Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Ptychobranche réniforme (Ptychobranchus fasciolaris) au Canada

Résumé

Ptychobranche réniforme
Ptychobranchus fasciolaris

Information sur l’espèce

Le ptychobranche réniforme (Ptychobranchus fasciolaris) (Rafinesque, 1820), est une moule d’eau douce (mulette) de taille moyenne à grande (longueur maximale au Canada ~120 mm) qui se reconnaît facilement à sa coquille allongée de couleur jaune-brun avec de larges rayons verts discontinus formant des séries de taches plus ou moins carrées.

Répartition

Dans le passé, on trouvait le ptychobranche réniforme dans les bassins des rivières Ohio, Tennessee et Cumberland, dans les lacs Érié et Sainte-Claire, ainsi que dans certains de leurs affluents. Au Canada, on ne l’a signalé que dans le Sud de l’Ontario, dans les rivières Grand, Thames, Sydenham, Ausable, Niagara et Detroit, ainsi que dans les lacs Érié et Sainte-Claire. Aux États-Unis, on trouve encore l’espèce dans l’ensemble de son aire de répartition historique; au Canada, on la trouve aujourd’hui dans les rivières Sydenham et Ausable ainsi que dans le lac Sainte-Claire.

Habitat

Le ptychobranche réniforme habite le plus souvent des cours d’eau de taille petite à moyenne, où il préfère l’eau claire et les zones peu profondes à écoulement rapide, et des fonds de sable et de gravier grossier fermement compactés. On le trouve rarement dans de grandes rivières et dans des ruisseaux de tête de bassin. Cependant, on l’a signalé sur des hauts-fonds de gravier dans les lacs Érié et Sainte-Claire. On le trouve souvent à proximité de lits de carmantine d’Amérique, une plante aquatique. Il est généralement bien enfoui dans le substrat.

Biologie

Le ptychobranche réniforme est dioïque, mais les mâles et les femelles se ressemblent. Sa longévité n’est pas connue, mais elle est probablement d’au moins 10 ans. Comme d’autres mulettes, le ptychobranche réniforme est un parasite de poissons pendant sa phase larvaire. La femelle libère ses larves dans l’eau par paquets ressemblant aux proies des poissons, ce qui attire ceux qui se trouvent à proximité. Lorsqu’un poisson mord dans un paquet, les larves sont libérées, se fixent à ses branchies et chacune forme un kyste. Après un certain temps, les larves se transforment en juvéniles qui se détachent de leur hôte et tombent sur le fond pour commencer leur vie de mulettes autonomes. Les mulettes ont des hôtes spécifiques. En Ontario, les hôtes les plus probables du ptychobranche réniforme sont le dard vert (Etheostoma blennoides), le dard barré (E. flabellare) et le raseux-de-terre (E. nigrum). Comme toutes les mulettes, le ptychobranche réniforme se nourrit de bactéries et d’algues en suspension dans l’eau, qu’il filtre avec ses branchies.

Taille et tendances des populations

Le Ptychobranchus fasciolaris a toujours été rare dans les lacs Érié et Sainte-Claire et dans les rivières Niagara et Detroit, mais il a maintenant pratiquement été éliminé de ces eaux par la moule zébrée (Dreissena polymorpha). On n’a trouvé que sept animaux vivants lors de récents inventaires intensifs effectués dans le lac Sainte-Claire. De plus, l’espèce semble avoir disparu des rivières Thames et Grand. Elle se limite désormais à deux populations reproductrices qui occupent un tronçon de 100 km de la rivière Sydenham Est et un de 25 km de la rivière Ausable, et certaines données indiquent que les effectifs diminuent dans la rivière Sydenham Est. Par contre, aux États-Unis, les populations de P. fasciolaris semblent stables.

Facteurs limitatifs et menaces

Dans les Grands Lacs, les moules zébrées ont quasiment exterminé les communautés de mulettes. Environ 60 p. 100 des sites auxquels on trouvait auparavant des ptychobranches réniformes sont désormais infestés de moules zébrées. Les populations des rivières Grand et Thames semblent avoir été exterminées par les effets combinés de la pollution par les eaux d’égout et de l’agriculture. Les deux populations restantes au Canada, celles des rivières Sydenham Est et Ausable, sont menacées par des facteurs liés à l’agriculture intensive, en particulier les lourdes charges de particules fines et d’éléments nutritifs. Le rat musqué représente également un facteur limitatif potentiel, car le ptychobranche réniforme est une de ses proies.

Importance de l’espèce

Le genre Ptychobranchus comprend cinq espèces, mais seul le P. fasciolaris a une aire de répartition qui s’étend jusque dans le Canada. C’est également la seule espèce de ce genre qui est considérée comme actuellement stable dans la plus grande partie de son aire de répartition nord-américaine. Étant donné que le ptychobranche réniforme n’occupe que des cours d’eau de qualité élevée, son déclin ou sa disparition est un bon indicateur de la dégradation de l’habitat.

Protection actuelle

En Illinois et au Mississippi, le ptychobranche réniforme figure sur la liste des animaux en voie de disparition et, en Alabama et en Indiana, sur celle des espèces préoccupantes. Il bénéficie par conséquent d’une certaine protection dans ces États. Au Canada, aucune protection n’existe actuellement pour le ptychobranche réniforme.

Sommaire du rapport de situation

Auparavant, le Ptychobranchus fasciolaris était présent dans douze États américains et en Ontario. Aux États-Unis, les populations semblent stables. Le ptychobranche réniforme a disparu d’environ 70 p. 100 de son aire de répartition historique au Canada en raison de l’introduction de la moule zébrée et des mauvaises pratiques d’utilisation des terres. Il se limite maintenant aux rivières Sydenham Est et Ausable. Bien que les deux populations semblent se reproduire, il existe preuve de déclin dans la rivière Sydenham Est. Les impacts de l’agriculture, incluant l’envasement, menacent l’existence du ptychobranche réniforme au Canada.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pageb
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

Retour à la référence de la note de bas de pagea

Note de bas de page b

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de pageb

Note de bas de page c

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

Retour à la référence de la note de bas de pagec

Note de bas de page d

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de paged