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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hyménoxys herbacé (Hymenoxys herbacea) au Canada - Mise à jour

Évaluation et statut proposé

Protection actuelle ou autres désignations

À l’heure actuelle, l’Hymenoxys herbacea ne bénéficie d’aucun statut juridique ni d’aucune protection officielle au Canada. L’espèce est considérée comme très rare à l’échelle mondiale et provinciale (G2, S2) par le Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN) (Oldham, 1999).

Statut aux États-Unis et à l’échelle mondiale – En 1988, l’U.S. Fish and Wildlife Service a inscrit l’Hherbacea sur la liste des espèces menacées à l’échelle des États-Unis, ce qui lui assure une protection en vertu de l’Endangered Species Act. L’Hherbacea figurait déjà sur la liste des espèces en péril d’Ohio depuis 1980. Il est proposé, dans un plan de rétablissement des populations américaines de l’espèce, de réintroduire celle-ci en Illinois (U.S. Fish and Wildlife Service, 1990). En 2001, l’Association for Biodiversity Information a attribué à l’Hherbacea la cote G2, qui signifie que l’espèce est en péril à l’échelle du globe.

Statut à l’échelle du Canada – Au Canada, l’Hherbacea ne bénéficie d’aucune protection juridique, bien qu’il figure sur la liste des espèces rares au Canada (Argus et Pryer, 1990).

Statut à l’échelle de l’Ontario – En Ontario, l’Hherbacea ne bénéficie d’aucune protection juridique, bien qu’il figure sur la liste des espèces rares en Ontario (White et Maher, 1983; Oldham, 1999). Le CIPN a attribué à l’Hherbacea la cote S2 (Oldham, 1999).

Évaluation du statut et recommandation des auteurs

L’Hymenoxys herbacea est une espèce endémique de la région des Grands Lacs qu’on trouve au Canada le long de la rive sud de l’île Manitoulin et de la rive nord de la péninsule Bruce, en Ontario. L’espèce est confinée aux alvars et aux rivages des Grands Lacs, donc à un habitat très particulier et restreint. Cependant, dans les localités où elle est présente, elle est abondante, peut-être l’une des vivaces à floraison printanière les plus abondantes. Une étude démographique effectuée pour deux populations a révélé chez chacune un déclin de l’effectif (taux de multiplication < 1). Cependant, aucune différence n’a été constatée dans le nombre d’inflorescences produites entre deux années consécutives chez les populations de la péninsule Bruce. Les deux populations ayant fait l’objet d’un suivi démographique se trouvent dans un parc national; on voit donc que même les populations dites « protégées » ne sont pas totalement à l’abri. La situation des populations de l’île Manitoulin est moins bien connue; en général, celles-ci sont cependant plus abondantes que celles de la péninsule Bruce. Il faut reconnaître que les réserves naturelles ne sont pas créées dans le seul ou principal but de sauvegarder la biodiversité; elles sont destinées en grande partie à l’écotourisme. Les alvars et les rivages sont souvent intégrés au tracé des sentiers, car ce sont des milieux dégagés. Devant l’intérêt croissant du grand public pour la nature et l’augmentation de la population humaine, les conservationnistes et les responsables de l’aménagement devront demeurer vigilants pour assurer une protection continue aux habitats uniques que sont les alvars et aux populations d’Hherbacea qui y vivent. Bon nombre des populations de l’île Manitoulin se trouvent sur des terrains privés susceptibles d’être exploités pour la construction de chalets ou l’extraction de gravier.

Pour les raisons évoquées ci-dessus, nous recommandons que le COSEPAC attribue à l’Hymenoxys herbacea le statut d’« espèce menacée » au Canada.