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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur les couleuvres agiles à ventre jaune de l’Est et de l’Ouest au Canada - Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

Les deux sous-espèces ont fait l’objet de menaces semblables, communes à d’autres espèces de serpent dans les régions où elles habitent. Les habitats essentiels pour les couleuvres agiles comprennent des gîtes d’hivernage, des sites de nidification et des aires d’été adaptés qui leur procurent un abri adéquat et suffisamment de nourriture. Les menaces d’origine anthropique comprennent la perte de l’habitat, la destruction directe des terriers, la mortalité sur les routes, la contamination de la nourriture par l’épandage de pesticides, la mortalité causée par des machines agricoles, et les feux de forêts ou les feux d’herbes. Bien que la mortalité pendant l’hiver soit naturellement élevée, les effets indirects de la perte d’habitat peuvent augmenter ce taux de mortalité si des gîtes d’hivernage adéquats disparaissent ou si la disponibilité des aliments est compromise. En outre, comme les couleuvres agiles restent très attachées à l’endroit où se trouve leur terrier, elles sont parfois incapables de trouver un nouvel endroit approprié où passer l’hiver. Les sites de nidification sont aussi vulnérables à la perturbation.

Selon Wright et Wright (1957: 140), le brûlage annuel des prairies pourrait nuire aux populations de C. c. flaviventris. Les récents feux de forêts en Colombie-Britannique pourraient aussi avoir eu des effets dévastateurs sur les couleuvres agiles, mais dans tous les cas, aucun de ces effets n’a jamais été démontré. De même, les couleuvres agiles partagent souvent leur habitat avec des bovins, mais les incidences négatives du pâturage n’ont pas été prouvées. Les couleuvres ont survécu sur des terres où des bovins avaient pâturé pendant de nombreuses décennies. Il y a certes eu modification de l’habitat en raison du surpâturage, mais l’incidence que cela pourrait avoir sur les couleuvres agiles est inconnue (Macartney, observations inédites, tel que cité dans Campbell et Perrin, 1991). Une trop grande utilisation de pesticides dans la région du sud de l’Okanagan pourrait nuire aux insectes et, par conséquent, réduire la disponibilité alimentaire pour le C. c. mormon (Shewchuk et Waye, 1995). Il faudrait aussi se pencher sur les répercussions liées à l’ingestion d’insectes contaminés par des pesticides. Par ailleurs, de nombreuses couleuvres agiles sont tuées accidentellement par des machines agricoles dans les zones rurales et agricoles. Selon Fitch (1963 : 455), au Kansas, le nombre de C. c. flaviventris a chuté de 95 p. 100 entre 1911 et 1960 à la suite de la mécanisation de l’agriculture. Depuis 1893, les populations de couleuvres agiles ont énormément décliné dans les régions rurales du Missouri (Wright et Wright, 1957 : 140).

Depuis toujours, l’homme s’en est directement pris aux serpents, en particulier aux crotales. Parce qu’elles ressemblent un peu aux jeunes crotales à cause de leurs motifs tachetés, les jeunes couleuvres agiles peuvent être facilement tuées par erreur. Quelques cas d’abattage délibéré de couleuvres agiles ont certes été signalés (voir par exemple Campbell et Perrin, 1991), mais de tels actes ne sont guère susceptibles d’être rapportés ou découverts, particulièrement dans les régions moins peuplées. La mortalité sur les routes est élevée pour de nombreuses espèces de serpent dans certaines régions des vallées de l’Okanagan et de la Similkameen (Macartney, observations personnelles, tel que cité dans Campbell et Perrin, 1991). Cette mortalité est souvent plus élevée chez les femelles adultes au cours des migrations vers les lieux de ponte et chez les jeunes couleuvres qui viennent de naître, au moment de la dispersion (Bonnet et al., 1999). La mortalité élevée des femelles en âge de se reproduire a une plus lourde incidence que la perte de mâles ou de nouveau-nés, parce que la disparition de ces femelles limitera fort probablement la croissance de la population. Cet obstacle à la croissance de la population pourrait être exacerbé par la maturité tardive des femelles (de trois à quatre ans) et la reproduction bisannuelle (pour le C. c. flaviventris, Fitch, 1963). Cette dernière caractéristique est fort probablement un facteur dans le déclin de la population de l’espèce au Canada.

Comme nous l’avons déjà mentionné (Comportement et adaptabilité), les couleuvres agiles ne survivent pas en milieu urbain. Par conséquent, l’expansion rapide des ensembles résidentiels dans la vallée de l’Okanagan et dans d’autres régions de l’intérieur de la Colombie-Britannique représente une menace sérieuse pour les aires de répartition de ces couleuvres dans la province, et est vraisemblablement à l’origine du déclin et de la fragmentation de la population.