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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Cimicaire élevée (Cimicifuga elata) au Canada

Habitat

Dans le Nord-Ouest des États-Unis, la cimicaire élevée a une aire assez vaste, en altitude comme en étendue. La couverture herbacée et arbustive de son habitat est de composition très diverse selon les régions. L’espèce pousse principalement dans des forêts mixtes humides à couvert plutôt dense, de douglas vert ou de thuyas et de pruches, à faible altitude, mais on la trouve aussi dans des forêts à couvert plutôt clair de sapins grandissimes (Abies grandis), en altitudes moyennes, dans le Sud-Ouest de l’Oregon. Elle fait généralement partie de sous-étages plutôt clairsemés, mais jamais comme espèce dominante. Son domaine d’altitude est compris entre 30 m et 1 600 m. Elle croît sur des pentes faibles ou fortes, de préférence orientées vers le nord, en sol humide, souvent alimenté par des rivières ou des ruisseaux.

Dans la vallée de la rivière Chilliwack, la cimicaire élevée pousse dans des forêts mixtes d’âge mûr (de 70 à 150 ans), ombragées et humides, composées de thuyas géants et de pruches, souvent au sein d’une communauté de type Thuja plicata-Polystichum munitum-Achlys triphylla. On la trouve aussi dans des forêts mixtes de douglas verts et d’érables à grandes feuilles (Acer macrophyllum) et dans des peuplements où les feuillus dominent. Elle est associée à l’érable à grandes feuilles (Acer macrophyllum) et, dans une moindre mesure, à l’aulne rouge (Alnus rubra). Les feuillus jouent un rôle extrêmement important dans son habitat, assurant un équilibre parfait d’ombre et de lumière, tout en retenant l’humidité. Parmi les espèces souvent associées à la cimicaire élevée, on trouve le Rubus parviflorus, l’Oplopanax horridus, l’Acer circinatum, le Dryopteris expansa, le Tolmeia menziesii, le Sambucus racemosa, le Circaea alpina et l’Asarum caudatum. Le terrain où pousse la cimicaire élevée présente généralement une pente de 15 à 35 degrés et une orientation nord, sud-ouest ou sud. L’espèce se trouve non seulement dans des forêts naturelles, mais aussi dans des peuplements aménagés. Elle a été observée dans des zones complètement déboisées et en bordure de routes, où la plante reçoit beaucoup plus de lumière et bénéficie de la perturbation récente du sol minéral, conditions qui non seulement donnent des sujets plus vigoureux, mais favorisent également l’établissement des semis. Les emprises routières et les coupes à blanc jouent le même rôle que les ouvertures naturelles du couvert forestier, qui semblent importantes pour la floraison, la maturation des fruits et la colonisation de nouveaux milieux par les semis. Toutefois, si ces milieux artificiels sont favorables à l’établissement de l’espèce, ils sont par la suite sources de perturbations défavorables à son recrutement, contrairement aux petites ouvertures naturelles du couvert forestier. Par exemple, les travaux d’entretien des bords de routes, comme le fauchage et la pulvérisation d’herbicides, peuvent réduire la production de graines chez les sujets établis et tuer les semis (Kaye et Kirkland, 1999). Les peuplements aménagés donnent lieu à la formation d’un autre milieu défavorable à la cimicaire élevée, à savoir la végétation broussailleuse dense qui succède à la coupe à blanc durant plusieurs années (Kaye et Kirkland, 1994). Cette étape de la succession fait disparaître l’espèce des régions où la coupe à blanc est pratiquée à grande échelle. Les travaux de terrain menés en 1997 par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique ont permis de constater que la cimicaire élevée est plus abondante dans les milieux où coexistent des forêts mixtes d’âge mûr, des peuplements de feuillus, de petites surfaces coupées à blanc et des routes que dans ceux où de vastes étendues ont été coupées à blanc. Au Washington comme en Colombie-Britannique, l’espèce pousse principalement dans des forêts de conifères ou mixtes, anciennes ou d’âge mûr, mais on la trouve aussi sur les bords de routes et à l’orée des forêts. On pensait autrefois que la cimicaire élevée était une espèce strictement d’ombre, inféodée aux forêts anciennes ou d’âge mûr, mais Kaye et Kirkland (1999) la décrivent maintenant comme une espèce s’adaptant à diverses conditions de lumière (Collins et al., 1985).