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Rapport annuel du COSEPAC - 2005

Annexe V: Lignes directrices pour reconnaître les unités désignables inférieures à l’espèce ( Annexe F5 du Manuel des opérations et procédures du COSEPAC)

Préparé par le COSEPAC en 2004

Approuvées par le COSEPAC en 2005[1]

Préambule

On reconnaît généralement que l’évaluation de la situation des espèces et la conservation de la diversité biologique exigent la considération, le cas échéant, des populations inférieures à l’espèce (en utilisant « espèce » au sens accepté de la hiérarchie taxinomique). Une bonne part des lois permettent la désignation du statut de populations inférieures à l’espèce. Par exemple, la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale inclut les sous-espèces, les variétés et les populations « géographiquement ou génétiquement distinctes » dans sa définition des espèces sauvages, permettant ainsi d’inscrire des populations inférieures à l’espèce. La reconnaissance par le COSEPAC de ces populations en vue d’une évaluation (c.-à-d. des unités désignables) est guidée par le même objectif général visant à prévenir la disparition, du pays ou de la planète, d’espèces sauvages.

Le COSEPAC s’efforce de reconnaître les unités désignables qui sont des unités importantes et irremplaçables de la biodiversité, bien qu’il y ait des difficultés propres à l’atteinte d’une interprétation uniforme du mot « important ». En outre, parce que les modèles de structure des populations, le cycle biologique et la variabilité génétique diffèrent entre les groupes taxinomiques, l’emploi de critères uniformes pour déterminer a priori les unités désignables adéquates peut être difficile. Des lignes directrices sont nécessaires pour interpréter cas par cas ce qui constitue un élément important de la diversité biologique qu’il faut reconnaître aux fins de l’évaluation par le COSEPAC de la situation de la conservation.

Approche

L’approche habituelle du COSEPAC pour l’attribution d’un statut consiste d’abord à examiner l’espèce dans son ensemble et ensuite, s’il y a lieu, à examiner la situation d’unités désignables inférieures à l’espèce.

  Dans les cas où des unités désignables particulières sont fortement présumées en péril ou encore lorsqu’elles diffèrent en matière de répartition ou d’état de conservation à un point tel qu’une évaluation d’ensemble ne reflèterait pas les préoccupations en matière de conservation, le COSEPAC évaluera des unités désignables distinctes inférieures au niveau de l’espèce.

Le statut peut être attribué aux sous‑espèces, aux variétés ou aux populations géographiquement ou génétiquement distinctes, que l’on peut reconnaître dans les cas où une seule désignation de statut pour une espèce ne suffit pas à décrire avec précision les probabilités de disparition au sein de l’espèce. Il faut reconnaître les unités désignables conformément aux lignes directrices qui suivent.

Lignes directrices

Spécifiquement, on reconnaît les unités auxquelles un statut peut être attribué à un niveau inférieur à l’espèce en se fondant sur l’un des quatre critères (1 - 4) décrits ci‑après. D’ordinaire, le COSEPAC tiendra compte, par ordre de préséance :1) de la taxinomie établie, 2) de la preuve génétique, 3) d’une disjonction de l’aire de répartition, 4) d’une distinction biogéographique.

1) Sous-espèces ou variétés nommées

Le nom des sous-espèces animales est diffusé selon le Code international de nomenclature zoologique ou le nom des sous-espèces ou des variétés végétales est diffusé selon le Code international de nomenclature botanique.

Exemples

Serpent d’eau : Nerodia sipedon sipedon (Non en péril), N. s. insularum (en voie de disparition)

Pie-grièche migratrice : Lanius ludovicianus migrans (en voie de disparition), L. l. excubitorides (Menacée)

Ou

2) Unités identifiées comme génétiquement distinctives

La preuve de la distinction génétique incluant, sans s’y limiter, des traits hérités appropriés (morphologiques, cycle biologique, comportement) et/ou des marqueurs génétiques (p. ex. alloenzymes, microsatellites d’ADN, polymorphismes de restriction (RFLP) de l’ADN, séquences d’ADN, etc.).

Exemple

Saumon Coho : intérieur du Fraser (en voie de disparition), comparativement à d’autres populations

Ou

 3) Unités séparées par une importante disjonction de l’aire de répartition

 Une disjonction entre d’importantes parties de l’aire de répartition géographique globale de l’espèce faisant en sorte que la dispersion des individus entre des régions séparées a été gravement limitée pendant une période prolongée et est peu probable dans un avenir prévisible.

Exemples

érioderme boréal : population de l’Atlantique (en voie de disparition), population boréale (Préoccupante)

Tortue mouchetée : population de l’Atlantique (Menacée), comparativement aux autres populations.

Ou

4) Unités identifiées comme étant distinctes biogéographiquement

L’occupation de différentes régions écogéographiques qui sont pertinentes pour l’espèce et traduit une différence historique ou génétique, qui peut être décrite sur une carte appropriée d’écozones ou de zones biogéographiques (figures 1 à 3).

Exemples

Mormon : Population des montagnes du Sud (VD), Population des Prairies (M).

Caribou des bois : un assortiment de désignations basées sur des zones biogéographiques.

Précautions

Il faut faire preuve d’une prudence adéquate en interprétant les données en vue d’identifier des unités désignables. Il faut considérer l’importance biologique d’une variation phénotypique, génétique ou géographique à la lumière de limites éventuelles des données disponibles. Des renseignements inadéquats sur la variabilité temporelle, des tailles d’échantillon insuffisantes ou la preuve de traits inadéquats (qui sont une variable excessive ou exagérément conservatrice) compromettront la signification des renseignements disponibles.

Il ne faudrait pas reconnaître des désignations de statut distinctes pour des unités de gestion qui ne se fondent pas sur des critères biologiques conformes aux présentes lignes directrices.

Les désignations de statut ne devraient pas être attribuées individuellement aux unités inférieures à l’espèce, si toutes ces unités au sein de l’espèce ont la même désignation de statut. Dans de tels cas, il faudrait appliquer la désignation du statut à toute l’espèce.

Figure. 1. Écozones terrestres du Canada.

Éconzone Terrestre du Canada


Figure 2. Aires écologiques nationales d'eaux douces( préparé par N.E. Mandrak, 2003)

Écozone aquatic du Canada


Figure 3. Provinces fauniques des amphibiens, des reptiles et des mollusques terrestres au Canada ( non publié, préparé par David Green, coprésident du Sous-comité des spécialistes des amphibiens et reptiles du COSEPAC, 2003)

Province Faunique du Canada



[1]  Sous le titre Approche, le mot « habituelle » a été ajouté à la première phrase. Le deuxième paragraphe a été ajouté pour mieux refléter les pratiques du COSEPAC.

Sous la ligne directrice 1 « Sous-espèces ou variétés nommées », le texte a été modifié pour mieux expliquer les sources de noms scientifiques valables.

Sous la ligne directrice 4, un exemple meilleur et plus récent a été utilisé.