Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Ptychobranche réniforme (Ptychobranchus fasciolaris) au Canada

Protection actuelle ou autres désignations

LePtychobranchus fasciolaris figure actuellement sur la liste des espèces en voie de disparition en Illinois et au Mississippi et sur celle des espèces préoccupantes en Alabama et en Indiana; il bénéficie donc d’une certaine protection dans ces États. En Illinois, par exemple, il est interdit à quiconque de posséder, de récolter, de transporter, de vendre, d’offrir en vente ou de donner un animal ou un produit d’un animal d’une espèce figurant sur la liste de l’État, ou d’en disposer de toute autre façon. Les espèces figurant sur la liste comprennent toutes les espèces désignées en voie de disparition en vertu de la Federal Endangered Species Act, ainsi que d’autres espèces en voie d’extinction dans la nature dans l’État d’Illinois (Illinois DNR, 2002). Actuellement, le ptychobranche réniforme ne figure pas sur la liste et n’est l’objet d’aucune proposition en ce sens en vertu de la loi américaine sur les espèces en voie de disparition; il ne figure pas non plus sur la liste rouge de l’UICN. L’organisme The Nature Conservancy a attribué au ptychobranche réniforme la cote mondiale G4/G5. Les cotes pour les États et les provinces sont indiqués à la figure 5. Le ptychobranche réniforme est classé S4S5 (commun à très commun) à la fois au Kentucky (R. Cicerello, Kentucky Department of Natural Resources, comm. pers., août 2001) et au Tennessee (Parmalee et Bogan, 1998). En Virginie, il est classé S4 (S. Carter‑Lovejoy, Virginia Dept. of Conservation and Recreation, comm. pers., juillet 2001). En Virginie‑Occidentale et en Ohio, l’espèce est classée S3 (J. Clayton, West Virginia Department of Natural Resources, comm. pers., août 2001; G.T. Watters, Ohio Biological Survey, comm. pers., juillet 2001). Elle est classée S2 en Indiana (Cummings et Mayer, 1992) et dans l’État de New York (D.L. Strayer, Institute of Ecosystem Studies, comm. pers., septembre 2001). Le ptychobranche réniforme est classé S1 en Alabama (J. Garner, Alabama Division of Wildlife and Freshwater Fisheries, comm. pers., octobre 2001), au Mississippi (R.L. Jones, Mississippi Department of Wildlife, Fisheries, and Parks, comm. pers., octobre 2001), en Illinois (K. Cummings, Illinois Natural History Survey, comm. pers., août 2001) et en Ontario (D.A. Sutherland, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, comm. pers., septembre 1999). Le statut de l’espèce reste encore à déterminer (aucune cote S ne lui a été attribuée) au Michigan (P. Badra, Michigan Natural Features Inventory, comm. pers., septembre 2001) et en Pennsylvanie (A. Shiels, Pennsylvania Nongame and Endangered Species Unit, comm. pers., septembre 2001).

Figure 5. Cotes de priorité pour la conservation à l’échelle des États et des provinces (cotes S) pour le Ptychobranchus fasciolaris.

Figure 5. Cotes de priorité pour la conservation à l’échelle des États et des provinces (cotes S) pour le Ptychobranchus fasciolaris.

À l’heure actuelle, le Canada n’a pas de lois fédérales concernant les espèces en péril, mais l’Ontario est l’une des six provinces ayant une loi autonome concernant ces espèces (B.T. Fowler, co-président du Sous-comité de spécialistes des lépidoptères et des mollusques, COSEPAC, comm. pers., août 2002). La loi ontarienne interdit la destruction volontaire d’une espèce en voie de disparition faisant l’objet d’une réglementation ou de son habitat, ou toute interférence avec cette espèce ou son habitat. Cinq espèces de mulettes figurant actuellement sur la liste des espèces en voie de disparition du COSEPAC ne se trouvent qu’en Ontario : la dysnomie ventrue jaune (Epioblasma torulosa rangiana), la villeuse haricot (Villosa fabalis), la lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola), l’épioblasme tricorne (Epioblasma triquetra) et la mulette du Necturus (Simpsonaias ambigua). Étant donné que l’Ontario n’a pas encore procédé à la réglementation de l’une quelconque de ces espèces en vertu de sa Loi sur les espèces en voie de disparition (A. Dextrase, Section des espèces en péril, Parcs Ontario, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, comm. pers., novembre 2001), les mulettes ne sont pas actuellement protégées par cette loi.

À l’heure actuelle, la Loi sur les pêches fédérale pourrait constituer la législation la plus importante pour la protection des mulettes et de leur habitat au Canada. Cette loi donne une définition très large de « poissons », en y assimilant notamment les mollusques, l’intention du législateur étant toutefois de protéger les mollusques marins récoltés pour la consommation humaine. La protection des poissons et de leur habitat pourrait protéger de manière indirecte l’habitat du P. fasciolaris et d’autres espèces de mulettes. De plus, la récolte des mulettes reviendrait en théorie à les « pêcher »; elle serait donc interdite par le Règlement de pêche de l’Ontario de la Loi sur les pêches fédérale. En Ontario, aucun permis de récolte de mulettes n’a été délivré (J. Maffei, Unité de gestion des ressources du lac Érié, comm. pers., mai 2001). La Déclaration de principes provinciale faite en vertu de l’article 3 de la Loi sur l’aménagement du territoire prévoit la protection contre l’exploitation et l’altération du milieu dans des portions importantes des habitats des espèces menacées et en voie de disparition. Au nombre des autres instruments concourant à la protection des mulettes et de leur habitat en Ontario, on compte la Loi sur l’aménagement des lacs et des rivières de l’Ontario, qui interdit d’endiguer ou de détourner un cours d’eau si cela entraîne un envasement, et le programme d’intendance des terres II (Land Stewardship Program II), programme volontaire du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario qui a pour but de réduire l’érosion des terres agricoles. En Ontario, le développement des rives des cours d’eau est régi par la réglementation sur les plaines inondables appliquée par les offices de protection de la nature locaux. Une partie très réduite de l’aire de répartition ontarienne du ptychobranche réniforme se trouve dans des zones protégées. La population restante la plus saine se trouve dans la rivière Sydenham Est, où 85 p. 100 des terres sont des propriétés privées utilisées à des fins agricoles (Staton et al., 2002).