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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'escargot-forestier de Townsend (Allogona townsendiana) au Canada

Taille et tendances des populations

L’accroissement des efforts de recherche depuis les années 1950 a permis de découvrir de nombreuses localités de l’espèce ne figurant pas dans la monographie de Pilsbry (1940), mais le manque de données sur les densités des populations rend impossible l’évaluation de leur taille et de leurs tendances. Comme on dispose de peu de mentions historiques et d’aucun renseignement sur l’abondance de l’espèce dans le passé, on ne peut préciser s’il y a eu expansion ou rétrécissement de l’aire de répartition de l’espèce. De plus, les endroits exacts de la plupart des premières observations sont inconnus.

Ovaska et al. (2001a et b) ont prospecté 38 sites et consacré 18,05 heures‑personnes de recherche aux 12 sites où l’A. townsendiana était présent. Ces auteurs ont trouvé 36 animaux vivants et 9 coquilles d’animaux morts. Ce total ne nous renseigne toutefois pas sur les densités étant donné qu’au nombre de sites, les recherches ont été arrêtées dès la découverte d’un individu (c.‑à‑d. après confirmation de la présence de l’espèce). En mai 2000, où ont été réalisées la plupart des observations, le temps de recherche moyen pour la découverte d’un premier individu a été de seulement 8 minutes. Au cours de six recherches plus longues (de 32 à 142 minutes‑personnes) menées d’avril à juin en 2000 et 2001, Ovaska et al. (2001a et b) ont trouvé en moyenne 4,0 escargots par heure‑personne. Les escargots étaient actifs à la surface et assez faciles à trouver au printemps. Par contre, au cours d’un relevé effectué en septembre auquel ont été consacrées 3 heures‑personnes, un seul animal vivant a été trouvé; il était enfoui dans la couverture de feuilles mortes.

Nous ne savons pas si l’espèce a disparu de certaines de ses localités. Cependant, seulement trois localités ont été revisitées après plusieurs années, l’espèce y étant toujours présente (Ovaska et al., 2001a). L’un de ces sites a actuellement une superficie de seulement environ 25 m par 25 m, sa superficie lors d’une visite antérieure effectuée il y a environ dix ans étant inconnue. La densité des populations dans les localités de l’espèce est inconnue, et sa détermination exigerait des travaux intensifs de marquage‑recapture. En tout temps, la plupart des individus sont probablement soustraits à la vue, et les jeunes sont plus difficiles à déceler.

L’aire de répartition de l’A. townsendiana chevauche la frontière canado‑américaine. Aux États-Unis, l’espèce n’est pas considérée comme en péril, mais sa répartition est nettement éparse dans le Nord‑Ouest de l’État de Washington (Burke, comm. pers., 2001). Il est extrêmement peu probable qu’il puisse y avoir de façon naturelle échange d’individus entre les deux pays sur de grandes distances, mais des immigrants pourraient peut-être survivre au Canada. Il y a dégradation et fragmentation de l’habitat propice dans l’aire de répartition actuelle de l’espèce au Canada, et les habitats apparemment propices à l’extérieur de l’aire actuelle de l’espèce (dans la région de la vallée du Fraser et de l’agglomération vancouvéroise ainsi que dans une grande partie du sud de l’île de Vancouver) ne semblent pas utilisés par cet escargot.

Il est possible que l’A. townsendiana ait toujours eu au Canada une répartition très éparse du fait qu’il s’y trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition générale. L’effectif canadien est composé de dèmes qui sont apparemment isolés par des obstacles anthropiques et naturels.