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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Mouette rosée au Canada - Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

Activités industrielles

Les forages pétroliers dans les mers de Beaufort et de Tchoukotka sont une menace potentielle (Burger et Gochfeld; 1996, Alvo et al., 1996). Les concentrations d'oiseaux se dirigeant en septembre et en octobre vers l’est à destination de la mer de Beaufort, puis vers les mers de Béring et de Tchoukotka, rendent l'espèce vulnérable aux déversements d'hydrocarbures, directement ou par la réduction de la disponibilité des proies (Alvo et al., 1996). Les sites de reproduction canadiens sont relativement éloignés et ne sont donc pas vulnérables à l’heure actuelle au développement industriel. Cela dit, il y a d'importantes réserves de pétrole et de gaz dans l'Arctique canadien qui pourraient être exploitées à l’avenir.


Changements climatiques

Vu la rapidité avec laquelle les changements climatiques affectent l'Arctique, toute espèce tributaire adaptée à cette région devrait être considérée comme visée par une menace imminente (A. J. Gaston, comm. pers.; Pearson et al., 2006). Les régimes annuels des glaces et de la neige sont probablement d'importants facteurs limitatifs qui influencent chaque année la décision de se reproduire, la présence d'eaux libres à proximité du site de nidification étant essentielle. Les événements climatiques comme les inondations et les périodes de températures froides peuvent également affecter considérablement la reproduction (Macey et al., 1981). Par exemple, en 1986, de fortes tempêtes de pluie ont tué cinq oisillons sur six dans une population de la Sibérie (Densley, 1988). Par conséquent, les changements climatiques menacent d'une manière encore inconnue l'écologie de reproduction de la Mouette rosée.


Perturbations anthropiques

Les perturbations anthropiques sont une menace potentielle pour la Mouette rosée au Canada (Macey, 1981). La découverte de Mouettes rosées à Churchill en 1978 est attribuable au fait que cet endroit compte parmi les destinations arctiques et subarctiques les plus populaires auprès des ornithologues et des photographes (Hamel, 2002). Au moins un nid a été abandonné parce qu’un photographe se tenait trop près (Alvo et al., 1996). Néanmoins, des reproductions réussies ont été signalées à proximité de camps de chasse en Russie (Alvo et al., 1996), alors qu'on estime que des observateurs s'étant tenus à moins de 100 m d'un nid auraient perturbé les oiseaux (Béchet et al., 2000).

Dans le secteur de Churchill, des nids ont été signalés de manière continue en amont de l’endroit où prend fin la routede la Manitoba Hydro (R. Koes, comm. pers.; Pearson et al., 2006). Bien qu'ils soient plus éloignés que le site Akudlik, les nouveaux sites sont tout de même vulnérables aux perturbations causées par les hydroglisseurs et les hélicoptères qui longent la rivière vers le sud. L'éloignement des sites de reproduction du Nunavut assure une certaine protection aux Mouettes rosées nicheuses.

Il y a probablement toujours un marché noir d'œufs de Mouettes rosées, ceux-ci étant une précieuse acquisition pour les oologistes; leur valeur était estimée de 10 000 dollars à 20 000 dollars sur le marché noir au début des années 1980 (Alvo et al., 1996). Le vol d'un nid et de ses œufs en 1981 prouve le trafic continu des œufs d'oiseaux (Alvo et al., 1996).


Destruction de l'habitat

Des quatre sites de nidification connus de la Mouette rosée au Canada, les trois se trouvant dans l’Extrême-Arctique sont sans doute assez bien protégés des modifications de l'habitat, mais le site de Churchill y est peut-être vulnérable. Les rumeurs selon lesquelles Manitoba Hydro aurait inondé le marais Akudlik en 1984 (Alvo et al., 1996) semblent ne pas être fondées. On ne sait pas encore pourquoi les oiseaux ont déplacé leur site de nidification dans la région de Churchill.