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Programme de rétablissement de l’érioderme boréal (Erioderma pedicellatum), population de l’Atlantique, au Canada

Rétablissement

2.1   Caractère réalisable du rétablissement

Le rétablissement de la population de l’Atlantique de l’érioderme boréal est considéré réalisable, mais les défis à relever sont énormes, et les résultats, incertains. La taille de cette population est extrêmement faible : seulement neuf sites, abritant au total 31 thalles, étaient connus en mars 2006 (Cameron et Neily, 2006). Un aussi faible effectif limite la possibilité de mener des études expérimentales pouvant donner des résultats probants. Comme chaque génération dure environ 30 ans, il est possible que les résultats des mesures de rétablissement n’apparaissent qu’à long terme. La pollution atmosphérique imputable aux centrales au charbon et aux grandes agglomérations urbaines du Midwest des États-Unis a probablement contribué de façon importante à la disparition de l’érioderme boréal au Nouveau-Brunswick (ministère des Ressources naturelles du Nouveau‑Brunswick, 2006). Les difficultés liées à la réduction de la pollution atmosphérique, en particulier celle venant de l’étranger, ne sont pas faciles à surmonter.

La pollution atmosphérique et les pratiques forestières constituent les principales menaces à la survie de l’érioderme boréal. Cependant, si de nouveaux sites sont découverts, dépendant de leur emplacement et de leur situation, il pourrait s’avérer nécessaire de prendre des mesures concrètes pour atténuer les menaces secondaires décrites dans la section 1.3, notamment l’herbivorie et l’aménagement des terrains.  Les ouragans, les incendies de forêt et les périodes de sécheresse peuvent avoir sur l’érioderme boréal un impact soudain et irréversible. Il est difficile également de prévoir les explosions démographiques d’espèces nuisibles qui entraineraient l’exposition de l’érioderme boréal à des pesticides ou des herbicides chimiques néfastes.

Il est possible de résoudre certaines des difficultés que pose le rétablissement de l’érioderme boréal. Un algorithme de prédiction de l’habitat potentiel de l’espèce fondé sur une analyse qualitative grossière est en cours de perfectionnement. L’algorithme de SIG a permis de localiser, en Nouvelle-Écosse, quelque 188 000 ha qui pourraient constituer de l’habitat convenable (Cameron et Neily, 2006). Huit des sites connus ont été découverts depuis 2004 grâce à ce type de cartographie (Cameron, 2004); il est donc possible que d’autres sites soient découverts lors de nouveaux relevés de ces habitats et grâce au perfectionnement de l’algorithme prédictif. Deux des sites connus comportent à la fois des thalles jeunes et des thalles matures, ce qui indique que l’espèce se reproduit (Cameron et Neily, 2006).

La pollution atmosphérique et les pratiques d’aménagement forestier constituent les plus importantes menaces pour l’érioderme boréal. Le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote et les autres polluants atmosphériques sont préjudiciables à la santé de nombreuses autres espèces, y compris l’humain, ce qui a beaucoup contribué à sensibiliser le public à ce problème. L’érioderme boréal bénéficie des campagnes de prévention de la pollution ainsi que des technologies industrielles visant à réduire les émissions. Pour sa part, l’industrie forestière a déjà montré de l’intérêt pour la protection de ce lichen, et ses commentaires permettront d’élaborer des recommandations relatives aux pratiques forestières utilisées à proximité des habitats de l’érioderme boréal et des sites potentiels non occupés par l’espèce.

La réalisation de recherches en collaboration avec les responsables de la population boréale devraient permettre de combler certaines lacunes sur le plan des connaissances relatives à l’espèce et d’accroître ainsi la capacité décisionnelle pour la gestion de la population de l’Atlantique. Les efforts de rétablissement de l’érioderme boréal sont rarement invasifs ou perturbants pour l’espèce et ont peu d’impact sur le milieu environnant. Si les effets des précipitations acides et de la pollution atmosphérique et la menace qu’ils présentent pour l’érioderme boréal s’atténuent, ou du moins n’augmentent pas de façon trop importante, le rétablissement de la population de l’Atlantique est envisageable.

2.2   But du rétablissement

Le but du présent programme de rétablissement est d’arriver à ce que la population de l’Atlantique de l’érioderme boréal soit autosuffisante et ce, sans réduction de son aire de répartition actuelle. Cependant, faute de données, il est actuellement impossible de déterminer quel serait l’effectif d’une population autosuffisante.

2.3   Objectifs du rétablissement 

Les objectifs à court terme du programme de rétablissement de l’érioderme boréal, population de l’Atlantique, de 2006 à 2011 sont de :

1)     maintenir les thalles et leur habitat dans chacun des sites connus de l’espèce (à l’heure actuelle, neuf sites comptant au total 31 thalles);

2)     atténuer les menaces pesant sur l’espèce;

3)    entreprendre des recherches visant à combler les lacunes qui subsistent dans les connaissances sur l’érioderme boréal et à améliorer la désignation de l’habitat essentiel de l’espèce.

2.4   Stratégies générales pour l’atteinte des objectifs du rétablissement

Les stratégies de rétablissement exposées dans la présente section (tableau 1) faciliteront l’atteinte des objectifs du rétablissement. Ces stratégies se répartissent en cinq catégories : recherche, suivi, gestion, éducation et intendance. Afin de permettre l’évaluation des progrès accomplis, des buts à court terme ont été fixés; ils sont énoncés dans la conclusion des sections 2.4.1 à 2.4.5, sous le titre « Résultats et réalisations attendus d’ici 2011 ». Un plan d’action associé au présent programme de rétablissement comportera un calendrier détaillé des mesures à prendre, par ordre de priorité (section 2.8).

 

Tableau 1. Sommaire des approches de rétablissement de l’érioderme boréal, population de l’Atlantique
PrioritéaApproches et stratégies généralesObjectifsÉtapes généralesEffets
 RECHERCHE   
Urgent·         Déterminer le cycle biologique, le taux de croissance, les caractéristiques biologiques, la diversité génétique, la dynamique des populations et la taille minimale d’une population viable3

·         Collaborer avec les chercheurs étudiant la population boréale

·         Planifier des études expérimentales et établir leur ordre de priorité

Augmentation des connaissances de base permettant d’orienter les mesures de rétablissement et les décisions de gestion
Urgent·         Désigner l’habitat essentiel1, 3

·         Cartographier l’habitat convenable en vue d’y chercher d’autres sites

·         Désigner l’habitat essentiel

Amélioration des capacités de protection et d’accroissement de l’habitat
Nécessaire·         Localiser les sources de pollution atmosphérique et déterminer la sensibilité de l’espèce aux différents polluants2·         Consulter les responsables des programmes fédéraux et provinciaux de suivi afin de repérer les sources ponctuelles de pollutionOrientation des mesures de gestion et de rétablissement
Secondaire·         Déterminer les pratiques permettant d’atténuer les perturbations humaines dans l’habitat de l’espèce3

·         Modéliser la répartition historique, actuelle et potentielle de l’espèce en fonction des facteurs climatiques et des particularités des sites

·         Interpréter ou reconstituer les tendances historiques de l’acidification

Orientation des mesures de rétablissement et d’amélioration
Secondaire·         Examiner les moyens qui permettraient d’accroître l’effectif et l’habitat de la population3

·         Consulter les travaux les plus récents sur la transplantation de thalles

·         Déterminer si la transplantation est réalisable dans le cas de la population de l’Atlantique

·         Étudier d’autres possibilités

Possibilité d’accroître l’effectif de la population et d’étendre le territoire qu’elle occupe
 SUIVI   
Urgent·         Effectuer le suivi des sites actuelsTous·         Mettre au point des outils et des techniques de suivi à long terme fiables et reproductibles en vue de la localisation, du suivi et de l’évaluation des sitesÉvaluation et orientation des mesures de rétablissement
Urgent·         Effectuer le suivi des menacesTous·         Examiner la possibilité d’utiliser les résultats du suivi des menaces effectué par d’autres chercheurs ou par les ministèresÉvaluation et orientation des mesures de rétablissement
Secondaire·         Effectuer le suivi des caractéristiques de l’habitatTous·         Mettre au point des outils et des techniques de suivi permettant d’évaluer les paramètres de l’habitat dans les différents sites, notamment l’humidité, la composition et la structure d’âge de la forêt, et à l’échelle du paysage, effectuer le suivi des changements survenant dans la composition et la structure d’âge des sapinièresÉvaluation et d’orientation des mesures de rétablissement
 GESTION   
Urgent·         Gérer l’habitat de l’érioderme boréal à l’échelle du paysageTous

·         Localiser les sites de l’espèce

·         Communiquer avec les propriétaires fonciers des sites actuels

Contribution au maintien de la répartition actuelle
Secondaire·         Examiner les pratiques d’aménagement forestier quant à leur incidence sur le rétablissement de l’érioderme boréalTous

·         Faire une recherche documentaire et examiner les pratiques de gestion optimales à l’égard de l’érioderme boréal

·         Communiquer avec les intervenants afin de définir des pratiques forestières réalisables et de formuler des recommandations pour les territoires entourant les sites actuels et les habitats potentiels

Contribution au maintien des sites actuels et des sites futurs potentiels
 ÉDUCATION   
Nécessaire·         Fournir du matériel éducatif de qualitéTous

·         Évaluer les documents actuels d’information sur l’érioderme boréal

·         Réimprimer les documents actuels et préparer du nouveau matériel de communication, selon les besoins

·         Créer un site Web

·         Diffuser les documents d’information

Amélioration de l’Image de l’érioderme boréal auprès du grand public
Nécessaire·         Rehausser l’image de l’érioderme boréal auprès des responsables des programmes de lutte contre la pollution2·         Fournir aux organisateurs de campagnes de lutte contre la pollution atmosphérique de l’information sur l’érioderme boréal afin qu’ils puissent utiliser l’espèce pour illustrer les conséquences de la pollution atmosphériqueContribution indirecte à la lutte contre la pollution atmosphérique
 INTENDANCE   
Nécessaire·         Encourager les relations de coopération avec les propriétaires fonciers, les forestiers, les industries et les bénévolesTous

·         Préparer un atelier de formation sur l’identification du lichen

·         Élaborer un modèle d’accord d’intendance volontaire

Augmentation des efforts de rétablissement au‑delà de ceux des chercheurs

a Définition des niveaux de priorité : urgent = mesure prioritaire, sans laquelle la population est vouée au déclin; nécessaire = mesure nécessaire à l’évaluation et à l’orientation des efforts de rétablissement; secondaire = mesure utile si les mesures urgentes ont déjà été entreprises.

 

2.4.1.    Recherche

Mesures achevées ou en cours

Cartographie de l’habitat convenable

Le modèle de prédiction de l’habitat de l’érioderme boréal utilisé par Robert Cameron (comm. pers., 2006) a permis de délimiter en Nouvelle-Écosse quelque 188 000 ha d’habitat répartis entre 24 000 sites. Ce modèle, fondé sur une analyse grossière, est en cours de perfectionnement et de validation. Une méthode permettant de mieux distinguer les peuplements de sapin baumier des peuplements d’épinette noire sur les photographies aériennes est en voie d’élaboration et devrait accroître le pouvoir prédictif de l’algorithme (R. Cameron, comm. pers., 2006). Les sociétés papetières Stora Enso North America et Bowater Mersey Paper Company ont intégré l’algorithme à leurs stratégies de planification (R. Cameron, comm. pers., 2005).

Recherches sur la qualité de l’air

Le Department of Environment and Labour de la Nouvelle‑Écosse est en train d’élaborer un cadre de gestion des bassins atmosphériques. La première étape de ce projet consiste à recueillir les données nécessaires (il faut localiser, évaluer et caractériser les sources ponctuelles d’émission) et à déterminer les lacunes à combler en la matière. Les données recueillies serviront ensuite à la modélisation des bassins atmosphériques.

Une fois que les principales variables (types de polluants, concentrations, etc.) auront été déterminées et que leur importance en regard des exigences écologiques de l’érioderme boréal aura été évaluée, les modèles des bassins atmosphériques pourront donner une indication quant aux bassins les plus favorables à la survie du lichen. Le Department of Environment and Labour de la Nouvelle-Écosse a également mené un programme de suivi de la qualité de l’air pour les lichens en utilisant des placettes d’échantillonnage permanentes. Ce projet permettra de mesurer les effets de la pollution atmosphérique sur les lichens et permettra peut‑être de cerner les secteurs défavorables à l’érioderme boréal.

Mesures à entreprendre

Déterminer le cycle biologique, le taux de croissance, les caractéristiques biologiques, la diversité génétique, la dynamique de la population et la taille minimale d’une population viable

Vu le nombre peu élevé de sites connus et de thalles recensés chez la population de l’Atlantique, il est peu probable qu’on puisse en extraire suffisamment de données pour déterminer le cycle biologique, le taux de croissance, les caractéristiques biologiques, la diversité génétique, la dynamique de la population et la taille minimale d’une population viable. Les efforts de recherches concertés avec les personnes et organismes qui étudient la population boréale, à Terre‑Neuve‑et‑Labrador renforceraient la validité de ces études. La taille de la population boréale à Terre-Neuve-et-Labrador se prête à des études qui pourraient permettre d’apporter des réponses à plusieurs questions qui se posent à l’échelle de la population.

Les recherches menées conjointement à Terre‑Neuve‑et‑Labrador et en Nouvelle‑Écosse devront notamment porter en priorité sur les sujets suivants : évaluation des relations génétiques existant entre les populations boréale et de l’Atlantique; capacité de dispersion; âge de la maturité; longévité du stade reproducteur; taux de croissance; survie des classes d’individus matures; taille minimale d’une population viable; besoins en matière d’habitat à tous les stades de développement; répercussions éventuelles de la dynamique de petite population; faisabilité de la reproduction ex situ et d’un programme de transplantation; importance des Frullania; types de substrats et caractéristiques de la formation initiale du thalle.

Désigner l’habitat essentiel

Il est nécessaire de poursuivre les recherches et les évaluations afin de déterminer dans quelle mesure les besoins biologiques de l’espèce limitent son potentiel de rétablissement et à quelle échelle il convient d’intervenir pour assurer la protection de son habitat occupé et inoccupé. Lorsque les questions relatives à l’étendue de l’habitat nécessaire au rétablissement de l’espèce seront résolues et clarifiées, on pourra procéder à une analyse à l’échelle du paysage ou de la province (de type SIG, par exemple) afin de mieux saisir les caractères qualitatifs et quantitatifs de l’habitat essentiel. Il est indispensable de désigner l’habitat essentiel pour avoir une meilleure compréhension des besoins en matière d’habitat de l’érioderme boréal et pouvoir mettre en vigueur les mécanismes de protection prévus par la Loi sur les espèces en péril. On trouvera dans la section 2.5 toute l’information concernant la désignation de l’habitat essentiel.

Localiser les sources de pollution atmosphérique et déterminer la sensibilité de l’espèce aux différents polluants

Il est important de déterminer à quels types de polluants et à quelles concentrations de ces polluants l’espèce est sensible, et dans quelles conditions (moment de l’exposition, durée d’exposition, stade de développement au moment de l’exposition, etc.) ces polluants représentent la plus grande menace. Le suivi de la qualité de l’air dans les secteurs où des différences d’abondance ont été enregistrées et dans les secteurs voisins permettra de recueillir des données révélatrices à cet égard. Après avoir déterminé les sources ponctuelles de pollution et les avoir associées aux conditions atmosphériques, il sera possible d’étudier l’impact de ces sources sur la répartition et la survie de l’érioderme boréal. Il serait peut‑être aussi utile de comparer les niveaux historiques de pollution en Nouvelle‑Écosse et au Nouveau‑Brunswick en fonction de l’évolution de l’aire de répartition de l’érioderme boréal.

Déterminer les pratiques permettant d’atténuer les perturbations humaines dans l’habitat de l’érioderme boréal

Il faudra effectuer le suivi des sites occupés par l’érioderme boréal afin de déterminer les effets des pratiques forestières passées et actuelles sur l’espèce et sur son habitat. Dans le cadre des recherches visant à déterminer l’habitat essentiel de l’érioderme boréal, il faudra également préciser la dimension du territoire à protéger autour des sites de l’espèce. De plus, une dimension optimale devra être définie et recommandée dans les accords d’intendance; il est probable que celle‑ci sera plus grande que celle de la zone tampon incluse dans l’habitat essentiel (et protégée en vertu de la loi). Cette recommandation vise à accroître le potentiel de rétablissement de l’espèce et à permettre un suivi des peuplements adjacents quant à une colonisation par le lichen. Il faudra également préciser la tolérance de l’érioderme boréal aux éclaircies ou coupes sélectives, les pratiques forestières susceptibles de réduire les risques de chablis ainsi que les exigences en ce qui concerne l’aménagement de chemins dans le voisinage de l’habitat essentiel.

Recherche de moyens pour accroître les populations et l’habitat 

Pour réétablir l’espèce dans l’habitat qu’elle occupait autrefois, il faudra peut-être effectuer des transplantations. Il n’est pas recommandé d’utiliser comme source de matériel à transplanter la population de l’Atlantique, en raison de sa trop petite taille, mais la possibilité de faire des essais de transplantation à partir de la population boréale pourrait être examinée. Une fois que les techniques de transplantation auront été éprouvées à Terre-Neuve, on pourra envisager de transplanter des individus de la population de l’Atlantique. Il faudra discuter plus avant de la transplantation et de son rôle pour la population de l’Atlantique. On pourrait également mettre à profit d’autres caractéristiques de l’habitat de l’érioderme boréal, par exemple en transplantant des hépatiques du genre Frullania. 

Résultats et réalisations attendus d’ici 2011 

·       Les résultats des recherches ont été inclus dans un programme de rétablissement mis à jour, ce qui devrait donner un aperçu du potentiel de remettre en état l’érioderme boréal et son habitat.

·       Les polluants les plus menaçants pour l’espèce ont été déterminés.

·       Les recherches qu’il reste à faire sont énumérées par ordre de priorité dans le plan d’action (voir la section 2.8).

·       L’habitat essentiel est défini de façon plus précise.

·       Les lignes directrices visant la protection volontaire de l’habitat de l’érioderme boréal sont formulées (en vue d’accords d’intendance de l’habitat).

·       Les paramètres de l’habitat de l’érioderme boréal dont la connaissance est nécessaire pour repérer les sites inoccupés situés dans de l’habitat potentiel.

·       Cinq sites inoccupés situés dans de l’habitat convenable à l’érioderme boréal ont été repérés en vue de conclure avec les propriétaires fonciers des accords volontaires dans le but de protéger l’habitat potentiel de l’espèce.

2.4.2.    Suivi

Mesures à entreprendre

Effectuer le suivi des sites occupés

Au fur et à mesure que les sites de l’érioderme boréal seront repérés, il faudra y exercer un suivi continu afin d’évaluer le succès des efforts de rétablissement et de recueillir des données pour soutenir la recherche. Le suivi permettra d’évaluer la situation générale des thalles, les caractéristiques de l’habitat et les menaces apparentes (voir ci-dessous). Le suivi de la santé et de la succession des thalles et des colonies de même que des conditions à long terme de l’habitat devrait également apporter certaines réponses aux chercheurs. Les méthodes de suivi seront établies après l’examen des protocoles des programmes existants, tels que le Réseau d’évaluation et de surveillance écologiques (RESE) d’Environnement Canada.

Effectuer le suivi des menaces

Les données sur la pollution atmosphérique, les dépôts acides et les phénomènes météorologiques sont disponibles auprès des ministères fédéral et provinciaux de l’Environnement, elles doivent être rassemblées et interprétées en fonction de leur incidence sur le rétablissement de l’érioderme boréal. Il faut en outre effectuer un suivi de la qualité de l’air en ciblant les secteurs abritant les sites de l’espèce. Les autres menaces (activités forestières, gastropodes herbivores, etc.) devront également faire l’objet d’un suivi direct.

Effectuer le suivi des caractéristiques de l’habitat

Il faut effectuer le suivi des paramètres du microhabitat, tels que l’humidité, la composition de la forêt, sa structure d’âge, les espèces indicatrices et les herbivores, dans les sites occupés de l’érioderme boréal afin de pouvoir mieux définir ce dont l’espèce a besoin pour survivre. Il serait également utile d’observer ces paramètres dans les sites inoccupés et de les comparer à ceux observés dans les sites occupés, pour comprendre les préférences en matière d’habitat tout au long du cycle biologique du lichen et pour pouvoir prédire, par modélisation, la capacité d’un site donné à abriter l’espèce à long terme. Ce type d’analyse permettra peut-être de déterminer, par exemple, si l’érioderme boréal se rencontre dans des forêts équiennes où les événements déclenchant la croissance d’un nouveau peuplement sont fréquents, ou s’il préfère les forêts inéquiennes où les perturbations sont rares. Les données enregistrées dans les placettes d’échantillonnage permanentes gérées par le Department of Natural Resources de la Nouvelle-Écosse depuis 1965 peuvent peut‑être renseigner quant à l’incidence de la qualité de l’air sur l’abondance et la répartition de l’érioderme boréal. 

Résultats et réalisations attendus d’ici 2011

·       Le programme de suivi de l’érioderme boréal est en place, et les données sur l’abondance et la répartition de l’espèce sont saisies dans la base de données du Centre de données sur la conservation du Canada atlantique.

·       Une méthode d’archivage des données recueillies sur les menaces à la survie et sur l’habitat de l’espèce a été mise au point.

2.4.3.    Gestion

Mesures achevées ou en cours

Conservation et gestion

Des travaux sont en cours qui permettront de préciser les effets de la pollution et de l’aménagement forestier sur les cyanolichens (Richardson et Cameron, 2004). Les stratégies de gestion considérées comprennent le renforcement de la capacité de dispersion des propagules, la transplantation, l’atténuation des effets des précipitations acides et la modification des pratiques forestières (Richardson et Cameron, 2004).

Direction du rétablissement 

En septembre 2004, une réunion organisationnelle a été tenue dans le but de former une équipe de rétablissement de l’érioderme boréal, population de l’Atlantique. L’équipe est constituée de représentants de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau‑Brunswick, d’universitaires et d’experts en matière de lichens, et d’autres personnes continuent de se joindre à l’équipe afin que toutes les parties intéressées soient représentées. La direction est actuellement assurée par la Nouvelle‑Écosse. Dans le cas peu probable où l’érioderme boréal serait redécouvert au Nouveau-Brunswick, les membres de l’équipe seraient prêts à déployer leurs efforts dans cette province. L’équipe de rétablissement coordonne également un programme de suivi de la situation des cyanolichens en Nouvelle-Écosse.

Mesures à entreprendre

Gérer l’érioderme boréal à l’échelle du paysage

Les décisions concernant la gestion de l’érioderme boréal seront fondées sur deux facteurs : la protection des sites occupés et la protection d’un réseau de sites inoccupés qui, étant donné leurs caractéristiques écologiques, leur végétation et leur conformité aux prédictions des algorithmes, pourraient être propices à l’érioderme boréal. Ces derniers sites pourraient servir à l’introduction ou au rétablissement de l’espèce dans l’éventualité où les sites connus seraient gravement menacés. Ils pourraient être protégés par des accords d’intendance.

La cartographie de l’habitat convenable permettra probablement de découvrir d’autres sites d’érioderme boréal et de leur assurer une protection, soit juridique, soit par voie d’intendance. La communication avec les propriétaires fonciers pour leur proposer des projets d’intendance est aussi importante que les mesures légales pour la protection de l’habitat. L’expérience et les connaissances des propriétaires fonciers sont essentielles à la prise de décisions de gestion. 

Examiner les pratiques forestières quant à leur incidence sur le rétablissement de l’érioderme boréal 

L’érioderme boréal étant un lichen corticole, les pratiques d’aménagement forestier sont importantes pour le rétablissement de l’espèce. Une recherche documentaire et l’examen des pratiques forestières les plus favorables à l’érioderme boréal fourniront la matière première des discussions avec les forestiers quant à leur contribution possible au rétablissement de l’espèce. L’information publiée sur les effets des dépôts acides et des pratiques d’aménagement sur la santé et la productivité des forêts est également très utile pour comprendre la dynamique de l’habitat de l’érioderme boréal. Il faudra définir les pratiques forestières optimales dans les territoires situés à proximité des sites d’érioderme boréal et dans les sites potentiels inoccupés, et à maintenir le sapin baumier à l’échelle du paysage. Ces pratiques devraient être exposées dans les accords volontaires d’intendance. 

Résultats ou réalisations attendus d’ici 2011

·       Un total de 250 lieux ont été repérés (à l’aide de l’algorithme de cartographie) comme habitat potentiel de l’érioderme boréal et feront ensuite l’objet de relevés visant à découvrir de nouveaux sites de l’espèce.

·       Les pratiques optimales d’aménagement forestier ont été élaborées pour les sites de l’espèce et les secteurs environnants de même que pour l’habitat potentiel inoccupé.

2.4.4.    Éducation

Mesures achevées ou en cours

Renforcement des capacités

En 2002-2003, le Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril du gouvernement du Canada a octroyé au Department of Natural Resources de la Nouvelle-Écosse un financement en vue du projet Building Stewardship Capacity for the Boreal Felt Lichen (Erioderma pedicellatum) in Atlantic Canada. Ce projet comprenait la tenue d’un atelier de deux jours ainsi que la préparation et la distribution d’un dépliant et d’une fiche d’identification sur l’érioderme boréal. Il a permis de jeter les bases des premières étapes vers le rétablissement de l’érioderme boréal (MacGregor et al., 2003).

Atelier d’identification

En 2004, à la demande de la société Stora Enso-North America, Robert Cameron, du Department of Environment and Labour de la Nouvelle‑Écosse, a organisé un atelier sur l’érioderme boréal afin d’expliquer comment identifier l’espèce et reconnaître son habitat. Il serait utile de tenir d’autres ateliers, surtout à l’intention de sociétés forestières.

Mesures à entreprendre

Préparation de matériel éducatif de qualité

Un dépliant et une fiche d’identification (créés dans le cadre du projet Building Stewardship Capacity for the Boreal Felt Lichen (Erioderma pedicellatum) in Atlantic Canada) sont les seuls documents d’information sur l’érioderme boréal actuellement offerts au public. Ces documents renferment de l’information générale sur l’espèce et décrivent ses caractères distinctifs. Il faudra les examiner pour voir s’il y a des modifications à leur apporter et, le cas échéant, ils devront être réimprimés. Il faudra préparer la documentation nécessaire pour appuyer les activités d’intendance : exposés, documents d’identification, etc., et créer un site Web. L’érioderme boréal ne possède pas un grand pouvoir de fascination, et il demeure peu connu; il est possible cependant qu’une bonne documentation suscite l’intérêt de l’industrie, des forestiers, des étudiants et des naturalistes et poussent ceux‑ci à rechercher ce lichen.

Rehausser l’image de l’espèce auprès des responsables des programmes de lutte contre la pollution 

Une réduction des concentrations atmosphériques de polluants comme le dioxyde de soufre et les oxydes d’azote serait bénéfique pour l’érioderme boréal. Cependant, il ne serait pas raisonnable de lancer une campagne intensive de réduction des émissions des sources locales et transfrontalières de pollution pour l’érioderme boréal. Il serait plus judicieux de faire connaître l’espèce aux responsables des programmes de lutte contre la pollution afin qu’ils puissent se servir de cet exemple pour appuyer leur campagne.

Résultats ou réalisations attendus d’ici 2011

·       Création de nouveaux documents d’information sur l’érioderme boréal ou modification des documents existants.

·       Création d’un site Web sur l’érioderme boréal donnant de l’information générale sur l’espèce, les caractéristiques permettant de l’identifier, les possibilités d’intendance de son habitat et un sommaire des mesures prévues pour son rétablissement.

·       Communication d’information sur l’érioderme boréal aux responsables d’au moins quatre programmes de lutte contre la pollution.

2.4.5.    Intendance

Mesures achevées ou en cours

Les sociétés papetières Stora Enso-North America et Bowater Mersey Paper Company ont intégré à leurs stratégies de planification l’algorithme servant à cartographier l’habitat convenable de l’érioderme boréal. Cette coopération pour la recherche de nouveaux sites de l’espèce a permis d’améliorer le pouvoir prédictif de l’algorithme.

Mesures à entreprendre

Encourager les relations de coopération avec les propriétaires fonciers, les forestiers, l’industrie et les bénévoles

Un nouvel atelier d’identification de l’érioderme boréal sera organisé. Cette formation permettra aux participants de reconnaître l’habitat potentiel, d’y rechercher le lichen et de l’identifier. Les participants auront l’occasion de mettre en pratique leurs connaissances nouvellement acquises, ce qui les préparera à participer aux activités de suivi mentionnées précédemment.

L’intendance est un élément capital pour le rétablissement de toute espèce en péril qui utilise un habitat situé sur des terres privées. Un modèle d’accord d’intendance sera élaboré pour l’érioderme boréal. L’accord doit préciser le territoire que l’intendant accepte de protéger, recommander les pratiques optimales de gestion devant être utilisées par l’intendant et décrire les activités que l’intendant doit éviter dans le territoire pour permettre le rétablissement du lichen. Parmi les intendants se trouveront les propriétaires fonciers des sites occupés et des sites potentiels inoccupés. Les accords seront volontaires, et les conditions seront souples.

Les projets d’éducation et d’intendance sont étroitement liés. Il est probable que les activités d’éducation décrites précédemment vont encourager les citoyens intéressés à prendre des mesures pour soutenir les efforts de rétablissement, en recherchant l’érioderme boréal, en réduisant leur contribution à la pollution atmosphérique ou simplement en faisant connaître le lichen à leur entourage.

Résultats ou réalisations attendus d’ici 2011

·       Les accords d’intendance volontaire à conclure avec les propriétaires fonciers des habitats occupés et inoccupés d’érioderme boréal sont préparés.

·       Des ateliers d’identification de l’érioderme boréal sont tenus sur demande pour les bénévoles, les propriétaires fonciers et les forestiers.

·       Un programme d’intendance est en place pour faire connaître l’importance du lichen et garantir que tous les intervenants ont accès à l’information nécessaire.

2.5   Habitat essentiel

2.5.1.    Désignation de l’habitat essentiel de l’érioderme boréal

La cartographie de l’habitat convenable donne des preuves convaincantes que de nouveaux sites de la population de l’Atlantique seront découverts. Il faut déterminer la taille et la répartition actuelles de la population de l’Atlantique avant de pouvoir décrire adéquatement son habitat essentiel. Il faut également étudier plus avant les attributs physiques et écologiques de l’habitat de l’espèce en Nouvelle-Écosse. Ceci dit, dans le présent document, nous décrivons l’habitat essentiel, dans la mesure du possible, en se fondant sur la meilleure information disponible, y compris les emplacements des neufs sites connus.

Description de l’habitat essentiel

Les sites actuels de l’érioderme boréal ont en commun les caractéristiques d’habitat suivantes :

·       ils se trouvent à moins de 25 km du littoral, à une altitude d’au plus 300 m au‑dessus du niveau de la mer;

·       ils se situent dans des habitats forestiers où le couvert est à la fois bas et clairsemé en raison de la dynamique naturelle de la forêt;

·       ils se trouvent le plus souvent dans des peuplements de sapin baumier, sur le côté exposé au nord de troncs d’arbres ayant atteint ou dépassé le stade de la maturité;

·       l’habitat est frais et humide, et ces conditions demeurent relativement constantes tout au long de l’année;

·       la forêt environnante assure l’intégrité des sites, leur capacité de rétention de l’humidité, une protection contre les phénomènes climatiques susceptibles de provoquer des chablis et une certaine protection contre la pollution atmosphérique;

·       ils sont souvent situés sur une pente ou au pied d’une pente exposée au nord ou au nord‑est.

Désignation des sites d’habitat essentiel

La Loi sur les espèces en péril définit l’habitat essentiel comme étant « l'habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d'une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d'action élaboré à l'égard de l'espèce ». Les conséquences de la désignation de l’habitat essentiel sont décrites dans l’annexe B.

En vertu de l’Endangered Species Act de la Nouvelle‑Écosse (NSESA), la Province de la Nouvelle-Écosse peut désigner « l’habitat important » (core habitat); celui-ci est défini par la loi comme « des territoires spécifiques d’habitat qui sont essentiels à la survie à long terme et au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite comme espèce en péril (endangered) ou menacée (threatened) » [traduction]. Le processus provincial de désignation de l’habitat important n’est pas encore élaboré, car à ce jour on a plutôt eu recours aux moyens existants et éprouvés de protection de l’habitat. On ne sait pas encore exactement comment s’agenceront la désignation de l’habitat essentiel en vertu de la LEP et la désignation de « l’habitat important » en vertu de la NSESA. 

En mars 2006, neuf sites occupés par l’érioderme boréal ont été répertoriés, dont huit étaient inconnus au moment de l’évaluation de la situation de l’espèce par le COSEPAC, en 2002. Ces neuf sites se trouvent tous à moins de 60 km les uns des autres, dans l’est du comté de Halifax, en Nouvelle‑Écosse (Cameron et Neily, 2006). Huit d’entre eux sont situés sur des terres provinciales, l’autre se trouve sur une terre privée. La figure 2 montre la position approximative des sites connus de l’érioderme boréal. Les coordonnées exactes des sites et la description de leur position se trouvent dans l’annexe C; celle‑ci a été retirée du document accessible au public afin de protéger l’espèce et son habitat.

Certains renseignements d’origine non scientifique suggèrent que la forêt autour des sites d’érioderme boréal joue un rôle important dans le maintien du microclimat nécessaire à l’espèce. Ce territoire entourant les sites d’érioderme boréal est également désigné comme habitat essentiel. Il est difficile de préciser quelle doit être la dimension de cette zone tampon, car elle peut varier d’un site à l’autre selon le relief du terrain, l’état de la forêt, l’âge et la vigueur des arbres ainsi que les propriétés du sol, notamment le drainage, la teneur en eau et la texture.

En 1998, Robertson a recommandé d’allouer une zone tampon d’au moins 20 m pour la population boréale (Terre‑Neuve) de l’érioderme boréal (Robertson, 1998). Le plan de gestion de la population boréale (Department of Environment and Conservation de Terre‑Neuve‑et‑Labrador, 2006) renferme des lignes directrices sur lesquelles les forestiers peuvent se guider dans les cas particuliers non visés par des mesures précises de gestion de l’espèce. Il est recommandé de respecter une zone tampon de 100 m autour des grandes sites (10 thalles ou plus) d’érioderme boréal et de 30 m autour de plus petits sites (moins de 10 thalles). Des études récentes sur d’autres groupes de lichens (fruticuleux) indiquent que l’effet de lisière créé par une coupe forestière peut se faire sentir jusqu’à 50 m à l’intérieur de la forêt (Esseen et Renhorn, 1998; Rheault et al., 2003).

À la lumière de ces résultats et conformément aux recommandations de l’équipe de rétablissement, il a été déterminé que l’habitat essentiel de l’érioderme boréal doit comprendre une zone tampon de 100 m de largeur autour de chaque site occupé. Les futures études visant à définir les exigences biologiques de l’érioderme boréal et à déterminer l’échelle appropriée des mesures de protection de l’espèce permettront de vérifier si cette zone tampon de 100 m est suffisante. Le calendrier des études pour l’habitat essentiel incluera des études visant à déterminer l’importance de la présence rapprochée de peuplements de sapin baumier pour la reproduction de l’érioderme boréal.

Si d’autres sites d’érioderme boréal sont découverts, l’équipe de rétablissement recommandera qu’ils soient désignés comme habitat essentiel. Si un site cesse d’être occupé par l’érioderme boréal, le territoire sera réévalué afin de déterminer s’il faut encore le considérer comme de l’habitat essentiel.

Cette désignation de l’habitat essentiel, bien qu’incomplète, offre une protection des sites connus d’érioderme boréal de la population de l’Atlantique. Les résultats des études recommandées dans le calendrier des études (section 2.5.3) permettront de d’améliorer cette définition en la rendant plus complète et plus précise, et ces résultats seront intégrés dans un plan d’action (voir la section 2.8).

2.5.2.    Exemples d’activités susceptibles de détruire l’habitat essentiel

L’érioderme boréal est une espèce très peu visible et très difficile à identifier; il est probable que son habitat possède une combinaison de caractéristiques physiques ou fonctionnelles qui demeurent mal comprises ou inconnues. Cela dit, selon la politique fédérale en la matière (Environnement Canada, 2004b), une activité est jugée préjudiciable à l’habitat essentiel lorsqu’elle modifie les conditions d’un territoire désigné comme l’habitat essentiel au point de compromettre la capacité de ce territoire à contribuer à la survie ou au rétablissement de l’espèce.

Les activités humaines susceptibles de détruire l’habitat essentiel de l’érioderme boréal sont celles qui modifient les caractéristiques physiques de l’habitat essentiel, telles que la composition de la forêt, le microclimat, la composition chimique de l’air ou de l’eau, la topographie, la géologie, le sol, la végétation et l’hydrologie des eaux de surface ou souterraines.

2.5.3.    Calendrier des études

Les résultats des études décrites dans le calendrier seront intégrés dans un plan d’action qui fournira une définition plus complète et plus précise de l’habitat essentiel de l’érioderme boréal (section 2.8).

 

Études à réaliserLes résultats doivent-ils être intégrés au plan d’action?Étapes précisesÉchéance
Déterminer la répartition et l’abondanceOui·        Déterminer les caractéristiques clés de l’habitat de l’érioderme boréalÉbauche terminée; les travaux se poursuivent; sommaire produit d’ici  2007
·        Dresser des cartes de l’habitat convenableAlgorithme préliminaire déjà en usage
·        Améliorer le plus possible le pouvoir prédictif de l’algorithme de cartographieEn cours, achèvement d’ici 2009
·        Établir un calendrier de relevé des sites retenus comme habitat potentiel le plus probableEn cours, achèvement d’ici 2011
·        Repérer les sites, en assurer le suivi et évaluer leur étatEn cours, achèvement d’ici 2011
Améliorer les connaissances et la compréhension entourant les besoins en matière d’habitat, les caractéristiques et les menaces pesant sur l’habitatOui·        Interpréter ou reconstituer les tendances historiques de l’acidificationAchèvement d’ici 2008
·        Suivi planifié des sites afin de détecter la présence de menaces et d’évaluer leur gravité, et de détecter les changements aux conditions de l’habitat.Sommaire du suivi produit d’ici 2010
·        Déterminer dans quelle mesure les exigences biologiques de l’érioderme boréal limitent le potentiel de rétablissement de l’espèce et quelle est l’échelle appropriée pour la protection de son habitat (occupé et inoccupé)Achèvement d’ici 2010
·        Suivant l’étude susmentionnée, faire des analyses (SIG, etc.) à l’échelle du paysage et de la province afin de comprendre la quantité et la qualité de l’habitat nécessaire au rétablissement de l’espèceAchèvement d’ici 2010
·        Confirmer ou rectifier la dimension de la zone de 100 m d’habitat essentiel recommandée autour des sites de l’espèceAchèvement d’ici 2009
·        Déterminer les besoins de l’espèce en matière de microhabitatAchèvement d’ici 2009
·        Préciser l’ampleur des impacts des polluants aéroportés et des précipitations acidesAchèvement d’ici 2009
Améliorer la compréhension de la dynamique de dispersion de l’espèce et des exigences de l’espèce en matière de reproductionOui·        Collaborer aux recherches sur la population boréaleEn cours
·        Établir l’importance des sapinières situées à proximité des sites occupésÉtude préliminaire d’ici 2010
·        Déterminer l’importance de l’habitat potentiel inoccupéÉtude préliminaire d’ici 2010
·        Déterminer les relations et les exigences à l’échelle du paysageÉtude préliminaire d’ici 2010
Préciser la nature des activités qui risquent de détruire l’habitat essentielOui·        Examiner les données compilées sur l’habitat essentiel2007–2011
·        Augmenter la liste actuelle au besoin2011

2.6   Effets sur les espèces non ciblées

Il est très probable que les mesures de rétablissement de l’érioderme boréal profiteront à d’autres cyanolichens et à d’autres organismes ayant des besoins similaires en matière d’habitat. La limitation ou la modification des pratiques d’aménagement forestier nuisant à l’érioderme boréal pourraient profiter indirectement aux espèces végétales et animales utilisant le même territoire. Les efforts de rétablissement auront cependant aussi un impact environnemental en augmentant la circulation pédestre aux abords des sites du lichen; cependant, il est peu probable que cet impact soit significatif.

2.7   Échelle recommandée pour le rétablissement

Pour l’heure, nous utiliserons une approche monospécifique pour l’érioderme boréal. Toutefois, dans l’avenir, il pourrait être approprié d’adopter une approche plurispécifique afin d’inclure d’autres cyanolichens rares (notamment l’Erioderma mollissimum) s’ils sont considérés comme en péril et si leur survie exige des mesures de rétablissement.

2.8   Plan d’action

Deux plans d’action seront élaborés pour le rétablissement de l’érioderme boréal.

Plan d’action visant la mise en œuvre 

Un plan d’action précisant la façon dont le présent programme de rétablissement sera mis en œuvre sera affiché dans le Registre public de la Loi sur les espèces en péril dans les deux années suivant la date d’affichage du programme dans le Registre. Ce plan d’action comprendra un calendrier fournissant les détails et l’ordre de priorité pour la réalisation des travaux énumérés dans la section 2.4 (Stratégie générale pour l’atteinte des objectifs du rétablissement).

Plan d’action visant l’habitat essentiel

Un deuxième plan d’action qui fournira une définition plus complète et plus précise de l’habitat essentiel de l’érioderme boréal, obtenue à partir des résultats des travaux décrits dans la section 2.5.3, sera affiché dans le Registre public de la Loi sur les espèces en péril dans les six années suivant la date d’affichage du programme de rétablissement dans le Registre.