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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'Hespérie Persius de l'Est au Canada

Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC
sur
L’Hespérie Persius de l'Est
Erynnis persius persius
au Canada

L’Hespérie Persius de l'Est (Erynnis persius persius)

Espéce en voie de disparition
2006



COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
logo du COSEPAC


COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Hespérie Persius de l'Est (Erynnis persius persius) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 45 pp. (Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

 

Note de production :

Le COSEPAC aimerait remercier M.L. Holder qui a rédigé le rapport de situation sur l’hespérie Persius de l’Est (Erynnis persius persius) au Canada. Le COSEPAC aimerait également remercier Environnement Canada qui a financé la rédaction du présent rapport. Theresa B. Fowler, coprésidente du Sous-comité de spécialistes des arthropodes du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Eastern Persius Duskywing Erynnis persius persius in Canada.

Illustration de la couverture :
l'Hespérie Persius de l'Est -- Dessin original d'Andrea Kingsley.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2006
No de catalogue : CW69-14/475-2006F-PDF
ISBN : 0-662-71759-7

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COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation -- Avril 2006

Nom commun :
Hespérie Persius de l'Est

Nom scientifique :
Erynnis persius persius

Statut :
Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation :
La présence de ce papillon, qui se nourrit de lupins, a été confirmée dans seulement deux sites au Canada. Cette espèce habite les savanes de chênes du sud de l'Ontario, un habitat qui a subi d'importantes pertes et modifications. Les populations de plantes hôtes des larves ont grandement diminué. Il n'y a aucun enregistrement confirmé pour ce papillon depuis 18 ans, mais des observations non confirmées laissent croire que l'espèce pourrait toujours exister au Canada.

Répartition :
Ontario

Historique du statut :
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2006. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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logo du COSEPAC

COSEPAC
Résumé

Hespérie Persius de l'Est
Erynnis persius persius

Information sur l’espèce

L’hespérie Persius (Erynnis persius) est un petit papillon diurne foncé aux ailes antérieures marquées de quatre petites taches blanches. Elle appartient à la sous-famille des Pyrginés et à la famille des Hesperiidés. Quatre sous-espèces sont actuellement reconnues, dont l’hespérie Persius de l’Est, objet du présent rapport.

 

Répartition

Telle qu’elle est actuellement reconnue, l’aire de répartition de l’hespérie Persius s’étend des États du nord de la côte Atlantique jusqu’à la côte du Pacifique, d’est en ouest, et du Yukon jusqu’en Californie, du nord au sud. L’hespérie Persius de l’Est occupe la portion orientale de cette aire, depuis les États du nord de la côte Atlantique jusqu’à la région des Grands Lacs. Au Canada, elle n’est connue que du sud-ouest de l’Ontario.

 

Habitat

L’hespérie Persius de l’Est est considérée comme présente seulement dans les milieux où poussent ses plantes hôtes, le lupin vivace et la baptisie des teinturiers. Elle se rencontre généralement dans les savanes à chênes, les landes à pins et les prairies ou dans d’autres milieux ouverts et ensoleillés, comme les clairières et les emprises routières.

 

Biologie

Les adultes volent du début de mai au début de juin au Canada. Les femelles déposent leurs œufs individuellement sur les nouvelles feuilles de lupin vivace ou de baptisie des teinturiers. Les chenilles atteignent le dernier stade larvaire en juillet, puis entrent en diapause. Le printemps suivant, elles émergent de leur diapause et poursuivent leur développement jusqu’à l’âge adulte.

 

Taille et tendances des populations

L’hespérie Persius de l’Est a subit un déclin sur une bonne partie de son aire et est aujourd’hui considérée comme rare. Elle est tenue pour disparue du Maine et n’a pas été observée depuis au moins vingt ans au Maryland, au New Jersey ou dans l’État de New York. En Ontario, elle a été capturée pour la première fois en 1969 et observée pour la dernière fois en 1987. Les sources provinciales la considèrent comme disparue de l’Ontario et, par conséquent, du Canada.°

 

Facteurs limitatifs et menaces

L’hespérie Persius de l’Est semble avoir été affectée par l’application de mauvaises pratiques de gestion de l’habitat et l’altération de son habitat, qui ont causé un déclin subit et la destruction des populations de ses plantes hôtes. Le lupin vivace et la baptisie des teinturiers sont les deux seules plantes hôtes connues de l’hespérie Persius de l’Est. La succession naturelle des boisés clairsemés, la suppression des incendies et les altérations anthropiques directes de l’habitat causées par l’extraction des ressources ou la plantation d’arbres ont eu des conséquences néfastes dans de nombreux secteurs susceptibles d’avoir déjà abrité cette hespérie dans le passé.

 

Importance de l’espèce

À l’état larvaire, l’hespérie Persius de l’Est se nourrit sur le lupin, comme le mélissa bleu et le lutin givré. Ces trois papillons sont des éléments d’une communauté naturelle rare et en déclin dans le nord-est de l’Amérique du Nord. L’attention portée à l’hespérie Persius de l’Est et à d’autres papillons pourrait aider à protéger la communauté spéciale d’animaux et de plantes dont ils font partie.

 

Protection actuelle et autres désignations

L’hespérie Persius de l’Est figure sur la liste des espèces en danger de disparition (Endangered) de l’Indiana, du New Hampshire, de l’État de New York et de l’Ohio, des espèces menacées (Threatened) au Michigan et au Massachusetts et des espèces préoccupantes (Special Concern) au Connecticut et en Pennsylvanie. Elle est tenue pour disparue du Maine. Les sources provinciales la considèrent comme disparue de l’Ontario et, par conséquent, du Canada. Elle ne bénéficie d’aucune protection légale, ni à l’échelle fédérale, ni à l’échelle provinciale.

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Historique, mandat, composition et définitions du COSEPAC

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions
(2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page 1
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page 2
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page 3
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page 4, Note de bas de page 5
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce..

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

 Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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Listes des figures, tableaux, et annexes

Liste des figures


Liste des tableaux


Liste des annexes

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Rapport de situation du COSEPAC
sur
l’Hespérie Persius de l'Est
Erynnis persius persius
au Canada
2006

Information sur l'espèce

Nom et classification

>Nom scientifique :
Erynnis persius persius (Scudder, 1863)
Synonymes :
Nisionades persius, Thanaos persius
Citation bibliographique :
Scudder, S.H. 1863.A list of the butterflies of New England. Proceedings of the Essex Institute 3: 161-179. Type Loc. = New England.
Nom français :
Hespérie Persius de l’Est
Noms anglais :
Eastern Persius Duskywing

L’hespérie Persius de l’Est (Erynnis persius) a été décrite pour la première fois en 1863, mais la description originale est ambiguë, car Scudder (1863) a manifestement confondu l’E. persiusavec deux autres hespéries encore non décrites à l’époque, l’E. baptisiae (Forbes) et l’E. lucilius (Scudder et Burgess), également connue sous le nom d’hespérie de l’ancolie. Cette confusion a persisté au sein de la communauté scientifique pendant de nombreuses années, notamment chez Skinner (1914), qui a décrit les genitalia mâles d’une hespérie qu’il croyait être l’E. persius alors qu’il s’agissait, selon Matt Holder, de l’E. baptisiae. Scudder et Burgess (1870) et Forbes (1936) ont décrit et illustré correctement les genitalia de l’E. persius. Forbes (1936) a mentionné l’existence de matériel type et décrit les genitalia d’après le spécimen type, mais Scudder (1863) n’a pas désigné de types dans sa description originale, et on ne sait pas exactement où se trouve le matériel type, à supposer qu’il existe encore.

Trois des quatre sous-espèces décrites, soit l’E. p. persius, l’E. p. borealis et l’E. p. avinoffi, pourraient être présentes au Canada. L’E. p. borealis a été décrit par Cary (1907), mais il était considéré à l’époque comme une race de l’E. propertius Scudder et Burgess. Cette race commune et largement répandue se rencontre dans tout le nord et l’ouest du Canada, depuis la baie James en Ontario jusqu’au Yukon. Les aires de répartition connues de l’E. p. borealis et de l’E. p. persius ne se chevauchent pas et semblent au contraire séparées par au moins 1 000 km (figure 1), si l’on se fie aux données de collecte présentées par le Système canadien d’information sur la biodiversité (2005) et aux données de l’United States Geological Survey (2005). La description de l’E. p. avinoffi (Holland 1930) est fondée sur une série de spécimens capturés dans la vallée de la rivière Yukon et en divers endroits en Alaska. On connaît très peu de choses sur l’aire de répartition de cette sous-espèce, mis à part les localités énumérées dans la description originale, et Layberry et al. (1998) ne considèrent pas ce taxon comme une sous-espèce valide. La quatrième sous-espèce, l’E. p. fredericki, habite l’ouest des États-Unis et ne se rencontre pas au Canada. Les aires de répartition de l’E. p. persius et des trois autres sous-espèces en Amérique du Nord sont présentées à la figure 1.

D’autres recherches sur la taxinomie du complexe E. persius s’imposent pour éclaircir les limites spatiales et la répartition de ses éléments constitutifs. Burns (1964) n’a pas étudié ce complexe de façon approfondie, se contentant de décrire brièvement les difficultés entourant sa taxinomie et de signaler l’existence d’affinités étroites entre les quatre taxons. Compte tenu de ses caractéristiques biologiques (plantes hôtes et besoins liés à l’habitat) et morphologiques particulières, l’E. p. persius devrait peut-être être considéré comme une espèce distincte des trois sous-espèces de l’Ouest (voir Kondla et Guppy, 2001).


Figure 1 : Aire de répartition de l’Erynnis persius en Amérique du Nord

Figure 1. Aire de répartition de l’Erynnis persiusen Amérique du Nord

Aire de l’E. p. persius illustrée en gris; aires des trois autres sous-espèces regroupées et illustrées en noir)


Description

L’hespérie Persius de l’Est est un petit papillon diurne foncé qui mesure de 24 à 31 mm d’envergure (figure 2). Les ailes antérieures sont marquées de plages grises diffuses séparées par une ligne de quatre taches blanches; une cinquième tache blanche peut être présente au bas d’une des plages grises. Le dessus des ailes antérieures est en bonne partie couvert de fines écailles sétiformes, dont une proportion variable est blanche. Une rangée de taches grises subapicales s’étend le long du bord externe des ailes antérieures. Les ailes postérieures sont brun foncé, mouchetées de petites taches d’un brun légèrement plus pâle. La tête, le thorax et l’abdomen sont brun foncé.


Figure 2 : Vue dorsale de l’Erynnis persius persius

Figure 2. Vue dorsale de l’Erynnis persius persius

Dessin original d’Andrea Kingsley. 3x grandeur nature.

En dépit d’affirmations contraires (Balogh 1981; Nielsen 1999), la répartition et la forme des taches sur les ailes antérieures n’ont aucune valeur diagnostique (D. Lafontaine, comm. pers., 2002; D. Schweitzer, comm. pers., 2002; M. Holder, obs. pers.). Un examen d’une série de spécimens de la collection du Musée royal de l’Ontario et de la Collection nationale canadienne a révélé que l’abondance des poils blancs et la disposition des petites taches blanches sur les ailes antérieures, dont le bord basal détermine une ligne droite, sont caractéristiques de l’espèce, mais si variables chez l’E. persius et ses proches parents, les E. lucilius et E. baptisiae , qu’ils n’ont aucune valeur diagnostique. Les différences relevées dans le choix des plantes hôtes peuvent aider à départager les trois espèces dans une certaine mesure, mais non de façon absolue, car si l’E. lucilius est associé exclusivement à l’ancolie du Canada (Aquilegia canadensis L.), l’E. baptisiae exploite les mêmes plantes hôtes que l’E. persius, à savoir la baptisie des teinturiers (Baptisia tinctoria (L.) R. Br. ex Ait. f.) et le lupin vivace (Lupinus perennis L.), en plus d’autres espèces comme la baptisie bleue (B. australis (L.) R. Br. ex Ait. f.) et la coronille bigarrée (Coronilla varia L.). La méthode la plus fiable pour identifier l’E. persius au stade adulte consiste à examiner les genitalia mâles, leur forme étant un caractère diagnostique (figure 3). Les valves droite et gauche des genitalia de l’E. p. persius, de l’E. baptisiae et de l’E. lucilius sont présentées à des fins de comparaison (figure 3); les caractères distinctifs sur les lobes supérieur et inférieur des valves sont indiqués par des flèches. Les genitalia de l’E. baptisiae ressemblent à bien des égards à ceux de l’E. lucilius, mais ils s’en distinguent par la plus forte épaisseur du lobe supérieur de la valve gauche. L’utilisation d’un microscope à dissection est indispensable pour l’examen des genitalia. Avant d’entreprendre un tel examen, il faut enlever les poils et les écailles qui recouvrent les genitalia à l’aide d’un petit pinceau. L’identification des femelles soulève des difficultés, et Matt Holder ne dispose d’aucun caractère diagnostique utile autre que les caractéristiques générales des ailes décrites précédemment.


Figure 3 : Diagramme illustrant les valves droite (à droite) et gauche des genitalia mâles

Figure 3. Diagramme illustrant les valves droite (à droite) et gauche des genitalia mâles.

Les valves sont illustrées en position inversée et en vue latérale. Les flèches indiquent les caractères utiles pour départager les trois espèces. i) Erynnis lucilius; ii) Erynnis persius; iii) Erynnis baptisiae (Dessin original de Matt Holder)

Les adultes sont décrits et illustrés dans Klots (1951), Allen (1997), Layberry et al. (1998) et Glassberg (1999). Une description détaillée des adultes est présentée dans Burns (1964).

Selon Layberry et al. (1998), la chenille de l’E. persius est semblable à celle de l’E. afranius, qui est vert pâle, avec des rayures noir et jaune sur le dos. La chenille de l’E. p. borealis est vert pâle, avec de nombreuses taches blanches (Guppy et Shepard, 2001). La tête est ronde et brune, alors qu’elle est angulaire et noire chez l’E. lucilius (figure 4; Lindsey, 1927; Layberry et al., 1998). La chenille de l’E. baptisiae demeure à décrire (Layberry et al. 1998), mais sa description pourrait contribuer à accroître la confusion qui entoure le statut de l’E. p. persius.


Figure 4 : Capsule céphalique d’une chenille du cinquième stade de l’Erynnis persius persius

Figure 4. Capsule céphalique d’une chenille du cinquième stade de l’Erynnis persius persius

Dessin de Matt Holder, d’après Lindsey, 1927.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

L’hespérie Persius de l’Est est largement répandue dans la région des Grands Lacs et se rencontre vers l’est jusqu’en Nouvelle-Angleterre, au New Jersey et aux Appalaches (Burns, 1964). De façon plus précise, elle est présente dans les États figurant sur la carte présentée à la figure 5 (d’après Burns, 1964; NatureServe Explorer, 2001). Elle est tenue pour disparue du Maine, et elle n’a pas été observée depuis vingt ans au Maryland, au New Jersey et dans l’État de New York (NatureServe Explorer, 2001). Moins de 20 populations existantes sont connues à l’échelle du continent nord-américain (NatureServe Explorer, 2001).


Aire de répartition canadienne

Au Canada, la présence de l’E. p. persius étayée par des spécimens correctement identifiés a été attestée dans seulement deux sites du sud-ouest de l’Ontario, soit St. Williams, dans le comté de Norfolk, et une localité située à proximité du parc provincial Pinery, dans le comté de Lambton (figure 6, annexe 1). Cette espèce n’est connue que depuis récemment à partir de quelques observations enregistrées au Canada, mais elle y était presque certainement présente avant l’arrivée des premiers colons européens, en populations disséminées dans le sud de l’Ontario. S’il s’agissait d’une espèce nomade, elle n’aurait sans doute pas été présente de façon constante au site St. Williams pendant plusieurs années et aurait probablement été observée dans des parcelles de lupins beaucoup plus rapprochées de la frontière des États-Unis. De plus, d’importants ouvrages publiés, tels que The Butterflies of Canada (Layberry et al. 1998) de même que NatureServe (2001) incluent le papillon comme espèce canadienne à part entière.

La première mention canadienne concernant l’hespérie Persius de l’Est provient de St. Williams et date de 1972, mais une mention plus ancienne vient d’être confirmée. Un spécimen capturé en 1969 dans la région du parc provincial Pinery, non identifié et par conséquent non signalé, se trouve dans la collection privée de Sid Daniels. Matt Holder a examiné ce spécimen et estime qu’il s’agit bien d’un E. p. persius. En raison du risque d’erreur d’étiquetage, le traitement des mentions historiques exige une certaine prudence, mais la région du parc provincial Pinery comporte des habitats favorables à l’espèce hôte principale et est une des localités historiques bien connues du mélissa bleu (Lycaeides melissa samuelis Nabokov), une espèce qui présente des exigences écologiques similaires. Selon Matt Holder, l’hespérie Persius de l’Est a probablement déjà été présente dans la région du parc provincial Pinery, et le spécimen est correctement étiqueté.

Parmi les spécimens examinés par Matt Holder, celui qui a été capturé le plus récemment a été récolté à St. Williams en 1979. Toutefois, plusieurs observations et captures ont été signalées à cet endroit jusqu’en 1987 (p. ex. Hess et Hanks, 1979; 1981; 1984; 1985; 1986; 1988). Aucune capture ou observation crédible n’a été signalée après 1987 aux sites d’observation des papillons visités assez régulièrement par un groupe d’entomologistes actifs de l’Ontario.


Figure 5 : Aire de répartition de l’Erynnis persius persius en Amérique du Nord

Figure 5. Aire de répartition de l’Erynnis persius persius en Amérique du Nord, d’après NatureServe Explorer (2001), Opler et al. (1995) et Burns (1964).

D’après NatureServe Explorer (2001), Opler et al. (1995) et Burns (1964).


Figure 6 : Aire de répartition de l’Erynnis persius persius au Canada

Figure 6. Aire de répartition de l’Erynnis persius persius au Canada, d’après les données de collecte des spécimens correctement identifiés.

D’après les données de collecte des spécimens correctement identifiés.

Les mentions faisant état de la présence de l’hespérie Persius de l’Est dans d’autres régions du sud de l’Ontario, incluant la municipalité de district de Muskoka, l’île Manitoulin, d’autres sites dans le comté de Lambton et le canton de Norfolk, le comté de Middlesex, le comté d’Essex, la municipalité régionale de Niagara, Hamilton, Toronto et Ottawa (Hess et Hanks, 1981; Hess et Hanks, 1986; Kulon et al., 1987; Hess, 1988; Holmes et al., 1991; Riotte, 1992), ne sont étayés par aucun spécimen connu de Matt Holder ou le sont par des spécimens incorrectement identifiés examinés par Matt Holder (annexe 1). Le 28 mai 2005, Brenda Kulon aurait vu huit E. p. persiusadultes survolant des plants de lupin vivace à la Port Franks Forested Dunes Nature Reserve, dans le comté de Lambton, mais cette identification n’a pas été confirmée. Étant donné qu’aucun spécimen n’a été capturé et que l’identification fiable de l’E. p. persius soulève des difficultés importantes, en particulier sur le terrain, il y a tout lieu de croire que ces huit individus étaient des E. baptistae ou des E. lucilius. Matt Holder n’est au courant d’aucune autre mention attestant la présence de la sous-espèce ou de la capture de spécimens à cet endroit, et Skevington et al. (2001) ne mentionne pas la présence de l’hespérie Persius dans le comté de North Lambton. Il faut s’attendre à ce que de nouvelles observations non confirmées de l’E. p. persius (signalées principalement par des observateurs non chevronnés) soient signalées sporadiquement, en particulier dans le sud-ouest de l’Ontario. Ailleurs dans la province, la capture de la sous-espèce a été signalée dans le parc provincial Algonquin, dans le district de Nipissing, mais le collectionneur estime qu’il pourrait s’agir d’un spécimen usé de l’E. lucilius (C. Durden, comm. pers., 2002). Les mentions faisant état de la présence de l’hespérie Persius de l’Est dans le district de Cochrane, le district de Temiskaming et des régions situées plus au nord (et potentiellement dans l’île Manitoulin) résultent certainement d’une confusion avec l’E. p. borealis, à supposer que cette identification soit correcte, car ces observations ne sont étayées par aucun spécimen (p. ex. Hess et Hanks, 1979; 1981; 1984; 1985; 1986; 1988), et aucune mention confirmée de l’E. persius , toutes sous-espèces confondues, n’est connue de ces régions. Les données de collecte et d’observation de l’E. p. persius au Canada sont présentées à l’annexe 1.

Les données disponibles confirment la présence historique de l’hespérie Persius de l’Est dans deux sites isolés très distants l’un de l’autre dans le sud de l’Ontario. Parmi les autres sites où l’hespérie a peut-être déjà été présente, mentionnons l’île Walpole (qui abritait une importante population de lupin vivace avant que des travaux liés à l’agrandissement d’une sablière n’entraîne la destruction de cette population en 2001) (P. A. Woodliffe, comm. pers., 2002), un certain nombre de sites dans la région de St. Williams, Toronto, et les plaines du lac Rice, à l’est de Peterborough. L’aire de répartition historique de l’E. p. persius incluait probablement un certain nombre de régions du sud de l’Ontario comportant des savanes et des prairies aujourd’hui disparues. La figure 7 illustre la répartition estimée des habitats de prairie et de savane dans le sud de l’Ontario avant l’arrivée des premiers colons européens et fait ressortir leur répartition irrégulière. On ignore si la répartition de l’E. p. persius coïncidait avec celle de ces habitats, mais si c’était le cas, elle devait être irrégulière et discontinue. L’E. p. persius a disparu de l’île Walpole (par suite de la destruction du site et de l’élimination des plantes hôtes) et de la région de Toronto (même si les autorités municipales ont récemment pris des mesures pour restaurer l’habitat) (City of Toronto, 2002), à supposer qu’il ait déjà été présent dans ces régions. Ces sites n’ont pas été visités en 2002, les perturbations et l’altération de l’habitat y ayant fort probablement causé l’élimination des populations de l’E. p. persius qui auraient pu s’y trouver. Un autre site (sentier d’interprétation de la nature de Clearwater), à Sarnia, a également été jugé peu susceptible d’abriter l’E. p. persius, les lupins y étant trop peu nombreux. Ce site n’a pas été visité en 2002, car Matt Holder estimait qu’il ne pouvait garantir le maintien de l’E. p. persius, dont la survie dépend de la présence d’un peuplement de lupin couvrant au moins 20 m2 (Mo Nielsen, comm. pers., 2005). Aucune hespérie Persius de l’Est n’a été observée ni capturée au cours des recherches effectuées dans les comtés de Norfolk, de Lambton et de Northumberland au printemps 2002 (annexe 2).


Comme l’hespérie Persius de l’Est n’a pas été observée depuis 35 ans à Pinery et depuis 18 ans à St. Williams (en dépit de recherches ciblées effectuées dans le passé et en 2002), il y a tout lieu de croire qu’elle a disparu de l’Ontario et du Canada.


Figure 7 : Aire de répartition des habitats de savane et de prairie avant l’arrivée des premiers colons européens

Figure 7. Aire de répartition des habitats de savane et de prairie avant l’arrivée des premiers colons européens, d’après les données du Centre d’information sur le patrimoine naturel et le Musée royal de l’Ontario.

D’après les données du Centre d’information sur le patrimoine naturel et le Musée royal de l’Ontario.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

L’E. p. persius se rencontre généralement dans des landes à pins gris (Pinus banksiana), des landes à chênes-pins, des savanes à chênes et d’autres boisés clairsemés abritant des populations de lupin vivace (L. perennis) ou de baptisie des teinturiers (B. tinctoria) (NatureServe, Explorer 2001), mais parfois le long de chemins forestiers aux Ētats-Unis (S. Daniels, comm. pers., 2002). Il a été capturé dans des habitats en apparence non favorables éloignés de toute population de lupin (Borth, 1997; Layberry et al. 1998; NatureServe Explorer, 2001). À l’âge adulte, cette hespérie se nourrit du nectar de diverses plantes (NatureServe Explorer, 2001), mais comme elle a besoin de ses plantes hôtes pour se reproduire, elle devrait être considérée comme une spécialiste à l’égard de l’habitat. Les espèces végétales suivantes sont mentionnées comme des plantes hôtes dans la littérature ancienne : Baptisia tinctoria (L.) R. Br. ex Ait. f. (baptisie des teinturiers), Ceanothus oliganthus Nutt., Galactia sp., Lespedeza sp. (lespédèze), Lotus unifoliolata (Hook.) Benth. (lotier des prairies), Populus spp. (peupliers et trembles), Quercus ilicifolia Wangenh. (chêne à feuilles de houx), Salix humilis Marsh. (saule humble) et Trifolium ciliolatum Benth. (Tietz,1972). Scudder (1889) mentionne avoir trouvé l’E. ppersius en abondance en association avec le saule humble et des peupliers, et Lindsey (1927) indique l’avoir élevé sur le peuplier. Ces informations ont été largement diffusées et tenues pour valides jusqu’à la fin des années 1970, alors que le lupin vivace a été identifié comme une plante hôte de l’hespérie Persius de l’Est (Balogh, 1981). La baptisie des teinturiers a depuis été reconnue comme une plante hôte de l’E. p. persius (D. Schweitzer, comm. pers., 2002). Étant donné les difficultés soulevées par l’identification de l’E. p. persius, il y a lieu de croire que la plupart des premiers observateurs l’ont confondu avec une autre espèce d’Erynnis. En conséquence, la diversité de la gamme d’hôtes établie sur la base des mentions plus anciennes paraît suspecte, en particulier si l’on considère la grande spécificité d’hôte affichée par les autres taxons du complexe.

Matt Holder croit que le lupin vivace (L. perennis) est la principale plante hôte de l’E. p. persius au Canada et que les populations de l’hespérie devraient par conséquent se rencontrer en association avec cette plante. Le lupin vivace est présent en plusieurs endroits du sud-ouest de l’Ontario, habituellement dans des prairies à grandes graminées ou dans des savanes. Les savanes, comme celles qui se trouvent dans la région de Grand Bend, sont des milieux ouverts parsemés d’arbres matures (en particulier des chênes) qui se fondent souvent dans une prairie à grandes graminées. En présence de conditions naturelles, ces habitats sont fréquemment balayés par des incendies qui empêchent leur colonisation par les plantes ligneuses et préviennent la formation de broussailles ou d’un sous-étage important. Le lupin vivace est encore présent dans certaines localités du sud de l’Ontario, et c’est probablement uniquement à ces endroits que l’E. p. persius se rencontrait.

De nombreuses espèces d’insectes et de plantes rares, dont le mélissa bleu (L. m. samuelis) et le lutin givré (Callophrys irus [Godart]), deux espèces de papillons diurnes tenues pour disparues du Canada par le COSEPAC, sont également associées aux communautés à grandes graminées et aux communautés prairiales. On ignore dans quelle mesure l’hespérie Persius de l’Est tolère les perturbations, mais on sait que les deux autres espèces de papillons associées au lupin présentaient une faible tolérance aux perturbations. Une autre espèce de genre Erynnis, l’hespérie tachetée (E. martialis), a besoin d’habitats ouverts et n’est jamais observée dans des sites par ailleurs favorables présentant un couvert ligneux de plus de 55 p. 100 (Swengel, 1994). On peut penser que l’hespérie Persius de l’Est présente une intolérance similaire. Il ne s’agit cependant que d’une hypothèse, et il se peut que cette hespérie soit limitée uniquement par la présence et l’abondance de sa plante hôte.

Outre la présence de la plante hôte, d’autres caractéristiques de l’habitat semblent influer sur la répartition de l’hespérie Persius de l’Est. Swengel (1994) et d’autres auteurs ont constaté que la présence de milieux boisés ouverts, en particulier de milieux à sol sablonneux et à végétation clairsemée parsemés de jeunes chênes, est essentielle pour l’hespérie (Kons 1997). Iftner et al. (1992) ont observé que les femelles ne pondent pas sur les plants de lupin poussant à l’ombre. Maxwell et Ferge (1994) mentionnent toutefois avoir observé l’hespérie dans des boisés tant ouverts qu’ombragés. Enfin, Kons (1995) estime que l’E. p. persius peut traverser des forêts denses pour se disperser à d’autres colonies de lupin. Il semble donc que l’hespérie Persius de l’Est ait besoin de milieux ouverts abritant des colonies de lupin pour se reproduire et que les forêts denses ne constituent pas un obstacle à sa dispersion.

Bien que la structure spatiale des populations de l’E. p. persius n’ait pas été quantifiée, il semble que la dynamique des populations, ponctuée d’extinctions et recolonisations locales (Givnish et al., 1988), existe à l’échelle du paysage. Dans le passé, la pérennité des boisés ouverts abritant des populations de lupin vivace était assurée par le feu, et le maintien des populations de l’E. p. persius dépendait de la capacité des individus de trouver des parcelles de lupin épargnées par le feu dans le voisinage. En l’absence d’incendies, il se peut que l’E. p. persius parvienne à se maintenir dans des îlots d’habitat favorable dont la pérennité est assurée par d’autres facteurs (p. ex. tonte effectuée après le milieu de juillet dans le cadre d’une stratégie visant à prévenir la colonisation par les plantes ligneuses et à favoriser la croissance du lupin). La plupart des populations existantes de lupin en Ontario sont isolées et ne comptent que quelques plants (P.A. Woodliffe, comm. pers., 2002; W. Bakowsky, comm. pers., 2002; D. Sutherland, comm. pers., 2002), mais plusieurs, comme celles qui se trouvent à St. Williams et dans le parc provincial Pinery, sont de grandes tailles. Au Michigan, on estime qu’il faut au moins 200 pi2 (environ 20 m2) d’habitat favorable abritant de nombreux plants de lupin pour supporter une petite population de l’hespérie (M. Nielsen, comm. pers., 2005). L’élimination des plantes ligneuses et la plantation et l’ensemencement de lupin ont permis de maintenir des colonies de lupin dans le comté de Lambton et à St. Williams. Dans le comté de Peterborough (Don Sutherland, comm. pers., 2002), une petite population de lupin (de 50 à 100 plants) se maintient depuis des années sur le bord d’une route faisant l’objet de pratiques courantes d’aménagement des emprises routières (tonte).


Tendances en matière d’habitat

Le déclin des savanes et des prairies est un phénomène généralisé dans le nord-est de l’Amérique du Nord. Ses principales causes sont l’extraction des ressources, l’exploitation et le développement agricoles, l’urbanisation et la suppression des incendies. Dans les États du Midwest, où les efforts de conservation des habitats de savane et de prairie sont particulièrement intenses, moins de 25 p. 100 des savanes et prairies originales existent encore, mais elles sont malheureusement dégradées (Nuzzo, 1986). Selon Nuzzo (1986), moins de 0,02 p. 100 de la portion supérieure du MidWest (à partir du Missouri vers le nord) occupée par la savane à chênes avant l’arrivée des premiers colons européens était encore en bon état. Pourtant, D. Schweitzer (comm. pers., 2002) affirme que l’E. p. persius est totalement absent d’une bonne partie des habitats existants susceptibles d’abriter des populations dans le nord-est de l’Amérique du Nord.

En Ontario, de nombreuses espèces ont souffert de l’altération généralisée de leur habitat causée par l’urbanisation, le développement agricole et l’exploitation des ressources. D’après les données disponibles, il semble que les habitats de prairie et de savane occupaient une région beaucoup plus grande qu’aujourd’hui dans le sud de l’Ontario (Bakowsky, 1999). Ces habitats abritaient probablement des populations de lupin vivace et, peut-être, d’hespérie Persius de l’Est. On estime à quelque 2 000 km2 la superficie occupée par les habitats de prairie et de savane et les boisés clairsemés avant l’arrivée des premiers colons européens. Ces habitats ne couvrent plus que 20 km2 aujourd’hui (Varga, 1999). Selon Catling et al. (1992), les plaines du lac Rice, au nord de Cobourg, étaient occupées par des habitats de prairie et de savane et abritaient les plus importantes populations de lupin en Ontario. Ces plaines étaient peut-être habitées par l’hespérie Persius de l’Est et d’autres espèces se nourrissant de lupin, comme le L. m. samuelis (Catling et Brownell, 2000). Les habitats favorables avaient déjà presque entièrement disparu en 1900, et seules quelques populations reliques de lupin s’y rencontrent encore aujourd’hui (Brownell et Blaney, 1996; D.A. Sutherland, comm. pers., 2002). Toutefois, une grande parcelle d’habitat de prairie à grandes graminées et de savane abrite encore une population de plusieurs milliers de plants de lupin dans la région.

Des populations de lupin sont encore présentes à d’autres endroits, comme le parc High à Toronto et l’île Walpole. Au parc High, l’application de pratiques de gestion inappropriées dans le passé, la colonisation par des plantes envahissantes non indigènes et les perturbations anthropiques a causé une dégradation et perturbation de l’habitat. Même si l’état de cet habitat s’est amélioré récemment par suite d’une série de mesures prises par la ville de Toronto (City of Toronto, 2002), la probabilité que l’E. p. persius parvienne de lui-même à occuper cet habitat semble très faible pour plusieurs raisons, notamment à cause de la distance qui sépare cet habitat des populations sources d’E. p. persiuset des altérations subies dans le passé par l’habitat. La présence de l’E. p. persius a déjà été signalée à l’île Walpole, mais ces mentions n’ont pas été confirmées et ne sont étayées par aucun spécimen (Kulon et al., 1987). L’île Walpole a déjà abrité une population importante de lupin vivace (Woodliffe et Allen, 1988), mais des travaux d’agrandissement d’une sablière ont entraîné sa destruction en 2001 (P.A. Woodliffe, comm. pers., 2002). Cet habitat ne répond plus aux exigences de l’E. p. persius.

La dégradation de l’habitat dans les régions de St. Williams et de Pinery est bien documentée (p. ex. Stead, 1993). La succession végétale favorisée par la plantation d’arbres et la suppression des incendies sont considérées comme les principales causes de ce changement. Au moins dans le parc provincial Pinery, le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus [Zimmermann]) pourrait également avoir contribué au déclin des populations de lupin (Hess, 1992). Le broutage par le cerf de Virginie est un facteur naturel, mais cet herbivore est devenu extrêmement abondant par suite de l’élimination de ses prédateurs et compétiteurs naturels et de l’altération du paysage, et il exerce aujourd’hui des pressions considérables sur les populations de lupin et d’autres herbacées dans les quelques habitats de prairie et de savane qui restent dans le sud de l’Ontario. Les régions de St. Williams et du parc provincial Pinery étaient importantes pour l’E. p. persius, et des précisions sur les mesures qui ont été prises dans ces deux sites pour y modifier et restaurer l’habitat sont présentées dans les paragraphes qui suivent.

Parcs Ontario et l’organisme Lambton Wildlife Incorporated ont récemment mis en place un train de mesures afin de restaurer l’habitat de savane dans le comté de North Lambton et, principalement, d’y préserver l’habitat du mélissa bleu. Toutefois, lorsque ces mesures ont été introduites, le L. m. samuelis et probablement l’E. p. persiusavaient déjà disparu, les habitats favorables étant devenus trop rares. Dans le parc provincial Pinery, Parcs Ontario a élaboré des plans et appliqué des mesures de gestion en vue de préserver les savanes à chênes naturelles (ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, 1986). Ces interventions ont mené au rétablissement d’un certain nombre de populations de lupin. Dans le cadre de ce programme, un abattage sélectif a été pratiqué afin de maintenir les effectifs du cerf de Virginie à un seuil raisonnable, un exclos a été érigé dans un boisé ouvert situé près de l’extrémité sud du parc afin d’empêcher les cerfs de Virginie d’atteindre les plants de lupin, et des plants de lupin vivace provenant d’une population externe ont été transplantés dans le parc. Grâce à ces efforts, le lupin est maintenant présent dans quatre petits secteurs du parc provincial Pinery (annexe 2).

Plusieurs régions situées à l’extérieur du parc abritent des populations de lupin vivace (annexe 2). La plus importante de ces populations se trouve à proximité de Port Franks, dans le sanctuaire des mélissas bleus, aire naturelle importante qui appartient et est gérée par Lambton Wildlife Incorporated. Ce sanctuaire abrite plusieurs centaines de plants de lupin, dont un pourcentage important se trouve dans un boisé ouvert connu sous le nom de « The Bowl », à l’extrémité sud-est de la propriété. Le sanctuaire renferme les meilleurs habitats pour l’E. p. persius de toute la région. Un plan de gestion visant à recréer un habitat propice à une éventuelle réintroduction du mélissa bleu a été élaboré et est en cours d’exécution (Banks et al., 2001). Pour restaurer l’intégrité de la savane à chênes dans le sanctuaire, on a procédé à des brûlages dirigés, on a éliminé la végétation ligneuse et on a planté des lupins vivaces (Banks et al., 2001; P.M. Banks, comm. pers., 2002). Selon Matt Holder, le sanctuaire renferme un habitat de grande qualité pour l’E. p. persius.

À l’extérieur du parc provincial Pinery, la forêt de la Couronne St. Williams renferme la plus grande superficie de savane encore existante dans la zone biologique carolinienne du Canada et abrite une très grande diversité d’espèces végétales et animales, dont bon nombre sont considérées comme rares en Ontario et au Canada (Draper et al., 2002). La région était en bonne partie boisée en 1945, mais une large portion de la parcelle Manestar, où le lupin est aujourd’hui présent en grand nombre, a fait l’objet d’une coupe à blanc en 1953, et des travaux d’extraction de sable s’y sont également poursuivis entre 1955 et 1972 (Draper et al., 2002). Durant toutes ces années, quelques parcelles de savane ont persisté dans certaines portions sud de la propriété. Ces petites parcelles ont été soumises aux effets de la succession végétale, en l’absence de facteurs naturels contribuant à l’éclaircie des peuplements. Une éclaircie visant à rétablir la savane y a cependant été effectuée en 1991 (Draper et al., 2002). C’est dans l’une de ces parcelles que l’E. p. persius, le C. irus et le L. m. samuelis ont été observés pour la dernière fois. Ailleurs dans la parcelle Manestar, le lupin et d’autres plantes montrant des affinités pour les communautés de savane et de prairie ont continué d’occuper les milieux ouverts adjacents aux parcelles de savane, en particulier en bordure des chemins d’accès et des sentiers ouverts et dans un grand champ situé à l’extrémité nord de la propriété.

Les mesures de gestion visant à rétablir l’habitat de savane dans la parcelle Manestar de la forêt de la Couronne St. Williams incluaient l’élimination de la végétation et l’ensemencement du lupin. Une ébauche de plan de gestion a été élaborée pour la parcelle Manestar (Allen, 1992), mais le projet demeure à finaliser et à mettre en œuvre. D’autres recommandations relatives à la remise en état et à la gestion de la forêt de la Couronne St. Williams sont présentées dans Draper et al. (2002). Cette forêt sera bientôt désignée « réserve de conservation »,  et son administration relèvera de Parcs Ontario (MRNO, 2005).


Protection et propriété

Des habitats propices à la reproduction de l’E. p  persius existent dans la forêt St. William, sur des terres de la Couronne gérées par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, dans le parc provincial Pinery, géré par Parcs Ontario, et dans le comté de Lambdon, sur une propriété appartenant à Lambton Wildlife Incorporated et gérée par cet organisme de conservation et de protection de la nature. D’autres populations de lupin vivace se trouvent sur des terres relevant des Premières nations (île Walpole) et d’autorités locales (p. ex. comté de Norfolk et Toronto), quoique les droits de propriété de certains sites demeurent à préciser. Dans la plupart des cas, on ne prévoit aucun changement des droits de propriété dans le futur, mais le devenir des populations de lupin établies à l’est de Delhi (annexe 2) paraît incertain. Environ 80 à 90 p. 100 de l’habitat favorable est protégé de la destruction, mais les plans de gestion demeurent à établir pour de nombreux sites.

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Biologie

Généralités

L’E. p. persius est une espèce univoltine, mais de rares éclosions peuvent survenir en dehors de la période normale (NatureServe Explorer, 2001). Les femelles déposent leurs œufs individuellement au dos des feuilles de la plante hôte (Mo Nielsen, comm. pers., 2002). Les chenilles se nourrissent exclusivement sur la plante hôte, à l’intérieur d’un nid de feuilles enroulées, comme chez les autres espèces du genre Erynnis. Après avoir atteint le dernier stade, en juillet, elles cessent de se nourrir et entrent en diapause. Elles se nymphosent toutefois seulement au printemps suivant, une fois la diapause levée (NatureServe Explorer, 2001). Les adultes volent en mai et au début de juin. Le vol est rapide, comme chez les autres espèces du genre Erynnis (Mo Nielsen, comm. pers., 2002). Apparemment, les adultes pratiquent le sommitisme (c.-à-d. convergent vers le sommet des collines ou des crêtes à la recherche d’un partenaire en vue de l’accouplement) (Kirk, 1996).


Reproduction

On sait très peu de choses sur la reproduction de cette espèce. Les femelles déposent leurs œufs individuellement sur les plantes hôtes. On ignore tout de la fécondité de l’espèce ou de la survie et des besoins spéciaux des œufs, mis à part le fait qu’ils sont déposés sur la plante hôte. Les mâles sont surreprésentés dans les collections, mais cette disparité reflète probablement plus les différences de comportement entre les deux sexes et le fait que les mâles sont plus faciles à capturer et à identifier que le véritable rapport des sexes en nature. Selon Matt Holder, le comportement reproducteur, l’accouplement ou la ponte de l’hespérie Persius de l’Est n’ont jamais été étudiés en Ontario.


Survie

Les taux de survie de l’E. p. persiusou la taille minimale des populations viables ne sont pas connus. D’après les caractéristiques du cycle de vie de l’espèce, les conséquences pour une population locale d’un taux de recrutement nul, ne serait-ce que durant une année, peuvent être très graves. Même un incident catastrophique à court terme peut entraîner la disparition d’une population, à moins que la dispersion d’individus de populations sources en assure le sauvetage (la probabilité d’un tel événement est inconnue). Dans le passé, la vigueur d’une population et son taux de recrutement étaient dictés en bonne partie par la présence et l’abondance des plantes hôtes dans la région immédiate. D’autres facteurs, comme les conditions météorologiques, les incendies ou les perturbations peuvent avoir des effets dévastateurs. Le feu peut avoir des effets particulièrement tragiques pour l’hespérie Persius de l’Est à cause des caractéristiques du cycle de vie du papillon (Kirk, 1996), mais il peut aussi créer des conditions favorisant la recolonisation des zones brûlées (Maxwell et Ferge, 1994). Si les incendies de forte intensité et couvrant de vastes superficies peuvent avoir des conséquences néfastes pour l’hespérie, les petits incendies de faible intensité peuvent au contraire lui être bénéfiques.


Physiologie

Une fois leur développement achevé, les chenilles de l’hespérie Persius de l’Est migrent vers la litière et entrent en diapause. Les exigences de l’espèce liées à la température et aux autres conditions environnementales sont inconnues, mais les chenilles matures étaient apparemment capables de résister aux basses températures hivernales normales pour le sud de l’Ontario. Aucune étude n’a été consacrée à la physiologie de l’E. p. persius à ce jour.


Déplacements et dispersion

On sait très peu de choses sur la capacité de dispersion de l’hespérie Persius de l’Est. Cette hespérie semble toutefois capable de se disperser sur une certaine distance, car des individus ont cependant été capturés « à bonne distance » des populations de lupin et de baptisie des teinturiers les plus proches (NatureServe Explorer 2001). Kons et Borth (1997) ont observé des individus à huit kilomètres de la population de lupin connue la plus proche. Étant donné la nature changeante des habitats de savane à chênes et de prairie, l’E. p. persius devrait être capable de se disperser à partir de régions altérées et temporairement non favorables pour coloniser des habitats propices. Une population structurée spatialement ou une structure métapopulationnelle est probablement la norme chez l’hespérie Persius de l’Est (Givnish et al., 1988). Toutefois, l’échelle spatiale selon laquelle les populations sont liées demeure inconnue. Selon Schweitzer (2001), cette hespérie est un colonisateur assez efficace sur de courtes distances.

Si les forêts denses ne semblent pas constituer un obstacle à la dispersion de l’hespérie Persius de l’Est, on ignore par contre quel effet l’urbanisation peut avoir à ce chapitre. On voit difficilement comme les populations existantes du nord des États-Unis pourraient servir de sources naturelles pour les populations canadiennes. L’E. p. persius a été observé aussi près de la frontière canadienne que les comtés de Monroe et de Wayne, au Michigan, et le comté de Genesee, dans l’État de New York. Les populations les plus proches se trouvent dans le comté de Wayne, au Michigan, à environ 150 km du parc provincial Pinery (Mo Nielsen, comm. pers., 2005).


Alimentation et relations interspécifiques

À l’état larvaire, l’hespérie Persius de l’Est se nourrit exclusivement sur le lupin vivace (L. perennis), apparemment l’hôte de prédilection, et la baptisie des teinturiers (B. tinctoria) (Mo Nielsen, comm. pers., 2002). Dale Schweitzer (comm. pers., 2002) pense qu’une troisième espèce végétale est utilisée comme plante hôte, car certains des sites où l’E. p. persius se rencontre n’abrite aucune population de lupin ou de baptisie. L’E. p. persius partage son habitat avec d’autres espèces liées trophiquement au lupin (p. ex. L. m. samuelis) et livre probablement à ces espèces une compétition pour la nourriture, mais l’ampleur de cette compétition interspécifique demeure à quantifier. Les adultes sont des généralistes, car ils se nourrissent du nectar de nombreuses espèces végétales. Sur le plan de l’herbivorie, le cerf de Virginie peut être considéré comme une espèce compétitrice, car il est particulièrement friand des jeunes pousses de lupin au printemps.


Comportement et adaptabilité

On sait très peu de choses sur le comportement de l’E. p. persius. Le sommitisme est considéré comme un élément de la stratégie reproductrice de l’hespérie (D.Schweitzer, comm. pers., 2002), mais aucune description détaillée de ce comportement n’est disponible. L’E. p. persius semble limité par ses préférences alimentaires à l’état larvaire (ses deux plantes hôtes étant elles-mêmes rares), et il est probablement très sensible aux perturbations environnementales qui ont une incidence sur les populations de ses plantes hôtes. L’établissement de régimes des feux inappropriés pourrait avoir contribué au déclin des populations (NatureServe Explorer, 2001).

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Taille et tendances des populations

Les habitats propices à la reproduction de l’E. p. persius ont décliné de façon spectaculaire au cours des cent dernières années. L’E. p. persius est considéré comme disparu du Maine et probablement du Maryland, du New Jersey et de l’État de New York. Il est également tenu pour probablement disparu de l’Illinois, de l’Iowa, de la Virginie occidentale, du Vermont ou du Tennessee, à supposer qu’il y ait déjà été présent. Il est considéré comme en déclin rapide aux États-Unis et, depuis la fin des années 1950, il a disparu d’une bonne partie du territoire qu’il occupait autrefois (NatureServe Explorer, 2001). L’altération de l’habitat et les pulvérisations d’insecticides sont considérées comme les principales causes du déclin de l’hespérie à l’échelle de son aire (D. Schweitzer, comm. pers., 2002). Dans la plupart des compétences où elle est encore présente, l’hespérie Persius de l’Est est considérée comme gravement en péril (tableau 1), et au Michigan, où elle atteint son abondance maximale, comme rare et menacée. Selon Conservation de la Nature, l’E. p. persius est actuellement présent dans seulement près de 25 localités aux États-Unis (D.Schweitzer, comm. pers., 2002).

Au Canada, les populations de l’E. p. persius étaient confinées au sud-ouest de l’Ontario, mais aucun individu n’y a été observé ou capturé depuis au moins 18 ans, en dépit des recherches effectuées récemment dans les trois régions où, selon des botanistes et entomologistes chevronnés, la probabilité de découvrir la sous-espèce était la plus élevée (annexe 2). Auparavant, on savait très peu de choses sur les populations canadiennes, dont la présence dans seulement deux localités avait été signalée sporadiquement au cours des dix ou quinze années précédentes. Le déclin de cette sous-espèce au Canada, déjà bien enclenché avant même qu’on se rende compte de sa présence, serait principalement imputable à la destruction, à la fragmentation et à l’isolement des habitats favorables. La perte, la dégradation et la fragmentation de l’habitat se sont poursuivies dans le sud de l’Ontario depuis la disparition apparente de l’hespérie. En dépit des mesures mises en place récemment pour restaurer l’habitat de l’E. p. persius, du L. m. samueliset du C. irus, la probabilité que l’E. p. persius soit encore présent au Canada est extrêmement faible.

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Facteurs limitatifs et menaces

Le principal facteur qui limite la taille et la répartition des populations de l’E. p. persius est la qualité et la répartition des habitats de reproduction. Cette hespérie se rencontre presque toujours dans des habitats de savane et de prairie, en association avec le lupin vivace et la baptisie des teinturiers, beaucoup plus rarement dans d’autres habitats. Bien que des perturbations (naturelles ou provoquées intentionnellement dans le cadre d’une stratégie de gestion) soient nécessaires pour assurer le maintien des communautés des boisés ouverts et des prairies, les grands incendies de forte intensité peuvent entraîner la destruction de toutes les populations de l’hespérie dans une région donnée. La suppression des incendies et la plantation d’arbres ont certainement eu des conséquences dévastatrices pour l’E. p. persius en favorisant la transformation liée à la succession végétale de son habitat et, de ce fait, le déclin des populations naturelles de lupin. L’isolement accru des colonies de lupin causé par des interventions humaines ou des processus naturels (p. ex. succession forestière, création d’obstacles à la dispersion causée par le développement industriel ou urbain) a probablement eu aussi des effets néfastes pour l’E. p. persius.

L’extrême abondance du cerf de Virginie et les dommages dus à l’herbivorie qui en découlent sont également perçus comme une des causes du déclin des populations des plantes hôtes. La spécificité à l’égard de plantes hôtes qui sont elles-mêmes rares et réparties en populations isolées et fragmentées constitue une contrainte importante pour l’hespérie Persius de l’Est.

Parmi les facteurs naturels qui peuvent influer sur la survie individuelle, mentionnons les parasitoïdes et les prédateurs (aucun n’est cependant reconnu comme spécifique à l’E. p. persius) et divers facteurs indépendants de la densité, comme les incendies, la dessiccation, les conditions météorologiques et même la consommation accidentelle par le cerf de Virginie. En raison de la nature dynamique de l’habitat privilégié par cette hespérie, il y a tout lieu de croire que la survie individuelle est faible et varie au rythme de l’évolution naturelle de l’habitat et des perturbations induites par le feu. Dans le passé, la survie des populations était assurée par la dispersion d’individus vers d’autres régions renfermant des habitats adéquats. La disparition de ces refuges a fortement compromis les chances des individus qui cherchent à échapper à des conditions hostiles de trouver ailleurs des endroits propices à leur reproduction.

Les facteurs anthropiques compromettant la survie de l’hespérie incluent les applications d’insecticides et divers facteurs indirects influant sur son habitat, dont la suppression des incendies, l’établissement de conditions favorisant la croissance des populations du cerf de Virginie et la colonisation par les plantes envahissantes. Les traitements insecticides dirigés contre la spongieuse (Lymantria dispar [L.]) ont été incriminés dans l’effondrement des populations de l’E. p. persius au cours des années 1950, et les programmes courants de pulvérisation pourraient entraîner l’élimination des dernières populations existantes qui pourraient se trouver dans les territoires traités (NatureServe Explorer, 2001). À St. Williams, les effets combinés de la sécheresse de 1988 et des pulvérisations de Bacillus thuringiensis (Bt) pourraient avoir provoqué la disparition d’une population qui devait déjà être très petite à l’époque, à supposer qu’elle existait encore à ce moment-là (Peter Carson, comm. pers., 2002). Indirectement, les humains ont également participé à l’altération de l’habitat de l’hespérie en éliminant les incendies et en permettant ainsi à la végétation ligneuse de prospérer au point d’inhiber la croissance et la survie des plantes hôtes. L’élimination des prédateurs naturels du cerf de Virginie dans le sud-ouest de l’Ontario et l’altération de la structure du paysage ont permis aux populations de cet herbivore d’augmenter considérablement et, dès lors, d’exercer des pressions intenses sur le lupin et d’autres herbacées dans les habitats de prairie et de savane du sud de l’Ontario.

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Importance de l'espèce

L’E. p. persius est une espèce endémique régionale dont l’aire de répartition s’étend vers l’est de la région des Grands Lacs jusqu’en Nouvelle-Angleterre et, vers le sud, jusqu’en Virginie et en Virginie occidentale. Il est actuellement considéré comme une sous-espèce d’une espèce largement répartie. Matt Holder juge toutefois l’E. p. persius suffisamment distinct, sur les plans biologique et morphologique, des trois autres sous-espèces actuellement reconnues pour être considéré comme une espèce à part entière. Seul un examen taxinomique plus approfondi du matériel disponible permettra d’établir la validité d’une telle hypothèse.

Aucun savoir traditionnel lié à cette hespérie n’a été découvert.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

L’E. p. persius ne bénéficie actuellement d’aucune protection légale au Canada, ni à l’échelle provinciale, ni à l’échelle fédérale. Il est considéré comme disparu de l’Ontario par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (CIPN, 2001).

Aux États-Unis, l’E. p. persius est désignée « espèce en danger de disparition » (Endangered) en Indiana, au New Hampshire, dans l’État de New York et en Ohio, « espèce menacée » (Threathened) au Michigan et au Massachusetts, et « espèce préoccupante » (Special Concern) au Connecticut et en Pennsylvanie. Il est également tenu pour disparu du Maine par les autorités pertinentes, et il n’a pas été observé depuis 20 ans dans l’État de New York, au New Jersey et au Maryland. Ailleurs, il est généralement considéré comme une espèce gravement en péril, mais au Michigan, où il atteint son abondance maximale, on lui a attribué la cote subnationale S3. Les cotes attribuées aux échelles globale, nationale et subnationale par les autorités concernées (province ou États où l’E. p. persius est reconnu comme ayant déjà été présent) sont présentées au tableau 1.

 

Tableau 1 : Cote et statut de l’Erynnis persius persius à l’échelle mondiale, auCanadaet aux États-Unis.
ÉchelleCoteAutre désignation
MondialeG5T2T3 
CanadaNX 
OntarioSX 
USAN2N3 
ConnecticutS1SC
IndianaS1S2E
MaineSX 
MarylandSH 
MassachusettsS1S3T
MichiganS3T
MinnesotaS1? 
New HampshireS1E
New JerseySH 
New YorkSHE
OhioS?Note de bas de page *E
PennsylvanieS1S2SC
TennesseeS?Note de bas de page * 
VirginieS1 
Virginie occidentaleS?Note de bas de page * 
WisconsinS2 

Note :

G5T2T3 = Espèce non en péril à l’échelle mondiale, mais sous-espèce considérée comme très rare à rare.
NX = Disparue du pays.
N2N3 = Très rare à rare à l’échelle nationale.
SX = Disparue de l’État ou de la province.
SH = Connue historiquement de l’État ou de la province, mais non observée depuis au moins 20 ans.
S1 = Extrêmement rare dans l’État ou la province; généralement 5 sites ou moins dans l’État ou la province ou très faible nombre d’individus; souvent en danger imminent de disparition.
S2 = Très rare dans l’État ou la province; généralement entre 5 et 20 sites dans l’État ou la province ou nombreux individus répartis dans un plus faible nombre de sites; souvent en danger de disparition.
S3 = Rare à peu commun dans l’État ou la province; généralement entre 20 et 100 sites dans l’État ou la province, parfois moins, mais grand nombre d’individus dans certaines populations; potentiellement sensible aux perturbations à grande échelle.
S? = Non classée; placé à la suite d’une cote S numérique, le ? indique qu’une certaine incertitude plane quant au bien-fondé de la cote.
E = En danger de disparition (Endangered); T = Menacée (Threatened); SC = Préoccupante (Special Concern)

Notes de bas de page

Note de bas de page *

Cotes mentionnées pour ces États par Burns (1964), mais cotes S non attribuées par The Nature Conservancy.

Retour à la première référence de la note de bas de page *

Les deux sites où la présence historique de l’E. p. persius a été confirmée en Ontario appartiennent et sont gérés dans un cas par l’organisme de conservation Lambton Wildlife Incorporated, et dans l’autre, par le gouvernement de l’Ontario. Aucun de ces sites ne bénéficie d’une protection spécifique, mais Lambton Wildlife Incorporated interdit la collecte d’espèces végétales et animales sur sa propriété, sous réserve d’une autorisation écrite.

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Résumé technique

Erynnis persius persius

Hespérie persius de l’Est
Eastern Persius Duskywing

Répartition au Canada : Ontario

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km2) au Canada
Aucune connue
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue)
En déclin par le passé
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?
s.o.
Superficie de la zone d’occupation (km2
Aucune connue
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue)
En déclin par le passé
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?
s.o.
Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés
Aucun connu
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue)
s.o.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?
Non
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance, inconnue)
On détruit toujours l’habitat, mais une réhabilitation a lieu dans certaines régions. Dans l’ensemble, un déclin important de l’étendue et de la qualité de l’habitat s’est produit au cours des quelques dernières décennies.


Information sur la population

Durée de génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.)
Un an
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles)
Aucun connu
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue
Déclin au cours des 50 dernières années, avec aucune observation d’individus au cours des 18 dernières années.
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte)
Déclin de l’espèce jusqu’à être réputée disparue du pays il y a 18 ans.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?
Non
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de ≤ 1 individu/année)?
Aucune population existante connue.
Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.
Aucune population existante
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue)
Déclin de l’espèce jusqu’à être réputée disparue du pays.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?
Non


Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Perte et dégradation de l’habitat en raison :
    • de l’extinction des incendies;
    • de la plantation d’arbres;
    • de l’herbivorie des plantes hôtes;
    • de l’agriculture, de l’urbanisation et de l’extraction des ressources.
  • Pulvérisation de pesticides.


Effet d’une immigration de source externe : Non

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?
Oui, aux États-Unis
Statut ou situation des populations de l’extérieur?
En déclin et rares
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Inconnue et improbable
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Oui
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Peut-être


Analyse quantitative

Aucune effectuée


Statut actuel

COSEPAC : en voie de disparition (2006)


Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition
Code alphanumérique : B1ab(iii)+2ab(iii); C2a(i); D1

Justification de la désignation : La présence de ce papillon, qui se nourrit de lupins, a été confirmée dans seulement deux sites au Canada. Cette espèce habite les savanes de chênes du sud de l’Ontario, un habitat qui a subi d’importantes pertes et modifications. Les populations de plantes hôtes des larves ont grandement diminué. Il n’y a aucun enregistrement confirmé pour ce papillon depuis 18 ans, mais des observations non confirmées laissent croire que l’espèce pourrait toujours exister au Canada.


Applicabilité des critères

Critère A (Population globale en déclin) :
s.o., aucune donnée de déclin.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
Si la présence d’individus de cette espèce persiste, la zone d’occurrence est certainement inférieure à 5 000 km2 – B1 La zone d’occupation est certainement très inférieure à 500 km2 – B2 Cette espèce est présente dans moins de cinq emplacements – a Il y a un déclin continu – b de l’habitat (iii)

Critère C (Petite population globale et déclin) :
Le nombre d’individus matures est inférieur à 2 500 et un déclin continu est probable dans le nombre d’individus matures – 2 avec une structure de population telle qu’aucune population ne contient plus de 250 individus matures – a(i).

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) :
Le nombre d’individus matures est inférieur à 250 – D1.

Critère E (Analyse quantitative) :
non disponible

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Remerciements

L’Environnement Canada et Jacques Whitford Environment Limited ont fourni le financement pour le présent travail. L’information fournie par les personnes suivantes est grandement appréciée : Jodie Allair, Rob Alvo, Peter Banks, Wasyl Bakowsky, Irene Bowman, Peter Carson, Joe Connop, Bob Curry, Sid Daniels, Chris Durden, Mary Gartshore, Ron Gatrelle, Gloria Goulet, Alan Hanks, Quimby Hess, Brad Hubley, Colin Jones, Norbert Kondla, Don Lafontaine, Ross Layberry, Steve Marshall, Mogens Nielsen, Mike Oldham, Rick Pratt, Tom Purdy, Richard Romeyn, Dale Schweitzer, Jeff Skevington, Brad Steinberg, Don Sutherland, Dorothy Tiedje, Jim Troubridge, Kelly Vader, Nancy van der Poorten, Steve Williams, Allen Woodliffe, Alan Wormington. Andrea Kingsley, Mary Gartshore, Carl Rothfels, Melody Cairns et Annie Scherz ont gentiment aidé aux travaux sur le terrain. L’accès aux collections a gracieusement été accordé par : Don Lafontaine, Collection nationale canadienne; Steve Marshall, University of Guelph; Brad Hubley, Musée royal de l’Ontario; Tom Purdy, Pinery Provincial Park Collection; Sid Daniels, collection privée. D’autres données en matière de collections ont été tirées du réseau de données distribuées nommé « Analystes d’espèces », un projet soutenu par le Réseau nord-américain d'information en biodiversité et par les institutions participantes (SCIB, 2002). Toutes les collections pertinentes ont été étudiées pour en extraire des données relatives à l’Erynnis persius en Ontario (voir ci-dessous). Andrea Kingsley et Ron Huizer, divers membres du Sous-comité de spécialistes des arthropodes, ainsi que des membres du personnel du bureau de la Région de l’Ontario du Service canadien de la faune et du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario ont offert leurs commentaires sur diverses ébauches du présent rapport. Theresa Fowler a coordonné l’examen du rapport, a fourni divers commentaires et suggestions et a révisé le rapport.


Sources d'information

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Woodliffe, P.A., et G.M. Allen. 1988. A life science inventory and ranking of 30 natural areas of Walpole Island Indian Reserve, 16 p. + annexes.

Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Matt Holder est biologiste à Jacques Whitford Limited. M. Holder possède plus de dix années d’expérience de travail et de recherche en biologie, notamment en écologie, englobant beaucoup de taxons animaux et végétaux. Ses intérêts en matière de recherche comprennent l’écologie des espèces animales et végétales dans des environnements perturbés, l’écologie des paysages et la taxinomie de certains taxons animaux.

Les travaux antérieurs de M. Holder concernant les espèces en péril comprennent des relevés sur le terrain d’insectes rares dans les tourbières des Maritimes pour le Centre de données sur la conservation du Canada Atlantique, la création et l’entretien d’une base de données sur les espèces en péril pour le Centre d'information sur le patrimoine naturel de l’Ontario et l’élaboration d’une base de données d’enregistrements pour les libellules et les demoiselles en Ontario; M. Holder a également siégé à un comité responsable de fournir les classifications de conservation pour les libellules et les demoiselles de l’Ontario. Il a réalisé des projets sur l’écologie et la répartition d’insectes dans de nombreux emplacements dans l’est de l’Amérique du Nord, étudiant de nombreux taxons différents, dont les papillons diurnes et nocturnes, les libellules et les demoiselles, les sauterelles et certains groupes de coléoptères et de mouches.

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Experts contactés

Alvo, R. Février 2002. Biologiste de la conservation, Direction de l’intégrité écologique, Parcs Canada, salle 375, 4e étage, 25, rue Eddy, Gatineau (Québec)  K1A 0M5.

Banks, P.M. Mai 2002. Lambton Wildlife Incorporated, C.P. 681, Sarnia (Ontario)  N7T 7J7.

Bakowsky, W. Février 2002. Écologiste des communautés, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, ministère des Richesses naturelles, 300, rue Water, 2e étage, North Tower, Peterborough (Ontario)  K9J 8M5.

Bowman, I. Février 2002. Biologiste principale, Espèces rares, menacées et en voie de disparition, ministère des Richesses naturelles, gouvernement de l’Ontario, C.P. 7000, 300, rue Water, 5e étage, South Tower, Peterborough (Ontario)  K9J 8M5.

Curry, R. Janvier 2002. 3115, rue New, bureau 30, Burlington (Ontario)  L7N 3T6.

Daniels, S.M. Avril 2002. 90, avenue Stuart, Toronto (Ontario)  M2N 1B4.

Durden, C.J. Janvier 2002. Curator of Insects, Texas Memorial Museum of Science and History, 2400 Trinity Street, Austin (Texas), États-Unis 78705.

Fowler, B.T. Janvier 2002. Autorité scientifique – Évaluation des espèces, Direction des espèces en péril, Service canadien de la faune, Environnement Canada, 351, boulevard St. Joseph, Gatineau (Québec)  K1A 0H3.

Gartshore, M.E., et P. Carson. Mai, juin, septembre 2002. #316 Reg Rd. 60, RR #1 Walsingham (Ontario)  N0E 1X0.

Gatrelle, R. Janvier 2002. Goose Creek (Caroline du Sud).

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Hess, Q.F. Janvier 2002. Toronto (Ontario).

Hubley, B. Février 2002. Directeur des collections, Entomologie, Musée royal de l’Ontario, 100 Queens Park, Toronto (Ontario)  M5S 2C6.

Jones, C.D. Février 2002. Technicien en zoologie, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, ministère des Richesses naturelles, 300, rue Water, 2e étage, North Tower, Peterborough (Ontario)  K9J 8M5.

Kondla, N.G. Janvier 2002. Biologiste, Ministry of Sustainable Resource Management, gouvernement de la Colombie-Britannique, 845 Columbia Avenue, Castlegar (Columbie-Britannique)  V1N 1H3.

Lafontaine, D. Février 2002. Chercheur scientifique, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Biodiversité, 960, avenue Carling, Ottawa (Ontario)  K1A 0C6.

Marshall, S.A. Février 2002. Directeur de la collection d’insectes, University of Guelph, Department of Environmental Biology, Guelph (Ontario)  N1G 2W1.

Nielsen, M.C. Février 2002. Curator - Lepidoptera, Department of Entomology, Michigan State University, East Lansing (Michigan), États-Unis 48824.

Oldham, M.J. Janvier 2002. Botaniste/herpétologiste, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, ministère des Richesses naturelles, 300, rue Water, 2e étage, North Tower, Peterborough (Ontario)  K9J 8M5.

Pratt, R. Février 2002. Gestionnaire, Service canadien de la faune, Environnement Canada, 49, promenade Camelot, Nepean (Ontario)  K1A 0H3.

Purdy, T. Février 2002. Superviseur, programmes éducatifs du patrimoine naturel et gestion des ressources, parc provincial The Pinery, Parcs Ontario, ministère des Richesses naturelles, gouvernement de l’Ontario, R.R. #2, Grand Bend (Ontario)  N0M 1T0

Romeyn, R.L. Février 2002. W 5306 Emerald Court, LaCrosse (Wisconsin), États-Unis 54601.

Schweitzer, D.F. Avril 2002. Zoologiste chercheur, Terrestrial Invertebrates, NatureServe, 1101 Wilson Boulevard, 15th Floor, Arlington (Virginie), États-Unis 22209.

Skevington, J. Mars 2002. Taxinomiste des insectes, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Entomologie systématique, 960, avenue Carling, Ottawa (Ontario)  K1A 0C6.

Steinberg, B. Février 2002. Chargé des programmes éducatifs du patrimoine naturel, parc provincial Pinery, Parcs Ontario, ministère des Richesses naturelles, gouvernement de l’Ontario, R.R. #2, Grand Bend (Ontario)  N0M 1T0.

Sutherland, D.A. Janvier 2002. Zoologiste, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, ministère des Richesses naturelles, 300, rue Water, 2e étage, North Tower, Peterborough (Ontario)  K9J 8M5.

Troubridge, J. Janvier 2002. Technicien en recherche, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Biodiversité, 960, avenue Carling, Ottawa (Ontario)  K1A 0C6.

Williams, S. Février 2002. Forestier de district, district d’Aylmer, ministère des Richesses naturelles, gouvernement de l’Ontario, 353, rue Talbot West, Aylmer (Ontario)  N5H 2S8.

Woodliffe, P.A. Février 2002. Écologiste du patrimoine naturel, Chatham Area, ministère des Richesses naturelles, gouvernement de l’Ontario, 870, rue Richmond O., Chatham (Ontario)  N7M 5J5.

Wormington, A. Janvier 2002. Leamington (Ontario.


Collections examinées

La Collection nationale canadienne d’insectes, arachnides et nématodes, au ministère d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, et les collections au Musée royal de l’Ontario et à la University of Guelph ont été examinées. En outre, les collections privées de Quimby Hess, Sid Daniels, Mary Gartshore et Richard Romeyn ont été consultées, et des renseignements sur des spécimens ont été étudiées à partir d’autres collections énumérées dans la base Analyste d’espèces (SCIB, 2002), y compris : collection d’insectes du Centre de foresterie des Grands Lacs, collection d’arthropodes du Centre de foresterie du Nord, collection du parc national de la Pointe-Pelée, collection d’insectes du Department of Natural Resources de la Nouvelle‑Écosse, Musée du Nouveau‑Brunswick, Nova Scotia Museum of Natural History, Lyman Entomological Museum, McGill University, McMaster University, University of New Brunswick, University of Western Ontario, et les collections privées de R. Curry, M. Gollop, Crispin S. Guppy, Gerald J. Hilchie, Donald F. Hooper, Ross A. Layberry, Jeff Ogden et Alan Wormington.

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Annexe 1 : Spécimens capturés et mentions faisant état de la présence de l'Erynnis persius persius en Ontario

Espèce correctement identifiéeLocalitéDateCollectionneur/ observateurColNote de bas de page aObNote de bas de page bNombre de spécimens
Notes
Collection examinéeSource
InconnueSt. Williams00.05.1969S.M. Daniels7 7 spécimens récoltés, regroupement des prises de 1969 et 1971 Hess et Hanks, 1979
E. persiusSt. Williams24.05.1969S.M. Daniels4 4 mâlesSMD, coll. pers. H 08.04.2002 
E. persiusPinery31.05.1969S.M. Daniels1 1 mâleSMD, coll. pers. H 08.04.2002 
E. persiusSt. Williams28.05.1971S.M. Daniels2 2 mâlesSMD, coll. pers. H 08.04.2002 
InconnueSt. Williams00.05.1971S.M. Daniels7 7 spécimens récoltés, regroupement des prises de 1969 et 1971 Hess et Hanks, 1979
InconnueTimmins06.06.1973A.M. Holmes1 1 mâle (identification certainement erronée - MLH) Hess, Q.F. 1992. Butterflies of Ontario and Summaries of Lepidoptera Encountered in Ontario in 1991. Toronto Entomologists' Association Occasional Publication #24-92.
E. juvenalisBurnley, comté de Northumberland19.05.1975W.J.D. Eberlie1 1 mâleROM. BOC#. L&H 21.02.2002 
InconnueSt. Williams00.05.1976R. MacLaren1 1 spécimen récolté, dans collection de W. Plath Jr. Hess et al., 1977
E. persiusSt. Williams05.06.1976J. Troubridge1 1 mâleCNC. L&H 21.02.2002 
E. persiusDavidson[?]01.07.1977Inconnu1 1 mâleUoG. L&H 21.02.2002 
InconnueSt. Williams09.06.1978Q.F. Hess 11 individu observé Hess et Hanks, 1979
E. baptisiaeSt. Williams17.05.1978Inconnuu1 1 mâleROM. BOC#. L&H 21.02.2002 
E. persiusSt. Williams23.05.1979J.Troubridge1 1 mâleCNC. L&H 21.02.2002Illustré dans Layberry et al., 1998.
InconnueSt. Williams16.06.1980Q.F. Hess 11 individu observé Hess et Hanks, 1981
InconnueSt. Williams08.06.1983Q.F. Hess 11 individu observé Hess et Hanks, 1984
InconnueSt. Williams24.05.1984Q.F. Hess3 3 spécimens récoltés Hess et Hanks, 1985
InconnueSt. Williams11.06.1984Q.F. Hess1 1 spécimen récolté Hess et Hanks, 1985
InconnueSt. Williams25.05.1985Q.F. Hess1 1 spécimen récolté, dans pépinière forestière, le long de Con. 7 (chemin de terre) Hess et Hanks, 1986
E.juvenalisForêt Backus25.05.1985W.J.D. Eberlie1 « noté ». 1 mâle, dans collection du MRO, daté du 26 maiROM. BOC#. L&H 21.02.2002Hess et Hanks, 1986
E. juvenalisSt. Williams26.05.1985W.J.D. Eberlie1 1 mâleROM. BOC#. L&H 21.02.2002 
InconnueSt. Williams30.05.1985Q.F. Hess1 1 spécimen récolté, dans pépinière forestière, le long de Con. 7 (chemin de terre) Hess et Hanks, 1986
InconnueForêt Backus30.05.1985Q.F. Hess1 1 spécimen récolté, Con. 4 (chemin de terre) Hess et Hanks, 1986
InconnueBracebridge15.06.1985Q.F. Hess1 1 spécimen récolté (2 km au nord de High Falls) Hess et Hanks, 1986
InconnueÎle Walpole00.00.1986Ben Kulon, Brenda Kulon  Mentionnée, mais non confirmée Kulon et al., 1987
E. juvenalisSt. Williams26.05.1986W.J.D. Eberlie1 1 mâleROM. BOC#. L&H 21.02.2002 
InconnueSt. Williams16.06.1987Q.F. Hess1 1 spécimen récolté, sur céanothe d’Amérique Hess et Hanks, 1988
InconnueMatatchewan29.06.1992L. Taman 1Observation mentionnée, mais non confirmée Hess, Q.F. 1993. Butterflies of Ontario and Summaries of Lepidoptera Encountered in Ontario in 1992. Toronto Entomologists' Association Occasional Publication #25-93.
InconnueCanton de BosanquetAucune datefide Q.F. Hess  Possible, mais aucune mention connue de Hess Hess et Hanks, 1981
InconnueParc provincial AlgonquinAucune datefide Q.F. Hess  Mentionné, mais non confirmé Hess et Hanks, 1981
InconnueÎle ManitoulinAucune datefide Q.F. Hess  Mentionné de l’île Manitoulin, mais aucun spécimen témoin récolté Hess, 1988
InconnueComté de MiddlesexAucune date[Cartographié]  Mentionné, mais non confirmé Holmes et al., 1991
InconnueComté d’EssexAucune date[Cartographié]  Mentionné, mais non confirmé Holmes et al., 1991
InconnueOttawaAucune date[Cartographié]  Mentionné, mais non confirmé Holmes et al., 1991
InconnueTorontoAucune date[Cartographié]  Mentionné, mais non confirmé Holmes et al., 1991
InconnueHamiltonAucune date[Cartographié]  Mentionné, mais non confirmé Holmes et al., 1991
InconnueNiagara R.M.Aucune date[Cartographié]  Mentionné, mais non confirmé Holmes et al., 1991
InconnuePineryAucune dateFide Campbell et Coulson  Mentionné, mais non confirmé Campbell et Coulson, 1989
E. persius[aucune localité]Aucune dateInconnu1 1 mâleUoG. L&H 21.02.2002Université de Guelph. Examiné et identifié par Lafontaine et Holder, 21.02.2002
E. luciliusPort Franks22.05.1993Q.F. Hess2 2 mâlesROM. BOC#. L&H 21.02.2002 
E. luciliusCavernes Warsaw26.05.1970W.J.D. Eberlie1 1 spécimenROM. BOC#. L&H 21.02.2002 
E. luciliusParc provincial Greenwater, Cochrane30.06.1980W.J.D. Eberlie1 1 spécimenROM. BOC#. L&H 21.02.2002 
E. luciliusLacs Twin, canton de Methuen28.05.1997W.J.D. Eberlie1 1 spécimenROM. BOC#. L&H 21.02.2002 
E. icelusSudbury02.07.1980W.J.D. Eberlie1 1 spécimenROM. BOC#. L&H 21.02.2002 
E. icelusBurnley, comté de Northumberland1985.06.09W.J.D. Eberlie1 1 spécimenROM. BOC#. L&H 21.02.2002 
InconnuePort Franks28.05.2005Brenda Kulon 8Observation mentionnée, mais non confirmée B. Kulon, comm. pers.

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Col = Nombre de spécimens récoltés;

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Note de bas de page B

Ob = Nombre d’individus observés.

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Autres abréviations : MRO = Musée royal de l’Ontario; UoG = Collection de la University of Guelph; CNC = Collection nationale canadienne (Ottawa, Agriculture et Agroalimentaire Canada); SMD = Collection S.M.Daniels. L&H = Spécimen(s) examiné(s) par Layberry et Holder.


Annexe 2 : Relevés de l'Erynnis persius persius en 2002

Les relevés se sont déroulés à six dates différentes, en mai et en juin 2002. Le printemps 2002 a été tardif, accusant un décalage généralement estimé à deux semaines par rapport à la normale. Toutefois, d’après les autres espèces d’insectes observées durant les recherches, l’E. p. persius aurait été actif aux dates où les relevés ont été effectués s’il avait été présent dans les sites visités.

Emplacement des relevés

Comme l’ampleur du projet ne permettait pas de visiter tous les milieux comportant ou susceptibles de comporter des populations de lupin, les trois sites qui semblaient les plus susceptibles d’abriter l’E. p. persius ont été sélectionnés aux fins des relevés. Un de ces sites se trouvait dans la forêt régionale de St. Williams, plus précisément dans la parcelle Manestar (figure A1), d’où sont issues la plupart des observations historiques. Ce site incluait également d’autres parcelles d’habitat de prairie situées plus au nord, dans le comté de Norfolk (figure A2). Un deuxième site englobait la municipalité de Lambton Shores (anciennement le canton de Bosanquet), dans le comté de Lambton. Les recherches ont été concentrées dans des secteurs situés à l’intérieur ou à proximité du parc provincial Pinery (figure A3) et du sanctuaire des mélissas bleus (figure A4). Le troisième site comprenait un certain nombre de parcelles situées près du lac Rice, dans le comté de Peterborough (figure A5). Dans chacun des sites retenus, les observateurs ont parcouru à pied les secteurs abritant des colonies de lupin vivace (Lupinus perennis) (zones indiquées en noir). La plupart des autres parcelles d’habitat similaire, mais apparemment exemptes de lupin (zones grises bordées de noir), ont été parcourues à pied ou traversées lentement en automobile.

D’autres sites potentiellement intéressants n’ont pas été retenus pour diverses raisons. Un de ces sites, sur l’île Walpole, a été exclu après qu’A. Woodliffe en ait signalé la destruction avant 2002 (comm. pers., 2002). Un autre site, à Sarnia, contenait seulement quelques plants épars de lupin (P.M. Banks, comm. pers., 2002). Le parc High, à Toronto, abritait une population de lupin, mais la présence de l’E. p. persius y a été jugée hautement improbable, l’habitat et la population de lupin y ayant fait l’objet de pratiques de gestion inappropriées compromettant le maintien de l’habitat de savane à chênes. Bien que des modifications aient été apportées aux pratiques de gestion en vue de favoriser la croissance du lupin et la restauration de la savane à chênes, M. Holder doutait que l’E. p. persius ait pu subsister dans ce parc urbain, à supposer qu’il y ait déjà été présent.

Moment et conditions des relevés

Les dates auxquelles les relevés ont été effectués, la durée de ces relevés, les conditions météorologiques sous lesquelles ils se sont déroulés et l’identité des observateurs qui y ont participé sont présentées au tableau A1. Les observateurs possédaient tous l’expérience et l’expertise voulues pour une telle entreprise, en particulier Andrea Kingsley et Carl Rothfels. Ils ont pris part aux recherches et à la capture d’Erynnis. Un autre observateur chevronné, Mary Gartshore, a visité la forêt régionale de St. Williams en mai et juin 2002 et y a capturé de nombreux spécimens d’Erynnis qui ont subséquemment été identifiés par Matt Holder.

 

Tableau A1 : Moment et conditions des relevés
SiteDateDuréeNote de bas de page aConditions météorologiquesObservateur(s)
St. Williams (figure A1)11 mai 20026 heuresEnsoleillé, frais, ~ 14 °CMatt Holder
St. Williams (figure A1)31 mai 20025 heuresEnsoleillé, chaud,~ 25 °CMatt Holder,
Andrea Kingsley
St. Williams (figure A1)1er juin 20026 heuresEnsoleillé, chaud, ~ 27 °CMatt Holder,
Andrea Kingsley,
Carl Rothfels
Comté de Norfolk (figure A2)31 mai 20023 heuresEnsoleillé, chaud, ~ 25 °CMatt Holder,
Andrea Kingsley
Comté de Norfolk (figure A2)1er juin 20023 heuresEnsoleillé, chaud, ~ 27 °CMatt Holder,
Andrea Kingsley
Parc provincial Pinery et environs (figure A3)22 mai 20024,5 heuresEnsoleillé, partiellement nuageux, frais, ~ 15° CMatt Holder,
Andrea Kingsley
Parc provincial Pinery et environs (figure A3)23 mai 20026 heuresEnsoleillé, chaud, ~ 25 °CMatt Holder,
Andrea Kingsley,
Melody Cairns,
Annie Scherz
Sanctuaire des mélissas bleus et environs (figure A4)22 mai 20025 heuresEnsoleillé, partiellement nuageux, frais, ~ 15 °CMatt Holder
Sanctuaire des mélissas bleus et environs (figure A4)23 mai 20024 heuresEnsoleillé, chaud, ~ 25 °CMatt Holder
Lac Rice et environs (figure A5)11 juin 20029 heuresEnsoleillé, chaud, ~ 28 °CMatt Holder

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Temps consacré aux recherches par l’observateur principal (Matt Holder). Les durées indiquées n’inclut pas le temps consacré aux recherches par d’autres observateurs et sont donc des estimations prudentes de l’activité de recherche.

Retour à la référence de la note de bas de page a

Habitats visités

De façon générale, les habitats visités semblaient convenir à l’E. p. persius (milieux ouverts montrant des affinités avec des habitats de prairie ou de savane), mais ils différaient en qualité. L’abondance des lupins différait d’un site à l’autre. Les figures A1-A5 montrent les endroits où les relevés ont été effectués, aux dates et selon les durées précisées au tableau A1. Les secteurs où des plants de lupin ont été découverts sont indiqués en noir. Des précisions additionnelles sur les caractéristiques des habitats visités sont présentées dans les paragraphes qui suivent.

La forêt régionale de St. Williams (figure A1)abritait de nombreux plants de lupin vivace (et de baptisie des teinturiers, Baptisia tinctoria) répartis en colonies en périphérie (en particulier les bords sud et ouest) de l’aire sablonneuse ouverte. Les plus grandes colonies étaient composées de 75 à 100 plants, mais d’autres n’en comptaient qu’un ou deux. Au total, 250 à 300 plants ont été observés à St. Williams; bon nombre de ces plants se trouvaient dans l’aire sablonneuse ouverte de la parcelle Manestar. De plus petites colonies de lupin ont été découvertes le long de sentiers partiellement boisés menant à des secteurs situés à l’ouest et au sud de l’aire sablonneuse. Des arbustes commençaient à envahir les secteurs occupés par le lupin, et le couvert, bien que relativement clairsemé, était probablement fermé à plus de 30 p. 100 dans tous les sites se trouvant à une certaine distance de l’aire sablonneuse ouverte. La superficie occupée par le lupin a été estimée à 0,03 à 0,04 ha (figure A1).


Figure A1 : Emplacement des relevés effectués dans la forêt régionale de St. Williams

Figure A1. Emplacement des relevés effectués dans la forêt régionale de St. Williams.

 

Ailleurs dans le comté de Norfolk, les recherches ont été concentrées le long des routes et des emprises ferroviaires (figure A2). Ces sites sont très fragmentés et soumis à l’influence des pratiques d’aménagement des bords de route et des emprises ferroviaires. De nombreux sites superficiellement semblables ont été visités, mais le lupin était présent dans seulement quatre d’entre eux, chaque fois en colonies éparses. Globalement, la superficie des habitats favorables occupés par le lupin a été estimée à environ 0,01 ha.


Figure A2 : Emplacement des relevés effectués dans le comté de Norfolk

Figure A2. Emplacement des relevés effectués dans le comté de Norfolk.


Figure A3 : Emplacement des relevés effectués dans le parc provincial Pinery et les environs

Figure A3. Emplacement des relevés effectués dans le parc provincial Pinery et les environs.

 

Le lupin était plus abondant dans la municipalité de Lambton Shores (anciennement le canton de Bosanquet), dans le comté de Lambton, que dans les autres sites. Le parc provincial Pinery renferme des habitats de savane à chênes, mais ces derniers ont souffert des pratiques de gestion forestière passées et des effets du broutage intensif par des centaines de cerfs de Virginie. Toutefois, des colonies de lupin totalisant quelques centaines de plants ont été découvertes à plusieurs endroits. Certaines ne comptaient que six plants, mais les plus grandes pouvaient en contenir 100 à 200, pour un total de 400 plants répartis sur une superficie globale d’environ 0,04 ha. À l’extérieur du parc, le lupin a été observé le long des routes en colonies éparses de 2 à 25 plants, pour un total estimé de 100 plants répartis sur une superficie de moins de 0,01 ha. Dans le sanctuaire des mélissas bleus, le lupin formait des colonies distinctes pouvant compter jusqu’à 100 plants, pour un total de 500 à 1 000 plants disséminés sur une superficie globale de 0,1 à 0,2 ha (figure A4); le lupin semblait toutefois absent d’autres secteurs du sanctuaire pourtant semblables sur le plan structural.


Figure A4 : Emplacement des relevés effectués dans le sanctuaire Karner Blue et les environs

Figure A4. Emplacement des relevés effectués dans le sanctuaire Karner Blue et les environs.

 

Dans le secteur du lac Rice, les recherches ont été effectuées au sud et au nord du lac, sur des terres appartenant à la Première nation d’Hiawatha (figure A5). Une seule colonie de lupin contenant de 200 à 300 plants et couvrant une superficie d’environ 0,04 ha y a été découverte, sur les bords d’un chemin. D’autres sites ont été visités dans le secteur, mais aucun plant de lupin n’y a été découvert.


Figure A5 : Emplacement des relevés effectués dans la région du lac Rice

Figure A5. Emplacement des relevés effectués dans la région du lac Rice.

Méthodologie

À chaque site, les observateurs ont recherché la présence de plants de lupin ou d’hespéries visitant les fleurs ou les feuilles de lupin ou volant parmi les colonies ou à proximité. Tous les Erynnis découverts ont été soigneusement examinés, et les observateurs ont tenté de capturer tous les individus repérés. Toutes les autres espèces de papillons diurnes (et d’autres groupes taxinomiques) observées et/ou capturées durant les recherches ont été notées. En outre, les observateurs ont examiné des feuilles de lupin afin d’y déceler des traces d’alimentation par des insectes herbivores, et ils ont inspecté le revers des feuilles dans l’espoir d’y découvrir des œufs. L’efficacité de cette dernière approche n’a cependant pas été évaluée et pourrait fort bien être faible. Un certain nombre d’Erynnis ont été capturés et identifiés par examen de leurs pièces génitales à l’aide d’un microscope à dissection.

Résultats

Aucun E. p. persius n’a été observé ni capturé au cours des relevés effectués aux fins du présent rapport, mais des individus des espèces E. lucilius, E. icelus, E. baptisiae, E. juvenaliset E. brizoont été recueillis. Les observateurs ont également noté toutes les autres espèces printanières de papillons diurnes de petite taille (p. ex. Callophrys niphon et Celastrina ladon) ou de grande taille (p. ex. Nymphalis antiopa) aperçues durant les recherches.

Le premier relevé, dans la forêt régionale de St. Williams, s’est déroulé le 11 mai 2002, par temps frais. Très peu d’insectes étaient actifs, et même après que le temps se soit réchauffé, vers le milieu de la journée, seulement deux C. ladon ont été observés. Le deuxième relevé s’est déroulé le 22 mai 2002, dans le comté de Lambton. Les papillons diurnes étaient alors beaucoup plus actifs, et de nombreuses espèces ont été observées. De nombreuses espèces d’Erynnis spp. ont été observées, mais seuls les E. juvenalis, E. icelus et E. lucilius étaient représentés parmi les spécimens qui ont été capturés et identifiés sur le terrain ou, subséquemment, en laboratoire. Ont également été observés durant cette visite plusieurs individus de C. ladon et de N. antiopa et un individu de Pieris sp. non identifié jusqu’à l’espèce. Aucune autre nouvelle espèce n’a été observée le lendemain, mais les températures plus chaudes ont eu un effet bénéfique sur l’activité des papillons, manifestement plus nombreux. Lors du relevé du 31 mai 2002, les insectes étaient très actifs, et un assemblage typique d’espèces de papillons diurnes normalement observées en mai, dont des E. brizo et E. baptisiae, a été observé. Les autres espèces de papillons diurnes observées au cours de cette visite, et plus précisément le 1er juin 2002, étaient les suivantes : Papilio polyxenes, P. glaucus, Pieris rapae, Colias sp., Lycaena phlaeas, Callophrys nephon, Celastrina ladon, Polygonia interrogationis, N. antiopa, Vanessa atalanta, V. virginiensis, Coenonympha tullia, Danaus plexippus et Poanes hobomok. Le dernier relevé, effectué dans la région du lac Rice le 11 juin 2002, s’est déroulé par un temps très chaud et ensoleillé, et l’entomofaune locale était très active. De nombreux individus ont été observés. Parmi les papillons diurnes aperçus cette journée-là figurent les hespéries E. juvenalis, E. lucilius et E. icelus, ainsi que les espèces suivantes : Papilio canadensis, Pieris rapae, P. oleracea, Celastrina ladon, Glaucopsyche lygdamus, Phyciodes tharos, Nymphalis vaualbum, Coenonympha tullia, Carterocephalus palaemon, Thymelicus lineola, Poanes hobomok et Amblyscirtes vialis.

Menaces existantes

Aucune menace pour l’E. p. persius autre que celles déjà mentionnées dans le rapport (p. ex. pratiques forestières, herbivorie par le cerf de Virginie) n’a été observée.

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