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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chabot du versant est (populations des rivières St. Mary et Milk) (Cottus sp.) au Canada

Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC
sur le
chabot du versant est
Cottus sp.
au Canada

(Populations des rivières St. Mary et Milk)

chabot du versant est Cottus sp.

Espèce menacée
2005



COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
logo du COSEPAC


COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2005. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chabot du versant est (Cottus sp.) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, vii + 36 p. (Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

 

Note de production :

Le présent document est fondé sur un rapport préparé par Susan M. Pollard pour la Fish and Wildlife Division de Alberta Sustainable Resource Development et la Alberta Conservation Association.Le rapport initial a été publié comme étant le Alberta Wildlife Status Report No. 51, February 2004 et est intitulé Status of the St. Mary’s Shorthead Sculpin (provisionally Cottus bairdi punctulatus) in Alberta. Le financement pour la préparation du rapport de situation initial a été fourni par la Alberta Conservation Association et la Fish and Wildlife Division de Alberta Sustainable Resource Development. Robert Campbell, coprésident du Sous-comité de spécialistes des poissons d’eau douce du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC assessment and update status report on the eastslope sculpin (St. Mary and Milk River populations) Cottus sp. in Canada.

Photo de la couverture :
Chabot du versant est - Dessin d'un cottus bairdii (d'après Bailey et Dimick, 1949, tiré de Peden, 2000, avec la permission de l'auteur).

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2005
No de catalogue : CW69-14/432-2005F-PDF
ISBN : 0-662-74185-4
HTML : CW69-14/432-2005F-HTML
ISBN 0-662-74186-2

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COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2005

Nom commun : Chabot du versant est (Populations des rivières St. Mary et Milk)

Nom scientifique :
Cottus sp.

Statut :
Menacée

Justification de la désignation :
La zone d'occurrence de cette espèce est très limitée dans les rivières St. Mary et Milk au Canada, où la perte et la dégradation de l'habitat causées par les déviations de cours d'eau, des conditions qui ont été aggravées au cours des récentes années par la sécheresse, les affectent.

Répartition :
Alberta

Historique du statut :
Espèce désignée « menacée » en mai 2005. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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COSEPAC
Résumé

Chabot du versant est
Populations des rivières St. Mary et Milk
Cottus sp.

Information sur l’espèce

Le chabot du versant est, un petit chabot d'eau douce, n’est présent au Canada que dans les bassins des rivières St. Mary et Milk, en Alberta, et peut-être dans la rivière Flathead, en Colombie-Britannique. La taxinomie de ce poisson n’est pas encore établie, mais des mesures sont en cours pour éclaircir son statut. Les plus récentes découvertes génétiques et morphologiques semblent indiquer que le chabot du versant est constitue une nouvelle espèce qui est en voie d'être officiellement décrite. Les populations des rivières St. Mary et Milk représentent une unité désignable, et celle de la rivière Flathead pourrait en représenter une autre. Cette dernière n’est toutefois pas couverte par le présent rapport.

 

Répartition

Le chabot du versant est se trouve dans les rivières St. Mary et Milk, en Alberta et au Montana, ainsi que dans la rivière Flathead en Colombie-Britannique. Sans égard à la taxinomie, la répartition du chabot du versant est semble extrêmement limitée en Alberta. Sa présence dans la rivière St. Mary, en amont du réservoir St. Mary, et dans la rivière Milk semble être restreinte en partie par sa préférence pour les eaux froides et les substrats rocheux et propres. Il s'agit par ailleurs de la seule espèce de chabot présente dans ces bassins.

 

Habitat

Le chabot du versant est fréquente des cours d'eau modérément froids qui présentent des habitats de radier, des substrats de gravier ou rocheux et des courants lents ou rapides. Il est par ailleurs généralement absent des fosses dont le fond se compose entièrement de sable ou d'argile. Les plus importantes perturbations dans l’habitat du chabot dans les rivières St. Mary et Milk sont les dérivations, les réservoirs et les prélèvements d'eau pour l’irrigation. Ces facteurs, combinés aux fréquentes périodes de sécheresse que connaît le sud de l'Alberta, ont sérieusement réduit l’habitat du chabot. Seule une petite partie de l'aire occupée par l’espèce est réglementée par les gouvernements, et les mesures de protection envisageables dépendraient des lois et des règlements prévus pour la protection de l’habitat.

 

Biologie

L'information sur le cycle vital du chabot du versant est, extrêmement limitée, est fondée sur un nombre restreint d'études concernant les populations de Cottus d'autres bassins de l’Ouest. La seule étude qui ait décrit spécifiquement le cycle vital de ce chabot en Alberta observait que la fraye de toutes les espèces de Cottus de la province, y compris le chabot du versant est, avait lieu à la fin du printemps. La fécondité des individus capturés dans les rivières St. Mary et Milk était généralement de 100 à 250 œufs. Ces œufs éclosent normalement en 2 à 3 semaines, et les jeunes atteignent de 30 à 40 mm de longueur totale à la fin de leur premier été. On croit que les deux sexes atteignent la maturité sexuelle à l'âge de 23 mois. Le chabot du versant est se nourrit surtout de larves d'insectes aquatiques, mais également de mollusques, de poissons et même d'œufs de chabots. Ni les juvéniles ni les adultes ne semblent entreprendre de longues migrations.

 

Taille et tendances des populations

Le chabot du versant est semble être présent en abondance dans les aires qu'il occupe, mais sa répartition dans le bassin de la rivière Milk a changé depuis qu'il y a été observé pour la première fois dans les années 1960. Il semble avoir pris de l’expansion vers l’aval dans la rivière Milk au fil des ans, mais demeure absent des sections les plus en aval. Tout porte à croire qu’il a disparu du cours d’amont de la rivière Milk depuis que sa présence y a été enregistrée au milieu des années 1980. Sa répartition dans la rivière St. Mary est demeurée la même. Il y est présent seulement en amont du réservoir St. Mary.

 

Facteurs limitatifs et menaces

Les prélèvements, les dérivations et l’aménagement de réservoirs pour l'irrigation, combinés aux fréquentes périodes de sécheresse que connaît le sud de l'Alberta, sont vraisemblablement les facteurs qui ont eu la plus grande incidence sur la taille et la répartition des populations et continueront d'être les principales menaces pour la survie de l'espèce en Alberta.

 

Importance de l’espèce

Ce chabot génétiquement distinct représente un élément important de la diversité génétique du complexe des chabots de l’Ouest et mérite un niveau de protection élevé.

 

Protection actuelle ou autres désignations de statut

L’inscription du chabot du versant est à la liste des espèces menacées a été approuvée (en juin 2004) en vertu de la Wildlife Act de l'Alberta. Compte tenu de sa répartition extrêmement limitée dans la province, un plan de gestion provincial a été élaboré dans les années 1990 afin d'aider à la protection des populations existantes. Plus récemment, la Fish and Wildlife Division de Alberta Sustainable Resource Development a commandé des relevés dans la rivière Milk (2000 et 2002) afin de déterminer le statut de plusieurs espèces non pêchées, notamment le chabot du versant est, et de fournir des recommandations pour leur protection.

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Historique, mandat, composition et définitions du COSEPAC

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions
(Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page 1
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page 2
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page 3
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes DI)Note de bas de page 4, Note de bas de page 5
Espèce sauvage pour laquelle l'information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

 Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Rapport de situation du COSEPAC
sur le
chabot du versant est
Cottus sp.
au Canada
(Populations des rivières St. Mary et Milk)
2005

Information sur l'espèce


Name and Classification

Classe :
Actinoptérygiens
Ordre :
Scorpaeniformes
Famille :
Cottidae
Genre :
Cottus
Espèce :
Cottus sp.
Nom scientifique :
Cottus sp.
Noms communs
Français : Chabot du versant est
Anglais : « Eastslope » Sculpin (nom provisoire)


Description

La morphologie particulière des chabots reflète la nature benthique des espèces de cette famille. Ces poissons ont une grosse tête et un corps épais
(figure 1) qui s'effile vers la queue et sont dépourvus de vessie gazeuse (Peden, 2000, 2001). Les nageoires (dorsale et pelvienne) portent des épines protectrices (Scott et Crossman, 1974). La longueur maximale à la fourche (LF –longueur latérale en ligne droite entre le bout du museau et la fourche de la queue) enregistrée pour le chabot de la rivière Milk est de 114 mm (R.L. & L., 2002).


Figure 1 : Dessin d'un Cottus bairdii

Figure 1. Dessin d'un Cottus bairdii.

D’après Bailey et Dimick, 1949, tiré de Peden, 2000, avec la permission de l’auteur.

Le « chabot tacheté » (C. bairdii) et le chabot à tête courte (C. confusus) sont morphologiquement distincts des autres chabots du Canada selon plusieurs caractéristiques (voir résumé dans Peden, 2001), qui sont notamment : (1) le corps n’est pas entièrement couvert de piquants (présents seulement derrière la nageoire pectorale, (2) les rayons de la nageoire pelvienne sont très développés, (3) présence de dents vomériennes et palatines, (4) de 11 à 15 rayons à la nageoire anale et de 13 à 16 rayons à la nageoire pectorale et (5) une épine préoperculaire supérieure faiblement recourbée. Néanmoins, les deux espèces sont visuellement très difficiles à distinguer, et il faut, dans l’ouest du Canada, avoir recours à plusieurs caractéristiques morphologiques pour les différencier. Les gros chabots à tête courte n'ont pas de papilles sur le dessus de la tête. De manière générale, le chabot à tête courte a moins de rayons à sa nageoire pectorale (13 contre 15), moins d'épines préoperculaires (2 contre 3) et moins de pores latéraux (en moyenne de 23 à 25 contre de 27 à 29) que le « chabot tacheté ». Un chabot à tête courte vivant est visiblement plus effilé, souvent uniformément plus foncé, semble plus lisse et a la tête plus courte (Peden, 2001). De plus, la ligne latérale du chabot à tête courte ne se prolonge pas dans la base de la nageoire caudale (c.-à-d. elle n'atteint généralement pas les rayons de cette nageoire). Comparativement, le « chabot tacheté » est plus large au niveau des ouïes, sa pigmentation est tachetée et les papilles sur le dessus de la tête sont plus visibles chez les plus gros individus (Peden, 2001).

Ces caractéristiques morphologiques du « chabot tacheté » de l’Ouest présentent également d'importantes variations d’un lieu à l'autre, ce qui rend la classification de populations spécifiques de ce chabot plus difficile. Deux formes de « chabot tacheté » ont été décrites dans l’ouest du Canada, soit le chabot tacheté de Columbia, Cottus bairdiihubbsi(depuis peu reconnu comme « Columbia sculpin » ou chabot du Columbia, C. hubbsi Bailey et Dimick, 1949 [Nelson et al., 2004]), qui est endémique dans le bassin du Columbia, et une forme des montagnes Rocheuses plus apparentée au chabot des rivières St. Mary et Milk, provisoirement nommée C. bairdii punctulatus Gill (Troffe, 1999; Peden, 2000). Une récente étude morphologique des « chabots tachetés » de l’ouest du Canada décrivait les populations de la rivière Flathead, en Colombie-Britannique, et de la rivière St. Mary comme étant la forme des montagnes Rocheuses (Troffe, 1999). La forme des montagnes Rocheuses se distingue du chabot du Columbia selon plusieurs caractéristiques morphologiques (Troffe, 1999; Peden, 2000). Les spécimens du Columbia ont une ligne latérale complète, avec en moyenne 29±3 pores, et des piquants derrière la nageoire pectorale. En revanche, ceux des rivières Flathead et St. Mary ont une ligne latérale incomplète, avec en moyenne 22 ± 3 pores, et ils n’ont pas de piquants derrière la nageoire pectorale (Troffe, 1999; Peden, 2000).


Taxinomie

La taxinomie des chabots de l’ouest du Canada est complexe et non résolue. À la fin des années 1960, ce poisson a d'abord été reconnu comme étant le « chabot tacheté », C. bairdii Girard (résumé dans Nelson et Paetz, 1992), mais, à la lumière d’études morphologiques (Roberts, 1988), on l’a par la suite identifié comme le chabot à tête courte, C. confusus. Peden et al. (1989) ont décrit deux formes de C. confusus de la Colombie-Britannique : une du bassin de la rivière Flathead et une autre du fleuve Columbia et de la rivière Kettle. La forme du bassin de la rivière Flathead est similaire à celle des rivières St. Mary et Milk, et l’autre forme, qui ressemble aux individus décrits comme étant des chabots à tête courte par Bailey et Bond (1963), est maintenant reconnue comme étant une nouvelle espèce, Cottus hubbsi (Nelson et al., 2004). Certains chercheurs (Troffe, 1999; Peden, 2000; D. McPhail, professeur émérite, Department of Zoology, University of British Columbia, Vancouver, comm. pers., 2003) jugent que ce poisson est un taxon non reconnu du complexe Cottus bairdii et qu'il ne doit pas être confondu avec le chabot à tête courte (C. confusus) trouvé ailleurs.

Selon de récentes données morphologiques et génétiques, le chabot des rivières St. Mary et Milk pourrait être la même espèce que celle de la rivière Flathead, en Colombie-Britannique (figures 2, 3) de même que celle du haut bassin du Missouri (Troffe, 1999; Peden, 2000; McPhail, comm. pers.). Plus récemment, Neely (D.A. Neely, associé de recherche postdoctoral, département de biologie, Saint Louis University, St. Louis, Missouri; comm. pers., 2003), pensait qu'il pourrait s'agir d'une nouvelle espèce intimement apparentée au chabot des montagnes Rocheuses, C. bairdii punctulatus, signalé par Bajkov (1927) et Schultz (1941) en se fondant sur des individus capturés sur les deux versants des montagnes Rocheuses et dans le parc national Glacier, au Montana. Troffe (1999), Peden (2000) et McPhail (comm. pers.) suggèrent que les chabots des rivières St. Mary et Milk de même que ceux de la rivière Flathead soient provisoirement identifiés comme C. bairdii punctulatus.

En termes de caractérisation génétique, un important fossé géographique (les grandes plaines) et moléculaire semble séparer les groupes de « chabots tachetés », C. bairdii, de l’Est et de l’Ouest. De plus, les groupes de l’Est semblent être monophylétiques (c’est-à-dire qu’ils ont évolué à partir d'un même groupe) (Neely, comm. pers.). Cela dit, la relation génétique entre les populations de C. bairdii de l’Ouest et de C. confusus est en voie d'éclaircissement. Peden (2000) a utilisé la variation des allozymes pour démontrer que la population de chabots de la rivière Flathead était un taxon canadien non reconnu, nommé provisoirement C. bairdii punctulatus, distinct de la population du bassin du Columbia, nommée provisoirement C. b. hubbsi (Bailey et Dimick, 1949; McAllister et Lindsey, 1961; McPhail, 2001), ce qui concorde avec les résultats morphologiques publiés par Troffe (1999). Plus récemment, des analyses génétiques moléculaires de plus haute résolution (fondées sur la variation du cytochrome b et des gènes de la région témoin de l’ADN mitochondrial) ont démontré que la population de chabots de la rivière Flathead semblait génétiquement similaire aux populations de la rivière St. Mary, en Alberta, et du haut Missouri, au Montana (McPhail, comm. pers.). De plus, ces résultats montrent que le chabot du Columbia est très distinct des chabots des bassins des rivières Flathead et St. Mary (McPhail, comm. pers.). Encore une fois, ces travaux corroborent les études morphologiques de Troffe (1999). Subséquemment, la forme du bassin du Columbia a officiellement été reconnue comme une espèce valide (voir Nelson et al., 2004), Cottus hubbsi (Bailey et Dimick, 1949), en se fondant sur les travaux de Markle et Hill (2000) corroborés par les travaux en cours de D.A. Neely (comm. pers.).


Figure 2 : Répartition des « chabots tachetés » (Cottus bairdii) en Amérique du Nord

Figure 2. Répartition des « chabots tachetés » (Cottus bairdii) en Amérique du Nord

Selon Lee, 1980; Peden, 2000. Il faut noter le caractère discontinu de cette répartition : la sous-espèce de l’Est, C. b. bairdii, et les taxons de l’Ouest, le C. b. punctulatus, du bassin du Missouri, et le chabot du Columbia, Cottus hubbsi, lesquels sont séparés par la ligne de partage des eaux (qui suit à peu près la frontière entre le Montana et l'Idaho). Il apparaît aujourd'hui qu'il n'y a pas de C. bairdii dans l’ouest de l'Amérique du Nord, et que la forme du Missouri est également une espèce distincte, nommée provisoirement chabot du versant est, Cottus sp.

 


Figure 3 : Répartition des « chabots tachetés » dans l’ouest du Canada

Figure 3. Répartition des « chabots tachetés » dans l’ouest du Canada.

Les points représentent les sites de capture du C. b. punctulatus (nommé provisoirement chabot du versant est, Cottus sp.). La zone ombrée représente la population de la rivière Flathead et les triangles les sites de capture du C. hubbsi.

Selon une étude génétique parallèle portant sur les espèces de Cottus de l’ouest des États-Unis, l’ancien complexe C. bairdii compterait au moins cinq taxons (Neely, 2002; Neely, travaux en cours inédits; J. Nelson, professeur émérite, Department of Biological Sciences, University of Alberta, comm. pers., 2005). Tel que mentionné précédemment, le chabot du Columbia (Cottus hubbsi) a déjà été reconnu (Nelson et al., 2004) comme étant une nouvelle espèce. Selon Neely (2002; Neely, comm. pers., 2005), la population du haut Missouri, et donc très probablement les populations des rivières St. Mary, Milk et Flathead, qui ont été provisoirement décrites comme Cottus bairdii punctulatus (Peden, 2000), constituent également un nouveau taxon. Il ne s’agit toutefois pas du Cottus punctulatus, lequel est confiné au fleuve Colorado, aux États-Unis (Nelson, comm. pers., 2005). Cette nouvelle espèce a été nommée provisoirement chabot du versant est, Cottus sp., jusqu'à ce qu'une description officielle soit faite (Neely, données inédites, en cours). Un nouveau nom sera nécessaire puisque aucun synonyme n’existe (Nelson, comm. pers., 2005). Il apparaît maintenant qu'il n'y a pas de « chabot tacheté » dans l’ouest du Canada et que le C. bairdii n'est présent que dans l’Est (Nelson, comm. pers., 2005).

Malheureusement, les données canadiennes et états-uniennes n'ont pas à ce jour été mises en commun, mais Neely est en voie de le faire dans le cadre de sa présente recherche. Par ailleurs, aucun des récents travaux morphologiques de Troffe (1999) ni des travaux génétiques récents n'inclut les individus des rivières Milk et Flathead. Cela dit, les recherches actuelles de Neely aborderont ces problèmes, mais aucun résultat n’est disponible pour l'instant. Par conséquent, on estime, en se fondant sur des données morphologiques antérieures (par exemple Roberts, 1988), que la population de la rivière Milk est composée de la même espèce que celle de la rivière St. Mary.


Unités désignables

Comme il a été vu précédemment, tous les chercheurs qui se penchent actuellement sur les questions de taxinomie entourant ces taxons s'entendent pour dire que les chabots des rivières St. Mary et Milk et du haut Missouri représentent un taxon non reconnu, provisoirement nommé chabot du versant est, Cottus sp. (Neely, 2002; Nelson, comm. pers., 2005). Puisque les populations des rivières St. Mary et Milk sont distinctes et isolées sur le plan biogéographique (aires écologiques nationales d'eaux douces 4, 7, COSEPAC [2004]) de celles du bassin de la rivière Flathead (aire 11), elles peuvent être considérées comme une unité désignable. La population de la rivière Flathead pourrait représenter une autre unité désignable, mais son statut ne fait pas l'objet du présent rapport.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

On croyait auparavant que l'aire de répartition du « chabot tacheté » en Amérique du Nord était vaste, mais discontinue (figure 2, 3), se divisant en deux groupes géographiquement isolés, séparés par les grandes plaines, d'où il est absent. L'aire de répartition du groupe de l’Est s'étend au moins du bassin du Tennessee (Géorgie et Alabama), au Labrador, au nord, et au bassin des Grands Lacs, à l'ouest. Dans l’est du Canada, le « chabot tacheté » est présent de façon isolée au Labrador, dans la baie d'Ungava et dans les affluents de la baie d'Hudson, dans le bassin du Saint-Laurent et des Grands Lacs et dans les bassins versants de la baie James et de la baie d'Hudson, dans presque tout l’Ontario et jusqu’au sud du Manitoba (Scott et Crossman, 1974; Lee, 1980). Toutefois, il semble maintenant que le « chabot tacheté », Cottus bairdii, ne soit pas présent dans l’ouest de l'Amérique du Nord (voir la section Information sur l'espèce).

L'aire de répartition du groupe de l’Ouest, qui s'étend des montagnes Rocheuses à la côte du Pacifique, est discontinue et imprécise, particulièrement aux États-Unis (A. Peden, Liparis Consultants, Victoria, Colombie-Britannique, comm. pers., 2003). Dans l’ouest du Canada, deux formes distinctes de « chabot tacheté » ont été identifiées : (1) le chabot du Columbia, C. hubbsi, décrit à l'origine par Bailey et Dimick (1949) et (2) la forme des montagnes Rocheuses, C. bairdii punctulatus, observée dans le sud-est de la Colombie-Britannique et le sud-ouest de l'Alberta (Peden, 2000).

Le chabot du Columbia, qui a été désigné espèce préoccupante en 2000 par le COSEPAC (Peden, 2000), est présent uniquement dans la portion ouest du bassin du Columbia (figure 2). Plus précisément, il a été observé dans quelques bassins du sud de la Colombie-Britannique, notamment dans la rivière Similkameen (en amont des chutes Similkameen), dans la rivière Kettle (en aval des chutes Cascade), dans divers affluents du Columbia de même que dans le bas Kootenay, en aval du barrage Bonnington (Peden, 2000). Au sud de la frontière internationale, la répartition du chabot du Columbia est beaucoup moins connue. On a décrit l’espèce à l’origine dans le bassin du Columbia, dans l’État de Washington et en Idaho (Bailey et Dimick, 1949).

Le chabot des montagnes Rocheuses, Cottus bairdii punctulatus, a d'abord été observé dans le sud-ouest de l'Alberta, en 1925 et en 1926 (Bajkov, 1927), quoiqu'il existe certains doutes quant à l'authenticité des individus de Bajkov (Nelson et Paetz, 1992), et dans les bassins de la rivière Flathead et du haut Missouri, au Montana, à la fin des années 1930 (Schultz, 1941). Selon les recherches de Neely (Neely, 2002, inédites), le Cottus punctulatus est une espèce valide confinée au fleuve Colorado. Comme mentionné précédemment, les récentes études génétiques et moléculaires montrent que la forme qui chevauche la ligne continentale de partage des eaux est également un taxon séparé, nommé provisoirement chabot du versant est, Cottus sp. Au Canada, la seule autre population qui semble correspondre au même taxon que le chabot du versant est (figure 4) se trouve dans la rivière Flathead, en Colombie-Britannique (Troffe, 1999; Peden, 2000; McPhail, comm. pers.). Il existe d’autres populations étroitement apparentées aux États-Unis, soit dans le haut bassin du Missouri, au Montana et au Wyoming (Neely, comm. pers.). Fait intéressant à souligner, les populations des rivières Milk et St. Mary et du Missouri, sur le versant est des montagnes Rocheuses, sont séparées de la population de la rivière Flathead, du côté ouest, par la ligne continentale de partage des eaux (Peden, 2000). Cela n'est pas surprenant puisque les données géologiques révèlent que certaines sections de la rivière Saskatchewan Sud, y compris la rivière St. Mary et certaines sections de la rivière Flathead, ont eu des liens avec le bassin du Missouri lors du retrait des glaciers il y a de 10 000 à 13 000 ans environ (Troffe, 1999).

Dans l’ouest des États-Unis (figure 2), on trouve des taxons appartenant à ce qui a été désigné comme le complexe C. bairdii dans la rivière Snake (en amont des chutes Shoshone), plus précisément dans les bassins Bonneville, dans le bassin Malheur, en Oregon, et dans celui du Colorado (Neely, comm. pers.). De plus, des populations distinctes sont présentes en Arizona, au Nouveau-Mexique, au Nevada et au Missouri (Lee, 1980; Peden, 2000).

La seule source possible de flux génique entre le chabot du versant est en Alberta et les populations à l'extérieur de la province serait la section la plus en amont du cours principal de la rivière St. Mary, qui coule au Montana.


Aire de répartition canadienne

La zoogéographie du chabot du versant est apparaît complexe, et les théories concernant les refuges glaciaires et les voies de dispersion varient. La répartition actuelle semble indiquer que l'espèce a survécu dans deux, peut-être trois, refuges (missourien, mississipien et columbien) (Bailey et Allum, 1962; Crossman et McAllister, 1986). L'étendue de la couverture de glace pendant la dernière période de glaciation (qui a débuté il y a environ 18 000 ans) du Pléistocène est incertaine. On croit cependant que la majorité de l'Alberta était recouverte, mais qu'il y avait certains secteurs libres de glace dans le sud de la province (résumé dans Nelson et Paetz, 1992). Nelson et Paetz (1992) pensent que, lors de cette dernière déglaciation, plusieurs connexions entre le bassin de la rivière Oldman (p. ex. rivière St. Mary) et le bassin de la rivière Milk ont permis des mouvements entre le bassin du Missouri et le bassin de la Saskatchewan. C’est alors que le chabot du versant est pourrait être arrivé du bassin du Missouri. Willock (1969) juge quant à lui que la présence isolée du chabot du versant est dans la rivière St. Mary, à l’extérieur du bassin du Missouri, serait attribuable à une arrivée postglaciaire qui serait relativement récente. Le chabot du versant est pourrait également s'être introduit dans le bassin de la rivière Milk à partir de la rivière St. Mary, par l'intermédiaire des canaux d'irrigation au Montana (Nelson et Paetz, 1992; Paetz, 1993; W. Roberts, Zoology Museum, University of Alberta, Edmonton, Alberta, comm. pers., 2003). Ce déplacement pourrait se produire annuellement et stimuler l'expansion apparente vers l’aval des chabots qui a été récemment observée dans la rivière Milk sur une période de 20 ans (Paetz, 1993). On trouve également dans la rivière St. Mary plusieurs autres espèces de poissons du cours supérieur de la rivière Milk (T.B. Clayton, Sustainable Resource Development, Lethbridge, Alberta, comm. pers., 2003). Compte tenu de cette observation et du fait que la taxinomie du chabot du versant est n'est pas fixée, il est impossible de déterminer si le chabot s'est déplacé de la rivière St. Mary à la rivière Milk ou le contraire. Crossman et McAllister (1986) suggèrent que la présence actuelle d'espèces comme le « chabot tacheté » pourrait s'expliquer par la disponibilité d'habitats en eaux profondes et froides, et pas uniquement par la théorie des refuges. Par conséquent, la répartition actuelle du chabot du versant est pourrait s'expliquer par sa préférence pour les eaux froides d’amont de même que par les déplacements dans les canaux et les réservoirs d'irrigation et par la dispersion postglaciaire.


Figure 4 : Répartition du chabot du versant est en Alberta

Figure 4. Répartition du chabot du versant est en Alberta.

Les zones ombrées montrent la répartition fondée sur des récents relevés effectués dans les rivières St. Mary et Milk (R.L. & L., 2002; P & E, 2002) ainsi que de certaines études antérieures (R.L. & L., 1987; Paetz, 1993) qui concordent avec les travaux les plus récents. Les losanges blancs indiquent les sites du cours supérieur de la rivière Milk où des chabots ont été signalés par Willock (1969), Clayton et Ash (1980), et R.L. & L., (1987), mais où ils n’ont pas été observés lors des plus récents relevés. En cartouche, la population de la rivière Flathead, qui semble appartenir au même taxon (aucun renseignement sur la répartition de ces chabots dans le bassin du haut Missouri n'était disponible).

Les nombreux échantillonnages effectués depuis les années 1960 ont permis de délimiter assez nettement l'aire de répartition du chabot du versant est en Alberta. Le chabot du versant est a été identifié pour la première fois (en tant que C. bairdii) dans la rivière Milk en 1966 (enregistrement 3771, Zoology Museum, University of Alberta). Sa présence en Alberta semble se limiter à la rivière St. Mary en amont du réservoir St. Mary, à la rivière Milk Nord et au bras principal de la rivière Milk, à l'exception de la section la plus en aval (c’est-à-dire les 85 kilomètres les plus en aval en Alberta) (Roberts, 1988; Nelson et Paetz, 1992; Paetz, 1993; voir la figure 4). L'aire de répartition se situe principalement dans la prairie mixte sèche de même que dans les sous-régions de la prairie mixte et de la prairie à fétuque des piémonts de l'Alberta (ANHIC, 2002a). La sous-région de la prairie mixte sèche est considérée comme la plus aride de la province. On y enregistre les étés les plus chauds de la province, des hivers froids et des précipitations annuelles extrêmement variables (ANHIC, 2002a).

La première étude publiée sur la rivière Milk notait la présence du chabot du versant est seulement dans les cours supérieurs de la rivière Milk Nord et à la frontière internationale, dans le cours supérieur de la rivière Milk, en amont du confluent de la rivière Milk Nord (Willock, 1969). Une étude ultérieure enregistrait également la présence de chabots à trois endroits dans le cours supérieur de la rivière Milk (Clayton et Ash, 1980). En 1986, un relevé enregistrait la présence du chabot dans toute la rivière Milk Nord, jusqu’à 100 km en amont de la frontière internationale, et à un site d’amont dans le cours supérieur de la rivière Milk (R.L. & L., 1987). Paetz (1993) confirme la présence du chabot dans la rivière Milk Nord et dans le bras principal, mais observe pour la première fois son absence dans le cours supérieur de la rivière Milk. Selon lui, les chabots qui se trouvaient dans la portion albertaine du cours supérieur de la rivière Milk ont disparu en raison de la baisse du débit au sud de la frontière internationale, au Montana. Les prélèvements d'eau pour l'irrigation n'y sont pas réglementés (Clayton, comm. pers.). En outre, en comparant les premiers travaux (Willock, 1969) à ceux menés en 1979 (Clayton et Ash, 1980), on observe que le chabot était présent 130 km plus en aval en 1979.

Les plus récentes évaluations ont montré que la répartition du chabot du versant est s’étend dans presque toute la rivière Milk Nord et dans le bras principal de la rivière Milk, sauf dans la section la plus en aval (entre 0 et 85 km en amont de la frontière internationale), d'où il est absent (R.L. & L., 2002) (figure 4). Ces constats rejoignent ceux des premières études (Clayton et Ash, 1980; R.L. & L., 1987; Paetz, 1993), ce qui permet de croire que la répartition n'a pas changé au cours des dernières années dans ces tronçons, à l'exception du cours supérieur de la rivière Milk, en amont du confluent de la rivière Milk Nord. Les études réalisées en 2000-2001 ont révélé que cette section de la rivière Milk était asséchée en raison des conditions de sécheresse extrême et de la mise en service du canal St. Mary (R.L. & L., 2002). Ces constats sont similaires à ceux faits par Paetz (1993).

Les registres provinciaux des prises dans la rivière St. Mary, antérieurement à 1980, ne contiennent aucun enregistrement de chabot du versant est en aval du réservoir St. Mary (résumé dans Paetz, 1993). Paetz (1993) a confirmé la présence du chabot dans la rivière St. Mary en amont du réservoir et dans le tronçon inférieur de 10 km du ruisseau Lee. Il note également son absence dans la rivière St. Mary, en aval du réservoir, dans le tronçon supérieur du ruisseau Lee, de même que dans les rivières Belly, Waterton et Oldman. De même, le chabot du versant est n'a pas été observé dans le réservoir (Clayton, comm. pers.; Roberts, comm. pers.). Le réservoir St. Mary est vraisemblablement un obstacle majeur à la dispersion vers l’aval du chabot dans la rivière St. Mary (Paetz, 1993). Paetz (1993) attribue l'absence de chabots en aval du réservoir au fait que l’entrée du chabot du versant est dans les eaux de l'Alberta est relativement récente. Cela dit, d'autres pensent que le chabot du versant est était présent en aval du réservoir avant sa construction et que les conditions actuelles d'habitat (p. ex. substrat vaseux) ont entraîné sa disparition à cet endroit (Roberts, comm. pers.). Malheureusement, aucune donnée historique ne corrobore l'une ou l'autre de ces hypothèses. Les récentes études menées en 2000 ont également constaté que le chabot du versant est était commun dans toute la portion de la rivière St. Mary qui s'étend en amont du réservoir St. Mary, jusqu'à la frontière internationale (R.L. & L., 2002) (figure 4). Cependant, dans le ruisseau Lee, affluent de la rivière St. Mary, la répartition était limitée aux sections d’aval, la limite supérieure semblant établie à 6 km en amont de Cardston (R.L. & L., 2002).

Le chabot du versant est occupe au total environ 80 km de cours d'eau dans le bassin de la rivière St. Mary et 220 km (largeur maximale probable de 0,02 km) dans la rivière Milk, en Alberta (Paetz, 1993). Cependant, la disponibilité de l'habitat peut fluctuer de manière importante selon le débit, particulièrement dans la rivière Milk, où la disponibilité est considérablement réduite pendant les périodes de sécheresse extrême, alors que certaines sections sont complètement asséchées. Depuis les années 1960, certains changements semblent avoir une incidence sur la répartition dans la rivière Milk. On note entre autres une importante expansion vers l’aval dans le bras principal et la disparition de ce chabot du cours supérieur de la rivière Milk en raison de la faiblesse constante des débits. En revanche, il n'y a aucun changement apparent de la répartition dans la rivière St. Mary, mais il se peut que le chabot ait été présent en aval du réservoir avant sa construction.

Il n'existe pas de données sur la génétique ou les déplacements qui permettraient de décrire la sous-structure de la population ou de déterminer le nombre de populations génétiquement distinctes qui pourraient être présentes en Alberta. Toutefois, certains postulats peuvent être faits en se fondant sur d'autres études et la connaissance des réseaux hydrographiques. Peden (2000) a observé des différences à relativement petite échelle entre les populations de « chabots tachetés » et de chabots à tête courte en Colombie-Britannique, ce qui porte à croire que le flux génique est faible, même entre les petits affluents d’un même bassin. De plus, Bailey (1952) n'a enregistré que très peu de déplacements chez les C. bairdii punctulatus marqués du Montana au cours d'une année. On s'entend généralement pour dire que Bailey (1952) fait référence au même taxon (S. Pollard, Ministry of Water, Land and Air Protection de la Colombie-Britannique, comm. pers., 2005). On estime qu'il y a au moins deux populations génétiquement distinctes de chabots du versant est : la première dans la rivière St. Mary, immédiatement en amont du réservoir St. Mary, et la deuxième dans le bassin de la rivière Milk, laquelle est similaire à celle de la rivière St. Mary, au Montana, en amont de l'entrée du canal St. Mary. Certains déplacements de larves entre le cours supérieur de la rivière St. Mary, au Montana, et la section la plus en aval, immédiatement en amont du réservoir, sont possibles, mais probablement limités, ce qui donne lieu à un certain isolement génétique. Le canal St. Mary entre en service pendant la crue printanière. C’est à cette époque que certaines larves de chabots peuvent être entraînées vers l’aval dans la rivière Milk Nord par le canal, ce qui occasionne un afflux annuel de matériel génétique (Paetz, 1993; Clayton, comm. pers.).

Selon les études de la génétique et des déplacements réalisées sur ce chabot et d'autres types étroitement apparentés (Bailey, 1952; Peden, 2000, 2001), il existe vraisemblablement une certaine sous-structuration dans les rivières St. Mary et Milk. Le ruisseau Lee et les rivières St. Mary et Milk (en aval du confluent de la rivière Milk Nord) coulent toute l'année et peuvent donc assurer la survie des populations de chabots.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Les chabots sont nocturnes et ont tendance à se cacher (généralement sous des roches) pendant les heures de clarté (McPhail, 2001). Les « chabots tachetés » sont présents dans les cours d'eau modérément froids comprenant des habitats de radier, des substrats de gravier ou de roches et des courants lents ou rapides (Peden, 2000). Une ancienne étude de Bailey (1952) sur le chabot des montagnes Rocheuses (C. bairdii punctulatus), qui pourrait être du même taxon que le chabot du versant est (voir la section Taxinomie), dans le sud-ouest du Montana, constatait également la présence en abondance de ces poissons dans les habitats de radier parsemés de pierres et de roches qui constituent des refuges. Ces chabots sont généralement absents des fosses dont le fond se compose entièrement de sable ou d'argile (Bailey, 1952). Il y a peu de données sur les préférences thermiques des « chabots tachetés » de l’Ouest, mais on a constaté que les populations de chabots à tête courte étaient présentes dans les cours d'eau dont les températures atteignaient en moyenne 15 °C (de 8 °C à 21  °C) le printemps et l'été, en Oregon (Bond, 1963), et entre 12 °C et 18 °C l'été et entre 0 °C et 4 °C l'hiver, en Colombie-Britannique (Peden, 2000).

La seule étude qui décrive l'habitat de fraye portait sur le chabot des montagnes Rocheuses dans le sud-ouest du Montana (Bailey, 1952). Les nids étaient des trous sous les roches, d’un diamètre de 0,12 m à 0,38 m. Les œufs étaient généralement attachés aux roches, mais aussi parfois à la végétation aquatique, au bois et à d'autres débris (Bailey, 1952). Les nids se trouvaient à des profondeurs de plus de 0,3 m, et la vitesse de surface se situait entre 0 m/s et 1,6 m/s.

Depuis les années 1960, un certain nombre d'études sur les rivières St. Mary et Milk ont décrit les caractéristiques d'habitat préférées du chabot du versant est. Willock (1969) affirmait que la basse température et la grande limpidité des eaux du cours supérieur de la rivière Milk pouvaient expliquer la présence d'espèces comme le chabot du versant est. Ces caractéristiques sont associées à une plus forte pluviosité, à l’altitude et au dénivelé, à une végétation plus dense et à une plus faible érosion, le substrat gréseux du cours supérieur de la rivière Milk étant plus résistant que le substrat des tronçons inférieurs (Willock, 1969). Plus précisément, Willock (1969) affirmait que la température des eaux était le facteur qui avait le plus d'influence sur la répartition des chabots dans la rivière Milk. Il a de plus constaté que les chabots étaient plus nombreux dans les sections de la rivière Milk où il y avait peu ou pas de courant et étaient aussi nombreux dans les embouchures des ruisseaux que dans le bras principal. Paetz (1993) observait lui aussi que, dans les rivières St. Mary et Milk Nord, les chabots étaient plus nombreux dans les secteurs rocheux, libres de vase et situés près de la rive, où les courants étaient plus lents, tandis qu'ils étaient absents du chenal principal. Dans le ruisseau Lee (affluent de la rivière St. Mary), les chabots semblaient préférer les marges légèrement vaseuses, où le courant était moins rapide, que le centre du chenal, où il n'y avait pas de vase, mais où la vitesse était plus élevée (Paetz, 1993). Paetz (1993) remarquait également que, en l'absence de roches et de pierres, dans le cours moyen de la rivière Milk, les chabots occupaient les secteurs à courant plus lent où le carex immergé et les buissons des berges traînaient dans l'eau, ce qui est particulièrement le cas près de la ville de Milk River. Les débris ancrés par une obstruction, comme une racine sortant du lit de la rivière, figurent parmi les autres habitats recensés. Clayton et Ash (1980) remarquaient quant à eux que les chabots du versant est semblaient préférer les substrats propres, mais qu'ils étaient présents, quoiqu’en moins grand nombre, dans les fosses tranquilles à substrat vaseux.

Une évaluation détaillée de l'habitat du chabot du versant est a été menée en 2000-2001 dans les bassins des rivières St. Mary et Milk (R.L. & L., 2002). Une part de la variabilité observée dans le choix de l'habitat semblait être spécifique au bassin et dépendre de la disponibilité du type d’habitat ainsi que du niveau de l'eau. De manière générale, le chabot occupe principalement des zones peu profondes de plats et de radiers ainsi que des plats à grosses roches qui offrent un refuge aux poissons. Une analyse statistique des caractéristiques des microhabitats a montré que le chabot du versant est n'était pas associé à des caractéristiques précises, mais qu'il semblait plutôt généraliste (R.L. & L., 2002). Cela dit, les captures ont été faites généralement en eaux peu profondes (de 0,05 à 0,42 m, moyenne de 0,19 m de profondeur) et où le courant était faible (de 0 à 0,6 m/s, moyenne de 0,22 m/s). L’épaisseur de la vase était faible (de 0,0 à 0,02 m), les roches constituaient le type prédominant d'abri (de 10 % à 40 %), la turbidité était faible (de 0 à 5 %) et le substrat était principalement constitué de gravier et de pierres (R.L. & L., 2002).

On dispose de peu de renseignements sur les caractéristiques d'habitat associées aux divers stades du cycle vital du chabot du versant est. Les habitats de fraye, d’élevage et d'alimentation ne semblent pas limités dans la rivière St. Mary ni dans les sections d’amont de la rivière Milk où on trouve des chabots (R.L. & L., 2002). Fait intéressant à souligner, Willock (1969) a enregistré un nombre étonnamment élevé de jeunes chabots dans les zones vaseuses à faible dénivelé de la rivière Milk, ce qui porte à croire que ces zones servent à l’élevage. De façon similaire, Bailey (1952) a observé de petits individus de chabots des montagnes Rocheuses dans les eaux tranquilles près des rives. Il pense que ces petits chabots pouvaient soulever des nuages de vase pour se cacher. Les habitats d'hivernage sont également nombreux dans les deux bassins, à condition que le débit d'eau soit suffisant (R.L. & L., 2002).


Tendances en matière d’habitat

Les plus importantes perturbations apportées à l’habitat du chabot dans les rivières St. Mary et Milk sont les dérivations, les réservoirs et les prélèvements d'eau pour l’irrigation. Ces facteurs, combinés aux fréquentes périodes de sécheresse que connaît le sud de l'Alberta, ont sérieusement réduit l'habitat du chabot. La construction du réservoir St. Mary, achevée en 1951 (Clayton, comm. pers.) a considérablement modifié l'habitat des poissons dans la rivière St. Mary (voir dans la section Répartition la figure 4, qui montre l'emplacement du barrage). Rien n'indique à l'heure actuelle que le chabot du versant est serait présent dans le réservoir ou en aval de celui-ci (Roberts, comm. pers.; Clayton, comm. pers.). On ignore si ce chabot a déjà occupé ces sections, mais une expansion future vers l’aval n'est pas possible en raison de la présence du barrage. En outre, l'absence de chabots dans le réservoir porte à croire que les conditions (les régimes de température et les types de fond) ne leur sont pas favorables.

La plus importante perturbation de l'habitat dans la rivière Milk s'est produite après 1917, année où a été aménagé au Montana le canal St. Mary afin de détourner l'eau de la rivière St. Mary vers la rivière Milk Nord pour l’irrigation. La plupart des années, le canal dérive l'eau d'avril à septembre, gonflant ainsi le volume de la rivière Milk Nord et de la rivière Milk. Avant l’aménagement du canal, la rivière Milk était probablement un petit cours d'eau typique des prairies, au cours peut-être intermittent pendant les épisodes de sécheresse, et qui était de manière générale moins turbide (Willock, 1969). Même si le volume d'eau a peut-être augmenté en aval de la sortie du canal dans la rivière Milk Nord, ce débit est hautement contrôlé et peut être coupé temporairement ou prématurément pendant les mois d'eaux libres si le canal nécessite des réparations. Cette possibilité, combinée aux périodes de sécheresse courantes dans cette région, peut réduire de façon importante la disponibilité des habitats pour le chabot dans la rivière Milk. En outre, les prélèvements d'eau pratiqués dans le cours supérieur de la rivière Milk au Montana, qui se trouve en amont du confluent de la rivière Milk Nord, peuvent être en partie responsables de la disparition des chabots dans cette section du bras principal (Paetz, 1993). En 2000-2001, le cours supérieur de la rivière Milk était à sec pendant les saisons d'échantillonnage d’été et d’automne (R.L. & L., 2002). En fait, cette section est souvent sèche pendant les mois d'été (Clayton, comm. pers.). Toute occupation de cette section de la rivière par les chabots est au plus temporaire. De la même manière, les affluents de la rivière Milk Nord sont considérés comme éphémères et sont secs ou seulement mouillés la majeure partie de l'année dans des conditions moyennes (Clayton, comm. pers.).

Aucune autre perturbation majeure de l'habitat n'a été observée depuis la construction du réservoir St. Mary. La disponibilité de l'habitat, particulièrement pour l'hivernage dans la rivière Milk, diffère largement d'une année à l'autre et dépend du débit. Les conditions de sécheresse extrême et le contrôle du débit d'eau associé au canal St. Mary peuvent causer un étiage extrêmement marqué, comme cela a été le cas à la fin de l'été et à l'automne en 2000 et en 2001 (R.L. & L., 2002). La proposition récurrente de construire un barrage pour l'irrigation sur la rivière Milk, en amont de la ville de Milk River, est une menace éventuelle à l'habitat actuel du chabot dans la rivière Milk. Un tel barrage aurait pour effet d'inonder environ 19 km de la rivière Milk Nord et 11 km du bras principal de la rivière Milk (R.L. & L., 1987), ce qui entraînerait la destruction d'environ 10,5 % des habitats existants en amont du barrage ainsi que d'autres répercussions en aval de celui-ci (Paetz, 1993), notamment la modification du débit, de la turbidité et des températures.

En termes de possibilité de recolonisation, le canal d'irrigation St. Mary est probablement une voie de migration annuelle du cours supérieur de la rivière St. Mary, au Montana, vers la rivière Milk Nord. L'expansion vers l'est présumée des chabots dans la rivière Milk depuis que l'espèce a été enregistrée pour la première fois dans les années 1960 (voir la section Répartition) porte à croire que le chabot du versant est a la capacité de coloniser un nouvel habitat, particulièrement vers l’aval. Peden (2000) prétend quant à lui que les différences génétiques entre les populations de « chabots tachetés » en Colombie-Britannique, combinées à un mode de vie relativement sédentaire, indiquent que leur dispersion est lente et que leurs déplacements entre les cours d’eau sont limités. À la lumière de cette information, la recolonisation d'une population disparue dans la rivière Milk Nord grâce à l'immigration annuelle provenant de la rivière St. Mary par le canal est probable et pourrait se produire assez rapidement (environ 10 ans). Néanmoins, les récentes périodes de sécheresse ainsi que d'autres facteurs rendent une telle recolonisation douteuse pour l'instant. La recolonisation du bras principal de la rivière Milk à partir de la rivière Milk Nord serait un processus plus lent (10 ans ou plus) si l'on se fie à des rapports antérieurs signalant les changements dans la répartition (Willock, 1969; Clayton et Ashs, 1980). La recolonisation naturelle de la rivière Milk à partir du bassin du haut Missouri, au Montana, n'est pas possible vu l'absence de chabots dans la rivière Milk en aval de la frontière internationale et la présence d'au moins six barrages infranchissables (Stash, 2001). De la même façon, la recolonisation naturelle de la rivière St. Mary à partir de la rivière Milk Nord est de toute évidence impossible en raison de la configuration du Canal St. Mary (Clayton, comm. pers.).


Protection et propriété

Les habitats des rivières St. Mary et Milk sont en grande partie situés sur des terrains privés et aucun n'est protégé par la loi. La Couronne est propriétaire du lit des cours d'eau et des rives jusqu'à 6 pieds au-dessus du niveau maximal. Seulement 38 % des terrains en bordure des rivières Milk et Milk Nord sont privés. Les autres appartiennent à l'État, mais sont en grande partie loués pour le pâturage. À l'intérieur du bassin, c'est probablement la majorité des terres qui sont ainsi cédées (Clayton, comm. pers., 2005).

Même si l’espèce pourrait bénéficier d’une protection en vertu des dispositions sur l’habitat des poissons de la Loi sur les pêches (du gouvernement fédéral) ou de la Wildlife Act de la province, aucune mesure à cet effet n’a été prise à ce jour. Paetz (1993) a élaboré un plan de gestion provincial afin d'aider à protéger les populations existantes. Plus récemment, des relevés ont été commandés dans la rivière Milk (de 2000 à 2002) en vue de déterminer le statut de plusieurs espèces non pêchées, notamment le chabot du versant est, et de fournir des recommandations pour leur protection (voir R.L. & L., 2002; P & E, 2002).

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Biologie

Généralités

L'information sur le cycle vital du chabot du versant est, malheureusement limitée, se fonde sur un nombre restreint d'études concernant les populations de C. bairdii d'autres bassins de l’Ouest. Il semble que Bailey (1952) pourrait faire référence au même taxon. La seule étude qui décrit précisément le cycle vital du chabot du versant est a été réalisée par Roberts (1988).

Roberts (1988) a remarqué que la fraye de toutes les espèces de Cottus de l'Alberta, y compris le chabot du versant est, avait lieu à la fin du printemps. Il a observé plus précisément que des mâles protégeaient les œufs dans le ruisseau Lee, un affluent de la rivière St. Mary, à la mi-mai, alors que la température de l'eau était de 15 oC (Roberts, 1988). Il a également remarqué que seules des femelles gravides (aucun mâle protégeant les nids n’a été observé) avaient été vues dans le cours principal de la rivière St. Mary lorsque la température de l'eau était de 7,5 oC, ce qui porte à croire que la fraye s'amorce lorsque la température atteint un certain seuil qui se situerait entre 7,5 oC et 15 oC.


Reproduction

La saison de fraye des espèces de Cottus varie largement et peut avoir lieu entre février et août selon l’endroit (résumé dans Bailey, 1952). Bailey (1952) a mené une étude assez détaillée sur l'écologie de la fraye du chabot des montagnes Rocheuses dans le sud-ouest du Montana. De manière générale, les mâles arrivent avant les femelles aux sites de fraye et sont fertiles plus tôt. De plus, les mâles sont hautement polygames et s'accouplent avec de 1,5 à 4 femelles, allant parfois jusqu’à 12. La femelle du C. bairdii pond une grappe d’œufs à un seul endroit, sur ou sous les roches, et un seul mâle demeure près du nid jusqu'à plusieurs semaines, pendant la ponte, l'incubation et les premiers stades embryonnaires (Peden, 2000; Bailey, 1952). Selon Bailey (1952), ces mâles ne jouent pas le rôle de gardiens, mais nettoient plutôt les nids de la vase et des autres débris. Enfin, Bailey (1952) a découvert que plus d'une femelle pouvaient pondre au même endroit (Bailey, 1952).

Les chabots capturés dans les rivières St. Mary et Milk pondent en général entre 100 et 250 œufs, mais une grosse femelle (longueur totale de 80,7 mm (LT – longueur en ligne droite du bout du museau à l’extrémité de la nageoire caudale) contenait 354 œufs (Roberts, 1988). Peden et Hughes (1984) ont capturé dans la rivière Flathead une femelle d'une longueur standard de 53 mm (LS – longueur en ligne droite du bout du museau à l’extrémité du pédoncule caudal) qui portait 128 œufs et une de 99 mm LS qui en portait 690. Les œufs du chabot du versant est éclosent généralement en deux à trois semaines, selon la température (Roberts, 1988). Les jeunes de l'année mesuraient entre 30 et 40 mm LT à la fin de leur premier été et ceux d'un an mesuraient au moins 50 mm (Roberts, 1988). Ces données sont similaires à celles obtenues pour la rivière Flathead, où les jeunes de l'année mesuraient en moyenne 37 mm LS à la fin de l'été (Hughes et Peden, 1984). Dans la rivière Flathead, les mâles d'un an mesuraient en moyenne 64,4 mm LS et les femelles d'un an 48,6 mm LS, en octobre (Hughes et Peden, 1984). La croissance des chabots à tête courte dans la rivière Big Lost, en Idaho, était de 10 à 20 mm environ par année (Gasser et al., 1981).

Chez les chabots du versant est, on estime que les deux sexes atteignent la maturité sexuelle à l'âge de 23 mois, même si l'âge d'aucun individu n'a été déterminé (Roberts, 1988). La seule femelle mature capturée dans la rivière Flathead, âgée de deux ans, mesurait 71,4 mm LS (Hughes et Peden, 1984). La plus petite femelle mature capturée dans les rivières Milk et St. Mary mesurait 52,3 mm LT, mais son âge n'a pas été estimé (Roberts, 1988). Ces observations concordent avec les données recueillies ailleurs pour le C. confusus et le C. bairdii. Le plus jeune âge de première maturation chez le C. confusus en Colombie-Britannique est probablement de deux ans. La plus petite femelle mature capturée avait une longueur standard de 42 mm (Peden, 2001). De façon similaire, tous les individus de chabot des montagnes Rocheuses qui étaient parvenus à maturité sexuelle avaient au moins deux ans et mesuraient 57 mm LT ou plus (Bailey, 1952).


Survie

Il n'existe aucune donnée sur la longévité de cette espèce, mais on évalue que les chabots à tête courte vivent tout au plus cinq ans et qu'ils se reproduisent probablement chaque année (Peden, 2001). On a également observé que le chabot à tête courte de Big Lost Creek, en Idaho, se reproduisait chaque année (Gasser et al., 1981).


Physiologie

Il existe très peu de données sur la physiologie du chabot du versant est. Dans la rivière Milk, celui-ci n'est présent que dans les cours supérieurs et moyens, ce qui laisse penser qu'il préfère les eaux froides et limpides, comme c'est le cas pour le chabot du Columbia (Peden, 2000). Willock (1969) a avancé l’hypothèse que la température de l'eau était le facteur qui influait le plus sur la répartition des chabots. La température joue peut-être également un rôle dans la fraye, qui a lieu dans une plage thermique de 7,5 °C à 15 °C (Roberts, 1988).


Déplacements et dispersion

Il est peu probable que le « chabot tacheté » ou le chabot à tête courte entreprennent une longue migration pendant l'année, puisque des individus des deux espèces ont été capturés aux mêmes endroits, en Colombie-Britannique, au printemps, en été, en automne et en hiver (Peden, 2001). Peden et Hughes (1984) ont aussi constaté que les chabots à tête courte, juvéniles et adultes, n'entreprenaient pas de longue migration. Peden (2000) a en outre remarqué que le domaine vital du « chabot tacheté » en Colombie-Britannique était de moins de 5 m2. Bailey (1952) avait également observé que la dispersion maximale des C. bairdii punctulatus marqués au Montana n'était que d'environ 143 m. Enfin, l'étude des différences génétiques entre les petits affluents (fondée sur l'électrophorèse des allozymes) suggère qu'il n'y a pratiquement aucun déplacement (ou du moins aucun flux génique) parmi les populations de C. confusus dans les affluents séparés par au moins 10 km en Colombie-Britannique, et des différences mineures ont aussi été observées chez le C. bairdii (Peden, 2000). Bien qu'il n'existe aucune donnée sur les déplacements des chabots du versant est, ceux-ci ont fort probablement les mêmes habitudes comportementales que les espèces observées dans les études citées précédemment.


Alimentation et relations interspécifiques

Les chabots cherchent principalement leur nourriture la nuit, mais cette quête dépend quelque peu de l'espèce. Une récente étude a observé que les chabots à tête courte du bassin du Columbia restaient la nuit en eau vive, où ils se nourrissent d'insectes à la dérive sur le côté en amont des roches (McPhail, 2001). De manière générale, les habitudes alimentaires du C. bairdii et du C. confusus semblent similaires (Peden, 2000, 2001). Ces chabots se nourrissent principalement de larves d'insectes aquatiques, mais également de mollusques, de poissons et même d'œufs de chabots (Bailey, 1952; Peden, 2000, 2001; Paetz, 1993). De la même manière, Bailey (1952) a observé que l'alimentation du C. bairdii punctulatus, au Montana, se composait presque exclusivement (99,7 %) d'insectes aquatiques benthiques, mais aussi dans une moindre mesure (0,3 %) de gastéropodes, de bivalves, d’hydrachnes, d'œufs de chabots et de poissons.

Les chabots peuvent manger les œufs d'autres poissons et faire partie de l'alimentation d’autres poissons, comme l’omble de fontaine (Salvelinus fontinalis) ou l'achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu), ou même de serpents (Deason, 1939; Scott et Crossman, 1974). On ne connaît pas les interactions parasitaires chez le chabot du versant est, mais des infestations de larves de cestodes (Proteocephalus ambloplitis, P. sp.) et de trémadotes (Tetracotyle sp., Diplostomum sp.) ont été observées chez le C. bairdii de l’est du Canada (Bangham et Hunter, 1939; Bangham, 1955). Ce dernier est en outre porteur de l’Aeromonas salmonicida, bactérie responsable de la furonculose chez les poissons (Rabb et McDermott, 1962). En plus des trémadotes et des cestodes, Hoffman (1967) mentionne les protozoaires, les nématodes, les acanthocéphales, les mollusques et les crustacés au nombre des parasites associés.


Comportement et adaptabilité

Comme mentionné précédemment, la température de l'eau est un facteur crucial dans la répartition du chabot du versant est; toutefois, le niveau de l'eau a lui aussi une grande importance (R.L. & L., 2002). En raison de la zone d'occupation restreinte (< 300 km2) et des épisodes d'extrême sécheresse qui se produisent dans les prairies, le chabot du versant est se trouve vulnérable à de tels événements stochastiques. Par exemple, le débit insuffisant résultant de la sécheresse ainsi que des retenues, des dérivations et des prélèvements d'eau est certainement à l'origine des changements dans la répartition qui se sont produits depuis les années 1960 (Paetz, 1993; R.L. & L., 2002). Les populations du cours supérieur de la rivière Milk ont disparu en raison du manque d'eau, quoique Clayton (comm. pers., 2004) estime qu'il s'agit plutôt d'une expansion non réussie : lorsque le bras principal de la rivière Milk s'assèche, certains poissons se trouvent pris au piège et meurent. Lorsque le débit d'eau est suffisant, certains poissons peuvent se déplacer vers l’amont dans la rivière Milk Nord et poursuivre leur remontée les années suivantes si les conditions le permettent. Les années de sécheresse, le cycle s'inverse. Par conséquent, Clayton estime que cette limitation est attribuable à la disponibilité de l'eau.

Il est également possible que les chabots aient disparu en aval du réservoir dans la rivière St. Mary. Il se peut que le chabot du versant est ait été présent dans la rivière St. Mary, en aval du barrage, avant la construction du réservoir, mais qu'il n'ait pu tolérer la température plus élevée de l'eau (Clayton, comm. pers., 2004). Certains indices suggèrent qu'il pourrait y avoir une certaine fragmentation dans les bassins hydrographiques (voir la section Aire de répartition canadienne). Les disparitions locales pourraient donc bloquer le flux génique et accroître la fragmentation. Les gènes et les chabots de la rivière St. Mary, au Montana, en amont du canal St. Mary, pourraient aboutir dans les rivières Milk ou St. Mary au Canada; toutefois, les chabots ne peuvent passer de la rivière Milk à la rivière St. Mary, et les chabots de la rivière St. Mary au Canada ne peuvent passer à la rivière Milk (Clayton, comm. pers., 2004). En cas de catastrophe, le chabot du versant est pourrait bien disparaître de l'Alberta.

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Taille et tendances des populations

Jusqu'à présent, aucune étude n'a fourni d'estimation quantitative de la taille des populations de chabots du versant est. Cependant, diverses études en ont mesuré l'abondance relative. Le chabot du versant est serait présent en relative abondance dans les endroits qu'il occupe en Alberta (R.L. & L.,1987; 2002). Des relevés effectués en 2000 et en 2001 ont révélé que le chabot du versant est se classait au premier ou au deuxième rang en termes d'abondance relative (par rapport à toutes les espèces de poissons) dans les endroits où il est présent dans les rivières Milk et St. Mary (tableau 1). Cela dit, l'abondance dépendait des saisons d'échantillonnage (R.L. & L., 2002). Lors de ces relevés dans la rivière Milk, les chabots étaient les plus nombreux dans la rivière Milk Nord, tendaient à diminuer graduellement vers l’aval et étaient absents dans la section la plus en aval du bras principal de la rivière Milk (R.L. & L., 2002). Une répartition similaire a été observée lors de relevés antérieurs (R.L. & L., 1987). Elle est selon toute évidence attribuable au plus grand volume d'habitat de fraye et d’élevage que l'on trouve dans les cours supérieurs (R.L. & L., 1987). En revanche, les chabots étaient répartis également dans la rivière St. Mary. Dans le ruisseau Lee, ils étaient présents dans les sections d’aval, jusqu'à 6 km en amont de Cardston. Ces évaluations de l'abondance ont été effectuées avant les conditions de sécheresse extrême qui ont touché la région, et plus particulièrement la rivière Milk, à l'automne 2001. Néanmoins, des relevés limités effectués en octobre 2002 n'ont pas enregistré de changements perceptibles de l'abondance (P & E, 2002). Ces relevés avaient pour but d'évaluer les populations de poissons dans la rivière Milk et ont été réalisés principalement dans la section la plus en aval de la rivière Milk (c.-à-d. de la frontière internationale à 57 km en amont) de même que dans le cours inférieur de la rivière Milk Nord et au confluent des rivières Milk et Milk Nord. Tout comme lors des études précédentes, les chabots se sont révélés absents de la section la plus en aval de la rivière Milk, jusqu'à la frontière internationale (P & E, 2002). Cependant, dans la section d’amont, le chabot du versant est était l'espèce la plus abondante.

Tableau 1 : Pourcentage de chabots par rapport aux autres poissons présents dans les bassins des rivières Milk et St. Mary au fil des années.
AnnéeSaisonBassinTaille de l’échantillonPourcentageRéférence
1966-1967Mai-oct.Rivière Milk1551,1Willock, 1969
1979-1980Nov.Rivière Milk21443,7Clayton & Ash, 1980
1986Juil.-oct.Rivière Milk1 0094,8R.L. & L., 1987
2000AoûtRivière Milk384,2R.L. & L., 1987
2000Oct.Rivière Milk27611,8R.L. & L., 1987
2001Juil.Rivière Milk00R.L. & L., 1987
2001Oct.Rivière Milk1181,8R.L. & L., 1987
2002Oct.Rivière Milk Nord5937,1P & E 2002
2000AoûtSt. Mary8921,4R.L. & L., 2002
2000Oct.St. Mary5751,8R.L. & L., 2002
2001Oct.St. Mary8573,9R.L. & L., 2002
2000AoûtRuisseau Lee332,9R.L. & L., 2002
2001Oct.Ruisseau Lee1722,4R.L. & L., 2002


Les tendances dans la taille des populations sont difficiles à évaluer vu le peu de données disponibles et la variabilité dans les saisons et les sites de relevé. Il y a une certaine variation évidente de l'abondance relative au fil des années, mais sans régularité observable (tableau 2). Par exemple, l'abondance relative à l'automne, selon les captures par unité d'effort (CPUE), semble avoir augmenté dans le cours supérieur de la rivière Milk Nord lorsque l'on compare les résultats de relevés effectués en 1986 et en 2000-2001 (R.L. & L., 2002). Les plus récents calculs de CPUE, effectués à l'automne 2002, suggèrent une légère augmentation de l'abondance près du confluent de la rivière Milk Nord et dans le cours inférieur de la rivière Milk Nord (de 0,5 à 2,44 poissons/min.) par rapport aux relevés effectués près du confluent en 1986 (de 0 à 0,59 poissons/min.) (R.L. & L., 1987; P & E, 2002). Cependant, les valeurs de l'été 2000 dans la rivière Milk Nord sont beaucoup plus faibles que celles enregistrées en 1989 par Paetz (1993). De la même façon, les valeurs de l'été 2000 dans la rivière Milk, près de la ville de Milk River, étaient beaucoup plus faibles en 2000 qu'en 1989 (R.L. & L., 2002). Les valeurs enregistrées à l'automne dans le cours inférieur de la rivière Milk étaient similaires en 1986 et en 2000, et étaient faibles dans les deux cas (R.L. & L., 2002). Malheureusement, les sites immédiatement en aval de la ville de Milk River, où les chabots ont déjà été observés, n'ont pas fait l'objet des plus récents relevés de 2002. Dans la rivière St. Mary, les CPUE en été semblent être restées relativement stables entre 1989 et 2001 (tableau 2). En revanche, les CPUE enregistrées en été dans le ruisseau Lee ont considérablement augmenté entre 1989 et 2001 (tableau 2).

Les saisons, de même que le débit d'eau et la capacité des équipes à capturer des poissons, peuvent influencer les estimations de l'abondance. De plus, la taille des populations peut varier d'une année à l'autre, selon les taux de migration par le canal St. Mary vers la rivière Milk. Il est par conséquent impossible de déterminer si la population de la rivière Milk est stable, en déclin ou en croissance. À la suite des récentes conditions de sécheresse, il est possible que la population ait à tout le moins diminué légèrement, même si les plus récentes prises faites en octobre 2002 (P & E, 2002) indiquent que les chabots demeurent une des espèces les plus abondantes dans le cours inférieur de la rivière Milk Nord. Aucune donnée ne suggère que la taille de la population du cours principal de la rivière St. Mary a pu changer de manière importante, mais une augmentation marquée a été enregistrée dans le ruisseau Lee (R.L. & L., 2002).

Tableau 2 : Comparaison des captures par unité d'effort (CPUE) (poissons/minute) pour les chabots du versant est des bassins des rivières Milk et St. Mary au fil des années. (Méthode de capture : matériel portatif de pêche électrique).
SaisonBassinLieuCPUERéférence
Oct. 1986Rivière Milk NordPartout0,02-1,86R.L. & L., 1987
Oct. 2000-2001Rivière Milk NordPartout3,7-10,75R.L. & L., 2002
Été 1989Rivière Milk NordAmontNote de bas de page a4,56Paetz, 1993
Août 2000Rivière Milk NordAmontNote de bas de page a0,83R.L. & L., 2002
Oct. 1986Rivière Milk NordConfluent0-0,59R.L. & L., 1987
Oct. 2002Rivières Milk et Milk NordSecteur du confluentNote de bas de page b0,50-2,44P & E, 2002
Été 1989NordVille de Milk River3,00Paetz, 1993
Été 2000NordVille de Milk River0,32Stantec, 2000
Août 2000NordVille de Milk River0,26R.L. & L., 2002
Oct. 1986NordAvalNote de bas de page c0-2,05R.L. & L., 1987
Oct. 2000-2001NordAvalNote de bas de page c0-1,90R.L. & L., 2002
Été 1989Rivière St. MaryPartout5,76Paetz, 1993
Août 2000St. MaryPartout2,77-8,02R.L. & L., 2002
Été 1989Ruisseau LeeCardston3,60Paetz, 1993
Août 2000Ruisseau LeeCardston16,62R.L. & L., 2002

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Approximativement 5 km en aval de la frontière internationale.

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Note de bas de page B

Quatre sites dans le cours inférieur de la rivière Milk Nord et un site immédiatement en aval du confluent.

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Note de bas de page C

Entre la ville de Milk River et un point situé à environ 90 km en amont de la frontière internationale.

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Facteurs limitatifs

Bien que le chabot du versant est soit jugé abondant en certains endroits, son aire de répartition est extrêmement restreinte, puisqu’elle se limite à la rivière St. Mary, au cours moyen et supérieur de la rivière Milk et à la rivière Milk Nord. Une comparaison des habitats occupés par le chabot dans ces bassins à ceux d'autres zones du bassin de la rivière Oldman (Paetz, 1993) fait ressortir qu'il y aurait d'autres habitats favorables à cette espèce ailleurs (p. ex. rivière Upper Belly, rivière Waterton, en amont du réservoir Waterton, et cours principal de la rivière Oldman, en amont de Fort McLeod). Cela dit, le réservoir St. Mary, le barrage et le réservoir Waterton ainsi que les conditions défavorables en aval des réservoirs (p. ex. faibles débits d'eau, températures élevées de l'eau en été et substrat vaseux) empêchent l'expansion vers ces habitats (Paetz, 1993; Roberts, comm. pers.).

Lorsque le débit est adéquat, les habitats de fraye, d’élevage, d'alimentation et d'hivernage ne semblent pas limités dans la rivière St. Mary, en amont du réservoir, ni dans la rivière Milk, à l'exception de la section d’aval (R.L. & L., 2002). L'assèchement éventuel des cours d'eau provoqué par les dérivations de retenue et les prélèvements d'eau, combiné aux fréquentes périodes de sécheresse qui ont lieu dans la province, est la principale menace pesant sur les populations de chabots du versant est en Alberta (Paetz, 1993). Dans la rivière Milk, les prélèvements d'eau pratiqués au Montana dans la section d’amont, combinés au faible débit naturel, sont de toute évidence responsables du manque d'habitats favorables (c.-à-d. faible niveau de l'eau) et de la disparition des chabots à cet endroit. Lorsque le débit est faible, la disponibilité des habitats est réduite et la température de l'eau augmente durant les mois d'été. De fait, Willock (1969) affirmait que la température était le facteur qui avait le plus d'influence sur la répartition des chabots dans la rivière Milk. Selon Willock, la température est une des raisons qui pourraient expliquer pourquoi le chabot n'est présent que dans les sections supérieures des bras du nord et du sud, où les températures sont plus basses en raison d'une plus grande pluviosité et de la plus haute altitude.

Pendant l'été, des conditions de sécheresse extrême peuvent survenir dans le sud de l'Alberta. De plus, les débits naturellement faibles pendant cette saison pourraient être accentués par le fonctionnement saisonnier du canal St. Mary et les prélèvements d'eau pratiqués pour l'irrigation (Pollard, 2003). En août, en octobre et en décembre 2001, les débits mesurés s’élevaient à 50 %, à 7 % et à 6 % des débits historiques. En octobre et en décembre 2002, ces ratios étaient de 11 % et de 20 %. De tels débits peuvent réduire considérablement l'habitat d'hivernage et, de fait, à la fin de l'automne et à l'hiver 2001-2002, la rivière Milk s'est asséchée complètement, à l'exception de certaines fosses isolées (R.L. & L., 2002). Les épisodes de sécheresse extrême ne sont pas rares dans le sud de l'Alberta (Pollard, 2003) et pourraient se multiplier si le réchauffement prévu de la planète provoque des changements dans les écosystèmes aquatiques (Poff et al., 2002). Ces changements pourraient empêcher les populations de prendre de l'expansion. De plus, les températures plus élevées qui accompagnent les sécheresses de l'été pourraient avoir de graves conséquences. Toutes les espèces de poissons, y compris les chabots, sont par ailleurs exposées aux risques que représente la fermeture du canal St. Mary pendant de longues périodes pour l'entretien.

En plus des conséquences possibles sur l'habitat du chabot en aval d'un réservoir, les perturbations de l'habitat associées à l’aménagement d’un réservoir dans une rivière, comme le réservoir St. Mary ou le réservoir proposé sur la rivière Milk, peuvent être importantes. Aucun chabot n'a été capturé dans le réservoir St. Mary, quoique l'échantillonnage ait été extrêmement limité (Clayton, comm. pers.). La zone littorale du réservoir est très étroite, et le niveau de l'eau fluctue beaucoup au cours de l'année (Paetz, 1993; Clayton, comm. pers.). Parmi les autres perturbations de l'habitat, il faut noter la hausse des températures dans les zones littorales peu profondes, l'envasement croissant et la perte d'habitats de radier, toutes conditions qui sont défavorables aux chabots (Peden, comm. pers.). Finalement, on ne trouverait plus dans les cours d'eau les communautés d’insectes de milieu lotique, dont dépendent les chabots, mais plutôt des insectes adaptés au milieu lacustre (Clayton, comm. pers.).

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le chabot du versant est n'a jamais été évalué par le COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada), mais a été approuvé pour figurer sur la liste des espèces menacées en juin 2004, en Alberta. À l'heure actuelle, le chabot du versant est n'est pas encore inscrit à la liste de la Wildlife Act de l'Alberta, mais l'adoption de la réglementation nécessaire est en cours (S. Cotterill, Alberta Sustainable Resource Development, Edmonton, AB,comm. pers., 2005). Le « chabot tacheté » (C. bairdii) est inscrit comme non évalué (not assessed) au niveau provincial (Alberta Sustainable Resource Development, 2001). Le Alberta Natural Heritage Information Centre fait le suivi des classements provinciaux et mondiaux. Au niveau provincial, le chabot du versant est a reçu la cote S1 (avril 2000) (ANHIC, 2002b).

Compte tenu de la répartition extrêmement limitée de ce poisson en Alberta, Paetz (1993) a élaboré un plan de gestion provincial afin d'aider à la protection des populations existantes. Plus récemment, la Fish and Wildlife Division de Alberta Sustainable Resource Development a commandé des relevés dans la rivière Milk (de 2000 à 2002) en vue d'établir le statut de plusieurs espèces non pêchées, notamment le chabot du versant est, et de fournir des recommandations pour leur protection (voir R.L. & L., 2002; P & E, 2002).

Le ministère des Pêches et des Océans de même que des représentants de Alberta Sustainable Resource Development, de Environment Alberta, d’un ONG qui s'occupe de questions environnementales, de deux associations d'éleveurs et d'agriculteurs irrigants, et d’un membre des comtés et des villes de la région ont mis sur pied une équipe dont l'objectif est d'élaborer un programme de rétablissement pour le méné d'argent de l'Ouest (Hybognathus argyritis), lequel figure à l'annexe 1 de la LEP. Vu les recommandations provinciales sur l'inscription des espèces en péril, ce programme de rétablissement a été élargi pour intégrer l’approche de gestion par bassin, et englobe maintenant le chabot du versant est et la barbotte des rapides (Noturus flavus) dans la rivière Milk. Ce programme sera élargi à la rivière St. Mary s'il y a lieu.

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Importance de l'espèce

Le chabot du versant est semble être un taxon non reconnu dans le complexe du « chabot tacheté ». Sans égard à la taxinomie, sa répartition est très limitée en Alberta et à l'échelle nationale. Il n’est apparemment présent que dans seulement trois bassins, soit ceux des rivières St. Mary et Milk, en Alberta, et de la rivière Flathead, en Colombie-Britannique. Ce chabot génétiquement distinct représente un élément important de la diversité de la faune ichtyenne du Canada et mérite un niveau de protection élevé.

Le cycle vital et le comportement du chabot du versant est laissent penser qu'il s'agit d'une espèce relativement sédentaire dont la répartition est limitée. Pour ces raisons et parce que le chabot du versant est semble préférer les eaux froides et les substrats non vaseux, ce poisson pourrait être un excellent bioindicateur de l’état des rivières dans lesquelles il vit.

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Résumé technique

Cottus sp.

Chabot du versant est
Populations des rivières St. Mary et Milk
“Eastslope” Sculpin
St Mary and Milk River Populations

Répartition au Canada : Alberta


Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km2) au Canada
[voir le texte, calculée selon la figure 4]
< 2 600 km2
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue)
Inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?
Inconnues
Superficie de la zone d’occupation (km2)
(La longueur de rivière est de 80 km (rivière St. Mary) et de 220 km (rivière Milk), la largeur maximale de la rivière est de 0,02 km, et les chabots n’utilisent pas toute l’étendue des deux rivières, voir la section Répartition dans le rapport)
< 6 km2
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue)
En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?
Mineures, mais non extrêmes
Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés) (voir tableaux 1, 2)
3
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue)
En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur >1)?
Incertaines, mais semble probables en réaction aux cycles secs et humides
Nombre de sites historiques desquels des unités désignables sont disparues
Possiblement 2
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).
En déclin


Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.)
De 2 à 3 ans
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles)
Inconnu
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue
Inconnue
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte)
Inconnu
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?
Inconnues, mais il y a une certaine indication que cela a été le cas en réaction à des cycles secs et humides
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de ≤ 1 individu/année)?
Quelque peu
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue)
En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur >1)?
Inconnues
Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune
Inconnus


Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Aire de répartition limitée, zone d’occupation globale limitée à une étendue de ~ 80 km de la rivière St. Mary et de 220 km de la rivière Milk de l’Alberta (mais < 1 km de largeur à l’endroit le plus large).

  • Perte et dégradation de l’habitat résultant de la perte du débit d’eau causée par les retenues, les dérivations et le prélèvement de l’eau, ainsi que par de fréquentes épisodes de sécheresse qui peuvent devenir plus prononcées en raison du changement climatique mondial.

 


Effet d’une immigration de source externe : Modérée (rivière St. Mary seulement)

Statut ou situation des populations de l’extérieur?
États-Unis (voir ci-dessous)
Protégé
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? (voir les sections sur la Répartition et les Facteurs limitatifs)
Possible du cours supérieur de la rivière St. Mary aux États-Unis
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Probablement
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Inconnu


Analyse quantitative

S.O.

 


Statut actuel

L'entité chabot du versant est n'est pas inscrite séparément par la Association for Biodiversity Information. Le chabot du Columbia, Cottus hubbsi, et le « chabot tacheté », Cottus bairdii, sont inscrits comme suit :

Chabot du Columbia, Cottus hubbsi

Classements de NatureServe (NatureServe 2004)


Mondial -

G5T4Q


National

États-Unis - N?
Canada - N?


Régional

États-Unis - Oregon S4
Canada - BC S3


Classement provincial -

bleu (Conservation Data Centre de la Colombie-britannique 2000)


Espèces sauvages 2000 -

espèce non inscrite (Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril 2001)


COSEPAC -

préoccupante 2000 (COSEPAC 2004)


Chabot tacheté, Cottus bairdii

Classements de NatureServe (NatureServe 2004)


Mondial -

G5


National

États-Unis - N5
Canada - N5


Régional

US - AL - S2, AR - SE1, CO - S4, DE - S1, GA - S4, ID - S5, IL - S2, IA - S4, IA - S2, KY - S4, MD - S3S4, MI - S5, MN - S?, MS - S4?, MO - S4, MT - S5, NN - S1, NV - S?, NJ - SR, NM - S1?, NY - S4, NC - S5, OH - S?, OR - S4?, PA - S5, TN - S5, UT - S4, VT - S2, VA - S4, WA - S3, WV - S5, WI - S4, WY - S5
Canada - AB - S1, BC - S3, MB - S5, NF/LA - S3S4, ON - S5, QC - S5


Classement provincial -

BC bleu ( British Columbia Conservation Data Centre de la Colombie Britannique 2000)


Espèces sauvages 2000 -

(Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril 2001)


National -

4


Provincial -

BC - 3, AB - 6, MB - 4, ON - 4, QC - 4


COSEPAC -

menacée (mai 2005)

 


Statut et justification de la désignation

Statut : Menacée
Code alphanumérique : D2

Justification de la désignation : La zone d’occurrence de cette espèce est très limitée dans les rivières St. Mary et Milk au Canada, où la perte et la dégradation de l’habitat causées par les déviations de cours d’eau, des conditions qui ont été aggravées au cours des récentes années par la sécheresse, les touchent.

 


Application des critères

Critère A (Population globale en déclin) :
Sans objet : aucune donnée ne donne à croire que la population soit en déclin. Cependant, en raison de sa répartition limitée, de la perte de certains habitats et des menaces existantes et éventuelles qui pèsent sur elle (p. ex. sécheresse, prélèvement de l'eau, construction possible d'un barrage sur la rivière Milk), l'espèce pourrait être désignée menacée selon le critère A4c.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
Sans objet : la zone d'occurrence (2 600 km2) est de moins de 5 000 km2, la zone d'occupation (6 km2) est de moins de 500 km2, cette espèce occupe moins de cinq sites et il y a diminution de la zone d'occupation, de la quantité d’habitats et de la qualité de ceux-ci et de la population, mais la rapidité de ces phénomènes demeure inconnue. Certaines données suggèrent que les populations fluctuent en réponse aux conditions périodiques de sécheresse, mais l’ampleur du phénomène est inconnue.

Critère C (Petite population globale et déclin) :
Sans objet : la taille et les tendances des populations sont inconnues, mais celles-ci comptent au moins 1 000 individus matures (il n'existe aucune estimation quantitative). Il n'y a aucune donnée suggérant que la population soit en déclin, mais des augmentations et des diminutions ont été enregistrées à divers endroits.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) :
Correspond aux critères de la catégorie « menacée », D2 (c.-à-d. répartition restreinte, espèce connue dans seulement trois sites et zone d'occupation de moins de 6 km2). L'espèce est vulnérable aux pratiques agricoles qui modifient les cours d'eau pour l'irrigation et aux conditions de sécheresse attribuables au réchauffement de la planète.

Critère E (Analyse quantitative) :
Not Applicable – Sans objet : aucune donnée disponible.

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Remerciements et experts contactés

Remerciements

La préparation du présent rapport est fondée sur un rapport préparé par Susan M. Pollard pour la Fish and Wildlife Division de Alberta Sustainable Resource Development et la Alberta Conservation Association, avec un financement de Alberta Sustainable Resource Development et de la Alberta Conservation Association. La rédactrice remercie Terry Clayton, Don McPhail, Wayne Roberts, Peter Troffe, Sue Peters et Sue Cotterill pour leur aide dans la compilation de l'information qui a servi à la rédaction du rapport. Elle remercie tout spécialement Terry Clayton d'avoir pris le temps de lui montrer les sites clés pour les chabots dans les bassins des rivières Milk et St. Mary, et de lui avoir fourni d’excellentes données sur l'eau et les pêches dans le sud de l'Alberta. De plus, Terry Clayton, Robin Gutsell, Sue Peters, Alex Peden, Robert Campbell et Dawn Birn ont apporté des corrections utiles au rapport.

Experts contactés

Campbell, R. Coprésident, Sous-comité des poissons d’eau douche du COSEPAC, St. Albert (Ontario).

Clayton, Terry. 2003, 2004, 2005. Lethbridge and Medicine Hat Fisheries Biologist, Fish and Wildlife Division, Alberta Sustainable Resource Development, South Lethbridge (Alberta).

Cotterill, Sue. 2005. Alberta Sustainable Resource Development, Edmonton (Alberta).

Gutsell, Robin. Alberta Sustainable Resource Development, Edmonton (Alberta).

McPhail, D. 2003. Professor Emeritus, Department of Zoology, University of British Columbia, Vancouver (Colombie-Britannique).

Neely, D. 2002, 2003, 2004, 2005. David A. Neely, Post-Doctoral Research Associate, Department of Biology, Saint Louis University, St. Louis (Missouri).

Nelson, J. 2005. Professor Emeritus, Department of Biological Sciences, University of Alberta, Edmonton (Alberta).

Peden, Alex. 2003. Former Curator Ichthyology Royal BC Museum, Liparis Consultants, Victoria (Colombie-Britannique).

Peters, Sue. Species At Risk Biologist, Alberta Conservation Association, Edmonton (Alberta).

Pollard, Sue. 2005. Ministry of Water, Land and Air Protection de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique).

Roberts, Wayne. Curator, University of Alberta Museum of Zoology, Edmonton (Alberta).

Troffe, Peter. Department of Fisheries and Oceans Science Branch, West Vancouver Laboratory, Vancouver (Colombie-Britannique).

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Sources d'information

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Susan M. Pollard détient un baccalauréat en biologie marine et a obtenu une maîtrise en génétique des populations piscicoles de la University of Guelph, en 1992. À titre de généticienne des pêches pour le gouvernement de la Colombie-Britannique, elle a créé le programme provincial de génétique des pêches de la Conservation Section et s'en est occupé pendant environ huit ans, jusqu'en 2001. Pendant ces années, ses principales activités ont été, entre autres, l'identification des stocks de truites arc-en-ciel en vue de régler les questions de pêche de stocks mixtes, la description de la structure génétique des populations et des unités de conservation pour diverses espèces de poissons d'eau douce (notamment l'esturgeon blanc, l'omble à tête plate et la truite fardée), l'évaluation des pratiques de pisciculture et l'aide à l'élaboration de politiques provinciales pour la conservation et la gestion des poissons indigènes en Colombie-Britannique. Madame Pollard a passé une année en Alberta. Elle y a amorcé la rédaction des rapports de situation des trois espèces en péril de l'Alberta. En 2002, elle est retournée en Colombie-Britannique, où elle travaille conjointement avec la Freshwater Fisheries Society et la Biodiversity Branch du Ministry of Water, Land and Air Protection de la Colombie-Britannique sur des projets concernant notamment l'élaboration de politiques pour la conservation et la gestion des pêches, les espèces en péril et les questions entourant les espèces exotiques. Enfin, Madame Pollard fait partie (secrétariat) de l'équipe de rétablissement des espèces en péril de la rivière Milk.

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