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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tortule à poils lisses (Syntrichia laevipila) au Canada

Habitat

Besoins de l’espèce

En Colombie-Britannique, le Syntrichia laevipila ne pousse que sur l’écorce des arbres, particulièrement celle du chêne de Garry. La mousse semble surtout commune sur le tronc des arbres, mais elle se rencontre également sur leur base ainsi que leurs branches supérieures. Des études récentes ont montré que l’espèce pousse aussi sur l’érable à grandes feuilles, dans la région de Victoria, mais il se peut que cet habitat soit inhabituel au Canada. De plus, l’érable à grandes feuilles est caractéristique de milieux plus mésiques et n’est pas commun dans les terrains dégagés que privilégie le chêne de Garry. La plupart des populations de Syntrichia laevipila se trouvent sur l’écorce exposée d’arbres poussant en terrain dégagé dans des régions à étés secs doux à très chauds et à hivers humides frais à froids. Aux États-Unis, la mousse se rencontre également sur le chêne de Garry ainsi qu’à l’occasion sur d’autres arbres, notamment l’érable à grandes feuilles (Harpel, 1997). Merrifield (2000) décrit en détail l’habitat de l’espèce en Oregon et note qu’elle est commune uniquement sur les versants les plus secs des chênaies de Garry. Merryfield (2000) note également que la variété meridionalis se rencontre à des altitudes plus basses (moins de 100 m) que la variété laevipila (jusqu’à environ 200 m).

Le Syntrichia laevipila pousse rarement en mélange avec d’autres mousses ou avec des lichens, ce qui pourrait indiquer que sa capacité de concurrencer les autres épiphytes est faible.

Tendances

Dans la plupart des cas, l’habitat de l’espèce semble stable (tableau 2, colonne C) et non perturbé pour ce qui est des arbres où elle pousse (cependant, l’habitat des arbres eux-mêmes est souvent très perturbé, puisqu’ils se trouvent sur des pelouses ou au bord de chemins). On craint pour les populations urbaines ou situées dans des secteurs où il ne reste que de vieux chênes. Comme il n’y a pratiquement aucun jeune chêne pour remplacer ceux-ci, les populations de Syntrichia laevipila se trouvent condamnées à disparaître avec les arbres qui les portent. Aux Pays-Bas, l’élimination massive des ormes (Ulmus spp.) par une maladie a grandement réduit le nombre de populations deS. laevipila (van Zanten, 1992). Une telle mortalité pourrait survenir dans le cas du chêne de Garry en Colombie-Britannique, puisque l’encre des chênes rouges a tué beaucoup de chênes en Californie et dans le sud de l’Oregon, où elle épargne encore cependant le chêne de Garry.

Protection et propriété des terrains

Environ la moitié des sites canadiens du Syntrichia laevipila sont situés dans des parcs ou des réserves écologiques et sont donc protégés contre l’abattage des arbres et le développement. Dans les autres sites, les arbres hôtes poussent le long de rues ou dans des terrains privés. Dans six municipalités, l’abattage du chêne de Garry est interdit ou fait l’objet de restrictions.