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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'hespérie du Sonora (Polites sonora) au Canada

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Les emplacements connus pour être occupés par l’hespérie du Sonora comprennent un bord de route herbeux le long du cours supérieur de la rivière Ashnola, des clairières forestières herbeuses mésiques sur le versant nord-est du mont Crater (altitude de 1 160 et de 1 670 m), un pré agricole humide au sud de Princeton et des zones herbeuses humides déboisées près du ruisseau Placer. Sur le mont Crater, près de Keremeos, la description de l’habitat de « pentes herbeuses arides » donnée par Guppy et Shepard (2001) est peu explicite et, selon C. Guppy, visait à contraster avec la description des habitats de prés humides caractéristiques des deux espèces de Polites discutées dans les pages précédant immédiatement le traitement du P. sonora plutôt que de référer à des pentes herbeuses vraiment « arides ». En 2003, Kondla a mené, au niveau de la population du ruisseau Placer et aux environs de celle-ci, des recherches comparatives, étendues sur trois jours (dates et emplacements non fournis), dans des habitats humides, mésiques et secs se trouvant à proximité les uns des autres. L’espèce n’a été observée que dans les types de végétation humides et mésiques. Les figures 5 et figure6 illustrent deux parcelles d’habitat fréquentées par l’hespérie du Sonora en 2003.

Figure 5. Habitat de l’hespérie du Sonora situé dans un champ agricole près de Princeton.

Figure 5. Habitat de l’hespérie du Sonora situé dans un champ agricole près de Princeton

Figure 6. Habitat de l’hespérie du Sonora situé dans une zone riparienne déboisée au sud-ouest de Princeton

Figure 6. Habitat de l’hespérie du Sonora situé dans une zone riparienne déboisée au sud-ouest de Princeton

Dans les États de Washington et de l’Oregon, Pyle (2002) décrit l’habitat du P. sonora comme étant des « prés fleuris, des pâturages de trèfle, des limites de forêts et des abords de routes, des berges de ruisseaux, des clairières pastorales de terrains boisés et des sources marécageuses; des abords bourbeux de routes d’exploitations forestières; un pré artificiel dans un camp d’exploitation forestière abandonné; et une surface gazonnée subalpine ». Layberryet al. (1998) décrivent l’habitat comme étant des « zones herbeuses humides situées à de faibles altitudes jusqu’en hauteur dans les montagnes ». L’altitude des quelques emplacements canadiens connus varie entre 765 et 1 700 m.

Les besoins spécifiques de l’hespérie du Sonora en matière d’habitat sont inconnus, mais il est important de noter que cette espèce n’est pas présente dans tous les habitats qui lui semblent en apparence propices et que, parfois, elle n’est présente que dans une petite portion d’une parcelle d’habitat occupée. Selon J. Pelham (comm. pers.), dans l’État de Washington « les colonies peuvent être extrêmement grégaires et localisées ». Ceci était également le cas dans les deux emplacements canadiens échantillonnés par Kondla en 2003. Au ruisseau Wolfe, le papillon n’était présent que dans une seule des quatre parcelles d’habitats en apparence propices échantillonnées. Plusieurs heures de recherche ont révélé qu’à l’intérieur de la parcelle d’habitat occupée d’environ 105 000 , les papillons n’étaient présents que dans une zone d’environ 400  (0,4 p. 100). La situation est semblable au ruisseau Placer.

Tendances en matière d’habitat

L’aire totale d’habitats propices pour l’hespérie du Sonora pourrait avoir augmenté en raison de l’ouverture du dense couvert forestier. L’abattage des arbres pour l’agriculture et la foresterie entraîne généralement la formation d’habitats temporaires dont la longévité se mesure en décennies. Cependant, le recrutement forestier est un facteur important qui réduit la taille et la quantité de prés disponibles à l’hespérie du Sonora à l’intérieur de l’aire de répartition connue du papillon en Colombie-Britannique. Le contrôle des feux de friches pourrait avoir diminué la quantité d’habitats naturels propices en accroissant l’aire totale des forêts matures. Turner et Krannitz (2000) ont documenté le recrutement forestier dans les prés et les prairies et ont souligné la possibilité d’une interaction positive entre le pâturage et la suppression des feux qui hâtent le recrutement forestier. Gayton (2003) mentionne également que les zones situées près des sites où l’hespérie du Sonora a été signalée sont des points chauds de biodiversité contenant une importante richesse en espèces et de fortes concentrations d’espèces en péril, caractérisées par des changements rapides de l’habitat des prairies. À l’intérieur de l’aire de répartition du papillon, des parcelles d’habitats propices sont continuellement créées et perdues. Ainsi, les avantages des habitats créés par l’humain dépendent du rythme auquel les parcelles d’habitats sont produites et colonisées comparativement au rythme auquel les parcelles d’habitats sont perdues à cause de l’intensification de l’agriculture ou de la régénération forestière.

Protection et propriété

Si les populations de P. sonora antérieurement enregistrées dans les parcs provinciaux Manning et Cathedral existent toujours, elles peuvent être protégées de la création d’infrastructures et d’autres activités humaines (selon l’arrangement du parc), mais elles peuvent aussi être menacées par l’envahissement forestier et arbustif. Les autres emplacements connus se trouvent sur des terres de la Couronne provinciale et sur des terres privées qui ne sont pas protégées à l’heure actuelle.