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Programme de rétablissement des épinoches du lac Paxton, du lac Enos et du ruisseau Vananda (Gasterosteus spp.) au Canada [Projet]


Rétablissement


7. But du rétablissement

Le but du présent programme de rétablissement est de maintenir la persistance à long terme de toutes les paires d'espèces d'épinoches historiques. Il est probable que ces espèces demeureront toujours plus ou moins en péril en raison de leur aire de répartition extrêmement limitée.


8. Objectifs du rétablissement

Court terme (sur les cinq prochaines années)

  1. Maintenir des populations autosuffisantes de paires d'espèces d'épinoches dans le réseau hydrographique du lac Paxton et dans celui du ruisseau Vananda.
  2. Établir des populations en captivité de la paire d'espèces d'épinoches du lac Enos.

Long terme (sur les vingt prochaines années)

  1. Maintenir des populations autosuffisantes de paires d'espèces d'épinoches dans le réseau hydrographique du lac Paxton et dans celui du ruisseau Vananda.
  2. Établir une population viable de la paire d'espèces d'épinoches du lac Enos, de préférence dans le lac Enos, ou voir à son rétablissement.
  3. Réintroduire une paire d'espèces d'épinoches dans le lac Hadley à partir d'une population historique.


9. Stratégies pour contrer les menaces

Les stratégies relevées par l'équipe de rétablissement pour permettre d'atteindre les buts et les objectifs du rétablissement entrent dans les trois grandes catégories complémentaires suivantes : intendance, protection et recherche. Les voici.

  1. Favoriser la sensibilisation aux paires d'espèces d'épinoches (y compris leur importance unique dans les études évolutionnistes et reconnue internationalement), à leur état de conservation et aux menaces pour leur persistance par l'éducation et la participation directes des intervenants dans la mise en œuvre du rétablissement.
  2. Maintenir et, dans la mesure du possible, augmenter l'intégrité écologique des lacs contenant une paire d'espèces, particulièrement les caractéristiques de l'habitat qui permettent la persistance des paires d'espèces.
  3. Accroître la compréhension scientifique des paires d'espèces d'épinoches, des menaces pour leur persistance et des mécanismes associés à des menaces précises.

L'approche générale recommandée pour la mise en œuvre de ces stratégies comprend :

  • l'établissement et l'appui d'initiatives d'intendance;
  • la réalisation d'activités de recherches particulières pour préciser les menaces.
  • la délimitation et la protection d'habitats clés;
  • la participation à l'élaboration et à la mise en œuvre d'un plan de gestion des espèces exotiques;
  • la limitation des impacts attribuables à l'utilisation des terres et de l'eau;
  • la conception et la mise en œuvre de programmes de surveillance judicieux.

Une description des approches et des mesures recommandées se trouve au Tableau 3. Stratégies classées par ordre de priorité et mesures recommandées pour le rétablissement des paires d'espèces d'épinoches.

Tableau 3. Stratégies classées par ordre de priorité et mesures recommandées pour le rétablissement des paires d'espèces d'épinoches.
Priorité1StratégieMesuresMesure de rendement 2
NécessaireÉtablir et soutenir des groupes de mise en œuvre des mesures de rétablissement (GMOMR) pour l'île Texada et le lac Enos.
  • Inviter les intervenants et les parties intéressées à participer à un ou à plusieurs GMOMR. (En raison de la séparation géographique des lacs contenant une paire d'espèces, il est probable qu'il soit nécessaire d'établir plus d'un groupe d'intendance.)
  • Encourager les administrations municipales (p. ex. les districts régionaux) à devenir membres des GMOMR ou à y nommer des représentants, et ce, pour faciliter la communication et la mise en œuvre du plan d'action du rétablissement (PAR).
  • Déterminer qui sera à la tête du GMOMR (président, animateur, etc.); élaborer le mandat du groupe; obtenir le financement nécessaire pour appuyer les activités du groupe.
  • Élaborer et mettre en œuvre un PAR s'inspirant du programme de rétablissement.
A-t-on établi un GMOMR pour chaque paire d'espèces d'épinoches?
Les GMOMR sont-ils adéquatement soutenus sur les plans financier et scientifique?
Les GMOMR ont-ils élaboré un PAR?
Les GMOMR permettent-ils d'atteindre les buts énoncés dans le programme de rétablissement?
NécessaireÉtablir et soutenir un groupe d'action sur la recherche (GAR) chargé d'entreprendre des activités de recherche particulières et de fournir des conseils techniques détaillés.Inviter les chercheurs pertinents à participer au GAR; établir le mandat du groupe; obtenir le financement nécessaire.A-t-on établi un GAR?
Le groupe est-il soutenu par un financement et une expertise technique adéquats?
Le groupe répond-il aux besoins en matière de recherche énoncés dans le programme de rétablissement?
NécessaireÉlaborer et mettre en œuvre un programme de surveillance continue à long terme.

Les GMOMR et le GAR doivent élaborer un programme de surveillance qui permet d'évaluer comment réagit la population aux activités de gestion ou aux menaces. La surveillance peut porter sur :

  • les tendances relatives à l'abondance de chaque espèce;
  • les tendances relatives aux habitats (quantité et qualité);
  • les tendances relatives aux taux d'hybridation dans les lacs contenant une paire d'espèces;
  • la répartition des espèces exotiques et l'expansion de leur l'aire de répartition;
  • la qualité de l'eau;
  • l'utilisation des terres;
  • l'utilisation de l'eau.

Les GMOMR doivent obtenir un financement à long terme pour assurer de la mise en œuvre d'un programme de surveillance efficace. Les priorités de la surveillance doivent rester à l'intérieur des limites budgétaires.

A-t-on mis en œuvre des programmes de surveillance?
Depuis combien de temps un programme de surveillance est-il en place?
Est-il efficace?
A-t-on obtenu un financement à long terme?
PrimaireEffectuer des études visant à définir avec une plus grande précision l'habitat essentiel des paires d'espèces d'épinoches.Mener les recherches nécessaires pour définir l'habitat essentiel et le délimiter dans la nature. Voir la section 6.3 pour la liste des activités de recherche nécessaires.A-t-on défini l'habitat essentiel des paires d'espèces d'épinoches?
PrimaireSoutenir l'élaboration et la mise en œuvre d'un plan de gestion des espèces exotiques ayant un lien direct avec les groupes d'intendance.

Les GMOMR doivent collaborer avec des organismes gouvernementaux à :

  • l'élaboration et à la mise en œuvre d'un plan exhaustif de gestion des espèces exotiques;
  • l'élaboration d'un plan d'action d'urgence à mettre en œuvre advenant l'introduction d'une espèce exotique dans un lac contenant une paire d'espèces.
A-t-on élaboré et mis en œuvre un plan de gestion efficace des espèces exotiques?
A-t-on élaboré et approuvé un plan d'action d'urgence?
A-t-on les ressources nécessaires pour l'exécuter?
PrimaireÉtablir des objectifs en matière de qualité de l'eau pour tous les lacs contenant une paire d'espèces.
  • Utiliser les normes provinciales actuelles sur les paramètres de qualité de l'eau à respecter pour assurer la protection de la vie aquatique en tant que paramètres de base pour les lacs contenant une paire d'espèces d'épinoches (voir http://srmwww.gov.bc.ca/risc/pubs/
    aquatic/interp/index.htm).
  • Établir au besoin des objectifs de qualité de l'eau propres aux paires d'espèces, surtout en ce qui concerne la transmission de la lumière et l'équilibre nutritif.
  • Communiquer les objectifs aux autorités et aux intervenants appropriés.
A-t-on établi des objectifs de qualité de l'eau et les a-t-on communiqués aux organismes de réglementation et aux intervenants appropriés?
PrimaireÉlaborer un plan exhaustif de gestion de l'eau pour chaque réseau hydrographique.

Les GMOMR doivent tenter de réduire les risques pour les paires d'espèces de concert avec la Division de l'intendance de l'eau (ministère de l'Environnement) et les titulaires de permis d'utilisation des eaux. Voici ce qu'ils doivent faire pour y arriver :

  • examiner les permis actuels;
  • examiner les utilisations de l'eau actuelles;
  • protéger les quantités d'eau restantes aux fins de conservation;
  • utiliser un processus de planification faisant appel aux divers intervenants pour établir des objectifs de gestion de l'eau à court terme et à long terme (p. ex. critères pour des niveaux acceptables de rabattement du niveau d'eau des lacs).
A-t-on achevé et mis en œuvre un plan de gestion?
PrimaireÉtablir un programme de reproduction en captivité pour la paire d'espèces du lac Enos.
  • Capturer des géniteurs reliques non hybrides du lac Enos et établir des populations en captivité des deux espèces à l'UBC.
  • Inviter le GAR à examiner les protocoles de reproduction (p. ex. pour prévenir la perte de variance génétique et limiter l'adaptation aux milieux artificiels) et à obtenir le financement nécessaire au soutien de la recherche et au maintien des populations.
A-t-on établi des populations en captivité pour la paire d'espèces du lac Enos?
La population en captivité se développe-t-elle bien?
A-t-on établi des buts génétiques pour le programme de reproduction et les a-t-on atteints?
Primaire

Élaborer et mettre en œuvre un plan d'information et d'éducation comprenant les éléments suivants.

  • Matériel didactique destiné au public portant sur la menace que posent les espèces exotiques.
  • Matériel de présentation à l'intention des écoles publiques.
  • Panneaux didactiques installés à des endroits appropriés.

Les GMOMR doivent travailler de concert avec des organismes gouvernementaux et des éducateurs à l'élaboration :

  • de matériel didactique (p. ex une brochure éducative) pour expliquer les impacts écologiques potentiels de l'introduction d'organismes dans de nouveaux milieux;
  • de matériel didactique à employer dans les écoles publiques, particulièrement celles situées près des lacs contenant une paire d'espèces. Par exemple, on pourrait préparer un module « Wild BC » et le distribuer à grande échelle;
  • de panneaux didactiques à installer à des endroits précis (p. ex. rivière Powell – gares maritimes de l'île Texada, aux abords de certains lacs, etc.). Obtenir le financement pour la construction et l'entretien des panneaux.
A-t-on produit du matériel didactique? La perception du public et sa sensibilisation ont-elles été modifiées?
Combien de classes ont reçu des présentations didactiques? La perception du public et sa sensibilisation ont-elles été modifiées?
Combien de panneaux didactiques ont été érigés? La perception du public et sa sensibilisation ont-elles été modifiées?
SecondaireDéterminer les impacts potentiels de la pêche sportive dans les lacs contenant une paire d'espèces et élaborer des mesures d'atténuation, au besoin.

Travailler de concert avec des organismes provinciaux et la Freshwater Fisheries Society à l'élaboration de lignes directrices ou de projets de règlement qui ne prévoit :

  • aucune amélioration de la pêche sportive par l'ensemencement;
  • aucune pêche sur des lacs où les espèces prisées par les pêcheurs sportifs ne sont pas indigènes;
  • aucun appât où la pêche sportive est autorisée.

Consulter les intervenants sur les raisons de l'approche employée; envisager des mesures additionnelles qui limitent les impacts ou soutiennent les pêches actuelles.

A-t-on mis en œuvre des modifications réglementaires minimales?
SecondaireÉtudier les conséquences que pourrait avoir sur la qualité de l'eau l'utilisation d'explosifs pour des activités minières dans les réseaux hydrographiques contenant une paire d'espèces.Examiner et résumer les activités minières courantes et planifiées et réévaluer cette menace. Si cela est nécessaire, les GMOMR doivent examiner la littérature appropriée et analyser la qualité de l'eau. Les GMOMR doivent travailler avec le GAR sur des questions techniques, au besoin. Communiquer les résultats à considérer au cours du prochain examen du programme de rétablissement. Obtenir le financement nécessaire au soutien de l'examen, de l'échantillonnage et de l'analyse.A-t-on effectué un examen de la littérature et communiqué les conclusions de cet examen à l'équipe de rétablissement?
A-t-on prélevé des échantillons d'eau du ruissellement provenant des sites miniers?
A-t-on analysé les échantillons et communiqué efficacement les résultats?
SecondaireDéterminer les impacts que pourrait avoir l'utilisation d'embarcations à moteur à essence sur la qualité de l'eau des lacs contenant une paire d'espèces; élaborer des mesures d'atténuation, au besoin; décourager les impacts attribuables à l'aménagement des rives des lacs et à la pratiques de loisirs.Les GMOMR doivent travailler de concert avec les administrations municipales et les intervenants à l'établissement de règles selon lesquelles seules des embarcations sans moteur ou à moteur électrique sont autorisées sur les lacs contenant une paire d'espèces. Nota : La Garde côtière canadienne est l'organisme de réglementation.Les embarcations à moteur à essence sont-elles autorisées sur les lacs contenant une paire d'espèces?
SecondaireÉlaborer conjointement des stratégies d'aménagement du territoire pour les terres publiques et privées.

Élaborer des critères pour évaluer les effets de l'aménagement du territoire sur les épinoches (y compris de l'exploitation forestière); élaborer des lignes directrices pour une bonne intendance; établir des aires d'habitat de la faune, au besoin; désigner les réseaux hydrographiques contenant une paire d'espèces à titre de zones de développement spéciales (Special Development Areas).

  • Pour les terres publiques, établir une ou plusieurs aires d'habitat de la faune pour limiter les impacts cumulatifs à long terme sur l'habitat.
  • Pour les terres privées, travailler avec les propriétaires fonciers en vue d'encourager une bonne intendance.
A-t-on élaboré des critères d'exploitation forestière et d'aménagement du territoire? A-t-on établi des aires d'habitat de la faune?
L'exploitation forestière et l'aménagement du territoire répondent-ils aux critères?
SecondaireÉlaborer des protocoles judicieux pour les études scientifiques (p. ex. limiter l'utilisation d'hybrides dans les expériences in situ, limiter le nombre de poissons prélevés chaque année, etc.).Le GAR doit travailler de concert avec des organismes gouvernementaux à l'établissement de limites inhérentes aux recherches expérimentales menées dans les lacs contenant une paire d'espèces. Nota : Des permis de la LEP peuvent être nécessaires pour effectuer légalement des prélèvements et mener des recherches sur des espèces sauvages inscrites.A-t-on établi et communiqué des protocoles d'études scientifiques?
Ont-ils été mis en œuvre?
NécessaireDéterminer la faisabilité de la réintroduction de paires d'espèces dans les lacs Enos et Hadley.

Effectuer une étude de faisabilité visant à évaluer les aspects sociaux et techniques de la réintroduction de paires d'espèces dans les lacs Hadley et Enos. On peut déterminer la faisabilité en procédant comme suit.

  • Déterminer si les écrevisses introduites sont responsables de l'hybridation des paires d'espèces d'épinoches dans le lac Enos.
  • Étudier les méthodes disponibles pour faire disparaître du pays les espèces exotiques dans les lacs Enos et Hadley.
  • Étudier le besoin écologique inhérent à la réintroduction de paires d'espèces.
  • Évaluer les avantages sociaux et économiques ainsi que les coûts de différents scénarios de réintroduction de paires d'espèces.
A-t-on pris une décision justifiable quant à l'introduction une paire d'espèces dans le lac Enos et/ou le lac Hadley?
A-t-on déterminé sans équivoque le rôle de l'écrevisse dans l'hybridation?
La disparition du pays des espèces exotiques est-elle faisable et souhaitable?
A-t-on déterminé sans équivoque les facteurs permettant la réintroduction des paires d'espèces?

1 Les stratégies sont classées d'après un jugement professionnel en trois groupes de priorité (de la plus faible à la plus élevée) : nécessaire, primaire, secondaire.

2 Les mesures de rendement permettent de suivre les progrès accomplis vers l'atteinte des objectifs énoncés. Elles sont présentées sous forme de questions; les réponses fournies peuvent être définies dans le temps pour suivre les progrès.


10. Conflits ou enjeux prévus

Les paires d'espèces d'épinoches ont actuellement peu de valeur économique, voire aucune. Il est improbable que cette situation change. Cependant, il existe d'autres intérêts publics, privés et commerciaux à l'égard des réseaux hydrographiques où des paires d'espèces sont présentes. Parmi ces intérêts figurent l'exploitation minière, la sylviculture, les prélèvements d'eau à des fins industrielles et résidentielles, la construction de routes, l'installation de pipelines, la construction résidentielle et la pratique de loisirs (à un faible niveau à l'heure actuelle) tels que la pêche, la navigation de plaisance et la natation. Dans le cadre d'une consultation, on cernera tous les conflits possibles entre les activités d'aménagement et l'atténuation des menaces qui pèsent sur les paires d'espèces d'épinoches, puis on tentera de résoudre ces conflits au moyen de plans d'action du rétablissement. Le rétablissement des paires d'espèces exigera la mise en place d'activités permanentes d'intendance et d'éducation, la prise de décisions éclairées et la réalisation de recherches ciblées et à long terme. Il importe de comprendre que bon nombre des menaces qui pèsent sur les paires d'espèces peuvent être réduites, mais qu'elles ne peuvent être totalement éliminées.

Intendance et éducation

Le modèle actuel de gestion des paires d'espèces d'épinoches repose sur l'établissement de groupes d'intendance communautaires qui seront responsables de la mise en œuvre de mesures de rétablissement dans un ou plusieurs réseaux hydrographiques. Ce modèle est basé sur des hypothèses, c'est-à-dire la présence à long terme d'un groupe de bénévoles désireux de travailler; d'un financement suffisant à l'appui des activités de gestion nécessaires; d'une expertise technique disponible pour appuyer les participants des groupes d'intendance. On ne sait pas si ces hypothèses sont fondées.

Processus décisionnels

Il existe divers intervenants et organismes de réglementation dans chaque réseau hydrographique contenant une paire d'espèces : propriétaires fonciers privés, entreprises forestières, gestionnaires de la faune aquatique et terrestre, municipalités, districts régionaux, districts de gestion communautaire des ressources en eau, promoteurs en construction résidentielle, adeptes de loisirs, etc. Les divers intervenants ont sans doute des intérêts concurrents. Ils doivent tous avoir l'occasion de participer à la prise de décisions concernant des activités de gestion qui peuvent les toucher. Cela ne signifie pas que les décisions doivent reposer simplement sur un vote majoritaire ou qu'elles doivent opposer une ressource à une autre, particulièrement lorsque certaines ressources sont plus faciles que d'autres à évaluer en termes économiques simples. Il sera important de s'assurer qu'un ensemble de valeurs ne domine pas la prise de décisions. Il existe diverses techniques de prise de décisions acceptables en la présence d'objectifs environnementaux, sociaux et économiques potentiellement conflictuels. Une méthode appropriée est requise pour que tous les intérêts soit pris en considération.

Recherche

Trois secteurs nécessitent des recherches ciblées et immédiates pour qu'on puisse relever des enjeux particuliers : la définition de l'habitat essentiel; la précision des menaces que posent l'utilisation des terres et l'utilisation de l'eau; l'évaluation des difficultés techniques liées aux réintroductions de paires d'espèces. Une description de ces secteurs de recherche se trouve aux sections 6.3 et 13.


11. Faisabilité du rétablissement

Dans le cadre du processus de la LEP, le ministre compétent doit prendre une décision sur la faisabilité du rétablissement des espèces en péril. Pour uniformiser le processus décisionnel, l'ébauche de la politique actuelle (gouvernement du Canada, 2005) pose quatre questions auxquelles il faut répondre pour chaque programme de rétablissement. Voici les questions posées et leur réponse.

  • Existe-t-il ou non présentement des individus capables de reproduction pour accroître le taux de croissance ou l'abondance de la population?
    Oui – Les paires d'espèces d'épinoches disposent naturellement d'une aire de répartition très restreinte. Les paires d'espèces de l'île Texada sont autosuffisantes, affichant des niveaux d'abondance acceptables, et ne connaissent pas un déclin apparent (mais elles demeureront en péril en raison de leur aire de répartition géographique limitée). La paire d'espèces du lac Enos a été amenée à céder la place à une population hybride, mais une population autosuffisante d'épinoches limnétiques du lac Enos est présente dans le parc Murdo-Frazer, à North Vancouver, et des efforts visant à établir une population autosuffisante d'épinoches benthiques du lac Enos sont en cours et semblent donner les résultats escomptés. La paire d'espèces du lac Hadley est disparue.

  • Existe-t-il ou non un habitat adéquat suffisant pour assurer la survie des espèces ou pourrait-il est rendu disponible par l'aménagement ou la restauration?
    Oui – Il existe un habitat adéquat suffisant sur l'île Texada pour assurer la survie des paires d'espèces du lac Paxton et du ruisseau Vananda dans leur habitat naturel. La faisabilité de la restauration des habitats du lac Hadley est fonction de la disparition de la barbotte du pays et peut nécessiter l'enlèvement des écrevisses du lac Enos, deux espèces qui ont été introduites dans les lacs. La faisabilité de la restauration des habitats et de la réintroduction des paires d'espèces d'épinoches dans ces lacs est actuellement à l'étude.

  • Peut-on éviter ou atténuer les menaces importantes pour l'espèce ou pour son habitat en mettant en place des mesures de rétablissement?
    Oui – La diminution des menaces pour les paires d'espèces est faisable, mais elle repose davantage sur des considérations sociales que sur des considérations techniques. Par exemple, la menace principale est l'introduction d'espèces exotiques. Comme les espèces de poisons exotiques sont introduites sans autorisation, la meilleure façon d'éviter qu'elles le soient est de sensibiliser le public aux risques que pose la dispersion intentionnelle d'organismes. On s'attend à ce que la sensibilisation donne de bons résultats, mais elle ne sera sans doute pas efficace à 100 %. Les autres menaces, dont celles attribuables à une utilisation d'eau excessive, peuvent généralement être atténuées par l'application des règlements en vigueur, mais cela nécessitera une consultation avec les intervenants.

  • A-t-on accès aux techniques de rétablissement nécessaires et a-t-on prouvé l'efficacité de ces techniques?
    Oui – On n'a pas besoin de techniques de rétablissement spéciales pour le rétablissement des paires d'espèces d'épinoches de l'île Texada. Ce qu'il faut, c'est une gestion efficace des menaces actuelles et futures, ce qui nous semble entièrement faisable. Cependant, il faut souligner que la répartition des paires d'espèces d'épinoches demeurera probablement toujours très restreinte, et ce, même si elles sont introduites avec succès dans des lacs sans poissons de la région. Les paires d'espèces d'épinoches demeureront sans doute plus ou moins en péril. Les efforts de rétablissement des paires d'espèces en tant qu'un groupe devraient donc se concentrer sur la diminution des menaces et, si possible, sur la réintroduction de paires dans leur habitat d'origine (c'est-à-dire le lac Hadley et lac Enos).

La faisabilité de la réintroduction des paires dans leur habitat d'origine dépend de deux facteurs techniques principaux : l'enlèvement des espèces exotiques et l'introduction (ou la réintroduction) d'espèces dans un lac sans épinoche. Les deux facteurs comportent des enjeux techniques importants. Pour relever ces enjeux, il faudra pousser les recherche, ce qu'on a commencé à faire (voir section 13).

À la lumière de ce qui précède, on peut dire que le rétablissement des paires d'espèces d'épinoches est techniquement et biologiquement faisable.


12. Approche recommandée/Portée du rétablissement

Le programme de rétablissement des paires d'espèces d'épinoches recommande l'utilisation d'une approche monospécifique modifiée (plutôt qu'une approche écosystémique), étant donné que l'écologie des paires d'espèces est commune à tous les réseaux hydrographiques et que des menaces semblables pèsent sur chaque paire d'espèces. L'introduction d'espèces exotiques et les effets de la gestion de l'eau et de l'aménagement du territoire sont vus comme étant les principales menaces pour les populations sauvages historiques.

À première vue, il semble y avoir peu d'occasions propices à la combinaison des efforts de rétablissement des paires d'espèces d'épinoches aux plans, aux mesures ou aux politiques de gestion actuels, et la plus profitable d'entre elles serait de participer à l'élaboration et à l'exécution d'un plan régional de gestion des espèces exotiques.


13. Lacunes dans les connaissances

Nous connaissons bien l'évolution des paires d'espèces. Il est donc étonnant de constater que leur écologie de base est à ce point méconnue, particulièrement pour ce qui est des stades initiaux du développement. Si les paires d'espèces sont réintroduites dans les lacs Hadley et Enos (ou introduites dans d'autres lacs) dans le cadre du processus de rétablissement, on aura d'autant plus besoin de meilleures connaissances sur l'écologie de base des espèces et de leur lac d'origine.

Voici une série de rubriques mettant en évidence les lacunes dans les connaissances ayant une incidence sur la gestion des paires d'espèces. D'autres recherches seront nécessaires si l'on bien définir l'habitat essentiel (voir la section 6.3).

Biologie de base

  • Définition de l'habitat essentiel des paires d'espèces et de la façon dont il peut être protégé.
  • Utilisation de l'habitat pendant les stades initiaux de développement.
  • Structure par âge des populations.
  • Tendances relatives à l'abondance (selon les saisons et les années) des épinoches limnétiques et benthiques dans chaque lac.
  • Facteurs de l'habitat nécessaires au maintien de la ségrégation des espèces.
  • Tendances relatives à l'hybridation dans chaque lac.
  • Taux d'hybridation dans des conditions inchangées.
  • Seuils d'hybridation auxquels les espèces sont amenées à céder la place à une population hybride.

Précision des menaces

  • Tendances régionales dans la dispersion des espèces exotiques.
  • Incidence relative des introductions d'espèces exotiques (p. ex. doit-on cibler certaines espèces exotiques pour qu'elles fassent l'objet d'une attention spéciale?)
  • Effets des changements dans la qualité de l'eau sur les paires d'espèces d'épinoches.
  • Lien entre l'utilisation de l'eau et le risque pour l'épinoche.
  • Évaluation des types d'activités d'utilisation des terres qui peuvent être permises en toute sécurité dans ces réseaux hydrographiques et de l'ampleur de ces activités.

Techniques de reconstitution

  • Techniques d'enlèvement des espèces exotiques (p. ex. barbotte et écrevisse).
  • Compréhension des conditions écologiques propices au maintien des paires d'espèces et de la raison pour laquelle les paires d'espèces ont été amenées à céder la place à une population hybride dans les étangs expérimentaux.

Efficacité de l'intendance

  • Compréhension de l'efficacité des initiatives d'intendance (p. ex. programmes d'éducation, panneaux, éducation des pêcheurs à la ligne).


14. Impacts potentiels de la gestion sur d'autres espèces

Les mesures de gestion mises en œuvre en vue d'atténuer les menaces pour les paires d'espèces ne devraient pas avoir un effet négatif sur d'autres espèces indigènes, étant donné que les espèces qui sont réputées coexister avec les paires d'espèces ont une grande aire répartition.


15. Mesures déjà exécutées et/ou en cours

Diverses mesures de rétablissement ont déjà été exécutées ou sont en en cours.

  1. L'évaluation du COSEPAC et l'inscription de chacune des paries d'espèces sont terminées.
  2. Un premier atelier avec les intervenants a eu lieu à Nanaimo, en mars 2002, et a permis d'amorcer un processus officiel de rétablissement des espèces.
  3. Une équipe nationale de rétablissement des paires d'espèces d'épinoches a été formée en 2003 et a élaboré un programme de rétablissement.
  4. Les paires d'espèces sont inscrites sur la liste de la LEP, et un processus de consultation publique est en cours dans le cadre du processus de la LEP.
  5. Un GAR a été établi en 2003; il est principalement composé de chercheurs de l'UBC.
  6. Un large éventail de recherches scientifiques ont déjà été menées ou sont en cours :
    1. surveillance de la situation des paires d'espèces (surveillance officieuse dans le passé qui est récemment devenue un peu plus officielle);
    2. techniques d'élevage en laboratoire maintenant bien établies;
    3. translocation dans des étangs expérimentaux (les premières expériences effectuées dans des étangs expérimentaux ont révélé certaines difficultés inhérentes à la translocation);
    4. recherche en génétique (travaux sur les microsatellites en cours);
    5. recherche écologique et évolutionniste (expériences sur l'efficacité de l'alimentation, comportement, choix de partenaires, morphométrie);
    6. documents et publications scientifiques (longue liste de publications de recherches directes principalement réalisées par des chercheurs de l'UBC).
  7. Avant que la paire d'espèces d'épinoches du lac Enos ne soit amenée à céder la place à une population hybride, une population d'épinoches limnétiques du lac Enos a été introduite dans un étang du parc Murdo-Frazer, à North Vancouver, par l'ensemencement d'individus sauvages en 1988 et en 1999 (en vertu d'un permis du secteur des Pêches du ministère de l'Environnement, des Terres et des Parcs de la Colombie-Britannique). Une population viable a été confirmée au printemps 2002 (D. Schluter, données non publiées).
  8. En 2003, un programme a été lancé pour établir un stock de géniteurs en vue du futur rétablissement des espèces du lac Enos. Dans le cadre de ce programme, on a capturé des épinoches benthiques présumées « pures » et on les a accouplées en laboratoire. Des essais génétiques et morphologiques sont en cours pour confirmer l'identité des individus utilisés comme géniteurs.
  9. La sensibilisation et l'éducation du public (p. ex. publication d'une brochure sur les paires d'espèces d'épinoches dans la série intitulée « Wildlife in British Columbia at Risk » [espèces sauvages en péril en Colombie-Britannique]; « Evolution in Action » [évolution en action], un programme du Knowledge Network [réseau de connaissances])


16. Énoncé sur l'échancier des plans d'action

Un plan d'action sur le rétablissement des paires d'espèces d'épinoches décrivant les programmes particuliers, incluant leurs coûts et leurs calendriers d'exécution sur cinq ans, sera achevé dans les deux ans suivant l'approbation du programme de rétablissement.