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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la grenouille maculée de l’Oregon au Canada

Biologie générale

Reproduction

Le cycle vital du R. pretiosa est étroitement associé à la présence d’eau et commence quand les grenouilles gagnent les eaux peu profondes des sites de reproduction à la fin de l’hiver. Elles deviennent actives à la fin de l’hiver et au début du printemps; on a déjà observé des grenouilles maculées de l’Oregon actives à une température record de seulement –0,5 °C (McAllister et Leonard, 1997). On ne sait pas où elles hibernent. Les mâles arrivent aux étangs de reproduction habituels à la fin de l’été (Licht, 1969a; McAllister et Leonard, 1997) et se rassemblent en groupes serrés. Les chants ont lieu jour et nuit (McAllister et Leonard, 1997) et sont intenses durant les après‑midi ensoleillés (Licht, 1971). Les mâles émettent des séquences de 6 à 9 courtes notes graves. Leur appel peut être entendu à une distance de 18 à 30 m et est souvent enterré par les vocalisations d’autres animaux du voisinage (Licht, 1969b). Davidson (1995) a décrit autrement l’appel des mâles, soit comme une brève série de 5 à 50 notes graves faibles et caverneuses, qu’on peut imiter en cognant sur du bois avec le poing ou en faisant claquer notre langue sur le palais. Durant la période de reproduction, les mâles chantent très près les uns des autres et ne manifestent pas de comportements agonistiques les uns envers les autres. On a déjà entendu des mâles solitaires chanter au milieu du jour tôt dans l’automne (Hayes et al., 1997).

Quand elles sont prêtes à pondre, les femelles s’approchent des mâles chantants. Quand un mâle adulte rencontre une femelle en état de pondre, il la saisit derrière les membres antérieurs et procède à l’amplexus, ou embrassement. Des mâles et des femelles embrassés ont déjà été observés à plus de 20 m des sites de reproduction traditionnels, apparemment en route vers ces sites (McAllister et Leonard, 1997). Le mâle féconde les œufs pendant que la femelle expulse sa masse d’œufs, souvent sur les masses d’œufs d’autres femelles (Licht, 1969b; obs. pers.). Les femelles adultes ne pondent qu’une seule masse d’œufs par année (Licht, 1974; Olson et Leonard, 1997). Licht (1974) a signalé une moyenne de 643 œufs par masses d’œufs en Colombie-Britannique, tandis que, selon McAllister et Leonard (1997), la moyenne s’élevait à 598 œufs au Washington. Dans un petit échantillon de masses d’œufs pondues à la station radio navale Aldergrove (n=14), j’ai moi‑même obtenu une moyenne de 670 œufs.

Les œufs sont pondus collectivement au milieu de l’après‑midi (Licht, 1971) et la nuit (McAllister et Leonard, 1997). Les sites de reproduction se trouvent habituellement en eau peu profonde à la lisière fortement exposée des marais (Hayes, 1997). Une fois les couples séparés, on pense que les femelles vivent solitairement, tandis que les mâles peuvent demeurer au site de reproduction durant deux ou trois semaines, à la recherche d’autres partenaires sexuels.

Les embryons de la grenouille maculée de l’Oregon ont un diamètre moyen de 2,31 mm (Licht, 1971). Le développement embryonnaire est tributaire de la température et peut prendre moins de 10 jours (Hayes, 1997). Licht (1971) a mesuré la température de l’eau durant le jour autour des masses d’œufs et a obtenu une moyenne de 20 °C. À partir de tables des stades de développement établies par Pollister et Moore (1937), Licht (1971) a déterminé que les embryons éclosent au stade 21.

Les têtards terminent leur métamorphose à moins de quatre mois, soit légèrement plus rapidement que l’anoure type (Duellman et Trueb, 1986). Licht (1973) a avancé que la période de développement larvaire plus courte du R. pretiosa par rapport à celle des R. aurora sympatriques pourrait expliquer le taux de survie supérieur des grenouilles maculées de l’Oregon juvéniles. La taille (longueur museau‑cloaque) au terme de la métamorphose est de 30 à 33 mm (Licht, 1986a), et, en Colombie‑Britannique, les juvéniles atteignent la maturité sexuelle et commencent à se reproduire dans leur troisième année (Licht, 1986). McAllister signale que dans l’État de Washington, les femelles atteignent la maturité sexuelle à trois ans et les mâles, à deux ans (comm. pers.). À partir de données sur la croissance recueillies dans trois populations de l’Oregon, Hayes (comm. pers., 1997) a établi que tant les mâles que les femelles du bassin Klamath atteignent leur taille adulte en deux ans.

Physiologie

Licht (1971) a signalé que les femelles adultes commencent à pondre quand la température atteint 6 °C. Licht (1971) a aussi établi que les embryons ne peuvent supporter une température supérieure à 28 °C, et que les jeunes embryons peuvent résister jusqu’à huit heures à une température de 1 °C. Pour assurer leur thermorégulation, les juvéniles peuvent se réchauffer en se tenant dans des marais tempérés, très peu profonds (obs. pers.). On a entendu des mâles adultes chantant sous le soleil à la fin de l’après‑midi, l’exposition directe au soleil pouvant leur être bénéfique. Les femelles sont actives durant le jour, et on en a observé en train de pondre durant des périodes ensoleillées (Licht, 1971).

Alimentation

Au chapitre de l’alimentation, le R. pretiosa ne serait pas un spécialiste, et ses habitudes alimentaires ne semblent pas limiter son abondance. Licht (1986a) a observé des grenouilles maculées de l’Oregon métamorphosées se nourrissant de chrysomélidés, de carabidés, d’araignées (arachnidés), de staphylinidés, de syrphidés, de dolicopodidés, de fourmis (formicidés) et de patineurs (gerridés). Les têtards se nourrissent d’algues, de végétation en décomposition et de détritus (Licht, 1974).

Croissance et survie 

Licht (1974) a mesuré des taux de survie de 68 % à des sites de ponte se trouvant près du bord de l’étang, et de 74 % en bordure de la rivière. Durant les longues périodes sèches ou les froids extrêmes, les œufs risquent grandement de geler ou de se dessécher, ce qui constitue un inconvénient majeur de l’exploitation de sites de ponte collective au pourtour peu profond des milieux humides. Durant la deuxième année de l’étude de Licht, tous les embryons se seraient desséchés si Licht n’avait pas remis les masses d’œufs dans l’eau. Des circonstances similaires ont été observées à la station radio navale Aldergrove (obs. pers.), au ruisseau Dempsey en 1995, et au lac Trout en 1997 (McAllister et Leonard, 1997). Durant l’été où l’étang de son étude s’est asséché, Licht (1974) a estimé que moins de 1 % des têtards éclos ont atteint le stade de la métamorphose. Bien que la rivière n’ait pas été asséchée dans ce même été, Licht a signalé que seulement 7,3 % des têtards y ont survécu jusqu’à la métamorphose.

Licht (1974) a établi que 67 % des grenouilles métamorphosées avaient survécu à leur première année, et que 64 % des adultes survivaient d’une année à l’autre. Le taux de survie des mâles (45 %) était significativement différent du taux de survie des femelles (67 %). La longévité du R. pretiosa est inconnue.

Comportement 

On connaît peu le comportement du R. pretiosa en dehors de la saison de reproduction. Si une menace survient alors qu’elles sont à l’eau, les grenouilles maculées de l’Oregon s’enfoncent lentement ou plongent vers le fond, où elles trouvent refuge dans le substrat (Licht 1986b). Si elles sont à terre, elles se dirigent vers l’eau, plongent vers le fond et se réfugient dans la végétation dense du substrat.