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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tortule à poils lisses (Syntrichia laevipila) au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

On trouvera au tableau 2 (colonne B) les facteurs limitatifs et menaces s’appliquant à chacune des populations connues de Syntrichia laevipila. La récolte et l’élagage des arbres peuvent menacer les populations situées dans des terrains privés. Cependant, comme les gens sont de plus en plus sensibilisés à l’importance écologique du chêne de Garry et que cette sensibilisation est appuyée par la réglementation de certaines municipalités, l’abattage des chênes de Garry est désormais fortement restreinte. De plus, plusieurs des sites connus de la mousse se trouvent dans des zones protégées où l’abattage des chênes est interdit. Une menace plus grave pour le S. laevipila, dans toute son aire de répartition, est l’absence généralisée de recrutement chez le chêne de Garry, y compris dans certaines zones protégées. Les arbres matures de cette espèce sont actuellement communs à Victoria, mais peu de signes indiquent que les effectifs pourraient se maintenir à long terme, puisqu’on élimine souvent les jeunes chênes, à tout le moins dans de nombreux terrains privés. Dans d’autres secteurs, comme la réserve écologique du mont Maxwell, à l’île Salt Spring, les chênes relativement vieux sont abondants, mais il y a très peu de recrutement, à cause du broutage par les moutons et les chèvres retournés à l’état sauvage et par les cerfs mulets. Cependant, la situation s’améliore depuis qu’on a entrepris de retirer les moutons et les chèvres. Comme le S. laevipila ne pousse que sur les vieux chênes, l’absence de recrutement chez le chêne de Garry demeure très préoccupante pour la mousse.

Tableau 2. Habitat et caractéristiques générales des populations connues de Syntrichia laevipila en
Colombie-Britannique (On trouvera au tableau 1 des renseignements supplémentaires sur ces populations.)
A
Population
B
Facteurs limitatifs et menaces
C
Situation et tendance de l’habitat
D
Taille et tendance de la population
E
Protection et propriété
1B, C, D, EA, BA (1,0), Brue municipale
2C, D, EA, BA (1,0), Bbibliothèque municipale
3B, C, DA, BC (<0,01), Bterrain privé
4DA, BB (0,03), Bparc municipal
5B, C, D, EA, BA (0,5), Brue municipale
6C, D, EA, BB (0,2), Bparc municipal
7C, D, EA, BA (0,3), Bparc municipal
8C, D, EA, BA (0,1), Bparc municipal
9C, D, EA, BB (0,2), Bparc municipal
10C, D, EA, BB (0,06), Bparc municipal
11C, D, EA, BB (0,3), Bpropriété municipale ?
12C, D, EA, BA (2,6), Brue municipale
13C, D, EA, BB (0,8), BUniversité de Victoria
14C, D, EA, BA (0,6), Bparc municipal
15C, D, EA, BA (1,8), Brue municipale
16C, D, EA, BA (0,1), Bcentre de loisirs municipal
17C, D, EA, BA (0,6), Bparc municipal
18C, D, EA, BA (0,7), Bécole municipale
19C, D, EA, BA (1,8), Bterrain privé
20C, D, EA, BB (0,4), Brue municipale
21C, D, EA, BC (< 0,01), Brue municipale
22AA, BC (0,06), Bparc régional
23C, D, EA, BB ( <0,02), Bréserve écologique
24C, D, EA, BB (0,05), Bparc municipal
25C, D, EA, BB (0,03), Bparc municipal
26CA, B?réserve
27AA, B?réserve écologique
28????
29????
30CA, AC(<0,02), Aparc régional
31C, D, EA, BA (1,8), Bparc municipal

Notes (dans tous les cas, le « ? » signifie « inconnu » ou « incertain ».) :

  1. Dans la colonne B, le A indique l’absence de facteur limitatif ou menace observables, le B indique qu’il y a récolte d’arbres ou de branches, le C indique qu’il n’y a aucun recrutement de chênes, le D indique qu’il y a possibilité de pollution de l’air, notamment par les automobiles, et le E indique qu’il y a perturbations anthropiques, incluant celles dues aux chiens.
  2. Dans la colonne C, la première lettre indique la situation de l’habitat (écorce des arbres uniquement), où A signifie une absence de perturbation observable, B signifie une perturbation modérée, et C signifie une forte perturbation, tandis que la deuxième lettre indique latendance de l’habitat, où A signifie une amélioration, B signifie une stabilité, et C signifie une dégradation.
  3. Dans la colonne D, la première lettre indique la taille de la population, où A signifie qu’il y a plus de 20 touffes, B, 5 à 20 touffes, et C, moins de 5 touffes. La superficie approximative de la population, en , est donnée entre parenthèses; cette superficie comprend habituellement d’autres bryophytes ainsi que de l’écorce nue. La deuxième lettre indique la tendance de la population, où A signifie un accroissement possible, B, une apparente stabilité, et C signifie un déclin possible.

La pollution de l’air pourrait également menacer les populations de Syntrichia laevipila à l’intérieur ou à proximité des centres urbains, mais cette menace est improbable, car ces secteurs sont exposés à des brises marines qui renouvellent l’air. Au Royaume-Uni, Adams et Preston (1992) ont remarqué que le S. laevipila semble être parmi les mousses les plus sensibles à la pollution atmosphérique, et les plus endommagées par celle-ci. Plusieurs chercheurs, dont Sim-Sim et al. (2000), ont montré que le S. laevipila est également sensible à la pollution de l’air dans d’autres régions d’Europe. Au Canada, plusieurs des sites connus de la mousse se trouvent à proximité de routes; les rejets polluants des automobiles pourraient donc nuire à certaines populations, mais cela reste à démontrer.

Certains propriétaires enlèvent les mousses et lichens des chênes poussant sur leur terrain, ce qui constitue sans doute une menace mineure. Des dégâts peuvent également survenir dans les parcs, à la base des chênes, à cause de la lutte contre les mauvaises herbes et de l’entretien régulier des pelouses.