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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le mormon au Canada

Besoins en matière d’habitat

Le mormon est un papillon de régions arides. Il semble associé aux flancs de collines, aux dunes et aux remblais à sol dénudé, sablonneux ou graveleux, où poussent les ériogones qui lui servent d’hôtes larvaires. (Opler, 1999; Pyle, 2002). En Californie, Arnold et Powell (1983) ont constaté que la plante hôte (E. nudum auriculatum Benth.) doit être exposée à un régime de perturbation modéré pour atteindre les densités moyennes à élevées apparemment essentielles pour le mormon (Apodemia mormo langei J.A. Comstock, dans le cas présent). Ils ont également découvert que les femelles ont besoin de plants matures de grande taille pour la ponte, vraisemblablement pour fournir à leur progéniture une quantité de nourriture et une protection appropriées.

Tant en Saskatchewan (Hooper, 2002) qu’en Colombie-Britannique (St. John, 2001), le mormon est étroitement associé aux pentes instables et s’aventure rarement en terrain plat, même quand les plantes hôtes y abondent (figures 5 et 6). En Colombie-Britannique, la plante hôte forme des peuplements denses uniquement dans les milieux perturbés, habituellement le long des routes et des voies ferrées. Les perturbations du sol engendrées par l’érosion sont également suffisantes dans les sites à pente abrupte et à sol sablonneux ou graveleux pour créer des conditions favorables à l’Eriogonum niveum Dougl. En Saskatchewan, le papillon est aussi associé aux versants de collines arides, sur lesquels poussent d’importantes populations d’Eriogonum pauciflorum Pursh.

À l’âge adulte, le mormon a aussi besoin d’une source de nectar. Cette source lui est fournie par les plantes hôtes durant une bonne partie de la saison de vol. La bigelovie puante (Ericameria nauseosus) semble également une source de nectar importante dans les deux provinces, surtout durant les périodes où la plante hôte n’est pas en fleur. Les adultes en quête de nectar semblent visiter uniquement ces deux espèces végétales, même si de nombreuses autres plantes fleurissent à la même période (St. John, obs. pers.).

En Colombie-Britannique, toutes les colonies se trouvent dans des steppes à armoise du bassin de la Similkameen, dans la sous‑zone biogéoclimatique la plus chaude et la plus sèche. Cette sous-zone à graminées cespiteuses couvre environ 366 km2 dans les régions de l'Okanagan et de la Similkameen réunies, et 117 km2 dans le bassin de la Similkameen. La plupart des unités d’habitat comprises dans cette sous-zone ne conviennent pas aux mormons. Les 15 colonies répertoriées depuis 1995 couvrent une superficie totale d’environ 8 ha (Dyer, 1992). Comme le mormon ne s’aventure apparemment pas en terrain plat et forme des colonies uniquement dans les milieux où ses plantes hôtes forment des peuplements denses, il est peu probable que la superficie totale des habitats qui lui conviennent dans le bassin de la Similkameen dépassent de beaucoup 50 hectares.

En Saskatchewan, toutes les colonies sont établies dans des badlands, à l’intérieur des limites actuelles ou projetées du parc national des Prairies (PNP). Les badlands couvrent environ 300 km2 dans le bloc ouest du parc (badlands de la rivière Frenchman), et 80 km2 dans le bloc est (badlands du ruisseau Rocky ou de Killdeer) (Pepper, comm. pers.). Seuls les badlands du bloc est sont situés à proximité d’habitats semblables aux États-Unis. Les colonies de mormons sont confinées à des pentes dénudées de schiste argileux et d’argile partiellement érodées par les intempéries (Hooper, 2002).

Figure 5. Habitat du mormon en Colombie-Britannique

Figure 5. Habitat du mormon en Colombie-Britannique

Figure 6. Habitat du mormon en Saskatchewan

Figure 6. Habitat du mormon en Saskatchewan

Tendances

Il est difficile d’évaluer l’évolution de la disponibilité de l’habitat du mormon en Colombie-Britannique. Les vallées de l’Okanagan et de la Similkameen ont été soumises à une exploitation agricole intense et ont connu une forte croissance de la population humaine. La présence de milieux abritant des peuplements denses de la plante hôte et de colonies du papillon le long des voies de communication laisse croire que certaines activités humaines pourraient contribuer à accroître la disponibilité des habitats convenant au mormon. En revanche, l’impact immédiat des activités de construction risque d’entraîner l’élimination des colonies existantes. L’introduction de mauvaises herbes d’origine eurasienne, comme le brome des toits (Bromus tectorum L.), la centaurée diffuse (Centaurea diffusa Lam.) et la linaire de Dalmatie (Linaria dalmatica (L.) Mill.), pourrait avoir réduit la dominance des plantes hôtes et des plantes nectarifères indigènes (Cannings et al., 1998).

En Saskatchewan, la superficie des badlands convenant au mormon n’a vraisemblablement pas changé et devrait demeurer stable dans un avenir prévisible.

Protection et propriété des terrains

Aucune des colonies actuellement connues en Colombie‑Britannique n’est protégée. Quatre d’entre elles se trouvent sur des terres privées, une autre est établie sur le bord d’une route traversant la réserve indienne no 8 (Skemeoskuakin), et les autres sont réparties le long d’emprises de lignes de transport d’électricité.

En Saskatchewan, trois des six colonies connues se trouvent à l’intérieur des limites actuelles du parc national des Prairies, et les autres, sur de grands ranchs (Hooper, 2002) compris dans les limites projetées du parc.