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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la grenouille maculée de l’Oregon au Canada

Facteurs limitatifs

Les effectifs du R. pretiosa en Colombie-Britannique sont beaucoup plus faibles que ceux signalés dans l’État de Washington et en Oregon. Hayes et al. (1997) ont examiné un ensemble de facteurs limitatifs qui pourraient expliquer ces effectifs réduits, soit : la destruction anthropique d’habitats, la perte d’habitats liée à la succession végétale, l’altération de l’hydrologie, l’introduction de prédateurs et de plantes étrangers, la gestion du bétail, et l’isolement.

Pertes d’habitats

Selon Hayes (1994b), une population de grenouilles maculées de l’Oregon ne peut se maintenir que dans un habitat d’au moins quatre hectares. Hayes et al. (1997) ont signalé que 14 des 24 sites (58 %) occupés par l’espèce se trouvent dans des parcelles d’habitat propice relativement petites (moins de 25 hectares).Ces auteurs sont d’avis que ces sites sont menacés du simple fait que l’habitat propice y est peu étendu.

La plus importante population documentée de grenouilles maculées de l’Oregon en Colombie-Britannique est celle de la station radio navale Aldergrove, où l’on trouve environ 2,6 hectares de marais de bassin peu profond (Ward, 1989). Ward (1989) a également évalué la superficie des marécages Maria et Mountain à respectivement 9,2 et 12,3 hectares de marais de plaine inondable. Si l’évaluation des risques réalisée par Hayes (1997) pour les habitats de l’espèce en Oregon vaut pour les populations de la Colombie-Britannique, les trois populations restantes de la province se trouveraient tout autant en péril en raison des faibles superficies d’habitat.

L’envahissement du milieu par les végétaux des premiers stades de succession semble détériorer l’habitat de reproduction du R. pretiosa. Les marais de plaine inondable peu profonds essentiels au R. pretiosa se trouveront éventuellement réduits ou altérés au point de ne plus permettre la reproduction de l’espèce. De plus, la succession végétale peut aussi rendre le milieu impropre à la reproduction de l’espèce.

Altération de l’hydrologie

Les sites de reproduction historiques où il y a ponte collective peuvent disparaître par suite d’une altération de l’hydrologie se soldant par un assèchement ou un apport en eau trop important. Ce dernier cas de figure a été observé à la station radio navale Aldergrove en raison de l’activité des castors (Castor canadensis) en 1999 (obs. pers.). Bien que les castors aient été bénéfiques au R. pretiosa en créant un habitat dégagé dans le milieu humide boisé du site, ils ont aussi entraîné la formation d’un étang allongé peu profond à la bordure de la principale zone de reproduction des grenouilles où des œufs ont été observés en 1997. Cet étang a privé les grenouilles de la zone d’environ 300 mètres de marais de plaine inondable peu profond où elles avaient pondu en 1997. En 1999, deux zones où se regroupaient les grenouilles pour se reproduire ont été trouvées aux deux extrémités de l’étang créé par les castors. Cet étang semblerait donc trop profond pour la reproduction du R. pretiosa, ce qui renforcerait l’hypothèse que cette espèce aurait besoin pour se reproduire d’un marais de plaine inondable très peu profond.

Plantes et prédateurs étrangers

Un certain nombre de carrières de gravier ont été exploitées dans le passé à South Langley et South Surrey. Ces carrières se sont par la suite remplies d’eau et sont devenues de petits lacs très propices au ouaouaron (Rana catesbeiana). Le ouaouaron est un prédateur d’amphibiens bien connu (Duellman et Trueb, 1986), qui peut se nourrir de têtards du R. pretiosa aussi bien que d’adultes.

L’alpiste roseau (Phalaris arundinacea) est présent à tous les sites de Colombie-Britannique occupés par la grenouille maculée de l’Oregon. Bien que son impact sur le R. pretiosa ne soit pas totalement compris, il semble qu’en envahissant les marais de plaine inondable peu profonds, il réduise ou fasse complètement disparaître l’habitat de reproduction ouvert dont a besoin le R. pretiosa en formant des couches épaisses de végétation en putréfaction. Si le roseau alpiste n’était pas présent dans ces sites, les grenouilles maculées de l’Oregon pourraient s’y assembler pour se reproduire. 

Gestion du bétail

En boutant et en piétinant les zones jouxtant le site de Licht, le bétail pourrait avoir freiné la succession naturelle. Ainsi, la présence du bétail pourrait avoir contribué à maintenir la population du R. pretiosa en préservant un habitat propice. Quand le site a été intégré à un parc public, le bétail a été retiré et la succession végétale s’est effectuée dans des conditions naturelles. Ce changement de vocation du terrain et le retrait du bétail ont probablement contribué à la disparition du R. pretiosa au site de Licht.

Isolement des populations et des habitats

La population de R. pretiosa de la station radio navale Aldergrove est complètement isolée des deux autres populations encore présentes en Colombie-Britannique. De plus, il n’y a autour de son habitat aucun autre habitat de taille convenable. On a trouvé des masses d’œufs à un endroit situé à environ un kilomètre de l’habitat de reproduction principal de la station radio, mais l’habitat à cet endroit a une superficie de moins de 0,5 hectares. Par ailleurs, les marécages Maria et Mountain sont également isolés l’un de l’autre, et l’habitat propice entre ces deux sites est très fragmenté, de sorte qu’il est peu probable qu’il y ait échanges entre les deux populations.

Changement climatique

Les effets potentiellement dévastateurs du changement climatique sur l’ensemble ou sur une partie de la production de grenouilles maculées de l’Oregon dans l’année en cours ne doivent pas être négligés. Comme les masses d’œufs sont pondues en groupes chez cette espèce, le risque que les embryons se dessèchent si les niveaux d’eau fluctuent rapidement est particulièrement élevé.