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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'escargot-forestier de Townsend (Allogona townsendiana) au Canada

Répartition

Répartition mondiale

Selon Pilsbry (1940), l’aire de répartition de l’A. townsendiana débute au nord dans la vallée de la Chilliwack, en Colombie-Britannique, traverse le Washington par la dépression de Puget et la vallée de la Willamette et atteint Corvallis, dans l’ouest de l’Oregon; elle s’étend aussi vers l’est le long du fleuve Columbia (figure 3). La répartition de l’espèce dans le Nord-Ouest de l’État de Washington est éparse (T. Burke, comm. pers.). Branson (1977) l’a observée à plusieurs sites périphériques sur le côté est de la péninsule Olympic, où elle s’y serait établie récemment selon lui.

Figure 3. Répartition mondiale de l’Allogona townsendiana, d’après Pilsbry (1940:882, figure 508) et les mentions canadiennes.

Figure 3. Répartition mondiale de l’Allogona townsendiana, d’après Pilsbry (1940:882, figure 508) et les mentions canadiennes

Répartition canadienne

L’aire de répartition canadienne de l’A. townsendiana n’a jamais été bien décrite. Selon la documentation scientifique (Whiteaves, 1902 et 1906; Dall, 1905; Pilsbry, 1940; La Rocque, 1953; Cameron, 1986), les spécimens de musée et des données inédites (figure 4), l’A. townsendiana occupe certaines parties des vallées du bas Fraser et de la Chilliwack, dans le Sud-Ouest de la Colombie-Britannique. Il existe aussi une mention ancienne pour le sud de l’île de Vancouver (figure 4). Le nombre total de sites raisonnablement bien localisés (excluant les mentions clairement reprises de sources antérieures) est de 19.

Figure 4. Répartition canadienne de l’Allogona townsendiana. Ligne tiretée : frontière canado-américaine. Points noirs – localités exactes connues; cercles – localités approximatives (mentions historiques ne précisant pas la localité exacte).

Figure 4. Répartition canadienne de l’Allogona townsendiana

Dall (1905) a signalé que l’espèce était présente au lac Chilliwack, mais cela semble peu probable. Le type de forêt et d’autres caractéristiques empêchent probablement l’espèce de vivre dans les environs de ce lac et dans une bonne partie de la vallée du cours supérieur de la Chilliwack (Ovaska et al., 2001a).

Le Musée canadien de la nature [code de la collection : CMN] possède des spécimens d’A. townsendiana. La plupart de ces spécimens ont été recueillis dans les vallées de la Chilliwack et du Fraser en 1959 par Robert J. Drake, qui travaillait alors à contrat pour le Musée national du Canada (aujourd’hui les Musées nationaux du Canada, dont le Musée canadien de la nature fait partie) (Drake, 1963). Le Musée canadien de la nature conserve aussi le spécimen cité par Whiteaves (1902), deux spécimens recueillis en 1954 à Abbotsford et un autre provenant de l’île de Vancouver. Ce dernier a été recueilli en 1903 au nord-ouest de Westholme, près de Crofton; il s’agit de la seule mention connue de l’espèce pour l’île de Vancouver. Plus récemment, Cameron (1986; comm. pers.) a trouvé à deux sites proches de Popkum, à l’est de Chilliwack sur la rive sud du Fraser, deux coquilles vides brisées mais encore fraîches à chacun de ces sites.

En 2000 et en 2001, Ovaska et al (2001a et b) ont observé l’A. townsendiana à 12 des 38 sites prospectés dans les basses terres continentales de la Colombie-Britannique; l’espèce n’a pas été trouvée aux 104 endroits prospectés dans l’île de Vancouver. En 2000, les mêmes auteurs ont trouvé l’espèce aux deux sites où Cameron (1986) l’avait signalée, 15 ans auparavant. Ils ont consacré en tout 56,7 heures-personnes à la recherche de l’espèce aux 38 sites des basses terres continentales. Des spécimens de référence ont été déposés au Royal British Columbia Museum [RBCM].

Pilsbry (1940) a signalé que l’A. townsendiana était présent dans la région de Blaine, dans l’État de Washington, et G. Holm (comm. pers.) a observé l’espèce à la pointe Roberts, également dans l’État de Washington; ces deux localités sont très proches de la frontière de l’État de Washington avec la Colombie-Britannique, dans la région des banlieues vancouvéroises de Surrey et de Delta. Il n’existe aucune observation historique de l’escargot-forestier de Townsend aussi à l’ouest dans les basses terres continentales de la province, et on ne sait si cela est attribuable à des circonstances fortuites ou si l’espèce y aurait disparu à cause de l’altération de son habitat et de l’exploitation des terres.

Le Field Museum of Natural History possède un spécimen provenant d’Agassiz (Colombie-Britannique).

C’est avec l’escargot-forestier de l’Idaho (A. ptychophora) que l’Allogona townsendiana risque le plus d’être confondu. Au Field Museum of Natural History, le seul spécimen du genre Allogona de la Colombie-Britannique est identifié sous le nom d’A. ptychophora, alors que le lieu de sa provenance se trouve dans l’aire de répartition de l’A. townsendiana. En outre, le Musée canadien de la nature renferme plusieurs spécimens d’Allogona du Sud-Ouest de la province qui avaient été identifiés sous le nom d’A. ptychophora, identification qui a été corrigée pour A. townsendiana par R. Forsyth en octobre 2001. La plupart des identifications de l’A. townsendiana apparaissant dans la documentation scientifique sont correctes si l’on en juge par l’information dont on dispose sur les aires de répartition, seule le mention d’A. ptychophora pour Mission Junction citée par Whiteaves (1906) semblant erronée; nous n’avons pu établir si ce spécimen existe encore.

Il se pourrait très bien que les basses terres continentales de la Colombie-Britannique abritent d’autres populations jamais signalées. Au nombre des habitats propices qui mériteraient d’être prospectés, on compte les forêts mixtes des basses terres du Fraser présentes à l’est d’Agassiz et à l’ouest de Mission, du côté nord du fleuve, et depuis le détroit de Géorgie (Surrey) jusqu’aux localités de l’espèce connues de la région de Chilliwack-Abbotsford, du côté sud du fleuve. L’existence de la sous-population de Langley, à l’ouest de l’occurrence principale (Ovaska et al., 2001b), laisse penser que d’autres populations pourraient être présentes dans ces secteurs. Il n’existe aucune mention récente pour l’île de Vancouver, mais on trouve au nord de Victoria, dans le sud-est de l’île, des milieux propices où l’espèce pourrait être présente.

Selon les mentions récentes et historiques, la zone d’occurrence de l’A. townsendiana au Canada est d’environ 1 205 km²; cette superficie exclut l’unique mention pour l’île de Vancouver et est délimitée au sud par la frontière canado-américaine. Plusieurs des localités les plus importantes sont mal définies et ne sont pas connues avec exactitude.

La zone d’occupation totale est difficile à établir pour les raisons suivantes : la répartition de l’espèce est éparse, les habitats propices ne sont pas tous occupés, et la zone d’occupation à la plupart des localités n’a pas encore été déterminée. Les rares dèmes dont on connaît la zone d’occupation occupent des superficies étonnamment petites. Par exemple, l’espèce n’occupe que 0,08 km² au ruisseau Warton, 1,18 km² au mont Cemetery, 1,64 km² au mont Hopyard, 0,001 km² au ruisseau Tamihi et une bande de probablement moins de 20 m de largeur à l’île Nicomen. Une terre agricole exploitée intensivement forme une trouée de plus de 400 m dans l’habitat propice des monts Hopyard et Cemetery et empêche probablement la dispersion de l’espèce.

Étant donné quel’Allogona townsendiana ne colonisepas tous les habitats qui lui sont propices dans son aire de répartition, on estime sazone d’occupation au Canada à probablement moins de 20 km².