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Loup atlantique (Anarhichas lupus)

Biologie

Reproduction

La fraye du loup atlantique semble varier beaucoup dans le temps et dans l’espace. Sur la côte est de Terre-Neuve, certains loups atlantiques migrent vers les eaux littorales peu profondes au printemps et frayent en septembre; l’éclosion a lieu à la mi-décembre (Keats et al., 1985). Dans le golfe du Maine (Nelson et Ross, 1992) et à l’est de Terre-Neuve (Keats et al., 1986), on pense que seuls les poissons de plus de 50 cm ayant atteint la maturité sexuelle se déplacent vers les eaux littorales, tandis que les juvéniles, plus petits, restent en eau profonde. Au Groenland, c’est en septembre et en octobre que Beese et Kandler (1960) ont observé le plus grand nombre de géniteurs. En Islande, la situation est tout autre qu’à Terre-Neuve; Jónsson (1982) signale que les loups atlantiques se déplacent des hauts-fonds vers les eaux profondes pour frayer entre septembre et décembre ou janvier, pour revenir ensuite dans les eaux peu profondes pour se nourrir. De même, dans la mer Blanche, la fraye et la recherche de nourriture s’excluent mutuellement, la première ayant lieu en eaux profondes (entre 70 et 300 m) d’août à septembre (Pavlov et Novikov, 1993). Selon Keats et al. (1985: 2567), la littérature évoque une variabilité de la saison de reproduction en fonction du lieu et de la profondeur. Ainsi, les populations géographiquement distinctes de loups atlantiques, vues à grande échelle, pourraient avoir des cycles de vie distincts et différents; mais cette possibilité doit faire l’objet d’un examen plus approfondi.

Parmi tous les poissons connus, le loup est l’un de ceux qui pond les plus gros œufs (jusqu’à 6,0 mm de diamètre). Ces œufs, déposés en une grosse masse sur le fond, sont gardés par le mâle. Les larves demeurent généralement près du fond, et nagent rarement vers la surface; elles ont tendance à rester à proximité du lieu d’éclosion.

Les migrations limitées des adultes et la dispersion restreinte des larves depuis leur lieu d’éclosion pourraient, à petite échelle, être des facteurs combinés de risque pour la survie des populations de loups atlantiques. Si la population d’une région donnée est décimée pour des raisons d’ordre environnemental ou anthropique, il est peu probable qu’elle se rétablisse par une immigration de source externe. La large gamme de températures et de profondeurs à laquelle l’espèce semble adaptée pourrait en fait être un indice des régimes de profondeur et de température uniques caractérisant chacune des populations, qui seraient distinctes plutôt que confluentes.

On ne connaît pas le taux de croissance du loup atlantique dans les eaux de l’Atlantique canadien, et on ne possède que peu de données pour les autres régions. En Europe, il faut trois ans aux poissons pour atteindre 25 cm (Wheeler, 1969). Selon Scott et Scott (1988), le taux de croissance est lent dans l’Atlantique canadien après le premier été. On sait que la croissance ralentit encore plus vers l’âge de cinq ou six ans, lorsque les poissons ont besoin de toute leur énergie pour le développement des gonades (Nelson et Ross, 1992). Dans les eaux de l’est de Terre-Neuve, le loup atlantique atteint la maturité à une longueur variant de 43 à 67 cm (de 0,56 à 2,39 kg en poids); 50 p. 100 des individus mesurant entre 52 et 60 cm (de 1,02 et 1,57 kg) sont matures (Templeman, 1986). Les poissons de cette taille ont de 8 à 10 ans. On sait que le loup atlantique peut atteindre 152 cm de longueur; des spécimens âgés de vingt ans ont été capturés au large de l’Islande (Scott et Scott, 1988).

 

Alimentation et relations interspécifiques

Le loup atlantique se nourrit surtout d’invertébrés benthiques à test dur, comme des échinodermes, des mollusques et des crustacés. On pense qu’il joue un rôle clé dans l’écosystème, car il contrôlerait la densité et la répartition spatiale d’espèces comme l’oursin vert (Hagen et Mann, 1992), les crabes (Witman et Sebens, 1992) et le pétoncle géant (Stokesbury et Himmelmann, 1995). Le loup atlantique consomme également de petites quantités de poisson, notamment du sébaste. Si les jeunes loups mangent presque exclusivement des échinodermes, cette source d’alimentation perd graduellement en importance à mesure que le poisson grandit. Les mâles matures mangent moins à l’approche du moment de la fraye et jusqu’à ce que leur tour de garde des œufs soit terminé, tandis que les femelles limitent leur alimentation lorsque les gonades maturent, mais recommencent à se nourrir immédiatement après la fraye (Keats et al., 1985). On sait peu de choses sur les prédateurs du loup atlantique, mais on a signalé la présence de jeunes spécimens dans les contenus stomacaux de morues (Scott et Scott, 1988).