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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la paruline du Canada au Canada

Taille et tendances des populations

Activités de recherche et programmes de surveillance

Le Relevé des oiseaux nicheurs (BBS)

Le Relevé des oiseaux nicheurs est un vaste programme qui recense les populations d’oiseaux nicheurs de l’Amérique du Nord (Sauer et al., 2005). Les données sur l’abondance des oiseaux nicheurs sont recueillies par des bénévoles dans 50 sites d’un rayon de 400 m situés à 0,8 km de distance les uns des autres le long de parcours permanents de 39,2 km (Downes et Collins, 2007). Au Canada, les relevés ont généralement lieu en juin, soit pendant la période de reproduction de la majorité des oiseaux forestiers, et sont réalisés entre 0,5 heure avant et 4,5 heures après le levé du soleil.

Le Relevé des oiseaux nicheurs couvre relativement bien ces secteurs de l’aire de reproduction où l’abondance de la Paruline du Canada est grande (figure 2).

Figure 2. Abondance relative de la Paruline du Canada, selon des données sur l’abondance du Relevé des oiseaux nicheurs calculées pour chaque carré de latitude et de longitude entre 1987 et 2007, en relation avec la portion de l'aire de reproduction échantillonnée par le Relevé. Zones grises = non échantillonnées par le Relevé des oiseaux nicheurs, zones blanches = échantillonnées, mais aucune Paruline du Canada décelée (P. Blancher, comm. pers., 2008).

Figure 2. Abondance relative de la Paruline du Canada, selon des données sur l’abondance du Relevé des oiseaux nicheurs calculées pour chaque carré de latitude et de longitude entre 1987 et 2007, en relation avec la portion de l'aire de reproduction échantillonnée par le Relevé.

La base de données des estimations des populations de Partenaires d’Envol (en anglais seulement) propose une estimation de l’aire de reproduction mondiale (dont 80 p. 100 se trouve au Canada) de la Paruline du Canada, en blocs de latitude et de longitude, échantillonnée par le Relevé des oiseaux nicheurs, et évalue la couverture du Relevé par rapport à l’abondance de l’espèce. Ces données suggèrent que 54 p. 100 de l’aire de reproduction mondiale de la Paruline du Canada est échantillonnée par le Relevé des oiseaux nicheurs et qu’une proportion de 36,4 p. 100 de la population (abondance) est bien couverte (de 67 à 100 p. 100 de l’aire), qu’une proportion de 18,1 p. 100 est relativement bien couverte (de 33 à 67 p. 100 de l’aire) et qu’une proportion de 39,2 p. 100 est mal couverte (de 10 à 33 p. 100 de l’aire). Enfin, les estimations de l’abondance relative calculées à partir des dénombrements du Relevé des oiseaux nicheurs et de l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario (voir ci-dessous) montrent que les plus grandes abondances relatives pour la Paruline du Canada ont été enregistrées dans les secteurs échantillonnés par le Relevé des oiseaux nicheurs (P. Blancher, comm. pers., 2008). Les analyses du Relevé des oiseaux nicheurs pondèrent également les tendances en fonction de l’abondance. Ainsi, dans le cas de la Paruline du Canada, la tendance est fortement influencée par les parcours du Relevé des oiseaux nicheurs dans l’est, où les densités sont les plus grandes.

Étude des populations d’oiseaux du Québec (ÉPOQ)

Au Québec, la base de données de l’ÉPOQ, qui gère les fiches d’observation régulièrement remplies par des milliers de bénévoles depuis 1955, est utilisée pour déterminer les tendances de la population québécoise de Parulines du Canada (Cyr et Larivée, 1995). La base de données de l’ÉPOQ couvre toutes les saisons et toutes les régions situées au sud du 52e parallèle (Cyr et Larivée, 1995).

Le principal désavantage de cette méthode en ce qui touche à la Paruline du Canada réside dans le fait qu’elle couvre surtout les régions habitées du sud de la province (c.-à-d. les basses-terres du Saint-Laurent) et moins les secteurs nord de l’aire de répartition de l’espèce. De plus, cette méthode ne contrôle ni le nombre d’observateurs par fiche, ni les conditions météorologiques, ni la variation spatiale de l’activité de recherche au fil du temps, mais seulement le nombre total d’heures d’observation (Cyr et Larivée, 1995).

Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario (AONO)

L’AONO compare la répartition et l’abondance des oiseaux nicheurs entre la période de 1981 à 1985 et celle de 2001 à 2005, et est une importante source d’information sur le statut de la Paruline du Canada en Ontario (Études d’Oiseaux Canada, 2006a).Les données sont recueillies par des bénévoles qui visitent des parcelles de 10 km sur 10 km au moins trois fois pendant la période de reproduction (Études d’Oiseaux Canada, 2006a). Le pourcentage de changement dans la répartition de la Paruline du Canada en Ontario sur une période de 20 ans est ensuite calculé en comparant les pourcentages obtenus lors de la première et de la deuxième période pour les carrés de 10 km sur 10 km où des preuves de reproduction ont été enregistrées, en ajustant l’effort d’observation (Études d’Oiseaux Canada 2006a).

Cette méthode est considérée adéquate pour estimer l’abondance de la Paruline du Canada en Ontario en raison du grand nombre d’échantillons recueillis au cours des deux périodes et de la méthodologie normalisée employée (Études d’Oiseaux Canada, 2006a). De plus, ce programme couvre généralement l’ensemble de l’aire de reproduction de l’espèce en Ontario (Études d’oiseaux Canada, 2006a).

Programme de surveillance des oiseaux forestiers de l’Ontario

Le Programme de surveillance des oiseaux forestiers de l’Ontario a débuté en 1987 et est coordonné par le Service canadien de la faune, région de l’Ontario. Son objectif est de documenter les tendances démographiques des oiseaux forestiers et les relations entre les oiseaux et leur habitat pendant la période de reproduction dans des forêts relativement peu fragmentées (Service canadien de la faune, 2006). Des bénévoles procèdent au dénombrement des oiseaux dans de grandes zones de forêt ainsi que dans des fragments.

L’espèce occupant relativement peu de sites, il est difficile d’interpréter ses tendances à long terme au moyen de ce programme. Toutefois, cette méthode est plus susceptible de détecter la Paruline du Canada que d’autres parce que l’échantillonnage se fait surtout dans des forêts non fragmentées (Service canadien de la faune, 2006).

Réseau canadien de surveillance des migrations

Ce programme contrôle les populations de passereaux migrateurs dans 23 sites d’observation situés partout au Canada (Études d’Oiseaux Canada, 2006b). La migration automnale peut fournir de l’information sur les tendances démographiques pour les oiseaux nichant dans la forêt boréale et plus au nord, ceux-ci migrant de leurs aires de reproduction septentrionales jusqu’à leurs aires d’hivernage méridionales. Les principales activités réalisées à ces sites sont le baguage des oiseaux et leur dénombrement visuel quotidien pendant les périodes migratoires du printemps et de l’automne.

Le fait que l’on présume que le nombre d’oiseaux observés à ces sites est proportionnel au nombre d’oiseaux en migration est le principal biais de ce programme de surveillance. De plus, la majorité des sites étant en opération depuis moins de 10 ans, le programme ne permet pas d’étudier les tendances à long terme.

Base de données du recensement canadien des oiseaux nicheurs (cartographie)

Cette base de données contient de l’information sur la densité des oiseaux nicheurs à l’intérieur de parcelles situées dans toutes les provinces et dans tous les territoires du Canada, sauf à l’Île-du-Prince-Édouard (Kennedy et al., 1999). Des observateurs expérimentés utilisent la « méthode des plans quadrillés » pour évaluer la densité des oiseaux nicheurs dans chaque parcelle (Kennedy et al., 1999). Cette méthode d’échantillonnage est parmi celles qui estiment avec le plus de précision la densité des oiseaux forestiers (Bibby et al., 2000). Le fait que la majorité des relevés sont vieux de plusieurs dizaines d’années et qu’ils ne reflètent par conséquent pas les densités actuelles constitue une des principales limites de ce programme.

Projet pour la prévision de la présence et de la densité des oiseaux au Québec (PPPDOQ)

L’objectif de ce projet lancé récemment par le Service canadien de la faune, Région du Québec (J.-L. Desgranges et P. Agin, données non publiées), est de modéliser la présence et la densité des oiseaux à l’échelle des écorégions et des écozones, par type d’habitat de forêt et par famille d’arbres, en utilisant des algorithmes d’apprentissage. La base de données contient 3 306 dénombrements réalisés au moyen de la technique IPA principalement au Québec et dans les provinces adjacentes, et des données tirées d’études publiées et non publiées de divers secteurs (universités, gouvernements, secteur privé et autres). Pour la Paruline du Canada, la densité des couples nicheurs a été estimée pour quatre contexte : 1) Bouclier boréal – forêt mixte perturbée – bouleau, 2) Bouclier boréal – forêt mixte bien drainée – érable, 3) Plaine à forêts mixtes – forêt mixte mal drainée et 4) Maritime de l’Atlantique – forêt mixte mal drainée – frêne).

La principale limite de ce programme réside dans le fait que les données pour la Paruline du Canada proviennent de plusieurs stations d’échantillonnage et qu’elles sont extrapolées à de plus grands secteurs (c.-à-d. à l’échelle des écorégions), ce qui peut entraîner une surestimation de la densité dans les peuplements peu ou pas utilisés. Les modèles proposés présument également que les densités pour la Paruline du Canada sont homogènes à l’intérieur d’une échelle spatiale donnée. Or, on sait que l’espèce a une répartition fortement groupée et qu’elle répond généralement à des variables environnementales dont les échelles sont plus petites que celles utilisées dans les modèles. Le principal avantage de ce programme est qu’il couvre plusieurs échelles spatiales.

Projet national de modélisation des habitats aviaires boréaux pour le Canada (PNMHAB)

Le Projet national de modélisation des habitats aviaires boréaux pour le Canada est une initiative conjointe de l’Initiative de conservation boréale de l’ouest et des Boreal Ecosystems Assessment for Conservation Networks de l’University of Alberta (BEACON). Son objectif est d’évaluer les relations entre les habitats et la répartition des oiseaux dans la zone boréale du Canada. En collaboration avec des chercheurs universitaires, des organismes gouvernementaux et l’industrie, le PNMHAB élabore des modèles spatiaux explicites qui pourront être utilisés pour prévoir la répartition et l’abondance des oiseaux boréaux et ainsi servir aux prises de décisions. Ce programme de recherche est particulièrement important pour estimer l’abondance relative de la Paruline du Canada dans plusieurs écodistricts de la forêt boréale.

Abondance

Selon les estimations de l’abondance du Relevé des oiseaux nicheurs, les populations nord-américaines de Parulines du Canada compteraient présentement 1,4 million d’individus (Richet al., 2004). Au Canada, on estime que la population compterait environ 1,2 million d’adultes reproducteurs (85 p. 100 de la population nord-américaine, base de données des estimations des populations d’oiseaux terrestres de Partenaires d’envol, 2007) ou quelque 600 000 couples reproducteurs. Ces estimations sont jugées exactes (cote de 3 sur une échelle de 1 à 6, voir l’annexe B de Richet al., 2004).

De récentes estimations de l’abondance de l’espèce pour l’Ontario, fondées sur les données de l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario recueillies entre 2001 et 2005, suggèrent la présence d’une population de 900 000 individus (c.-à-d. 450 000 couples reproducteurs) dans cette province (Blancher et Couturier, 2007). Cette estimation est jugée plus exacte que les estimations générées par le Relevé des oiseaux nicheurs parce que l’Atlas recueille de nombreux échantillons à l’intérieur de grandes parcelles intérieures des forêts (P. Blancher, comm. pers., 2008).

Une autre estimation de la taille de la population peut être calculée à partir des données de l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario. Si l’Ontario représente environ 33 p. 100 de l’aire de reproduction canadienne, que le Québec et les Maritimes représentent un autre 33 p. 100 et que les autres provinces composent le 33 p. 100 restant (voir la figure 1), on peut estimer, sur la base des 450 000 couples de l’Ontario, à environ 1 350 000 couples reproducteurs ou à 2,7 millions d’adultes la population canadienne.

Les relevés les plus exhaustifs des densités de nidification de la Paruline du Canada, lesquels sont fondés sur le recensement canadien des oiseaux nicheurs, suggèrent que les plus grandes densités se trouveraient dans les secteurs est de l’aire de répartition de l’espèce, notamment en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick (tableau 1). De fortes densités allant jusqu’à 0,65 couple par hectare ont également été signalées au Manitoba (tableau 1) et dans le sud des Territoires du Nord-Ouest (Machtans, 2006).

Au Québec, les densités de reproduction, selon le PPPDOQ, vont de 0,18 à 0,4 couple par hectare et sont généralement inférieures à celles du recensement canadien des oiseaux nicheurs. Les densités sont plus grandes dans les écozones du Bouclier boréal (forêt mixte perturbée – bouleau), du Bouclier canadien (forêt mixte bien drainée – érable) et des Plaines à forêts mixtes (forêt mixte mal drainée), chacune accueillant 0,04 couple par hectare (J.-L. Desgranges et P. Agin, données non publiées). On croit que la densité de l’espèce est plus faible, soit de seulement 0,02 couple par hectare, dans l’écozone Maritime de l’Atlantique (forêt mixte mal drainée–frênes).

Selon le PNMHAB, l’abondance relative de la Paruline du Canada serait plus grande dans le centre-est de l’Alberta, dans plusieurs écodistricts du sud-ouest des Territoires du Nord-Ouest et dans certains secteurs à la frontière de l’Ontario et du Manitoba, à l’est du lac Winnipeg (D. Mazerolle, données non publiées). L’abondance de la Paruline du Canada est plus faible dans tout le nord-est de la Colombie-Britannique (D. Mazerolle, données non publiées).

Tableau 1. Sommaire des densités de nidification par hectare au Canada selon la Base de données du recensement (méthode des plans quadrillés) canadien des oiseaux nicheurs (Kennedy et al., 1999)
ProvinceÉcorégionDensité / hectareETNombre de parcelles
Colombie-Britannique
Basses terres de la rivière Hay0,08 
1
Alberta
Basses terres de la rivière des Esclaves0,110,05
2
Saskatchewan
Hautes terres boréales du centre0,03 
1
Manitoba
Plaine interlacustre0,230,12
3
Manitoba
Hautes terres du lac Seul0,07 
1
Manitoba
Hautes terres boréales du centre0,38 
1
Ontario
Plaines de l’Abitibi0,350,36
10
Ontario
Algonquin-lac Nipissing0,260,15
15
Ontario
Arche de Frontenac0,001 
1
Ontario
Basses terres du lac Érié0,280,25
2
Ontario
Lac Nipigon0,180,14
4
Ontario
Basses terres du lac Témiscamingue0,25 
1
Ontario
Manitoulin-lac Simcoe0,160,07
9
Ontario
Rivière à la Pluie0,10 
1
Québec
Appalaches0,520,30
5
Québec
Sud des Laurentides0,140,15
2
Québec
Basses terres du fleuve Saint-Laurent0,330,30
9
Nouveau-Brunswick
Appalaches0,230,16
4
Nouveau-Brunswick
Basses terres des maritimes1,24 
1
Nouveau-Brunswick
Hautes terres du nord du Nouveau-Brunswick0,160,05
2
Nouveau-Brunswick
Vallée de la rivière Saint-Jean0,01 
1
Nouveau-Brunswick
Hautes terres du sud du Nouveau-Brunswick0,090,06
2
Nouvelle-Écosse
Basses terres d’Annapolis-Minas0,25 
1
Nouvelle-Écosse
Côte de la baie de Fundy0,040,05
2
Nouvelle-Écosse
Hautes terres du sud de la Nouvelle-Écosse0,0010,00
3

Fluctuations et tendances

Relevé des oiseaux nicheurs

La meilleure estimation des tendances pour la Paruline du Canada provient du Relevé des oiseaux nicheurs, lequel couvre une importante portion de l’aire de répartition de l’espèce et est suffisamment précis pour détecter les changements significatifs. Les données à long terme du Relevé des oiseaux nicheurs montrent un déclin significatif de 4,5 p. 100 par année entre 1968 et 2007 (figure 3, tableau 2), ce qui correspond à un déclin de la population d’approximativement 85 p. 100 au cours des 38 dernières années. Pour la période de 10 ans la plus récente (de 1997 à 2007, soit environ trois générations), les données du Relevé des oiseaux nicheurs montrent un déclin significatif de 5,4 p. 100 par année (tableau 2), ce qui représente un déclin de 43 p. 100 au cours des 10 dernières années. Les tendances à court terme (de 1997 à 2007) et à long terme (de 1968 à 2007) pour l’Ontario, le Québec et les Maritimes, où se trouvent 60 p. 100 de l’aire de reproduction et la majorité de la population reproductrice, montrent toutes un déclin (tableau 2).

Il est également possible de mesurer les tendances pour les régions de conservation des oiseaux en utilisant des analyses fondées sur des parcours réalisés dans les régions écologiques plutôt que dans les provinces ou les territoires. Mises à part les Plaines de la taïga boréale, qui accueillent moins de 20 p. 100 de la population (P. Blancher, comm. pers., 2008), les tendances à court et à long terme sont à la baisse pour la Forêt coniférienne boréale, la Forêt mixte boréale et Forêt septentrionale de l’Atlantique (tableau 2).

Figure 3. Indices annuels des tendances (échelle logarithmique) pour la Paruline du Canada, au Canada, entre 1968 et 2007 selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs (Downes et Collins, en prép.).

Figure 3. Indices annuels des tendances (échelle logarithmique) pour la Paruline du Canada, au Canada, entre 1968 et 2007 selon les données du Relevé des oiseaux nicheurs (Downes et Collins, en prép.) (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description de la figure 3

La meilleure estimation des tendances pour la Paruline du Canada provient du Relevé des oiseaux nicheurs, lequel couvre une importante portion de l’aire de répartition de l’espèce et est suffisamment précis pour détecter les changements significatifs. Les données à long terme du Relevé des oiseaux nicheurs montrent un déclin significatif de 4,5 p. 100 par année entre 1968 et 2007.

Tableau 2. Indices annuels des changements démographiques pour la Paruline du Canada selon les relevés des oiseaux nicheurs (Downes et Collins, en préparation)
RégionPériodeIndicePNombre de parcours
Canada
1968-2007-4,5P<0.05
293
Canada
1997-2007-5,4P<0.05
186
Ontario
1968-2007-2,4non significatif
90
Ontario
1997-2007-2,4P<0.05
54
Québec
1968-2007-4,3P<0.05
89
Québec
1997-2007-7,8non significatif
55
Nouveau-Brunswick
1966-2007-5,4P<0.05
36
Nouveau-Brunswick
1997-2007-1,4non significatif
23
Nouvelle-Écosse
1966-2007-3,1non significatif
30
Nouvelle-Écosse
1997-2007-20,0P<0.05
19
Plaines de la taïga boréale
1968-20073,3non significatif
36
Plaines de la taïga boréale
1997-20071,2non significatif
26
Forêt coniférienne boréale
1968-2007-5,3P<0.05
28
Forêt coniférienne boréale
1997-2007aucune donnée sur les tendancesaucune donnée sur les tendancesaucune donnée sur les tendances
Forêt mixte boréale
1968-2007-3,0non significatif
101
Forêt mixte boréale
1997-2007-4,1P<0.05
67
Forêt septentrionale de l’Atlantique
1966-2007-4,0P<0.05
97
Forêt septentrionale de l’Atlantique
1997-2007-4,8non significatif
62

Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario

Lorsque l’on compare la répartition de l’espèce entre la première (de 1981 à 1985) et la deuxième (de 2001 à 2005) période de l’Atlas, on observe un déclin global non significatif de 15 p. 100 dans le nombre de carrés occupés et des déclins dans les cinq régions de l’Ontario. Les déclins dans le nombre de carrés occupés sont significatifs dans le sud du Bouclier (10 p. 100) et dans la Zone carolinienne (36 p. 100), mais non significatifs dans le nord du Bouclier (17 p. 100), où se trouve la majeure partie de la population (Études d’Oiseaux Canada, 2006a).

Étude des populations d’oiseaux du Québec (ÉPOQ)

La base de données de l’ÉPOQ montre qu’il y a eu au Québec un déclin significatif à long terme dans l’abondance de la Paruline du Canada de 5,0 p. 100 par année (P £0,001; figure 4) entre 1980 et 2005.

Figure 4. Indices annuels des changements démographiques pour la Paruline du Canada au Québec entre 1980 et 2005 selon les données de l’ÉPOQ (Larivée, 2006).

Figure 4. Indices annuels des changements démographiques pour la Paruline du Canada au Québec entre 1980 et 2005 selon les données de l’ÉPOQ (Larivée, 2006). (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description de la figure 4

La base de données de l’ÉPOQ montre qu’il y a eu au Québec un déclin significatif à long terme dans l’abondance de la Paruline du Canada de 5,0 p. 100 par année (P £0,001; figure 4) entre 1980 et 2005.

Programme de surveillance des oiseaux forestiers de l’Ontario

Les tendances calculées à partir des données de ce programme montrent un déclin non significatif de 4,6 p. 100 par année (n = 40 sites) entre 1987 et 2005 dans l’ensemble de l’Ontario.

Réseau canadien de surveillance des migrations

Un site, celui de l’observatoire d’oiseaux de Long Point, a calculé la tendance à long terme pour la migration automnale.Les données de ce site montrent un déclin non significatif de 0,2 p. 100 par année entre 1967 et 2005. Quatre autres sites possèdent des données sur la tendance de la migration automnale pour les 10 dernières années (tableau 3). Les données de trois de ces sites montrent un déclin des populations de Parulines du Canada (tableau 3).

Tableau 3. Sommaire des tendances démographiques pour la Paruline du Canada pendant la migration automnale selon le Réseau canadien de surveillance des migrations (Études d’Oiseaux Canada, 2006b)
RégionPériodeIndice annuelPSite d’observation
Lac Érié
1967-2005-0,2non significatifObservatoire d’oiseaux de Long Point
Sud du Manitoba
1993-2005-6,08P<0,05Observatoire d’oiseaux de Delta Marsh
Sud de la Saskatchewan
1993-20052,85non significatifObservatoire d’oiseaux de Last Mountain
Lac Supérieur
1995-2005-8,1P<0,05Observatoire d’oiseaux de Thunder Cape
Centre de l’Alberta
1994-2005-3,53non significatifObservatoire d’oiseaux du Petit lac des Esclaves

En résumé, les données du Relevé des oiseaux nicheurs, qui fournissent de l’information sur les tendances démographiques de la Paruline du Canada partout au pays, montrent des déclins significatifs à court et à long terme. Ces déclins sont particulièrement évidents dans le cœur de l’aire de reproduction, dans l’est du pays. Des déclins ont également été mis en évidence par des relevés régionaux, comme l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario et l’Étude des populations d’oiseaux du Québec, quoique l’ampleur des déclins relevés ne soit pas la même.

Effet d’une immigration de source externe

Si la population canadienne venait à disparaître, l’immigration d’individus à partir de certains États limitrophes serait possible. Cette possibilité d’immigration est cependant limitée, car l’espèce connaît également d’importants déclins dans son aire de répartition aux États-Unis (Relevé des oiseaux nicheurs : de 1966 à 2006 : -1,8 p. 100 par année, P = 0,00, n = 306 parcours ; Saueret al., 2005).