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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Isoète de Bolander au Canada – Mise à jour

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Des relevés visant à trouver l’Isoetes bolanderi ont été faits en 2002 et 2003 dans certains lacs du parc national des Lacs-Waterton et du parc provincial Akamina, situé dans le secteur limitrophe de la Colombie-Britannique (Annexe 1). Au départ, une liste de 32 lacs potentiellement propices a été dressée, et ces lacs ont été évalués selon la similarité de leurs caractéristiques écologiques avec celles du lac Summit. Une exploration détaillée des 26 lacs jugés les plus propices a ensuite été effectuée, en général à raison de 1 à 3 heures par lac, par Cheryl Bradley, Cyndi Smith et Peter Achuff. Cependant, cette recherche n’a permis de découvrir aucune nouvelle population de l’espèce.


Abondance

Selon la première estimation qui a été faite de la population d’Isoetes bolanderi du lac Summit, fondée sur un dénombrement des individus poussant jusqu’à une profondeur d’environ 1,5 m, il semble qu’entre 600 000 à 1 800 000 individus poussent sur 50 à 90 % du rivage (Brunton, 1994). En supposant que 1,8 million d’individus occupent ainsi 50 % du rivage, on obtient un effectif maximal d’environ 4 millions d’individus pour l’ensemble de la population.

Un relevé complet a été effectué en août 2002 (Smith et Bradley, 2003, traduit de l’anglais) :

« En tout, 10 transects ont été établis au hasard, et les données ont été recueillies dans 101 quadrats. Environ 78 % des quadrats (79 sur 101) renfermaient au moins un individu d’I. bolanderi, et seuls ces quadrats ont été utilisés pour les calculs, car les individus n’étaient pas répartis uniformément autour du lac. Les quadrats ayant un substrat rocheux grossier ou abritant d’autres espèces vasculaires ne renfermaient aucun I. bolanderi. Un total de 6 000 individus ont été dénombrés, et le nombre moyen d’individus par quadrat était de 75,9 (avec une erreur-type de±6,5). Le nombre d’individus présents dans chaque quadrat allait de 1 à 265, et la médiane était de 61. »

« Pour estimer la taille de la population à partir du nombre moyen d’individus par échantillon, nous avons dû calculer le nombre total d’unités échantillonnables possibles. Les transects s’arrêtaient à une profondeur de 1,2 m, mais des individus d’I. bolanderi ont été observés au bout de tous les transects au-delà de cette profondeur. Comme la profondeur maximale du lac est de 2,0 m, nous avons supposé qu’il n’y avait aucune limite de profondeur pour la présence de l’espèce. Nous avons également supposé que la fréquence des quadrats échantillonnés où l’I. bolanderi était présent pouvait être appliquée à l’ensemble du lac. »

« Or, nous avons échantillonné 10,1 m2 (0,5 %) des 2,03 ha du lac qui pouvait comprendre environ 203 000 unités (quadrats) de 0,1 m2. Comme seulement 78 % des quadrats échantillonnés renfermaient l’espèce, nous avons estimé le nombre total d’unités échantillonnables à 158 340, puis nous avons multiplié ce nombre par le nombre moyen d’individus par quadrat où l’espèce était présente (75,95), ce qui a donné l’estimation suivante de l’effectif total de la population du lac Summit : 12 025 923 individus ± 2 058 614 (intervalle de confiance de 95 %). »

La différence entre les 2 estimations (12 millions par rapport à 4 millions) est presque certainement due à des différences dans les techniques d’estimation, et non au fait que la population aurait triplé.

En 2004, la population a été surveillée quant à la présence ou l’absence de l’espèce dans des quadrats disposés au hasard. Le protocole expérimental assurait une probabilité de 95 % de détecter tout changement de 30 % dans la présence de l’espèce, avec une probabilité de 10 % de détecter un changement là où aucun changement n’était réellement survenu (Smith et Bradley, 2003). Le relevé de 2004 a donné un taux de présence de 87 %, par rapport à 78 % en 2002 (Smith, comm. pers.). Comme cette différence n’est pas considérable, il semble que la population a été stable durant cet intervalle de 2 ans.


Fluctuations et tendances

Il semble que la population du lac Summit a été stable de 2002 à 2004.

On ne connaît pas les tendances des populations d’Isoetes bolanderi aux États-Unis. Cependant, la situation de l’espèce n’est pas jugée préoccupante à l’échelle mondiale (Cronquist et al., 1972; Lellinger, 1985; Taylor et al., 1993).


Effet d'une immigration de source externe

La seule population canadienne connue de l’espèce se trouve au lac Summit, et la population la plus proche de celle­‑ci se trouve dans le secteur des lacs Dutch, dans le parc national Glacier, au Montana, soit à une distance d’environ 30 km (Lesica, 2002). On ne connaît pas la situation de cette population située aux États-Unis.

Une colonisation de milieux propices situés au Canada à partir de la population des lacs Dutch est très improbable, étant donné la faible capacité de dispersion de l’espèce. Des individus provenant des lacs Dutch seraient sans doute adaptés pour survivre dans le sud du Canada, mais il n’est pas certain qu’il existe dans ce pays, ailleurs qu’au lac Summit, une superficie suffisante de milieux propices où les immigrants pourraient s’établir. D’ailleurs, comme la population du lac Summit est la plus septentrionale de l’espèce, on peut supposer que les autres milieux propices, s’ils existent, auraient déjà été colonisés à partir de la population du lac Summit.

On peut donc dire qu’un effet d’immigration à partir d’autres populations est très improbable.