypothèse, mais des séquences génétiques de tiques [Argasidés : Carios capensis (Neumann)] vivant sur des Albatros à pieds noirs du Japon et d’Hawaï montrent la possibilité d’un flux génique médié par les albatros entre les populations de tiques dans les sites de ces 2 endroits (Ushijima et al., 2003). Vu les données limitées, il est difficile d’établir l’origine des oiseaux qui visitent les eaux canadiennes, mais une étude de 13 prises accessoires d’une pêche à la palangre en Colombie-Britannique (2002-2003) a déterminé qu’elles étaient toutes des albatros d’origine hawaïenne (Walsh et Edwards, 2005).

Unités désignables

Sans objet.

Retournez à la table des matières

Répartition

Aire de répartition mondiale

Aire de reproduction

L’Albatros à pieds noirs ne niche pas au Canada. On lui connaît actuellement 12 aires de nidification bien établies dans le monde. L’espèce a récemment commencé à coloniser ou à recoloniser au moins 4 autres sites (voir ci-dessous, dans la même section) (figure 2; Alexander et al., 1997; Pitman et Ballance, 2002; USFWS, 2005a). La répartition des oiseaux nicheurs se limite presque entièrement aux îles hawaïennes du Nord-Ouest, où plus de 95 p. 100 de la population mondiale se reproduit. La majorité de la population hawaïenne niche dans l’atoll de Midway et l’île Laysan, mais on trouve de petites colonies de Lehua (près de Niihau), dans le groupe principal des îles d’Hawaï, à l’atoll de Kure, à l’extrémité ouest des îles hawaïennes du Nord-Ouest. De petites colonies se trouvent aussi dans des îles au large des côtes japonaises, dans le groupe Muko Jima (dans le nord des îles Bonin), à Toroshima (dans le groupe Izu) et dans les îles Senkaku (dans le sud de l’archipel Ryukyu) (Rice et Kenyon, 1962b; McDermond et Morgan, 1993; Whittow, 1993; Alexander et al., 1997; USFWS, 2005a). On a récemment vu l’espèce nicher dans l’île Guadalupe, au Mexique, et coloniser les îles San Benedicto et Clarión, dans le groupe Revillagigedo, à 370 km au sud de la Basse-Californie (Pitman et Ballance, 2002; Henry, comm. pers., 2006; Tershy, comm. pers., 2006). Ces dernières années, elle a également étendu son aire de reproduction au groupe Haha Jima, dans le sud des îles Bonin (Hasegawa, comm. pers., 2006). Traditionnellement, les Albatros à pieds noirs nichaient dans l’atoll de Johnston, l’île Marcus, les îles Marshall, les îles Mariannes du Nord et l’île Iwo Jima (dans les îles Volcano de l’archipel Bonin); ces colonies ont été anéanties par la chasse (pour les plumes) au XIXe siècle et l’occupation militaire pendant la Seconde Guerre mondiale. L’Albatros à pieds noirs a aussi récemment recolonisé l’atoll de Wake, dans le Pacifique central (Rice et Kenyon, 1962b; Whittow, 1993; USFWS, 2005a).

Figure 2. Aire de répartition mondiale de l’Albatros à pieds noirs (tirée de Whittow, 1993).

Figure 2. Aire de répartition mondiale de l’Albatros à pieds noirs (tirée de Whittow, 1993).

Aire de répartition en mer

En mer, l’Albatros à pieds noirs, espèce transpacifique et répandue, se rencontre dans tout le centre-nord du Pacifique, depuis les tropiques jusqu’à la mer de Béring et depuis la côte ouest de l’Amérique du Nord jusqu’aux côtes de la Chine, du Japon et de la mer Okhotsk (de 15°N à 53°N et de 112°W à 118°E; Gould et Piatt, 1993; Whittow, 1993; Shuntov, 2000; Smith et Hyrenbach, 2003). Les Albatros à pieds noirs représentent l’espèce d’albatros la plus courante dans l’est du Pacifique Nord (Sanger, 1974; McDermond et Morgan, 1993; Springer et al., 1999), mais ils sont relativement rares dans l’ouest (McDermond et Morgan, 1993), où l’Albatros de Laysan, espèce sympatrique, est plus commun (Gould et Piatt, 1993; Springer et al., 1999; figure 3). Cherel et al. (2002) ont montré une ségrégation spatiale à grande échelle semblable des aires d’alimentation des espèces d’albatros de l’hémisphère Sud. Les limites sud de l’aire de répartition en mer de l’Albatros à pieds noirs coïncident avec la courbure méridionale du courant de Californie, près de la Basse-Californie et le contre-courant nord-équatorial, dans le centre du Pacifique Nord, et l’on trouve occasionnellement des oiseaux aussi loin dans le sud qu’à 10° de latitude nord (McDermond et Morgan, 1993) ou, dans de rares cas, dans l’hémisphère Sud (BirdLife International, 2004a).

Figure 3. Carte du Pacifique Nord montrant de multiples points d’observation de 3 espèces d’albatros (Albatros à pieds noirs : n = 10) suivies par transmetteurs de satellite au cours de l’été 2005. Il est à noter que ces oiseaux ont tous été capturés près des îles Aléoutiennes et non dans leur colonie nicheuse, ce qui pourrait biaiser la distribution illustrée. Carte gracieusement offerte par R. Suryan et K. Fischer (données inédites), Oregon State University.

Figure 3.    Carte du Pacifique Nord montrant de multiples points d’observation de 3 espèces d’albatros (Albatros à pieds noirs : n = 10) suivies par transmetteurs de satellite au cours de l’été 2005.

L’aire de répartition en mer de l’Albatros à pieds noirs varie selon l’âge et l’état reproducteur des oiseaux; elle s’élargit et se rétrécit suivant le cycle reproducteur. Les adultes se concentrent autour des colonies pendant la ponte, l’incubation et la garde du poussin (de novembre à février), mais s’éloignent à plus de 4 500 km de la colonie pendant l’élevage de leur petit (de mars à juillet) pour trouver de la nourriture dans des eaux plus productives (McDermond et Morgan, 1993; Cousins et Cooper, 2000; Fernández et al., 2001; Hyrenbach et al., 2002). Après la saison de reproduction, les adultes s’envolent vers le nord ou le nord-est, au-dessus du Pacifique, en direction de la côte ouest de l’Amérique du Nord, dans les eaux froides et productives des zones transitionnelles et subarctiques (Robbins et Rice, 1974; McDermond et Morgan, 1993; Gould et al., 1998; Hyrenbach et al., 2002). Tous les individus quittent leur colonie au plus tard à la fin de juillet, et les oiseaux nicheurs retournent graduellement dans les zones avoisinantes des îles d’Hawaï en octobre et novembre(McDermond et Morgan, 1993). À l’envol, la plupart des oiseaux se dispersent à l’ouest des colonies nicheuses d’Hawaï vers le Japon, alors que les oiseaux immatures passent l’été et l’hiver dans l’est du Pacifique Nord et fréquentent probablement les mêmes sites que les adultes. Des individus non nicheurs se rencontrent partout dans les eaux subarctiques du Pacifique Nord, depuis le Japon jusqu’à la côte ouest de l’Amérique du Nord (Brazil, 1991; Whittow, 1993; McDermond et Morgan, 1993).

À des échelles spatiales plus petites, la présence de bateaux de pêche peut influer sur la répartition des albatros. Wahl et Heineman (1979) croient que les activités de pêche commerciale sur les côtes de l’État de Washington ont affecté la répartition des Albatros à pieds noirs sur le talus continental, sur une superficie de plusieurs centaines de kilomètres carrés. En effet, les oiseaux étaient beaucoup plus abondants dans la zone d’étude les jours où des bateaux de pêche étaient présents que les jours sans bateaux.

Aire de répartition canadienne 

Au Canada, l’Albatros à pieds noirs est la seule espèce d’albatros observée régulièrement au large du littoral du Pacifique (Campbell et al., 1990; Morgan, 1997). Des observations en mer, depuis les eaux au large du sud-ouest de l’île de Vancouver jusqu’à l’entrée Dixon, située au large de la côte nord de l’archipel de la Reine-Charlotte (Haïda Gwaii), sont consignées tous les mois de l’année. L’espèce est la plus souvent observée d’avril à octobre (figures 4 à 8; Campbell et al., 1999; Morgan et al., 1997). L’Albatros à pieds noirs est considéré comme une espèce pélagique, mais elle est « commune » (Wahl et al., 1993) au-dessus des eaux se trouvant dans un rayon de quelques milles marins de la côte de la Colombie-Britannique. L’été, quelque 2 500 oiseaux fréquentent les eaux canadiennes (Hunt et al., 2000).

Figure 4. Densité des Albatros à pieds noirs dans les eaux canadiennes, relevés d’hiver (de 16 décembre au 15 mars). Source : Environnement Canada, Région du Pacifique et du Yukon.

Figure 4.    Densité des Albatros à pieds noirs dans les eaux canadiennes, relevés d’hiver (de 16 décembre au 15 mars). Source : Environnement Canada, Région du Pacifique et du Yukon.

Figure 5. Densité des Albatros à pieds noirs dans les eaux canadiennes, relevés de printemps (du 16 mars au 15 juin). Source : Environnement Canada, Région du Pacifique et du Yukon.

Figure 5.    Densité des Albatros à pieds noirs dans les eaux canadiennes, relevés de printemps (du 16 mars au 15 juin). Source : Environnement Canada, Région du Pacifique et du Yukon.

Figure 6. Densité des Albatros à pieds noirs dans les eaux canadiennes, relevés d’été (du 16 juin au 15 septembre). Source : Environnement Canada, Région du Pacifique et du Yukon.

Figure 6.    Densité des Albatros à pieds noirs dans les eaux canadiennes, relevés d’été (du 16 juin au 15 septembre). Source : Environnement Canada, Région du Pacifique et du Yukon.

Figure 7. Densité des Albatros à pieds noirs dans les eaux canadiennes, relevés d’automne (du 16 septembre au 15 décembre). Source : Environnement Canada, Région du Pacifique et du Yukon.

Figure 7.    Densité des Albatros à pieds noirs dans les eaux canadiennes, relevés d’automne (du 16 septembre au 15 décembre). Source : Environnement Canada, Région du Pacifique et du Yukon.

Figure 8. Densité des Albatros à pieds noirs dans les eaux canadiennes se trouvant à l’intérieur des zones de relevé de la Commission internationale du flétan du Pacifique (CIFP) (relevés de juin à août, 2002 à 2004). Source : Washington Sea Grant.

Figure 8.    Densité des Albatros à pieds noirs dans les eaux canadiennes se trouvant à l’intérieur des zones de relevé de la Commission internationale du flétan du Pacifique (CIFP) (relevés de juin à août, 2002 à 2004). Source : Washington Sea Grant.

En août 2005, on a muni 10 Albatros à pieds noirs d’étiquettes émettrices dans le passage Seguam, en Alaska, et 3 de ces Albatros ont pénétré les eaux canadiennes entre le 19 août et le 22 septembre (figures 3 et figure9; Suryan, comm. pers., 2005). En Colombie-Britannique, les Albatros à pieds noirs sont les plus nombreux dans les eaux canadiennes lorsqu’ils se dispersent après la reproduction, soit en août et au début septembre. On les trouve alors surtout le long de la rupture de pente du talus continental. De la fin septembre à octobre, leur nombre diminue le long de la côte de la Colombie-Britannique, car il y a des oiseaux qui retournent alors dans leur colonie de reproduction, à Hawaï ou au Japon (Morgan et al.,1991; McDermond et Morgan, 1993; Morgan, 1997; Gould et al., 1998). Les Albatros à pieds noirs observés dans la zone économique exclusive (ZEE) du Canada après cette période (soit d’octobre à juin) sont traditionnellement réputés être des oiseaux non reproducteurs ou des oiseaux qui ont échoué à se reproduire (McDermond et Morgan, 1993), mais des données récentes (dont celles d’Hyrenbach et al., 2002) indiquent que, pendant l’élevage du poussin, soit de février à juillet, les oiseaux nicheurs partent en quête de nourriture dans le courant de Californie et remontent parfois vers le nord jusqu’en Colombie-Britannique.

Figure 9. Présence dans la ZEE du Canada de trois Albatros à pieds noirs suivis par étiquettes émettrices entre le mois d’août et le début octobre, en 2005. Carte gracieusement offerte par R. Suryan et K. Fischer, Oregon State University.

Figure 9.    Présence dans la ZEE du Canada de trois Albatros à pieds noirs suivis par étiquettes émettrices entre le mois d’août et le début octobre, en 2005. Carte gracieusement offerte par R. Suryan et K. Fischer, Oregon State University.

On observe couramment des Albatros à pieds noirs dans les eaux extracôtières de la Colombie-Britannique la plupart des mois de l’année, mais les observations sur les côtes de l’archipel de la Reine-Charlotte (Haïda Gwaii) (Johnston, comm. pers., 2006) ainsi que sur la côte ouest de l’île de Vancouver sont considérées « inhabituelles » (Hatler et al., 1978). Par le passé, l’espèce était également « rare » dans les eaux du littoral nord (Kermode, 1904; voir aussi la section Importance de l’espèce ci-dessous). Parmi les mentions canadiennes à l’extérieur de l’aire de répartition figurent Nanaimo (juin 1900) et Satellite Channel, près de Victoria (août 1957; Campbell et al., 1990), en Colombie-Britannique.

Aux endroits où la rupture de pente du talus continental (équidistance de 200 m) s’approche du continent, on peut voir des oiseaux relativement près de la terre. Des Albatros à pieds noirs fréquentent l’entrée Dixon Ouest, et on en « rencontre régulièrement » (Morgan, 1997) dans les détroits de la Reine-Charlotte et d’Hécate, principalement au sud de la baie Juan Perez, dans les environs de la rupture de pente (Harfenist et al., 2002). Néanmoins, l’espèce est plus commune au large de la côte ouest que dans les eaux littorales (Morgan, 1997; Harfenist et al., 2002).

Retournez à la table des matières

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Habitat de nidification

Les Albatros à pieds noirs nichent habituellement sur des plages de sable exposées ou sur des chapelets adjacents de basses îles coralliennes et sablonneuses peu végétalisées des faibles latitudes du Pacifique (Fisher, 1972; Whittow, 1993; Tickell, 2000). Les oiseaux peuvent également se reproduire dans un habitat altéré : par exemple, dans l’île Midway, les Albatros à pieds noirs nichent sur les limites herbeuses d’une piste d’aéroport et dans des zones exposées parmi des filaos introduits (Casuarina equisetifolia; Whittow, 1993). Chez l’Albatros à pieds noirs, le lek (arène de reproduction), confiné aux aires de nidification et aux environs immédiats, est occupé seulement pendant les périodes d’accouplement et de nidification (Rice et Kenyon, 1962a).

Habitat marin

Les stades du cycle vital de l’espèce exercent des contraintes et influences sur l’utilisation de l’habitat marin. Dans l’île Tern, dans le centre du Pacifique, les oiseaux qui élevaient un poussin ont recherché de la nourriture au-dessus des eaux chaudes (température à la surface de la mer [TSM] de > 20 °C), pélagiques (profondeur de > 3 000 m) et oligotrophes (teneur en chlorophylle a de < 0,3 mg/m³) à proximité de la colonie. Quand les poussins ont atteint l’âge de 18 jours, les albatros nicheurs ont étendu leur aire d’alimentation pour fréquenter les eaux côtières (profondeur de < 200 m), froides (TSM de <15 °C) et productives (teneur en chlorophylle a de > 0,3 mg/m³) le long du talus continental de l’Amérique du Nord, depuis le centre de la Californie jusqu’à la Colombie-Britannique (Fernández et al., 2001; Hyrenbach et al., 2002). Dès le début de la période post-reproduction, les Albatros à pieds noirs se sont dispersés dans le Pacifique Nord, où ils ont fréquenté un vaste éventail de domaines océaniques (TSM de 7,1 à 24,9 °C) typiques des eaux tropicales, subtropicales, transitionnelles et subarctiques (Wahl et al., 1989; McKinnell et Waddell, 1993; Hyrenbach et Dotson, 2001; Hyrenbach et Dotson, 2003). Au total, 4 femelles étiquetées et suivies en mer pendant leur dispersion post-reproduction ont largement longé la zone de transition entre le courant de Californie et le tourbillon du Pacifique central (Hyrenbach et Dotson, 2003).

En général, l’utilisation de l’habitat par les albatros est régie par la configuration des vents et la distribution de la nourriture (cette dernière dépend beaucoup des caractéristiques bathymétriques et hydrographiques; voir Croxall et al., 2005). Différents processus physiques influent sur la répartition marine des oiseaux de mer à diverses échelles (Hunt et Schneider, 1987) : à des méso-échelles de 10 à 100 km, des processus qui rassemblent les proies (p. ex. des zones de convergence et des zones frontales) influent probablement sur la répartition de l’Albatros à pieds noirs (Hyrenbach et al., 2002). Des données de relevés en mer réalisés dans le cadre d’études pélagiques canadiennes et états-uniennes montrent que les Albatros à pieds noirs sont les plus abondants dans la zone externe du talus continental (dans des eaux de >100 m de profondeur; Harfenist et al., 2002), plus précisément à la rupture de pente (Morgan et al., 1991; Whittow, 1993; McDermond et Morgan, 1993). L’espèce aime les limites entre masses d’eau et entre zones de remontée d’eau forte et persistante (Wahl et al., 1991; McDermond et Morgan, 1993; Whittow, 1993; Hyrenbach et Dotson 2001). Des oiseaux suivis par télémétrie volaient à des vitesses réduites à proximité du talus continental et des fronts hydrographiques, ce qui indique qu’ils étaient en train de chercher de la nourriture dans ces zones (Hyrenbach et al., 2002). Les monts sous-marins peuvent aussi être une formation océanique d’importance pour les Albatros à pieds noirs : dans le cadre de 2 études pélagiques, on a constaté des densités significativement plus élevées au-dessus du mont sous-marin Cobb, en Colombie-Britannique, que dans les eaux se trouvant à une distance de plus d’une fois le diamètre du mont (K. Morgan, données inédites). De plus, le nombre le plus élevé de prises accessoires d’Albatros à pieds noirs a été enregistré dans le mont sous-marin Bowie, révélant ainsi des densités inhabituelles dans cette zone (Smith et Morgan, 2005).

Tendances en matière d’habitat

Le filao, introduit dans l’atoll de Midway au début du XXe siècle, a créé des zones boisées, ce qui a entraîné la perte d’habitats de nidification en zones exposées. En 1940, les États-Unis ont commencé les préparations militaires en vue de la Seconde Guerre mondiale, lesquelles ont grandement altéré physiquement l’atoll et les autres îles hawaïennes du Nord-Ouest (McDermond et Morgan, 1993; USFWS, 2005a). Plus récemment, l’introduction de la plante Verbesina encelioides a considérablement dégradé l’habitat de nidification dans l’atoll de Midway, le récif Pearl et Hermes et l’atoll de Kure, où des zones gravement infestées ne peuvent être habitées par les oiseaux nicheurs (Shluker, 2002). Des programmes actifs de lutte gèrent maintenant les espèces végétales exotiques dans les colonies d’albatros. Ils sont cependant coûteux, et il reste beaucoup à faire (USFWS, 2005a). Le sanctuaire faunique national de l’atoll de Midway, établi en 1988, servait de refuge de la base aéronavale. En 1997, la base a été déclassée, et la gestion des activités de l’atoll a été transférée de l’US Department of Defense au Department of the Interior (à l’US Fish & Wildlife Service). Ces activités étaient désormais liées au sanctuaire faunique national. La piste d’atterrissage de Midway est encore fonctionnelle, mais on mène maintenant les activités d’aéroport de manière à réduire le plus possible la mortalité des albatros due aux collisions aériennes, et à la documenter. De nombreux obstacles tels que les fils aériens et les panneaux de signalisation ont été retirés, diminuant ainsi le nombre de collisions avec les oiseaux (Cousins et Cooper, 2000; USFWS, 2005c). Les opérations militaires à Midway ont à la fois créé et détruit des aires de nidifications. Par exemple, le remblai de dragage a considérablement augmenté la superficie de l’île Sand (Cousins et Cooper, 2000).

Les activités volcaniques peuvent entraîner l’altération ou la perte d’habitat dans certaines petites colonies, notamment celles de l’île San Benedicto, au Mexique (Pitman et Ballance, 2002), et de l’île Torishima, au Japon (Whittow, 1993; USFWS, 2005c). Une éruption volcanique à l’île Torishima, en 1939, a énormément réduit la population nicheuse; seuls quelques oiseaux ont survécu (Cousins et Cooper, 2000). Dans les bas atolls – certains sont à seulement 3 ou 4 mètres au-dessus du niveau de la mer (Herbst et Wagner, 1992) –, on peut prédire la perte d’habitat à long terme due aux changements climatiques et à l’élévation connexe du niveau de la mer (Baker et al., 2006). Les changements climatiques et les perturbations associées dans les écosystèmes marins (p. ex. l’intensification du phénomène El Niño), de même que les cycles naturels à plus long terme tels que l’oscillation décennale du Pacifique (ODP), affectent également l’habitat marin en altérant la distribution, l’abondance et la qualité des proies (Robinson et al., 2005; USFWS, 2005a). Par exemple, un régime chaud de l’ODP depuis 1976 a causé un déclin du nombre de proies et une hausse de la TSM dans le système du courant de Californie, masse d’eau qui s’étend jusqu’à l’extrémité nord de l’île de Vancouver. Ces phénomènes ont à leur tour entraîné un déclin de 90 p. 100 de la population de Puffins fuligineux (Puffinus griseus) dans la région. Le nombre d’Albatros à pieds noirs dans le courant de Californie a également diminué ces 20 dernières années. Les Puffins fuligineux se sont peut-être simplement redistribués dans le bassin du Pacifique en se dirigeant vers le centre de la zone de transition du Pacifique Nord, où les eaux se sont refroidies et sont devenues plus productives (Ainley et Divoky, 2001; Bertram et al., 2005; Robinson et al., 2005). On ne sait pas encore si cette hypothèse s’applique aussi aux Albatros à pieds noirs, mais une récente hausse rapide des effectifs de cette espèce dans le courant de Californie à la suite d’une baisse de la TSM due à l’ODP indique que ce serait peut-être le cas (Ainley, comm. pers., 2006). La TSM au large du nord du Mexique est maintenant semblable à celle observée autour de l’archipel d’Hawaï. Ce changement de TSM peut expliquer l’établissement de nouvelles colonies d’albatros sur les îles extracôtières du Mexique (Ainley et Divoky, 2001). 

Protection et propriété 

Environ 35 p. 100 de la population mondiale d’Albatros à pieds noirs se reproduit dans l’atoll de Midway, sanctuaire faunique national des États-Unis. Une proportion semblable d’oiseaux niche dans l’île Laysan, dans le sanctuaire faunique national des îles d’Hawaï. Les autres colonies d’Albatros à pieds noirs se trouvent pour la plupart dans d’autres îles et atolls, situés également dans le sanctuaire faunique national des îles d’Hawaï ou dans les sanctuaires d’oiseaux de mer de l’État d’Hawaï (atoll de Kure; Anon, 2004, USFWS, 2005a,b). Plus de 95 p. 100 de la population totale niche dans l’archipel d’Hawaï; ainsi, la grande majorité des Albatros à pieds noirs du monde nichent dans des sites protégés. Sauf les travailleurs des stations de terrain des îles Tern et Laysan et ceux de l’USFWS de l’atoll de Midway, le sanctuaire faunique national des îles d’Hawaï est inhabité par les humains. L’entrée dans le sanctuaire est autorisée seulement avec un permis d’utilisation spéciale de l’USFWS. Même les travaux scientifiques sont limités et surveillés, et ce, pour réduire le plus possible les perturbations indues (USFWS, 2005b).

Les îles San Benedicto et Guadalupe relèvent du Mexique. La première n’est pas protégée, mais elle est inhabitée et exempte de prédateurs introduits. Des militaires sont en poste à Guadalupe toute l’année (Pitman et Ballance, 2002). En 2003, on a proposé de désigner cette dernière réserve de la biosphère (Aguirre Muñoz et al., 2003), ce qui a été réalisé en avril 2005 (Comisión Nacional de Áreas Naturales Protegidas, sans date; Tershy, comm. pers., 2006). L’île Torishima est un monument national japonais, c’est-à-dire qu’elle appartient au gouvernement japonais et qu’elle est gérée à des fins de conservation des espèces sauvages. La compétence du Japon en ce qui a trait aux îles Senkaku est débattue, et l’archipel fera peut-être l’objet d’exploitation pétrolière dans le futur (USFWS, 2005c).

L’habitat marin de l’Albatros à pieds noirs est peu protégé, en partie parce que les oiseaux utilisent des eaux pélagiques ne relevant pas de la compétence des pays. Au Canada, l’Agence Parcs Canada a proposé de créer la réserve d’aire marine nationale de conservation (AMNC) Gwaii Haanas dans les eaux entourant la réserve de parc national Gwaii Haanas (archipel de la Reine-Charlotte/Haïda Gwaii). Toutefois, cette proposition est à l’étape de la consultation. Ainsi, même si les espèces en péril au sein de l’AMNC proposée sont déjà gérées par Parcs Canada, on ne connaît pas encore le calendrier d’établissement de l’aire protégée (Shepherd, comm. pers., 2005; Achuff, comm. pers., 2006). En outre, Environnement Canada travaille à la création d’une réserve marine de faune (RMF) autour des îles Scott. Si les limites de la zone d’étude proposée deviennent les limites de la RMF, environ 25 800 km² de l’habitat marin bénéficieraient d’un certain degré de protection (Dunn, comm. pers., 2006). En 1991, on a établi une zone de protection des espèces de 50 milles marins autour des îles hawaïennes du Nord-Ouest, principalement pour protéger la population en voie de disparition de phoques moines d’Hawaï (Monachus schauinslandi; BirdLife International, 2004a). Au total, 3 sanctuaires marins nationaux des États-Unis établis dans le système du courant de Californie au large des côtes californiennes (golfe des Farallones, banc Cordell, baie Monterey; Ford et al., 2004) semblent englober les aires d’alimentation utilisées pendant la saison de nidification de l’Albatros à pieds noirs (Hyrenbach et al., 2006). Dans l’est du Pacifique Nord, l’espèce fréquente les ZEE du Mexique, des États-Unis et du Canada (figure 3). Hyrenbach et Dotson (2003) ont utilisé des émetteurs de satellite pour suivre 4 femelles au large des côtes californiennes pendant leur dispersion post-reproduction. Ils ont constaté que ces oiseaux passaient respectivement 25 p. 100, 24 p. 100 et 51 p. 100 de leur temps dans la ZEE des États-Unis, la ZEE du Mexique et les eaux internationales. Dans l’ensemble de l’aire de répartition connue, on rencontre aussi des Albatros à pieds noirs dans les eaux territoriales de la Chine, de Guam, du Japon, de la République de Corée, des îles Marshall, des États fédérés de Micronésie, de la Nouvelle-Zélande (comme espèce erratique), des îles Mariannes du Nord, de la Russie et de Taïwan (BirdLife International, 2004b).

Retournez à la table des matières

Biologie

Des recensements intermittents ont été réalisés dans certaines colonies dès la première décennie du XXe siècle, et les activités de baguage ont commencé dans les années 1940 (Yocum, 1964; Cousins et Cooper, 2000), mais ce n’est que depuis les premiers relevés approfondis des populations, dans les années 1950, qu’on étudie extensivement les Albatros à pieds noirs dans les colonies nicheuses de l’archipel d’Hawaï (Rice et Kenyon, 1962a,b). Le comportement en mer de cette espèce est relativement bien connu, cette dernière ayant fait l’objet de nombreux relevés et études d’espèces multiples d’oiseaux de mer et d’autres prédateurs marins les décennies suivantes (voir par exemple Ainley et al., 1995; Hunt et al., 2000; Burger, 2003). Plusieurs projets récents ont également étudié l’Albatros à pieds noirs par télémétrie satellitaire et d’autres technologies de télédétection pour définir les utilisations de l’habitat marin (voir par exemple Fernández et Anderson, 2000; Fernández et al., 2001; Hyrenbach et Dotson, 2001; Hyrenbach et al., 2002; Shaffer et al., 2005; Suryan, comm. pers., 2005). L’Albatros à pieds noirs a été l’espèce ciblée de plusieurs exercices de modélisation démographique récents, qui visaient à déterminer la situation et les tendances des populations dans le contexte de la mortalité liée aux pêches (Cousins et Cooper, 2000; Lewison et Crowder, 2003; Wiese et Smith, 2003; Niel et Lebreton, 2005; Tuck et al., 2001; Mills et Ryan, 2005). La plupart des renseignements sur l’Albatros à pieds noirs proviennent d’études sur la population des îles d’Hawaï ou des oiseaux étiquetés ou observés en mer. Ces derniers font probablement partie de la population hawaïenne.

Cycle vital et reproduction

Les adultes se reproduisent généralement à l’âge de 7 ou 8 ans; certains individus précoces atteignent la maturité à 5 ou 6 ans. Un très petit nombre d’oiseaux retournent dans leur colonie à l’âge de 2 ou 3 ans, et, pendant les 2 premières années de leur vie, ils sont complètement absents des colonies. La plupart des oiseaux nicheurs (63 p. 100) se reproduisent 2 années de suite, mais moins de la moitié le font 3 années consécutives (Whittow, 1993; USFWS, 2005a). Le mâle et la femelle construisent ensemble le nid, qui consiste en un trou peu profond creusé dans du sable meuble, et y ajoutent souvent de la végétation. L’Albatros à pieds noirs est monogame, et le couple reste uni jusqu’à la mort ou la disparition d’un des 2 partenaires. Les oiseaux nicheurs retournent dans leur colonie à la fin octobre et pondent un seul œuf entre la mi-novembre et le début décembre. Si l’œuf est perdu, il n’y a pas de deuxième ponte (Whittow, 1993; USFWS, 2000). Comme chez les autres Procellariiformes, l’incubation est de longue durée; cette caractéristique du cycle vital est liée à la croissance lente de l’embryon (Warham, 1990). Le mâle et la femelle couvent l’œuf pendant 66 jours, puis l’éclosion a lieu entre la mi-janvier et le début février. Ils élèvent et prennent soin sans interruption de leur poussin pendant environ 19 jours. Ils le surveillent de façon intermittente les 10 jours suivants, après quoi ils ne lui rendent visite que pour le nourrir (Whittow, 1993).

Pendant l’élevage du poussin (> 18 jours), les adultes commencent à entreprendre des déplacements d’au plus 28 jours à la recherche de nourriture, parcourant des milliers de kilomètres au-dessus de l’océan, d’Hawaï à la côte ouest nord-américaine. Leur comportement de quête de nourriture est fonction de l’aire d’alimentation (Fernández et al., 2001; Hyrenbach et al., 2002). Les poussins sont nourris d’exocets (poissons-volants) (Exocétidés) et d’huile stomacale de calmars (USFWS, 2000) et atteignent un poids asymptotique d’environ 3 600 g (Sievert et Sileo, 1993). La période de nidification dure entre 140 et 150 jours, et, en juin, les adultes quittent leur colonie. Les poussins prennent leur envol sans assistance en juin ou en juillet (Whittow, 1993; USFWS, 2005a). Bien que les Albatros à pieds noirs soient très philopatriques (USFWS, 2005a), les jeunes oiseaux ne retournent pas dans leur site de naissance exact pour se reproduire. Certains individus nichent dans des îles environnantes (Rice et Kenyon, 1962a; Whittow, 1993). Les oiseaux nicheurs établis creusent généralement leur nid dans un rayon de 4 à 6 mètres d’un ancien nid. Toutefois, des individus ont été récupérés à > 1 000 km de leur colonie d’origine (Whittow, 1993). Historiquement, les colonies d’Albatros à pieds noirs étaient plus répandues qu’aujourd’hui (Rice et Kenyon, 1962b; USFWS, 2005a); la disponibilité de l’habitat de nidification n’est donc probablement pas un facteur limitatif des populations.

L’hybridation entre l’Albatros à pieds noirs et l’Albatros de Laysan se produit (Whittow, 1993), mais son importance est presque négligeable (Fisher, 1972).

Physiologie, comportement de quête de nourriture et alimentation

La reproduction et la mue sont toutes deux énergivores, et, comme chez la plupart des espèces d’oiseaux, ces deux phénomènes n’ont pas lieu en même temps chez l’Albatros à pieds noirs (Tickell, 2000). Les adultes et les jeunes muent en mer pendant la dispersion post-reproduction; de 20 à 90 p. 100 des plumes sont remplacées chaque année (Langston et Rohwer, 1995; Edwards et Rohwer, 2005). Pendant la période de mue, les Albatros à pieds noirs font des réserves de graisses pour se préparer à la saison de nidification (Fring et Fring, 1961) : le succès d’alimentation et la disponibilité des proies peuvent donc clairement affecter la préparation physiologique d’un individu à la reproduction pour la saison à venir. Les oiseaux qui ont réussi à se reproduire sont plus susceptibles de sauter la nidification l’année suivante que les oiseaux qui ont échoué (Langston et Rohwer, 1995).

Les dépenses totales d’énergie pendant la saison de nidification (250 jours) de la colonie d’albatros des hauts-fonds French Frigate ont été établies à 8,019´106 kj. Les oiseaux consomment un total approximatif de 929 tonnes d’aliments pour répondre aux besoins d’énergie. Hunt et al.(2000) ont estimé que près de 16 730 tonnes de proies sont mangées par les Albatros à pieds noirs chaque été dans les zones tropicales ouest et est du Pacifique Nord.

Le régime alimentaire des Albatros à pieds noirs nichant à Hawaï est principalement constitué d’œufs de calmars et de poissons-volants, suivis de poissons et de crustacés d’eau profonde tels que les mysis et isopodes de grande taille (Harrison et al., 1983; Whittow, 1993; USFWS, 2005a). Les Albatros à pieds noirs se nourrissent plus haut dans la chaîne trophique que les Albatros de Laysan (à un tiers de niveau trophique à un niveau trophique entier au-dessus) (Gould et al., 1997; J. Bisson, données inédites, 2005). Cette caractéristique ainsi que l’attirance pour les bateaux, l’alimentation en période diurne et la présence de déchets de bateaux, et de calmars, de poissons, de mammifères marins et d’oiseaux de mer morts dans le régime alimentaire montrent que les charognes représentent une portion importante des proies (Gould et al., 1997, 1998; Fernández et Anderson, 2000; Harfenist et al., 2002). Les oiseaux se nourrissent surtout en capturant leurs proies à partir de la surface de l’eau; dans une étude, des Albatros à pieds noirs munis de sondes d’immersion ont passé en moyenne 90,8 p. 100 de leur temps à voler au-dessus de la mer. Selon les moments d’immersion observés, la plus grande partie de la recherche de nourriture a eu lieu pendant le jour (Fernández et Anderson; 2000, Hyrenbach et al., 2002). Les yeux des Albatros à pieds noirs contiennent peu de rhodopsine (4 unités de densité/g, par rapport à 20 unités de densité/g chez l’effraie des clochers [Tyto alba]); leur vision nocturne est donc probablement relativement pauvre (Fernández et Anderson, 2000).

Comportement

Les Albatros à pieds noirs sont des détritivores qui se nourrissent à la surface de l’eau. Attirés par les bateaux de pêche, ils les suivent (résumé dans Hyrenbach, 2001) pour se nourrir des poissons, des calmars et des déchets rejetés. Ce comportement les rend particulièrement vulnérables à la noyade dans les palangres des pêches démersales et pélagiques et dans les filets dérivants des pêches hauturières (voir la section Facteurs limitatifs et menaces).

Les Albatros à pieds noirs forment des volées (petites à grandes) en mer. Wahl et Heinemann (1979) ont consigné une volée de 250 oiseaux se nourrissant à proximité d’un chalutier usine. Morgan et al. (1991) ont indiqué qu’au printemps la plupart des observations d’Albatros à pieds noirs étaient des individus seuls ou de petites volées de moins de 10 oiseaux généralement. Pendant les mois estivaux (juillet-août), l’espèce est plus grégaire, des volées de 20 à 40 individus pouvant être couramment observées. Une volée de 180 oiseaux regroupés sur la mer a été observée (Morgan et al., 1991).

Comme ce la a été suggéré pour les Puffins à pieds roses (Puffinus creatopus; COSEPAC, 2004) se tenant en groupe sur la mer, l’attirance pour les bateaux et le comportement de regroupement peuvent également rendre les Albatros à pieds noirs vulnérables à la mortalité causée par les marées noires chroniques ou catastrophiques.

Survie et recrutement

L’Albatros à pieds noirs est longévif, son espérance de vie variant de 12 à 40 ans (USFWS, 2000). L’individu le plus vieux, trouvé en 2004, était âgé d’au moins 43 ans (USFWS, 2005a), mais l’espèce peut sans aucun doute vivre plus longtemps : on a en effet observé un Albatros de Laysan, espèce sympatrique et étroitement apparentée à l’Albatros à pieds noirs, d’au moins 51 ans, qui prenait soin d’un poussin en santé au moment de la lecture des bagues (Walker, 2003; Robbins, comm. pers., 2005). Aux fins d’évaluation de la situation de l’espèce, la durée d’une génération a été estimée à une période de 18,67 (BirdLife International, 2004a,b) à 20 ans (Lewison et Crowder, 2003; NatureServe, 2006). Niel et Lebreton (2005) ont modélisé la durée moyenne d’une génération à 17,09 ans (dans des conditions optimales).

Comme l’Albatros à pieds noirs est une espèce à stratégie K (voir la section Facteurs limitatifs et menaces), la stabilité de ses populations est très vulnérable aux facteurs qui affectent la survie des adultes. On ne dispose pas d’estimations publiées de la survie des Albatros à pieds noirs adultes, mais cette dernière serait en moyenne de 0,923, la fourchette étant de 0,81 à 0,994, d’après des données recueillies dans les années 1960 (Cousins et Cooper, 2000, p. 49). Même dans des conditions idéales dans les colonies et en mer, on estime que la population totale d’Albatros à pieds noirs ne peut croître à un taux de plus de 5,9 p. 100 par année, de sorte qu’une source additionnelle de mortalité qui dépasse cette valeur (près de 8 900 individus/an, d’après de récentes estimations de la taille de la population) entraînera un déclin de la population (Niel et Lebreton, 2005). Cousins et Cooper (2000) ont estimé un seuil maximal de mortalité semblable, soit 10 000 oiseaux par année. Ce seuil tient compte de la mortalité due à des causes naturelles, mais ne considère pas les effets de la mortalité indirecte tels que le veuvage et la baisse de la reproduction nette.

Prédation

Dans les eaux hawaïennes, le requin-tigre (Galeocerdo cuvier) est un prédateur des jeunes Albatros de Laysan et Albatros à pieds noirs qui prennent leur envol à partir de leur colonie natale. Les requins-tigres prennent environ 10 p. 100 des jeunes albatros à l’envol chaque année (Wake Forest University, 1999). Des rats introduits (Rattus spp.) ont par le passé tué des oisillons dans les atolls de Kure et de Midway, mais ces rongeurs sont maintenant éradiqués. Les rats polynésiens (R. exulans) de Kure ont tué des Albatros de Laysan adultes et jeunes, mais, selon les données disponibles, ils sont prédateurs des oisillons d’Albatros à pieds noirs seulement (Kepler, 1967; Moors et Atkinson, 1985; Whittow, 1993). Dans l’île Torishima (îles Izu, au Japon), des Pygargues empereurs (Haliaeetus pelagicus) ont occasionnellement été vus en train de chasser des poussins d’Albatros à pieds noirs (USFWS, 2005c). L’île abrite aussi des rats.

Déplacements et dispersion

Les adultes se concentrent autour des colonies pendant la ponte, l’incubation et la garde du poussin (novembre à février; Whittow, 1993; Cousins et Cooper, 2000). Les individus qui ne se sont pas reproduits ou qui ont échoué à se reproduire commencent à quitter l’aire de nidification en avril. De juin à septembre, les derniers adultes se dispersent dans le nord-est du Pacifique, vers des eaux transitionnelles et subarctiques plus froides et productives que les eaux entourant les colonies. Les oiseaux à l’envol se dispersent principalement à l’ouest du 180e degré de longitude, et ils passent les étés et les hivers subséquents surtout dans la zone orientale tempérée du Pacifique Nord (Robbins et Rice, 1974; Whittow, 1993; Gould et al., 1998; Hyrenbach et al., 2002). (voir aussi les sections Répartition et Besoins en matière d’habitat – Habitat marin.)

Maladies et parasites

la variole aviaire (Avipoxvirus) a été détectée chez des poussins d’Albatros de Laysan de l’atoll de Midway. La maladie est également présente, même si elle est rare, chez les oisillons d’Albatros à pieds noirs. Chez l’Albatros de Laysan, les oisillons semblent généralement autoréguler la maladie; la plupart d’entre eux parviennent à se rétablir s’ils continuent d’être nourris (Fefer, comm. pers., 2006; Sileo, comm. pers., 2006). La nocardiose (infection par la bactérie des sols Nocardia asteroids) et l’infestation par des aoûtats ont été documentées comme des causes de mortalité chez les poussins d’Albatros à pieds noirs (Whittow, 1993) : trois espèces d’aoûtats et une espèce de tique ont été détectées dans des nids d’Albatros à pieds noirs (Whittow, 1993; Ushijima et al., 2003). Des six espèces de mallophages, ou poux piqueurs (Pthiraptera), observées chez l’Albatros à pieds noirs, trois n’attaquent aucune autre espèce hôte.

Retournez à la table des matières

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

L’U.S. Fish and Wildlife Service (USFWS) génère des estimations annuelles de la population nicheuse d’Albatros à pieds noirs au moyen de techniques normalisées, dont le dénombrement direct des nids actifs et l’estimation fondée sur la production de poussins. La population mondiale totale d’oiseaux nicheurs n’englobe ni les oiseaux immatures ni les oiseaux nicheurs qui n’ont pas pondu un œuf ou qui ne sont pas retournés dans leur colonie pour s’accoupler (USFWS, données inédites, 2005). Un projet de lecture des bagues, en cours depuis 1979 à l’île Tern, dans les hauts-fonds French Frigate, sera utilisé pour calculer le segment de la population qui n’a pas déjà été inclus dans les dénombrements d’oiseaux nicheurs (Flint, comm. pers., 2005).

Depuis 1980, des dénombrements directs des nids actifs ont été réalisés dans les hauts-fonds French Frigate. De tels dénombrements sont effectués dans l’atoll de Midway depuis la saison de nidification 1991 et 1992 (année d’éclosion 1992). Des estimations ont été faites pour l’île Laysan depuis 1992, mais les dénombrements directs ont commencé en 1997 et 1998 seulement (Naughton, comm. pers., 2006).

Dans les années qui ont immédiatement suivi la Seconde Guerre mondiale, des biologistes travaillant dans l’archipel d’Hawaï, et plus précisément dans l’atoll de Midway, ont généré des estimations démographiques préliminaires des colonies d’Albatros à pieds noirs (voir par exemple Fisher et Baldwin, 1946; Rice et Kenyon, 1962b; Robbins, comm. pers., 2006). Les méthodes de dénombrement étaient variées.

Abondance

La population mondiale actuelle d’Albatros à pieds noirs est estimée à un nombre variant de 278 000 (BirdLife, 2004a,b) à 300 000 individus (Cousins et Cooper, 2000). Plus de 95 p. 100 des oiseaux reproducteurs nichent dans les îles hawaïennes (Cousins et Cooper, 2000; USFWS, 2005a; tableau 1), principalement dans l’île Laysan et l’atoll de Midway.

En 2000, environ 62 000 couples nichaient dans 12 colonies (Cousins et Cooper, 2000). En 2005, selon les estimations, 61 141 couples nichaient dans 12 colonies, avec 21 006 et 21 829 couples nichant respectivement dans l’île Laysan et l’atoll de Midway. La population japonaise est formée d’environ 2 450 couples reproducteurs (tableau 1).

Tableau 1. Meilleures estimations du nombre de couples nicheurs d’Albatros à pieds noirs dans toutes les aires de nidification en 2005 et 2006 (USFWS, données inédites; Tershy, comm. pers., 2006 – îles Revillagigedo; Hasegawa, comm. pers., 2006 –populations japonaises). Voir le texte pour plus de détails.
Aire de nidificationNombre de couplesDernière année de recensement
Atoll de Kure, Hawaii
2000
Atoll de Midway, Hawaii
21 829
2004
Récif Pearl et Hermes, Hawaii
2003
Île Lisianski, Hawaii
2002
Île Laysan, Hawaii
21 006
2004
Hauts-fonds French Frigate, Hawaii
4 259
2004
Île Necker, Hawaii
1995
Île Nihoa, Hawaii
31
1994
Kauai, Hawaii
0
2004
Île Lehua, Hawaii
2002
Niihau, Hawaii
?
 
Kaula, Hawaii
0
1998
Oahu, Hawaii
0
2002
Île Izu (Torishima), Japon
2005
Îles Senkaku, Japon
2002
Îles Bonin, Japon
2005
Île Guadalupe, Mexique
0
2003
Îles Revillagigedo, Mexique
0
2002
Total
61 570
 
Note de tableau a

L’estimation est une prévision rétrospective du nombre total d’œufs, d’après le nombre d’oisillons observés plus tard dans la saison et un succès de reproduction de 75 % (Flint, comm. pers., 2005).

Retour à la premièreréférence de la note de tableaua

Note de tableau b

Prévision rétrospective comme ci-dessus, mais avec un succès de reproduction de 65 % (Hasegawa, comm. pers., 2006).

Retour à la référence de la note de tableaub

Note de tableau c

Estimation fondée sur le nombre de nids et d’oisillons (Hasegawa, comm. pers., 2006).

Retour à la premièreréférence de la note de tableauc

Au Mexique, un seul nid a été noté dans l’île Guadalupe en 1998, et un autre, dans l’île San Benedicto (groupe Revillagigedo) en 2000 (Pitman et Ballance, 2002). Au cours du relevé le plus récent (2002) dans les îles Revillagigedo, aucun Albatros à pieds noirs nicheur n’a été observé à San Benedicto, mais on en a peut-être vu un dans l’île Clarión. Comme les cochons et les moutons ont récemment été éliminés de Clarión, il se peut que des Albatros à pieds noirs y nichent maintenant (Tershy, comm. pers., 2006). En janvier 2006, des équipes sur le terrain ont aperçu un couple au comportement nicheur dans l’île Guadalupe (Henry, comm. pers., 2006). On croit que ces oiseaux mexicains illustrent un phénomène de nouvelle colonisation plutôt que la recolonisation d’une ancienne aire de nidification. Au Japon, la petite population nicheuse a augmenté et a élargi son aire de répartition au cours des 20 à 50 dernières années (Hasegawa, comm. pers., 2006).

Fluctuations et tendances 

C’est dans la colonie des hauts-fonds French Frigate, qui ne forme que le quart de la taille des 2 plus grandes colonies (Midway et Laysan), que le dénombrement direct de nids a donné la série chronologique la plus longue. Il est donc important de considérer cette colonie dans l’évaluation, chez l’espèce, des changements à long terme des facteurs anthropiques et océanographiques ainsi que des changements dans les populations de proies. Le nombre total de couples nicheurs d’Albatros à pieds noirs dans les hauts-fonds French Frigate a fluctué annuellement de 2 760 à 5 067 (figure 10). En comparant les dénombrements annuels à une moyenne sur 25 ans, les valeurs anormales variaient de -1 195 à + 3 872 couples/an, avec 54 p. 100 des années affichant des anomalies positives. Toutefois, le nombre de nids actifs a diminué de manière stable de 1987 à 1996, à la suite d’un dénombrement donnant les résultats les plus bas; le deuxième dénombrement le plus faible a été observé en 1996. Cette même année, l’érosion a fait disparaître Whale-Skate – une des îles des hauts-fonds French Frigate –; on y avait observé un maximum de 2 046 Albatros à pieds noirs nicheurs (1984). Après 1996, toutefois, le nombre d’oiseaux nicheurs a ensuite augmenté de façon régulière et atteint, en 2005, les valeurs d’avant 1985.

Figure 10.  Dénombrement total de nids actifs dans les hauts-fonds French Frigate, avec moyenne sur 25 ans pour illustrer la variation interannuelle (USFWS, données inédites, 2005).

Figure 10.  Dénombrement total de nids actifs dans les hauts-fonds French Frigate, avec moyenne sur 25 ans pour illustrer la variation interannuelle (USFWS, données inédites, 2005).

Dans l’île Laysan, les dénombrements directs de l’année d’éclosion 1998 à l’année d’éclosion 2005 (n = 8 ans) variaient de 19 900 à 23 297 couples nicheurs (figure 11; moyenne ± écart-type : 21 079 ± 1 382 couples). Le taux de fluctuation annuelle (n = 7) variait de + 7,3 p. 100 à -17,1 p. 100. Dans l’atoll de Midway, le nombre de couples nicheurs de 1998 à 2005 était de 17 617 à 21 829 (19 709 ± 1 346) (figure 11). Le taux de fluctuation annuelle (n = 7) y variait de + 6,6 p. 100 à -16,4 p. 100. Les 2 colonies affichent les déclins annuels les plus importants de l’année d’éclosion 1999 à l’année d’éclosion 2000.

Le nombre de couples nicheurs dans l’île Laysan avant l’année d’éclosion 1998 a été estimé au moyen de la densité d’œufs dans les quadrats (représentant 5 p. 100 de la superficie totale), puis multiplié par la superficie totale de l’aire de nidification. Les estimations du nombre de couples par densité d’œufs ne sont pas comparables aux estimations obtenues par les méthodes de dénombrement direct adoptées en 1998. Dans l’île Laysan, où les 2 techniques sont encore employées, la méthode utilisant la densité d’œufs produit toujours un nombre plus élevé de couples que les dénombrements directs (tableau 1).

Figure 11. Tendances des populations d’Albatros à pieds noirs de l’île Laysan (dénombrements indirects des nids actifs des années d’éclosion de 1992 à 1997; dénombrements directs de 1998 à 2005) et de l’atoll de Midway (dénombrements directs de 1992 à aujourd’hui; USFWS, données inédites).

Text Box: TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS Activités de recherche L’U.S. Fish and Wildlife Service (USFWS) génère des estimations annuelles de la population nicheuse d’Albatros à pieds noirs au moyen de techniques normalisées, dont le dénombrement direct des nids actifs et l’estimation fondée sur la production de poussins. La population mondiale totale d’oiseaux nicheurs n’englobe ni les oiseaux immatures ni les oiseaux nicheurs qui n’ont pas pondu un œuf ou qui ne sont pas retournés dans leur colonie pour s’accoupler (USFWS, données inédites, 2005). Un projet de lecture des bagues, en cours depuis 1979 à l’île Tern, dans les hauts-fonds French Frigate, sera utilisé pour calculer le segment de la population qui n’a pas déjà été inclus dans les dénombrements d’oiseaux nicheurs (Flint, comm. pers., 2005). Depuis 1980, des dénombrements directs des nids actifs ont été réalisés dans les hauts-fonds French Frigate. De tels dénombrements sont effectués dans l’atoll de MidwayFigure 11. Tendances des populations d’Albatros à pieds noirs de l’île Laysan (dénombrements indirects des nids actifs des années d’éclosion de 1992 à 1997; dénombrements directs de 1998 à 2005) et de l’atoll de Midway (dénombrements directs de 1992 à aujourd’hui; USFWS, données inédites).

Des décennies de lacunes en matière de données ont empêché l’analyse des tendances des 2 plus grandes colonies d’Albatros à pieds noirs pendant une période de 3 générations (60 ans). Un relevé réalisé en 1945 a estimé à 26 500 le nombre de couples nicheurs d’après les dénombrements d’oisillons qui ont survécu dans des transects (Fisher et Baldwin, 1946). Avec l’hypothèse d’un succès de nidification de 75 p. 100 de l’USFWS, ce la donne un dénombrement de 35 333 couples. Les dénombrements subséquents, de 1954 à 1967, montrent une chute dramatique du nombre de couples nicheurs dans l’île Midway, chute probablement due aux opérations militaires de l’après-guerre (Rice et Kenyon, 1962b; Robbins, comm. pers., 2006). À l’inverse, les oiseaux de l’île Laysan étaient moins perturbés. Dans leur relevé d’albatros de 1956 et 1957 dans l’archipel d’Hawaï, Rice et Kenyon (1962b) ont estimé que 34 000 couples y nichaient (figure 12).

Figure 12. Couples nicheurs d’Albatros à pieds noirs dans l’île Laysan et l’atoll de Midway, de 1945 à 2005 (Fisher et Baldwin, 1946; Rice et Kenyon, 1962b; Robbins, comm. pers., 2006; USFWS, données inédites).

Figure 12. Couples nicheurs d’Albatros à pieds noirs dans l’île Laysan et l’atoll de Midway, de 1945 à 2005 (Fisher et Baldwin, 1946; Rice et Kenyon, 1962b; Robbins, comm. pers., 2006; USFWS, données inédites).

Figure 13. Nombre total de couples nicheurs dans 3 colonies surveillées d’Albatros à pieds noirs : hauts-fonds French Frigate, atoll de Midway et île Laysan, de 1992 à 2005. Avant 1998, le nombre de nids actifs de l’île Laysan était estimé au moyen de méthodes de dénombrement indirect. Les intervalles à 95 p. 100 indiquent un degré d’incertitude pour ces années (USFWS, données inédites).

Figure 13. Nombre total de couples nicheurs dans 3 colonies surveillées d’Albatros à pieds noirs : hauts-fonds French Frigate, atoll de Midway et île Laysan, de 1992 à 2005. Avant 1998, le nombre de nids actifs de l’île Laysan était estimé au moyen de méthodes de dénombrement indirect. Les intervalles à 95 p. 100 indiquent un degré d’incertitude pour ces années (USFWS, données inédites).

Le déclin évident du nombre d’Albatros à pieds noirs dans les trois principales colonies à la fin des années 1990, combiné à la sensibilisation accrue à la prise accessoire d’albatros par les pêches à la palangre, ont accentué les soucis de conservation de cette espèce (Naughton, comm. pers., 2006). Cependant, en 2000, quand le nombre d’oiseaux nicheurs dans les colonies était le plus bas, Pyle (2000) a affirmé dans un article non revu par des pairs que la cause du déclin n’était pas claire et qu’elle pourrait être liée à des changements dans la productivité de l’océan, à une augmentation de la mortalité des adultes, à un changement dans l’intervalle de reproduction ou à une combinaison de ces trois facteurs.

Vu les inquiétudes entourant le nombre peu élevé d’individus nicheurs retournant dans les colonies à la fin des années 1990, on a effectué plusieurs projections démographiques pour évaluer la situation future de l’espèce. En 2000, on a tenu un atelier afin d’estimer la mortalité totale d’Albatros à pieds noirs qui constituaient des prises accessoires dans les pêches à la palangre. Les participants ont calculé un déclin de 20 p. 100 en 3 générations en se fondant sur des données démographiques sur l’Albatros de Laysan (il n’existait pas de données démographiques sur l’Albatros à pieds noirs) (Cousins et Cooper, 2000). En 2003, Lewison et Crowder ont publié une projection semblable de la population d’Albatros à pieds noirs en se basant sur le taux de prise accessoire dans la portion observée des pêches états-uniennes ainsi que sur une estimation inédite de l’effort annuel de pêche total par les palangriers pélagiques d’autres pays. Lewison et Crowder (2003) ont utilisé un modèle matriciel structuré selon l’âge et les mêmes paramètres démographiques que Cousins et Cooper (2000), soit ceux associés à l’Albatros de Laysan. Les 2 estimations projetées de la population présumaient que les paramètres démographiques n’étaient pas perturbés, c’est-à-dire que la survie des albatros (de Laysan) adultes n’était alors pas affectée par une mortalité accessoire due aux pêches à la palangre. La publication du modèle de Lewison et Crowder (2003), le compte rendu d’atelier de Cousins et Cooper (2000) et les incertitudes entourant les prises accessoires totales dans le Pacifique Nord étaient les principales justifications de l’inscription de l’Albatros à pieds noirs sur la liste des espèces menacées d’extinction de l’UICN (BirdLife International, 2004a,b; voir la section Protection actuelle ou autres désignations de statut).

Pour comprendre l’effet possible des estimations actuelles de la mortalité par les pêches sur les populations futures d’Albatros à pieds noirs, Wiese et Smith (2003) ont estimé, dans un rapport inédit, les taux de croissance au moyen d’un modèle matriciel structuré selon l’âge en se fondant sur les mêmes paramètres démographiques (ceux-ci étant les seules valeurs à leur disposition), mais en présumant que les données démographiques étaient affectées, c’est-à-dire que la mortalité accessoire était déjà intégrée dans les taux observés de survie des adultes depuis la pratique de la pêche à la palangre dans le Pacifique Nord, au milieu du siècle dernier. Les résultats du modèle de Wiese et Smith (2003) ont projeté des taux de croissance démographique de 0,98 à 1,04 pour les 20 prochaines années. En d’autres mots, ils ne prédisent aucun déclin. Les auteurs ont utilisé leur modèle pour établir des prévisions rétrospectives des niveaux de population de 1998, et les résultats correspondaient aux données réelles.

Depuis 2004, la fiabilité des projections démographiques publiées (et de la liste de l’UICN) est de plus en plus débattue parce que les données démographiques actuelles portant sur l’Albatros à pieds noirs n’ont pas été utilisées, que l’effort total de pêche (de tous les pays) dans le Pacifique Nord n’était pas connu et que le taux de prise accessoire par les pêches étrangères et états-uniennes n’étaient pas non plus connues à cause du manque d’observateurs et de mentions. De plus, on manquait généralement de données de marquage-recapture sur les oiseaux bagués pour générer des estimations précises de la survie annuelle (Naughton, comm. pers., 2006).

   Au début de 2006, le Patuxent Wildlife Research Center de l’US Geological Survey (USGS) a calculé les paramètres démographiques des Albatros à pieds noirs nichant en territoire états-unien (les résultats ne sont pas encore accessibles au public). En réponse aux travaux de l’USGS, l’USFWS a lancé en 2005 un nouveau programme de surveillance de l’Albatros à pieds noirs qui devrait fournir des estimations du taux de survie dans le futur (Naughton, comm. pers., 2006).

  En janvier 2006, une évaluation préliminaire de la situation considérant toutes les données disponibles sur l’Albatros de Laysan et l’Albatros à pieds noirs a été soumise à l’USFWS. L’évaluation sera présentée au public pour examen dans un avenir non défini (Arata et al., 2006; Sievert, comm. pers., 2006). J. Arata et d’autres chercheurs ont établi une projection de la population au moyen d’un modèle matriciel structuré selon l’âge en utilisant des données démographiques de Patuxent qui ne sont pas encore accessibles, toutes les données historiques et actuelles sur l’effort des pêches pélagiques et des pêches à la palangre, les taux de prise accessoire spatialement explicites fondés sur les données des observateurs aux États-Unis et au Canada, et, enfin, les estimations du taux de prise accessoire par des bateaux étrangers fondés sur les données de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) (Sievert, comm. pers., 2005). Une fois approuvée et diffusée par l’USFWS, l’évaluation constituera celle la plus à jour sur les tendances des populations d’Albatros de Laysan et d’Albatros à pieds noirs.

En résumé, les tendances à long terme de la population mondiale d’Albatros à pieds noirs ne sont pas claires, et ce, en dépit de l’estimation publiée d’un déclin de 60 p. 100 en 3 générations (Lewison et Crowder, 2003; voir aussi la section Facteurs limitatifs et menaces – Effets cumulatifs). La prise accessoire d’un grand nombre d’Albatros à pieds noirs par les pêches à la palangre dans le Pacifique Nord ne fait aucun doute, mais la récente colonisation par des adultes nicheurs des îles mexicaines et de l’atoll de Wake ne correspond pas nécessairement à un comportement lié à un déclin dramatique. Les données récentes indiquent que la variabilité interannuelle des dénombrements des nids actifs de cette espèce est extrêmement élevée. Par conséquent, une évaluation de la situation de la population varie en fonction de la période de temps examinée. BirdLife International a basé sa nouvelle liste sur des modèles démographiques utilisant des données des années 1990, mais, depuis, le nombre d’oiseaux nicheurs a augmenté dans toutes les colonies. Certains résultats du modèle de projection démographique ont montré des déclins variant de faibles à dramatiques (Cousins et Cooper, 2000 [comptes rendus d’ateliers non revus par des pairs]; Lewison et Crowder, 2003 [article publié revu par des pairs]), tandis que d’autres révèlent une population relativement stable (Wiese et Smith, 2003 [rapport non revu par des pairs, en cours de révision à des fins de publication]). Des paramètres démographiques inadéquats et des données limitées sur les efforts de pêche et les taux de prise accessoire par les pêches nationales et étrangères sont très problématiques dans tous les modèles de projection démographique.

Il n’existe aucune analyse des tendances spécifiques de l’Albatros à pieds noirs dans les eaux canadiennes.

Effet d’une immigration de source externe 

Le concept d’un effet d’une immigration externe ne s’applique pas à cette espèce au Canada, puisque cette dernière ne se reproduit pas au pays.

Retournez à la table des matières

Facteurs limitatifs et menaces

À l’instar de la plupart des oiseaux de mer pélagiques, l’Albatros à pieds noirs est une espèce à stratégie K qui vit longtemps et qui présente les caractéristiques suivantes : couvée de petite taille, faible fécondité (généralement < 0,5 poussin élevé par couple nicheur par année; Whittow, 1993; Furness, 2003), croissance lente des poussins, longue période de soins parentaux, maturité sexuelle tardive, taux de survie élevé chez les adultes (souvent > 90 p. 100 par année pour la plupart des espèces). L’espèce est donc très vulnérable à la mortalité chez les adultes. Par contre, un changement dans l’efficacité de la reproduction aura un impact beaucoup moins prononcé sur la dynamique de la population, et il faudra un laps de temps considérable pour que cet impact devienne évident (Tasker et al., 2000; Furness, 2003).

Historiquement, l’espèce était principalement menacée par les braconniers, qui la chassaient pour les plumes et les œufs; près de 300 000 oiseaux ont ainsi été tués entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle (observation rapportée dans Lewison et Crowder, 2003, d’après Rice et Kenyon, 1962b; Spennemann, 1998 et Cousins et Cooper, 2000). Parmi les autres grandes menaces figuraient l’altération de l’habitat due à l’occupation militaire et à l’introduction de lapins domestiques et de végétation non indigène, et le contrôle des populations d’oiseaux nicheurs pendant les préparations en temps de guerre et les opérations militaires connexes (McDermond et Morgan, 1993; Cousins et Cooper, 2000). Dans les années 1950 et 1960, les programmes de contrôle pour protéger les avions dans l’île Midway, de même que les collisions avec des bâtiments, des antennes et d’autres infrastructures, ont causé la mort de dizaines de milliers d’Albatros à pieds noirs et d’Albatros de Laysan (USFWS, 2005a).

Environ 90 p. 100 de la population mondiale d’Albatros à pieds noirs nichent dans seulement 4 sites (l’île Laysan, l’atoll de Midway, le récif Pearl et Hermes, les hauts-fonds French Frigate; USFWS, 2005a); c’est pourquoi l’espèce est particulièrement vulnérable aux menaces localisées (p. ex. la fuite d’hydrocarbures des bateaux coulés pendant la Seconde Guerre mondiale; USFWS, 2005a) pendant la saison de nidification. Toutefois, les adultes non reproducteurs et les oiseaux immatures qui restent en mer toute l’année peuvent servir de « tampons » contre la disparition due à des événements stochastiques locaux.

Prises accessoires dans les pêches à la palangre et au filet dérivant

Les pêches qui visent la capture d’espèces commerciales sont préoccupantes à l’échelle internationale pour de nombreux poissons et autres espèces sauvages à cause de la prise accessoire d’espèces non commerciales (Hall et al., 2000; Tasker et al., 2000; Furness, 2003; Gilman et Freifeld, 2003; Lewison et al., 2004). Depuis 2 décennies, les prises accessoires par les pêches à la palangre soulèvent des inquiétudes liées à la conservation des oiseaux de mer partout dans le monde, surtout dans l’océan Antarctique, où 17 taxons d’albatros sont touchés (voir par exemple Weimerskirch et Jouventin, 1987; Brothers et al., 1999; Gilman et al., 2005). Aujourd’hui, la pêche à la palangre est la méthode de capture la plus courante dans le monde et représente les plus grands efforts de pêche industrielle dans le Pacifique Nord (USFWS, 2005a).

Dans le Pacifique Nord, la pêche industrielle à la palangre a augmenté de manière stable depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle est pratiquée en eaux nationales et internationales. Sur la côte ouest des États-Unis et du Canada, 6 pêches commerciales à la palangre sont pratiquées dans l’aire de répartition des Albatros à pieds noirs pendant et après la saison de nidification : la pêche pélagique aux thons (Thunnus spp.) et à l’espadon (Xiphias gladius) près des colonies d’Hawaii; la pêche démersale aux poissons de fond dans la mer de Béring et le golfe d’Alaska; la pêche démersale au flétan du Pacifique (Hippoglossus stenolepis) en Alaska; les pêches démersales aux sébastes (Sebastes spp.) et au flétan en Colombie-Britannique (Melvin et al., 2001; Smith et Morgan, 2005). On a signalé la capture d’au moins 6 espèces d’oiseaux de mer dans ces pêches, dont les 3 espèces d’albatros vivant dans le Pacifique Nord : le Fulmar boréal (Fulmarus glacialis) et l’Albatros de Laysan (ces 2 espèces sont les plus souvent capturées en Alaska), et l’Albatros à pieds noirs (espèce la plus souvent capturée en Colombie-Britannique) (Melvin et al., 2001; Smith et Morgan, 2005). L’activité d’observation de ces pêches varie : de 0 p. 100 (pêche états-unienne au flétan) à 19 p. 100 (pêche canadienne au flétan; Smith et Morgan, 2005) des hameçons utilisés ont été examinés.

Dans les pêches hawaïennes, au moins 23 000 Albatros à pieds noirs ont été tués de 1990 à 1994 (USFWS, 2005a). Au cours des 5 années suivantes (de 1994 à 1998), de 6 827 à 11 622 oiseaux de plus ont été capturés (Cousins et Cooper, 2000). Dans la mer de Béring et le golfe d’Alaska, environ de 310 à 600 Albatros à pieds noirs ont été pris pendant la pêche aux poissons de fond, de 1993 à 1997 (Stehn et al., 2001; Melvin et al., 2001). Ces données indiquent que 1 p. 100 de la population mondiale d’Albatros à pieds noirs a été capturée annuellement dans les années 1990 (Cousins et Cooper, 2000). D’après les calculs de Lewison et Crowder (2003), entre 5 200 et 13 800 Albatros à pieds noirs par année ont été capturés dans les années 1990 dans l’ensemble du Pacifique Nord. Ces calculs sont fondés sur les données d’observation de la flotte pélagique des États-Unis et sur les estimations de l’effort de pêche du Japon, de Taïwan et de la Corée. Les valeurs calculées sont contestées, car l’observation est nulle pour ce qui est de la pêche au flétan des États-Unis ou d’autres pays et de < 5 p. 100 pour ce qui est de la pêche aux poissons de fond des États-Unis. Le suivi par satellite de 4 Albatros à pieds noirs capturés au large de la Californie a révélé un degré élevé de chevauchement spatial entre l’aire de répartition de l’espèce et les zones pêchées dans les années 1980, mais pas dans les années 1990 (Hyrenbach et Dotson, 2003). Ces résultats laissent entrevoir que la mortalité des Albatros à pieds noirs était plus élevée dans les années 1980 que dans les années 1990.

Au Canada, l’Albatros à pieds noirs est l’oiseau de mer le plus vulnérable à la prise accessoire à cause du haut degré de chevauchement spatial et temporel de son aire de répartition avec les zones de pêche à la palangre (Wiese et Smith, 2003; Smith et Morgan, 2005). Une analyse spatialement et temporellement explicite des pêches au flétan et aux sébastes de 2000 à 2002 a estimé une mortalité annuelle de 55 à 253 Albatros à pieds noirs. Cette analyse tient compte de la couverture et de l’activité inégale d’observation (Wiese et Smith, 2003). Cette estimation représente de 2 à 4 p. 100 de la population canadienne annuelle maximale d’été de 2 500 à 4 000 individus, comme l’indiquent Morgan et al. (2000). Les taux de prise accessoire d’Albatros à pieds noirs en Colombie-Britannique (de 2000 à 2002) ont varié de 0,0007-0,0054 (flétan) à 0-0,316 (sébastes) oiseaux tués par des milliers d’hameçons (Wiese et Smith, 2003). Les taux estimés de prise accessoire au Canada sont plus faibles que ceux de la pêche états-unienne à l’espadon (de 0,16 à 0,59), comparables à ceux de la pêche états-unienne aux thons (de 0,005 à 0,024) et le double de ceux de la pêche alaskaise aux poissons de fond (de 0,0002 à 0,015; Melvin et al., 2001; Lewison et Crowder, 2003). La différence de mortalité annuelle totale d’Albatros à pieds noirs entre les États-Unis et le Canada est due à une plus petite zone de pêche et au nombre moins élevé de bateaux avec permis de pêche au Canada.

L’effort de pêche à la palangre, les zones ciblées et la réglementation des prises accessoires sont souvent liés entre eux, du moins en ce qui concerne les pêches canadiennes et états-uniennes. Par exemple, pour freiner la prise accessoire d’oiseaux de mer, la Colombie-Britannique, l’Alaska et Hawaii ont tous mis en œuvre des mesures obligatoires d’atténuation à la fin des années 1990. En 2001, la pêche hawaïenne de l’espadon à la palangre a été fermée, à cause principalement de la mortalité chez les tortues de mer. Les estimations ultérieures du nombre d’Albatros à pieds noirs dans les prises accessoires ont chuté pour atteindre moins de 100 oiseaux par année. Toutefois, la plus grande partie de la flotte hawaïenne de pêche à l’espadon s’est alors déplacée vers la Californie, où les bateaux californiens n’avaient pas encore à suivre de mesures d’atténuation malgré le chevauchement considérable de l’aire de répartition de l’Albatros à pieds noirs et des zones de pêche. Des Albatros à pieds noirs ont donc été pris par cette pêche (72 oiseaux dans 469 filets; US National Marine Fisheries Service, 2004). Les bateaux californiens ont été réglementés en 2004, et l’effort de pêche a de nouveau été concentré à Hawaï après la réouverture de la pêche à l’espadon (USFWS, 2005a). En Alaska, les règlements adoptés en vue de prévenir la capture d’Albatros à pieds noirs ont réduit considérablement les prises accessoires (Melvin, comm. pers., 2006). Au Canada, un règlement obligeant l’utilisation de mesures d’évitement des oiseaux de mer par la pêche à la palangre a été adopté en 2002. Cependant, aucune étude n’a examiné l’efficacité du règlement.

Avant un moratoire en 1992, la pêche hauturière des calmars au filet dérivant dans le Pacifique Nord capturait environ 3 500 à 4 500 Albatros à pieds noirs par année (Johnson et al., 1993). La pêche légale des saumons au filet maillant dérivant dans le Pacifique Nord est encore pratiquée, de même que la pêche illégale des calmars au filet dérivant. La prise accessoire de Puffins fuligineux et d’oiseaux de la famille des Alcidés est documentée dans la littérature portant sur les pêches légales (voir par exemple Uhlmann et al., 2005). Les pêches légales sont pratiquées à l’ouest du 180e degré de longitude et affectent les Albatros à pieds noirs pendant leur dispersion post-reproduction à partir d’Hawaï et les oiseaux nicheurs qui se nourrissent dans les colonies du Japon. Il n’existe aucune donnée sur les pêches illégales. Seules des observations de membres de l’US Coast Guard qui font de la surveillance aérienne dans la région renvoient à la présence d’Albatros de Laysan dans les prises accessoires des pêches illégales (D. Hyrenbach, comm. pers., 2006).

La compétition avec les flottes commerciales est une autre interaction possible chez l’Albatros à pieds noirs. Comme les calmars forment jusqu’à 30 p. 100 du régime alimentaire de l’espèce, cette dernière entre en compétition avec les pêches pélagiques de calmars. Comme c’est probablement le cas avec l’Albatros à queue courte (USFWS, 2005c), l’effet des pêches commerciales sur la base alimentaire de l’Albatros à pieds noirs peut être ignoré. Les charognes sont d’importantes proies pour les Albatros à pieds noirs, et toute compétition est probablement compensée par l’accès aux déchets des bateaux de pêche (voir par exemple Tasker et al., 2000; Furness, 2003).

L’enchevêtrement d’autres oiseaux de mer dans des engins de pêche « fantômes » (perdus ou jetés) tels que les filets en monofilaments a été documenté (Tasker et al., 2000), et il se peut qu’il soit une cause de mortalité chez l’Albatros à pieds noirs, mais il n’existe aucune donnée sur ce facteur de risque.

On dispose de peu de données démographiques sur des Albatros à pieds noirs morts à partir desquelles on pourrait estimer les effets des prises accessoires au niveau des populations. Cependant, dans le cadre d’un programme de sauvetage des oiseaux en Colombie-Britannique, on a recueilli 13 Albatros à pieds noirs de 2002 à 2003 (7 mâles et 6 femelles). On a découvert que, parmi ces oiseaux, 12 étaient juvéniles ou immatures (ces observations sont fondées sur un examen de la bourse de Fabricius et du plumage) (Environnement Canada, données inédites). La mortalité par pêche peut comprendre d’autres effets démographiques, par exemple la disparition du partenaire. Chez l’Albatros à pieds noirs, les adultes peuvent rater jusqu’à 5 saisons de reproduction avant de former un nouveau couple après la perte de leur partenaire, ce qui diminue le succès de reproduction au cours d’une vie (Lewison et Crowder, 2003; Mills et Ryan, 2005).

Déversements d’hydrocarbures

Les oiseaux de mer en Colombie-Britannique sont vulnérables aux déversements d’hydrocarbures, tant petits et chroniques que gros et catastrophiques (Burger et al., 1997). En général, les oiseaux sont plus touchés par les petits déversements chroniques (dont le rejet délibéré de déchets pétroliers) que par les grands déversements catastrophiques. En effet, le moment, la fréquence et l’emplacement des déversements sont de meilleurs prédicteurs d’impact que l’envergure des déversements (Burger, 1993; Wiese et Robertson, 2004). Les Albatros à pieds noirs sont sensibles aux marées noires, car ils se réunissent souvent sur l’eau lorsqu’ils cherchent de la nourriture, surtout autour des bateaux de pêche (voir la sous-section Comportement). Ainsi, le mazoutage des Albatros à pieds noirs est un phénomène réel, et ce, même s’ils sont pélagiques – par exemple, des oiseaux adultes mazoutés ont été observés dans la colonie de l’île Tern (Chisholm, comm. pers., 2006). Les déversements ou rejets d’hydrocarbures à l’intérieur ou à proximité d’aires d’alimentation clés (p. ex. les zones de remontée d’eau près de la rupture de pente du talus) peuvent poser un risque particulièrement élevé pour les Albatros à pieds noirs et d’autres oiseaux pélagiques.

Les zones faisant potentiellement l’objet d’une exploitation extracôtière pétrolière et gazière dans les eaux côtières canadiennes du Pacifique sont notamment le bassin de la Reine-Charlotte et des secteurs dans le détroit d’Hécate et au large de la côte nord de l’île de Vancouver (COSEPAC, 2004; Reid, comm. pers., 2006). Ces zones font partie de l’habitat marin utilisé par les Albatros à pieds noirs au Canada (figures 4 à 9). Si l’exploitation extracôtière pétrolière et gazière mène à des déversements ou à des rejets d’hydrocarbures, les risques pour les oiseaux de mer tels que l’Albatros à pieds noirs sont importants (COSEPAC, 2004). Certaines quantités de déversements d’hydrocarbures sont permissibles pendant la production extracôtière pétrolière et gazière; ces déversements sont souvent à l’origine des reflets brillants et pâles autour des installations de forage. Les Albatros à pieds noirs ont une curiosité innée et explorent tout ce qui se trouve dans l’océan, qu’il s’agisse d’épaves flottantes ou de bateaux. Il est donc certain qu’ils sont attirés par les tours de forage, comme les autres oiseaux de mer (O’Hara, comm. pers., 2006).

Le trafic actuel des navires commerciaux (pétroliers, cargos, passagers et de pêche) présente des risques continus de marées noires dans les eaux côtières de la Colombie-Britannique. Ces marées peuvent être causées par des collisions, des échouages ou des rejets illégaux d’eau de cale polluée. Dans le cadre d’une étude, le Groupe de travail des États du Pacifique des États-Unis/de la Colombie-Britannique chargé des déversements d’hydrocarbures (2002) a repéré des zones où les risques de collision et d’échouage sont plus élevés à 25 milles marins de la terre ferme le long de toute la côte ouest, sauf (dans les eaux canadiennes) au large du nord-ouest de la Colombie-Britannique, où la zone à risque se trouve à 100 milles marins de la côte. Sur la côte ouest, le trafic de pétroliers reste en zone extracôtière grâce à l’établissement volontaire d’une zone d’exclusion des pétroliers; toutefois, les autres types de navires empruntent des routes maritimes parallèles au rebord du talus continental au large de la côte ouest de l’île de Vancouver et de l’archipel de la Reine-Charlotte (O’Hara, comm. pers., 2006).

Selon les projections, la navigation côtière dans les eaux de la Colombie-Britannique – qui comprend les navires transportant du pétrole et des condensats – devrait augmenter dramatiquement au cours de la prochaine décennie. Par exemple, le projet de construction d’un pipeline à Kitimat (date prévue d’achèvement : 2010) vise le transport de pétrole lourd sur le territoire britanno-colombien à partir des sables bitumineux de l’Alberta jusque sur la côte ouest, à des fins d’exportation vers l’Asie (Chine) et des marchés du sud des États-Unis (Californie) à bord de pétroliers. Le volume prévu nécessiterait un pétrolier de 125 000 TPL (tonnes de port en lourd)tous les 2 jours. Le projet de construction du pipeline comprend également l’importation (à partir de sources extracôtières vers Kitimat) d’un maximum de 25 000 barils de condensats par jour ainsi que le transport ferroviaire par le Canadien National vers l’Alberta. Le promoteur prévoit commencer les importations au plus tard en 2006. Des projets semblables visant l’aménagement ou l’élargissement d’installations portuaires touchent des collectivités côtières telles que Prince Rupert et Stewart (Reid, comm. pers., 2006).

Changements climatiques et cycles climatiques naturels

Les changements climatiques affecteront probablement le plus les albatros et autres oiseaux de mer en intensifiant les phénomènes d’El Niño-oscillation australe (ENOA), ce qui réduira la productivité de l’habitat d’alimentation en mer (Robinson et al., 2005; voir aussi la sous-section Tendances en matière d’habitat). La mortalité massive d’adultes due à des pénuries de nourriture causées par le climat dans les eaux pélagiques a été documentée chez le puffin à bec grêle (Puffinus tenuirostris; Baduini et al., 2001), mais la disponibilité et/ou la qualité réduites des aliments peuvent faire diminuer le succès de reproduction des oiseaux de mer adultes ou la survie des jeunes qui ont pris leur envol (Crick, 2004; Kitaysky et al., 2006). Il est concevable que les Albatros à pieds noirs choisissent d’augmenter les intervalles entre les années de nidification à cause de l’appauvrissement en ressources alimentaires (Gilman et Freifeld, 2003). Les effets des changements climatiques sur les Albatros à pieds noirs n’ont pas encore été documentés, mais on a observé une diminution du nombre d’oiseaux de cette espèce dans le système du courant de Californie, diminution qui a coïncidé avec une légère augmentation de la TSS moyenne (0,7 ºC) liée à l’ODP (Ainley et Divoky, 2001; Crick, 2004; voir la sous-section Tendances en matière d’habitat).

Les élévations du niveau de la mer associées aux changements climatiques peuvent aussi réduire la disponibilité de l’habitat de nidification dans les bas atolls, où niche une forte proportion de la population mondiale d’Albatros à pieds noirs. Les îles à basse altitude du Pacifique tropical font partie des sites les plus vulnérables du monde aux inondations dues au climat (USFWS, 2005a; Baker et al., 2006).

Contaminants

En tant que prédateur de niveau trophique supérieur à longue durée de vie, l’Albatros à pieds noirs est susceptible à la bioaccumulation des polluants environnementaux ingérés par les proies. L’espèce semble se nourrir à un niveau trophique au-dessus de l’Albatros de Laysan (Gould et al., 1997, 1998; mais voir aussi Finkelstein et al., 2006), et l’on trouve donc chez elle des concentrations plus élevées d’organochlorés et de métaux lourds (p. ex. les BPC, les DDE et le mercure; Auman et al., 1997; Guruge et al., 2001; Shinsuke et al., 2003; Finkelstein et al., 2006). Les Albatros à pieds noirs peuvent aussi accumuler des organochlorés tels que les BPC en consommant des objets en plastique, phénomène qui survient fréquemment (voir la sous-section Ingestion de plastique). Dans les échantillons prélevés en 1992 et 1993, Auman et al., (1997) ont constaté que les concentrations de DDE dans les œufs d’Albatros à pieds noirs de Midway représentaient environ la moitié du seuil qui cause l’amincissement de la coquille; les effets de l’amincissement n’ont pas été observés à l’échelle de la population. Les concentrations de BPC, de DDE et de dioxines chez les Albatros à pieds noirs étaient semblables à celles trouvées chez certaines espèces d’oiseaux terrestres et côtières dans des sites contaminés des nations industrialisées, notamment les Grands Lacs. En effet, les teneurs en BPC égalaient le seuil auquel des effets subtils sur la productivité dans les populations peuvent être attendus ou se produire (Auman et al., 1997; Tanabe et al., 2004). Toutefois, les échantillons prélevés à Midway en 2000 ont montré une hausse marquée des concentrations de contaminants dans le plasma sanguin par rapport à celles rapportées par Auman et al. (1997), les teneurs en DDE étant 360 p. 100 plus élevées que celles des échantillons de 1992 et de 1993 (Finkelstein et al., 2006). L’USFWS (2005a) rapporte actuellement une réduction faible mais mesurable de la productivité dans l’atoll de Midway, réduction due à la contamination par des organochlorés et aux prises accessoires.

Les oiseaux de l’atoll de Midway sont également exposés localement au plomb dans les éclats de peinture autour des vieux bâtiments. Les poussins ingèrent du sol contaminé et sont intoxiqués par le plomb, ce qui entraîne un faible succès à l’envol, les oiseaux empoisonnés étant incapables de voler. Ce phénomène n’est toutefois observé que chez l’Albatros de Laysan jusqu’à maintenant (Finkelstein et al., 2003; USFWS, 2005a).

Ingestion de plastique

Les oiseaux de mer qui se nourrissent à la surface de l’eau et loin des côtes, comme l’Albatros à pieds noirs, sont réputés consommer des quantités si importantes de déchets plastiques flottants qu’on a proposé d’utiliser les espèces à narines tubulaires telles que le Fulmar boréal comme bioindicateurs de la pollution des océans par le plastique (Nevins et al., 2005; van Franeker et Meijboom, 2002). La susceptibilité à la consommation de plastique est considérée comme « élevée » chez l’Albatros à pieds noirs (Nevins et al., 2005); le gésier et/ou le proventricule de 100 p. 100 des oiseaux examinés dans 2 études contenaient du plastique (Blight et Burger, 1997; Kinan et Cousins, 2000). Des 13 Albatros à pieds noirs échantillonnés au large de la Colombie-Britannique, 8 avaient du plastique dans l’estomac (Environnement Canada, données inédites). Les oiseaux adultes peuvent régurgiter les morceaux de plastique et donc en donner à leur petit quand ils le nourrissent. Malheureusement, les poussins n’ont pas la musculature nécessaire à la régurgitation. Ils retiennent donc des charges de plastique jusqu’à leur envol. Parmi les articles ingérés par les albatros figurent les briquets, les bouchons de bouteilles, les gants en caoutchouc, les jouets en plastique, des fragments de plastique, des pastilles de plastique industrielles et des bâtons chimioluminescents (Blight et Burger, 1997; Auman et al., 1998; Nevins et al., 2005). Il est difficile de déterminer si l’ingestion de plastique a des effets à l’échelle des populations d’oiseaux de mer, mais les effets à l’échelle des individus observés chez les espèces d’albatros du Pacifique Nord sont notamment une réduction du nombre de jeunes à l’envol, la baisse des indices de gras, la satiété, qui entraîne ensuite une sous-alimentation et la déshydratation, et le blocage des intestins (Sievert et Sileo, 1993; Auman et al., 1998; Nevins et al., 2005). Par ailleurs, le plastique adsorbe dans les océans des organochlorés tels que les BPC, ce qui accroît l’exposition des albatros qui en ingèrent à ces substances et autres composés toxiques (Auman et al., 1998; Tanabe et al., 2004). Les recherches montrent une tendance à la hausse de l’ingestion de plastique par les oiseaux de mer à l’échelle planétaire (Nevins et al., 2005).

Espèces envahissantes

Mondialement, les prédateurs vertébrés introduits menacent sérieusement les oiseaux qui nichent dans des îles. On sait que les rats mangent des oisillons d’Albatros à pieds noirs (voir la sous-section Prédation), mais ils ont été éradiqués dans la plupart des îles où niche l’espèce. Des chats harets (Felis catus) et des rats vivent encore sur des îles que fréquentaient dans le passé l’Albatros à pieds noirs (p. ex. les atolls de Wake et de Johnston et les îles Mariannes); leur présence empêche ou limite peut-être la recolonisation de ces îles. L’éradication des chats est en cours dans l’île Wake (USFWS, 2005a). Le moustique (Culex quinquifasciatus) a été introduit dans l’atoll de Midway pendant la Seconde Guerre mondiale. Cet insecte est un vecteur de la variole aviaire, et seule la colonie d’albatros de l’atoll de Midway subit des poussées de cette maladie (Tickell, 2000; USFWS, 2005a; voir la sous-section Maladies et parasites). Comme les albatros ont peu été exposés au virus transmis par les moustiques, ils sont particulièrement vulnérables à la nouvelle menace posée par le virus du Nil occidental (USFWS, 2005a). Il n’existe cependant aucune donnée appuyant cette hypothèse.

Les plantes exotiques envahissantes peuvent éliminer ou détériorer l’habitat des oiseaux de mer qui nichent au sol. Le filao et la plante Verbesina encelioides forment des forêts ou des peuplements denses dans l’île Midway, limitant ainsi les zones de sable exposées privilégiées par les Albatros à pieds noirs (voir la sous-section Tendances en matière d’habitat). Le Verbesina encelioides a également déplacé de grandes zones de végétation indigène dans l’atoll de Kure et le récif Pearl et Hermes, et elle menace de se propager aux îles hawaïennes du Nord-Ouest. L’USFWS procède actuellement à la gestion de ces espèces végétales (USFWS, 2005a).

Autres menaces

Les autres dangers auxquels font face les Albatros à pieds noirs sont plutôt localisés. Par exemple, les oiseaux nicheurs des îles volcaniques Torishima et San Benedicto peuvent être menacés par des éruptions volcaniques (Whittow, 1993; Pitman et Balance, 2002). Les collisions aériennes continuent d’être une cause de mortalité dans l’atoll de Midway, mais des mesures sévères d’atténuation sont appliquées. Les oiseaux sont escortés ou physiquement enlevés de la piste avant l’atterrissage ou le décollage. Ainsi, la mortalité causée par les avions se chiffre à une dizaine d’oiseaux par année (ce chiffre combine les Albatros de Laysan et les Albatros à pieds noirs; USFWS, 2005c).

On prévoit aménager des parcs éoliens extracôtiers le long de la côte de la Colombie-Britannique. La planification de l’un d’entre eux, le parc éolien Nai Kun, est bien avancée. Ce parc peut donc donner un aperçu général de la portée d’autres projets semblables. Le parc éolien Nai Kun (site disponible en anglais seulement) sera construit dans le détroit d’Hécate, le long de la côte nord-est de l’île Graham. Il devrait comprendre 200 (et peut-être jusqu’à 300 et 500) turbines et occuper une grande superficie en kilomètres carrés d’habitat marin. La technologie éolienne continue d’évoluer rapidement, mais l’on prévoit que les turbines à 3 pales feront plus 100 m de hauteur. Le diamètre de la surface balayée par le rotor mesurera jusqu’à 120 m. Les pales ne devraient pas être à moins de 20 m de la surface de la mer.

Les 2 menaces que peuvent poser les parcs d’éoliennes pour les Albatros à pieds noirs sont la mortalité due aux collisions ou au déplacement de l’habitat. D’après des études sur d’autres oiseaux aquatiques migrateurs (p. ex. sur les plongeons, les canards de mer et les oies) menées dans des parcs d’éoliennes du Danemark, les risques de collision sont très faibles pour tous les oiseaux. Ces derniers détectent les turbines à des distances supérieures à plusieurs centaines de mètres et les contournent ou passent entre elles (voir par exemple Christensen et Hounisen, 2005; Desholm et Kahlert, 2005). Dans une évaluation des risques pour les Procellariiformes, on a conclu que le Fulmar boréal était l’espèce qui risquait le moins d’entrer en collision avec des éoliennes par rapport à toutes les autres espèces étudiées d’oiseaux de mer (Garthe et Hüppop, 2004). Les albatros et les pétrels ont tendance à voler très près de la surface de l’eau (à moins de 30 m du bord des pales) et, généralement, ils ne volent pas la nuit, période de faible visibilité.

Le déplacement de l’habitat pourrait se produire si les albatros évitent l’habitat marin occupé par des parcs éoliens. Toutefois, ces derniers sont généralement aménagés en eaux peu profondes. Puisque les Albatros à pieds noirs fréquentent normalement des eaux profondes ou les eaux à proximité de la rupture de pente du talus continental (voir la section Habitat), on devrait en rencontrer peu dans les parcs éoliens.

Effets cumulatifs

L’UICN désigne l’Albatros à pieds noirs espèce menacée d’extinction (Endangered) à cause du déclin prévu de 60 p. 100 que devraient connaître les 3 prochaines générations (BirdLife International, 2004a,b). La validité du pire scénario (déclin de 60 p. 100 en 3 générations, soit un déclin du nombre de couples nicheurs, qui passerait de 60 000 à 24 000) publié par Lewison et Crowder (2003) est encore incertaine parce que les nouvelles évaluations (voir par exemple Arata et al., en cours d’examen) n’étaient pas encore disponibles au moment de l’ébauche du présent rapport, mais plusieurs faits prouvent qu’il y a lieu de s’inquiéter pour l’Albatros à pieds noirs : le degré élevé de variabilité interannuelle du nombre d’oiseaux nicheurs qui retournent dans la colonie chaque année (même si les moyennes à long terme semblent relativement stables); les multiples menaces documentées qui affectent la survie des adultes et des poussins; le fait que l’espèce occupe le troisième rang parmi les oiseaux de mer les plus couramment rapportés dans les prises accessoires dans le Pacifique Nord (et le premier rang parmi les espèces rapportées dans les prises accessoires des pêches canadiennes); la reconnaissance quasi unanime parmi les scientifiques des États-Unis et du Canada qu’une grande incertitude entoure les estimations de la mortalité par les pêches étrangères à la palangre. À cause des multiples menaces, du degré d’incertitude entourant la mortalité totale et de la grande variabilité du nombre d’adultes qui retournent nicher chaque année, nous recommandons l’adoption d’une approche prudente. Il ne fait aucun doute que la mortalité soutenue des adultes, mortalité causée par les activités humaines, peut causer un grave déclin des populations d’oiseaux de mer longévifs (Moloney et al., 1994; Weimerskirch et al., 1997; Tasker et al., 2000; Tuck et al., 2001; Ainley et Divoky, 2001). Comme l’illustrent les exemples d’Hawaï (Cousins et Cooper, 2000) et de l’Amérique du Sud (Duffy, 1983), la combinaison de conditions environnementales défavorables et d’effets anthropiques néfastes peut entraîner des déclins de populations, et ce, même chez les espèces abondantes. Même une simple diminution démographique (sans déclin nécessairement) accroît la vulnérabilité des espèces et des populations aux changements dans leur environnement et aux perturbations ponctuelles (Dunnet, 1982; Takekawa et al., 1990; Wiese et al., 2004).

Retournez à la table des matières

Importance de l'espèce

Importance pour les humains

Les albatros figurent dans les récits folkloriques et les œuvres littéraires classiques de la mer depuis des siècles (voir par exemple les poèmes « The rime of the ancient mariner » de Coleridge [en 1798] et « L’Albatros » de Baudelaire [1857]; Yocum, 1947; Tickell, 2000). Depuis longtemps, les marins considèrent les albatros comme des âmes sœurs ou les âmes réincarnées de leurs compagnons de bordNote de bas de page1. Plusieurs des premiers comptes rendus scientifiques sur l’Albatros à pieds noirs ont été écrits par des historiens spécialistes des sciences naturelles ou des biologistes qui servaient à titre d’officiers de marine (voir par exemple Richards, 1909; Yocum, 1947; Thompson, 1951; Jameson, 1961). Aujourd’hui, les marins ressentent encore une affinité avec les albatros qui suivent le sillage de leur bateau. En tant qu’albatros le plus commun dans l’est du Pacifique Nord, l’Albatros à pieds noirs est important pour les marins, tant amateurs que professionnels, qui naviguent dans ces eaux.

Les albatros faisaient partie du régime alimentaire des collectivités côtières des Premières Nations. En Colombie-Britannique, on a trouvé des os d’Albatros à queue courte dans des fouilles archéologiques, dont Maple Bank, à Esquimalt; Yuquot, sur la côte ouest de l’île de Vancouver; l’île Kunghit, dans l’archipel de la Reine-Charlotte (Haïda Gwaii) (Crockford et al., 1997; Harfenist et al., 2002; Wigen, 2005). D’après les débris recueillis dans des dépotoirs archéologiques, situés entre le nord de la Californie et les îles Aléoutiennes, plusieurs tribus côtières chassaient l’Albatros à queue courte (Crockford et al., 1997, Crockford, 2003). Toutefois, ces dépotoirs ne renfermaient pas d’os d’Albatros à pieds noirs (Crockford, 2003; Eda et al., 2002). Cette évidence archéologique indique que les collectivités côtières des Premières Nations ne chassaient pas régulièrement l’Albatros à pieds noirs, sans doute à cause de la préférence de l’espèce pour les habitats extracôtiers (avant sa décimation par la chasse pour ses plumes, l’Albatros à queue courte était probablement l’espèce côtière d’albatros la plus commune en Colombie-Britannique [voir par exemple Kermode, 1904; Crockford, 2003; Crockford, comm. pers., 2005; Keddie, comm. pers., 2005]). L’Albatros à pieds noirs était cependant connu des Premières Nations vivant sur les côtes, comme en fait foi la présence du nom de l’espèce dans le lexique des Haïdas (voir la sous-section Nom et classification).

Rôle écologique 

L’Albatros à pieds noirs est un prédateur de niveau supérieur dans le réseau trophique marin du Pacifique Nord. La perte ou la réduction de niveaux trophiques supérieurs peut entraîner une cascade d’effets sur les réseaux trophiques pélagiques (Pauly et al., 1998; Springer et al., 2003; Scheffer et al., 2005). Même si cet oiseau de mer n’est pas aussi abondant que d’autres espèces de niveaux trophiques supérieurs telles que le Puffin fuligineux, dont la population mondiale se chiffre dans les millions (c’était le cas de l’Albatros à pieds noirs dans le passé), il faut maintenir ses populations ou les ramener à leurs niveaux historiques pour assurer un écosystème marin sain et fonctionnel dans le Pacifique Nord.

Note de bas de page 1

Voici un poème de Sara Vial, en mémoire des marins morts  :

« Je suis un albatros qui
T’attends au bout du monde
Je suis l’âme oubliée des marins
Morts qui traversèrent le cap Horn
Venant de toutes les mers de La terre
Mais ils ne sont pas morts sur les vagues furieuses
Ils volent aujourd’hui sur mes ailes vers l’éternité
Dans La dernière crevasse des vents artiques
. »

Retour à la référence de la note de bas de page1

Retournez à la table des matières

Protection actuelle et autres désignations de statut

Conventions et accords internationaux

Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (LCCOM)

La LCCOM est une loi mise à jour qui applique la Convention concernant les oiseaux migrateurs, signée en 1916 par le Canada et les États-Unis. La famille des Diomédéidés n’est pas mentionnée à l’article I de la Convention, mais une politique bien établie stipule que les albatros sont protégés par la LCCOM aux termes de leur inclusion dans le document d’Environnement Canada intitulé Les oiseaux protégés au Canada en vertu de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs (SCF, 1991; Grigg, comm. pers., 2006).

Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES)

L’espèce ne figure pas sur les listes de la CITES (CITES, 2006).

Convention concernant les espèces migratrices (CEM)

L’Albatros à pieds noirs figure à l’annexe II de la CEM, ou Convention de Bonn (ARKive 2004). L’Accord sur la conservation des albatros et des pétrels (ACAP) est un accord issu de la Convention de Bonn. L’ACAP étudie actuellement des moyens d’évaluer les futures propositions d’ajout de nouvelles espèces à l’annexe. Dans le cadre de cet exercice, une évaluation préliminaire de toutes les espèces de Procellariiformes a été entreprise (Cooper et Baker, 2006) et sera approfondie (ACAP Secretariat, 2006). L’Albatros à pieds noirs et deux autres albatros du Pacifique Nord étaient parmi les espèces étudiées dans le cadre du processus d’évaluation.

Lois fédérales et provinciales

Wildlife Act de la Colombie-Britannique

À titre d’espèce jouissant d’une protection aux termes de la LCCOM, l’Albatros à pieds noirs est également protégé par la Wildlife Act de la Colombie-Britannique.

Lois nationales canadiennes

L’Albatros à pieds noirs est protégé par la LCCOM (voir la sous-section Conventions et accords internationaux ci-dessus). Comme l’espèce est protégée par cette loi, il est illégal de la capturer ou de la tuer sans un permis.

USEndangered Species Act

Le secrétariat de l’U.S. Department of the Interior, par l’intermédiaire de l’USFWS, a reçu une pétition le 28 septembre 2004 d’Earthjustice, au nom du Center for Biological Diversity and Turtle Island Restoration Network, pour inscrire l’Albatros à pieds noirs sur la liste des espèces menacées (Threatened) ou en voie de disparition (Endangered) et pour désigner l’habitat essentiel afin d’assurer le rétablissement de l’espèce aux termes du paragraphe 4(b) de l’US Endangered Species Act et du paragraphe 553(3) de l’Administrative Procedures Act (Earthjustice, 2004). L’USFWS examine actuellement la pétition, et les résultats devraient être dévoilés plus tard en 2006 (Freifeld, comm. pers., 2006).

Désignations de statut

Classements nationaux et subnationaux

L’Albatros à pieds noirs figure sur la liste jaune du centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique (BC CDC, 2005), et sa cote provinciale est SNA (Sub-national rank Not Applicable, qui signifie « rang subnational non applicable »). NatureServe accorde au taxon la cote G3G4. Les États-Unis, quant à eux, attribuent la cote nationale N4N5B, alors que les cotes subnationales sont les suivantes : Alaska – S5N, Hawaï – S3S4, Oregon – SNA, Washington – S3N (dernière révision en novembre2002; NatureServe, 2006).

Dans l’État d’Hawaï, l’espèce est désignée menacée (Threatened) par les lois de l’État. Au Mexique, l’Instituto Nacional de Ecología, une branche de l’agence de protection de l’environnement du Mexique, l’a désignée menacée (Amenazada) (INE, 2005).

Liste rouge de l’UICN

En 2003, l’UICN a reclassé l’Albatros à pieds noirs, le faisant passer d’espèce vulnérable (Vulnerable) à espèce menacée d’extinction (Endangered) (EN A3bd); elle justifie cette modification par le déclin de > 60 p. 100 que devraient connaître les 3 prochaines générations (c.-à-d. 56 années) d’après les projections fondées sur le taux estimé de mortalité causée par les prises accessoires des pêches démersales et pélagiques à la palangre dans le Pacifique Nord (BirdLife International, 2004a,b).

Retournez à la table des matières

Résumé technique

Phoebastria nigripes

Albatros à pieds noirs – Black-footed Albatross

Répartition au Canada :

Eaux territoriales du Canada, au large de la Colombie-Britannique

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) au Canada

  • Environ 70 000 km²
  • Zone des eaux territoriales du Canada sur la côte du Pacifique

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non

Superficie de la zone d’occupation (km²)

  • Environ 70 000 km² (environ 22 km² pour les colonies reproductrices; BirdLife International, 2004a)
  • Zone des eaux territoriales du Canada sur la côte du Pacifique et zone terrestre totale des colonies reproductrices (à l’extérieur des eaux canadiennes)

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Non, bien qu’il puisse y avoir des changements concernant la répartition annuelle et saisonnière à l’intérieur de la zone d’occurrence qui sont fondés sur des conditions océaniques changeantes.

Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés.

Non applicable aux eaux canadiennes; 12 emplacements de reproduction établis à l’échelle mondiale (consulter la section Répartition)

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Non applicable au Canada; stable ou en croissance à l’échelle mondiale, avec 4 autres emplacements de reproduction (consulter la section Répartition)

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Non

Tendances en matière d’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Habitat de reproduction stable

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

  • De 17 à 20 années (Niel et Lebreton, 2005, Lewison et Crowder, 2003; NatureServe, 2006);
  • 18,67 années (selon les calculs de l’UICN; BirdLife International, 2004a,b);
  • Consulter le texte à la page 21 concernant les estimations sur la durée d’une génération.

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

123,140 (consulter le tableau 1, p. 23
Estimation du nombre de couples reproducteurs × 2.

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

Inconnue. Sources publiées : en déclin (consulter la section Taille et tendances des populations)

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

  • L’île Laysan, de 1992 à 2005, en déclin (p < 0,002) ;
  • Atoll de Midway, de 1992 à 2005 (p > 0,5; Fig. 11, p. 26).
  • Addition de 3 des 4 plus grandes colonies
  • (les hauts-fonds French Frigate, l’île Laysan et Atoll de Midway), de 1992 à 2005, aucune tendance (p > 0,5; Fig. 13, p. 29).
  • Les données historiques étant limitées, une analyse du pourcentage du déclin au cours de trois générations (environ 60 ans) ne peut être effectuée.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Non, bien qu’il y ait eu des fluctuations interannuelles prononcées d’un bon nombre d’adultes qui retournaient pour des raisons de reproduction.

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de &lt; 1 individu/année)?

Non. Les colonies des îles sont isolées, mais les échanges génétiques sont possibles.

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Stable : bien que les premières colonies du Mexique sont géographiquement isolées, elles ne sont pas génétiquement isolées de la population des îles hawaïennes du Nord-Ouest (consulter la section Répartition) et elles ne sont pas considérées comme étant une population distincte pour les fins de ce rapport

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

Non

Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

  • Les îles hawaïennes du Nord-Ouest – 118 240 ;
  • Japon – 4 900 (consulter le tableau 1, p. 23)

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Mortalité accessoire liée aux pêches à la palangre et au filet dérivant; mortalité due aux déversements d’hydrocarbures; la perte d’habitats de reproduction due aux changements climatiques et aux changements du niveau de la mer associés; modifications de la productivité de la mer en raison des changements climatiques; perturbation et déprédation de l’habitat par des espèces envahissantes (plantes, lapins, chats, rats); pollution, y compris l’ingestion de plastique et la bioaccumulation de composés organochlorés; éruption volcanique à Torishima et aux îles Revillagigedo (consulter la section Facteurs limitatifs et menaces ci-dessus).

Effet d’une immigration de source externe

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?

Sans objet

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

Sans objet

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Sans objet

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Sans objet

Y a-t-il suffisamment d’habitats disponibles au Canada pour les individus immigrants?

Sans objet

La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?

Sans objet

Analyse quantitative

Certains modèles prévoient un déclin de 60 % au cours des 3 générations, tandis que d’autres prévoient que la population sera stable.

Consulter la discussion au sujet des modèles concurrents, p. 29 et 30. Consulter aussi Arata et al., (en cours d’examen). Niel et Lebreton (2005) ont modélisé le taux de mortalité qui aboutirait à un déclin de la population; les estimations concernant les mortalités dues aux prises accessoires de pêche se rapprochent de ce nombre (consulter la page 21, et les pages de 32 à 33).

Statut existant

  • COSEPAC : Espèce préoccupante (2007)
  • UICN : En voie de disparition (A3bd)

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce préoccupante

Code alphanumérique : Sans objet

Justification de la désignation : Cet oiseau marin longévif à longues ailes (qui vit au-delà de 40 ans) se reproduit sur des îles éloignées des îles d’Hawaï. Cependant, un nombre important d’individus se nourrit au large de la côte de la Colombie-Britannique chaque année, y compris des adultes qui se déplacent sur de grandes distances pour rechercher de la nourriture pour leurs petits. Le nombre d’individus a subi un déclin dans une des deux colonies majeures dans les années 1990, mais la population semble généralement stable. Un grand nombre d'individus sont capturés de façon accessoire par la pêche à la palangre, et la plupart souffrent de l'ingestion de plastique et accumulent des taux élevés de polluants, mais les effets à long terme de ces menaces sont incertains.

Applicabilité des critères

Critère A (Population globale en déclin) : Aucune tendance significative de déclin.
Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Aucune tendance significative de déclin.
Critère C (Petite population globale et déclin) : Population trop grande.
Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : la population répond presque aux critères de la catégorie de répartition limitée (superficie de 22 km² de 12 colonies).
Critère E (Analyse quantitative) : Résultats contradictoires; certains prédisent un déclin de 60 % en 3 générations, alors que d’autres prédisent une population plus ou moins stable.
Critère A (Population globale en déclin) : Aucune tendance significative de déclin.

Retournez à la table des matières

Remerciements et experts contactés

De nombreux chercheurs ont pris le temps de nous parler de leurs travaux passés et actuels sur l’Albatros à pieds noirs, et nous leur en sommes reconnaissants. Nous tenons à remercier particulièrement les personnes suivantes : Ken Morgan, d’Environnement Canada, à Sidney, pour ses travaux continus sur l’espèce au Canada; Mike McNall, du Royal BC Museum, qui a présenté la collection ornithologique du musée à LKB; Rob Suryan et Karen Fischer, de la Oregon State University, qui ont fourni des cartes illustrant le suivi par satellites issues de leurs travaux de cycle supérieur; Jamie Kenyon et Stephen Jollymore, d’Environnement Canada, à Delta, qui ont généré des cartes reflétant les résultats de plusieurs années de relevé au Canada; Paul Sievert, qui a commenté l’ébauche du rapport; Ed Melvin et Michelle Wainstein, de la Washington Sea Grant, qui ont fourni des cartes provenant de relevés de la Commission internationale du flétan du Pacifique. Beth Flint, Holly Freifeld et Maura Naughton, de l’U.S. Fish and Wildlife Service, ont mis à notre disposition des données inédites sur le dénombrement de la population dans les colonies hawaïennes et ont revu notre ébauche de rapport, tandis qu’Hiroshi Hasegawa nous a envoyé des estimations inédites de la population japonaise. Chandler S. Robbins (maintenant à la retraite), du U.S. Geological Survey, nous a transmis une communication personnelle portant sur l’albatros le plus vieux à avoir été bagué dans le Pacifique Nord; il s’agissait d’un Albatros de Laysan qu’il avait lui même bagué il y a 50 ans.

Experts contactés 

Achuff, Peter. Species Assessment Biologist, Ecological Integrity Branch, Agence Parcs Canada , parc national des Lacs-Waterton(Alberta).

Acker, Cathy. Records Manager, US Geological Survey National Wildlife Health Center, Madison (Wisconsin), États-Unis.

Ainley, David. Senior Ecological Associate, H.T. Harvey and Associates, San Jose, (Californie), États-Unis.

Arata, Javier. Postdoctoral fellow, Department of Natural Resources Conservation, University of Massachusetts at Amherst, États-Unis.

Bartier, Patrick. Ecosystem Data Specialist, réserve de parc national Gwaii Haanas, Agence Parcs Canada, Queen Charlotte City (Colombie-Britannique).

Bisson, Jeremy. MSc. Student, Department of Zoology, University of Hawaii at Manoa, Hawaii, États-Unis.

Burles, Doug. Environmental Assessment Coordinator/Biologist, Gwaii Haanas National Park Reserve, Agence Parcs Canada, Queen Charlotte City (Colombie-Britannique).

Chisholm, Sarah. Warden, parc national Kejimkujik, Agence Parcs Canada; et former research assistant, Albatross Movement Study, Tern Island, Hawaii, États-Unis.

Cooper, J. Professor, Avian Demography Unit, Department of Statistical Sciences, University of Cape Town, Rondebosch, Afrique du Sud.

Crockford, Susan. Adjunct faculty, Department of Anthropology, University of Victoria, Victoria (Colombie-Britannique); et Proprietor, Pacific Identifications Inc., Oldfield Road, Victoria (Colombie-Britannique).

Croll, Don. Associate Professor, Ecology and Evolutionary Biology, UC Santa Cruz, Center for Ocean Health, Santa Cruz (Californie), États-Unis.

Edwards, Ann. National Research Council postdoctoral fellow, Alaska Fisheries Science Centre, National Oceanic and Atmospheric Administration, and visiting scholar, School of Aquatic and Fisheries Sciences, University of Washington (Seattle), États-Unis.

Fefer, Stewart. Project Leader, U.S. Fish and Wildlife Service, Gulf of Maine Program, Falmouth (Maine), États-Unis.

Fischer, Karen. M.Sc. student, Oregon State University, Corvallis (Oregon), États-Unis.

Flint, Elizabeth. Research Scientist, Pacific Remote Islands National Wildlife Refuge Complex, US Fish and Wildlife Service Pacific Islands, Honolulu (Hawaii), États-Unis.

Fort, Kevin. Species at Risk Biologist, Service canadien de la faune, Région du Pacifique et du Yukon, Delta (Colombie-Britannique).

Fraser, Dave. Species Specialist – Species at Risk, Terrestrial Ecosystem Science Section, Ministry of Environment, Victoria (Colombie-Britannique).

Freifeld, Holly. Fish and Wildlife Biologist, US Fish and Wildlife Service Pacific Islands, Honolulu, Hawaii, États-Unis.

Geernaert, Tracee. Biologist, International Pacific Halibut Commission, Seattle, Washington, États-Unis.

Hasegawa, Hiroshi. Professor, Biology Department, Toho University, Chiba, Japon.

Henry, Bill. Ph.D. candidate, Ecology & Evolutionary Biology, UC Santa Cruz (Californie), États-Unis.

Hyrenbach, David. Research Scientist, Duke University Marine Laboratory, North Carolina and School of Aquatic and Fishery Sciences, University of Washington (Seattle), États-Unis.

Johnston, Barb. Park Ecologist, Gwaii Haanas National Park Reserve, Agence Parcs Canada, Queen Charlotte City (Colombie-Britannique).

Keddie, Grant. Curator, Archaeology, Royal British Columbia Museum, Victoria (Colombie-Britannique).

McNall, Mike. Ornithological Curator, Royal BC Museum, Victoria (Colombie-Britannique).

Melvin, Ed. Marine Fisheries Specialist. Washington Sea Grant,University of Washington (Seattle), États-Unis.

Naughton, Maura. Regional Seabird Biologist, US Fish and Wildlife Service – Pacific Region, Portland (Oregon), États-Unis.

O’Hara, Patrick. Visiting scientist, Birds Oiled at Sea programme, Department of Biology, University of Victoria (Colombie-Britannique).

Pitman, Bob. National Oceanic and Atmospheric Administraion Fisheries, Ecosystem Studies Program, Southwest Fisheries Science Center, la Jolla, (Californie) États-Unis.

Reid, Stafford. Environmental Emergency Planner, Ministry of Environment, Victoria (Colombie-Britannique).

Robbins, Chandler. Research Wildlife Biologist (retired), Patuxent Wildlife Research Centre, US Geological Survey, Laurel (Maryland), États-Unis.

Shepherd, Pippa. Species at Risk Coordinator, Western and Northern Service Centre, Agence Parcs Canada, Vancouver (Colombie-Britannique).

Sievert, Paul. Assistant Unit Leader – Wildlife, US Geological Survey, Massachusetts Cooperative Fish & Wildlife Research Unit, Department of Natural Resources Conservation, University of Massachusetts (Amherst), États-Unis.

Sileo, Louis. Wildlife Pathologist, US Geological Survey National Wildlife Health Center, Madison (Wisconsin), États-Unis.

Sloan, Norm. Marine Ecologist, Gwaii Haanas National Park Reserve, Agence Parcs Canada, Queen Charlotte City (Colombie-Britannique).

Stipec, Katrina. Species at Risk Information Specialist, BC Conservation Data Centre, Ministry of Environment, Victoria (Colombie-Britannique).

 Suryan, Rob. Ph.D. candidate, Department of Fisheries and Wildlife, Oregon State University, Hatfield Marine Science Centre, Newport (Oregon), États-Unis.

Tershy, Bernie. Assistant Adjunct Professor, Ecology and Evolutionary Biology, University of California Santa Cruz, Center for Ocean Health, Santa Cruz, (Californie), États-Unis.

Wainstein, Michelle. Marine Fisheries Specialist. Washington Sea Grant, University of Washington (Seattle), États-Unis.

Retournez à la table des matières

Sources d'information

ACAP Secretariat. 2006. Report of the Second Meeting of the Advisory Committee (Brasilia, Brazil, 5–8 June 2006). ACAP Secretariat, Hobart. ii + 20 p.

Achuff, P., comm. pers., 2006. Correspondance par courriel avec L.K. Blight, janvier 2006. Species Assessment Biologist, Ecological Integrity Branch, Agence Parcs Canada, parc national des Lacs-Waterton (Alberta).

Aguirre Muñoz, A.J., B. Creel, J. Carranza, E. Enkerlin Hoeflich, C. García Gutiérrez, L.M. Luna Mendoza, B. Keitt, J.A. Sánchez Pacheco et B.R. Tershy. 2003. Propuesta para el establecimiento del área natural protegida "Reserva de la Biósfera de Isla Guadalupe." Estudio técnico justificativo, Grupo de Ecología y Conservación de Islas, A.C., Ensenada, Baja California, Mexico.

Ainley, D.G., comm. pers., 2006. Correspondance par courriel avec L.K. Blight, février 2006. Senior Ecological Associate, H.T. Harvey and Associates (San Jose), Californie.

Ainley, D.G., et G.J. Divoky. 2001. Seabird responses to climate change. De 2669 à 2667 p., in J.H. Steele, S.A. Thorpe et K.K. Turekian (éds). Encyclopaedia of Ocean Sciences, Academic Press, London.

Ainley, D.G., R.L. Veit, S.G. Allen, L.B. Spear et P. Pyle. 1995. Variations in marine bird communities of the California Current, 1986-1994. California Cooperative Oceanic Fisheries Investigations Report 36:72-77.

Alexander, K., G. Robertson et R. Gales. 1997. The Incidental Mortality of Albatrosses in Longline Fisheries: A Report on the Workshop from the First International Conference on the Biology and Conservation of Albatrosses, Hobart Australia – September 1995. Australian Antarctic Division, Kingston, Tasmania. 44 p.

Alexander, W.B. 1955. Birds of the Ocean: A Handbook for Voyagers (2e éd.). Putnam, London. xii + 282.

Alexander, W.B., R.A. Falla, C. Jouanin, R.C. Murphy, F. Salomonsen, K.H. Voous, G.E. Watson, W.R.P. Bourne, C.A. Fleming, N.H. Kuroda, M.K. Rowan, D.L. Serventy, W.L.N. Tickell, J. Warham et J.M. Winterbottom. 1965. The families and genera of petrels and their names. Ibis 107:401-405.

American Heritage Dictionary of the English Language, Fourth Edition. 2004. Answers.com. Gooney. [consulté en décember 2005]

American Ornithologists’ Union (AOU). 1998. Check-list of North American Birds. 7e édition. A.O.U. Washington D.C.

AOU. 2005. List of the 2,037 bird species (with scientific and English names) known from the AOU check-list area. [consulté en october 2005].

Anonymous. 2004. Massive albatross nest count completed at Midway Atoll National Wildlife Refuge: results may aid understanding of albatross population trends.Elepaio 64(2):13.

Arata, J., Sievert, P.R., Naughton, M.B. et Flint, E.N.  In review.  Status Assessment of Laysan (Phoebastria immutabilis) and Black-footed (Phoebastria nigripes) Albatross.  U.S. Department of the Interior, U.S. Fish and Wildlife Service, Portland (Oregon).

ARKive. 2004. Black-footed albatross (Phoebastria nigripes). [consulté en janvier  2006].

Auman, H.J., J.P. Ludwig, J.P. Giesy et T. Colborn. 1998. Plastic ingestion by Laysan Albatross chicks on Sand Island, Midway Atoll, in 1994 and 1995. De 239 à 244 p. in G. Robertson et R. Gales (éds.). Albatross Biology and Conservation, Surrey Beatty and Sons, Chipping Norton, New South Wales.

Auman, H.J., J.P. Ludwig, C.L. Summer, D.A. Verbrugge, K.L. Froese, T. Colborn et J.P. Giesy. 1997. PCBs, DDE, DDT, and TCDD-EQ in two species of albatross on Sand Island, Midway Atoll, North Pacific Ocean. Environmental Toxicology and Chemistry 16(3):498-504.

Baduini, C.L., K. D. Hyrenbach, K. O. Coyle, A. Pinchuk, V. Mendenhall et G. L. Hunt Jr.  2001. Mass mortality of short-tailed shearwaters in the south-eastern Bering Sea during summer 1997. Fisheries Oceanography 10:117-130.

Baker, J.D., C.L. Littnan et D.W. Johnston. 2006. Potential effects of sea level rise on the terrestrial habitats of endangered and endemic megafauna in the Northwestern Hawaiian Islands. Endangered Species Research 4:1-10.

Bertram, D.F., A. Harfenist et B.D. Smith. 2005. Ocean climate and El Niño impacts on survival of Cassin’s Auklets from upwelling and downwelling domains of British Columbia. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences 62:2841-2853.

BirdLife International, 2004a. Black-footed Albatross Phoebastria nigripes. In Threatened Birds of the World 2004. Cédérom. BirdLife International, Cambridge.

BirdLife International, 2004b. Phoebastria nigripes. IUCN 2004. 2004 IUCN Red List of Threatened Species. [consulté en novembre 2005].

Bisson, J., comm. pers., 2006. Consultation avec J.L. Smith, février 2006. MS Student, Department of Zoology, University of Hawaii at Manoa.

Blight, L.K., et A.E. Burger. 1997. Occurrence of plastic particles in seabirds from the eastern North Pacific. Marine Pollution Bulletin 34:323-325.

Brazil, M. A. 1991. The birds of Japan. Smithsonian Institute Press, Washington, D.C.

Brothers, N.P., J. Cooper et S. Løkkeborg. 1999. The incidental catch of seabirds by longline fisheries: worldwide review and technical guideline for mitigation. FAO Fisheries Circular Number 937. Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Rome.

Burger, A.E. 1993. Estimating the mortality of seabirds following oil spills: effects of spill volume. Marine Pollution Bulletin 26: 140-143.

Burger, A.E. 2003. Effects of the Juan de Fuca eddy and upwelling on densities and distributions of seabirds off southwest Vancouver Island (Colombie-Britannique). Marine Ornithology 31:112-122.

Burger, A.E., J.A. Booth et K.H. Morgan. 1997. A Preliminary Identification of Processes and Problems Affecting Marine Birds in Coastal and Offshore Areas of British Columbia. Série de rapport technique, numéro 277, Service canadien de la faune, Région du Pacifique et du Yukon (Colombie-Britannique). xiii + 111 p.

Campbell, R.W., N.K. Dawe, I. McTaggart-Cowan, J.M. Cooper, G.W. Kaiser et M.C.E. McNall. 1990. The Birds of British Columbia. Volume 1. Non-passerines: Introduction, Loons through Waterfowl. Royal British Columbia Museum and Ministry of Environment, Victoria (Colombie-Britannique). xv + 514 p.

Service canadien de la faune (SCF). 1991. Liste des oiseaux protégés au Canada en vertu de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs. Publication hors-série nº 1, Service canadien de la faune, Environnement Canada, Ottawa.

Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique. 2005. BC Species and Ecosystems Explorer. Species Summary: Phoebastria nigripes. Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique). Site Web : http://srmapps.gov.bc.ca/apps/eswp/ [consulté en novembre 2005].

Cherel, Y., H. Weimerskirch et C. Trouvé. 2002. Dietary evidence for spatial foraging segregation in sympatric albatrosses (Diomedea spp.) rearing chicks at Iles Nuageuses, Kerguelen. Marine Biology 141:1117-1129.

Chisholm, S., comm. pers., 2006. Consultation avec L.K. Blight, mars 2006. Warden, Kejimkujik National Park, Agence Parcs Canada; et former research assistant, Albatross Movement Study, Tern Island, Hawaii.

Christensen, T.K et J.K. Hounisen. 2005. Investigations of migratory birds during operation of Horns Rev offshore wind farm. Annual status report. National Environmental Research Institute, Ministry of Environment, Denmark. 35 p.

Comisión Nacional de Áreas Naturales Protegidas (COMNAP). No date. Reserva de la Biósfera Islas del Pacífico de Baja California. [Brochure.] COMNAP, Hermosillo, Sonora. 2 p.

 Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Puffin à pieds rosesPuffinus creatops au Canada. Comité sur la situation des espéces en péril au Canada. Ottawa, (Ontario). vii + 22 p.

Cooper, J., et B. Baker. 2006. Choosing candidate species for future inclusion within the Agreement on the Conservation of Albatrosses and Petrels. ACAP/AC2/Doc 21. ACAP Secretariat, Hobart. 20 p.

Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). 2006. CITES Canada. [consulté en janvier 2006].

Cousins, K., et J. Cooper. 2000. The Population Biology of the Black-footed Albatross in Relation to Mortality Caused by Longline Fishing. Report from workshop Honolulu, Hawaii, du 8 au 10 octobre 1998. Western Pacific Regional Fishery Management Council, Honolulu, Hawaii. x + 120 p.

Crick, H.Q.P. 2004. The impact of climate change on birds. Ibis 146 (Suppl. 1): 48-56.

Crockford, S. 2003. The archaeological history of Short-tailed Albatross in British Columbia: a review and summary of STAL skeletal remains, as compared to other avian species, identified from historic and prehistoric midden deposits. Pacific Identifications Inc, Oldfield Road, Victoria (Colombie-Britannique). 97 p. + appendices.

Crockford, S., comm. pers., 2005. Conversation téléphonique avec L.K. Blight, novembre 2005. Adjunct faculty, Department of Anthropology, University of Victoria, Victoria (Colombie-Britannique); et Proprietor, Pacific Identifications Inc., Oldfield Road, Victoria (Colombie-Britannique).

Crockford, S., G. Frederick et R. Wigen. 1997. A humerus story: albatross element distribution from two northwest coast sites, North America. International Journal of Osteoarchaeology 7:287-291.

Croxall, J.P, J.R.D. Silk, R.A. Phillips, V. Afanasyev et D.R. Briggs. 2005. Global circumnavigations: tracking year-round ranges of nonbreeding albatrosses. Science 307:249-250.

Desholm, M. and J. Kahlert. 2005. Avian collision risk at an offshore wind farm. Biology Letters 1:296-298.

Eda, M., Y. Baba, H. Koike et H. Higuchi. 2002. Ancient DNA analysis for species identification of albatross bones: short-tailed albatrosses disappeared from the Sea of Japan and the Sea of Okhotsk. Poster presentation, International Council of Archaeozoology 9th Conference, University of Durham, août 2002.

Edwards, A.E., et S. Rohwer. 2005. Large-scale patterns of molt activation in the flight feathers of two albatross species. Condor 107:835-848.

Fernández, P., et D.J. Anderson. 2000. Nocturnal and diurnal foraging activity of Hawaiian albatrosses detected with a new immersion monitor. Condor 102:577-584.

Fernández, P., D.J. Anderson, P.R. Sievert et K.P. Huyvaert. 2001. Foraging destinations of three low-latitude albatross (Phoebastria) species. Journal of the Zoological Society of London 254:391-404.

Finkelstein, M.E., R.H. Gwiazda et D.R. Smith. 2003. Lead poisoning of seabirds: environmental risks from leaded paint at a decommissioned military base. Environmental Science and Toxicology 37:3256-3260.

Finkelstein, M.E., B.S. Keitt, D.A. Croll, B. Tershy, W.M. Jarman, S. Rodriguez-Pastor, D.J. Anderson, P.R. Sievert et D.R. Smith. 2006. Albatross species demonstrate regional differences in North Pacific marine contamination. Ecological Applications 16(2):678-686.

Fisher, H.I. 1972. Sympatry of Laysan and Black-footed Albatrosses. Auk 89:381-402.

Fisher, H.I. 1975. Mortality and survival of Laysan Albatross, Diomedea immutablis. Pacific Science. 29: 279-300.

Fisher, H.I., et P.H. Baldwin. 1946. War and the birds of Midway Atoll. Condor 48:3-15.

Flint, E., comm. pers., 2006. Correspondance par courriel avec J.L. Smith, février 2006. Research Scientist, Pacific Remote Islands National Wildlife Refuge Complex, U.S. Fish and Wildlife Service Pacific Islands, Honolulu, Hawaii.

Ford, R.G., D.G. Ainley, J.L. Casey, C.A. Keiper, L.B. Spear et L.T. Ballance. 2004. The biogeographic patterns of seabirds in the central portion of the California Current. Marine Ornithology 32:77-96.

Freifeld, H., comm. pers., 2006. Correspondance par courriel avec J.L. Smith, février 2006. Fish and Wildlife Biologist, U.S. Fish and Wildlife Service Pacific Islands, Honolulu, Hawaii.

Furness, R.W. 2003. Impacts of fisheries on seabird communities. In E. Mínguez, D. Oro, E. de Juana et A. Martínez-Abraín (éds.). Mediterranean Seabirds and Their Conservation. Scientia Marina 67 (Suppl. 2):33-45.

Garthe, S., et O. Hüppop. 2004. Scaling possible adverse effects of marine wind farms on seabirds: developing and applying a vulnerability index. Journal of Applied Ecology 41:724-734.

Gilman, E., N. Brothers et D.R. Kobayashi. 2005. Principles and approaches to abate seabird by-catch in longline fisheries. Fish and Fisheries 6:35-49.

Gilman, E., et H. Freifeld. 2003. Seabird mortality in North Pacific longline fisheries. Endangered Species Update 20(2):35-46.

Gould, P., P. Ostrom et W. Walker. 1997. Trophic relationships of albatrosses associated with squid and large-mesh drift-net fisheries in the North Pacific Ocean. Canadian Journal of Zoology 75:549-562.

Gould, P.J., P. Ostrum, W. Walker et K. Pilichowski. 1998. Laysan and Black-footed Albatrosses: Trophic relationships and driftnet fisheries associations of non-breeding birds. Pages 199 à 207 in G. Robertson and R. Gales. (éds.). Albatross Biology and Conservation, Surrey Beatty, Sydney, New South Wales.

Gould, P.J., et J.F. Piatt. 1993. Seabirds of the central North Pacific. Pages 27 à 38, in K. Vermeer, K.T. Briggs, K.H. Morgan et D. Siegel-Causey (éds.). The Status, Ecology, and Conservation of Marine Birds of the North Pacific, Publication spéciale du Service canadien de la faune, Ottawa.

Grigg, G., comm. pers., 2006. Réunion avec L.K. Blight, février 2006. Waterbird Technician, Migratory Bird Conservation, Service canadien de la faune, Delta (Colombie-Britannique).

Guruge, K.S., M. Watanabe, H. Tanaka, et S. Tanabe. 2001. Accumulation status of persistent organochlorines in albatrosses from the North Pacific and the Southern Ocean. Environmental Pollution 114(3):389-398.

Hall, M.A., D.L. Alverson et K.I. Metuzals. 2000. By-catch: problems and solutions. Marine Pollution Bulletin 41:204-219.

Harfenist, A., N.A. Sloanet P.M. Bartier. 2002. Living marine legacy of Gwaii Haanas. III: Marine bird baseline to 2000 and marine bird-related management issues throughout the Haida Gwaii region. Parks Canada Technical Reports in Ecosystem Science, Report 036. Parcs Canada, Région de l’Atlantique, Halifax, Nouvelle-Écosse. xiv + 164 p.

Harrison, P. 1983. Seabirds: An Identification Guide. Houghton Mifflin, Boston.

Harrison, C.S., T.S. Hida, et M.P. Seki. 1983. Hawaiian seabird feeding ecology. Wildlife Monographs 85:1-71.

Harrison, P. 1987. Seabirds of the World: A Photographic Guide. Christopher Helm, London. 317 p.

Hasegawa, H., comm. pers., 2006. Correspondance par courriel avec L.K. Blight. Professor, Biology Department, Toho University, Chiba, Japon.

Hatler, D.F., R.W. Campbell et A. Dorst. 1978. Birds of Pacific Rim National Park. Number 20 Occasional Paper Series. British Columbia Provincial Museum, Victoria (Colombie-Britannique). 194 p.

Hawaii Department of Land and Natural Resources. 2005. Hawaii’s Comprehensive Wildlife Conservation Strategy – Hawaii’s species of greatest conservation need: Ka’upu (Black-footed Albatross) [PDF, 125Ko, disponible en anglais seulement, consulté en janvier 2006].

Henry, R.W. III, comm. pers., 2006. Correspondance par courriel avec L.K. Blight, janvier 2006. Ph.D. candidate, Ecology & Evolutionary Biology, University of California, Santa Cruz (Californie).

Herbst, D.R., et W.L. Wagner. 1992. Pages 189 à 224 in C. P. Stone, C. W. Smith et J. T. Tunison (éds.). Alien Plant Invasions in Native Ecosystems of Hawaii: Management and Research. University of Hawaii Press, Honolulu, Hawaii.

Hunt, G.L. Jr., H. Kato et S.M. McKinnell (éds.). 2000. Predation by marine birds and mammals in the subarctic North Pacific Ocean. PICES Scientific Report No. 14, 2000. North Pacific Marine Science Organisation, Institut des sciences de la mer, Sidney (Colombie-Britannique), iv + 164 p.

Hunt, G.L. Jr. et D.C. Schneider. 1987. Scale-dependent processes in the physical and biological environment of marine birds. Pages 7 à 41, in J.P. Croxall (ed.). Seabirds: Feeding Ecology and Role in Marine Ecosystems, Cambridge University Press, Cambridge.

Hyrenbach, K.D., comm. pers., 2006. Consultation avec J.L. Smith, septembre 2006. Research Scientist, Duke University Marine Laboratory, North Carolina and School of Aquatic and Fishery Sciences, University of Washington, Seattle, Washington.

Hyrenbach, K.D. 2001. Albatross response to survey vessels: implications for studies of the distribution, abundance, and prey consumption of seabird populations. Marine Ecology Progress Series 212:283-295.

Hyrenbach, K.D. 2002. Plumage-based aging criteria for the Black-footed Albatross Phoebastria nigripes. Marine Ornithology 30:85-93.

Hyrenbach, K.D., C. Keiper, S.G. Allen, D.G. Ainley et D.J. Anderson. 2006. Use of marine sanctuaries by far-ranging predators: commuting flights to the California Current System by breeding Hawaiian albatrosses. Fisheries Oceanography 15(2):95-103.

Hyrenbach, K.D., et R.C. Dotson. 2001. Post-breeding movements of a male Black-footed Albatross Phoebastria nigripes. Marine Ornithology 29:7-10.

Hyrenbach, K.D., et R.C. Dotson. 2003. Assessing the susceptibility of female black-footed albatross (Phoebastria nigripes) to longline fisheries during their post-breeding dispersal: an integrated approach. Biological Conservation 112:391-404.

Hyrenbach, K.D., P. Fernández et D.J. Anderson. 2002. Oceanographic habitats of two sympatric North Pacific albatrosses during the breeding season. Marine Ecology Progress Series 233:283-301.

Instituto Nacional de Ecología (INE). 2005. Anexo Normativo II. Lista de Especies en Riesgo: Aves. [Site disponible en espagnol seulement et consulté en janvier 2006].

Système d'information taxonomique intégré (SITI). 2006. SITI: Biological name search. [consulté en mars 2006].

Jameson, W. 1961. The Wandering Albatross, édition révisée. Doubleday Anchor and the American Museum of Natural History, Garden City, New York. xxiii + 131 p.

Johnson, D.R., T.L. Shaffer et P.J. Gould. 1993. Incidental catch of marine birds in the North Pacific high seas driftnet fisheries in 1990. International North Pacific Commission Bulletin 53(III):473-482.

Keddie, G., comm. pers., 2005. Conversation téléphonique avec L.K. Blight, novembre 2005. Curator, Archaeology, Royal British Columbia Museum, Victoria (Colombie-Britannique).

Kepler, C.B. 1967. Polynesian rat predation on nesting Laysan Albatrosses and other Pacific seabirds. Auk 84:426-430.

Kermode, F. 1904. Catalogue of British Columbia Birds. Provincial Museum, Victoria (Colombie-Britannique). Project Gutenberg’s Catalogue of British Columbia Birds by Francis Kermode. [consulté en janvier 2006].

Kinan, I., et K.L. Cousins. 2000. Abundance of plastic debris and ingestion by albatross on Kure Atoll, Northwestern Hawaiian Islands. [Résumé.] Second International Conference on the Biology and Conservation of Albatrosses and Other Petrels, Waikiki, Hawaii, 8-10 May 2000.

Kitaysky, A.S., E.V. Kitaiskaia, J.F. Piatt et J.C. Wingfield. 2006. A mechanistic link between chick diet and decline in seabirds? Proceedings of the Royal Society of London [B] 273(1585): 445-450.

Langston, N.E., et S. Rohwer. 1995. Unusual patterns of incomplete primary molt in Laysan and Black-footed Albatross. Condor. 97:1-19.

Lewison, R.L., et L.B. Crowder. 2003. Estimating fishery bycatch and effects on a vulnerable seabird population. Ecological Applications 13(3):743-753.

Lewison, R.L., L.B. Crowder, A.J. Read et S.A. Freeman. 2004. Understanding impacts of fisheries bycatch on marine megafauna. Trends in Ecology and Evolution 19(11): 598-604.

Mayr, E. 1945. Birds of the Southwest Pacific: A Field Guide to the Birds of the Area between Samoa, New Caledonia, and Micronesia. Macmillan Company, Binghamton, New York. xx + 316 p.

McDermond, D.K.,et K.H. Morgan. 1993. Status and conservation of North Pacific albatrosses. Pages 70 à 81, in K. Vermeer, K.T. Briggs, K.H. Morgan et D. Siegel-Causey (éds.). The Status, Ecology, and Conservation of Marine Birds of the North Pacific, publication spéciale du Service canadien de la faune, Ottawa.

McKinnell, S. and B. Waddell. 1993. Associations of species caught in the Japanese large scale pelagic squid driftnet fishery in the central North Pacific Ocean: 1988-1990. International North Pacific Fisheries Commission Bulletin 53(II):91-110.

Melvin, E.F., comm. pers., 2006. Rencontres avec J.L. Smith, février et mars 2006. Marine Fisheries Specialist, Washington Sea Grant Program, University of Washington, Seattle.

Melvin, E.F., J.K. Parrish, K.S. Dietrich et  O.S. Hamel. 2001. Solutions to seabird bycatch in Alaska’s demersal longline fisheries. Washington Sea Grant Program, Seattle. 53 p.

Mills, M.S.L., et P.G. Ryan. 2005. Modelling impacts of long-line fishing: what are the effects of pair-bond disruption and sex-biased mortality on albatross fecundity? Animal Conservation 8(4): 359-367.

Moloney, C.L., J. Cooper, P.G. Ryan et R. Siegfried. 1994. Use of a populations model to assess the impact of longline fishing on wandering albatross Diomedea exulans populations. Biological Conservation 70:195-203.

Moors, P.J., et I.A.E. Atkinson. 1985. Predation on seabirds by introduced animals and factors affecting its severity. Pages 667 à 690, in J.P. Croxall, P.G.H. Evans et R.W. Schreiber (éds.). Status and Conservation of the World’s Seabirds, Publication technique, numéro 2, International Council for Bird Preservation, Cambridge.

Morgan, K.H. 1997. The distribution and seasonality of marine birds of the Queen Charlotte Islands. Pages 78 à 91, in K. Vermeer and K.H. Morgan (éds.). The Ecology, Status, and Conservation of Marine and Shoreline Birds of the Queen Charlotte Islands, Publication hors-série, numéro 93, Service canadien de la faune, Ottawa.

Morgan, K.H., H.I. McElderry et S. Shisko. 2000. Albatrosses and longline fishing in waters off the west coast of Canada: Identification of areas of potential bycatch. [Résumé] Marine Ornithology 28(2):137-138.

Morgan, K.H., K. Vermeer et R.W. McKelvey. 1991. Atlas of pelagic birds of western Canada. Publication hors-série, numéro 72. Service canadien de la faune, Pacific and Yukon Region, Sidney (Colombie-Britannique). 72 p.

Murphy, R.C. 1959. Foreword. Pages xi à xvi in W. Jameson. (1961). The Wandering Albatross, édition révisée. Doubleday Anchor and the American Museum of Natural History, Garden City, New York.

NatureServe. 2006. NatureServe Explorer. [consulté en janvier 2006].

Naughton, M., comm. pers., 2006. Correspondance par courriel avec J.L. Smith, février et septembre 2006. Regional Seabird Biologist, U.S. Fish and Wildlife Service – Région du Pacifique, Portland (Oregon).

Nevins, H., D. Hyrenbach, C. Keiper, J. Stock, M. Hester et J. Harvey. 2005. Seabirds as indicators of plastic pollution in the North Pacific. [Rapport inédit] Plastic Debris, Rivers to the Sea conference, Redondo Beach, Californie, du 7 au 9 septembre 2005. [PDF, 207 Ko, consulté en janvier 2006].

Niel, C., et J.-D. Lebreton. 2005. Using demographic invariants to detect overharvested bird populations from incomplete data. Conservation Biology 19:826-835.

Nunn, G.B., J. Cooper, P. Jouventin, C.J.R. Robertson et G.G. Robertson. 1996. Evolutionary relationships among extant albatrosses (Procellariiformes: Diomedeidae) established from complete cytochrome-b gene sequences. Auk 113(4):784-801.

Nunn, G.B., et S.E. Stanley. 1998. Body size effects and rates of cytochrome b evolution in tube-nosed seabirds. Molecular Biology and Evolution 15(10):1360-1371.

O’Hara, P., comm. pers., 2006. Meeting with L.K. Blight. May 2006. Visiting Scientist, Birds Oiled at Sea programme, Department of Biology, University of Victoria (Colombie-Britannique).

Oikonos. 2005. Learn about Albatross. [disponible en anglais seulement, consulté en mars 2006].

Pacific States/British Columbia Oil Spill Task Force. 2002.West Coast Offshore Vessel Traffic Risk Management Project Final Report. Disponible à l’adresse : http://www.oilspilltaskforce.org/wcovtrm_report.htm [consulté en février 2006].

Pauly, D., V. Christiansen, J. Dalsgaard, R. Froeser et F. Torres Jr. 1998. Fishing down marine food webs. Science 279: 860-863.

Penhallurick, J., et M. Wink. 2004. Analysis of the taxonomy and nomenclature of the Procellariiformes based on complete nucleotide sequences of the mitochondrial cytochrome b gene. Emu 104:125-147.

Pitman, R.L. ,et L. T. Ballance. 2002. The changing status of marine birds breeding at San Benedicto Island, Mexico. Wilson Bulletin 114(1):11-19.

Pyle, P. 2000. Midway’s albatross populations in decline. Whale. 4-6

Reid, S., comm. pers., 2006. Correspondence par courriel avec L.K. Blight, février et mars 2006. Environmental Emergency Planner, Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique).

Rice, D.W., et K.W. Kenyon. 1962a. Breeding cycles and behavior of Laysan and Black-footed Albatrosses. Auk 79:517-567.

Rice, D.W., et K.W. Kenyon. 1962b. Breeding distribution, history, and populations of North Pacific Albatrosses. Auk: 79:365-386.

Richards, T.W. 1909. Nesting of Diomedea nigripes and D. immutabilis on Midway Islands. Condor 11:122-123.

Robbins, C.S., comm. pers., 2005. Corresponsance par courriel avec L.K. Blight, décembre 2005. Research Wildlife Biologist (retired), Patuxent Wildlife Research Centre, US Geological Survey, Laurel (Maryland).

Robbins, C.S., comm. pers., 2006. Correspondance par courriel avec L.K. Blight, septembre 2006. Research Wildlife Biologist (retired), Patuxent Wildlife Research Centre, US Geological Survey, Laurel (Maryland).

Robbins, C. S., D. W. Rice.1974. Recoveries of banded Laysan Albatrosses (Diomedea immutabilis) and Black-footed Albatrosses (D. nigripes). Pages 232 à 277 in Pelagic studies of seabirds in the Central and Eastern Pacific Ocean (W. B. King, Ed.). Smithson. Contrib. Zool. No. 158.

Robertson, C.J.R., et G.B. Nunn. 1998. Towards a new taxonomy for albatrosses. Pages 13 à 19, in G. Robertson and R. Gales (éds.). Albatross Biology and Conservation, Surrey Beatty, Sydney, New South Wales.

Robinson, R.A., J.A. Learmonth, A.M. Hutson, C.D. Macleod, T.H. Sparks, D.I. Leech, G.J. Pierce, M.M. Rehfisch, and H.Q.P. Crick. 2005. Climate change and migratory species. British Trust for Ornithology Research Report 414, British Trust for Ornithology, Thetford, Norfolk.

Sanger, G.A. 1974. Black-footed Albatross (Diomedea nigripes). Pages 96 à 128 in W.B. King (ed.). Pelagic Studies of Seabirds in the Central and Eastern Pacific Ocean, Smithsonian Contributions to Zoology Number 158, Smithsonian Institute Press, Washington, D.C.

Scheffer, M., S. Carpenter et B. de Young. 2005. Cascading effects of overfishing marine systems. Trends in Ecology and Evolution 20:579-581.

Shaffer, S.A., Y. Tremblay, J.A. Awkerman, R.W. Henry, S.L.H. Teo, D.J. Anderson, D.A. Croll, B.A. Block et D.P. Costa. 2005. Comparison of light- and SST-based geolocation with satellite telemetry in free-ranging albatrosses. Marine Biology 147:833-843.

Shepherd, P., comm. pers., 2005. Conversation téléphonique avec L.K. Blight, décembre 2005. Species at Risk Coordinator, Western Canada Service Centre, Agence Parcs Canada, Vancouver (Colombie-Britannique).

Shinsuke, T., I. Tokutaka, K. Takashi, T. Miyako, S. Fumio et O. Nariko.2003. Trace element accumulation in short-tailed albatrosses (Diomedea albatrus) and black-footed albatrosses (Diomedea nigripes) from Torishima Island, Japan. Journal de Physique IV France 107:1231-1234.

Shluker, A. 2002. Harmful Non-indigenous Species (HNIS) database. Verbesina encelioides [Asteraceae]. HNIS report for Verbesina enceliodes. [disponible en anglais seulement, consulté en janvier 2006].

Shuntov, V.P. 2000. Far East seas as habitat for seabirds. Pages 21 à 36, in A.Y. Kondratyev, N.M. Litvinenko et G.W. Kaiser (éds.). Seabirds of the Russian Far East, publication spéciale du Service canadien de la faune, Ottawa.

Sievert, P.R., comm. pers., 2006. Correspondance par courriel avec J.L. Smith, mars 2006. Assistant Unit Leader – Wildlife, US Geological Survey, Massachusetts Cooperative Fish & Wildlife Research Unit, Department of Natural Resources Conservation, University of Massachusetts, Amherst.

Sievert, P.R., et L. Sileo. 1993. The effects of ingested plastic on growth and survival of albatross chicks. Pages 212 à 217 in K. Vermeer, K.T. Briggs, K.H. Morgan et D. Siegel-Causey (éds.). The Status, Ecology, and Conservation of Marine Birds of the North Pacific, publication spéciale du Service canadien de la faune, Ottawa.

Sibley, D.A. 2003. The Sibley Field Guide to Birds of Western North America. Alfred E. Knopf, New York. 471 p.

Smith, J.L., et K.D. Hyrenbach. 2003. Galápagos Islands to British Columbia: seabird communities along a 9000 km transect from the tropical to the subarctic eastern Pacific Ocean. Marine Ornithology 31:155-166.

Smith, J.L., et K.H. Morgan. 2005. An Assessment of Seabird Bycatch in Longline and Net Fisheries in British Columbia. Série de rapport technique, numéro 401. Service canadien de la faune, Région du Pacifique et du Yukon, Sidney (Colombie-Britannique). xiii + 51 p.

Spennemann, D.H.R. 1998. Excessive exploitation of Central Pacific seabird populations at the turn of the 20th Century. Marine Ornithology 26:49-57.

Springer, A.M., J.A. Estes, G.B. Van Vliet, T.M. Williams, D.F. Doak, E.M. Danner, K.A. Forney and B. Pfister. 2003. Sequential megafaunal collapse in the North Pacific Ocean: an ongoing legacy of industrial whaling? Proceedings of the National Academy of Sciences 100:12223-12228.

Springer, A.M., J.F. Piatt, V.P. Shuntov, G.B. Van Vliet, V.L. Vladimirov, A.E. Kuzin et A.S. Perlov. 1999. Marine birds and mammals of the Pacific subarctic gyres. Progress in Oceanography 43:443-487.

Stehn, R.A., K.S. Rivera, S. Fitzgerald et K. Wohl. 2001. Incidental catch of seabirds by longline fisheries in Alaska. Pages 61 à 78 in J. Parrish and E. Melvin (éds.). Seabird Bycatch: Trends, Roadblocks and Solutions. University of Alaska Sea Grant, Anchorage, Alaska.

Suryan, R., comm. pers., 2005. Correspondance par courriel avec L.K. Blight, novembre 2005. Ph.D. candidate, Department of Fisheries and Wildlife, Oregon State University, Hatfield Marine Science Centre, Newport (Oregon).

Takekawa, J.E., T.E. Harvey et H.R. Carter. 1990. Decline of the Common Murre in central California, 1980-1986. Studies in Avian Biology 14:149-163.

Tanabe, S., M. Watanabe, T.B. Minh, T. Kunisue, S. Nakanishi, H. Ono et H. Tanaka. 2004. PCDDs, PCDFs et Coplanar PCBs in albatross from the North Pacific and Southern Oceans: Levels, patterns, and toxicological implications. Environmental Science and Technology 38(2):403-413.

Tasker, M.L., C.J. Camphuysen, J. Cooper, S. Garthe, W.A. Montevecchi et S.J.M Blaber. 2000. The impacts of fishing on marine birds. ICES Journal of Marine Science 57:531-547.

Tershy, B., comm. pers., 2006. Correspondance par courriel avec L.K. Blight, janvier 2006. Assistant Adjunct Professor, Ecology & Evolutionary Biology, University of California Santa Cruz and Executive Director, Island Conservation, Long Marine Lab, Santa Cruz (Californie).

Thompson, D.Q. 1951. Notes on distribution of North Pacific albatrosses. Auk 68:227-235.

Tickell, W.L.N. 2000. Albatrosses. Yale University Press, Newhaven (Connecticut).

Tuck, G.N., T. Polacheck, J.P. Croxall et H. Weimerskirch. 2001. Modelling the impact of fishery by-catches on albatross populations. Journal of Applied Ecology 38:1182-1196.

Uhlmann, S., D. Fletcher and H. Moller. 2005. Estimating incidental takes of shearwaters in driftnet fisheries: lessons for the conservation of seabirds. Biological Conservation 123:151-163.

Ushijima, Y., J.H. Oliver, Jr., J.E. Keirans, M. Tsurumi, M. Kawabata, M. Watanabe et M. Fukunaga. 2003. Mitochondrial sequence variation in Carios capensis (Neumann), a parasite of seabirds, collected on Torishima Island in Japan. Journal of Parasitology 89(1):196-198.

U.S. Fish and Wildlife Service (USFWS). 2000. Midway Atoll National Wildlife Refuge. Black-footed Albatross. [disponible en anglais seulement, consulté en décembre 2005].

USFWS, 2005a. Regional seabird conservation plan, Région du Pacifique. USFWS, Migratory Birds and Habitat Programs, Région du Pacifique, Portland (Oregon). 262 p.

USFWS. 2005b. Pacific Islands – National Wildlife Refuges. Hawaiian and Pacific Islands National Wildlife Refuges. [disponible en anglais seulement, consulté en décembre 2005].

USFWS. 2005c. Short-tailed albatross draft recovery plan. U.S. Fish and Wildlife Service, Anchorage, Alaska. v + 62 p.

U.S. National Marine Fisheries Service. 2004. California Pelagic Longline Observer Program Cumulative Status Report October 2001 – February 2004. National Marine Fisheries Service, Southwest Region, rapport inédit.

Van Franeker, J.A., et A. Meijboom, 2002. Litter NSV, marine litter monitoring by Northern Fulmars: A pilot study. ALTERRA, Texel. 72 p.

Wahl, T.R., D.G. Ainley, A.H. Banadict et A.R. DeGange. 1989. Associations between seabirds and water-masses in the northern Pacific Ocean in Summer. Marine Biology 103:1-11.

Wahl, T.R., et D. Heinemann. 1979. Seabirds and fishing vessels: co-occurrence and attraction. Condor 81:390-396.

Wahl, T.R., K.H. Morgan et K. Vermeer. 1993. Seabird distribution off British Columbia and Washington. Pages 39 à 47, in K. Vermeer, K.T. Briggs, K.H. Morgan et D. Siegel-Causey (éds.). The Status, Ecology, and Conservation of Marine Birds of the North Pacific, publication spéciale du Service canadien de la faune, Ottawa.

Wake Forest University. 1999. Biology of the Tern Island albatrosses. [disponible en anglais seulement, consulté en janvier 2006].

Walker, C. 2003. 51-year-old albatross breaks N. American age record. National Geographic News, 17 avril 2003. 5 p.

Walsh, H.E., et S.V. Edwards. 2005. Conservation genetics and Pacific fisheries bycatch: mitochondrial differentiation and population assignment in black-footed albatrosses (Phoebastria nigripes). Conservation Genetics 6:289-295.

Warham, J. 1990. The Petrels: Their Ecology and Breeding Systems. Academic Press, London. vii + 440 p.

Weimerskirch, H., N. Brothers,, et P. Jouventin. 1997. Population dynamics of wandering albatross Diomedea exulans and Amsterdam albatross D. amsterdamensis in the Indian Ocean and their relationship with long-line fisheries: conservation implications. Biological Conservation 79:257-270.

Weimerskirch, H., et P. Jouventin. 1987. Population dynamics of the Wandering Albatross (Diomedia exulans) of the Crozet islands: causes and consequences of the population decline. Oikos 49:315-322.

Whittow, G. C. 1993. Black-footed Albatross (Diomedea nigripes).  In A. Poole et F. Gill (éds.). The Birds of North America, No. 65. The Academy of Natural Sciences, Philadelphia and The American Ornithologists’ Union, Washington, D.C. 16 p.

Wiese, F.K., et G.J. Robertson. 2004. Assessing seabird mortality from chronic oil spill discharges at sea. Journal of Wildlife Management 68(3):627-638.

Wiese, F.K., G.J. Robertson et A.J. Gaston. 2004. Impacts of chronic marine oil pollution and the murre hunt in Newfoundland on thick-billed murre Uria lomvia populations in the eastern Canadian Arctic. Biological Conservation 116:205-216.

Wiese, F.K., et J.L. Smith.  2003. Mortality estimates and population effects of Canadian Pacific longline fisheries on Black-footed Albatross (Phoebastria nigripes): national and international implications. In DFO-CWS National Working Group on Seabird Bycatch in Longline Fisheries. 2003. Status Report and Future Directions Towards the Development of a National Plan of Action for the Reduction of Incidental Catch of Seabirds in Domestic and Foreign Longline Fisheries in Canadian Waters. Canadian Technical Report of Fisheries and Aquatic Sciences 2471: 23-50.

Wigen, R.J. 2005. History of vertebrate fauna in Haida Gwaii. Pages 96 à 115 in D.W. Fedje et R.W. Mathewes (éds.). Haida Gwaii: Human History and Environment from the Time of Loon to the Time of the Iron People. UBC Press, Vancouver (Colombie-Britannique).

Yocum, C. 1947. Notes on behaviour and abundance of the Black-footed Albatrosses in the Pacific waters off the continental North American shores. Auk 64:507-523.

Yocum, C.F. 1964. Longevity record of a Black-footed Albatross. Condor 67:187-188.

Retournez à la table des matières

Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Louise Blight est titulaire d’une maîtrise en biologie de la Simon Fraser University et l’unique propriétaire de Procellaria Research and Consulting. À titre de biologiste de la faune, elle s’intéresse particulièrement à l’écologie de la reproduction et de l’alimentation des oiseaux de mer. Sa thèse portait sur l’écologie reproductive du Macareux rhinocéros dans l’île Triangle, en Colombie-Britannique. Madame Blight a travaillé à des projets de recherche et d’inventaire d’oiseaux de mer dans des colonies nicheuses et en mer au Canada, aux États-Unis, en Antarctique et dans l’océan Antarctique. Elle est actuellement spécialiste des espèces en péril au sein de l’Agence Parcs Canada. Elle a auparavant été employée et consultante pour d’autres organismes gouvernementaux et organisations non gouvernementales (ONG) de conservation et de gestion d’écosystèmes et de plusieurs espèces menacées et en voie de disparition. Parmi ses récents projets figurent l’élaboration d’un plan d’intervention en cas de déversement d’hydrocarbures visant les otaries de mer en Colombie-Britannique et la collaboration à la rédaction de programmes de rétablissement de plusieurs espèces. Elle travaille également avec John Cooper (voir ci-dessous) au rétablissement des oiseaux rares dans les écosystèmes du chêne de Garry.

Joanna Smith, titulaire d’une maîtrise en biologie de la University of Victoria, est actuellement candidate au doctorat à la University of Washington, à Seattle, aux États-Unis. Elle est propriétaire de Birdsmith Ecological Research, entreprise privée de consultation qui se spécialise dans l’étude et la conservation des oiseaux de mer et des écosystèmes insulaires. Depuis 1999, elle travaille avec le Service canadien de la faune à l’évaluation de la prise accessoire d’oiseaux de mer par les pêches à la palangre et au filet maillant sur la côte ouest du Canada. Joanna est l’une des membres fondatrices du Pacific Seabird Bycatch Working Group, que le gouvernement a créé pour établir les taux de prise accessoire, évaluer les espèces en péril, orienter les programmes d’observation des pêches et réduire les prises accessoires. Madame Smith a contribué à un rapport de situation canadien servant à l’établissement d’un plan d’action national et corédigé la première version du règlement visant l’utilisation obligatoire de mesures d’évitement des oiseaux de mer en Colombie-Britannique. Elle est membre du North Pacific Albatross Working Group, groupe international de chercheurs et de non-scientifiques qui se réunissent tous les ans pour discuter des progrès et des lacunes en matière de connaissances sur les espèces d’albatros. Elle étudie les oiseaux des zones tempérées et les écosystèmes insulaires dans le Pacifique Nord et Sud. Elle étudie actuellement l’écologie de l’alimentation des Pétrels de Juan Fernández au Chili.

John Cooper est un ornithologue réputé en Colombie-Britannique. Auteur de plus de 150 livres, articles universitaires, rapports techniques et articles de vulgarisation sur les oiseaux et d’autres espèces sauvages, M. Cooper est un partenaire fondateur de Manning, Cooper and Associates (MCA) Ltd, entreprise de consultation ayant 3 bureaux en Colombie-Britannique. MCA se spécialise dans l’étude de la biodiversité, la gestion de la biodiversité des forêts, l’élaboration de politiques et l’évaluation des effets sur l’environnement. Les gouvernements provincial et fédéral, l’industrie et les ONG le consultent régulièrement au sujet de la situation et de la conservation des oiseaux en Colombie-Britannique. M. Cooper est coauteur du guide The Birds of British Columbia. Il a contribué aux travaux du COSEPAC et à la conservation d’espèces en péril en corédigeant les rapports de situation du COSEPAC sur l’Autour des palombes (population de la Reine-Charlotte), l’Alouette hausse-col, la Chouette tachetée et le Pigeon à queue barrée. Il a élaboré des plans de gestion de la LEP visant le Faucon pèlerin de la sous-espèce pealei, le Pic de Lewis et le Petit-duc nain. Monsieur Cooper est également le rédacteur principal ou l’unique rédacteur de 12 rapports de situation sur des oiseaux en péril du gouvernement de la Colombie-Britannique. Il est un volontaire actif au sein de l’Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry, qui cherche à rétablir plusieurs oiseaux disparus ou rares dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique.

Retournez à la table des matières

Collections examinées

Royal BC Museum, Victoria (Colombie-Britannique), 675 Belleville Street, Victoria (Colombie-Britannique) Canada  V8W 9W2.

Retournez à la table des matières