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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le mormon au Canada

Nom et classification  

Le mormon (Apodemia mormo C. & R. Felder, 1859) est la seule espèce de la famille des Riodinidés au Canada. Cette famille comprend cinq sous-familles qui totalisent, à l’échelle mondiale, environ 1 300 espèces, dont 1 200 sont néotropicales.

Le genre Apodemia regroupe une douzaine d’espèces appartenant à la tribu des Emesini, un groupe polyphylétique d’affinités indéterminées faisant partie de la sous-famille des Riodininés. La tribu des Emesini englobe tous les Riodinidés possédant quatre nervures radiales et compte plus de cent espèces réparties en treize genres (DeVries, 1997). La taxinomie du mormon n’est pas fixée. L’Apodemia mormo sensu lato comprend actuellement vingt sous-espèces nommées, dont seulement quatre n’habitent pas la Californie (Scott, 1986; Emmel et Emmel, 1998; Emmel et al., 1998). Opler (1999) divise ce complexe d’espèces en quatre espèces. Selon la plupart des auteurs, les populations canadiennes appartiendraient à la sous-espèce A. m. mormo (p. ex. Layberry et al., 1998; Opler, 1999; Pyle, 2002). Scott (1986) a associé la population de la Saskatchewan à la sous-espèce A. m. mejicanus. Dans une étude plus récente, Scott et Fisher (1998) ont identifié une sous-espèce du Centre-Sud du Colorado, à l’est de la ligne de partage des eaux, qu’ils ont dénommée A. m. pueblo Scott, mais ils n’ont pas réévalué la population de la Saskatchewan. L’aile postérieure des papillons de la Saskatchewan est dépourvue des marques orange caractéristiques du A. m. mejicanus et du A. m. pueblo et ressemble superficiellement à celle des mormons de la Colombie-Britannique (R. Hooper, comm. pers.). Tant qu’on ne disposera pas d’une comparaison détaillée entre les populations canadiennes isolées et celles des régions plus au sud, il semble prématuré d’associer les populations canadiennes à une sous-espèce décrite.

Description  

La description suivante s’applique à la sous-espèce nominale A. m. mormo et semble généralement compatible avec l’apparence des individus de la Colombie‑Britannique et de la Saskatchewan. À notre connaissance, les populations canadiennes n’ont jamais fait l’objet d’une comparaison approfondie avec la sous-espèce nominale. Une telle étude pourrait fort bien révéler d’importantes différences entre ces populations.

L’Apodemia m. mormo est un petit papillon de 25 à 35 mm d’envergure (figures 1 et 2). Les sexes sont semblables, mais les mâles sont plus petits, et leurs pattes antérieures sont atrophiées et n'interviennent pas dans la locomotion. Les femelles possèdent trois paires de pattes locomotrices fonctionnelles. Le bord costal de l’aile antérieure est très peu incurvé. Les ailes sont ornées de motifs et carreaux blancs sur leurs deux faces. Le fond de l’aile est brun foncé sur le dessus, gris en dessous. Le fond de la moitié antérieure des deux tiers basaux de l’aile antérieure est brun-rouge sur ses deux faces (Layberry et al., 1998). Le corps est gris foncé, avec des taches blanches diffuses et peu visibles sur les segments abdominaux. Les yeux sont verts, et les antennes sont distinctement annelées de noir et de blanc.

Figure 1. Colombie-Britannique – Apodemia mormo posé sur un plant d’Eriogonum niveum. Photo de D. St. John.

Figure 1. Colombie-Britannique – Apodemia mormo posé sur un plant d’Eriogonum niveum. Photo de D. St. John.

Figure 2. Saskatchewan – Apodemia mormo posé sur un plant d’Eriogonum pauciflorum. Photo de J. Pepper.

Figure 2. Saskatchewan – Apodemia mormo posé sur un plant d’Eriogonum pauciflorum. Photo de J. Pepper.

Les œufs, sphères aplaties roses virant au violet avec le temps, sont déposés par petits groupes de deux à quatre sur la plante hôte (Scott, 1986; Pyle, 2002). La chenille est violet foncé (plus pâle en dessous), avec six rangées de verticilles d’épines analogues à celles des cactus, les rangées dorsales étant noires à la base et les rangées latérales, ocre (Scott, 1986).

La chrysalide, en partie pubescente et marbrée de brun, est généralement formée dans la litière à la base de la plante hôte (Scott, 1986; Pyle, 2002). Des photographies couleur de la chenille et de la chrysalide sont présentées dans Butterflies of British Columbia (Guppy et Shepard, 2001). 

Populations importantes à l’échelle nationale

Les colonies la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique devraient être considérées comme des populations distinctes et importantes à l’échelle nationale. Les adultes des deux populations se ressemblent, mais ils n’ont fait l’objet ni d’études approfondies ni d’un examen visant à déterminer leur niveau de différenciation génétique.

Les deux populations sont isolées tant l’une de l’autre que des principales populations établies plus au sud. Elles occupent des zones écologiques distinctes à l’échelle canadienne, soit la zone du Sud de la cordillère dans le cas de la population de la Colombie-Britannique, et la zone des Prairies dans le cas de la population de la Saskatchewan. La population de la Colombie-Britannique utilise comme plante hôte l’Eriogonum niveum, alors que celle de la Saskatchewan utilise l’Eriogonum pauciflorum.