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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'hespérie du Sonora (Polites sonora) au Canada

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur
l’hespérie du Sonora
Polites sonora
au Canada

Hespérie du Sonora

Espèce préoccuppante 2006

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hespérie du Sonora (Polites sonora) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 23 p.

Note de production :

Le COSEPAC aimerait remercier Norbert G. Kondla et Crispin S. Guppy qui ont rédigé le rapport de situation sur l’hespérie du Sonora (Polites sonora) au Canada, en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Theresa Fowler, coprésidente (lépidoptères) du Sous-comité de spécialistes des arthropodes du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision, avec la participation des membres du Sous-comité de spécialistes et du COSEPAC. Cet examen a pu entraîner des modifications et des ajouts à la version initiale du rapport.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684

Courriel du COSEPAC
Site web de COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Sonora Skipper Polites sonora in Canada.

Illustration de la couverture :

Hespérie du Sonora-- Fournie par l’auteur

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2006

de catalogue CW69-14/500-2006F-PDF

ISBN 0-662-71801-1

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation --Avril 2006

Nom commun : Hespérie du Sonora

Nom scientifique : Polites sonora

Statut : Espèce préoccupante

Justification de la désignation : Cette hespérie est présente dans certaines clairières herbeuses humides dans un paysage boisé. Elle n’a été observée qu’à six emplacements dans une petite aire restreinte du Canada, où sa répartition est très inégale, et il semble que l’espèce n’occupe pas tous les habitats apparemment convenables qui existent. La capacité des populations canadiennes de bénéficier de l’immigration d’autres populations du pays ou de l’État de Washington adjacent est, au mieux, limitée. L’hespérie est menacée par le pâturage intensif et la perte d’habitat découlant du changement naturel de l’habitat et de la construction de routes. Cependant, l’espèce présente une certaine capacité à utiliser des habitats aménagés par l’homme, tels que des zones herbeuses en bord de route, des prés agricoles et des petites zones de coupe à blanc, à la condition que ces habitats soient humides ou mésoiques.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 2006. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Hespérie du Sonora
Polites sonora

Information sur l’espèce

L’hespérie du Sonora (Polites sonora) est un papillon appartenant à la famille des hespéries (Hesperiidés). Les adultes ont une envergure de 25 à 30 mm. La surface dorsale des ailes est une combinaison d’orange rouille et de brun avec des bordures noirâtres. La surface ventrale des ailes antérieures porte une tache basale noire, des zones fauves et pâles sur la partie médiane et une bordure brun foncé. La surface ventrale des ailes postérieures est brun ocre avec une bande semi-circulaire distincte composée de points pâles. Les spécimens canadiens ne correspondent à la description d’aucune des sous-espèces nommées. Au Canada, ces spécimens forment une seule entité, et l’entité entière est le sujet du présent rapport de situation.

Répartition

L’espèce est largement répartie dans l’ouest de l’Amérique du Nord, depuis l’extrême sud-ouest de la Colombie-Britannique, vers le sud jusqu’en Basse-Californie et vers l’est jusqu’aux États américains du Wyoming et du Colorado. La répartition canadienne connue est confinée à la région de la chaîne des Cascades et à la région adjacente du plateau Thompson, situées au sud de Princeton en Colombie-Britannique. Il y a quelques anciens enregistrements de l’espèce provenant de sites n’ayant pas été vérifiés récemment, quelques enregistrements récents provenant de six emplacements canadiens de même qu’un enregistrement non confirmé.

Habitat

Les habitats connus de l’hespérie du Sonora sont des clairières de prairies humides dans des forêts en flanc de montagne, des terrains déboisés de même qu’un défrichement agricole dans le fond d’une vallée.

Biologie

Au Canada ou ailleurs, la biologie de l’hespérie du Sonora est très peu connue. En laboratoire, des individus ont été élevés avec succès sur plusieurs espèces de graminées. Par contre, en milieu naturel, les plantes hôtes utilisées comme sources alimentaires par les larves sont inconnues. Des adultes ont été observés entre le 21 juin et le 13 août.

Taille et tendances des populations

La taille et les tendances des populations canadiennes individuelles de l’hespérie du Sonora sont inconnues. Au Canada, les adultes n’ont été observés qu’en petit nombre.

Facteurs limitatifs et menaces

Le facteur limitatif le plus probable pour l’hespérie du Sonora est la disponibilité des habitats herbeux humides dépourvus de couvert forestier dans une région où les forêts de conifères prédominent. Le pâturage intensif, l’avancée forestière dans les prés et le feu pourraient avoir un impact négatif sur les populations. Le déboisement a augmenté la quantité d’habitat disponible dans un emplacement, mais la croissance future des plantations rendra ces habitats inutilisables si des ouvertures herbeuses ne sont pas entretenues.

Importance de l’espèce

L’hespérie du Sonora fait partie d’un groupe comprenant plusieurs espèces de papillons ayant une répartition nord-américaine principalement méridionale et atteignant leur limite de répartition nordique dans l’extrême-sud de la Colombie-Britannique. La population canadienne fait partie d’un groupe de populations apparemment disjoint s’observant uniquement dans le nord de la chaîne des Cascades près de la frontière qui sépare la Colombie-Britannique et l’État de Washington. Six des onze (55 p. 100) occurrences connues du groupe sont situées au Canada.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Si l’espèce est encore présente dans les parcs provinciaux Manning et Cathedral, elle est protégée par la législation provinciale. Au Canada, aucune législation spécifique ne protège cette espèce.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
*****Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Le Polites sonora (Scudder, 1872) est un papillon de la famille des hespéries (Hesperiidés). Tel que mentionné par Pyle (2002), le statut sous-spécifique des populations canadiennes est incertain. En effet, ces populations sont assignées à la sous-espèce sonora dans Guppy et Shepard (2001), Llewellyn-Jones (1951), McDunnough (1938) et Pyle (2002) et à la sous-espèce siris (W.H. Edwards, 1881), dans Dornfeld (1980), Holland (1931), Layberry et al. (1998), Howe (1975), Scott (1986) et Tilden et Smith (1986). En s’appuyant sur les documents existants, il est impossible de conclure si les populations canadiennes appartiennent à l’une ou l’autre de ces sous-espèces.

Historiquement, toutes les populations américaines retrouvées à l’est des montagnes de la Sierra Nevada ont été assignées à la sous-espèce utahensis (Skinner, 1911). Toutefois, récemment, Austin (1998) a décrit les sous-espèces flavaventris et longinqua parmi les populations du Nevada. Par contre, la description de ces trois sous-espèces ne s’applique pas aux populations canadiennes.

Les populations canadiennes pourraient faire partie d’une sous-espèce qui n’est pas encore décrite (Kondla, 2003). Quelle que soit la taxinomie au niveau de la sous-espèce, une seule entité existe au Canada, et l’entité entière est le sujet du présent rapport de situation.

Description morphologique

L’hespérie du Sonora retrouvé au Canada est un papillon de taille moyenne ayant une envergure de 25 à 30 mm (figure 1). Des illustrations couleur de spécimens canadiens sont disponibles dans Layberry et al. (1998), Guppy et Shepard (2001) et Kondla (2003). La surface dorsale des ailes est une combinaison d’orange rouille et de brun avec des bordures noirâtres. La surface ventrale des ailes antérieures porte une tache basale noire, quelques zones fauves et pâles dans la portion médiane de l’aile et une zone marginale vert olive plus prononcée à l’apex. La surface ventrale des ailes postérieures est vert olive avec une bande semi-circulaire distincte composée de points pâles et porte une tache pâle linéaire près de la base de l’aile. Les mâles ont un ptérostigma allongé de couleur noire sur l’aile antérieure. Les femelles sont semblables aux mâles, mais elles n’ont pas de ptérostigma et sont habituellement plus grosses.

Figure 1. Vue dorsale d’un spécimen mâle de Polites sonora de la Colombie-Britannique.

Figure 1. Vue dorsale d’un spécimen mâle de Polites sonora de la Colombie-Britannique

Quelques stades immatures du P. sonora ont été décrits comme suit par Newcomer (1967), à partir d’un emplacement indéterminé de l’État de Washington. La sous-espèce décrite est donc inconnue :

ŒUF – Diamètre à la base de 1,0 mm, hauteur de 0,7 mm. Coloration d’un vert très pâle. Sphérique avec une base légèrement aplatie, non bridé. Finement réticulé.

LARVE – PREMIER STADE LARVAIRE – Tête de 0,6 mm de largeur, noire et luisante. Corps de 1,75 mm de longueur, blanc crème, quelques soies sur les deux derniers segments; bouclier cervical noir.

DEUXIÈME STADE LARVAIRE – Tête de 0,75 mm de largeur, noire. Corps de 3 à 5 mm de longueur, verdâtre, couvert de plusieurs minuscules points bruns; bouclier cervical noir.

TROISIÈME STADE LARVAIRE – Tête de 1,0 mm de largeur, noir mat, ponctuée. Corps de 5 mm de longueur, vert grisâtre avec un grand nombre de fines soies noires et quelques soies plus longues sur le segment postérieur.

Scott (1992) mentionne que l’œuf de la sous-espèce utahensis est vert pâle à la ponte, mais qu’il développe plus tard une coloration orangée. Il décrit les larves du premier et du deuxième stade larvaire comme étant de couleur jaune crème avec le cou orange-brun pâle et le collet et la tête de coloration brun foncé. Scott note également que la pupe est très semblable à celle de l’hespérie mystique, P. mystic (W.H. Edwards, 1863).

Description génétique

Le Guelph Centre for DNA Barcoding a assemblé la séquence d’ADN mitochondrial du cytochrome C oxydase à partir de deux spécimens de P. sonora capturés sur la route du mont Copper près de Princeton en Colombie-Britannique.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

L’hespérie du Sonora se trouve dans une région de l’ouest de l’Amérique du Nord qui décrit plus ou moins un triangle : à partir de la Basse-Californie au sud, vers le nord-est jusqu’à l’est du Wyoming, vers le nord-ouest jusqu’au sud-ouest de la Colombie-Britannique et vers l’ouest, dans le territoire américain, jusqu’à la côte Pacifique. Dans cette aire générale, l’espèce est représentée par trois importants groupes de populations disjoints les uns des autres, et occupe également deux petites zones (dans le sud de la Californie et dans le nord de la Basse-Californie), ce qui, au total, constitue une portion relativement petite de l’Amérique du Nord (figure 2). Le groupe de populations se trouvant au Canada est vraisemblablement confiné au nord de la chaîne des Cascades et au plateau Thompson adjacent situés en Colombie-Britannique et dans l’État voisin de Washington (figure 3).

Figure 2. Aire de répartition mondiale du Polites sonora.

Figure 2. Aire de répartition mondiale du Polites sonora

Figure 3. Répartition du Polites sonora dans le sud de la Colombie-Britannique et dans la région voisine des États-Unis (information adaptée de Guppy et Shepard, 2001).

Figure 3. Répartition du Polites sonora dans le sud de la Colombie-Britannique et dans la région voisine des États-Unis

Aire de répartition canadienne

L’aire de répartition canadienne de l’hespérie du Sonora est confinée au centre-sud de la Colombie-Britannique (figure 4, voir l’annexe 1 pour la liste des spécimens canadiens enregistrés). Dans le passé, l’espèce a été signalée dans trois emplacements bien définis, deux sur le mont Crater et une au lac Twenty Minute dans le parc provincial Manning. Il existe un enregistrement de 1989 qui provient d’un emplacement non défini dans « Manning Park ». Cet emplacement pourrait être ou non le lac Twenty Minute. L’espèce a aussi été signalée dans un ou deux emplacements définis de façon imprécise dans les « Hope Mountains », terme historique faisant référence à une région de la chaîne des Cascades située entre Hope et Princeton. Le mont Crater est situé dans le chaînon Okanagan et le parc Manning, et les « Hope Mountains » sont situés dans le chaînon Hozameen. Les deux chaînons sont situés dans la chaîne des Cascades. On estime l’aire de répartition canadienne de l’hespérie du Sonora à moins de 1 p. 100 de l’aire de répartition mondiale de l’espèce.

Figure 4. Enregistrements de la répartition canadienne du Polites sonora (carrés = emplacements antérieurement connus, mais non recensés en 2003; cercles = emplacements découverts en 2003; triangles = emplacements recensés en 2003, mais sans y trouver de P. sonora). Remarque : en raison de l’échelle de la carte, les emplacements ne peuvent pas tous être représentés par des symboles individuels.

Figure 4.  Enregistrements de la répartition canadienne du Polites sonora

Tel que démontré par la base de données du Système canadien d’information sur la biodiversité, la carte de répartition dans Layberry et al. (1998) localise incorrectement l’enregistrement pour « Hope Mountains » dans la ville de Hope. En effet, dans la Collection nationale canadienne d’insectes, arachnides et nématodes, les coordonnées de Hope sont associées avec l’enregistrement du spécimen provenant de la région de « Hope Mountains ». De plus, la carte de répartition dans Layberry et al. (1998) montre un enregistrement pour Merritt, sur le plateau Thompson, dont la source est impossible à retrouver; cet enregistrement est considéré comme une erreur de cartographie et n’est pas inclus dans les figures 3 et figure4. En effet, sur cette carte, le point « Merritt » est situé précisément au nord du point « Manning Park », suggérant que la latitude a été incorrectement entrée dans la base de données de cartographie pour un des enregistrements du parc Manning.

Le travail effectué sur le terrain en 2003 par N. Kondla a mené à la découverte de deux nouveaux emplacements dans lesquels on y retrouve l’hespérie du Sonora : un dans la vallée du ruisseau Wolfe, située au sud de Princeton, ainsi qu’un autre dans la vallée du ruisseau Placer, située à l’est du parc Manning. Pour ces deux nouveaux emplacements, aucun spécimen de référence ne semble avoir été déposé dans une collection publique, mais il y a quelques spécimens dans la collection privée de N. Kondla. L’aire de répartition canadienne connue de l’hespérie du Sonora se compose de portions de la chaîne des Cascades, du parc Manning à l’est jusqu’au mont Crater et au plateau Thompson immédiatement au sud de Princeton.

Au Canada, la répartition complète de l’hespérie du Sonora ne sera connue qu’en effectuant un programme d’inventaire soigneusement élaboré. Il existe probablement, dans cette partie du sud de la Colombie-Britannique, d’autres habitats propices n’ayant pas été échantillonnés en raison de l’absence de réseaux routiers. En s’appuyant sur la répartition présentement connue, la zone d’occurrence de l’hespérie du Sonora au Canada représente un maximum possible de l’ordre de 2 100 km² (fondé sur l’aire du polygone convexe englobant la répartition géographique de tous les sites connus où l’espèce est sensée être présente). Cependant, cette aire de répartition consiste principalement en habitats alpins, forestiers ou de prairies sèches qui sont, de toute évidence, non propices. Des habitats de prairies humides d’apparence propices ne sont présents que dans une petite fraction de l’aire de répartition totale. Ainsi, la zone d’occupation maximale actuelle, fondée sur une estimation visuelle d’habitats potentiellement propices à partir d’images par satellite, représente moins de 5 p. 100 de la zone d’occurrence maximale possible, soit environ 100 km². Toutefois, tel que discuté dans la section suivante, l’espèce n’occupe pas tous les habitats qui semblent propices. Kondla et Guppy évaluent, à partir des données existantes limitées, ainsi qu’à partir de leur expérience personnelle, que la zone d’occupation est certainement de moins de 100 km² et peut même être de moins de 20 km².

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Les emplacements connus pour être occupés par l’hespérie du Sonora comprennent un bord de route herbeux le long du cours supérieur de la rivière Ashnola, des clairières forestières herbeuses mésiques sur le versant nord-est du mont Crater (altitude de 1 160 et de 1 670 m), un pré agricole humide au sud de Princeton et des zones herbeuses humides déboisées près du ruisseau Placer. Sur le mont Crater, près de Keremeos, la description de l’habitat de « pentes herbeuses arides » donnée par Guppy et Shepard (2001) est peu explicite et, selon C. Guppy, visait à contraster avec la description des habitats de prés humides caractéristiques des deux espèces de Polites discutées dans les pages précédant immédiatement le traitement du P. sonora plutôt que de référer à des pentes herbeuses vraiment « arides ». En 2003, Kondla a mené, au niveau de la population du ruisseau Placer et aux environs de celle-ci, des recherches comparatives, étendues sur trois jours (dates et emplacements non fournis), dans des habitats humides, mésiques et secs se trouvant à proximité les uns des autres. L’espèce n’a été observée que dans les types de végétation humides et mésiques. Les figures 5 et figure6 illustrent deux parcelles d’habitat fréquentées par l’hespérie du Sonora en 2003.

Figure 5. Habitat de l’hespérie du Sonora situé dans un champ agricole près de Princeton.

Figure 5. Habitat de l’hespérie du Sonora situé dans un champ agricole près de Princeton

Figure 6. Habitat de l’hespérie du Sonora situé dans une zone riparienne déboisée au sud-ouest de Princeton

Figure 6. Habitat de l’hespérie du Sonora situé dans une zone riparienne déboisée au sud-ouest de Princeton

Dans les États de Washington et de l’Oregon, Pyle (2002) décrit l’habitat du P. sonora comme étant des « prés fleuris, des pâturages de trèfle, des limites de forêts et des abords de routes, des berges de ruisseaux, des clairières pastorales de terrains boisés et des sources marécageuses; des abords bourbeux de routes d’exploitations forestières; un pré artificiel dans un camp d’exploitation forestière abandonné; et une surface gazonnée subalpine ». Layberryet al. (1998) décrivent l’habitat comme étant des « zones herbeuses humides situées à de faibles altitudes jusqu’en hauteur dans les montagnes ». L’altitude des quelques emplacements canadiens connus varie entre 765 et 1 700 m.

Les besoins spécifiques de l’hespérie du Sonora en matière d’habitat sont inconnus, mais il est important de noter que cette espèce n’est pas présente dans tous les habitats qui lui semblent en apparence propices et que, parfois, elle n’est présente que dans une petite portion d’une parcelle d’habitat occupée. Selon J. Pelham (comm. pers.), dans l’État de Washington « les colonies peuvent être extrêmement grégaires et localisées ». Ceci était également le cas dans les deux emplacements canadiens échantillonnés par Kondla en 2003. Au ruisseau Wolfe, le papillon n’était présent que dans une seule des quatre parcelles d’habitats en apparence propices échantillonnées. Plusieurs heures de recherche ont révélé qu’à l’intérieur de la parcelle d’habitat occupée d’environ 105 000 , les papillons n’étaient présents que dans une zone d’environ 400  (0,4 p. 100). La situation est semblable au ruisseau Placer.

Tendances en matière d’habitat

L’aire totale d’habitats propices pour l’hespérie du Sonora pourrait avoir augmenté en raison de l’ouverture du dense couvert forestier. L’abattage des arbres pour l’agriculture et la foresterie entraîne généralement la formation d’habitats temporaires dont la longévité se mesure en décennies. Cependant, le recrutement forestier est un facteur important qui réduit la taille et la quantité de prés disponibles à l’hespérie du Sonora à l’intérieur de l’aire de répartition connue du papillon en Colombie-Britannique. Le contrôle des feux de friches pourrait avoir diminué la quantité d’habitats naturels propices en accroissant l’aire totale des forêts matures. Turner et Krannitz (2000) ont documenté le recrutement forestier dans les prés et les prairies et ont souligné la possibilité d’une interaction positive entre le pâturage et la suppression des feux qui hâtent le recrutement forestier. Gayton (2003) mentionne également que les zones situées près des sites où l’hespérie du Sonora a été signalée sont des points chauds de biodiversité contenant une importante richesse en espèces et de fortes concentrations d’espèces en péril, caractérisées par des changements rapides de l’habitat des prairies. À l’intérieur de l’aire de répartition du papillon, des parcelles d’habitats propices sont continuellement créées et perdues. Ainsi, les avantages des habitats créés par l’humain dépendent du rythme auquel les parcelles d’habitats sont produites et colonisées comparativement au rythme auquel les parcelles d’habitats sont perdues à cause de l’intensification de l’agriculture ou de la régénération forestière.

Protection et propriété

Si les populations de P. sonora antérieurement enregistrées dans les parcs provinciaux Manning et Cathedral existent toujours, elles peuvent être protégées de la création d’infrastructures et d’autres activités humaines (selon l’arrangement du parc), mais elles peuvent aussi être menacées par l’envahissement forestier et arbustif. Les autres emplacements connus se trouvent sur des terres de la Couronne provinciale et sur des terres privées qui ne sont pas protégées à l’heure actuelle.

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Biologie

Cycle vital et reproduction

Au Canada, les hespéries du Sonora adultes ont été observées entre le 21 juin et le 13 août. Les individus observés aux dates les plus tardives étaient situés en haute altitude. L’espèce produit une seule génération par année et a le cycle vital type des Lépidoptères. Dans l’État de Washington, le papillon a été élevé en laboratoire sur de l’herbe à pelouse et sur de la fétuque de l’Idaho (Festuca idahoensis) (Newcomer, 1967). Dans l’État du Colorado, le papillon a été élevé en laboratoire sur du pâturin des prés (Poa pratensis) (Scott, 1992). En conditions naturelles toutefois, les plantes hôtes servant de nourriture aux larves sont inconnues. Une ou plusieurs espèces de graminées sont susceptibles de jouer ce rôle au Canada.

Prédateurs

Il n’y a pas d’information sur les prédateurs ou les parasitoïdes des hespéries du Sonora. Au Canada, les prédateurs types des papillons sont les oiseaux insectivores, les petits mammifères, les araignées et les insectes prédateurs. Les parasitoïdes types sont des espèces variées de mouches (ordre des Diptères) et de guêpes (ordre des Hyménoptères) (Guppy et Shepard, 2001).

Physiologie

Il n’y a pas d’information sur la physiologie du P. sonora.

Déplacements et dispersion

Il n’y a pas d’information sur la dispersion du P. sonora. Une espèce apparentée, le P. sabuleti, a semble-t-il connu une expansion nordique considérable de son aire de répartition dans l’État de Washington et la Colombie-Britannique durant les cinquante dernières années, ce qui suggère une importante capacité de dispersion et de colonisation. Pyle (2002) note la grande capacité du P. sonora à coloniser des habitats propices nouvellement disponibles dans l’État de Washington. Ce papillon semble donc apte à coloniser de nouveaux habitats propices dans la mesure où ces derniers ne pas trop éloignés du site qu’il occupe. La distance que peut parcourir le papillon, s’il doit traverser des habitats non propices, est inconnue mais vraisemblablement inférieure à 10 kilomètres. Il n’y a aucune preuve de migration chez les Polites, y compris le P. sonora.

Relations interspécifiques

Il n’y a pas d’information sur les relations interspécifiques concernant le P. sonora.

Adaptabilité

En s’appuyant sur la présence du P. sonora dans les habitats créés par les activités agricoles et forestières, cette espèce peut vraisemblablement s’adapter à divers habitats.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche 

Dans Guppy et Shepard (2001), seulement trois points de répartition (dont deux qui se chevauchent) sont montrés pour représenter la totalité de l’aire de répartition canadienne du P. sonora. Layberry et al. (1998) montrent quatre points de répartition dont un, celui de Merritt, qui est non confirmé et considéré comme une erreur par Guppy et Kondla. Guppy et Shepard (2001) ont omis l’enregistrement des spécimens de « Hope Mountains » sur leur carte de répartition en raison d’un manque de précision dans la localisation, tandis que Layberry et al. (1998) ont apparemment cartographié ces spécimens comme provenant de « Hope ». Par conséquent, il existe quatre emplacements confirmés qui n’ont pas été vérifiés récemment, dont deux sur le mont Crater. En 2003, Kondla a découvert deux nouveaux emplacements lors de recherches ciblées (les données détaillées, ainsi que les activités de recherche ne sont pas disponibles). Le total des emplacements s’élève donc à six.

Les quelques enregistrements canadiens proviennent d’une région du sud de la Colombie-Britannique qui est fréquemment visitée, depuis plus de 100 ans, pour la récolte d’insectes à des fins récréatives ou scientifiques. Il existe plusieurs milliers de spécimens ou d’enregistrements de spécimens de papillons pour cette région, ce qui contraste de façon catégorique avec le peu d’enregistrements de P. sonora. Il est donc raisonnable de conclure, en s’appuyant uniquement sur l’information historique, que l’hespérie du Sonora n’est pas une espèce commune ayant été ignorée par un grand nombre d’observateurs durant un grand nombre d’années. C’est tout le contraire du Plebejus anna (ou Lycaeides anna [W.H. Edwards, 1861], selon la préférence taxinomique), espèce commune retrouvée dans la même région que l’hespérie du Sonora et qui occupe les prés mésiques naturels et les zones déboisées. De plus, sa période de vol chevauche celle de l’hespérie du Sonora. Guppy et Shepard (2001) relèvent de 15 à 20 enregistrements de Plebejus anna à l’intérieur de la répartition connue de l’hespérie du Sonora. Ces enregistrements sont la preuve que des observateurs étaient présents dans les bons habitats et à la bonne période de l’année pour apercevoir l’hespérie du Sonora si elle avait été présente.

En 2003, durant la période de vol du P. sonora, Kondla a mené des recherches de présence/absence (aucune information sur les dates ou les emplacements n’est fournie) réparties sur 11 jours à l’intérieur de l’aire de répartition plausible de l’espèce. Les fouilles ont été effectuées dans 10 zones comprenant plus de 40 sites aux conditions propices à l’activité de vol du papillon. Deux zones supplémentaires, comprenant de nombreux sites, ont été échantillonnées dans des conditions limites pour le vol du papillon; il a donc été impossible de déterminer de manière concluante si l’espèce était présente ou absente dans ces deux zones. La méthode de recherche employée consistait à marcher à travers un habitat potentiellement occupé, à s’arrêter de façon périodique, à perturber la végétation herbacée et arbustive, puis à observer. Les fleurs et les mares ont aussi été examinées. Les recherches ont été effectuées dans des habitats non forestiers qui étaient humides, mésiques et secs. Les sites ont été choisis en fonction de leur accessibilité et de la présence d’une structure végétative propice. Un des sites consistait en un transect de 6 km de longueur qui traversait un habitat naturel contenant une grande quantité de parcelles d’habitats en apparence propices.

Cette recherche ciblée a confirmé la présence d’hespéries du Sonora dans deux secteurs totalisant quatre sites. Cette faible fréquence d’observation à l’intérieur d’un habitat potentiellement propice concorde avec la rareté des enregistrements et appuie l’hypothèse selon laquelle l’hespérie du Sonora est une espèce hautement localisée à l’intérieur d’une aire de répartition canadienne extrêmement confinée.

Abondance

Au Canada ou ailleurs, il n’existe pas de données empiriques sur la taille des populations de cette espèce. En 2003, au moins 15 hespéries du Sonora adultes ont été observées au site du ruisseau Wolfe, et au moins 15 adultes ont été observés dans les sites du ruisseau Placer. Toutes les collections antérieures sont composées de un ou de quelques individus seulement; aucune grande population n’est connue. Kondla et Guppy n’ont pas effectué de relevés quantitatifs, mais en s’appuyant sur leur expérience et leur connaissance des papillons en général, ils croient que la taille probable de la population canadienne serait de l’ordre de 3 000 à 5 000 individus. Il s’agit de leur meilleure approximation, mais elle ne s’appuie pas sur des données quantitatives.

Fluctuations et tendances

Au Canada, on ne dispose pas d’information suffisante pour dégager les fluctuations ou les tendances démographiques empiriques du P. sonora ou même de les estimer.

Effet d’une immigration de source externe

Au Canada, il existe six emplacements connus où l’hespérie du Sonora a été observée. Chacun de ces emplacements pourrait représenter une population plus ou moins isolée des autres populations canadiennes par des zones d’habitats non propices. Deux de ces populations sont assez près l’une de l’autre. Les autres sont séparées de la population la plus proche par des distances variant de 10 à 65 km. En raison de la nature fragmentée de la répartition de l’espèce, les échanges d’individus entre la plupart des groupes des populations canadiennes sont probablement faibles ou seulement limités.

Il n’existe que quelques emplacements connus occupés par l’hespérie du Sonora dans le nord de la chaîne des Cascades dans l’État de Washington (Hinchliff, 1996), et il y a une discontinuité apparente de 50 km entre ces populations et l’emplacement canadien le plus proche. Cette discontinuité apparente peut s’expliquer par l’existence possible d’un habitat propice, inaccessible et non inventorié, dans cet espace de 50 km. Malgré l’insuffisance des relevés qui permettraient de déterminer si la discontinuité apparente est un artéfact d’échantillonnage, il y a preuve indirecte que cette discontinuité est réelle. En effet, un examen des cartes topographiques et des images par satellite de la United States Geological Survey (USGS) indique que la zone de discontinuité apparente est, sous la zone subalpine (altitude moyenne d’environ 1 900 m), entièrement forestière. Ainsi, le manque apparent d’habitats propices à l’espèce dans cette zone de 50 km indique une faible probabilité de retrouver le papillon dans d’autres sites, situés plus au nord, dans l’État de Washington. Dans la répartition américaine connue des hespéries du Sonora (figure 3), au sud des quelques emplacements connus du nord de la chaîne des Cascades dans l’État de Washington, il y a une autre discontinuité apparente d’environ 130 km. Par conséquent, dans l’éventualité où l’espèce disparaîtrait du Canada, le rétablissement naturel des hespéries du Sonora à partir des emplacements connus de l’État de Washington serait improbable.

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Facteurs limitatifs et menaces

Le facteur limitatif le plus important pour l’hespérie du Sonora est la disponibilité limitée de zones ouvertes d’herbes humides dans un paysage consistant surtout en un couvert fermé par la forêt coniférienne. Le peu de terres herbeuses existantes est la plupart du temps trop aride pour les hespéries du Sonora. Les menaces possibles auxquelles fait face l’habitat de l’hespérie du Sonora sont le pâturage intensif du bétail, la succession naturelle des aires ouvertes en forêts à couvert fermé, la construction de routes et la croissance des plantations forestières vers un couvert fermé. Les feux de friches ou les brûlages dirigés, même s’ils sont susceptibles d’augmenter les habitats disponibles, peuvent aussi être une menace pour les populations existantes.

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Importance de l'espèce

L’hespérie du Sonora fait partie d’un petit groupe de papillons qui atteignent la limite nord de leur aire de répartition mondiale dans la région de la chaîne des Cascades, située dans l’extrême-sud de la Colombie-Britannique. Chacun des six emplacements canadiens connus de ce papillon pourrait représenter une population. Ils font également partie d’un groupe de populations en apparence disjointes qui ne sont présentes que dans le nord de la chaîne des Cascades. Six des onze (55 p. 100) emplacements connus de ce groupe sont situés au Canada.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Toutes les populations d’hespéries du Sonora qui pourraient encore exister dans les parcs provinciaux Manning et Cathedral sont protégées en vertu de la Provincial Parks Act de la Colombie-Britannique, sauf contre l’exploitation des parcs. Le papillon est désigné « espèce sauvage identifiée » (Identified Wildlife) en vertu de la Forest and Range Practices Act de la Colombie-Britannique.

La Nature Conservancy classe l’hespérie du Sonora G4 au niveau mondial, N1 au Canada, N4 aux États-Unis, S1 en Colombie-Britannique et S4 dans l’État de Washington.

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Résumé technique

Polites sonora

Hespérie du Sonora – Sonora Skipper

Répartition au Canada :
Colombie-Britannique

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) au Canada.
2 100 km²
Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?
Inconnu, mais il est probable que non
Superficie de la zone d’occupation (km²).
De 20 à 100 km²
Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Inconnue, mais pourrait être en déclin en raison du pâturage et du recrutement forestier
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?
Inconnu, mais il est probable que non
Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés.
2 connus et 4 antérieurs, mais non vérifiés récemment
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?
Inconnu, mais il est probable que non
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Quelques gains et quelques pertes; tendance générale inconnue, mais pourrait être en déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jour, etc).
Une année
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).
Inconnu
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnu).
Inconnue
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).
Inconnu
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?
Inconnu
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?
Probable
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?
Inconnu, mais il est probable que non
Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune :
(Remarque : Il s’agit d’une liste des emplacements connus pour l’espèce,et on suppose que chacun d’eux représente une population distincte.)
  • Monts Hope – inconnu
  • Parc provincial Manning – inconnu
  • Ruisseau Placer – inconnu
  • Ruisseau Wolfe – inconnu
  • Vallée de la rivière Ashnola – inconnu
  • Mont Crater - inconnu

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Recrutement forestier dans les prés
  • Croissance des plantations forestières
  • Construction de routes
  • Pâturage intensif du bétail
  • Feu

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur.
États-Unis : Classées S4 dans l’État de Washington
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Inconnu, mais il est probable que non
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Probablement
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Possiblement
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?
Non, sauf s’il existe des populations non découvertes juste au sud de la frontière canado-américaine

Analyse quantitative

Aucune analyse quantitative disponible

Statut existant

  • COSEPAC :Espèce préoccupante (2006)
  • NatureServe : G4
    • Canada : N1
      • Colombie-Britannique : S1
    • États-Unis : N4
      • Washington : S4
  • Statut général : Pourrait être en voie de disparition

Statut et justification de la désignation

Statut: Espèce préoccupante      

Code alphanumérique : S.O.  

Justification de la désignation : Cette hespérie est présente dans certaines clairières herbeuses humides dans un paysage boisé. Elle n’a été observée qu’à six emplacements dans une petite aire restreinte du Canada, où sa répartition est très inégale, et il semble que l’espèce n’occupe pas tous les habitats apparemment convenables qui existent. La capacité des populations canadiennes de bénéficier de l’immigration d’autres populations du pays ou de l’État de Washington adjacent est, au mieux, limitée. L’hespérie est menacée par le pâturage intensif et la perte d’habitat découlant du changement naturel de l’habitat et de la construction de routes. Cependant, l’espèce présente une certaine capacité à utiliser des habitats aménagés par l’homme, tels que des zones herbeuses en bord de route, des prés agricoles et des petites zones de coupe à blanc, à la condition que ces habitats soient humides ou mésoiques.

Applicabilité des critères

Critère A (Population globale en déclin) : s.o.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :

  • La zone d’occurrence est inférieure à 5 000 km² (2 100 km²)
  • La zone d’occupation est inférieure à 500 km² (de 20 à 100 km²)
  • La population est très fragmentée
  • Il ne semble pas y avoir de déclin continu car parallèlement à la perte d’habitats, il y a création d’habitats
  • Aucune fluctuation extrême n’est connue

Critère C (Petite population globale et déclin) :

  • La population totale est probablement composée de moins de 10 000 adultes (fondé sur une estimation de 3 000 à 5 000)
  • Aucun déclin de population n’est documenté (pas de tendances démographiques)

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : s.o.

Critère E (Analyse quantitative) : non disponible

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Remerciements et experts contactés

Nous remercions Andrew Warren (Castle Rock, Colorado, États-Unis), Jonathan Pelham, Sterling Mattoon (Chico, Californie, États-Unis), David Threatful (Vernon, Colombie-Britannique), Don Lafontaine (Agriculture et Agroalimentaire Canada, Ottawa, Ontario) et le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique d’avoir fourni de l’information pertinente. Nous remercions Bernard Landry (Agriculture et Agroalimentaire Canada, Ottawa, Ontario) d’avoir suggéré le nom commun français. Dave Fraser (Ministry of Environment, gouvernement de la Colombie-Britannique) et les membres du Sous-comité de spécialistes des arthropodes ont révisé les esquisses du présent rapport et ont fourni des suggestions utiles. Theresa Fowler a édité le rapport et y a inclus de l’information supplémentaire.

On a communiqué avec les organismes et les personnes qui suivent pour obtenir de l’information pertinente :

  • Bande indienne Lower Similkameen, Keremeos (Colombie-Britannique)
  • Okanagan Nation Alliance, Westbank (Colombie-Britannique)
  • Bande indienne Osoyoos, Oliver (Colombie-Britannique)
  • Bande indienne de Penticton, Penticton (Colombie-Britannique)
  • Bande indienne Upper Similkameen, Keremeos (Colombie-Britannique)
  • Bob Elner, Service canadien de la faune, Delta (Colombie-Britannique)
  • Ministry of Water, Land and Air Protection de la Colombie-Britannique.
  • Le financement a été accordé par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Sources d’information

Austin, G.T. 1998. New subspecies of Hesperiidae (Lepidoptera) from Nevada and California, p. 523-532, in Systematics of Western North American butterflies, édité par T.C. Emmel. Gainesville, Mariposa Press (Floride), 878 p.

Dornfeld, E.J. 1980. The Butterflies of Oregon, Timber Press, Forest Grove (Oregon), 276 p. 

Gayton, D. 2003. British Columbia grasslands [electronic resource]: monitoring vegetation change Forrex extension note 7, Kamloops (Colombie-Britannique), 49 p. (http:www.forrex.org/publications/FORREXSeries/ss1paper24.pdf)

Guppy, C.S., et J.H. Shepard. 2001. Butterflies of British Columbia, University of British Columbia Press, Vancouver, 414 p. 

Hinchliff, J. 1996. An Atlas of Washington Butterflies, The Evergreen Aurelians, The Oregon State University Bookstore, Inc. Corvallis,162 p.

Holland, W.J. 1931. The Butterfly Book, 2e édition, Doubleday, Doran & Co., Garden City (État de New York), 424 p. 

Howe, W.H. 1975. The Butterflies of North America, Doubleday & Co., Inc., Garden City (État de New York), 633 p.

Kondla, N.G. 2003. The Sonora Skipper in British Columbia, Boreus 23(2):13-14. (http://esbc.harbour.com/boreus23_2.pdf)

Layberry, R.A., P.W. Hall et J.D. Lafontaine. 1998. The Butterflies of Canada, University of Toronto Press, Toronto, 354 p.

Llewellyn-Jones, J.R. 1951. An annotated check list of the Macrolepidoptera of British Columbia, Entomological Society of British Columbia, Occasional Paper No. 1, 148 p.

McDunnough, J. 1938. Check list of the lepidoptera of Canada and the United States of America. Part 1. Macrolepidoptera, Memoirs of the Southern California Academy of Sciences 1:

Newcomer, E.J. 1967. Life histories of three western species of Polites, Journal of Research on the Lepidoptera 5:243-247.

Pelham, J. Comm. pers. Correspondance par courriel adressée à N. Kondla, juin 2003.

Pyle, R.M. 2002. The Butterflies of Cascadia, Seattle Audubon Society, Washington, 420 p.

Scott, J.A. 1986. The Butterflies of North America. A Natural History and Field Guide, Stanford University Press, Stanford, 583 p. 

Scott, J.A. 1992. Hostplant records for butterflies and skippers (mostly from Colorado) 1951-1991, with new life histories and notes on oviposition, immatures, and ecology, Papilio (nouvelle série) 6:1-171.

Tilden, J.W., et A.C. Smith. 1986. A Field Guide to Western Butterflies, Houghton Mifflin Company, Boston, 370 p.

Turner, J.S., et P.G. Krannitz. 2000. Tree encroachment in the south Okanagan and lower Similkameen valleys of British Columbia, C. Hollstedt, K. Sutherland et T. Innes (éditeurs), Southern Interior Forest Extension and Research Partnership, Kamloops (Colombie-Britannique), p. 81-83.

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Norbert Kondlaest titulaire d’un diplôme de la University of Calgary. Depuis 33 ans, il effectue des recherches sur les papillons dans l’ouest canadien. Il est l’auteur et le coauteur de nombreux rapports et articles scientifiques sur les papillons de cette région, incluant des rapports de situation pour tous les papillons de la Colombie-Britannique, du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, ainsi que plusieurs rapports sur les papillons d’intérêt de conservation en Alberta. Il est également coauteur d’un livre sur les papillons et a contribué à plusieurs autres ouvrages. Norbert Kondla a effectué des travaux sur le terrain pour le P. sonora en Colombie-Britannique et au Nevada.

Crispin Guppy est titulaire d’un B.Sc. et d’un M.Sc. de la University of British Columbia. Depuis 30 ans, il effectue des recherches sur les papillons en Colombie-Britannique. Il est auteur et coauteur de nombreux articles scientifiques et rapports sur les papillons de cette région, incluant des rapports de situation pour tous les papillons de la Colombie-Britannique, du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut. Il a mené un bon nombre de projets d’inventaire en Colombie-Britannique sur les papillons d’intérêt de conservation et sur leurs habitats. Il est coauteur du livre Butterflies of British Columbia (2001) et est éditeur de deux livres sur les papillons de Russie. Il a effectué des travaux sur le terrain pour le P. sonora en Colombie-Britannique.

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Collections examinées

Les collections suivantes ont été examinées en personne : C.S. Guppy, N.G. Kondla, J.H. Shepard, Collection nationale canadienne d’insectes, arachnides et nématodes, Royal British Columbia Museum et Spencer Entomological Museum. Les collections supplémentaires du Système canadien d’information sur la biodiversité ont été examinées par Internet.

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Annexe 1

Enregistrements connus des spécimens canadiens de Polites sonora
EmplacementDateCollectionneur (Institution)*
Keremeos; mont Crater [versant NE], alt. 3 800 pi21 juin 1975C.S. Guppy (CSG)
J.L. Gordon (JHS/OSU)
Keremeos; mont Crater [versant NE], alt. 5 000 pi15 juillet 1978J.H. etS. Shepard (JHS/OSU)
Parc provincial Manning [lac Twenty Minute]23 juillet 1945
27 juillet 1945
G.A. Hardy (RBCM)
Parc provincial Manning7 août 1989P. Klassen (MMHN)
Monts Hope, alt. 5 500 pi13 août 1932A.N. Gartrell (CNC)
Monts Hope16 juillet 1906E.H. Blackmore (UBC)
Rivière Ashnola (cours supérieur)22 juillet 1973D.L. Threatful (VM)
Ruisseau Wolfe11 et 12 juillet 2003N.G. Kondla (NGK)
Ruisseau Placer24, 25 et 28 juin 2003N.G. Kondla (NGK)

*Les institutions tenant les spécimens sont : CSG = collection de C.S. Guppy; JHS/OSU = collection de J.H. Shepard récemment cédée à la collection de la Oregon State University; MMHN = Musée manitobain de l’homme et de la nature; NGK = collection de N.G. Kondla; RBCM = collection du Royal BC Museum; UBC = collection du Spencer Entomological Museum de la University of British Columbia, VM = Vernon Museum.

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