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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'escargot-forestier de Townsend (Allogona townsendiana) au Canada

Biologie

Généralités

L’écologie et le cycle vital de l’A. townsendiana sont mal connus. L’espèce est hermaphrodite et ovipare. Les œufs sont pondus dans le sol à faible profondeur. Il se pourrait que les individus se développent lentement et vivent longtemps. Vu la répartition éparse de l’espèce, sa capacité de dispersion est probablement faible, quoiqu’une certaine dispersion pourrait avoir lieu au printemps durant la période de reproduction alors que ces animaux semblent « vagabonder ». Toutefois, on peut s’attendre à ce que la fragmentation des habitats due aux activités humaines entrave la dispersion de l’espèce.

Reproduction

L’Allogona townsendiana est un hermaphrodite simultané ovipare (Pilsbry, 1940). La ponte a lieu au printemps (Ovaska et al., 2001a et b), mais peut‑être pas exclusivement. Les individus sont le plus actifs au printemps (Kozloff, 1976), phénomène apparemment corrélé avec l’accouplement et la ponte. Les individus pondent plusieurs œufs (taille exacte des pontes inconnue) dans une dépression qu’ils creusent dans un sol mou et humide (Ovaska et al., 2001a). On ne sait rien d’autre des besoins de l’espèce pour sa reproduction. Il se pourrait que les caractéristiques du sol et de la litière forestière soient importantes pour la ponte.

Survie

Durant leur vagabondage printanier, les escargots sont probablement plus exposés aux prédateurs qui chassent à vue. Ce comportement les rend aussi plus susceptibles d’être écrasés sur les sentiers et en bordure des routes. On a rarement observé des jeunes, et aucune donnée n’existe sur leurs taux de survie. En 2000‑2001, Ovaska et al. (2001a et b) n’en ont pas trouvé, alors qu’ils ont souvent vu des adultes. Il se pourrait que les jeunes soient moins actifs que les adultes et aient des mœurs plus discrètes.

Comme bien d’autres escargots de grande taille, l’A. townsendiana vit probablement longtemps. Le développement de la plupart des plus gros escargots terrestres est lent, la maturité sexuelle n’étant atteinte chez certaines espèces qu’à l’âge de cinq ans ou même plus (p. ex. chez le Monadenia fidelis beryllica, en captivité; Roth et Pressley, 1986).

Les escargots terrestres sont la proie d’un large éventail de mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles et invertébrés. La prédation pourrait constituer chez l’A. townsendiana une importante cause de mortalité, particulièrement dans les petits îlots d’habitat dégradé de piètre qualité. Parmi les gastropodes carnivores du sud de l’île de Vancouver et des basses terres continentales de la Colombie‑Britannique, on compte des espèces forestières indigènes abondantes et largement répandues (Haplotrema vancouverense, Ancotrema sportella et A. hybridum). Nombre d’espèces exotiques peuvent aussi constituer une menace pour les escargots terrestres indigènes en exerçant une prédation ou une concurrence pour les ressources (Cameron, 1986; Forsyth, 1999b et 2001).

Déplacements et dispersion

L’Allogona townsendiana est plutôt sédentaire et semble peu apte à se disperser, comme en témoigne sa répartition éparse dans le Nord-Ouest de l’État de Washington et en Colombie‑Britannique. Les individus sont le plus actifs au printemps durant la période de reproduction, mais on ne sait rien des distances qu’ils parcourent à cette occasion. Pour qu’il y ait dispersion active depuis les zones où l’espèce est concentrée, il faut à la fois du temps et des corridors d’habitat propice. Par ailleurs, il pourrait y avoir dispersion passive sur de grandes distances à la faveur d’événements fortuits (transport par les crues, les mammifères, les oiseaux, etc.), mais ce phénomène est probablement rare. On peut s’attendre à ce que la fragmentation des habitats attribuable aux activités humaines entrave la dispersion de l’espèce, et il y a sans doute très peu d’échanges génétiques entre les dèmes.

Nutrition et interactions interspécifiques

On ne sait pas ce que mange l’A. townsendiana, mais il se nourrit probablement de champignons et de végétaux comme la plupart des autres Polygyridés et la majorité des mollusques terrestres. En captivité, l’espèce se nourrit volontiers de légumes frais (K. Ovaska, obs. pers.). La survie des populations canadiennes n’est probablement pas menacée par un manque d’aliments adéquats, mais l’occurrence de l’espèce semble corrélée positivement avec la présence d’une végétation herbacée dense; le couvert qu’offre la végétation dense pourrait être un facteur plus déterminant. Certaines limaces exotiques (comme l’Arion rufus et le Deroceras reticulatum) forment des populations très denses à certains endroits et pourraient ainsi entrer en concurrence avec l’A. townsendiana pour la nourriture et d’autres ressources.

Comportement et adaptabilité

L’Allogona townsendiana vit dans les vieilles forêts mixtes ou feuillues des basses terres et a besoin des caractéristiques de ces milieux pour sa survie. Il peut tolérer un certain niveau d’activité humaine, comme en témoigne sa persistance dans un petit îlot d’habitat (< 0,001 km2) de la vallée de la Chilliwack, fortement altéré par des activités récréatives. Par ailleurs, l’espèce a déjà été trouvée dans des bordures de forêt (Ovaska et al., 2001a et b). Cependant, on ne sait pas dans quelle mesure l’espèce peut exploiter ce type d’écotone. Enfin, il semble peu probable qu’il puisse y avoir recolonisation par immigration des îlots d’où l’espèce disparaît.

À notre connaissance, on n’a jamais tenté de faire se reproduire l’A. townsendiana en captivité. Toutefois, comme bon nombre d’autres gastropodes terrestres, l’espèce peut sans doute être élevée en captivité assez facilement.