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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tortule à poils lisses (Syntrichia laevipila) au Canada

Évaluation et
Rapport de situation du COSEPAC
sur la
tortule à poils lisses
Syntrichia laevipila
au Canada

tortule à poils lisses

Espèce préoccupante 2004

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC

Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante.

COSEPAC. 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tortule à poils lisses (Syntrichia laevipila) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa. vi + 25 p.

Note de production :

Le COSEPAC remercie Terry T. McIntosh, qui a rédigé le rapport sur la situation de la tortule à poils lisses (Syntrichia laevipila) au Canada. René Belland, coprésident (mousses et lichens) du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a supervisé la préparation du rapport et en a révisé la version finale.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684

Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Twisted Oak Moss Syntrichia laevipila in Canada.

Illustration de la couverture :

Tortule à poils lisses – photographie de  W. Miles (2002).

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004

PDF : CW69-14/402-2004F-PDF
ISBN 0-662-77135-4
HTML : CW69-14/402-2004F-HTML
ISBN 0-662-77136-2

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2004

Nom commun : Tortule à poils lisses

Nom scientifique : Syntrichia laevipila

Statut : Espèce préoccupante

Justification de la désignation : Il s'agit d'une petite espèce de mousse qui se trouve allant vers le sud, de la Colombie-Britannique et de l’État de Washington, jusqu’en Californie. Les populations canadiennes sont à la limite nord de l’aire de répartition dans l’ouest de l’Amérique du Nord, et au Canada, l’espèce a une répartition restreinte où elle se trouve dans le sud-est de l’île de Vancouver et les îles Gulf. L’espèce est connue à 25 sites où elle est limitée à l’écorce des arbres, plus particulièrement les chênes de Garry. Cette espèce ne domine jamais à l’endroit où elle pousse, et elle n’est pas non plus commune dans les grands peuplements de chênes. Beaucoup des populations connues sont situées dans des zones protégées. La principale menace à l’espèce est la disparition des chênes de Garry matures, ce qui aurait comme résultat la disparition du pays de la plupart des populations de cette espèce.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en mai 2004. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Tortule à poils lisses
Syntrichia laevipila

Information sur l’espèce

Le Syntrichia laevipila est une très petite mousse acrocarpe qui pousse en touffes sur l’écorce exposée des arbres. Le genre Syntrichia réunit des mousses relativement grandes dont les feuilles sont habituellement entières, ligulées à spatulées ainsi que terminées par une arête. Le Syntrichia laevipila compte deux variétés, var. laevipila et var. meridionalis, qui se distinguent par certains caractères des feuilles ainsi que par l’absence ou présence de gemmules. En Colombie-Britannique, le S. laevipila var. laevipila peut être confondu avec les petits individus de l’espèce S.princeps.

Répartition

Le Syntrichia laevipila a une répartition mondiale vaste mais éparpillée. L’espèce se rencontre dans le sud de l’Amérique du Sud, en Europe, en Asie, en Afrique du Nord et dans l’ouest de l’Amérique du Nord. En Amérique du Nord, l’espèce se rencontre dans la zone côtière en Colombie-Britannique et davantage à l’intérieur des terres dans l’État de Washington, en Oregon et en Californie. Dans la zone côtière de Colombie-Britannique, l’aire de répartition est relativement restreinte, l’espèce étant limitée aux chênaies de Garry de l’île de Vancouver, depuis le sud de l’île jusqu’aux environs de Nanaimo.

Habitat

En Colombie-Britannique, le Syntrichia laevipila ne pousse que sur l’écorce des arbres, particulièrement celle du chêne de Garry. La plupart des populations se trouvent sur l’écorce exposée d’arbres poussant en terrain dégagé dans des régions à étés secs doux à très chauds et à hivers humides frais à froids. Dans la plupart des cas, l’habitat de l’espèce semble stable et non perturbé. On craint pour les populations urbaines ou situées dans des secteurs où il ne reste que de vieux chênes, car il n’y pratiquement aucun remplacement de ces arbres. Environ la moitié des populations canadiennes de S. laevipila sont situées dans des parcs ou des réserves écologiques, où elles sont protégées contre l’abattage des arbres et le développement.

Biologie

Le Syntrichia laevipila est une mousse acrocarpe qui pousse en petites touffes sur l’écorce des arbres, surtout celle du chêne de Garry. Il se reconnaît le plus facilement à son habitat ainsi qu’à sa taille minuscule. En Colombie-Britannique, la variété laevipila produit assez fréquemment des sporophytes et des spores.

Taille et tendances des populations

La plupart des populations canadiennes de Syntrichia laevipila semblent être en bon état et stables, mais il n’existe aucune information précise sur leurs tendances.

Facteurs limitatifs et menaces

Les facteurs limitatifs et menaces auxquels est exposé le Syntrichia laevipila comprennent la récolte d’arbres ou de branches, le risque de mortalité des vieux chênes de Garry servant d’hôtes, le faible taux de recrutement chez ces arbres et peut-être aussi la pollution atmosphérique ainsi que les perturbations anthropiques.

Importance de l’espèce

Les populations canadiennes de Syntrichia laevipila se trouvent à la limite nord de la répartition de l’espèce en Amérique du Nord. De plus, l’espèce est caractéristique de la chênaie de Garry, un des écosystèmes indigènes les plus menacés au Canada.

Protection actuelle et autres désignations

Aucune loi, réglementation, règle coutumière ou circonstance particulière ne protège actuellement le Syntrichia laevipila. À l’échelle mondiale, on présume que chacune des deux variétés de l’espèce est vulnérable ou peut-être hors de danger. En Colombie-Britannique, elles figurent sur la liste rouge.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2004)

Espèc
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du pays (DP)*
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)**
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)***
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)****
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)*****
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

*Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
*****Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique : Syntrichia laevipila Brid.
Synonyme : Tortula laevipila (Brid.) Schwaegr.
Nom français : tortule à poils lisses
Nom anglais : twisted oak moss
Famille : Pottiacées
Grand groupe végétal : Mousses (Musci)

La famille des Pottiacées est grande et diversifiée, mais un grand nombre de ses espèces ne poussent que dans des milieux secs. La famille présente des difficultés sur le plan taxinomique et a récemment fait l’objet d’une révision en profondeur (Zander, 1993), qui a notamment entraîné le déplacement de plusieurs espèces du genre Tortula vers le genre Syntrichia. Ce dernier réunit des mousses relativement grandes dont les feuilles sont généralement entières, aristées (terminées par une arête), ligulées à spatulées, tortillées à l’état sec. Le sporophyte (génération produisant les spores) des Syntrichia possède une longue soie, une capsule (sporange) longue, cylindrique et souvent courbée ainsi qu’un péristome (couronne d’appendices ressemblant à des dents et bordant l’orifice de la capsule) haut, bien développé et souvent muni d’une membrane basilaire (Zander, 1993; ce document justifie le regroupement sous le genre Syntrichia d’espèces qui avaient été classées dans le genre Tortula, auparavant polyphylétique). Les espèces de Syntrichia étroitement apparentées sont souvent difficiles à distinguer, à cause de leur tendance inhérente à varier selon l’environnement et du caractère plutôt subtil de leurs différences morphologiques.

Il existe au Canada 10 espèces de Syntrichia (Ireland et al., 1987, qui énumèrent ces espèces sous le genre Tortula). Parmi ces espèces, huit se rencontrent en Colombie-Britannique, et seulement une, le S. princeps (de Not.) Mitt., est commune dans des milieux semblables aux habitats du S. laevipila; cependant, le S. ruralis pousserait aussi à l’occasion dans de tels milieux (W.B. Schofield, comm. pers., 2002).

Le Syntrichia laevipila compte deux variétés :

  1. chez la variété laevipila,les feuilles portent une arête distincte, et la plante ne produit pas de gemmules (organes de reproduction asexuée);
  2. chez la variété meridionalis, nombre des feuilles ne portent pas d’arête bien développée, la plante produit des gemmules en abondance aux aisselles des feuilles supérieures, et les feuilles sont souvent érodées, ce qui les fait paraître en mauvais état par rapport à celles de la variété laevipila.

Selon Merrifield (2000), les deux variétés poussent souvent ensemble en Oregon, mais les populations renfermant une seule des variétés semblent aussi communes. Dans quelques-unes des populations de Colombie-Britannique, on trouve des individus de forme intermédiaire. En se fondant sur l’examen de nombreux spécimens et sur les données de Merrifield (2000), le rédacteur du présent rapport estime que ni l’une ni l’autre des formes ne mérite d’être considérée comme une variété; le Syntrichia laevipila var. meridionalis semble n’être qu’une forme associée à des conditions peu favorables, comme le montrent ses feuilles érodées, et parfois aux microhabitats les plus exposés. Dans le cadre de son étude approfondie des populations de S. laevipila poussant en Oregon sur le chêne de Garry (Quercus garryana Dougl. ex Hook.), Merrifield (2000) a remarqué que les bryophytes subissent dans de nombreuses localités un broutage intense, probablement par les insectes et peut-être par les limaces. Cette chercheuse a aussi constaté que la présence du S. laevipila var. meridionalis est souvent associée à un broutage intensif, bien que ce ne soit pas toujours le cas. Wynne Miles (comm. pers., 2000) a constaté qu’une chenille non identifiée avait brouté plusieurs tiges dans un de ses spécimens de S. princeps.

En Colombie-Britannique, le Syntrichia laevipila var. laevipila peut être confondu avec les petits individus de l’espèce S. princeps (dont les grands individus de plus de 1 cm sont faciles à distinguer du S. laevipila). Un examen minutieux permet de distinguer les deux espèces au moyen des caractères suivants :

  1. la grandeur et la forme des feuilles – celles du S. princeps sont rarement aussi petites que celles du S. laevipila var. laevipila, dont les feuilles sont en outre habituellement davantage rétrécies à mi-longueur;
  2. la marge des feuilles, qui est davantage récurvée près de la base chez le S. princeps;
  3. la répartition des organes sexuels – le S. princeps est souvent synoïque (organes mâles et femelles réunis dans une même structure), alors que le S. laevipila est autoïque (organes mâles apparaissant sur des rameaux minuscules disposés le long de la tige supérieure, plus bas que les organes femelles);
  4. le nombre de couches de cellules présentes au-dessus des cellules-guides (grandes cellules centrales de la nervure des feuilles) – chez le S. princeps, il y a généralement deux de ces couches de cellules, alors que chez le S. laevipila il y en a seulement une, ou rarement deux (Lawton, 1971; Kramer, 1980).

Le Syntrichia laevipila peut aussi être confondu avec le S. ruralis, mais ce dernier n’a pas été trouvé dans le cadre de la présente étude. À l’état mouillé, chez les petits individus de cette espèce, les feuilles sont plus squarreuses (repliées vers l’arrière) que chez le S. laevipila, et la marge des feuilles est généralement plus récurvée.

À l’échelle mondiale, la taxinomie du Syntrichia laevipila est complexe, notamment en rapport avec une espèce étroitement apparentée, le S. pagorum Milde (Crum et Anderson, 1981).

Description

La présente description a été établie à partir de celles de Steere (1939) et de Lawton (1971) principalement, ainsi que d’observations personnelles de T.T. McIntosh.

Le Syntrichia laevipila est une mousse acrocarpe (produisant ses organes femelles et ses sporophytes au bout des tiges principales) qui pousse en petites touffes sur l’écorce exposée des arbres. Il se reconnaît le plus facilement à son habitat ainsi qu’à sa taille minuscule : c’est une des plus petites espèces du genre Syntrichia, la hauteur de ses tiges étant habituellement bien inférieure à 0,5 cm. Les feuilles sont oblongues à spatulées, tortillées à l’état sec, étalées et légèrement récurvées à l’état humide. Selon Lawton (1971), les feuilles mesureraient de 2 à 3,5 mm de longueur; cependant, chez les populations canadiennes, elles dépassent rarement 2 mm. La marge des feuilles est généralement plane, mais souvent un peu récurvée à mi-longueur. Chez la variété laevipila, la nervure de la feuille est excurrente, formant une arête hyaline, lisse à dentée (figure 1). Cette arête est nulle ou très courte chez la variété meridionalis, qui se distingue en outre par la présence, à l’aisselle des feuilles supérieures, de petites gemmules foliacées pourvues d’une nervure et généralement longues d’environ 0,4 mm (figure 2). Les cellules médianes et supérieures de la feuille sont isodiamétriques à courtement rectangulaires, mesurent de 10 à 16 µm de diamètre et sont couvertes de petites papilles (protubérances superficielles). Chez certains spécimens récoltés aux États-Unis, les feuilles présentent une bordure distincte constituée de quelques rangs de cellules à parois épaisses, mais aucun des spécimens examinés pour le présent rapport ne présentait ce caractère. Les cellules basales de la feuille sont allongées, lisses et hyalines.

Le Syntrichia laevipila est autoïque; les anthéridies (organes mâles) et les archégones (organes femelles) sont donc produits par la même plante. Les périgones, qui renferment les anthéridies, se trouvent sur de courts rameaux, plus bas que les périchèzes, qui renferment les archégones. Les bractées du périgone sont petites et ovées, et leur sommet est généralement replié vers le bas. La capsule du S. laevipila est cylindrique, droite ou légèrement courbée, longuement exserte. Le péristome est long et tortillé et possède une membrane basilaire distincte. Les spores sont papilleuses et mesurent de 9 à 16 µm de diamètre.

On trouvera des clés d’identification et des illustrations supplémentaires dans Steere (1939), Savicz-Ljubitzkaja et Smirnova (1970, en russe, avec clés seulement puisque l’illustration semble être celle d’un S. pagorum), Lawton (1971) ainsi que Smith (1989).

Figure 1. Feuille de Syntrichia laevipila var. laevipila (W. Miles, 2002).

Figure 1. Feuille de Syntrichia laevipila var. laevipila (W. Miles, 2002).

Figure 2. Touffe de Syntrichia laevipila var. meridionalis, avec gemmules et feuilles érodées (W. Miles, 2002).

Figure 2. Touffe de Syntrichia laevipila var. meridionalis, avec gemmules et feuilles érodées (W. Miles, 2002).

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Répartition

Répartition mondiale

Le Syntrichia laevipila a une répartition mondiale vaste mais éparpillée. L’espèce se rencontre dans le sud de l’Amérique du Sud, en Europe, en Asie, en Afrique du Nord et dans l’ouest de l’Amérique du Nord (Harpel, 1997; Smith, 1989). Les spécimens d’Australie et de Nouvelle-Zélande portant le nom de S. laevipila et déposés à l’herbier de la University of British Columbia (UBC) ne semblent pas appartenir à cette espèce; il faudrait un examen plus approfondi pour pouvoir confirmer la présence de l’espèce dans ces pays. Cette répartition mondiale changera probablement lorsqu’un examen taxinomique approfondi de l’espèce aura été réalisé.

En Amérique du Nord, la répartition du Syntrichia laevipila suit essentiellement celle d’un écosystème de l’ouest du continent, la chênaie de Garry. La mousse se rencontre dans la zone côtière en Colombie-Britannique et davantage à l’intérieur des terres dans l’État de Washington, en Oregon et en Californie (figure 3). Harpel (1997) a récolté six fois le S. laevipila var. laevipila et huit fois le S.laevipila var. meridionalis dans diverses localités de la partie ouest des îles San Juan, à moins de 20 km des sites connus de Colombie-Britannique. En Oregon, l’espèce semble être plus commune qu’on le pensait (Merrifield, 2000).

Selon NatureServe Explorer (2002), le Syntrichia laevipila var. laevipila (sous le nom de Tortula laevipila) est fréquent dans la plus grande partie de la Grande-Bretagne et de l’Irlande, mais rare dans le nord de l’Écosse, et est également présent en Europe continentale, dans l’ouest, le centre et l’est de l’Asie, en Algérie, au Maroc, aux Canaries, aux Açores, en Amérique du Nord, dans le sud de l’Amérique du Sud ainsi qu’en Australie.

Figure 3. Répartition du Syntrichia laevipila en Amérique du Nord.

Figure 3. Répartition du Syntrichia laevipila en Amérique du Nord

Répartition canadienne

Au Canada, l’aire de répartition du Syntrichia laevipila est relativement restreinte, étant limitée à la zone côtière de Colombie-Britannique, plus exactement aux chênaies de Garry de l’île de Vancouver, depuis le sud de l’île jusqu’aux environs de Nanaimo (figure 4). Elle est surtout commune dans la région de Victoria, qui compte de nombreuses populations réparties entre plusieurs localités, dont Oak Bay, Saanich, North Saanich, le mont Beacon et le mont Tolmie (on trouvera au tableau 1 une liste des populations et sites connus). À l’extérieur de la région de Victoria, l’espèce est peu commune et se rencontre dans seulement quelques localités, depuis la baie Pedder, à l’ouest de Victoria, jusqu’aux environs de Nanaimo. L’espèce a aussi été signalée dans deux des îles Gulf, soit l’île Salt Spring et l’île Galiano. Bien que le Syntrichia laevipila soit répandu dans la région de Victoria, il n’est jamais une espèce dominante sur l’écorce du chêne de Garry, et il n’est pas commun dans les grandes chênaies. Ryan (1996) mentionnait la présence de l’espèce aux îles de la Reine-Charlotte, mais on a découvert par la suite que cette mention était fondée sur une erreur d’identification.

Miles (2001) a entrepris à Victoria une étude sur la répartition et la situation du Syntrichia laevipila var. meridionalis, parrainée par le British Columbia Conservation Data Centre. Cette étude était approfondie mais ne portait que sur la variété meridionalis. Miles n’a pas recherché ni récolté la variété laevipila, outre quelques spécimens recueillis par inadvertance. Elle a cependant pu montrer que la variété meridionalis est relativement répandue dans la chênaie de Garry de la zone côtière de Colombie-Britannique. D’ailleurs, les travaux de terrain réalisés pour le présent rapport ont montré que cette variété est la plus commune des deux au Canada.

Miles a examiné environ 1 200 chênes de Garry dans toute l’aire de répartition de cet arbre dans l’île de Vancouver et les îles Gulf. Elle a trouvé le Syntrichia laevipila sur 66 de ces arbres, soit environ 5 p.100 des chênes examinés. Elle a également examiné une vingtaine d’arbres appartenant à d’autres espèces, principalement l’érable à grandes feuilles (Acer macrophyllum), mais n’y a trouvé la mousse qu’une fois (sur un érable, population  39). En plus de l’examen des populations connues de la région de Victoria, T. McIntosh a examiné environ 400 chênes qui n’avaient pas été examinés par Miles; ces arbres se trouvaient principalement près de Duncan et de Nanaimo ainsi qu’à l’île Salt Spring, c’est-à-dire dans des secteurs situés en périphérie de l’aire connue de la mousse, et il a trouvé celle-ci sur trois des chênes. Il a également examiné des arbres poussant en terrain dégagé mais appartenant à d’autres espèces, notamment l’érable à grandes feuilles, mais sans y consacrer autant d’effort que pour le chêne de Garry; il n’a trouvé aucun S. laevipila sur ces arbres.

Les travaux de terrain de T. McIntosh ont permis de confirmer 25 sites du Syntrichia laevipila, dont un grand nombre, comme nous le signalions, sont regroupés aux environs de Victoria. La mousse a également été recherchée dans des chênaies de Garry situées au nord de Victoria, mais la présence de la mousse n’a pu y être confirmée qu’à l’île Salt Spring.

Figure 4. Répartition du Syntrichia laevipila au Canada.

Figure 4. Répartition du Syntrichia laevipila au Canada

 

Tableau 1. Information sur les populations de Syntrichia laevipilaLe ou les numéros indiqués entre parenthèses à la suite de chaque numéro de population sont ceux des spécimens examinés pour le présent rapport. Ces spécimens sont énumérés dans la section « Spécimens examinés » ou, si leur numéro commence par « VC », il s’agit de spécimens conservés au Royal British Columbia Museum, à Victoria. L’astérisque (*) indique que la mousse a été observée sur le terrain mais n’a pas été récoltée, parce que le matériel était trop peu abondant.
Numéro de la populationLocalitéAnnées de visiteConfirmation en 2002
1 (1, VC011968)Oak Bay, Victoria2001/2002
oui
2 (VC011967)Oak Bay, Victoria2001/2002
oui
3 (VC011966)Oak Bay, Victoria2002/2003
oui
4 (VC011965)Saanic2001/2002
oui
5 (VC011964)Oak Bay, Victoria2001/2002
oui
6 (VC011963)Oak Bay, Victoria2001/2002/2003
oui
7 (2, 3)Victoria2001/2002
oui
8 (VC011962)Saanich2001
non visitée en 2002
9 (VC011961)Victoria2001/2002
oui
10 (VC011960)Saanich2001
oui
11 (VC011959)Saanich2002
oui
12 (VC011958)Saanich2002
oui
13 (VC011957)Saanich2002/2003
oui
14 (VC011956)Saanich2002
oui
15 (VC011955)Langford2002
oui
16 (VC011954)Colwood2002
oui
17 (VC011953)Victoria2002
oui
18 (VC011952)Esquimalt2002
oui
19 (VC011951)Victoria2002/2003
oui
20 (VC011950)Saanich2002
oui
21 (VC011948)North Saanich2002
oui
22*Île Galiano2002
non
23 (VC011949)Île Salt Spring2002
oui
24*Saanich2002
oui
25*Saanich2002/2003
oui
26 (8)Duncan2001
non
27 (4)Duncan 
non
28 (5)Baie Pedder2001
non visitée en 2002
29 (6)Mont Nanoose2001
non
30 (7)Île Salt Spring2001/2002
oui
31 (9,10)Victoria2003
oui


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Habitat

Besoins de l’espèce

En Colombie-Britannique, le Syntrichia laevipila ne pousse que sur l’écorce des arbres, particulièrement celle du chêne de Garry. La mousse semble surtout commune sur le tronc des arbres, mais elle se rencontre également sur leur base ainsi que leurs branches supérieures. Des études récentes ont montré que l’espèce pousse aussi sur l’érable à grandes feuilles, dans la région de Victoria, mais il se peut que cet habitat soit inhabituel au Canada. De plus, l’érable à grandes feuilles est caractéristique de milieux plus mésiques et n’est pas commun dans les terrains dégagés que privilégie le chêne de Garry. La plupart des populations de Syntrichia laevipila se trouvent sur l’écorce exposée d’arbres poussant en terrain dégagé dans des régions à étés secs doux à très chauds et à hivers humides frais à froids. Aux États-Unis, la mousse se rencontre également sur le chêne de Garry ainsi qu’à l’occasion sur d’autres arbres, notamment l’érable à grandes feuilles (Harpel, 1997). Merrifield (2000) décrit en détail l’habitat de l’espèce en Oregon et note qu’elle est commune uniquement sur les versants les plus secs des chênaies de Garry. Merryfield (2000) note également que la variété meridionalis se rencontre à des altitudes plus basses (moins de 100 m) que la variété laevipila (jusqu’à environ 200 m).

Le Syntrichia laevipila pousse rarement en mélange avec d’autres mousses ou avec des lichens, ce qui pourrait indiquer que sa capacité de concurrencer les autres épiphytes est faible.

Tendances

Dans la plupart des cas, l’habitat de l’espèce semble stable (tableau 2, colonne C) et non perturbé pour ce qui est des arbres où elle pousse (cependant, l’habitat des arbres eux-mêmes est souvent très perturbé, puisqu’ils se trouvent sur des pelouses ou au bord de chemins). On craint pour les populations urbaines ou situées dans des secteurs où il ne reste que de vieux chênes. Comme il n’y a pratiquement aucun jeune chêne pour remplacer ceux-ci, les populations de Syntrichia laevipila se trouvent condamnées à disparaître avec les arbres qui les portent. Aux Pays-Bas, l’élimination massive des ormes (Ulmus spp.) par une maladie a grandement réduit le nombre de populations deS. laevipila (van Zanten, 1992). Une telle mortalité pourrait survenir dans le cas du chêne de Garry en Colombie-Britannique, puisque l’encre des chênes rouges a tué beaucoup de chênes en Californie et dans le sud de l’Oregon, où elle épargne encore cependant le chêne de Garry.

Protection et propriété des terrains

Environ la moitié des sites canadiens du Syntrichia laevipila sont situés dans des parcs ou des réserves écologiques et sont donc protégés contre l’abattage des arbres et le développement. Dans les autres sites, les arbres hôtes poussent le long de rues ou dans des terrains privés. Dans six municipalités, l’abattage du chêne de Garry est interdit ou fait l’objet de restrictions.

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Biologie

Généralités

Le Syntrichia laevipila est une mousse acrocarpe qui pousse en petites touffes sur l’écorce des arbres, surtout celle du chêne de Garry. Il se reconnaît le plus facilement à son habitat ainsi qu’à sa taille minuscule.

Reproduction et dispersion

En Colombie-Britannique, le Syntrichia laevipila var. laevipila produit assez fréquemment des sporophytes et des spores. Les spores sont dispersées par le vent ou par l’eau qui coule à la surface de l’écorce, mais on ne dispose d’aucune information sur la distance de dispersion des spores ni sur leurs taux de viabilité ou de germination. Les gemmules servant à la multiplication asexuée constituent sans doute un moyen de dispersion important, à tout le moins à faible distance et quand les conditions du milieu sont difficiles (Merrifield, 2000; Studlar et al., 1984). Miles (comm. pers., 2002) a réussi à cultiver des gemmules de S. laevipila sur agar et à transplanter les jeunes plantes sur de l’écorce de chêne, sur son terrain, à Victoria. Certains des sujets transplantés ont survécu deux ans.

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Taille et tendances des populations

On trouvera au tableau 2 (colonne D) de l’information générale sur la taille et les tendances des populations canadiennes de Syntrichia laevipila. La plupart de celles-ci semblent être en bon état et stables, mais il n’existe aucune information précise sur leurs tendances. De plus, on ne dispose d’aucune information détaillée sur les populations voisines se trouvant aux États-Unis.

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Facteurs limitatifs et menaces

On trouvera au tableau 2 (colonne B) les facteurs limitatifs et menaces s’appliquant à chacune des populations connues de Syntrichia laevipila. La récolte et l’élagage des arbres peuvent menacer les populations situées dans des terrains privés. Cependant, comme les gens sont de plus en plus sensibilisés à l’importance écologique du chêne de Garry et que cette sensibilisation est appuyée par la réglementation de certaines municipalités, l’abattage des chênes de Garry est désormais fortement restreinte. De plus, plusieurs des sites connus de la mousse se trouvent dans des zones protégées où l’abattage des chênes est interdit. Une menace plus grave pour le S. laevipila, dans toute son aire de répartition, est l’absence généralisée de recrutement chez le chêne de Garry, y compris dans certaines zones protégées. Les arbres matures de cette espèce sont actuellement communs à Victoria, mais peu de signes indiquent que les effectifs pourraient se maintenir à long terme, puisqu’on élimine souvent les jeunes chênes, à tout le moins dans de nombreux terrains privés. Dans d’autres secteurs, comme la réserve écologique du mont Maxwell, à l’île Salt Spring, les chênes relativement vieux sont abondants, mais il y a très peu de recrutement, à cause du broutage par les moutons et les chèvres retournés à l’état sauvage et par les cerfs mulets. Cependant, la situation s’améliore depuis qu’on a entrepris de retirer les moutons et les chèvres. Comme le S. laevipila ne pousse que sur les vieux chênes, l’absence de recrutement chez le chêne de Garry demeure très préoccupante pour la mousse.

Tableau 2. Habitat et caractéristiques générales des populations connues de Syntrichia laevipila en
Colombie-Britannique (On trouvera au tableau 1 des renseignements supplémentaires sur ces populations.)
A
Population
B
Facteurs limitatifs et menaces
C
Situation et tendance de l’habitat
D
Taille et tendance de la population
E
Protection et propriété
1B, C, D, EA, BA (1,0), Brue municipale
2C, D, EA, BA (1,0), Bbibliothèque municipale
3B, C, DA, BC (<0,01), Bterrain privé
4DA, BB (0,03), Bparc municipal
5B, C, D, EA, BA (0,5), Brue municipale
6C, D, EA, BB (0,2), Bparc municipal
7C, D, EA, BA (0,3), Bparc municipal
8C, D, EA, BA (0,1), Bparc municipal
9C, D, EA, BB (0,2), Bparc municipal
10C, D, EA, BB (0,06), Bparc municipal
11C, D, EA, BB (0,3), Bpropriété municipale ?
12C, D, EA, BA (2,6), Brue municipale
13C, D, EA, BB (0,8), BUniversité de Victoria
14C, D, EA, BA (0,6), Bparc municipal
15C, D, EA, BA (1,8), Brue municipale
16C, D, EA, BA (0,1), Bcentre de loisirs municipal
17C, D, EA, BA (0,6), Bparc municipal
18C, D, EA, BA (0,7), Bécole municipale
19C, D, EA, BA (1,8), Bterrain privé
20C, D, EA, BB (0,4), Brue municipale
21C, D, EA, BC (< 0,01), Brue municipale
22AA, BC (0,06), Bparc régional
23C, D, EA, BB ( <0,02), Bréserve écologique
24C, D, EA, BB (0,05), Bparc municipal
25C, D, EA, BB (0,03), Bparc municipal
26CA, B?réserve
27AA, B?réserve écologique
28????
29????
30CA, AC(<0,02), Aparc régional
31C, D, EA, BA (1,8), Bparc municipal

Notes (dans tous les cas, le « ? » signifie « inconnu » ou « incertain ».) :

  1. Dans la colonne B, le A indique l’absence de facteur limitatif ou menace observables, le B indique qu’il y a récolte d’arbres ou de branches, le C indique qu’il n’y a aucun recrutement de chênes, le D indique qu’il y a possibilité de pollution de l’air, notamment par les automobiles, et le E indique qu’il y a perturbations anthropiques, incluant celles dues aux chiens.
  2. Dans la colonne C, la première lettre indique la situation de l’habitat (écorce des arbres uniquement), où A signifie une absence de perturbation observable, B signifie une perturbation modérée, et C signifie une forte perturbation, tandis que la deuxième lettre indique latendance de l’habitat, où A signifie une amélioration, B signifie une stabilité, et C signifie une dégradation.
  3. Dans la colonne D, la première lettre indique la taille de la population, où A signifie qu’il y a plus de 20 touffes, B, 5 à 20 touffes, et C, moins de 5 touffes. La superficie approximative de la population, en , est donnée entre parenthèses; cette superficie comprend habituellement d’autres bryophytes ainsi que de l’écorce nue. La deuxième lettre indique la tendance de la population, où A signifie un accroissement possible, B, une apparente stabilité, et C signifie un déclin possible.

La pollution de l’air pourrait également menacer les populations de Syntrichia laevipila à l’intérieur ou à proximité des centres urbains, mais cette menace est improbable, car ces secteurs sont exposés à des brises marines qui renouvellent l’air. Au Royaume-Uni, Adams et Preston (1992) ont remarqué que le S. laevipila semble être parmi les mousses les plus sensibles à la pollution atmosphérique, et les plus endommagées par celle-ci. Plusieurs chercheurs, dont Sim-Sim et al. (2000), ont montré que le S. laevipila est également sensible à la pollution de l’air dans d’autres régions d’Europe. Au Canada, plusieurs des sites connus de la mousse se trouvent à proximité de routes; les rejets polluants des automobiles pourraient donc nuire à certaines populations, mais cela reste à démontrer.

Certains propriétaires enlèvent les mousses et lichens des chênes poussant sur leur terrain, ce qui constitue sans doute une menace mineure. Des dégâts peuvent également survenir dans les parcs, à la base des chênes, à cause de la lutte contre les mauvaises herbes et de l’entretien régulier des pelouses.

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Importance de l'espèce

Les populations canadiennes de Syntrichia laevipila se trouvent à la limite nord de la répartition de cette espèce en Amérique du Nord. De plus, l’espèce est caractéristique de la chênaie de Garry, un des écosystèmes indigènes les plus menacés au Canada. Une équipe spéciale, la Garry Oak Ecosystems Recovery Team (GOERT), a été chargée de trouver des moyens de contrer la disparition des chênaies de Garry en Colombie-Britannique. Des recherches sont en cours sur de nombreuses espèces rares de la chênaie de Garry, sur l’habitat de ces espèces et sur les moyens de rétablir ces espèces et ces habitats dans la zone côtière (Fuchs, 2001). Bien que le Syntrichia laevipila se soit révélé plus commun qu’on ne l’avait signalé auparavant, sa répartition canadienne demeure extrêmement restreinte.

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Protection actuelle ou autres désignations

Aucune loi, réglementation, règle coutumière ou circonstance particulière ne protège actuellement le Syntrichia laevipila. À l’échelle mondiale, on a attribué à chacune des deux variétés de l’espèce la cote G3G5T?, signifiant qu’on présume que ce sont des taxons « vulnérables » à « peut-être hors de danger ». En Colombie-Britannique, on leur a attribué la cote S1, et elles figurent sur la liste rouge (BC Conservation Data Centre, 2001; Ryan, 1996). En Norvège, l’espèce figure sur la liste rouge et a été jugée vulnérable par Timmermann (2001). En Oregon, le S. laevipila ne figure pas sur la Liste rouge actuelle selon J. Christy (comm. pers., 2002), mais ce dernier n’a trouvé que deux mentions de l’espèce et propose une cote G4S1, qui signifierait que l’espèce semble hors de danger à l’échelle mondiale mais est très fortement menacée (critically imperiled) à l’échelle de l’État. Cependant, selon les travaux de Merrifield (2000), il se peut que le S. laevipila soit assez commun en Oregon. NatureServe Explorer (2002) attribue à l’espèce la cote G3G5 à l’échelle mondiale.

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Résumé du rapport de situation

Le Syntrichia laevipila est une petite mousse dont la répartition canadienne est très restreinte, puisqu’elle ne pousse que dans le sud-est de l’île de Vancouver et aux îles Gulf, dans la zone côtière de Colombie-Britannique. La présence de l’espèce a été confirmée dans 25 localités. Les populations canadiennes sont situées à limite nord de la répartition de l’espèce dans l’ouest de l’Amérique du Nord, où le S. laevipila est présent depuis la Colombie-Britannique et l’État de Washington jusqu’à la Californie. L’espèce ne pousse que sur l’écorce des arbres, surtout celle du chêne de Garry, mais elle ne domine jamais les milieux où elle est présente, et elle n’est jamais commune dans les grandes chênaies. Bon nombre des populations connues sont protégées. La principale menace pour l’espèce est le vieillissement des populations de chêne de Garry, qui ne connaissent pratiquement aucun recrutement. La disparition du chêne de Garry entraînerait celle de la plupart des populations de S. laevipila.

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Résumé technique

Syntrichia laevipila

Tortule à poils lisses - Twisted oak moss

Répartition au Canada : Colombie-Britannique

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) : Environ 1 890 km²
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence d’occurrence (ordre de grandeur > 1)? Non
Superficie de la zone d’occupation (km²) ? < 20 km²
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)? Non
Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).31, dont 25 confirmées par des relevés récents, 4 non retrouvées et 2 non visitées en 2002.
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue). Inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur >1)? Non
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue). Stable – de nombreuses chênaies de Garry sont situées dans des zones protégées, et l’abattage du chêne de Garry est interdit dans 6 municipalités.

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population :  indiquer en années, en mois, en jours, etc.).Espèce vivace
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles). Au moins 305 individus (touffes)
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue. Inconnue. Cependant, la population risque de fortement décliner à mesure que mourront les vieux chênes. Le taux d’établissement des semis pouvant remplacer ces arbres semble très faible.
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte). Inconnu
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)? Non
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)? Oui
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin,
stable, en croissance, inconnue).
Inconnue. Cependant, chacune des populations semble saine.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur >1)? Non
Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune Voir tableau 1.

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Récolte des arbres, risque de mortalité des vieux chênes hôtes et faible taux d’établissement des semis.

Effet d’une immigration de source externe

Statut attribué à des populations d’ailleurs? États-Unis : Espèce présente au Washington, en Oregon et en Californie.
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Non
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre à l’endroit en question? Oui
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants à l’endroit en question? Oui
Probabilité d’un rétablissement à partir de populations de l’extérieur Inconnue

Analyse quantitative

Ne s’applique pas.

Autres statuts

Hors de danger à l’échelle mondiale; peut-être rare en Oregon

Sources d’information supplémentaires :L’effectif total du chêne de Garry dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique est estimé à plus de 100 000 tiges de tous âges. En posant que chaque arbre compte une seule tige, comme le Syntrichia laevipila qui a été observé sur 69 des quelque 1 600 arbres examinés, c’est-à-dire 4,3 p.100 de ces arbres, on peut à première vue estimer que l’espèce est présente sur environ 4 300 arbres. Cependant, comme la mousse ne pousse pas sur les jeunes arbres (inclus dans l’effectif de 100 000 tiges) et qu’elle semble avoir des exigences particulières en matière d’ombre (T. McIntosh, comm. pers., février 2004), l’effectif des arbres hôtes est certainement inférieur à 4 300.

La Garry Oak Ecosystems Recovery Team s’est intéressée au taux de recrutement du chêne de Garry. Malgré la diminution importante des chênaies dans le sud de l’île de Vancouver et les îles Gulf, cette équipe estime qu’il doit actuellement exister autant, sinon plus, de chênes de Garry dans le sud de l’île de Vancouver qu’il n’en existait autrefois, en raison du recrutement important résultant de l’absence d’incendies. Cependant, la plupart de ces arbres ne sont pas encore matures.

Selon Ted Lea et Marilyn Fuchs (B.C. Environment, comm. pers. à T. McIntosh, février 2004), les chênes sont en déclin dans les villes. Ils le seront encore plus dans l’avenir, à cause des craintes des propriétaires de maisons quant à la chute d’arbres ou de branches sur les gens ou les structures. Lea estime que 99 p. 100 de tous les chênes qui poussaient en sol profond (potentiel élevé de présence du S. laevipila) ont disparu des régions de Victoria et de Cowichan (T. Lea, comm. pers., 2004); dans de nombreux sites situés en ville à l’extérieur de parcs protégés (où la plupart des arbres poussent en milieu dégagé ou sur des affleurements rocheux et ont donc peu de chances d’héberger la mousse), il n’y a pratiquement aucune possibilité de régénération des arbres, car les semis sont tondus ou arrachés à la main. Comme la plupart des sites de S. laevipila se trouvent dans la région de Victoria (où environ un tiers des arbres où la mousse a été récoltée ne sont pas encore protégés), la menace est réelle.

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce préoccupante

Code alphanumérique : L’espèce satisfait aux critères d’espèce menacée aux termes de D2, mais a été désignée « espèce préoccupante » en raison du grand nombre de chênes de Garry qui pourraient lui servir d’hôte.

Justification de la désignation : Il s'agit d'une petite espèce de mousse qui se trouve de la Colombie-Britannique et de l’État de Washington en allant vers le sud jusqu’en Californie. Les populations canadiennes sont à la limite nord de l’aire de répartition dans l’ouest de l’Amérique du Nord, et au Canada, l’espèce a une répartition restreinte où elle se trouve dans le sud-est de l’île de Vancouver et les îles Gulf. L’espèce est connue à 25 sites où elle est limitée à l’écorce des arbres, plus particulièrement les chênes de Garry. Cette espèce ne domine jamais à l’endroit où elle pousse, et elle n’est pas non plus commune dans les grands peuplements de chênes. Beaucoup des populations connues sont situées dans des zones protégées. La principale menace à l’espèce est la disparition des chênes de Garry matures, ce qui aurait comme résultat la disparition du pays de la plupart des populations de cette espèce.

Application des critères

Critère A (Population totale en déclin) : L’espèce ne respecte pas les seuils de déclin fixés (aucun déclin n’a été signalé).

Critère B (Aire de répartition peu étendue, et déclin ou fluctuation) : L’espèce ne respecte pas les seuils de faible effectif (trop grand nombre de sites connus), de déclin et de fluctuation fixés.

Critère C (Petite population totale et déclin) : L’espèce satisferait aux critères d’espèce en voie de disparition aux termes de 2a(i), si on présume qu’elle connaîtra un déclin étant donné l’absence de recrutement chez le chêne de Garry dans certaines parties de son aire de répartition. Cependant, rien n’indique que le chêne de Garry connaîtra réellement en déclin.

Critère D (Très petite population ou répartition limitée) : L’espèce satisfait aux critères d’espèce menacée aux termes de D2.

Critère E (Analyse quantitative) : Non applicable.

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Remerciements

Wynne Miles a fourni une aide considérable tout au long du projet, en participant aux travaux de terrain, à la préparation des spécimens et des illustrations et à la révision du rapport. Wilf B. Schofield a fourni des observations très utiles.

La rédaction du présent rapport a été financée par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Ouvrages cités

Adams, K.J., et C.D. Preston. 1992. Evidence for the effects of atmospheric pollution on bryophytes from national and local recording, in Biological recording of changes in British wildlife, Harding, P.T. (éd.), ITE Symposium 26.

BC Species and Ecosystem Explorer. 2003. Victoria (Colombie-Britannique). http://srmapps.gov.bc.ca/apps/eswp/ (site web consulté en 2003).

Crum, H.A., et L.E. Anderson. 1981. Mosses of Eastern North America. Columbia University Press, New York. 2 volumes.

Fuchs, M.A. 2001. Towards a Recovery Strategy for Garry Oak and Associated Ecosystems in Canada: Ecological Assessment and Literature Review.Technical Report GBEI/EC-00-030. Environnement Canada, Service canadien de la faune, Région du Pacifique et du Yukon.

Harpel, J.A.S. 1997. The phytogeography and ecology of the mosses within the San Juan Islands, Washington State. Thèse de Ph.D., University of British Columbia, Vancouver (Colombie-Britannique).

Ireland, R.R., G.R. Brassard, W.B. Schofield et D.H. Vitt. 1987. Checklist of the mosses of Canada II. Lindbergia 13: 1-62.

Kramer, W. 1980. Tortula Hedw. Sect. Rurales De Not. (Pottiaceae, Musci) in der östlichen Holarktis. Bryophyt. Biblioth. 21. J. Cramer, Vaduz.

Lawton, E. 1971. Moss Flora of the Pacific Northwest. The Hattori Botanical Laboratory, Nichinan (Japon).

Merrifield, K. 2000. Bryophytes on isolated Quercus garryana trunks in urban and agricultural settings in the Willamette Valley, Oregon. The Bryologist 103(4): 720-724.

Miles, W. 2001. Rapport inédit, sans titre, présenté au Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique.

NatureServe Explorer: An Online Encyclopedia of Life. 2002. Version 1.6. Arlington (Virginie). (site web consulté en 2002).

Ryan, M.W. 1996. Bryophytes of British Columbia: rare species and priorities for inventory. Working Paper 12. Research Branch, B.C. Ministry of Forests, et Wildlife Branch, B.C. Ministry of Environment, Lands and Parks, Victoria (Colombie-Britannique). 100 p.

Savicz-Ljubitzkaja L.I., et Z.N. Smirnova. 1970. Manuel des mousses d’U.R.S.S. : les Acrocarpes [en russe]. Académie des sciences, Leningrad.

Sim-Sim, M., P. Carvahlo et C. Sergio. 2000. Cryptogamic epiphytes as indicators of air quality around an industrial complex in the Tagus Valley, Portugal. Factor analysis and environmental variables. Cryptogamie, Bryol. 21 (2): 153-170.

Smith, A.J.E. 1989. The Moss Flora of Britain and Ireland (2e éd.). Cambridge Univ. Press, Londres.

Steere, W.C. 1939. Pages 239-240, in A.J. Grout (éd.). Moss Flora of North America, North of Mexico, Vol. 1. Newfane (Vermont).

Studlar, S.M., J.D. Caponetti et A.J. Sharp. 1984. Morphology of the urban moss Tortula pagorum in sterile culture. J. Hatt. Bot. Lab. 56: 351-368.

Timmermann, V. 2001. Red list of threatened mosses in Norway. The bryophyte herbarium: The Natural History Museums and Botanical Garden, University of Oslo. (sites web disponibles en anglais seulement)

Van Zanten, B.O. 1992. Distribution of some vulnerable epiphytic bryophytes in the north of the province of Groningen, The Netherlands. Bio. Cons. 59: 205-209.

Zander, R.H. 1993. Genera of the Pottiaceae: Mosses of Harsh Environments. Bulletin of the Buffalo Society of Natural Sciences, Vol. 32, Buffalo.

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Terry McIntosh a obtenu un doctorat en 1986 pour une étude des bryophytes des steppes et prairies sèches de l’intérieur de la Colombie-Britannique. Depuis, il récolte activement les bryophytes dans de nombreuses régions de la province et dans les terrains secs du Washington voisin. Il est un des principaux botanistes chargés de l’identification des bryophytes récoltées dans le cadre des relevés gouvernementaux et privés effectués dans la province. Il a récemment rédigé des rapports sur 16 espèces rares de bryophytes pour le Ministry of Water, Land and Air Protection de la Colombie-Britannique ainsi que les rapports de situation du COSEPAC sur quatre espèces de mousses.

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Experts contactés

  • John A. Christy, Wetland Ecologist, Oregon Natural Heritage Program, Herbarium Research Associate, Oregon State University

  • W.B. Schofield, Professeur émérite, département de botanique, University of British Columbia, Vancouver

  • James R. Shevock, Associate Regional Director, Resources, Partnerships and Science, National Park Service, Pacific West, 1111 Jackson St., Suite 700, Oakland, CA 94607-4807

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Spécimens examinés

Les spécimens 1 à 6 sont conservés à l’herbier de la University of British Columbia (UBC), à Vancouver. Les spécimens 7 à 10 seront déposés dans cet herbier à une date ultérieure. Terry McIntosh a également confirmé l’identification d’un grand nombre de spécimens de Syntrichia laevipila var.meridionalis récoltés par Miles (2001) et déposés à l’herbier du Royal British Columbia Museum (VC), à Victoria. Ces spécimens ne sont pas énumérés dans la présente section, car cela allongerait inutilement le rapport, mais on trouvera des détails à leur sujet dans le tableau 1.

  1. Tortula laevipila (Brid.) Schwaegr. var. meridionalis (Schimp.) Wijk & Margad.

    Numéro de dépôt : B177600
    Localité de récolte : Oak Bay, Victoria, île de Vancouver
    Habitat : Zone urbaine, près d’un chemin, sur branches deQuercus garryana
    Récolté par : Wynne Miles
    Numéro de récolte : 37
    Date de récolte : 11 janvier 2001
    Identifié par : W.B. Schofield
    Id. confirmée par :
    T.T. McIntosh 2002

    Note : Un deuxième spécimen provenant de cette lo calité est conservé au Royal British Columbia Museum; # VC011968; ce spécimen a aussi été examiné.

  2. Tortula laevipila (Brid.) Shwaegr. var.meridionalis (Schimp.) Wijk & Marg.

    Numéro de dépôt : B151607
    Localité de récolte : Parc Beacon Hill, Victoria, île de Vancouver
    Habitat : Sur écorce de chênes
    Récolté par : J.W. Bailey?
    Numéro de récolte : s.n.
    Date de récolte : 14 septembre 1930
    Identifié par : J.A. Harpel (25 juin 1996)
    Id. confirmée par :
    T.T. McIntosh 2002

    Note : Le spécimen avait d’abord été identifié par W.B. Schofield, qui lui avait donné le nom de T. laevipila.

  3. Tortula laevipila(Brid.) Shwaegr. var.meridionalis (Schimp.) Wijk & Marg.

    Numéro de dépôt : B159098
    Localité de récolte : Partie nord du parc Beacon Hill, Victoria, île de Vancouver
    Habitat : Sur chêne de Garry, base du tronc, exposition vers l’est. Ombre partielle. Altitude : environ 20 m
    Récolté par : N. Djan-Chékar et C. Norris
    Numéro de récolte : 2070
    Date de récolte : 10 mai 1996
    Identifié par : N. Djan-Chékar, novembre 1996
    Id. confirmée par :
    T.T. McIntosh 2002

    Note : Avec sporophytes. Certaines des tiges portent des gemmules foliacées; la plante est autoïque.

  4. Tortula laevipila (Brid.) Schwaegr.

    Numéro de dépôt : B986
    Location : Mont Tsuhalem, au sud de Duncan, île de Vancouver
    Habitat : Épiphyte sur écorce de Quercus garryana, du côté ensoleillé.
    Récolté par : A.V. Hübschmann
    Numéro de récolte : s.n.
    Date de récolte : Octobre 1978
    Identifié par : O. Lee 1979
    Id. confirmée par :
    T.T. McIntosh 2002

  5. Tortula? laevipila(Brid.) Shwaegr.

    Numéro de dépôt : B151606
    Localité de récolte : Baie Pedder, île de Vancouver
    Habitat : Tronc de Quercus garryana
    Récolté par : W.B. Schofield, avec J.H. Lyford
    Numéro de récolte : 59567
    Date de récolte : 7 mars 1976
    Identifié par : W.B. Schofield
    Id. confirmée par :
    T.T. McIntosh 2002

    Note : Avec sporophytes

  6. Tortula laevipila var. laevipila

    Numéro de dépôt : B10528
    Location : Mont Nanoose, baie Nanoose, île de Vancouver
    Habitat : Sur tronc de Quercus garryana
    Récolté par : W.B. Schofield
    Numéro de récolte : 74818
    Date de récolte : 3 mai 1980
    Identifié par : W.B. Schofield
    Id. confirmée par :
    T.T. McIntosh 2002

  7. Tortula laevipila (Brid.) Shwaegr.

    Numéro de dépôt :
    Localité de récolte : Île Salt Spring, Colombie-Britannique
    Habitat : Sur écorce de gros chêne de Garry
    Récolté par : T.T. McIntosh
    Numéro de récolte : 8057
    Date de récolte : 7 juin 2002
    Identifié par : T.T. McIntosh 2002

  8. Tortula laevipila (Brid.) Shwaegr

    Numéro de dépôt :
    Localité de récolte :
    Cowichan Garry Oak Preserve, Duncan, Colombie-Britannique
    Habitat : Sur écorce de gros chêne de Garry, dans un champ dégagé
    Récolté par : W. Miles
    Numéro de récolte : Miles 26
    Date de récolte : 16 novembre 2001
    Identifié par : T.T. McIntosh 2002

  9. Tortula laevipila (Brid.) Shwaegr. var.meridionalis (Schimp.) Wijk & Marg.

    Numéro de dépôt :
    Localité de récolte :
    Parc Topaz, Victoria, Colombie-Britannique
    Habitat : Abondant dans les rigoles de ruissellement pluvial de l’écorce d’un gros chêne de Garry
    Récolté par : W. Miles
    Numéro de récolte : WM 030057
    Date de récolte : 30 novembre 2003
    Identifié par : W. Miles 2003
    Id. confirmée par :
    T.T. McIntosh 2003

  10. Tortula laevipila (Brid.) Shwaegr. var.meridionalis (Schimp.) Wijk & Marg.

    Numéro de dépôt :
    Localité de récolte :
    Parc Topaz, Victoria, Colombie-Britannique
    Habitat : Dans les rigoles de ruissellement pluvial de l’écorce d’un gros érable à grandes feuilles (Acer grandifolium)
    Récolté par : W. Miles
    Numéro de récolte : WM 030058(b)
    Date de récolte : 30 novembre 2003
    Identifié par : W. Miles 2003
    Id. confirmée par :
    T.T. McIntosh 2003

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Travaux de terrain

Wynne Miles et Terry McIntosh ont visité ensemble plusieurs des localités de récolte de Miles (voir Miles, 2001), les 1er et 2 octobre ainsi que le 12 décembre 2002. Miles a examiné d’autres sites les 14 et 26 octobre ainsi que le 3 décembre 2002. Avant d’entreprendre la préparation du présent rapport, McIntosh avait déjà réalisé des travaux de terrain à l’île Salt Spring les 3 et 4 mai, du 6 au 8 juin ainsi que le 13 octobre 2002, aux alentours de Duncan en juin 2002 ainsi que dans la chênaie de Garry isolée de Yale plusieurs fois en 2000 et 2001 (dont une fois avec W.B. Schofield). Les recherches visant à trouver la mousse se poursuivent. Comme on croyait auparavant que le Syntrichia laevipila poussait au Canada uniquement sur le chêne de Garry, les espèces d’arbres associées à celui-ci n’étaient examinées qu’occasionnellement quant à la présence du S. laevipila.

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