Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

CHOUETTE TACHETÉE DU NORD (Strix occidentalis caurina)

Résumé

La Chouette tachetée du Nord[1] (Strix occidentalis caurina) est l’une des espèces de chouette les plus étudiées au monde en raison de son association étroite avec les forêts anciennes et de l’utilisation de ces forêts par la société à des fins d'urbanisation et d'exploitation des ressources. Au Canada, la Chouette tachetée a été désignée en voie de disparition en 1986 (désignation renouvelée en 2000) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).

La Chouette tachetée vit dans la région du Nord-Ouest du Pacifique de l’Amérique du Nord. Au Canada, on ne trouve l'espèce que dans le sud-ouest de la zone continentale de la Colombie-Britannique, qui représente environ 8 % de son aire de répartition mondiale. Les populations de Chouettes tachetées sont en déclin dans toute la région du Nord-Ouest du Pacifique. En Colombie-Britannique, entre 1992 et 2002, leur effectif a chuté de près de 67 % à un rythme annuel de 10,4 %. La population canadienne actuelle est estimée à moins de 33 couples reproducteurs, ce qui représente environ de 0,5 à 1 % de la population mondiale estimative. Comme les petites populations sont particulièrement vulnérables à la disparition, la population de Colombie-Britannique pourrait disparaître de la province d’ici quelques années.

En Colombie-Britannique, la Chouette tachetée est limitée par la diminution de la quantité et de la qualité de l'habitat, la réduction de la connectivité entre les habitats et l’isolement accru de la grande population des États-Unis. Les menaces auxquelles elle est confrontée incluent la perte et la fragmentation de l'habitat, la compétition et l’hybridation avec la Chouette rayée, la prédation par le Grand-duc d’Amérique et d’autres prédateurs, le changement climatique, les effets indésirables des facteurs environnementaux et génétiques, et la maladie (p. ex. le virus du Nil occidental). Ensemble, ces facteurs influencent les taux de survie, de reproduction, de recrutement et d’immigration de l’espèce.

Parmi les facteurs qui compliquent le rétablissement de l’espèce au Canada, mentionnons le rythme accéléré du déclin de la population, l’isolement de la population par rapport aux grandes populations des États-Unis, et le risque élevé de déclin continu et de disparition imminente que court actuellement la petite population clairsemée. À cela viennent s’ajouter la difficulté d’établir un équilibre entre les nécessités du développement économique et celles du rétablissement des espèces en voie de disparition, les longs délais nécessaire à la remise en état des habitats et de leur connectivité, et les coûts élevés des activités de suivi, de recherche, de restauration la remise en état de l’habitat et de celles visant l’accroissement de la population. De plus, certaines menaces pourraient ne pas être gérables, comme par exemple la compétition par la Chouette rayée, les événements environnementaux extrêmes et la mortalité potentielle causée par le virus du Nil occidental.

Malgré tous ces défis, le rétablissement de la Chouette tachetée en Colombie-Britannique reste faisable d’un point de vue biologique. En effet, l'habitat nécessaire à l'espèce est disponible et il est possible d'améliorer les conditions futures de cet habitat. Le rétablissement n’est pas limité par la propriété des terrains, on peut donc ajouter d’autres zones boisées à celles qui sont déjà gérées pour l’espèce afin d’accroître, au besoin, le potentiel de rétablissement de la population. Il est aussi possible d'accroître la population afin d’augmenter les taux de recrutement.

Le but du rétablissement est de faire passer la Chouette tachetée de son actuel statut d’espèce en voie de disparition à une catégorie de moindre risque en établissant une population autosuffisante, stable ou croissante, répartie sur l’ensemble de l’aire de répartition naturelle de l’espèce. L’objectif à long terme en matière de population est d’accroître l’effectif à un minimum de 250 adultes de façon à ce que l’espèce réponde aux exigences minimales du COSEPAC en matière de taille de la population pour passer du statut d’espèce en voie de disparition à celui d’espèce menacée.

Les objectifs du rétablissement sont : 1) de stopper le déclin de la population pour empêcher sa disparition, 2) d’accroître le nombre de Chouettes tachetées de façon à maintenir une population stable et autosuffisante dans l’ensemble de son aire de répartition et 3) de conserver et de remettre en état suffisamment d’habitat dans l’aire de répartition pour soutenir une population autosuffisante de Chouettes tachetées.

Parmi les stratégies visant à stopper le déclin de la population figurent la protection immédiate de toutes les Chouettes tachetées et de l’habitat qu’elles occupent, et la conservation d’une quantité suffisante d’habitat de survie pour maintenir la population actuelle.

Parmi les stratégies visant à accroître la population figurent l’évaluation de la population, l’accroissement de la population (p. ex. l’élevage en captivité, la garde en captivité des juvéniles durant l’hiver et le déplacement de chouettes sauvages solitaires vers des territoires où elles peuvent trouver un éventuel partenaire), et diverses mesures de gestion visant à accroître artificiellement la survie et la fécondité de l’espèce (p. ex. augmentation des populations d’espèces proies et déplacement des compétiteurs).

Parmi les stratégies visant à conserver et à remettre en état l’habitat figurent la modélisation de la disponibilité de l’habitat, la désignation et la conservation des habitats essentiels (habitats de survie et de rétablissement) et l’élaboration de lignes directrices sur la gestion de l’habitat en matière de création, d'amélioration et de préservation de l'habitat.

Enfin, parmi les stratégies visant à soutenir les mesures de rétablissement figurent la promotion de l’intendance de l’habitat et de la population de chouettes, l’octroi d’une aide financière, la gestion adaptative ainsi que la recherche, la sensibilisation du public et l’adoption de solutions innovatrices pour aborder les répercussions sociales et économiques.

L’inventaire et le suivi continus de la population représentent la mesure de rétablissement la plus prioritaire et sur laquelle seront fondés tous les autres aspects des mesures de rétablissement. Un inventaire détaillé complété par un suivi régulier s’imposent pour mieux comprendre la répartition globale de l’espèce en Colombie-Britannique, pour désigner les habitats essentiels, pour obtenir des estimations plus rigoureuses de l’abondance et des tendances, et pour identifier les sites où l’on pourrait prélever des oiseaux pour mettre en oeuvre les mesures d’accroissement de la population. En tablant uniquement sur les données des inventaires antérieurs pour élaborer des mesures de rétablissement, on pourrait réduire la probabilité de réussir à rétablir la population.

Certaines mesures de rétablissement sont déjà en cours. On a ainsi mis en œuvre le plan de gestion de la Chouette tachetée et effectué diverses analyses du succès de ce plan; reconstitué l’équipe de rétablissement de la Chouette tachetée; mis à jour le rapport de situation de l’espèce; mis en place un inventaire permanent limité; modélisé de nouveau l'habitat et la population; et expérimenté la capture et la remise en liberté d’une chouette juvénile. Certaines compagnies forestières ont de plus interrompu volontairement leurs activités de coupe. Enfin, divers outils de conservation (p. ex. la stratégie de gestion des espèces sauvages désignées [Identified Wildlife Management Strategy]) ont été élaborés dans le cadre du code de pratiques forestières (Forest Practices Code) et de la Forest and Range Practices Act de la province.

Au nombre des critères d’évaluation du programme de rétablissement figurent plusieurs mesures de rendement, comme la prévention de la disparition de l’espèce, la conservation d’un habitat suffisant pour soutenir une population viable, et la préparation de divers plans d’action pour le rétablissement de l’espèce.

 


[1]À moins d’indication contraire, le terme « Chouette tachetée » désigne ici la Chouette tachetée du Nord.