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Rapport annuel du COSEPAC - 2005

Annexe 2. Abrégés de présentations

1. Éclaircissements sur les objectifs et la terminologie en matière de risques. (Randall M. Peterman)

Afin de déterminer les indicateurs appropriés et mesurables des risques biologiques, le processus d’évaluation des risques du COSEPAC, utilisé pour classer les populations de poissons (ou d’autres unités) dans les catégories « en voie de disparition », « menacée » ou « préoccupante », doit utiliser des objectifs clairement définis. Par exemple, si la seule préoccupation est d’éviter la disparition absolue, un paramètre approprié est la possibilité qu’il ne reste plus de poisson à une date ultérieure. Cependant, si l’objectif est d’éviter que l’abondance d’une population soit constamment faible, les analystes doivent évaluer deux composantes des risques biologiques, soit la gamme des « états » d’abondance possibles à l’avenir et la probabilité que chacun se réalise. Ici, « l'état » d’une population de poissons peut aussi correspondre, par exemple, à la structure de la population par taille et/ou par âge, à son taux de diminution en biomasse lorsqu’elle est non exploitée ou à sa capacité de se rétablir d’un état de faible abondance ou de productivité. Le processus d’évaluation des risques doit être élaboré en tenant compte de façon explicite du fait que les incertitudes présentes dans les données d’origine ainsi que les hypothèses ont des incidences sur les estimations des éléments suivants : 1) les changements antérieurs dans les mesures de l'état de la population; 2) l'état actuel de la population; 3) les changements ultérieurs dans l'état de la population. Des mesures de gestion doivent aussi être considérées. Ce processus aura pour résultat des distributions de fréquences estimées des indicateurs de risques biologiques. Il est important de ne pas oublier que cette étape d’évaluation des risques biologiques contribue à l’étape de gestion des risques au cours de laquelle les décisionnaires tiennent également compte d’autres renseignements qui ne figurent pas dans l’évaluation des risques biologiques, p. ex. les risques économiques et sociaux. Par contre, les décisionnaires devraient également considérer les incertitudes souvent ignorées que comportent les mesures de risques sociales et économiques. En se fondant sur les objectifs de gestion établis et l’importance accordée à chacun des différents indicateurs, les décisionnaires prendront une décision, chacune laissant entendre quelque compromis parmi divers risques.  

2. Critères de l’UICN concernant les espèces menacées :contexte, utilisations et abus. (Georgina Mace)

L’UICN, l’Union mondiale pour la nature, tient à jour des listes d’espèces menacées depuis les années 1960. Cependant, si les premières listes laissaient plutôt à désirer et si elles étaient fondées sur des observations et des connaissances personnelles, d’importants efforts ont été déployés au cours des 15 dernières années afin de transformer ces listes en un programme qui répond à deux objectifs clés. Ces objectifs sont les suivants : 1) identifier les espèces les plus gravement menacées; 2) enregistrer les tendances d’une gamme représentative d’espèces dans le but de produire un index de la biodiversité. Dans la pratique, il faut avoir recours à différents processus pour atteindre ces deux objectifs. Le premier nécessite des systèmes visant à déterminer les groupes d’espèces évaluées en détails pour établir celles qui ont le plus besoin d’efforts de conservation. Le second nécessite que davantage d’études impartiales de l’ensemble des espèces soient effectuées avec une approche commune afin d’évaluer la probabilité de disparition.

En 1996, de nouveaux critères et de nouvelles catégories ont été établis pour le système de l’UICN, puis modifiés après une étude en 2000. Les catégories et les critères de l’UICN ont pour but de classer les espèces dans des catégories de risque relatif, en fonction de leur probabilité de disparition pendant une période donnée et dans les conditions actuelles. L’évaluation des menaces ne figure pas parmi les mesures prioritaires de conservation, mais elle doit contribuer à l’élément prioritaire.Cette mesure est plutôt une simple méthode visant à déterminer l’urgence à laquelle une évaluation exhaustive doit être entreprise. Une évaluation exhaustive déterminera si l’évaluation des risques fondée sur un critère est exacte et établira les types de mesures appropriées pour inverser la tendance. Les catégories, déterminées par les critères, peuvent cependant être utilisées pour suivre la situation générale de groupes particuliers, comme des indicateurs de la biodiversité.

Les critères sont tirés d’un examen à vaste portée des facteurs déterminant le risque de disparition des espèces. Il s’agit de facteurs intrinsèques, c.-à-d. des caractéristiques biologiques qui rendent l’espèce davantage vulnérable à la disparition (p. ex. faible abondance d’une population, forte variabilité de la taille d’une population, faible variabilité génétique, longue durée de vie/taux de reproduction lent, régime alimentaire ou habitat spécialisé, faible répartition géographique, faible densité de la population, niveau trophique élevé, grande taille corporelle, grande aire de répartition principale), et les processus menaçants extrinsèques (p. ex. modification de l’habitat, perte et dégradation, surexploitation, espèces introduites, ainsi que des séquences de disparition provoquées par l’interaction parmi et entre ces processus). Quelle que soit la cause exacte, les symptômes d’une forte probabilité de disparition sont : 1) les très petites populations (qui sont confrontées à la stochasticité démographique); 2) les populations en déclin, soit celles dont le taux de croissance moyen est négatif à long terme (et dont la population peut éventuellement tomber à zéro); 3) les populations dont le taux de croissance moyen est stable ou positif à long terme, mais qui sont confrontées à une variabilité du milieu qui cause des fluctuations de la population pouvant elles aussi faire tomber la population à zéro.Ces symptômes sont à la base des critères A, B, C et D du système actuel de l’UICN.Chacun des critères comporte une série de seuils quantitatifs établis à partir de théories de base et de résultats d’études d’espèces appartenant à des groupes taxinomiques et d’habitats caractéristiques.Une espèce ne doit satisfaire qu’à un des critères pour être inscrite à une catégorie donnée. Ne pas satisfaire aux critères n’a aucune incidence sur le processus d’inscription, donc le fait que certains critères semblent inappropriés pour certaines espèces ne cause pas de problème. Les critères peuvent être considérés comme un ensemble de filtres de rechange. 

Les données utilisées pour confronter les espèces avec les critères sont adaptées afin de refléter le cycle biologique et les caractéristiques écologiques propres à chaque espèce. Par exemple, la zone d’occupation et la superficie de la zone d’occurrence reflètent la particularité de l’habitat, le caractère distinctif et la fragmentation de la niche.Surtout, et particulièrement pour les populations et les espèces à forte abondance, la taille de la population est déterminée uniquement à l’aide d’une mesure expressément établie selon le nombre d’individus matures. Ce processus a pour but d’estimer la taille réelle d’une population en tenant compte des fluctuations de la population, des variations du succès de la reproduction entre les individus et les sexes, ainsi que de toute dépendance interspécifique. Enfin, la durée d’une génération est utilisée pour réduire les mesures temporelles des critères aux échéanciers naturels des différentes espèces, en fonction du taux de reproduction, du taux de mortalité et de la durée de vie. Des approches visant à incorporer l’incertitude sont maintenant comprises dans les règles et processus relatifs aux critères.  

L’inscription à une des catégories de menace grâce aux critères de l’UICN n’est censée être qu’une première étape pour la plupart des espèces. Le système est conçu pour examiner toutes les espèces de façon globale, et non pas pour effectuer une évaluation détaillée d’une espèce quelconque.L’inscription a pour but d’approfondir les connaissances sur la situation des espèces, et non pas de prescrire un plan d’action particulier; il s’agit là de l’étape suivante. Les organismes et les gestionnaires locaux auront de l’information plus détaillée concernant les analyses précises se rapportant à la gestion. Par conséquent, ce n’est pas l’intervention immédiate qui donne suite à l’inscription, mais bien le diagnostic, l’analyse, puis l’intervention. 

Les catégories et critères de l’UICN sont employés avec succès depuis cinq ans dans le but d’améliorer l’évaluation de la situation des espèces, de déterminer les zones et endroits les plus à risque et de commencer à étudier les tendances au fil du temps. Des problèmes liés à l’emploi de ces catégories et critères sont survenus là où les évaluateurs les avaient mal utilisés, p. ex. par la modification des critères pour des utilisations locales ou particulières, la décision de n’employer que certains critères, la simplification des critères en supprimant les sous-critères, l’omission de l’échelle temporelle quant à la durée de la génération, la non utilisation des définitions (surtout en ce qui concerne les individus matures) et l’utilisation des catégories pour prédire les taux de disparition.

3. L’évaluation des poissons marins par le COSEPAC. (Mart Gross) 

L’évaluation des poissons marins par le COSEPAC met en jeu les critères de l’UICN à plusieurs étapes.Premièrement, à l’étape de la Liste des espèces candidates en ordre de priorité, le Sous-comité de spécialistes (SSE) des poissons marins utilise le logiciel Red List de Ramas, mis au point en tenant compte des critères de l’UICN, pour aider à déterminer les espèces qui courent le plus grand risque de disparition. Le SSE utilise également d’autres sources d’information (p. ex. l’évaluation de la situation générale effectuée par le ministère des Pêches et des Océans [MPO], ainsi qu’une variété de commentaires d’experts), et transmet sa Liste des espèces candidates en ordre de priorité au COSEPAC pour que celui-ci dresse sa propre liste des espèces candidates à l'échelle des taxons destinée aux soumissons pour les rapports de situation. Deuxièmement, les rapports de situation du COSEPAC utilisent un modèle qui met en évidence les critères de l’UICN pour l’organisation et l’analyse de l’information. Le SSE des poissons marins tire ensuite du rapport de situation l’information requise pour comparer la situation des espèces contre les critères de l’UICN. Par la suite, l’analyse du SSE est transmise au COSEPAC, indiquant pour chaque critère de l’UICN, la situation qui serait attribuée si seuls ces critères étaient respectés. Troisièmement, l’évaluation effectuée par le COSEPAC sert à examiner l’information fournie par le SSE et à comparer encore une fois les renseignements contenus dans le rapport de situation contre les critères de l’UICN, et à déterminer enfin ainsi la situation et à inscrire dans le compte rendu de la réunion les critères rencontrés .En dernier lieu, le processus de désignation du statut effectué par le COSEPAC (p. ex. en voie de disparition, menacée et préoccupante) suit de près celui de l’UICN, mais varie légèrement. Au cours du processus, les critères de l’UICN guident le COSEPAC sans toutefois qu’il ne les utilise de façon normative.

Jusqu’ici, le COSEPAC a évalué 20 espèces de poissons marins. Parmi ces espèces, 11 ont été désignées en voie de disparition ou menacées.Le critère de l’UICN concernant le taux de déclin a été appliqué à toutes les espèces (pour une espèce, une analyse de la viabilité de la population (AVP) était également disponible). Cette mesure diverge du processus d’évaluation des autres taxons, où les cinq critères sont appliqués, selon l’espèce, et où le taux de déclin est habituellement appliqué à moins d’un quart des espèces.La différence entre les taxons semble refléter la capacité du SSE des poissons marins à recueillir l’information provenant des données sur les pêches ou provenant d’études, qui ne sont peut-être pas disponibles pour les autres taxons.  

Six des espèces de poissons marins sont désignées en voie de disparition et ont un taux de déclin moyen de 87 pour 100 pendant la période de l’analyse (habituellement trois générations). Cinq espèces sont désignées menacées et ont un taux de déclin moyen de 92 pour 100. Le fait que les espèces menacées aient un taux de déclin moyen légèrement plus élevé que les espèces en voie de disparition témoigne de l’utilisation par le COSEPAC de facteurs additionnels, et non simplement des critères de taux de déclin établis par l’UICN. Une comparaison de la liste des espèces en voie de disparition avec celle des espèces menacées montre que la première affiche un déclin continu et/ou de très faibles populations (moins de 1 000 individus matures) comparativement à la seconde. Le COSEPAC a également désigné préoccupante une espèce de poisson marin tandis que selon les critères de déclin établis par l’UICN, elle serait menacée. Dans le cas présent, un grand nombre d’individus sont encore vivants, ce qui a joué un rôle dans le processus de désignation du COSEPAC.

           En résumé, le COSEPAC utilise les critères de l’UICN pour faciliter l’amorce du processus de priorisation des poissons marins en vue de leur évaluation. Le Comité utilise ces critères comme lignes directrices qui ne sont pas normatives pour désigner les statuts et pour normaliser la documentation. En pratique, cependant, les critères de l’UICN ont été appliqués de façon limitée au cours du processus de désignation du statut des poissons marins. Deux raisons expliquent ce choix. En premier lieu, un seul des cinq critères de l’UICN, le taux de déclin, est largement appliqué, car les données sur le taux de déclin sont disponibles et que les autres critères ne s’appliquent pas pour beaucoup d’espèces de poissons marins. En second lieu, le taux de déclin des poissons marins présélectionnés pour l’évaluation est fortement supérieur à celui du critère de taux de déclin utilisé par l’UICN, et par, conséquent, les critères ne déclenchent pas eux-mêmes le processus de désignation pour une espèce donnée. Le facteur de menace principal qui touche les poissons marins est l’exploitation (la plus grande menace chez au moins 10 des 11 espèces), et pour la plupart des désignations du COSEPAC, le taux de déclin moyen chez les espèces en voie de disparition et menacées sur trois générations ou plus s’élève à environ 90 pour 100. Ces espèces sont considérées comme menacées de disparition en raison du déclin important de leur population et d’autres aspects relatifs à leur cycle biologique. Le COSEPAC n’utilise pas les critères de l’UICN de façon normative, étroite ou rigide, mais plutôt comme guide dans le cadre du processus d’évaluation.

4. Les poissons sont-ils différents? Corrélats biologiques du statut d’espèce menacée comparés aux taxons terrestres. (John Reynolds)

Faut-il évaluer le statut d’espèce menacée des espèces de poissons en utilisant des critères différents de ceux employés pour les autres groupes d’organismes?Les poissons réagissent peut-être différemment aux deux grandes menaces auxquelles elles et les espèces terrestres sont confrontées, soit la perte d’habitat et la surexploitation. J’étudie si nous pouvons utiliser les principes de base découlant d’études sur l’écologie et le cycle biologique d’autres taxons pour prédire la réaction des espèces de poissons. Les études comparatives que nous avons effectuées sur les poissons marins appuient fortement l’exemple « grand = vulnérable ».Ce phénomène n’est pas seulement causé par un taux de mortalité plus élevé chez les espèces de grande taille; les effets démographiques engendrés par une corrélation entre cycles biologiques, comme une maturation lente, jouent également un rôle dans l’équation. Cependant, des études comparatives de poissons d’eau douce portent à croire que la situation est plus complexe. Tandis que les espèces de grande taille courent davantage de risques lorsque la principale incidence humaine est l’exploitation directe, nous avons observé le contraire dans les cas où la perte d’habitat est le problème, c’est-à-dire que ce sont les espèces de petite taille qui sont les plus menacées de disparition.Ces observations correspondent aux résultats des nouvelles études sur les oiseaux, les mammifères et les reptiles. En d’autres termes, nous pouvons prédire la réaction de toutes les espèces, y compris celle des poissons, à la perte d’habitat et la surexploitation, dans la mesure où les caractéristiques du cycle biologique sont les mêmes.

Le COSEPAC tire trois conclusions.Premièrement, les preuves attestent que les poissons et les animaux terrestres ont des corrélats biologiques du statut d’espèce menacée semblables : ils réagissent tous de la même façon aux problèmes extrinsèques en fonction des caractéristiques intrinsèques de leur biologie. Deuxièmement, des modifications peuvent être apportées aux lignes directrices du COSEPAC sur l’évaluation des menaces, en particulier aux critères énumérés au tableau cinq, qui traitent de l’âge à maturité et de la taille corporelle. Troisièmement, ces lignes directrices devraient continuer à ignorer la fécondité, puisqu’il n’y a pas de preuves appuyant l’opinion conflictuelle selon laquelle un taux de fécondité élevé est lié de quelque façon que ce soit aux réactions des populations de poissons (ou d’autres animaux) devant les répercussions de l’activité humaine.

5. Perspectives et mises en garde concernant l’attribution d’une « probabilité de disparition » chez les poissons marins. (Jeff Hutchings)

Deux perspectives clés sont à la base de beaucoup de stratégies de gestion, de plans de rétablissement et de programmes de conservation pour les poissons marins.Selon la première, les poissons marins ont de plus faibles probabilités de disparition que les autres taxons. Cette soi-disant résilience accrue a été attribuée, entre autres, à un taux de fécondité élevé, à une variabilité temporelle extraordinaire de l’abondance, à de grandes distances de dispersion ou à des taux de croissance maximale de la population très élevés. Selon la seconde perspective, la mortalité causée par la pêche est le principal ou le seul facteur limitant le rétablissement des populations surexploitées. Ici, contrairement à la première perspective, aucune preuve théorique ou empirique n’appuie les affirmations voulant qu’un taux de fécondité élevé améliore la résilience d’une espèce, que la taille des populations reproductrices des poissons marins varie plus que celle des oiseaux et des mammifères terrestres, que les populations de poissons marins aient une croissance démographique plus rapide que les autres taxons ou qu’elles aient une capacité inégalée à se rétablir après avoir connu un déclin sans précédent.En ce qui concerne la seconde perspective, des analyses empiriques indiquent que bien qu’une réduction de la pression de la pêche soit nécessaire au rétablissement, elle ne suffit pas pour assurer le rétablissement.

Les questions clés concernant les probabilités de disparition des espèces de poissons marins portent sur : a) la possibilité que le seuil viable d’une population de poissons marins soit beaucoup plus élevé que chez d’autres taxons; b) l’échelle spatiale de la structure et de la variation adaptative d’une population (en lien avec la détermination d’unités désignables appropriées); c) la relation entre la taille recensée de la population et les tailles des populations génétique et totale réelles; d) les bases génétiques des changements des aspects du cycle biologique (comme les réductions de l’âge ou de la taille à la maturité) ainsi que les conséquences qu’il engendre sur le rétablissement, éléments concomitants d’une surpêche de longue durée.

6. Révision des critères et lignes directrices pour l’inscription d’espèces aux annexes de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).(Pamela Mace)

Les critères (descriptifs) et les directives (numériques) utilisés par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction(CITES) pour l’inscription des espèces à ses annexes (Annexe 1 -- commerce international généralement interdit ou Annexe II - commerce international possible, quoique étroitement contrôlé) ont été révisés sur une période de quatre à cinq ans avant d’avoir été adoptés en octobre 2004. Le US National Marine Fisheries Service, le U.S. Fish and Wildlife Service et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont contribué de façon considérable à la révision, particulièrement en ce qui a trait au besoin de s’assurer de la pertinence des directives de la CITES en matière d’exploitation commerciale d’espèces marines (Mace et al., 2002; FAO, 2001, 2002). Ces organisations se sont également penchées sur des travaux antérieurs menés par l’Union mondiale pour la nature (UICN), la American Fisheries Society (Musick, 1999) et par d’autres groupes au cours de leurs délibérations.

Plusieurs concepts innovateurs ont finalement été adoptés par les Parties de la CITES. L’ampleur du déclin par rapport à une base de référence historique donnée a été acceptée en tant qu’indicateur valide de la probabilité d’extinction. De plus, il a été convenu que l’importance du déclin devant soulever des préoccupations pour une espèce donnée (et par le fait même, susciter des analyses supplémentaires et plus détaillées) devrait être fonction de la productivité de cette espèce, dans la mesure où l’on estime que les espèces à forte productivité amorceront une remontée aussi spectaculaire que le déclin est important, en raison des caractéristiques de leur cycle biologique. Il a été recommandé que les déclins de l’ordre de 5 p. 100 à 30 p. 100 de la base de référence servent d'éléments déclencheurs, les déclins plus importants (atteignant 5 p. 100 de la base de référence, c.-à-d. un déclin de 95 p. 100) étant utilisés pour les espèces à forte productivité et les déclins moins importants étant considérés comme déclins de productivité. Quant aux espèces marines, on a considéré  qu’une plage de 5 p. 100 à 20 p. 100 était plus appropriée, 5 p. 100 à 10 p. 100 s’appliquant aux espèces à forte productivité, 10 p. 100 à 15 p. 100 aux espèces à moyenne productivité et 15 p. 100 à 20 p. 100 aux espèces à faible productivité. La FAO (2001a) a chiffré les caractéristiques biologiques associées à ces trois niveaux de productivité.

Des facteurs modificatifs (aussi bien des facteurs de vulnérabilité que des facteurs d’atténuation) pourraient être pertinents dans le cadre de l’interprétation des conséquences de l’importance de l’ampleur du déclin, et la CITES offre maintenant une liste non exhaustive de ces facteurs. La nouvelle révision est également moins axée sur la durée de génération en tant que période pour l’évaluation des déclins. L’évaluation des déclins devrait s’échelonner sur une période historique aussi longue que possible, et toute donnée ou conclusion pertinente devrait faire partie de l’analyse. Finalement, l’approche relative à l’Annexe II est maintenant plus opérationnelle (bien que ce ne soit que pour les espèces marines). Les paramètres de l’Annexe II sont (i) un déclin de l’ordre de 5 p. 100 à 10 p. 100 au-dessus des paramètres de l’Annexe I ou (ii), un taux actuel de déclin qui mènera à un déclin correspondant aux paramètres de l’Annexe I d'ici les dix prochaines années. En ce sens, les  paramètres des annexes I et II peuvent être considérés, en quelque sorte, comme étant analogues à « espèce en voie de disparition » et à « espèce menacée » respectivement.

FAO. Document d’information proposant un cadre scientifique pour évaluer la situation des espèces aquatiques faisant l’objet d’une exploitation commerciale dans le contexte de la CITES. Deuxième consultation technique sur la pertinence des critères d’inscription sur les listes de la CITES des espèces aquatiques faisant l’objet d’une exploitation commerciale, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Windhoek (Namibie), FI: SLC2/2001/2, du 22 au 25 octobre 2001, 19 pages.

FAO. « Rapport de la deuxième consultation technique sur la pertinence des critères d'établissement de la Liste des espèces aquatiques faisant l'objet d'une exploitation commerciale au titre de la CITES », FAO Rapports sur les pêches No 667 [anglais, français et espagnol], 2002, 87 p.

Mace, P.M., A.W. Bruckner, N.K. Daves, J.D. Field, J.R. Hunter, N.E. Kohler, R.G. Kope, S.S. Lieberman, M.W. Miller, J.W. Orr, R.S. Otto, T.D. Smith, N.B. Thompson, J. Lyke et A.G. Blundell. NMFS / Interagency Working Group Evaluation of CITES Criteria and Guidelines ,. U.S. Department of Commerce, NOAA Technical Memorandum NMFS-F/SPO-58, 2002, 70 pages.

Musick, J.A. « Criteria to define extinction risk in marine fishes », Fisheries24(12):6-12, 1999.

7. Tendances d’association négative : fécondité, possibilités de rétablissement et risques de disparition. (Yvonne Sadovy)

On a longtemps présumé que les espèces de poissons qui pondent ou produisent de grandes quantités d’œufs ou de larves à la phase pélagique et qui sont exploitées commercialement sont particulièrement résilientes à la menace de disparition ou ont la capacité de se rétablir rapidement à partir de populations très faibles. C’est en partie pour cette raison qu’il y a eu moins de préoccupations par rapport au risque de disparition, et une attitude plus optimiste que justifiée quant aux possibilités de rétablissement des populations ayant subi un déclin sévère une fois la pression de la pêche éliminée.

Il existe peu d’appui empirique soutenant l’hypothèse selon laquelle une fécondité élevée et la résilience sont étroitement liées chez les poissons, et il n’y a pas de preuves que des réactions d’adaptation soient plus fréquentes chez ce groupe que chez tout autre taxon.Cette situation s’explique par le fait que le cycle biologique des poissons oblige ces derniers à pondre un grand nombre d’œufs pour assurer la survie d’un petit nombre d’individus, étant donné que les taux de mortalité des œufs et des larves sont très élevés.Une longue vie et des habitudes de frai sporadiques (c.-à-d. chez une gamme d’espèces différentes dont la durée de vie est longue, les femelles ne se reproduisent pas nécessairement tous les ans) consistent en un autre aspect de cette stratégie ducycle biologique, en comparaison avec la stratégie des mammifères, par exemple, dans laquelle quelques petits naissent chaque année avec de beaucoup plus fortes chances de survie. Par conséquent, il faudra peut-être bien des années et des millions d’œufs aux poissons prolifiques pour se remplacer, et il est possible que quelques années seulement suffissent pour qu’il y ait assez de successeurs ou suffissent sur le plan environnemental pour permettre aux adultes dont la durée de vie est longue de frayer. En effet, plusieurs espèces menacées et exploitées commercialement ont une grande taille, une longue durée de vie et sont très prolifiques (parmi les exemples précis d’espèces menacées, on compte le mérou rayé, ou Epinephelus striatus, et le Giant yellow croaker, ou Bahaba taipingensis).

Bien que l’on trouve chez certains stocks de poissons des exemples de réactions d’adaptation à la pêche intensive, comme une maturation sexuelle plus précoce ou des taux de fécondité ou de croissance accrus, ce type de réaction n’a pas été relevé chez beaucoup d’autres espèces ou stocks. De plus, il n’est pas clair à quel point ces réactions d’adaptation augmentent le taux de reproduction de la population générale (et du même coup celle du stock exploitable), puisqu’elles se manifestent au niveau de l’individu et non au niveau de la population.Il n’y a donc aucune raison valable de présumer que les réactions d’adaptation se produisent à mesure que les populations diminuent considérablement. Puisqu’il n’y a aucune preuve que les taux maximums de reproduction des espèces de poissons qui fraient en haute mer dépassent ceux des autres taxons, il n’y a pas de raison a priori d’aborder les déclins chez les poissons prolifiques avec moins de prudence.

8. Les critères de menaces engendrent-ils des fausses alertes? (Nicholas Dulvy)

L’inscription d’espèces marines exploitées à des listes d’espèces menacées a été controversée en raison de l’incertitude scientifique par rapport au risque de disparition ainsi que des coûts sociaux, économiques et politiques des procédures de gestion qui peuvent être entreprises suivant l’attribution du statut d’espèce menacée. Nous appliquons trois critères de menaces à 76 stocks (populations) de 21 espèces de poissons marins et d’invertébrés exploitées.Deux de ces séries de critères, soit ceux de l’Union mondiale pour la nature (UICN A1) et de l’American Fisheries Society (AFS), sont fondés sur les taux de déclin.La troisième série de critères, qui est fondée sur la viabilité de la population (UICN E), est évaluée à l’aide de la simulation non paramétrique et de deux modèles d’approximation de la diffusion. Nous avons comparé les résultats des risques de disparition (espèces menacées ou pas) contre la situation d’exploitation de chaque stock, telle qu’indiquée dans les évaluations des stocks de poissons (à l’intérieur ou au-delà des limites biologiques sécuritaires). Pour chaque combinaison menace-exploitation, nous avons évalué le taux de cibles atteintes, de cibles manquées et de fausses alertes. Nos analyses portent à croire que les critères sur le taux de déclin produisent des catégorisations des risques qui correspondent aux analyses de viabilité de la population lorsqu’appliquées à des stocks marins exploités. Près d’un quart des populations de poissons et d’invertébrés (n=18) pris en considération répondaient à un des critères de menace à l’espèce ou plus. Aucun des paramètres liés à la menace n’a produit de fausse alerte là où les stocks exploités de façon durable étaient classés menacés. Les paramètres quantitatifs de l’UICN E ont tous deux produit des taux de cibles atteintes plus élevés que les paramètres liés au taux de déclin (IUCN A, AFS), et tous les paramètres ont produit des taux de cibles manquées semblables. Cependant, les méthodes de l’UICN E ne pouvaient être appliquées à autant de stocks (de 12 à 14) que les critères liés au taux de déclin utilisés par l’UICN A et les critères de l’AFS, ces deux dernières séries pouvant être appliquées aux 76 stocks. Les critères de menace sont remplis seulement après que les points de référence limites pour la gestion des pêches sont dépassés.Selon nos résultats, quels que soient les antécédents et les objectifs des scientifiques, ils devraient habituellement être en mesure de s’accorder pour désigner les stocks nécessitant les mesures de gestion les plus urgentes. De plus, lorsque l’information requise à l’évaluation exhaustive des stocks de poissons est inaccessible, les paramètres liés au taux de déclin utilisés par l’UICN peuvent présenter des indicateurs utiles de la situation de la population.

9. Perspective de l’industrie. (Bruce Chapman)

En vertu de la Loi sur les pêches, le mandat de conservation des poissons marins est du ressort du ministre des Pêches et des Océans. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le mandat du COSEPAC se limite à l’évaluation des risques de disparition des poissons marins. Selon le Petit Robert, disparition signifie « disparaître en cessant d’exister ». Le Parlement du Canada n’avait pas pour but d’investir le COSEPAC du mandat d’aborder les aspects de la conservation des poissons marins au-delà de ce qui est directement lié à la menace de disparition.

Il n’existe que trois cas connus de disparition d’espèces réelles de poissons marins, et ils n’ont pas été causés par la surpêche. Les disparitions au Canada et mondiales de poissons marins à l’échelle de la population ont toutes impliqué une perte d’habitat très spécifique ou local, et/ou étaient caractérisées par une faible fécondité, une maturation lente et/ou une faible mobilité.Il faut évaluer les critères et leur application en fonction des risques de disparition tout en tenant compte des cas de disparition réels.

En plus du débat visant à déterminer si les critères actuels sont adaptés aux poissons marins compte tenu de leurs caractéristiques biologiques, il y a d’autres facteurs importants à considérer. Nous ne pouvons pas compter les poissons un à un. Il y a des zones du fond marin où la plupart du matériel d’échantillonnage ou des engins de pêche ne fonctionnent pas; il existe donc des refuges qui ne sont pas des zones protégées par la loi. Bien que l’échantillonnage effectué à bord d’embarcations de recherche soit adéquat pour effectuer des relevés approximatifs d’abondance (ou du minimum chalutable) et déceler les changements en abondance relative au fil du temps, cette technique semble plutôt limitée à l’égard de l’évaluation de l’abondance concernant le risque de disparition. 

Toutes les séries de critères concordent sur le fait qu’une fluctuation naturelle ne doit pas être perçue comme un déclin, et qu’un déclin ne doit pas être perçu comme un élément d’une fluctuation naturelle à moins qu’il n’y ait des preuves à l’appui. Il semble inacceptable de gérer les risques en se fondant seulement sur une inversion de la charge de la preuve.

La possibilité de combiner différents éléments de la population d’une espèce comporte des avantages évidents lorsqu’on étudie le risque de disparition à l’échelle de l’espèce, mais n’est pas très logique dans le contexte des pêches marines, puisque chaque stock est récolté séparément et peut faire l’objet de contrôles de gestion adaptés à ses besoins.

L’exploitation gérée exécutée en vertu de la Loi sur les pêches, particulièrement dans un cadre défini d’approche de précaution, doit constituer un facteur qui répond officiellement aux critères d’inscription concernant une espèce donnée. Là où ils existent, des points de référence limites appliqués aux niveaux de biomasse des stocks qui frayent doivent agir comme points de démarcation sous lesquels le statut d’« espèce préoccupante » devrait être attribué.Le statut d’« espèce menacée » devrait être attribué lorsque des totaux de points indiqués et nettement inférieurs aux points de référence limites sont atteints.

En ce qui concerne les stocks gérés par le MPO, le processus d’évaluation du COSEPAC doit être intégré au processus de consultation régionale du MPO.

La connaissance factuelle et interprétative de l’industrie doit être évaluée par le COSEPAC de façon significative.

10. L’analyse du risque de disparition chez les poissons marins et diadromes d’Amérique du Nord par l’American Fisheries Society.(John A. Musick)

Au cours de l’évaluation du risque de disparition des poissons marins, l’American Fisheries Society (AFS) a constaté qu’il y avait des populations ou des segments de population distincts au sein des espèces, lorsque l’information était disponible. Les catégories de risque établies sont, notamment, menacé d’extinction, menacé, vulnérable et dépendant de mesures de conservation.Le système de l’UICN, qui utilise des critères de risque quantitatifs normalisés, quoique louable, n’est pas très utile dans la prévision des risques de disparition, et peut en fait être arbitraire, car il ignore une grande partie du vaste ensemble de paramètres du cycle biologique et d’autres caractéristiques écologiques qui concourent à la vulnérabilité de différents taxons. Les critères de déclin dans les populations établis par l’UICN amplifient souvent le risque de disparition chez les poissons. 

L’AFS a plutôt établi les critères suivants afin d’évaluer le risque de disparition chez les poissons, en tenant compte du contexte de la biologie des segments de population distincts à l’étude, soit la rareté, la spécialisation des exigences en matière d’habitat, et l’endémicité ou une petite aire de répartition, tous évalués de manière qualitative et en fonction des conditions uniques liées à chaque segment de population distinct.Le déclin de la population, un autre critère, est évalué de manière quantitative et en fonction de la productivité ou de la résilience du segment de population distinct en question. Quatre niveaux de productivité ont été établis (élevé, moyen, bas et très bas). Le niveau de productivité peut être estimé à l’aide du taux intrinsèque d’accroissement, de l’âge à la maturité, de la longévité, du coefficient de croissance de Von Bertalanffy et, dans une moindre mesure, de la fécondité, selon les données accessibles.

Les critères de l’AFS ont pour but de relever les segments de population distincts en péril à un stade suffisamment précoce, afin d’éviter de les inscrire aux listes des espèces menacées ou des espèces en voie de disparition, tout en s’efforçant de réduire au minimum l’exagération probable du risque de disparition. Les critères de l’AFS visent également à permettre l’utilisation des meilleures connaissances actuelles relatives à la dynamique des stocks dans les populations de petite taille, et à conserver la flexibilité requise pour que les experts dotés des meilleures connaissances puissent contribuer à la détermination de la situation en matière de conservation des segments de population distincts. Dès le départ, les segments de population distincts peut-être en danger sont classés comme étant vulnérables, et sont par la suite évalués par des experts, qui détermineront par consensus s’il faut augmenter le niveau de risque à menacé ou à en voie de disparition.

À l’aide de ce système, l’AFS a publié une liste d’espèces de poissons marins et diadromes menacées de disparaître en Amérique du Nord (excluant les salmonidés du Pacifique). L’AFS a relevé 82 espèces et sous-espèces de poissons marins, dont des segments de population distincts vulnérables à la disparition (ou pire encore), dans les eaux nord-américaines. Un grand nombre de ces espèces est exposé à plus d’un facteur de risque. Les analyses des facteurs de risque montrent que les faiblesses du cycle biologique (51 espèces ou sous-espèces) étaient de loin les plus importantes, suivies de la dégradation de l’habitat (33 espèces ou sous-espèces). Douze espèces ont été classées endémiques (ou vivant dans une petite aire de répartition) et/ou rares. Presque toutes les espèces classées dans ces deux catégories sont également vulnérables en raison de faiblesses du cycle biologique, de la dégradation de l’habitat ou les deux. Vingt-deux espèces peuvent être jugées du moins comme vulnérable à la disparition totale, car tous leurs segments de population distincts ont été déterminés en péril, ou parce que certaines espèces comportent un segment de population distinct dont l’aire de répartition entière a été comprise dans l’évaluation.

On compte parmi les groupes particulièrement vulnérables en raison de faiblesses du cycle biologique les scorpènes (14), les serranidés (13) (pour la plupart des espèces de grande taille), les élasmobranches (11), les esturgeons (5) et les petits groupes provenant d’autres familles. La plupart des espèces qui sont vulnérables à cause de faiblesses du cycle biologique sont de grande taille (longueur totale de plus de 50 cm). Les plus grandes menaces auxquelles sont confrontées ces espèces à faible productivité sont probablement les analyses du risque de disparition chez les espèces marines et les pêches plurispécifiques, où les espèces plus productives continuent à soutenir la pêche, tandis que les espèces moins productives subissent l’effondrement du stock ou la disparition.Parmi les groupes classés vulnérables à cause de la destruction ou de la dégradation de l’habitat, 18 sont anadromes (ils quittent la mer pour aller frayer en eau douce) ou amphibiotiques (ils quittent la mer pour les habitats d’eau douce, mais non dans le but de frayer). Cinq espèces ou sous-espèces d’esturgeons font partie du groupe diadrome, puis les gobies (5), les éperlans (3), les brochets de mer (2), une espèce ou sous-espèce d’hippocampe, une espèce ou sous-espèce de hareng et le saumon atlantique. Les habitats d’eau douce sont en général plus vulnérables aux perturbations causées par l’homme que la plupart des habitats marins, et il n’est pas surprenant que les espèces diadromes soient plus nombreuses dans cette liste.Ce phénomène est bien appuyé par la grande quantité de documentation portant sur la situation difficile des salmonidés de la côte du Pacifique.La situation des esturgeons est particulièrement préoccupante puisque ce groupe est exposé à une double menace : il a une maturation lente et une longue durée de vie, puis il est soumis à la perturbation ou à la destruction de ses lieux de frai ou de ses habitats pour les jeunes.

Parmi d’autres groupes qui ont été classés en péril en raison d’habitat menacé, on compte les hippocampes (5), un groupe de sciaenidés et un groupe de gobies vivant dans des herbiers comme ceux qui ont subi (et qui continuent à subir) une importante destruction le long de la côte sud-est des États-Unis. De même, quatre espèces de poissons cyprinodontiformes ont été classées en péril, car les habitats de mangrove ou de foin des marais dont elles avaient besoin ont été détruits par l’aménagement humain. La grande majorité des espèces classées en péril pour cause de dégradation d’habitat sont de petite taille (longueur totale de moins de 250 mm) (sauf les esturgeons, le saumon atlantique et quelques autres espèces, évidemment).Le facteur le plus important dans la dégradation de l’habitat est la mauvaise gestion des réseaux d’eau douce touchant directement les espèces diadromes ou touchant indirectement les estuaires ou écosystèmes marins en modifiant l’apport naturel d’eau douce.

11. Le statut d’espèce menacée des poissons chondrichtyen. (Jack Musick) (Résumé non disponible)