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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la baleine à bec commune (population du plateau néo-écossais) au Canada -Mise à jour

Répartition et séparation des populations

La baleine à bec commune n’est présente que dans la partie nord de l’Altantique Nord. On en trouve des populations au large de l’Islande, de la Norvège, dans le détroit de Davis et au large de la côte du Nord du Labrador ainsi qu’au large de la Nouvelle‑Écosse (Reeves et al., 1993; figure 1). Whitehead et al. (1997a, b) considèrent probable que les baleines à bec communes qui fréquentent le plateau néo‑écossais sont en grande partie ou totalement distinctes de celles qu’on trouve le long du Nord du Labrador, d’après les résultats d’un modèle de population et les différences entre les populations des deux régions quant à la distribution des longueurs des animaux et à leur saison apparente de reproduction.

Figure 1.  Carte de l’Atlantique Nord indiquant la répartition principale de la baleine à bec commune

Figure 1.  Carte de l’Atlantique Nord indiquant la répartition principale de la baleine à bec commune.

De nouveaux résultats génétiques confirment d’ailleurs cette hypothèse. La distribution des haplotypes de la région de contrôle de l’ADNmt pour la population du plateau néo‑écossais est significativement différente de celle des animaux du foyer de population le plus proche, situé à 1 400 km au nord, au large de la côte du Nord du Labrador (test exact, p = 0,008; FST = 0,118, = 0,024; ST = 0,145, = 0,007; Dalebout et al., 2001). Un des quatre haplotypes d’ADNmt identifiés dans l’ensemble de la population ne se trouve que dans le Goulet, alors qu’un autre ne se trouve qu’au large du Nord du Labrador (et de l’Islande) mais pas dans le Goulet; les deux autres haplotypes sont communs au Goulet et au Labrador. On estime le nombre de femelles passant d’une population à l’autre à moins de cinq par génération. Il est difficile de faire une estimation plus précise en raison de la petite taille des échantillons actuellement disponibles et du fait que les échantillons du Labrador proviennent de dents recueillies par des baleiniers, qui ne fournissent pas un ADN de qualité suffisante pour bon nombre d’analyses (Dalebout et al., 2001).

Environ 34 p. 100 de la population du plateau néo‑écossais se trouve dans le Goulet à tout moment (Gowans et al., 2000), mais, jusqu’à tout récemment, on ne savait pas au juste où se trouvaient ces animaux lorsqu’ils n’étaient pas dans le Goulet. Les observations dans les eaux de la ZEE des États‑Unis sont très rares malgré un effort de recherche relativement plus intense que dans les eaux canadiennes (R. Kenney, comm. pers.). Des observations et des prises occasionnelles se sont produites en eau profonde au large de la Nouvelle‑Écosse à l’extérieur du Goulet (Reeves et al., 1993; Parsons, 1995; Whitehead et al., 1997a) ainsi qu’au large des Grands Bancs de Terre‑Neuve (G. Stenson, comm. pers.). Ces sources rapportent quatre observations dans les Grands Bancs au large de Terre‑Neuve (G. Stenson, comm. pers.; Programme des observateurs du MPO, Scotia‑Fundy), 39 sur le plateau néo‑écossais (Programme des observateurs du MPO, Scotia‑Fundy), à l’exclusion du Goulet et des canyons Shortland et Haldimand (1992‑2001) et deux en eaux états‑uniennes (R. Kenney, comm. pers.).

Un relevé mené à l’été 2001 le long de l’isobathe de 1 000 m depuis le New Jersey jusqu’au Sud de Terre‑Neuve, ainsi que des recherches supplémentaires menées en 2002 (T. Wimmer, inédit), semblent indiquer que, lorsqu’elles ne sont pas dans le Goulet, les baleines à bec communes passent beaucoup de temps dans les canyons Shortland et Haldimand (figure 2), situés à environ 50 km et 100 km à l’Est du Goulet, respectivement. Ces trois canyons sont les seuls endroits où on ait vu des baleines à bec communes pendant toute la durée du relevé. Sept des quatorze animaux identifiés photographiquement (à partir d’un examen préliminaire d’individus marqués de manière bien visible) dans les canyons Shortland et Haldimand pendant l’été de 2001 avaient déjà été identifiés auparavant dans le Goulet. Des études menées dans le Goulet (Hooker et al., 2002b) et ailleurs (Reeves et al., 1993) semblent indiquer que les aires de répartition principales de la baleine à bec commune dans l’Ouest de l’Atlantique Nord sont situées à proximité de l’isobathe de 1 000 m.

Figure 2.  Habitat principal de la baleine à bec commune dans les canyons sous‑marins en bordure du plateau néo‑écossais (les signes « + » représentent les sites des plates‑formes de production pétrolière en activité)

Figure 2.  Habitat principal de la baleine à bec commune dans les canyons sous‑marins en bordure du plateau néo‑écossais (les signes « + » représentent les sites des plates‑formes de production pétrolière en activité).