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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Isoète de Bolander au Canada – Mise à jour

Mise à jour
Rapport de situation du COSEPAC
sur
l’Isoète de Bolander
Isoetes bolanderi
au Canada
2006

Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique :

Isoetes bolanderi Engelmann (1874)

Synonymes :

Isoetes californica Engelmann ex Gray (1867) – nom invalide, mentionné dans Gray (1867) sans information justificative;Isoetes pygmaea Engelmann (1874); Isoetes bolanderi var. pygmaea (Engelmann) Clute (1905) – forme appauvrie; Isoetes bolanderi Engelmann var.parryi Engelmann (1874) – plante plus courte, à feuilles minces et à spores plus petites que chez la forme typique de l’espèce; Isoetes bolanderi Engelmann var.sonnei Henderson (1900) – forme appauvrie récoltée dans le lac Donner, en Californie.

Nom français :

isoète de Bolander

Nom anglais :

Bolander’s quillwort

Famille :

Isoétacées

Grand groupe végétal :

Ptéridophytes (fougères et plantes semblables)

La définition et le nom scientifique de l’espèce sont clairs, et les populations désignées par les synonymes sont aujourd’hui considérées comme des formes sans valeur taxinomique (Taylor et al. 1993). À la périphérie de son aire de répartition, l’Isoetes bolanderi peut produire des hybrides stériles avec l’I. occidentalis Henderson ainsi qu’avec l’I. echinospora Dur. (I. ×herb-wagneri Taylor) (Taylor et al., 1993). Le plus commun de ces hybrides est l’I. bolanderi ×occidentalis, qui se rencontre de façon sporadique dans la Sierra Nevada, en Californie (DAO; Dfb; MICH; W.C. Taylor, comm. pers.). L’Isoetes ×herb-wagneri a été trouvé dans une seule localité, dans l’ouest du Montana (Taylor, 2002). Aucun hybride de l’I. bolanderi n’a jamais été signalé au Canada.


Description morphologique

L’Isoetes bolanderi est un petit isoète dont la corme bilobée produit une touffe de feuilles molles, droites, dont la longueur est généralement de 6 à 13 cm, mais peut aller de 3 à 25 cm (figure 1). La corme est habituellement enfouie au fond du lac et n’est pas visible. Les feuilles sont normalement fixées peu solidement à la corme, dont elles se détachent facilement en cas d’impact physique même léger (action des vagues, impact mécanique, etc.). Elles s’atténuent vers le sommet en une pointe très fine et sont de couleur vert vif à vert brunâtre. Chaque sporange (renfermant soit des mégaspores, soit des microspores) se trouve dans une cavité de la face adaxiale de la base renflée et pâle de la feuille, et cette cavité est partiellement recouverte par un voile (couche de tissus) translucide de couleur neutre. Ce degré de recouvrement, qui est généralement d’environ 30 % chez l’I. bolanderi,est un caractère taxinomique important (Taylor et al., 1993; Brunton et Britton, 1997, 1998).

L’Isoetes bolanderi est une plante véritablement aquatique : elle pousse sous l’eau et n’émerge que rarement le long des rives des lacs (Engelmann, 1882; Clute, 1905; Pfeiffer, 1922; Taylor et al., 1993). Les sujets de l’espèce poussant au Canada sont plus petits que ceux poussant dans la plus grande partie de l’aire de répartition de l’espèce, aux États-Unis, qui ont habituellement une hauteur de 3 à 7 cm (D. Brunton, obs. pers.).

L’Isoetes bolanderi peut facilement être confondu avec une espèce étroitement apparentée, l’I. howellii Engelm., particulièrement au Canada (voir par exemple Taylor, 1970). L’I. howellii est une plante émergente ou amphibie (rarement aquatique), qui se rencontre habituellement à des altitudes plus faibles, dans des vasières isolées inondées de façon saisonnière ainsi que dans les zones de végétation émergente bordant les lacs et les rivières, dans des localités à substratum géologique plus jeune et plus complexe (comme les roches métamorphiques des hautes-terres du Columbia, dans la région du lac Shuswap, dans la partie intérieure de la Colombie-Britannique). Par rapport à l’I. bolanderi, l’I. howellii produit normalement des feuilles plus longues et plus étroites, recourbées à réfléchies, de couleur vert foncé à vert grisâtre, qui ne se détachent pas facilement de la corme.


Figure 1 : Isoëtes bolanderi, plante entière

Figure 1 : Isoëtes bolanderi, plante entière, ×1.

×1 (Spécimen no 10 841 par D.F. Brunton, comté de Park, Wyoming, août 1991).

Sur le terrain, il est normalement difficile d’identifier sûrement les espèces semblables d’isoètes, car il faut habituellement en étudier l’ornementation macrosporale, ce qui exige la dissection de sporanges et un examen à fort grossissement.