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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le mormon (Apodemia mormo) au Canada

Répartition mondiale

L’aire du mormon sensu lato s’étend du Sinaloa, au Mexique, jusque dans le Sud de la Colombie‑Britannique et le Sud-Ouest de la Saskatchewan (figures 4 et 5). Aux États-Unis, le mormon se rencontre d’ouest en est depuis la Californie, où le nombre de sous-espèces atteint un sommet, jusqu’au Nevada, en Utah et au Colorado. Au nord de ces États, il forme une série de populations isolées. Opler (1999) et Pyle (2002) distinguent un groupe de quatre populations isolées dans les États du Nord-Ouest des États-Unis, dont la population de la Colombie-Britannique, et une population isolée occupant la partie Nord-Est de l’aire, plus précisément l’Est du Montana, le Dakota du Nord et le Sud-Ouest de la Saskatchewan (figure 3). Dans la plupart des régions du nord-ouest des États‑Unis et du Canada où elle est présente, l’espèce se rencontre principalement dans des habitats distribués le long des vallées du Columbia et du Missouri et de leurs affluents (Hooper, comm. pers).

Plus au sud, la répartition du mormon se définit différemment selon qu’on adopte le concept plus inclusif retenu par la plupart des auteurs ou qu’on privilégie, à l’instar d’Opler (1999), l’éclatement de l’espèce en quatre espèces distinctes. Dans le premier cas, l’aire de l’espèce s’étend vers le sud jusqu’aux États mexicains du Sinaloa (A. m. mejicanus Behr) et de Basse-Californie (A. m. virguleti Behr), et vers l’est jusqu’au Texas (A. m. duryi W.H. Edwards). Pour sa part, Opler élève les sous-espèces occupant ces régions au rang d’espèce distincte à l’intérieur du genre Apodemia (figure 3).

Figure 3. Répartition nord-américaine de l’Apodemia mormo.

Figure 3. Répartition nord-américaine de l’Apodemia mormo.


Répartition canadienne

L’aire de répartition canadienne du mormon se limite aux territoires occupés par les deux populations isolées. Une de ces populations est établie dans la vallée de la rivière Similkameen, dans l’intérieur-sud de la Colombie-Britannique. Dans la portion américaine de la vallée de la Similkameen, le mormon n’a été observé qu’une seule fois, dans l’État de Washington, à environ un kilomètre au sud de la frontière canado-américaine, et à une vingtaine de kilomètres de la colonie connue la plus proche en Colombie-Britannique (Pyle, comm. pers.). Selon Pyle (2002), l’individu observé faisait partie de la population isolée qui est située principalement en Colombie-Britannique. Plus au sud, la colonie la plus proche se trouve près de Brewster (Washington), à quelque 75 km au sud du site de la rivière Similkameen. Cette colonie ferait partie d’une population isolée établie sur les rives du Columbia (Pyle, 2002).

   La deuxième population canadienne vit dans le Sud-Ouest de la Saskatchewan, dans les blocs est et ouest du parc national des Prairies (figure 4). Selon Opler (1999), cette population fait partie d’une population isolée dont l’aire s’étend jusque dans l’Est du Montana et au Dakota du Nord (voir en annexe les cartes détaillées illustrant l’aire des deux populations). L’habitat de badlands susceptible de convenir aux mormons se prolonge au-delà de la frontière du Montana.

Figure 4. Répartition canadienne de l’Apodemia mormo.

Figure 4. Répartition canadienne de l’Apodemia mormo.