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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la baleine à bec commune (population du plateau néo-écossais) au Canada -Mise à jour

Facteurs limitatifs

La population qui exploite le Goulet est peu nombreuse, totalisant environ 210 animaux. Cet effectif est nettement inférieur au seuil de 2 000 individus au‑dessous duquel l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe les espèces de Cétacés dans la catégorie « menacé d’extinction » (Klinowska, 1991). Cependant, les baleines à bec communes du Goulet, bien qu’elles soient en grande partie ou totalement distinctes de celles des populations des eaux plus nordiques, ne constituent pas (à notre connaissance) une espèce différente. Il semble probable que la population est naturellement restreinte et qu’elle se limite à quelques centaines d’individus en raison du peu d’habitat disponible dans ce secteur.

La population du Goulet se trouve à l’extrémité méridionale de l’aire de répartition de l’espèce dans l’Ouest de l’Atlantique Nord. Ce fait limite probablement la possibilité qu’il existe un habitat de remplacement convenable dans les eaux marines avoisinantes.

Les principales menaces que présente l’activité humaine pour ces animaux sont :

•           Les collisions avec des navires. On trouve chaque année un certain nombre de baleines mortes au large de la Nouvelle‑Écosse à la suite de collisions avec des navires (J. Conway, comm. pers.), bien qu’on n’ait jamais signalé de collision mortelle avec une baleine à bec commune.

•           La pollution sonore. Les baleines communiquent et perçoivent leur environnement pour une large part de manière acoustique. Le bruit influe sur le comportement et les déplacements des baleines; il peut perturber l’alimentation et l’accouplement ou encore causer des troubles physiologiques (Richardson et al., 1991; Committee on Low‑Frequency Sound and Marine Mammals, 1994).

•           Les engins de pêche. L’emmêlement dans des engins de pêche (en usage, jetés, abandonnés ou perdus) constitue une menace importante pour plusieurs populations de Cétacés (Cooke, 1991). Un certain nombre de baleines à bec communes du Goulet présentent des signes de contact avec des engins de pêche (voir p. ex. la figure 4).

•           Les débris marins. L’emmêlement dans des débris marins tels que des sacs de plastique et des courroies jetées est une cause de mortalité pour nombre d’animaux marins, notamment des Cétacés (Cooke, 1991). Le Goulet présente un fort niveau de pollution de ce type (Dufault et Whitehead, 1994).

·                   La pollution chimique.

Figure 4. Baleine à bec commun

Figure 4. Baleine à bec commun.

Les sources les plus évidentes de ces dangers sont la navigation commerciale, les activités de pêche ainsi que l’exploration et l’exploitation pétrochimiques. Les explosions et les sons sous‑marins intenses produits à des fins navales ou scientifiques peuvent également constituer une menace (Richardson et al., 1991; Committee on Low‑Frequency Sound and Marine Mammals, 1994).

Les navires risquent d’entrer en collision avec des baleines, sont une source de pollution sonore et peuvent contribuer à la production de débris marins et à l’émission de polluants chimiques. La principale route de navigation transatlantique d’est en ouest passe environ 30 km au sud de l’aire de répartition principale du Goulet (figure 1). Des navires commerciaux (sans compter les navires de pêche) passent par cette aire principale de l’espèce environ une fois par jour (H. Whitehead, données inédites). Ce rythme a peut‑être légèrement fléchi depuis la publication dans les Avis aux navigateurs de directives de Pêches et Océans Canada et l’envoi aux sociétés de transport maritime d’une demande stipulant d’éviter ce secteur.

Les zones peu profondes qui bordent le Goulet ont fait l’objet d’un dragage intensif par les pêcheurs de poisson de fond, tandis que les dragueurs pélagiques pêchent le sébaste (Sebastes sp.) dans l’aire principale. Les navires de pêche sont extrêmement bruyants, surtout pendant le dragage (H. Whitehead, obs. pers.). Les baleines risquent de s’emmêler dans leurs engins de pêche en usage, perdus ou jetés ainsi que dans les divers débris marins qu’ils produisent. Cependant, l’effondrement des stocks de poisson de fond observé depuis quelques années a considérablement réduit l’activité de pêche dans le secteur du Goulet. On pêche aussi l’espadon (Xiphius gladius) au harpon et à la palangre dans l’aire principale, mais les effets nocifs de cette activité sont moins évidents.

On a découvert du pétrole et du gaz naturel en quantités commercialement exploitables sur le plateau néo‑écossais, en bordure du Goulet. Un des champs découverts, le champ Primrose, est situé à 5 km de l’aire principale de la baleine à bec commune (figure 1). La seule exploitation en activité dans le secteur se trouve dans les champs de condensat Cohasset‑Panuke (figure 1). Ces champs étant situés à 110 km du Goulet, leur exploitation n’est probablement guère menaçante pour la baleine à bec commune. D’ici quelques années, un consortium de sociétés pétrolières dirigé par Mobil Oil Canada prévoit exploiter certains des champs gaziers découverts autour de l’île de Sable, dont le plus proche, le champ Venture, n’est qu’à environ 45 km de l’aire principale de la baleine à bec commune dans le Goulet.

L’exploitation pétrolière et gazière risque de nuire directement à la baleine à bec commune par le bruit des activités de forage et autres, par les déversements et par les rejets de matériel, mais aussi, indirectement, par la hausse du trafic maritime. Les bruits associés à la production pétrolière et gazière en mer ont déjà perturbé le comportement de baleines noires (Balaena glacialis) dans un rayon variant de 3 à 11 km environ (Richardson, Wursig et Greene, 1990). Nous ignorons à quel point la baleine à bec commune est sensible aux perturbations acoustiques, mais le cachalot, espèce sur laquelle des données sont disponibles qui lui est le plus semblable sur le plan écologique, est particulièrement sensible aux perturbations sonores (voir p. ex. Watkins et Schevill, 1975; Watkins, Moore et Tyack, 1985). La baleine à bec commune émet des sons sociaux particulièrement faibles (Winn et al., 1970), ce qui pourrait la rendre vulnérable aux perturbations acoustiques.

L’évolution du développement de ces champs pétroliers et gaziers et les techniques employées à cette fin constituent sans doute le principal facteur limitatif pour la population de baleines à bec communes du Goulet.