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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chat-fou liséré (Noturus insignis) au Canada - Mise à jour

COSEPAC Résumé

Chat-fou liséré
Noturus insignis

Description

Le chat-fou liséré (aussi appelé chat-fou livré dans des publications antérieures), (Noturus insignis) (Richardson 1836), est un petit ictaluridé (famille Ictaluridae). Son nom anglais est « margined madtom ». Ce poisson a le ventre de couleur crème, le dos brun clair ou gris, et des barbillons mentonniers. Les nageoires dorsale et caudale sont brun clair bordé de noir; la nageoire adipeuse, attachée au dos, ne fait qu’un avec la caudale de forme carrée. Les adultes mesurent couramment 100 mm de longueur totale. La capture est rare, et les spécimens sont souvent mal identifiés.

Répartition

Aux États-Unis, l’aire de répartition du chat-fou liséré va de la région des lacs Finger aux contreforts des Appalaches et couvre la plupart des cours d’eau côtiers de l’État de New York à la Géorgie. On a également trouvé des spécimens au New Hampshire et au Michigan (Lee et al., 1980). En Pennsylvanie, le chat-fou liséré est l’espèce de chat-fou la plus couramment capturée dans les bassins de la Susquehanna, du Potomac et de la Delaware (Gutowski et Raesly, 1993).

Au Canada, les populations se limitent à l’Ontario et au Québec. Au Québec, on trouve ce poisson dans le parc de la Gatineau (comté de Gatineau), dans la rivière Gatineau (comté de Hull), dans la rivière des Outaouais (comtés de Hull et de Papineau) et dans la rivière Lapêche (comté de Gatineau). On signale aussi une mention de capture non confirmée dans la région du lac Cole (comté de Buckingham). En Ontario, on a trouvé des spécimens de chats-fous lisérés dans les rivières Fall et Mississippi et dans le ruisseau Bolton (comté de Lanark). Des spécimens ont également été capturés dans les lacs Joseph, Rosseau et Muskoka, dans les Muskokas.

Étant donné sa répartition disjointe, on a spéculé sur l’origine du chat-fou liséré : l’espèce est-elle indigène ou introduite? Goodchild (1990) a examiné les deux hypothèses dans le premier rapport de situation; lors de la réunion d’évaluation de 1989, le Comité a établi par consensus qu’il s’agit d’une espèce indigène. Il est possible que le Noturus insignis ait immigré par les lacs post-glaciaires interreliés il y a de 8 000 à 10 000 ans. Ce poisson est présent dans plusieurs lacs et cours d’eau éloignés les uns des autres dans les comtés de Muskoka, Lanark, Hull et Papineau. Il existe des populations pareillement disjointes aux États-Unis, dans les États de New York et du New Hampshire. Selon l’autre hypothèse, l’aire du chat-fou liséré se serait élargie vers le Canada par suite de l’utilisation de ce poisson comme appât : le chat-fou liséré est couramment employé aux États-Unis comme appât pour la pêche sportive, et il survit bien au transport (Coad, 1986).

Habitat

Le chat-fou liséré privilégie les rivières aux eaux claires, à pente marquée, à courant modéré avec des radiers à fond de rochers, de cailloux ou de gravier (Goodchild, 1990). Depuis la publication du rapport de situation précédent, le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO) a capturé plusieurs spécimens de Noturus insignis dans les lacs du comté de Muskoka, dans des eaux à courant faible ou nul et à fond de gravier et de sable ou de rochers et de sable. Les préférences de ce poisson en matière d’habitat ne sont donc peut-être pas aussi restrictives qu’on le croyait. 

Biologie

Le chat-fou liséré est un poisson discret, aux mœurs nocturnes, qui se cache parmi les rochers dans les cours d’eau. Il fraye au printemps ou au début de l’été, mais on sait peu de choses sur son mode de reproduction. Les mâles veillent sur les masses d’œufs pondus dans des nids situés sous des roches plates dans des zones à faible courant, en amont ou en aval des radiers. Si on les dérange, les mâles peuvent abandonner ou manger les œufs (Stoeckel et Neves, 2000). Le chat-fou livré se nourrit sur le fond d’insectes benthiques. Poisson rare et de petite taille, le chat-fou liséré n’a pas fait l’objet d’études approfondies, et on sait peu de choses sur ses déplacements et ses migrations.

La propagation artificielle du chat-fou liséré par incubation des œufs et induction de la ponte a été envisagée comme moyen de rétablir l’espèce (Stoeckel et Neves, 2000, 2001). En captivité, on a obtenu un résultat d’incubation optimal en soumettant les œufs à une forte agitation et à des températures élevées de l’ordre de 28 à 30 °C. Il est possible que des températures élevées soient nécessaires au succès de l’incubation, auquel cas la répartition de l’espèce serait limitée aux eaux chaudes. 

Taille et tendances des populations

On avait capturé seulement 49 chats-fous au Canada avant 1990 (Goodchild, 1990); depuis, au moins 64 autres spécimens ont été pris, dont la majorité proviennent de la rivière Fall (comté de Lanark) et du lac Joseph (district de Muskoka), en Ontario.

Depuis la publication du premier rapport de situation, on a capturé le chat-fou liséré dans toutes les localités historiques et à plusieurs nouveaux sites, tant en Ontario qu’au Québec. En Ontario, il s’agit notamment des lacs Muskoka et Rosseau, dans le district de Muskoka, et du ruisseau Bolton et de la rivière Mississippi, dans le comté de Lanark. Au Québec, l’aire connue du chat-fou liséré s’est élargie pour atteindre les eaux de la Gatineau et de la rivière des Outaouais. Ces nouvelles mentions de capture sont peut-être le fruit d’efforts d’échantillonnage accrus et plus rigoureux, ou encore le résultat d’introductions récentes.

Facteurs limitatifs et menaces

Les modifications de l’habitat ont des répersussions sur le chat-fou liséré. Certaines études publiées (Coad, 1986; Goodchild, 1990) exposent en détail les exigences particulières de cette espèce en matière d’habitat, mais des captures récemment effectuées dans les lacs Muskoka permettent de penser que la tolérance de ce poisson est plus grande qu’on ne le pensait jusqu’ici. Toute activité qui élimine les radiers ou ralentit l’écoulement du courant peut limiter la taille des populations (Coad, 1986). Ce poisson ne tolère pas le colmatage du substrat rocheux par le limon (Coad, 1986). La sédimentation causée par l’érosion ou par le développement agricole ou urbain nuit aussi à la survie du chat-fou liséré. Le petit nombre d’individus, les variations de la taille des populations et la faible superficie d’habitat convenable restreignent les effectifs et la répartition du chat-fou liséré, qui se trouve au Canada à la limite septentrionale de son aire. La collecte de spécimens peut également avoir contribué à l’affaiblissement de populations peu nombreuses au départ.

Protection actuelle

Au Canada, le chat-fou liséré ne bénéficie d’aucune protection spécifique. L’habitat du poisson est protégé par la Loi sur les pêches fédérale. En Ontario, la Loi sur l’aménagement des lacs et des rivières apporte une protection supplémentaire à l’habitat de cette espèce; au Québec, c’est la Loi sur la qualité de l’environnement qui protège l’habitat du poisson.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pageb
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page c

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page d

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.