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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le sébaste à oeil épineux du type I et du type II au Canada

Biologie

Cycle vital et reproduction

La biologie de la paire d’espèces de sébastes à œil épineux est fort méconnue. Les deux espèces ont une durée de vie plus longue que la plupart des autres espèces du genre Sebastes, l’âge maximal enregistré étant d’environ 205 ans pour un spécimen du sud de l’Alaska (Munk, 2001). Les adultes atteignent une taille maximale d’environ 90 cm. Le diagramme en boîte à moustaches en fonction de l’âge (figure 8) révèle des tailles selon l’âge similaires chez les mâles et les femelles. Les données relatives à la longueur selon l’âge montrent une variation considérable autour de la courbe ajustée du modèle de von Bertalanffy, et les données sont rares pour les âges les moins avancés (Figure 9). Bien qu’il y ait d’importantes variations naturelles dans la longueur selon l’âge, les âges déterminés à partir d’otolites sont généralement précis, tout comme les mesures de longueur.


Figure  8 : Diagramme en boîte à moustaches en fonction de l’âge de la paire d’espèces de sébastes à œil épineux, pour chaque sexe

Figure  8 : Diagramme en boîte à moustaches en fonction de l’âge de la paire d’espèces de sébastes à œil épineux, pour chaque sexe.

Les symboles correspondent à l’âge moyen, les traits horizontaux correspondent aux quantiles de 2,5 % et de 97,5 % et les traits verticaux indiquent l’étendue des données. Le nombre d’observations par boîte est indiqué en haut du graphique. Source : Haigh et al. (2005).


Figure 9 : Relation entre la longueur et l’âge chez la paire d’espèces de sébastes à œil épineux, avec ajustement de l’équation de croissance de von Bertalanffy : 
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Figure 9 : Relation entre la longueur et l’âge chez la paire d’espèces de sébastes à œil épineux, avec ajustement de l’équation de croissance de von Bertalanffy

Source : Haigh et al. (2005).

Environ la moitié des mâles sont matures à une longueur de 400 à 450 mm; les femelles à près de 470 mm. Les femelles atteignent 50 p.100 de la maturité à environ 20 ans (McDermott, 1994). Au large de la Colombie-Britannique, le frai se déroule principalement en avril. Comme toutes les espèces vivipares du genre Sebastes, les œufs fécondés sont gardés dans l’ovaire jusqu’à l’expulsion des larves et peuvent tirer au moins une partie de leur nourriture du parent femelle durant leur développement (MPO, 1999). Les larves du genre Sebastes demeurent près de la surface où elles s’alimentent de façon opportuniste d’œufs d’invertébrés, de copépodes et d’euphausiacés; les juvéniles occupent des profondeurs intermédiaires où ils se nourrissent de plus grosses proies (Moser et Boehlert, 1991). Les larves planctoniques de Sebastes peuvent être observées jusqu’à 500 km au large de la côte de la Colombie-Britannique, loin de l’habitat des adultes; cependant, leur séjour à mi-eau (de 200 à 250 m) comme juvéniles les soumet à une advection géostrophique vers la côte(Moser et Boehlert, 1991). Actuellement, rien ne permet de croire que les larves et les juvéniles de sébastes à œil épineux ont des habitudes différentes de celles d’autres espèces du genre Sebastes.

Selon la formule tgen = k + 1/M , où k = 20 (âge à 50 p. 100 de maturité) et M = 0,035 (taux de mortalité naturelle; McDermott, 1994), la durée d’une génération est de 48 ans.


Prédateurs

Dans le golfe d’Alaska, les sébastes à œil épineux s’alimentent surtout de crevettes (Pandalus borealis, P. montagui tridens, hippolytidés et crangonidés), qui composent, en poids, environ de 45 p. 100 à 60 p. 100 du total des contenus stomacaux (Yang et Nelson, 2000). Ils consomment également des poissons, dont le goberge de l’Alaska (Theragra chalcogramma), le hareng du Pacifique (Clupea pallasi), l’eulakane (Thaleichthys pacificus), le lançon gourdeau(Ammodytes hexapterus), des myctophidés, des zoarcidés, des cottidés, des limaces de mer et des poissons plats. Dans le golfe d’Alaska, le poisson compose généralement de 15 à 20 p. 100 du total des contenus stomacaux (Yang et Nelson, 2000). Au nombre des autres proies, on compte le crabe des neiges du Pacifique (Chionoecetes bairdi), des céphalopodes, des amphipodes, des mysidacés, du krill, des cumacés, des isopodes et des polychètes. Toutes les classes de taille de sébastes à œil épineux s’alimentent surtout de crevettes, mais les individus de moins de 30 cm s’alimentent d’une plus grande proportion d’amphipodes alors que les individus de plus de 30 cm consomment davantage de poissons. Krieger et Ito (1999) rapportent que des sébastes à œil épineux quittent le fond pour aller capturer diverses proies.


Relations interspécifiques

Les sébastes à œil épineux coexistent avec de nombreuses espèces visées par la pêche commerciale (figure 12, dont la plie à grande bouche (Atheresthes stomias) et le sébaste à longue mâchoire(Sebastes alutus). Outre la concurrence que se livrent ces espèces pour les ressources alimentaires, on ne dispose d’aucune information à jour concernant des relations qui pourraient limiter la survie des sébastes à œil épineux.


Figure 10 : Diagramme à bulles illustrant la distribution des âges observée diverses années chez la paire d’espèces de sébastes à œil épineux, dans la zone 5E de la CPMP (ouest des îles de la Reine-Charlotte)

Figure 10 : Diagramme à bulles illustrant la distribution des âges observée diverses années chez la paire d’espèces de sébastes à œil épineux, dans la zone 5E de la CPMP (ouest des îles de la Reine-Charlotte).

La zone ombragée située en arrière-plan correspond à l’année où les données sont tirées de relevés de recherche; pour les autres années, les données proviennent de la pêche commerciale. Les lignes diagonales indiquent les années de référence pour suivre la progression des cohortes. Les chiffres situés sous la ligne horizontale de l’année 0 indiquent le nombre d’individus dont l’âge a été déterminé pour chaque année. L’âge « 60 » correspond aux individus âgés de 60 ans ou plus. Source : Haigh et al. (2005).


Figure 11 : Analyses des courbes de prises utilisées pour faire l’estimation de la mortalité totale (Z) pour (a-b) les données du relevé de 1997 (n = 431), (c-d) les données commerciales de 1996 (n = 301) et (e-f) les données commerciales de 2003 (n = 415)

Figure 11 : Analyses des courbes de prises utilisées pour faire l’estimation de la mortalité totale pour les données du relevé de 1997, les données commerciales de 1996 et les données commerciales de 2003.

(a,c,e) p = distribution des âges, observée (barres verticales) et prédite (courbes continues) par le modèle des courbes de prises de Schnute et Haigh (2006). Les anomalies de recrutement présumées sont indiquées par des barres verticales foncées. Une sélectivité complète à l’âge de 40 ans est présumée. (b,d,f) Échantillons a posteriori de Z représentés par des histogrammes. Les lignes verticales continues indiquent le mode de l’ajustement des modèles. Les lignes verticales en traits indiquent les valeurs moyennes de Z, les lignes verticales pointillées indiquent les quantiles de 2,5 % et de 97,5 %. Source : Haigh et al. (2005).


Figure 12 : Abondance des 20 principales espèces trouvées dans les traits de chalut (1996-2004) ayant capturé un minimum de un sébaste à œil épineux dans la plage de profondeurs privilégiée par l’espèce (de 170 à 650 m)

Figure 12 : Abondance des 20 principales espèces trouvées dans les traits de chalut (1996-2004) ayant capturé un minimum de un sébaste à œil épineux dans la plage de profondeurs privilégiée par l’espèce (de 170 à 650 m).

L’abondance est exprimée comme un pourcentage du poids total de l’ensemble des espèces capturées dans les traits. Source : Haigh et al. (2005).


Physiologie

Inconnue.


Déplacements et dispersion

On ne dispose d’aucune donnée sur la dispersion de cette paire d’espèces durant le stade planctonique, ni sur les habitudes de déplacement des adultes. Comme d’autres espèces du genre Sebastes, la dispersion des larves planctoniques est sans doute influencée par les courants océaniques. Gharrett et al. (2005) déduisent que les déplacements sont limités, étant donné l’hétérogénéité génétique apparente entre diverses populations géographiquement distinctes.


Adaptabilité

Inconnue. On sait que l’espèce est sensible au barotraumatisme.