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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le mormon au Canada

Mormon

Apodemia mormo

Information sur l’espèce et répartition

 

Le mormon (Apodemia mormo) (Felder et Felder, 1859), petit papillon diurne d’une envergure de 25 à 35 mm, est la seule espèce de la famille des Riodinidés au Canada. Il se rencontre depuis les États mexicains du Sinaloa et de Basse-Californie, vers le nord jusqu’aux parties sud des régions méridionales de l'Ouest canadien. Au Canada, il forme deux populations isolées, l’une dans le Centre-Sud de la Colombie-Britannique, l’autre dans le Sud-Ouest de la Saskatchewan.

Habitat et biologie

Le mormon est un papillon de régions arides. Il semble associé aux flancs de collines, aux dunes et aux remblais à sol dénudé, sablonneux ou graveleux, où poussent les espèces d’ériogones qui lui servent d’hôtes larvaires. Les adultes vivent environ 10 jours et mènent une existence relativement sédentaire, se déplaçant rarement sur plus de 50 m. En Colombie-Britannique, le mormon utilise l'ériogone des neiges, alors qu’en Saskatchewan, il utilise probablement l'ériogone pauciflore comme plante hôte à l’état larvaire et comme source de nectar à l’état adulte. La bigelovie puante est une importante source secondaire de nectar dans les deux provinces. Le mormon produit une génération par année au Canada.

Taille et tendances des populations

Les populations de ce papillon sont probablement soumises à des fluctuations considérables d’une année à l’autre. La région occupée par l’espèce est apparemment stable en Saskatchewan. En Colombie-Britannique, le mormon a déjà été présent dans la vallée de l'Okanagan, mais il n’y a pas été vu depuis le début du siècle dernier. La population présente dans la vallée de la Similkameen fluctue considérablement d’une année à l’autre, mais elle semble y avoir maintenu ou agrandi sa zone d’occupation depuis 1995, bien que les effectifs aient diminué.

Facteurs limitatifs et menaces

Comme les deux populations canadiennes se trouvent à la limite nord de l’aire du mormon, l’influence des facteurs climatiques ne peut être exclue. La répartition des plantes hôtes larvaires (deux espèces d’ériogones) limite les zones d’habitat potentiel, mais les deux espèces d’ériogones se rencontrent dans de nombreuses régions où le papillon est actuellement absent. En Saskatchewan, l'ériogone pauciflore figure actuellement sur la liste provinciale des espèces préoccupantes, mais il pourrait être plus commun qu’on le croyait jusqu’à maintenant. L’ériogone des neiges n’a pas de cote de conservation en Colombie-Britannique, mais il semble confiné aux habitats chauds et secs dans les vallées de l'Okanagan et de la Similkameen.

En Colombie‑Britannique, l’altération anthropique du paysage représente une grave menace pour le mormon. Le papillon dépend par contre des perturbations qui favorisent l’apparition des habitats caractérisant les premiers stades de la succession végétale propices à la croissance de peuplements denses de la plante hôte. Les activités de construction et d’entretien le long des étroites voies de communication et de services, celles-là mêmes qui sont occupées par le papillon, peuvent détruire les colonies. Toutefois, ces mêmes activités, si elles étaient accompagnées de pratiques de construction adaptées aux conditions locales et de mesures d’atténuation appropriées, pourraient être bénéfiques pour le mormon en favorisant la création de nouveaux habitats propices ou l’amélioration d’habitats favorables existants.

En raison de l’intense compétition qui les oppose à l’ériogone des neiges, certaines mauvaises herbes d’origine eurasienne, comme la centaurée diffuse, la linaire de Dalmatie et le brome des toits, peuvent compromettre la qualité de l’habitat du mormon en de nombreux endroits.

Importance de l’espèce

Le mormon est la seule espèce au Canada de la famille des Riodinidés, taxon essentiellement néotropical. L’étendue de l’aire et le degré de différenciation taxinomique font de cette espèce un sujet intéressant pour les études sur l’écologie et l’évolution des espèces, tout comme le fait que les deux populations canadiennes sont nettement séparées tant l’une de l’autre que de l’aire principale de l’espèce, qu’elles utilisent des espèces d’ériogones différentes comme plantes hôtes et qu’elles pourraient éventuellement être reconnues comme des sous-espèces distinctes.

Protection actuelle ou autres désignations

En Colombie-Britannique, le mormon est désigné espèce en voie de disparition (S1) par le Conservation Data Centre et figure sur la liste rouge provinciale. En Saskatchewan, l’espèce apparaît également sur la liste des espèces en voie de disparition. Toutes les colonies sont comprises dans les limites proposées du parc national des Prairies, et la moitié d’entre elles se trouvent à l’intérieur des limites actuelles du parc. En Colombie-Britannique, toutes les colonies sont établies dans des couloirs de transport, des réserves indiennes et des terres privées, et aucune ne bénéficie de quelque protection que ce soit. Natureserve a attribué au mormon la désignation nationale « espèce en voie de disparition ».

Sommaire du rapport de situation

 

Le mormon (Apodemia mormo) atteint la limite nord de son aire dans la vallée de la Similkameen, dans le Centre-Sud de la Colombie-Britannique, et dans les badlands de la rivière Frenchman et de Killdeer, dans le parc national des Prairies, dans le Sud-Ouest de la Saskatchewan.

La population de la Saskatchewan bénéficie de la protection que lui confère sa situation dans le parc national, de la présence de vastes étendues d’habitat apparemment favorable (mais non échantillonné) et du potentiel de sauvetage par des populations établies plus au sud.

En Colombie-Britannique, aucune des colonies existantes ne se trouve dans des secteurs visés par des mesures de protection et de conservation. Ces colonies partagent la région avec une population humaine modérément dense et en expansion, et elles sont trop éloignées l’une de l’autre pour qu’il y ait possibilité de sauvetage.


 

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MANDAT DU COSEPAC

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

EspèceToute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.
Espèce disparue (D)Toute espèce qui n’existe plus.
Espèce disparue du Canada (DC)Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.
Espèce en voie de disparition (VD)*Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.
Espèce menacée (M)Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.
Espèce préoccupante (P)**Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.
Espèce non en péril (NEP)***Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.
Données insuffisantes (DI)****Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.
  
*Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
**Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
***Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.
   

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

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Environnement       Environment

Canada                 Canada

Service canadien    Canadian Wildlife
de la faune            Service

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Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.