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Évaluation et Rapport du COSEPAC sur la situation du crapaud des steppes au Canada

Introduction

Le crapaud des steppes (figure 1) est largement répandu et commun dans certaines régions de sa vaste aire de répartition aux États‑Unis et dans le Nord du Mexique. Il a fait l’objet de nombreuses études sous l’angle de l’histoire naturelle, la phylogenèse, la morphologie, le développement, la physiologie, le comportement général, l’écologie et les relations évolutives à l’intérieur du genre Bufo (Krupa, 1990). Au Canada, l’aire du Bufo cognatus se limite à l’extrême Sud des Prairies, où la répartition, l’abondance et l’écologie de l’espèce sont très peu connues.

Figure 1.   Bufo cognatus

Figure 1.   Bufo cognatus

Au Canada, les premiers documents concernant le crapaud des steppes sont surtout des mentions de sa présence ou de sa rareté apparente (Logier, 1931; Moore, 1953; Logier et Toner, 1955; Lewin, 1963; Cook, 1960; Logier et Toner, 1961; Secoy et Vincent, 1976; Preston, 1986; Secoy, 1987). Des articles sur l’aire de répartition et l’effectif de l’espèce, perçus comme restreints, et sur les risques appréhendés liés à l’expansion de l’agriculture (Cottonwood Consultants, 1986; Butler et Roberts, 1987) ont été suivis par une évaluation de la situation générale du crapaud des steppes en Alberta (Smith et Wershler, 1991). De 1994 à 1996, la répartition et la reproduction du crapaud des steppes ont été étudiées dans la Réserve nationale de faune (RNF) de Suffield, en Alberta (A. Didiuk, données inédites).

Les naturalistes ont toujours été et sont encore relativement moins nombreux dans les Prairies canadiennes que dans les régions plus peuplées de l’Amérique du Nord. De plus, il semble y avoir beaucoup moins de naturalistes qui s’intéressent aux reptiles et aux amphibiens qu’à la flore et à l’avifaune. C’est pourquoi il existe peu de notes ayant trait à la répartition et au cycle biologique des reptiles et amphibiens des Prairies. Le manque de données de référence entretient la perception de rareté pour certaines espèces, qui sont peut‑être assez communes mais sédentaires, discrètes ou simplement difficiles à repérer.

Au Canada, aucune étude biologique approfondie n’a été menée sur le crapaud des steppes. La plupart des descriptions ayant trait à l’écologie de l’espèce qu’on trouve dans le présent rapport sont tirées des études réalisées par A. N. Bragg et J. L. Krupa en Oklahoma et par B. K. Sullivan en Arizona. C’est pourquoi certaines des conclusions de ces auteurs ne s’appliquent pas nécessairement aux populations du Canada.

 

Taxinomie

L’historique de la taxinomie du crapaud des steppes présentée ci‑dessous est tirée de Krupa (1990a). Aucune sous‑espèce n’est reconnue pour le moment.

Bufo cognatus Say dans James, 1823:190. Localité d’où provient l’holotype : cônes alluviaux de la rivière Arkansas, comté de Prower, au Colorado. L’holotype, déposé au premier Philadelphia Museum, aurait, selon Baird et Girard (1853), été détruit par le feu.

Bufo musicus : Le Conte, 1855:430.

Incilius cognatus : Cope, 1863:50.

Bufo frontosus :Cope, 1866:301. Localité où l’espèce a été observée pour la première fois : vallée du fleuve Colorado, entre Fort Mojave et Fort Yuma. Aucune indication quant au lieu où le spécimen‑type a été déposé. La description correspond aussi bien au B. cognatus qu’au B. woodhousii.

Bufo lentiginosus frontosus : Cope, 1875:29. Ellis et Henderson (1915) ont considéré la sous-espèce comme synonyme de B. cognatus.

Bufo lentiginosus cognatus : Cope, 1875:29

Bufo deptirnus : Cope, 1879:437. Localité où l’espèce a été observée pour la première fois : plaines du Nord du Montana, situées au nord de la rivière Missouri, à l’est de Fort Benton. Le spécimen est un Bufo cognatus juvénile sansles crêtes crâniennes normales. On ne connaît l’existence d’aucun spécimen type (Kellogg, 1932).

Bufo terrestis : Brocchi, 1882:77. Identification remise en question.

Bufo lentiginosus woodhousii : Stejneger, 1893:221

Bufo cognatus cognatus : Camp, 1915:331

Le crapaud des steppes fait partie du groupe Bufo cognatus (Tihen, 1962; Blair, 1963). L’étude la plus récente sur les noms scientifiques et les noms communs des amphibiens et reptiles d’Amérique du Nord (Collins, 1996) retient crapaud des steppes comme nom commun et Bufo cognatus comme nom scientifique.

 

Description

Le crapaud des steppes adulte est grand et trapu (figure 1), le corps (du museau au cloaque) du mâle mesurant de 45 à 103 mm et celui de la femelle, de 49 à 114 mm. Le dos, couvert de verrues mesurant pour la plupart moins de 1 mm de diamètre, est verdâtre, brun, brun jaune ou gris, avec des taches rondes ou irrégulières, habituellement paires, brun sombre à vert olive. Les taches sont entourées d’une première bordure étroite et bien définie brun foncé ou noire, puis d’une seconde, blanche ou crème. Le ventre est rugueux et presque toujours uniformément blanc ou crème, rarement tacheté. Les mâles reproducteurs ont un sac vocal noir qui, en extension, ressemble à une saucisse se prolongeant par-dessus le museau. Les crêtes crâniennes sont distinctes et divergent vers l’arrière à partir d’une grosse protubérance osseuse située dans la région préfrontale, entre les narines et à l’arrière de celles‑ci. Elles sont formées de deux structures bien développées en forme de « L », situées entre les orbites et s’étendant vers l’arrière de celles‑ci jusqu’aux tympans. Les glandes parotoïdes, de forme allongée et ovoïde, sont bien apparentes.

L’appel du crapaud des steppes est un trille métallique, semblable au bruit d’une riveteuse. Il a été qualifié aussi de strident, grinçant, mécanique, vrombissant, vibrant et assourdissant. Les chœurs peuvent parfois s’entendre jusqu'à deux kilomètres des étangs de reproduction. Un appel individuel peut durer jusqu'à 50 secondes.

La femelle libère ses œufs en deux chapelets simples présentant parfois des constrictions qui produisent l’effet de festons. Les œufs ont en moyenne 1 mm de diamètre. À l’éclosion, les larves sont complètement noires et mesurent de 1 à 4 mm. Dans les trois jours suivant l’éclosion, les larves, ou têtards, mesurent de 4 à 6 mm, et leur ventre devient plus pâle. À mesure que les larves se développent, le contraste augmente entre la couleur foncée du dos et celle, irisée, du ventre. À l’issue de la métamorphose, les crapauds ont le dos foncé avec de petites taches et de nombreuses petites verrues rouges.