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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'escargot-forestier de Townsend (Allogona townsendiana) au Canada

Habitat

Besoins en matière d’habitat

On connaît mal les besoins en matière d’habitat de l’A. townsendiana, qu’on trouve dans les forêts mixtes ou feuillues, habituellement dominées par l’érable à grandes feuilles (Acer macrophyllum). Cameron (1986) a observé l’espèce dans deux milieux à humus doux humide, dont l’un était un site perturbé où poussaient des peupliers (Populus spp.) et des saules (Salix spp.), et l’autre un peuplement mûr (> 100 ans) de thuya géant (Thuja plicata) et d’érable à grandes feuilles. De même. Ovaska et al. (2001a et b) ont trouvé l’espèce dans des peuplements feuillus ou mixtes dominés par l’érable à grandes feuilles, le thuya géant et le peuplier de l’Ouest (Populus balsamifera). Tous ces sites étaient caractérisés par la présence d’une couverture herbacée dense, et l’ortie dioïque (Urtica dioica) y était souvent présente. En plus de constituer une source de nourriture, l’ortie pourrait favoriser l’escargot‑forestier de Townsend en exerçant une protection contre le piétinement dans les zones fortement utilisées à des fins récréatives, mais pourrait aussi indiquer que ce gastropode préfère les milieux humides.

L’Allogona townsendiana a probablement besoin de débris ligneux grossiers, d’une importante couche de feuilles mortes ainsi que de végétaux tant sains que sénescents. L’ombre fournie par le couvert forestier conserve l’humidité et atténue les fluctuations de température et d’humidité au niveau du sol. Pour l’estivation et l’hibernation, les escargots ont besoin d’un abri, mais on ne sait pas dans quels types de milieux. Dans l’État de Washington, on a observé l’espèce sur le littoral à des endroits où une partie de la population se trouvait sous des troncs couchés, juste au‑dessus de la limite des grandes marées, en association avec le Monadenia fidelis (Pacific Sideband Snail) et d’autres escargots terrestres (R. Forsyth, données inédites).

 

L’Allogona townsendiana vit à faible altitude. Dans l’État de Washington, on le trouve à moins de 85 m (Branson, 1977). En Colombie‑Britannique, sa plage d’altitude va d’environ 7 à 360 m, mais toutes les localités sauf une se trouvent à moins de 250 m, l’exception étant la localité du ruisseau Silver (au sud de Hope; annexe 1), dont l’altitude est d’environ 365 m au‑dessus du niveau de la mer.

Durant leurs relevés de 2000 et de 2001, Ovaska et al. (2001a et b) n’ont trouvé que des adultes. Au cours des relevés, effectués au printemps, les escargots étaient exposés et actifs, et certains étaient en train de pondre, partiellement enfouis dans un sol mou. La fin du printemps semble idéale pour repérer les adultes, mais en ce qui concerne les jeunes, le fait que ces auteurs n’en ont pas vu laisse penser qu’ils sont plus discrets ou peuvent occuper des microhabitats différents, comme des espaces à l’intérieur de la litière forestière.

Tendances de l’habitat

Les zones voisines des localités de l’A. townsendiana connues dans le Sud‑Ouest de la Colombie‑Britannique ont été en grande partie altérées au cours du dernier siècle. La prairie de Sumas, plaine inondable basse et plane qui s’étend de Sumas jusqu’aux monts Vedder dans la vallée du bas Fraser, occupe une grande partie de l’aire de répartition canadienne de l’espèce. Ce bassin, avec ses épaisses couches de sédiments formant des sols fertiles, offre des habitats de grande qualité à diverses espèces sauvages terrestres et aquatiques. Un grand lac (lac Sumas) était présent dans la région jusqu’au début des années 1920, époque où on l’a drainé pour obtenir des terres agricoles et limiter les inondations. Ce lac couvrait environ 10 000 acres (4 046 hectares) en temps normal, et environ trois fois plus après les crues printanières (Sleigh, 1999).

À l’heure actuelle, la région est en grande partie agricole. De plus, il y a eu urbanisation rapide de la vallée du bas Fraser au cours des dix dernières années, phénomène qui devrait se poursuivre étant donné que Vancouver n’est pas très loin. La population humaine a augmenté de 20 p. 100 dans l’agglomération de recensement d’Abbotsford ainsi que dans celle de Chilliwack dans la période quinquennale de 1991 à 1995 (Statistique Canada). Les versants boisés de la vallée du Fraser et des zones adjacentes semblent offrir des habitats propices à l’espèce. Cependant, ces versants sont convoités à des fins résidentielles; par ailleurs, les basses terres voisines font partie de la réserve de terres agricoles et ne peuvent donc être utilisées à des fins autres. Actuellement, l’habitat propice à l’A. townsendiana est fragmenté par les terres agricoles, l’exploitation urbaine et la topographie (cours d’eau, plaines, montagnes). Dans la vallée du Fraser, les seuls milieux propices se trouvent sur des versants isolés et en certains endroits sur les pentes de la vallée.

Protection et propriété des terrains

La plus grande partie des terres se trouvant à faible altitude dans les vallées du Fraser et de la Chilliwack sont de propriété privée. La région compte deux parcs provinciaux – Bridal Veil Falls et Cultus Lake – qui se trouvent à l’intérieur de l’aire de répartition de l’A. townsendiana, lequel a été observé dans l’un d’entre eux. Dans l’ensemble de la vallée du Fraser, moins de 7 p. 100 des terres sont protégées (Ministry of Lands, Environment and Parks, 2000). L’unique et ancienne observation de l’espèce dans l’île de Vancouver a été faite dans une région agricole, mais il y a près de là une petite zone de forêt ancienne et de forêt secondaire, qui est protégée du fait qu’elle se trouve dans le parc provincial Eves.

La plupart des localités de l’espèce connues sont entourées de terres agricoles protégées par leur appartenance à la réserve de terres agricoles. Le fait que l’espèce se trouve au Canada en périphérie et non à l’intérieur des terres de cette réserve l’expose à la menace de l’exploitation urbaine. Les régions de l’État de Washington immédiatement adjacentes sont davantage rurales et n’ont pas connu des taux de croissance et d’exploitation aussi marqués que ceux observés au Canada.