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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le loup atlantique (Anarhichas lupus) au Canada (2000)

Habitat

Définition

Le loup atlantique se rencontre avant tout dans les eaux profondes du plateau continental, sur des fonds d’argile dure ou de roche, et à l’occasion seulement, sur des fonds de sable ou de boue. Comme chez les autres espèces de loup, ses déplacements sont localisés et limités (Templeman, 1984), et il ne forme pas de grands bancs. On sait toutefois qu’il effectue de petites migrations saisonnières entre les eaux intérieures et les eaux du large (Keats et al., 1985). On trouve l’espèce depuis les eaux très peu profondes jusqu’à une profondeur de 500 m, mais on pense qu’elle préfère demeurer entre 100 et 150 m; cette préférence varie cependant selon le lieu. Le loup atlantique est par ailleurs un poisson d’eau fraîche à froide; il tolère une large gamme de températures (de –1 °C à 10 °C), mais préfère des températures situées entre –0,4 °C et 6 °C. Ces préférences de température peuvent également varier selon l’endroit.

 

Tendances

En plus des renseignements sur les températures et les profondeurs, les campagnes de chalutage scientifiques du MPO recueillent également des données sur la position de touts les sites où l’espèce a été capturée. Cette information peut servir à dresser un tableau des tendances temporelles dans l’aire occupée par l’espèce. Si, en 1984, on rencontrait le loup partout dans les eaux profondes de la plate-forme continentale au nord-est de Terre-Neuve, en 1993, son aire s’était rétrécie presque exclusivement à une bande du large longeant le talus. Selon les cartes fournies par le MPO (2000, in litt.), le loup atlantique semble s’être déplacé vers les secteurs plus profonds en périphérie de l’aire du plateau néo-écossais; pour le golfe du Saint-Laurent, les cartes ne permettent guère d’établir de profils, mais montrent clairement que l’espèce est généralement rare dans la région.

Un autre indicateur d’un éventuel rétrécissement de l’aire de l’espèce, la proportion des sites de relevé annuel où le loup atlantique a effectivement été capturé, est illustré à la figure 3 pour tous les secteurs canadiens. On peut constater que le pourcentage a diminué de façon régulière, passant de près de 35 p. 100 en 1978, à environ 10 p. 100 en 1994. Dans les eaux de Terre-Neuve, on a capturé l’espèce dans 88 p. 100 des sites où l’on s’y attendait (en fonction des préférences de l’espèce en matière de profondeur et de température) en 1978, niveau d’occurrence qui s’est maintenu jusqu’à 1985 environ. Après 1985, ce pourcentage a diminué régulièrement pour atteindre 33 p. 100 en 1993.

Figure 3.  Proportion des sites de relevé scientifique où l’on a capturé des loups atlantiques (Anarhichas lupus) de 1978 à 1999. Ligne pleine et points : eaux canadiennes, données du PESCEAN. Ligne pointillée et X : eaux de Terre-Neuve seulement, données fournies par le MPO en septembre 2000. Il faut noter que le protocole d’échantillonnage a changé en 1995.

Figure 3.  Proportion des sites de relevé scientifique où l’on a capturé des loups atlantiques (Anarhichas lupus) de 1978 à 1999. Ligne pleine et points : eaux canadiennes, données du PESCEAN. Ligne pointillée et X : eaux de Terre-Neuve seulement, données fournies par le MPO en septembre 2000. Il faut noter que le protocole d’échantillonnage a changé en 1995.