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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hyménoxys herbacé (Hymenoxys herbacea) au Canada - Mise à jour

Résumé

Hyménoxys herbacé
Hymenoxys herbacea

Information sur l’espèce

L’Hymenoxys herbacea (E.L. Greene) Cusick, de la famille des Astéracées, est une plante vivace de petite taille à une ou plusieurs rosettes de feuilles pouvant atteindre 10 cm de hauteur. Les feuilles entièrement développées sont vert foncé, modérément pubescentes et recouvertes d’une épaisse cuticule interrompue par de nombreux stomates. Les boutons floraux, formés à l’automne, s’épanouissent au printemps en capitules solitaires constitués d’un disque de fleurs tubuleuses parfaites entouré de rayons pistillés jaune vif (De Mauro, 1988).

Répartition

L’Hymenoxys herbacea est une espèce rare endémique de la région des Grands Lacs. Aux États-Unis, on en trouve deux populations naturelles, à Marblehead Quarry, en Ohio, et dans le comté de Mackinac, au Michigan. Trois projets ont été entrepris pour la réintroduire en Illinois, dans les comtés de Will et de Mason, où elle a déjà été présente. L’espèce a aussi été introduite en Ohio, à l’île Kelleys, dans l’ouest du lac Érié, localité pour laquelle il n’existe aucune mention historique de l’espèce. Au Canada, il existe actuellement 38 populations de l’espèce, réparties entre deux grandes régions relativement peu perturbées, la péninsule Bruce et le Sud de l’île Manitoulin, en Ontario (Catting, 1995).

Habitat

L’Hymenoxys herbacea se rencontre le plus souvent dans des alvars, mais parfois aussi dans des prairies (sites d’Illinois aujourd’hui disparus) ou sur des falaises (péninsule Bruce) (De Mauro, 1993; Voss, 1996; Wunderlin, 1971). Ces habitats, caractérisés par une couche de sol fragmentée reposant sur une assise calcaire ou dolomitique, sont mouillés au printemps et à l’automne et modérément secs durant l’été (U.S. Fish and Wildlife Service, 1990).

Biologie

L’Hymenoxys herbacea est une plante vivace comportant une ou plusieurs rosettes de feuilles charnues en forme de rubans. L’espèce est clonale et peut se multiplier par croissance du rhizome ou ramification de la souche aérienne, ligneuse et persistante (De Mauro, 1993). Au Canada, la floraison a lieu du début mai au début juillet, et les fleurs sont pollinisées par un cerain nombre d’espèces d’insectes, dont quatre d’abeilles (Campbell, 2001; De Mauro, 1993). L’espèce est auto-incompatible, c’est-à-dire qu’elle ne peut produire de graines si le pollen déposé sur les stigmates provient du même pied ou d’un individu génétiquement semblable (ramet). Les graines se forment environ trois semaines après l’anthèse (De Mauro, 1993) (Campbell, 2001. Elles tombent au sol ou, parfois, sont dispersées par le vent ou des herbivores.

Taille et tendances des populations

Compte tenu de la petite taille de la plante et de sa faible capacité de disperser son pollen et ses graines, les auteurs estiment que deux groupes séparés par environ 75 m d’habitat « non favorable » sont relativement isolés l’un de l’autre. L’analyse génétique réalisée par le principal auteur sur 13 populations (définies selon le critère ci-dessus) montre qu’elles présentent effectivement des différences génétiques. En fait, il a été établi, par des méthodes classiques de génétique des populations, que le taux de migration entre les populations d’hyménoxys herbacé n’est que de 0,6 individu par génération (de 10 à 20 ans). La taille des populations varie entre 134 et 527 625 000 rosettes (ramets). Des 13 populations recensées, 54 p. 100 comptaient plus de 1 000 rosettes florifères et 44 p. 100, plus de 5 000. L’effectif total des populations canadiennes de l’espèce varie probablement très peu. Cependant, certaines populations, situées dans les secteurs les plus achalandés, connaissent un déclin indéniable.

Facteurs limitatifs et menaces

Les habitats pouvant convenir à l’hyménoxys herbacé situés sur des terrains privés disparaissent rapidement au profit de l’exploitation de carrières et de la construction de chalets, tandis que ceux qui se trouvent sur des terrains publics subissent une nouvelle pression venant de la circulation humaine (Campbell, comm. pers.). Il existe au sein de l’aire de répartition de l’espèce de nombreux habitats (alvars et falaises) qu’elle n’a pas encore colonisés et qui pourtant semblent répondre à ses exigences écologiques. Il n’a pas été déterminé si cette absence est liée à la faible capacité de dispersion de l’espèce ou à des conditions abiotiques défavorables à l’établissement des semis.

Protection actuelle

L’Hymenoxys herbacea ne bénéficie d’aucun statut officiel en Ontario ni au Canada. Aux États-Unis, l’espèce figure sur la liste des espèces menacées à l’échelle du pays et sur la liste des espèces en péril d’Ohio. Elle est également protégée en vertu de l’Endangered Species Act.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pageb
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page c

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page d

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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