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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chat-fou liséré (Noturus insignis) au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le 
chat-fou liséré

Noturus insignis
au Canada

chat-fou liséré

Données insuffisantes 2002

 COSEPAC logo

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l’information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer les auteurs); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l’évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l’évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC 2002. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chat-fou liséré (Noturus insignis) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. viii + 18 p.

Phelps, A. et A. Francis. 2002. Rapport de situation du COSEPAC sur le chat-fou liséré (Noturus insignis) au Canada – Mise à jour, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chat-fou liséré (Noturusinsignis) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa.Pages1-18.

Rapport précédent

Goodchild, C.D. 1989. COSEWIC status report on the margined madtom Noturus insignis in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 26 p.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Margined Madtom Noturus insignis in Canada.

Illustration de la couverture

Chat-fou liséré – dessin de Sally Gadd, Musée canadien de la nature

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004
PDF : CW69-14/239-2004F-PDF
ISBN 0-662-76099-9
HTML : CW69-14/239-2004F-HTML
ISBN 0-662-76100-6

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2002

Nom commun : Chat-fou liséré

Nom scientifique : Noturus insignis

Statut : Données insuffisantes

Justification de la désignation : La question à savoir si cette espèce est indigène ou introduite, ou une combinaison des deux, n’a pu être répondue à l’aide des données disponibles. La mise à l’essai d’une hypothèse génétique convenablement structurée est requise pour résoudre la question d’admissibilité.

Répartition : Ontario et Québec

Historique du statut : Espèce désignée « menacée » en avril 1989. La situation a été réexaminée en mai 2002, et l’espèce a été inscrite dans la catégorie « données insuffisantes ». Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d’un rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Chat-fou liséré
Noturus insignis

Description

Le chat-fou liséré (aussi appelé chat-fou livré dans des publications antérieures), (Noturus insignis) (Richardson 1836), est un petit ictaluridé (famille Ictaluridae). Son nom anglais est « margined madtom ». Ce poisson a le ventre de couleur crème, le dos brun clair ou gris, et des barbillons mentonniers. Les nageoires dorsale et caudale sont brun clair bordé de noir; la nageoire adipeuse, attachée au dos, ne fait qu’un avec la caudale de forme carrée. Les adultes mesurent couramment 100 mm de longueur totale. La capture est rare, et les spécimens sont souvent mal identifiés.

Répartition

Aux États-Unis, l’aire de répartition du chat-fou liséré va de la région des lacs Finger aux contreforts des Appalaches et couvre la plupart des cours d’eau côtiers de l’État de New York à la Géorgie. On a également trouvé des spécimens au New Hampshire et au Michigan (Lee et al., 1980). En Pennsylvanie, le chat-fou liséré est l’espèce de chat-fou la plus couramment capturée dans les bassins de la Susquehanna, du Potomac et de la Delaware (Gutowski et Raesly, 1993).

Au Canada, les populations se limitent à l’Ontario et au Québec. Au Québec, on trouve ce poisson dans le parc de la Gatineau (comté de Gatineau), dans la rivière Gatineau (comté de Hull), dans la rivière des Outaouais (comtés de Hull et de Papineau) et dans la rivière Lapêche (comté de Gatineau). On signale aussi une mention de capture non confirmée dans la région du lac Cole (comté de Buckingham). En Ontario, on a trouvé des spécimens de chats-fous lisérés dans les rivières Fall et Mississippi et dans le ruisseau Bolton (comté de Lanark). Des spécimens ont également été capturés dans les lacs Joseph, Rosseau et Muskoka, dans les Muskokas.

Étant donné sa répartition disjointe, on a spéculé sur l’origine du chat-fou liséré : l’espèce est-elle indigène ou introduite? Goodchild (1990) a examiné les deux hypothèses dans le premier rapport de situation; lors de la réunion d’évaluation de 1989, le Comité a établi par consensus qu’il s’agit d’une espèce indigène. Il est possible que le Noturus insignis ait immigré par les lacs post-glaciaires interreliés il y a de 8 000 à 10 000 ans. Ce poisson est présent dans plusieurs lacs et cours d’eau éloignés les uns des autres dans les comtés de Muskoka, Lanark, Hull et Papineau. Il existe des populations pareillement disjointes aux États-Unis, dans les États de New York et du New Hampshire. Selon l’autre hypothèse, l’aire du chat-fou liséré se serait élargie vers le Canada par suite de l’utilisation de ce poisson comme appât : le chat-fou liséré est couramment employé aux États-Unis comme appât pour la pêche sportive, et il survit bien au transport (Coad, 1986).

Habitat

Le chat-fou liséré privilégie les rivières aux eaux claires, à pente marquée, à courant modéré avec des radiers à fond de rochers, de cailloux ou de gravier (Goodchild, 1990). Depuis la publication du rapport de situation précédent, le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO) a capturé plusieurs spécimens de Noturus insignis dans les lacs du comté de Muskoka, dans des eaux à courant faible ou nul et à fond de gravier et de sable ou de rochers et de sable. Les préférences de ce poisson en matière d’habitat ne sont donc peut-être pas aussi restrictives qu’on le croyait. 

Biologie

Le chat-fou liséré est un poisson discret, aux mœurs nocturnes, qui se cache parmi les rochers dans les cours d’eau. Il fraye au printemps ou au début de l’été, mais on sait peu de choses sur son mode de reproduction. Les mâles veillent sur les masses d’œufs pondus dans des nids situés sous des roches plates dans des zones à faible courant, en amont ou en aval des radiers. Si on les dérange, les mâles peuvent abandonner ou manger les œufs (Stoeckel et Neves, 2000). Le chat-fou livré se nourrit sur le fond d’insectes benthiques. Poisson rare et de petite taille, le chat-fou liséré n’a pas fait l’objet d’études approfondies, et on sait peu de choses sur ses déplacements et ses migrations.

La propagation artificielle du chat-fou liséré par incubation des œufs et induction de la ponte a été envisagée comme moyen de rétablir l’espèce (Stoeckel et Neves, 2000, 2001). En captivité, on a obtenu un résultat d’incubation optimal en soumettant les œufs à une forte agitation et à des températures élevées de l’ordre de 28 à 30 °C. Il est possible que des températures élevées soient nécessaires au succès de l’incubation, auquel cas la répartition de l’espèce serait limitée aux eaux chaudes. 

Taille et tendances des populations

On avait capturé seulement 49 chats-fous au Canada avant 1990 (Goodchild, 1990); depuis, au moins 64 autres spécimens ont été pris, dont la majorité proviennent de la rivière Fall (comté de Lanark) et du lac Joseph (district de Muskoka), en Ontario.

Depuis la publication du premier rapport de situation, on a capturé le chat-fou liséré dans toutes les localités historiques et à plusieurs nouveaux sites, tant en Ontario qu’au Québec. En Ontario, il s’agit notamment des lacs Muskoka et Rosseau, dans le district de Muskoka, et du ruisseau Bolton et de la rivière Mississippi, dans le comté de Lanark. Au Québec, l’aire connue du chat-fou liséré s’est élargie pour atteindre les eaux de la Gatineau et de la rivière des Outaouais. Ces nouvelles mentions de capture sont peut-être le fruit d’efforts d’échantillonnage accrus et plus rigoureux, ou encore le résultat d’introductions récentes.

Facteurs limitatifs et menaces

Les modifications de l’habitat ont des répersussions sur le chat-fou liséré. Certaines études publiées (Coad, 1986; Goodchild, 1990) exposent en détail les exigences particulières de cette espèce en matière d’habitat, mais des captures récemment effectuées dans les lacs Muskoka permettent de penser que la tolérance de ce poisson est plus grande qu’on ne le pensait jusqu’ici. Toute activité qui élimine les radiers ou ralentit l’écoulement du courant peut limiter la taille des populations (Coad, 1986). Ce poisson ne tolère pas le colmatage du substrat rocheux par le limon (Coad, 1986). La sédimentation causée par l’érosion ou par le développement agricole ou urbain nuit aussi à la survie du chat-fou liséré. Le petit nombre d’individus, les variations de la taille des populations et la faible superficie d’habitat convenable restreignent les effectifs et la répartition du chat-fou liséré, qui se trouve au Canada à la limite septentrionale de son aire. La collecte de spécimens peut également avoir contribué à l’affaiblissement de populations peu nombreuses au départ.

Protection actuelle

Au Canada, le chat-fou liséré ne bénéficie d’aucune protection spécifique. L’habitat du poisson est protégé par la Loi sur les pêches fédérale. En Ontario, la Loi sur l’aménagement des lacs et des rivières apporte une protection supplémentaire à l’habitat de cette espèce; au Québec, c’est la Loi sur la qualité de l’environnement qui protège l’habitat du poisson.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pageb
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

Retour à la référence de la note de bas de pagea

Note de bas de page b

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de pageb

Note de bas de page c

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

Retour à la référence de la note de bas de pagec

Note de bas de page d

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de paged

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

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Information sur l’espèce

Nom, classification et taxinomie

Le chat-fou liséré (aussi appelé chat-fou livré dans des publications antérieures), (Noturus insignis) (Richardson 1836), est un petit ictaluridé (famille Ictaluridae). Dans la famille des poissons-chats, le genre Noturus se caractérise par sa petite taille et par sa nageoire adipeuse adnée (attachée au dos). Le nom anglais officiel de ce poisson est « margined madtom ». Espèce rare au Canada, le chat-fou liséré se retrouve seulement dans certains lacs et cours d’eau de l’Ontario et du Québec.

Description

Goodchild (1990) présente une description du Noturus insignis dans le premier rapport de situation, et une clé d’identification a été établie par Coad (1986). Ce poisson a le ventre de couleur crème, le dos brun clair ou gris, et des barbillons mentonniers. Les nageoires dorsale et caudale sont brun clair bordé de noir; la nageoire adipeuse, attachée au dos, ne fait qu’un avec la caudale de forme carrée (figure 1). Les adultes mesurent couramment 100 mm de longueur totale. On distingue le chat-fou liséré de la barbotte des rapides (Noturus flavus) aux caractéristiques suivantes : le chat-fou liséré a les nageoires médianes lisérées de noir, présente une plage de dents sur le prémaxillaire sans prolongements postérieurs, et le rebord postérieur des épines pectorales porte des barbes, tandis que la barbotte des rapides ne porte pas de liséré noir aux nageoires médianes, a une plage de dents sur le prémaxillaire avec prolongements postérieurs, et le rebord postérieur des épines pectorales peut ou non présenter des barbes. Le chat-fou brun (Noturus gyrinus) diffère du chat-fou liséré et de la barbotte des rapides par sa caudale arrondie et l’absence de barbes sur le rebord postérieur des pectorales. On trouve au Canada d’autres espèces du même genre, le chat-fou du nord (Noturus stigmosus) et le chat-fou tacheté (Noturus miurus). Ces deux espèces se distinguent du chat-fou liséré par la présence de taches sombres ou de marques en forme de selle sur le dos et les flancs. Les chats-fous sont des poissons discrets, rarement capturés, qui sont souvent mal identifiés, ce qui peut causer une sous-estimation du nombre d’individus capturés.

Figure 1. Dessin illustrant un chat-fou liséré (Noturus insignis). Dessin de Sally Gadd, Musée canadien de la nature.

Dessin illustrant un chat-fou liséré (Noturus insignis)

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Répartition

Répartition nord-américaine

La répartition nord-américaine du chat-fou liséré a été décrite dans le rapport du COSEPAC de 1990 (Goodchild, 1990). Aux États-Unis, l’aire de répartition du chat-fou liséré va de la région des lacs Finger aux contreforts des Appalaches et couvre la plupart des cours d’eau côtiers de l’État de New York à la Géorgie (figure 2). On a également trouvé des spécimens au New Hampshire et au Michigan (Lee et al., 1980). En Pennsylvanie, le chat-fou liséré est l’espèce de chat-fou la plus couramment capturée dans les bassins de la Susquehanna, du Potomac et de la Delaware (Gutowski et Raesly, 1993). 

Figure 2. Répartition nord-américaine du chat-fou liséré (Noturus insignis). La zone en pointillé indique la répartition connue du chat-fou liséré en Amérique du Nord.

 Répartition nord-américaine du chat-fou liséré (Noturus insignis)

Répartition canadienne

Au Canada, les populations de chats-fous lisérés se trouvent à la limite septentrionale de l’aire naturelle de l’espèce. La répartition de ce poisson est disjointe au Canada, où elle se limite à quelques lacs et cours d’eau de l’Ontario et du Québec (figure 3). Les premiers spécimens mentionnés au Canada ont été capturés au Québec, dans un exutoire du lac à la Loutre rejoignant le lac Lapêche, dans le parc de la Gatineau, à 45 km au nord-ouest d’Ottawa. Quatre spécimens ont été pris en août 1971, et 25 autres en novembre de la même année (Rubec et Coad, 1974). Ces spécimens sont catalogués au Musée canadien de la nature (MCN), à Ottawa [NMC 73-0142, NMC 74-0004]. Au Québec toujours, le 1er septembre 1982, deux chats-fous lisérés ont été capturés dans la rivière Lapêche, à Saint-Louis-de-Masham (comté de Gatineau) [NMC 82-0572], et un autre spécimen le 19 juillet 1983 [NMC 83-0S35].

Figure 3. Répartition canadienne du chat-fou liséré (Noturus insignis). Les cercles vides représentent les lieux de capture au Canada.

 Répartition canadienne du chat-fou liséré (Noturus insignis)

Depuis le premier rapport de situation, plusieurs spécimens de chats-fous lisérés ont été capturés à d’autres endroits au Québec. Chabot et Caron (1996) signalent la prise de deux chats-fous lisérés sur la rive québécoise de la rivière des Outaouais, entre Hull et Lochaber (comté de Hull), et un spécimen a été capturé entre Lochaber et Montebello (comté de Papineau) en 1996. Dans la rivière Gatineau, à 12 km en amont du confluent avec la rivière des Outaouais (comté de Hull), deux chats-fous lisérés ont été capturés en mai 1999, et un en juin de la même année, dans le cadre d’un projet réalisé conjointement par l’Université d’Ottawa et la Société de la faune et des parcs du Québec (SFPQ) (Richard Pariseau, SFPQ, comm. pers.). Au cours de 2000 ou 2001, un nombre inconnu de chats-fous lisérés ont été récoltés dans la région du lac Cole, à Buckingham, au Québec (Michel Lepage, SFPQ, comm. pers.).

Le premier spécimen trouvé en Ontario a été recueilli en mai 1976 par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO), dans la rivière Fall (comté de Lanark), à 85 km au sud-ouest d’Ottawa. Quatorze autres spécimens ont été capturés un mois plus tard au même endroit. Ces spécimens sont catalogués au Musée royal de l’Ontario (ROM) à Toronto [ROM 32581].

Depuis le premier rapport de situation (Goodchild, 1990), plusieurs chats-fous lisérés ont été capturés à de nouveaux endroits en Ontario. Dans le ruisseau Bolton, hameau de Fallbrook (comté de Lanark), le 8 septembre 1990, un spécimen a été recueilli par le MRNO [ROM 66063]. Le 4 septembre 1997, un chat-fou liséré a été capturé par le MRNO dans la rivière Mississippi, hameau de Playfairville (comté de Lanark) [ROM 70991]. En septembre 2000, le MRNO a recueilli un autre spécimen dans la rivière Mississippi, à 22 km en aval de Playfairville, à Innisville (comté de Lanark) (Shaun Thompson, MRNO, comm. pers.). La rivière Fall, le ruisseau Bolton et la rivière Mississippi sont reliés, et les stations d’échantillonnage de cette région sont relativement proches les unes des autres (moins de 30 km).

Toujours en Ontario, un premier chat-fou liséré a été capturé par le MRNO le 17 octobre 1988 dans le lac Joseph (district de Muskoka), en octobre suivant, un autre spécimen a été capturé au même endroit [ROM 55839; 58161]. Un chat-fou liséré a été récolté par le MRNO en 1993 dans le lac Muskoka [ROM 68167], et un autre en 1996 dans le lac Rosseau (Alan Dextrase, MRNO, comm. pers.).

Étant donné la répartition disjointe du chat-fou liséré, les spécialistes se demandent encore s’il s’agit d’un poisson indigène ou d’une espèce introduite. Dans le premier rapport de situation, Goodchild (1990) a examiné les deux hypothèses, et l’auteur et le Comité ont établi par consensus, lors de la réunion d’évaluation de 1989, que c’est bien une espèce indigène, les Noturus insignis ayant pu immigrer par les lacs post-glaciaires interreliés il y a 8 000 à 10 000 ans. On connaît la présence du chat-fou liséré dans plusieurs lacs et cours d’eau éparpillés des comtés de Muskoka, Lanark, Hull et Papineau. Il existe des populations pareillement disjointes aux États-Unis, dans les États de New York et du New Hampshire. McAllister (1987) signale que le lieu de capture du parc de la Gatineau, au Québec, ne se trouve qu’à 130 km des localités de l’ouest de l’État de New York où on observe le chat-fou liséré. La proximité de ces mentions rend plausible le fait que la présence du chat-fou liséré est naturelle et n’est pas due à des introductions.

Selon l’autre hypothèse, la répartition du chat-fou liséré se serait élargie au Canada parce que ce poisson est utilisé comme appât. C’est un fait que le chat-fou liséré sert couramment d’appât aux États-Unis et qu’il survit bien au transport (Coad, 1986). Les donnés montrent qu’il existe des populations introduites de chats-fous lisérés dans le lac Clark (comté de Gogebic), au Michigan [UMMZ 186551], et dans la rivière Merrimack, au New Hampshire (Goodchild, 1990).

Depuis le premier rapport de situation, plusieurs publications ont examiné le statut du chat-fou liséré au Canada. Crossman (1991) indique que le chat-fou liséré est une espèce exotique introduite comme poisson appât. Mandrak et Crossman (1992) citent le chat-fou liséré comme espèce introduite dans leur liste des poissons d’eau douce de l’Ontario. Selon Litvak et Mandrak (1993), le chat-fou liséré est l’une des quatre espèces exotiques introduites en Ontario pour servir d’appât. Bernatchez et Giroux (2000) ne tranchent pas quant au statut de cette espèce.

Malgré les restrictions imposées à l’utilisation des chats-fous comme appâts, les nouveaux points de capture sont des endroits courus de pêche sportive, de sorte qu’il est difficile de déterminer si l’espèce est indigène ou introduite. Des études génétiques permettraient de faire la part entre des introductions récentes (absence de dérive génétique) et des populations issues de colonisations (présence de dérive génétique). Faute d’études de ce genre, et si l’on s’appuie sur le principe de précaution, on peut encore supposer que le chat-fou liséré est une espèce indigène.

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Habitat

Description

Les caractéristiques de l’habitat que recherche le Noturus insignis ont été décrites par Goodchild (1990), McAllister et Coad (1974) et Taylor (1969). Ce poisson privilégie les rivières aux eaux claires, à pente marquée, à courant modéré avec des radiers à fond de rochers, de cailloux ou de gravier (Goodchild, 1990). Des descriptions d’habitat semblable ont été fournies pour les spécimens de chats-fous lisérés capturés dans les radiers de la rivière Fall, du ruisseau Bolton et de la rivière Mississippi (comté de Lanark), en 1997. Les fiches de terrain du MRNO décrivent l’habitat de la rivière Fall comme des eaux à courant lent à modéré avec une profondeur maximale de capture de 0,6 m. Dans le tronçon de radier, le substrat était constitué de gravier avec un peu de sable et de cailloux et des débris de troncs d’arbres; on notait la présence de végétaux submergés et flottants. Dans le ruisseau Bolton, la profondeur maximale de capture était de 0,5 m, avec un courant faible ou nul sur un substrat de gravier parsemé de cailloux et de rochers, et on notait l’absence de plantes aquatiques. Dans la rivière Mississippi, la profondeur maximale de capture était de 0,6 m, le courant était rapide et le substrat constitué de cailloux, de gravier et de rochers.

L’intensification de l’activité des castors (Castor canadensis) peut amener une submersion des radiers et un ralentissement du courant, ce qui fait disparaître les radiers et l’habitat du chat-fou liséré (Coad, 1986). La sédimentation causée par l’érosion, l’agriculture ou le développement urbain affecte aussi la survie du chat-fou liséré; ce poisson ne tolère pas le colmatage du substrat rocheux par les sédiments (Coad, 1986). Selon Goodchild (1990) et Coad (1986), ce poisson se trouve rarement dans des habitats différents, et tout changement dans les conditions favorables peut nuire considérablement à sa survie. Depuis la publication du premier rapport de situation, on a capturé (en 1993) plusieurs spécimens de Noturus insignis dans les lacs du comté de Muskoka, ce qui indique que les préférences de ce poisson en matière d’habitat ne sont donc peut-être pas aussi restrictives qu’on le croyait. Dans le lac Muskoka, on a capturé des chats-fous lisérés dans des eaux tranquilles à fond de rochers et de sable. Dans le lac Joseph, les spécimens capturés se trouvaient dans des eaux à courant faible et à substrat de cailloux et de rochers avec un peu de gravier.

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Biologie

Généralités

La biologie du chat-fou liséré a été résumée par Goodchild (1990) et Taylor (1969). Le chat-fou liséré est un animal discret, aux mœurs nocturnes, qui se cache parmi les rochers dans les cours d’eau. Il se nourrit sur le fond d’insectes benthiques. Poisson rare et de petite taille, le chat-fou liséré n’a pas fait l’objet d’études approfondies, et on sait peu de choses sur ses déplacements et ses migrations. 

Le chat-fou liséré fraye au printemps ou en été, mais on connaît mal son comportement reproducteur. Les mâles veillent sur les masses d’œufs pondus dans des nids situés sous des roches plates dans des zones à faible courant, en amont ou en aval des radiers. Si on les dérange, les mâles peuvent abandonner ou manger les œufs (Stoeckel et Neves, 2000).

On a observé que les mâles qui gardent les nids prennent parfois les œufs dans leur bouche (Stoeckel et Neves, 2000). Le même comportement a été observé chez d’autres chats-fous, et on pense que cette manipulation des œufs sert à les oxygéner (Burr et Mayden, 1982).

La propagation artificielle du chat-fou liséré par incubation des œufs et induction de la ponte a été envisagée comme moyen de rétablir l’espèce (Stoeckel et Neves, 2000, 2001). En captivité, on a obtenu un résultat d’incubation optimal en soumettant les œufs à une forte agitation et à des températures élevées de l’ordre de 28 à 30 °C. Il est possible que des températures élevées soient nécessaires au succès de l’incubation, auquel cas la répartition de l’espèce serait limitée aux eaux chaudes.

Il n’existe aucune mention de la capture de chats-fous lisérés juvéniles ou immatures au Canada. Cela ne signifie pas nécessairement que le chat-fou liséré ne se reproduit pas dans nos eaux, car il est douteux que tous les poissons capturés aient été des spécimens introduits. Il est plus vraisemblable que les engins employés pour l’échantillonnage ne conviennent pas à cette espèce. Ces poissons discrets aux mœurs nocturnes se cachent parmi les rochers et dans le gravier, de sorte qu’ils sont difficiles à capturer. Les moyens les plus efficaces sont les produits chimiques, la pêche électrique et la senne, employés à la tombée du jour.

Nutrition et interactions interspécifiques

Le chat-fou liséré consomme des cladocères, des ostracodes, des gammaridés, des moucherons et des débris (Smith, 1985). Gutowski et Stauffer (1993) ont examiné le contenu stomacal de 403 chats-fous lisérés capturés en 1988 et 1989 en Pennsylvanie; ils ont trouvé que les insectes des familles Baetidae, Chironomidae et Simuliidae étaient présents dans les échantillons stomacaux en proportions plus élevées que dans l’environnement. Les chats-fous lisérés consommaient les insectes qui étaient les plus actifs et les plus disponibles entre minuit et l’aube.

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Taille et tendances des populations

Seuls 49 chats-fous lisérés avaient été capturés au Canada avant 1990, selon le premier rapport de situation (Goodchild, 1990). Depuis, on a capturé au moins 64 spécimens additionnels. La majorité des spécimens proviennent de la rivière Fall (comté de Lanark) et du lac Joseph (district de Muskoka), en Ontario.

Les biologistes sont revenus aux premiers lieux de capture et à plusieurs des sites suivants, en Ontario et au Québec, pour tenter de déterminer le statut du chat-fou liséré au Canada. En juillet 1982, les biologistes sont retournés à la rivière Fall (comté de Lanark) pour pêcher les chats-fous lisérés à la senne, mais leur tentative a été infructueuse. Toutefois, le 4 septembre 1997, 24 spécimens ont été capturés au même endroit par le MRNO à l’aide de matériel portatif de pêche électrique. Trois de ces spécimens sont catalogués dans la collection du Musée royal de l’Ontario (ROM) [ROM 70989]; les autres ont été libérés. Il semble que le matériel de pêche électrique ait été particulièrement efficace à cet endroit (Alan Dextrase, MRNO, comm. pers.). Aucune nouvelle observation du chat-fou liséré n’a été signalée dans la rivière Fall depuis 1997.

Entre 1991 et 1996, dans le district de Muskoka, le MRNO a capturé 18 chats-fous lisérés dans le lac Joseph [ROM 68174], cinq dans le lac Muskoka [ROM 68167], et un dans le lac Rosseau (Alan Dextrase, MRNO, comm. pers.), dans le cadre du relevé des petits poissons (les plus souvent capturés) et du programme de pêche indicatrice au filet dans les eaux littorales. Pour le relevé des petits poissons, on a utilisé des pièges à ménés, et des trappes de 6 pi pour la pêche indicatrice. On suppose que l’espèce est maintenant établie dans les Muskokas puisqu’on l’a capturée régulièrement dans cette région (Alan Dextrase et Warren Dunlop, MRNO, comm. pers.). Toujours en Ontario, les scientifiques du MRNO sont retournés au ruisseau Bolton, hameau de Fallbrook (comté de Lanark), le 4 septembre 1997, et y ont capturé deux spécimens [ROM 70988].

Au Québec, les biologistes sont retournés à l’exutoire du lac à la Loutre rejoignant le lac Lapêche, dans le parc de la Gatineau, où le chat-fou liséré avait été capturé pour la première fois en 1971. La région a été rééchantillonnée en 1982, 1983 et 1984, mais la tentative n’a pas abouti à la capture de cette espèce. Toutefois, en 1982, deux spécimens ont été capturés en aval [NMC 82-0321]. Le 1er septembre 1982, deux chats-fous lisérés ont été capturés dans la rivière Lapêche, à Saint-Louis-de-Masham (comté de Gatineau) [NMC 82-0572], et un autre spécimen le 19 juillet de l’année suivante [NMC 83-0S35]. Plusieurs spécimens ont été recueillis dans la région au début des années 1990 (Brian Coad, Musée canadien de la nature, comm. pers.).

La taille des populations de chats-fous lisérés peut fluctuer, étant donné leur faible effectif et leur dépendance à l’égard du succès reproducteur de l’année précédente. Ces fluctuations semblent se manifester dans la rivière Fall, en Ontario. En 1976, on a capturé 14 spécimens, mais aucun au même endroit en 1982 (Coad, 1986). En 1997, 24 spécimens ont été capturés [ROM 70989]; toutefois, ces différences peuvent aussi s’expliquer par le fait que les engins d’échantillonnage variaient d’une fois à l’autre.

Dans le premier rapport de situation, on signalait que 49 chats-fous lisérés avaient été capturés avant 1990. Depuis, on a recueilli au moins 64 spécimens en Ontario et au Québec. Des chats-fous lisérés ont été capturés à quatre nouvelles localités de l’Ontario : au lac Muskoka et au lac Rosseau dans le district de Muskoka, et dans le ruisseau Bolton et la rivière Mississippi dans le comté de Lanark. Au Québec, la répartition du chat-fou liséré s’est élargie à la Gatineau et à la rivière des Outaouais, dans les comtés de Hull et de Papineau, ainsi que dans la région du lac Cole, dans le comté de Buckingham. Ces nouvelles mentions de capture sont peut-être le fruit d’efforts d’échantillonnage accrus et plus rigoureux, ou encore le résultat d’introductions récentes.

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Facteurs limitatifs et menaces

Le chat-fou liséré peut être touché par la modification de son habitat. Des publications (Coad, 1986; Goodchild, 1990) décrivent avec précision les exigences de cette espèce en matière d’habitat, mais de récentes captures effectuées dans les lacs du comté de Muskoka permettent de penser que cette espèce est plus tolérante qu’on ne le croyait. Toute activité qui fait disparaître les radiers ou qui ralentit l’écoulement de l’eau peut limiter la taille des populations (Coad, 1986). Ce poisson ne tolère pas le colmatage du substrat rocheux par le limon (Coad, 1986), phénomène dû à l’érosion ou au développement agricole et urbain. Le petit nombre d’individus, les variations de la taille des populations et la faible superficie d’habitat convenable restreignent les effectifs et la répartition du chat-fou liséré, qui se trouve au Canada à la limite septentrionale de son aire. La collecte de spécimens peut également avoir contribué à l’affaiblissement de populations peu nombreuses au départ.

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Importance de l'espèce

Au Canada, on s’intéresse assez peu à cette espèce pratiquement inconnue, qui est pourtant un poisson couramment utilisé comme appât aux États-Unis. Le chat-fou liséré ne présente pas d’intérêt économique, mais il contribue à la biodiversité des écosystèmes aquatiques.

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Évaluation

Protection actuelle ou autres désignations

Au Canada, le chat-fou liséré ne bénéficie d’aucune protection spécifique. L’habitat du poisson est protégé par la Loi sur les pêches fédérale. En Ontario, la Loi sur l’aménagement des lacs et des rivières apporte une protection supplémentaire à l’habitat de cette espèce; au Québec, c’est la Loi sur la qualité de l’environnement qui protège l’habitat du poisson.

  • Désignation actuelle du COSEPAC au Canada : espèce menacée (novembre 2000)
  • Désignation actuelle du COSSARO en Ontario : statut indéterminé (mai 2001)

Natureserve

  • Désignation de statut patrimonial mondial : G5 (septembre 1996) – Large répartition, abondance et stabilités démontrées
  • Désignation de statut patrimonial national au Canada : N1 (octobre 2000) – Sévèrement en péril
  • Désignation de statut patrimonial national aux États-Unis : N5 (décembre 1996) – Large répartition, abondance et stabilités démontrées
  • Désignation de statut patrimonial provincial en Ontario : S1 – Sévèrement en péril (date inconnue)
  • Désignation de statut patrimonial provincial au Québec : S1 – Sévèrement en péril (date inconnue)

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Résumé technique

Répartition

Zone d’occurrence au Canada :

43 500 km²

Zone d’occurrence en Amérique du Nord :

280 000 km²

Zone d’occupation au Canada :

120 km²

Zone d’occupation en Amérique du Nord :

inconnue

Information sur les populations

Nombre total d’individus capturés au Canada avant 1990 :

49

Nombre total d’individus capturés au Canada entre 1990 et 2000 :

64+

Durée d’une génération :

2 ans

Tendance de la population :

en augmentation

Nombre de sous-populations au Canada :

10 (captures dans 10 masses d’eau différentes)

La population est-elle fragmentée?

Oui. Le caractère disjoint de la population est déduit de l’absence de liens entre les masses d’eau des comtés de Muskoka, de Lanark, de Hull, de Gatineau et de Papineau, et de la séparation entre les distribution canadienne et américaine.

Nombre d’individus dans chaque sous-population (fourchette) :

de 1 à 24 (nombre d’individus capturés au même point d’échantillonnage)

Nombre d’emplacements toujours existants au Canada :

10

Nombre d’emplacements aujourd’hui disparus au Canada :

0

L’espèce connaît-elle des fluctuations d’effectif?

Oui, d’après le nombre variable d’individus capturés quand certains emplacements ont été rééchantillonnés.

Menaces

Le chat-fou liséré peut être touché par la modification de son habitat. Des publications décrivent avec précision les exigences de cette espèce en matière d’habitat, mais de récentes captures effectuées dans les lacs du comté de Muskoka permettent de penser que cette espèce est plus tolérante qu’on ne le croyait. Toute activité qui fait disparaître les radiers ou qui ralentit l’écoulement de l’eau peut limiter la taille des populations (Coad, 1986). Ce poisson ne tolère pas le colmatage du substrat rocheux par le limon (Coad, 1986), phénomène qui peut être causé par l’érosion naturelle ou par l’exploitation agricole et urbaine. Le petit nombre d’individus et la faible superficie d’habitat convenable restreignent les effectifs et la répartition du chat-fou liséré, qui se trouve au Canada à la limite septentrionale de son aire. La collecte de spécimens peut également avoir contribué à l’affaiblissement de populations peu nombreuses au départ.

Potentiel de sauvetage

L’espèce existe-t-elle à l’extérieur du Canada?

Oui

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Oui, une immigration est plausible car l’emplacement le plus proche aux États-Unis, dans l’État de New York, se trouve à 130 km seulement de la localité canadienne du parc de la Gatineau, au Québec. Il est possible que certains individus aient été transférés dans de nouvelles localités par des pêcheurs sportifs qui les utilisent comme poissons appâts.

Les individus des populations étrangères les plus proches seraient-ils adaptés aux conditions canadiennes?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants?

Oui

Évaluation du statut

Étant donné la faiblesse de ses effectifs, la superficie limitée d’habitat convenable, sa répartition disjointe et les fluctuations de la taille de ses populations, la survie du chat-fou liséré peut être menacée au Canada. Le Noturus insignis a toutefois été capturé en nombre croissant aux localités historiques et à plusieurs nouveaux emplacements, ce qui permet de penser que la taille des populations est stable ou même en augmentation, encore que ces nouvelles mentions de capture puissent être le fruit d’efforts d’échantillonnage accrus et plus rigoureux, ou encore le résultat d’introductions récentes. De plus, la possibilité que sa tolérance en matière d’habitat soit plus grande qu’on ne le croyait indique que ce facteur peut être moins restrictif que prévu chez cette espèce. Il est aussi possible que les fluctuations d’effectif ne soient qu’apparentes et dues à la difficulté de capturer ce poisson avec des engins peu adaptés. En l’absence de changements défavorables dans l’habitat du chat-fou liséré, l’effectif de l’espèce devrait rester stable. Ces éléments pris en compte, on pourrait envisager d’abaisser le statut du chat-fou liséré, sans toutefois l’exclure de la liste des espèces en péril, étant donné qu’on a capturé peu d’individus matures et qu’on ne dispose d’aucune mention de la présence de juvéniles ni d’activités de reproduction dans les eaux canadiennes.

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Remerciements

Nous voulons souligner l’aide extrêmement précieuse que nous ont apportée, en nous permettant de consulter des documents et des dossiers des musées, Erling Holm, du Musée royal de l’Ontario; Brian Coad, du Musée canadien de la nature; Richard Pariseau et Michel Lepage, du ministère de l’Environnement et de la Faune du Québec; Ed Kott, de l’Université Sir Wilfrid Laurier; Alan Dextrase, Warren Dunlop, Shaun Thompson et Anne Bendig, du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario. Richard Martin, du Musée canadien de la nature, nous a autorisés à utiliser le dessin du Noturus insignis tiré de l’ouvrage « Poissons de la Région de la Capitale du Canada ». Nous remercions aussi Claude Renaud, du Musée canadien de la nature, qui nous a assistés pendant la préparation du présent document.

La préparation du présent rapport de situation a été financée par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Ouvrages cités

Bernatchez, L., et M. Giroux. 2000. Les poissons d’eau douce du Québec et leur répartition dans l’est du Canada. Broquet Éditions Inc. Boucherville (Québec). 350 pages.

Burr, B. M., et R. L. Mayden. 1982. Life history of the brindled madtom Noturus miurus in Mill Creek, Illinois (Pisces: Ictaluridae). American Midland Naturalist 107:25-41.

Chabot, J., et J. Caron. 1996. Les poissons de la rivière des Outaouais, de Rapides-des-Joachims à Carillon. Gouvernement du Québec, Ministère de l’Environnement et de la Faune, Direction régionale de l’Outaouais, Service de l’aménagement et de l’exploitation de la faune. Hull. 41 p. et annexe.

Coad, B. W. 1986. The Margined Madtom (Noturus insignis) in Canada. Trail and Landscape 20(3): 102-108.

Crossman, E. J.  1991. Introduced freshwater fishes:a review of the North American perspective with emphasis on Canada. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Science 48 (Suppl. 1): 46-57.

Goodchild, C. D. 1990. Status of the Margined Madtom, Noturus insignis, in Canada. Canadian Field-Naturalist 104(1): 29-35.

Gutowski, M. J., et R. L. Raesly. 1993. Distributional records of Madtom catfishes (Ictaluridae: Noturus) in Pennsylvania. Journal of the Pennsylvania Academy of Science 67(2): 79-84.

Gutowski, M. J., et J. R. Stauffer, Jr. 1993. Selective predation by Noturus insignis (Richardson) (Teleostei: Ictaluridae) in the Delaware River. American Midland Naturalist 129 (2): 309-318.

Lee, D. S., C. R. Gilbert, C. H. Hocutt, R. E. Jenkins, D. E. McAllister et R. J. Stauffer, Jr. 1980. Atlas of North American freshwater fishes. North Carolina State Museum of Natural History Biological Survey Publication 1980-12. 867 pages.

Litvak, M. K., et N. E. Mandrak. 1993. Ecology of freshwater baitfish use in Canada and the United States. Fisheries 18(12):6-13.

Mandrak, N. E., et E. J. Crossman. 1992. A checklist of Ontario freshwater fishes. Musée Royal de l’Ontario. Toronto (Ontario). 176 pages.

McAllister, D. E. 1987. Review of The inland fishes of New York State by C. L. Smith. 1986. Canadian Field-Naturalist 101: 646-647.

McAllister, D. E., et B. W. Coad. 1974. Poissons de la Région de la Capitale du Canada. Publication diverse spéciale 24. Ministère de l’Environnement, Service des pêches et des sciences de la mer. 200 pages.

Rubec, P. J., et B. W. Coad. 1974. First record of the margined madtom, Noturus insignis, from Canada. Journal of the Fisheries Research Board of Canada 31(8):1430-1431.

Smith, C. L. 1985. The inland fishes of New York State. New York State Department of Environmental Conservation. Albany (New York). 522 pages.

Stoeckel, J. N., et R. J. Neves. 2000. Methods for hatching margined madtom eggs. North American Journal of Aquaculture 62:42-47.

Stoeckel, J. N., et R. J. Neves. 2001. Induced spawning of the margined madtom. North American Journal of Aquaculture 63:99-108.

Taylor, W. R. 1969. A revision of the Catfish genus, Noturus, Rafinesque, with an analysis of the higher groups in the Ictaluridae. U.S. National Museum Bulletin 282. 315 pages.

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Sommaire biographique des Auteurs

Anne Phelps est titulaire d’un B.Sc. (1997), d’un B.Ed. (1998) et d’une M.Sc. en biologie (2001) de l’Université d’Ottawa. Anthony Francis a obtenu un B.Sc. (1994) et un B.Ed. (1995) et prépare actuellement un Ph.D. en biologie à l’Université d’Ottawa. Anne Phelps et Anthony Francis sont depuis 1998 les principaux consultants de la firme Waterwood Consulting Inc., qu’ils ont fondée ensemble. Ils ont réalisé des relevés des habitats et des inventaires des espèces aquatiques, et ont surveillé et évalué les répercussions écologiques des activités commerciales dans les voies de navigation de la Région de la capitale nationale. Ils ont également travaillé en écologie de la conservation et en recherche faunique en réalisant des analyses géomatiques des zones considérées comme prioritaires pour la conservation des espèces visées par le COSEPAC.

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Experts consultés

  • Anne Bendig, Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Kemptville, Postal Bag 2002, Concession Road, Kemptville (Ontario) K0G 1J0
  • Brian Coad, Musée canadien de la nature, C.P. 3443, succ. D, Ottawa (Ontario) K1P 6P4
  • Alan Dextrase, Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough, 300, rue Water, C.P. 7000, Peterborough (Ontario) K9J 8M5
  • Warren Dunlop, Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Bracebridge, R.R. 2, Hwy 11 North @ High Falls Road, Bracebridge (Ontario) P1L 1W9
  • Erling Holm, Musée royal de l’Ontario, 100 Queen’s Park, Toronto (Ontario) M5S 2C6
  • Ed Kott, Wilfrid Laurier Zoological Museum, Department of Biology, 75, avenue University Ouest, Waterloo (Ontario) N2L 3C5
  • Michel Lepage, Société de la faune et des parcs du Québec, 675, boul. René-Lévesque Est, 11e étage, Québec (Québec) G1R 5V7
  • Richard Pariseau, Société de la faune et des parcs du Québec, 98, rue Lois, Hull (Québec) J8Y 3R7
  • Shaun Thompson, Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Kemptville, Postal Bag 2002, Concession Road, Kemptville (Ontario) K0G 1J0

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Annexe 1 - Captures canadiennes de chats-fous lisérés

Nouvelles mentions de captures canadiennes de chats-fous lisérés (Noturus insignis) réalisées depuis le premier rapport de situation (Goodchild, 1990)
Masse d'eauComtéProvinceDate de capture
(A/M/J)
Nombre de poissons capturésSource
Ruisseau BoltonLanarkOntario1990/09/08
1
ROM66063
Lac JosephMuskokaOntario1990/10/18
?
OFDD'5391-003-02
Lac JosephMuskokaOntario1990/10/18
?
OFDD'5391-003-03
Lac JosephMuskokaOntario1990/10/22
?
OFDD'5391-003-04
Lac JosephMuskokaOntario1991
1
Alan Dextrase, MRNO
Lac JosephMuskokaOntario1992
2
Alan Dextrase, MRNO
Lac JosephMuskokaOntario1993
2
Alan Dextrase, MRNO
Lac MuskokaMuskokaOntario1993
1
Alan Dextrase, MRNO
Lac MuskokaMuskokaOntario1993/07/13
1
ROM68167
Lac JosephMuskokaOntario1993/07/19
1
ROM68174
Lac JosephMuskokaOntario1994
8
Alan Dextrase, MRNO
Lac MuskokaMuskokaOntario1994
2
Alan Dextrase, MRNO
Rivière LapêcheGatineauQuebecmid-1990s
?
Brian Coad, CMN
Lac JosephMuskokaOntario1995
4
Alan Dextrase, MRNO
Lac MuskokaMuskokaOntario1995
1
Alan Dextrase, MRNO
Rivière des OutaouaisHullQuebec1996
2
Chabot and Caron 1996
Rivière des OutaouaisPapineauQuebec1996
1
Chabot and Caron 1996
Lac RosseauMuskokaOntario1996
1
Alan Dextrase, MRNO
Rivière FallLanarkOntario1997/09/04
24
ROM70989
Ruisseau BoltonLanarkOntario1997/09/04
2
ROM70988
Rivière MississippiLanarkOntario1997/09/04
1
ROM70991
Rivière GatineauHullQuebec1999/05/27
2
Richard Pariseau, SFPQ
Rivière GatineauHullQuebec1999/06/03
1
Richard Pariseau, SFPQ
Rivière MississippiLanarkOntario2000/09
1
Shaun Thompson, MRNO
Région du lac ColePapineauQuebec2000/2001?Michel Lepage, SFPQ

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