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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Isoète de Bolander au Canada – Mise à jour

Répartition

Aire de répartition mondiale

L’Isoetes bolanderi est endémique àl’ouest de l’Amérique du Nord, où il se rencontre dans les Rocheuses, la chaîne Côtière, les monts Cascades et la Sierra Nevada, aux États-Unis et dans un secteur limitrophe du Canada (figure 2). L’espèce est encore présente aujourd’hui dans toute son aire de répartition historique.


Figure 2 : Répartition mondiale de l’Isoetes bolanderi

Figure 2 : Répartition mondiale de l’Isoetes bolanderi


Aire de répartition canadienne

Au Canada, l’Isoetes bolanderi n’a jusqu’à présent été observé que dans le parc national des Lacs-Waterton, dans le sud-ouest de l’Alberta (figure 3). L’espèce y a été récoltée pour la première fois en 1946, dans le secteur des lacs Carthew, par A.E. Porsild et A.J. Breitung qui ont identifié la plante comme étant un I. echinospora. Par la suite, le spécimen n’a pas été signalé par les divers chercheurs, ni même par Breitung lui-même dans son rapport sur la flore du parc national (Breitung, 1957), jusqu’à ce qu’il soit mentionné sous le nom I. echinospora par Cody et Britton (1989). L’identification a été corrigée à I. bolanderi par Brunton (1994) dans le cadre de la préparation du premier rapport de situation du COSEPAC sur l’espèce.


Figure 3 : Position du seul site canadien de l’Isoetes bolanderi

Figure 3 : Position du seul site canadien de l’Isoetes bolanderi

Peter Achuff a cherché en vain l’I. bolanderi dans le secteur des lacs Carthew, en 1995, 1996, 2002 et 2003. L’altitude particulièrement élevée de ce secteur et l’absence de mention ultérieure de l’espèce ont soulevé des doutes sur la validité de la récolte originale de 1946. Cependant, Brunton (2002), en consultant les archives du Musée canadien de la nature, a pu établir que les deux herborisateurs se trouvaient effectivement dans cette localité ce jour-là. La population des lacs Carthew est aujourd’hui considérée comme disparue, car des recherches récentes et approfondies n’ont pas permis de la retrouver. La cause de cette disparition n’est pas évidente, mais on peut supposer qu’un phénomène de nature stochastique a dû éliminer cette petite population même si elle se trouvait dans une zone strictement protégée.

Une deuxième population d’Isoetes bolanderi a été découverte par Breitung le 14 août 1953 au lac Summit, dans le parc national des Lacs-Waterton, 3,5 km au sud-ouest du lieu où Porsild et Breitung avaient récolté le premier spécimen, dans le secteur des lacs Carthew. Cette deuxième population a été signalée plusieurs fois par la suite, entre autres par Breitung (1957), Kuijt (1982) et Achuff (1997).

Aujourd’hui, la seule population connue de l’Isoetes bolanderi se trouvant au Canada est celle du lac Summit. La population connue la plus proche de celle-ci se trouve aux États-Unis, dans le secteur des lacs Dutch, dans le parc national Glacier, au Montana, environ 30 km au sud-ouest du lac Summit (Lesica, 2002).

La grande ressemblance de l’Isoetes bolanderi avec l’I. howellii a été la cause de trois mentions erronées de l’I. bolanderi en Colombie-Britannique, qui ont toutes été corrigées à I. howellii :

1) « ... abondant dans un étang marécageux de la réserve indienne, à Kamloops ... où la plante est partiellement immergée et partiellement émergente... » (Macoun, 1890, traduit de l’anglais).

L’étang saisonnier où le spécimen de Macoun semble avoir été récolté (dans une plaine d’armoises, 50o 41'N, 120o 15'O, 200 m à l’ouest de la route 5, 400 m au nord de la rivière South Thompson, réserve indienne no 1 de Kamloops) a été gravement altéré par le remblayage, par l’empiétement du Typha latifolia et par le ruissellement d’eaux d’égout en provenance d’un parc de caravanes voisin. Aucun isoète n’était visible à cet endroit en août 1992 (D. Brunton, obs. pers.). La mention de Macoun a été attribuée à l’Isoetes bolanderi par Taylor (1970) et par Scoggan (1978). Le spécimen de Macoun (In pools on the Indian Reserve, Kamloops. John Macoun s.n., 24 July 1889 [CAN5536; CAN 5535]) a été révisé à I. howellii (Cody et Britton, 1989).

2) « ... assez commun dans le lac Shushwap [sic], à Sicamous... » (Macoun, 1890, traduit de l’anglais).

Cette mention a été reprise et cartographiée par Taylor (1970) et reprise par Scoggan (1978). On ne connaît aucune mention ultérieure de l’espèce pour la région de Sicamous ni pour toute autre localité de l’intérieur de la Colombie-Britannique. Le spécimen de Macoun (In the water near the railway bridge, Shushwap [sic] Lake, Sicamous, John Macoun s.n., 17 July 1889, CAN 5534) a été révisé à I. howellii (Cody et Britton, 1989).

3) 49o 01.5 N' 114o 03.5 O'; 50 m à l’ouest du sentier du col Akamina, 120 m à l’ouest de la frontière albertaine, Akamina-Kishinena Recreation Area, région d’East Kootenay.

C’est sur cette population que sont fondées les mentions récentes de l’Isoetes bolanderi pour la Colombie-Britannique, notamment par Straley et al. (1985), Argus et Pryer (1990), Taylor et al. (1993) ainsi que Ceska (2000). Les premiers spécimens y ont été récoltés le 24 août 1976 par D. Polster, sous le nom I. echinospora(UV 94753) – fide R.T. Ogilvie. Du matériel supplémentaire, récolté en août 1981 par A. Polster pour les études cytologiques d’A. Ceska et D.M. Britton, a été identifié comme appartement à l’I. bolanderi typique (voir Kuijt, 1982). Par la suite, il a été établi que la population appartient plutôt à l’I. howellii (Brunton, 1994; Douglas et al., 1998; Ceska, 2000). Cette population existait toujours en 2004 (P. Achuff, obs. pers.).

Comme la population des lacs Carthew est disparue, la zone d’occupation et la zone d’occurrence canadiennes de l’espèce sont constituées uniquement du site du lac Summit, lequel a une superficie d’environ 2 hectares.