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Trichophore à feuilles plates / Scirpe timide

RÉTABLISSEMENT

1. Buts du rétablissement

Le but du rétablissement pour cette espèce est d’assurer la survie à long terme des populations canadiennes existantes, ce qui demande de maintenir la population de Cootes Paradise à son niveau actuel (entre 1 000 et 1 200 plants en 2003) jusqu’à ce qu’une étude de la population minimale viable ait été réalisée, et d'accroître la population du parc de la Rouge jusqu'à un niveau durable. Selon les résultats des études démographiques, il faudra peut-être aussi accroître la quantité d’habitat convenable inoccupé pour s'adapter à la dynamique de métapopulation. Il s’agit donc d’un but qui se situe à l'intérieur du continuum allant de la survie au rétablissement de l'espèce, tel que cela convient pour une espèce dont les populations canadiennes se trouvent à la périphérie d’une population en sécurité aux États-Unis.

2. Objectifs du rétablissement

1)     Clarifier les menaces pesant sur cette espèce dans son aire de répartition au Canada.

2)     Gérer les sites de façon à y maintenir les conditions nécessaires au maintien des populations existantes et de leur diversité génétique.

3)     Élaborer et mettre en œuvre des protocoles de suivi afin d’évaluer les menaces et les impacts des mesures de gestion.

4)     Mener des recherches dans des zones choisies afin de trouver des populations n’ayant pas été répertoriées auparavant et étudier la possibilité d’accroître la disponibilité de l’habitat de rétablissement.

5)     Préciser les objectifs à mesure que de nouvelles données sont disponibles.

3. Approches pour l’atteinte des objectifs du rétablissement

Le tableau 1 présente un sommaire des activités recommandées pour le rétablissement du trichophore à feuilles plates/scirpe timide.

Tableau 1. Stratégies et approches pour le rétablissement

PrioritéObj.Approche générale Menaces abordéesMesures spécifiques

Résultats escomptés

(fixer des objectifs mesurables)

Urgent1; 2; 3; 4Recherche§        Mieux comprendre les menaces actuelles et cerner les nouvelles menaces.

§        Déterminer quel niveau et quel type de perturbation favorise la persistance ou constitue une menace.

§        Déterminer l’écologie du feu de cette espèce et si le brûlage dirigé est utile ou nécessaire pour favoriser le recrutement.

§        Évaluer le rôle d’autres menaces potentielles : perturbations humaines; changements dans les conditions abiotiques (en raison de la fermeture du couvert, de la fragmentation de l’habitat ou de perturbations); prédateurs et pathogènes; concurrence (y compris les espèces non indigènes); perte potentielle de variabilité génétique; etc.

§        Effectuer une analyse de la population minimale viable pour les populations canadiennes.

§        Déterminer avec précision les caractéristiques biotiques et abiotiques de l’habitat essentiel.

§        Élucider des aspects clés de l’écologie de l’espèce : système sexuel; recrutement (reproduction par graines par rapport à reproduction végétative); dispersion; survie; longévité; liens écologiques; dynamiques des populations; compétitivité; etc. Ces études devront être menées pour les populations canadiennes et pour les populations centrales (celles des États-Unis) afin d’évaluer les conséquences de la localisation périphérique des populations canadiennes sur leur écologie.

§        Évaluer la variabilité génétique entre les populations canadiennes, et entre les populations canadiennes et les populations centrales, et mener des études subséquentes sur certains aspects génétiques (évaluer le degré d’adaptation locale; déterminer le degré de flux génétique; déterminer le rôle de la reproduction végétative par rapport à la reproduction sexuée; etc.).

§        Évaluer l’utilité d’une banque de semences pour conserver la diversité génétique locale.

§        Élaboration de critères et de techniques de gestion en fonction des menaces, notamment l’évaluation d’une dynamique potentielle de métapopulation et des rôles de l’intendance, de la sensibilisation, de l’application de la loi, etc. sur le rétablissement.

§        Élaboration d’un plan d’action pour le rétablissement intégrant les données ci-dessus.

§        Détermination des tailles minimales de population auto-suffisante.

§        Détermination du besoin de conservation ex situ (banque de semences, etc.).

§        Élaboration de critères afin de reconnaître et de protéger l’habitat essentiel et l’habitat de rétablissement, et d’évaluer les changements dans l’habitat des populations existantes.

Urgent2Gestion et réduction des menaces§        Toutes les menaces spécifiques au site (succession, perturbations excessives, broutage par les chevreuils, concurrence). §        Élaborer des plans de gestion spécifiques au site pour les populations existantes.

§        Élaboration de plans de gestion spécifiques aux menaces (incluant des volets de sensibilisation et de mise en application de la loi afin d’aborder les facteurs anthropiques).

§        Stabilisation (et peut-être remise en état) des populations existantes.

Urgent3Suivi et évaluation§        Évaluer si les mesures de gestion produisent les effets escomptés.

§        Établir des protocoles de suivi afin d’évaluer les populations et leurs réponses aux techniques de gestion.

§        Effectuer le suivi des populations et des menaces.

§        Production de données exactes qui serviront aux activités subséquentes de gestion et de recherche, et à l’évaluation des efforts de rétablissement.
Utile4Inventaire§        S’assurer que l’espèce n’est pas passée inaperçue aux autres sites, la majorité des personnes la connaissant mal.

§        Faire des relevés dans l’habitat convenable pour trouver de nouvelles populations.

§        Faire des relevés des sites potentiels d’habitat de rétablissement au Canada.

§        Former le personnel de terrain de divers organismes pour les aider à identifier l’espèce et à le faire au bon moment.

§        Développement d’une compréhension précise de la répartition de l’habitat de rétablissement et des secteurs qui pourraient être remis en état pour devenir de l'habitat de rétablissement.

§        Développement d’une compréhension précise de la répartition et des niveaux de population du trichophore à feuilles plates/scirpe timide.

Utile4Remise en état§        Succession, perturbations excessives, broutage par les chevreuils, concurrence.§        Promouvoir la remise en état de l’habitat de rétablissement du trichophore à feuilles plates/scirpe timide, de manière indépendante ou conjointement avec d’autres groupes ou programmes de rétablissement.

§        Accroissement de la disponibilité de l’habitat pour accueillir de nouvelles populations.

§        Accroissement potentiel de l’habitat pour les espèces des terres boisées à herbes hautes.

Nécessaire5Planification du rétablissement§        S’assurer que les mesures prises sont appropriées et qu’elles sont fondées sur des données actuelles.§        Réviser régulièrement le présent programme à la lumière des nouvelles données disponibles.

§        Élaboration d’un plan de gestion à long terme avec un solide fondement biologique.

§        Élaboration d’un plan d’action pour le rétablissement.

 

4. Impacts potentiels du programme de rétablissement sur d’autres espèces et/ou sur des processus écologiques

Au Canada, le trichophore à feuilles plates/scirpe timide pousse en présence d'espèces d’herbes hautes, sur des pentes sèches, découvertes et boisées. Par conséquent, les mesures de rétablissement mises de l’avant pour le trichophore à feuilles plates/scirpe timide pourraient avoir des répercussions positives sur les communautés des terres boisées à herbes hautes. De nombreuses autres espèces rares poussent dans les ouvertures des terres boisées à herbes hautes (à l’heure actuelle ou historiquement), notamment le pycnanthème gris (Pycnanthemum incanum), le lin de Virginie (Linum virginianum), le gerardia (Aureolaria virginica) et l’hypoxie hirsute (Hypoxis hirsuta). Les terres boisées à herbes hautes sont un type d’habitat rare dans la province. Puisque l’on suppose que le trichophore à feuilles plates/scirpe timide serait une espèce qui profite des trouées, il pourrait être sensible aux espèces exotiques envahissantes. Les mesures de rétablissement pourraient donc exiger d'effectuer le contrôle localisé des espèces non indigènes.

5. Mesures déjà achevées ou en cours

Certaines des exigences en matière d’entreposage des graines et de germination ont été étudiées aux Jardins botaniques royaux (JBR). La cartographie de l’habitat de Cootes Paradise a été réalisée et une étude démographique d’enquête a été entamée. Les JBR ont également entrepris des activités de remise en état des hautes herbes (brûlage dirigé) qui pourraient profiter à l’espèce. Des inventaires de toutes les populations ont été achevés en 2001, et une recherche pour trouver une des populations du parc de la Rouge a été achevée en 2005. On examine actuellement des possibilités de partenariats afin de poursuivre le suivi de cette espèce dans le parc de la Rouge.

6. Échéancier prévu pour l'élaboration d'un ou de plusieurs plans d'action

L’équipe de rétablissement préparera un plan d’action d’ici 2009, avec, au besoin, l’aide d’un groupe de mise en œuvre du rétablissement. Le plan abordera les besoins en matière de recherche, les inventaires, la gestion des sites, le suivi et la remise en état.

7. Évaluation

La réussite du présent programme de rétablissement peut être mesurée en fonction de plusieurs critères :

  1. Les menaces à la persistance de l’espèce au Canada ont été identifiées et atténuées grâce à la mise en œuvre de plans de gestion fondés sur les menaces et spécifiques au site.
  2. Les niveaux locaux requis pour garantir la viabilité à long terme des populations ont été déterminés et atteints.
  3. L’habitat essentiel a été délimité avec précision et protégé.
  4. Des programmes de suivi ont été élaborés et mis en œuvre.
  5. Des recherches ont été menées sur des sites potentiels afin d’y déceler la présence d’habitat convenable et de populations de trichophores à feuilles plates/scirpe timide.
  6. Une quantité suffisante d’habitat a été remise en état dans l’aire de répartition de l’espèce de façon à garantir sa capacité à coloniser de nouveaux sites et pour maintenir une population nationale autosuffisante.