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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Cimicaire élevée (Cimicifuga elata) au Canada

Importance de l'espèce

La cimicaire élevée se trouve en Colombie-Britannique à la limite septentrionale de son aire géographique. Des chercheurs sont en train d’étudier des spécimens provenant de la Colombie-Britannique et du Nord-Ouest des États-Unis afin de déterminer si les populations canadiennes sont génétiquement distinctes de celles du centre de l’aire de répartition. Une étude semblable portant sur sept populations des États de Washington et de l’Oregon a révélé que la population la plus au sud de l’aire de répartition est génétiquement distincte de toutes les autres (Evans, 1993). La cimicaire élevée apparaît en petites populations parsemées, de sorte qu’elle est menacée à long terme par sa faible diversité génétique et la baisse de vigueur liée à l’autopollinisation. Evans (1993) a tenté d’élucider les répercussions de l’autopollinisation sur la diversité génétique des populations de l’espèce par une analyse de la variation des alloenzymes. Il a constaté que celle-ci n’est pas aussi faible que le laissaient supposer les principes de la génétique.

Comme plusieurs autres espèces du genre Cimicifuga dont on étudie le potentiel en pharmacologie (Shibataet al., 1980), le C. elata semble renfermer des principes actifs ayant des vertus médicinales. Cette espèce est considérée comme l’une des plantes médicinales les plus utiles de la flore du Nord-Ouest des États-Unis (Moore, 1993).  On l’emploie comme anti-inflammatoire, vasodilatateur, antispasmodique, sédatif et agent oestrogénique. L’espèce est aussi connue en horticulture; on peut se procurer des graines auprès de deux pépiniéristes, l’un à Salem, en Oregon, l’autre à Clinton, dans l’État de Washington.

Dans l’arbre phylogénétique, le genre Cimicifuga forme un groupe relativement primitif et isolé de la famille des Renonculacées (Pellmyr, 1985a). L’étude des interactions plantes-pollinisateurs chez les espèces de ce genre pourrait apporter un éclairage sur l’évolution des plus anciennes phanérogames herbacées. Le Cimicifuga elata faisait probablement déjà partie de la flore du Nord-Ouest au miocène, il y a de 7 à 26 millions d’années (Alverson, 1986). Il est l’une des quatre espèces américaines du genre Cimicifuga qui sont dépourvues de nectar (Pellmyr, 1985a). L’absence de nectar est une caractéristique ancestrale. L’ancêtre de ce sous-groupe était probablement semblable au C. elata, mais non géitonogame. L’autopollinisation et la pollinisation croisée sont toutes deux présentes chez le C. elata; toutefois, l’évolution semble plutôt tendre vers l’autopollinisation.