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Programme de rétablissement et plan de gestion plurispécifiques modifiés pour la flore de la plaine côtière de l'Atlantique au Canada - 2015 [Proposition]

 

1. CONTEXTE

1.1 Présentation de la flore de la plaine côtière de l'Atlantique

La plaine côtière de l'Atlantique correspond aux terres relativement plates qui longent la côte atlantique des États-Unis, depuis la Floride jusqu'au sud du Massachusetts. La flore de la plaine côtière de l'Atlantique (FPCA) se compose d'un groupe d'espèces de plantes largement ou entièrement restreint à cette région (Keddy et Rezincek, 1982). Des concentrations de la FPCA sont présentes dans un certain nombre de zones à l'extérieur des limites de la plaine côtière de l'Atlantique à proprement parler. Au Canada, on trouve la FPCA de façon limitée dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick, avec une plus grande diversité dans la région du sud de la baie Georgienne de l'Ontario, et plus abondamment dans le sud de la Nouvelle-Écosse.

En Nouvelle-Écosse, la FPCA comprend une série unique de 98 espèces de plantes vasculaires non liées sur le plan taxinomique, y compris des espèces herbacées et ligneuses. Elles sont surtout présentes à l'intérieur et autour des lacs et rivières, de même que dans les tourbières minérotrophes, les tourbières ombrotrophes, les marais salés et les estuaires. On trouve 13 espèces de la FPCA en péril à l'échelle provinciale et fédérale qui, au Canada, ne sont présentes qu'en Nouvelle-Écosse. Dans l'ensemble, on trouve en Nouvelle-Écosse certains des meilleurs et des plus intacts habitats restants de ces espèces.

Les espèces de la FPCA ont une faible capacité de compétition et, par conséquent, sont limitées à des habitats où la faible fertilité et les perturbations continues réduisent la compétition livrée par les plantes herbacées plus agressives mais intolérantes au stress (Keddy et Wisheu, 1989; Morris et coll., 2002). En Nouvelle-Écosse, les espèces de la FPCA se situent à la limite septentrionale de leur aire de répartition, et leur répartition est peut-être restreinte en raison de la rareté de l'habitat convenable, de la croissance lente et des taux de reproduction faibles (Sweeney et Ogilvie, 1993). Les espèces inscrites de la FPCA sont en péril en raison de leur rareté naturelle, combinée aux menaces anthropiques pesant sur les individus et leurs habitats, y compris la construction de résidences et de chalets, le remblayage et l'altération des régimes naturels de perturbation.

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1.1.1 Espèces visées par le présent programme de rétablissement

Le présent programme de rétablissement et plan de gestion vise les espèces qui sont protégées par la loi et se fonde sur les meilleures données connues pour la planification du rétablissement des espèces très préoccupantes sur le plan de la conservation, mais qui n'ont pas encore été évaluées en vue de leur protection aux termes de la loi.

Le présent programme de rétablissement et plan de gestion plurispécifiques est axé sur les 13 espèces de la FPCA protégées par la loi, soit le coréopsis rose (Coreopsis rosea) et le droséra filiforme (Drosera filiformis), inscrites comme espèces en voie de disparition aux termes des lois fédérale et provinciale, ainsi que l'hydrocotyle à ombelle (Eleocharis tuberculosa), la lophiolie dorée (Lophiola aurea) et la sabatie de Kennedy (Sabatia kennedyana), espèces désignées « menacées » aux termes de la loi fédérale et respectivement désignées « en voie de disparition » (Endangered), « vulnérable » (Vulnerable) et « en voie de disparition » (Endangered) aux termes de la loi provinciale. En outre, le présent document vise les cinq espèces suivantes, désignées « préoccupantes » aux termes de la loi fédérale et « vulnérables » aux termes de la loi provinciale : la clèthre à feuilles d'aulne (Clethra alnifolia), l'éléocharide tuberculée (Eleocharis tuberculosa), le jonc du New Jersey (Juncus caesariensis), le liléopsis de l'Est (Lilaeopsis chinensis) et la lachnanthe de Caroline (Lachnanthes caroliniana; menacée selon la loi provinciale). Les trois espèces suivantes, protégées par l'ESA de la Nouvelle-Écosse mais non par la LEP, sont aussi visées par le présent document : le baccharis à feuilles d'arroche (Baccharis halmifolia; espèce menacée [Threatened]), le potamot gracieux (Potamogeton pulcher; espèce vulnérable) et le scripe de Long (Scirpus Longii; espèce vulnérable et figurant à l'annexe 3 de la LEP; Tableau 1). Enfin, le présent document vise le rhychospore à gros épillets (Rhynchospora macrostachya), espèce de la FPCA qui a été désignée en voie de disparition en novembre 2014 par le COSEPAC mais n'est pas encore inscrite à la LEP ou à l'ESA de la Nouvelle-Écosse.

En outre, le document traite des espèces de la FPCA préoccupantes sur le plan de la conservation, mais qui ne sont pas protégées par la loi. Des cotes de situation générale provinciale ont été attribuées à ces espèces dans le cadre du rapport Espèces sauvages 2010 (CESCC, 2011; on y fait référence ci-après comme la classification de la situation générale dans la province). En incluant explicitement ces autres espèces dans le processus du rétablissement, le présent programme de rétablissement et Plan de gestion plurispécifiques permet de combiner le rétablissement et la conservation des espèces en péril à la prévention, destinée à empêcher que d'autres espèces deviennent en péril. Il s'agit d'un élément important de la planification du rétablissement à long terme pour cet ensemble d'espèces, car, si d'autres espèces de la FPCA doivent être inscrites en vertu de la LEP ou de l'ESA de la Nouvelle-Écosse, le programme de rétablissement sera mis à jour pour les inclure en tant qu'espèces inscrites de la FPCA. Les autres espèces de la FPCA qui ne sont pas protégées par la loi bénéficieront elles aussi des mesures mentionnées dans le présent programme.

Selon la classification de la situation générale provinciale, 13 des 98 espèces de la FPCA figurent sur la liste rouge (possiblement en péril), 16 figurent sur la liste jaune (sensible), et la situation de 2 espèces est « indéterminée », en raison du manque de renseignements pour l'évaluation (données insuffisantes). Les 50 autres espèces de la FPCA figurent sur la liste verte (en sécurité). En outre, quatre espèces additionnelles sont classées « disparue du Canada » ou « historique » en Nouvelle-Écosse (liste violette). La section 3 renferme une description de chaque espèce de la FPCA protégée par la loi et de ses besoins ainsi que des renseignements plus détaillés sur les populations et la répartition. Veuillez consulter les annexes 1 et 2 pour obtenir une liste complète des espèces de la FPCA Note de pied de page 2, et l'annexe 3 pour les définitions des termes et des catégories de risques.

La liste des espèces de la FPCA présentes en Nouvelle-Écosse (annexes 1 et 2) comprend toutes les espèces ajoutées depuis la publication des programmes de rétablissement de 2005 et de 2010 (ACPF RT, 2007; EC and PCA, 2010). En 2007 et 2012, l'équipe de rétablissement a évalué les espèces qui étaient admissibles à la liste de la FPCA mais n'avaient pas encore été examinées. Les espèces qui répondaient à au moins deux des trois critères ci-dessous ont été ajoutées à la liste (Blaney, comm. pers., 2007).

  1. Aire de répartition globalement située dans la plaine côtière (principalement sur la côte est des États-Unis, présence limitée à l'ouest des Appalaches);
  2. Aire de répartition atteignant la zone de plaine côtière de la Nouvelle-Écosse (principalement au sud de la ligne reliant Halifax et Windsor, pouvant comprendre des occurrences plus au nord, le long de la côte de l'Atlantique);
  3. Habitat représentatif de la plaine côtière (rivages de lac ou de rivière, milieux aquatiques, tourbières, forêts marécageuses, terrains sableux dénudés, marais salés ou rivages estuariens).

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Tableau 1. Espèces de la plaine côtière de l'Atlantique protégées par la loi, au nombre de 13, et espèce en cours d'évaluation par le COSEPAC mais non encore désignée
Nom françaisStatut selon le COSEPAC Note de pied de tableau a et annéeStatut selon le COSEPAC Note de pied de tableau a et annéeLEP Note de pied de tableau bStatut selon l'ESA de la Nouvelle-Écosse Note de pied de tableau c et annéeStatut selon l'ESA de la Nouvelle-Écosse Note de pied de tableau c et annéeCotes GEffectif estimatifSommaire de la justification de la désignation
Coréopsis roseVD1984 (2000)VDE2000G3> 6,000 individus florifères 276 600 à 328 000Espèce du littoral ayant une aire de répartition géographique limitée et dont l'aire de répartition en Nouvelle-Écosse connaît un déclin important. Elle est présente le long des rivages de 8 lacs, où elle se reproduit surtout par voie végétative. Elle subit des menaces continues en raison de la construction d'installations récréatives.
Droséra filiformeVD1991 (2001)VDE2000G4G5Inconnu (probable-ment des dizaines de milliers)Espèce de tourbière omprotrophe présente dans 5 sites très isolés de la principale aire de répartition de l'espèce. Elle subit des risques permanents provenant de nouvelles activités comme l'extraction de tourbe et la culture de la canneberge.
Sabatie de KennedyVD1984 (2000,2012)ME2001G373 400 à 90 700 tiges florifèresCette espèce riveraine est isolée de sa principale aire de répartition et est présente à 11 lacs. Ces populations sont menacées de façon continue par l'utilisation et le développement récréatif des terres ainsi que l'augmentation de l'apport en nutriments associée à l'élevage (visonnières).
Baccharis à feuilles d'arrocheM2011MM2013G52850Petite population restreinte qui est fortement isolée de l'aire de répartition principale de l'espèce (400+ km du nord du Massachusetts), présente en bordure d'un marais salé, dans l'extrême sud de la Nouvelle-Écosse. L'élévation du niveau de la mer et le développement pourraient menacer l'habitat de l'espèce.
Clèthre à feuilles d'aulneM1986 (2001,2001, 2014)PV2000G5Inconnu < 51 870 tiges
(mais beaucoup moins d'individus génétique-ment distincts)
Espèce clonale vigoureuse présente sur les rivages de 6 lacs. Ces populations sont isolées de l'aire de répartition principale de l'espèce. Le nerprun bourdaine, espèce envahissante, la destruction de l'habitat pour la construction de chalets et possiblement l'eutrophisation causée par la conversion de porcheries désaffectées en visonnières menacent l'espèce. Elle est passée de « préoccupante » à « menacée » en 2014.
Éléocharide tuberculéeP2000 (2010)PV2013G53 000 à 4 000 individusL'espèce est très localisée et isolée en Nouvelle-Écosse. Elle est présente dans 5 sites occupant de petites superficies sur les rivages de lacs. Les populations sont menacées par les activités récréatives, la construction de chalets et la pollution de l'eau.
Hydrocotyle à ombelleP1985 (1999,2000,2014)MVD2001G5Plus de 231 000 individusII s'agit d'une espèce isolée, principalement clonale. Elle est présente le long des rivages de seulement 3 lacs, dont deux subissent une intense utilisation récréative. Sa cote est passée de « en voie de disparition » à une catégorie de risque moins élevée en 1998.
Jonc du New JerseyP1982 (2004)PV2001G2~5 000 à 10 000 individusEspèce rare à l'échelle mondiale, présente en bordure de 30 tourbières minérotrophes et ombrotrophes dans le sud-est de l'île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse. Ces populations sont isolées du reste de l'aire de répartition de l'espèce et représentent une grande proportion de la population mondiale. L'espèce est sensible aux activités qui modifient le régime hydrologique, tel que la coupe de bois, la construction de routes et le remblayage.
Lachnanthe de LarolineP2000 (2009)PV2000G4> 5 000 individus végétatifs et individus florifèresEspèce dont l'aire de répartition en Nouvelle-Écosse est limitée aux rivages de 6 lacs. Elle a un potentiel reproducteur limité et subit des menaces considérables provenant de l'exploitation continue de l'habitat riverain.
Liléopsis de l'EstP1987 (2004)PV2006G5130 000 à 187 000 individus maturesEn Nouvelle-Écosse, cette petite herbacée vivace est présente dans 5 estuaires. Sa zone d'occupation est très petite, mais la population est grande. Aucun déclin important n'a été observé au cours des 15 dernières années. Les menaces ne semblent pas imminentes; cependant, l'aménagement ou la dégradation des rivages dans l'avenir pourrait détruire les populations existantes.
Lophiolie doréeP1987 (2000,2012)MV2013G2> 300 000 individusL'espèce est isolée à la limite septentrionale de son aire de répartition et se reproduit surtout par voie végétative. Elle est présente uniquement en bordure de quelques lacs et dans quelques milieux humides, où elle subit des menaces continues provenant de l'aménagement et de la modification de l'habitat.
Potamot gracieux-2014-V2013G3InconnuPlante aquatique d'eau douce vivant dans les milieux humides très acides et pauvres en éléments nutritifs. On trouve seulement 16 populations en Nouvelle-Écosse. Elles sont menacées par les activités qui modifient la qualité de l'eau ou les niveaux d'eau.
Scirpe de LongP1994-V2001G2G3Inconnu (plusieurs milliers de rosettes, mais probable-ment très peu d'individus génétique-ment distincts)Espèce vivace à croissance lente. Elle est rare à l'échelle mondiale. Au Canada, elle se rencontre uniquement dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, dans des milieux humides et en bordure de lacs. La reproduction sexuée est très limitée en Nouvelle-Écosse.
Rhychospore à gros épilletsVD2014Non encore désignée-Non encore désignéeG5688Espèce riveraine qui a un très petit effectif et est limitée à deux lacs; un de ces lacs risque fortement d'être touché par la construction de chalets dans un proche avenir, et l'autre pourrait aussi être touché par cette menace.

Notes de bas du tableau 1

Note a

Statut selon le COSEPAC : VD = espèce en voie de disparition, M = espèce menacée, P = espèce préoccupante; réexamen du statut les années indiquées entre parenthèses.

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Note b

Statut selon la LEP : VD = espèce en voie de disparition, M = espèce menacée, P = espèce préoccupante.

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Note c

Statut selon l'ESA de la Nouvelle-Écosse : VD = espèce en voie de disparition (Endangered), M = espèce menacée (Threatened), V = espèce vulnérable (Vulnerable).

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1.1.2 Rôle écologique

En Nouvelle-Écosse, les espèces de la FPCA protégées par la loi se situent à la limite septentrionale de leur aire de répartition et sont isolées du reste de leur aire, qui se situe le long de la côte est des États-Unis. À l'extrémité de leur répartition, les espèces peuvent être distinctes sur le plan génétique ou morphologique. Des recherches génétiques sur le coréopsis rose (Woods, 2006), le drosera filiforme (Cody, 2002) et la sabatie de Kennedy (Sutton, 2007) ont été réalisées, mais l'étendue de l'isolement et de la variabilité génétique des populations canadiennes par rapport à celles des États-Unis n'est pas encore claire. Il faudra réaliser d'autres études pour éclaircir l'importance de la diversité génétique des populations de Nouvelle-Écosse par rapport à celles du reste des aires de répartition.

En général, le pourcentage de l'aire de répartition mondiale de chaque espèce qui se trouve en Nouvelle-Écosse est faible; cependant, les habitats de la FPCA dans la province sont considérés comme étant parmi les plus intacts du monde. Aux États-Unis, les populations éprouvent actuellement une pression croissante associée à l'aménagement, qui entraîne une importante perte d'habitat. Dans le cas de plusieurs espèces, notamment le jonc du New Jersey et le scirpe de Long, les populations néoécossaises sont parmi les plus grandes du monde.

En outre, plusieurs espèces qui appartiennent à des groupes taxonomiques autres que celui des plantes vasculaires sont associées à la plaine côtière de l'Atlantique, y compris d'intéressants et rares insectes, lichens, mousses, amphibiens et reptiles. Toutefois, on ignore encore si certaines de ces espèces entretiennent une association obligatoire avec la FPCA. Il faut mener d'autres recherches et acquérir de plus amples connaissances sur le sujet pour évaluer la nature de ces associations.

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1.1.3 Facteurs limitatifs

Les espèces de la FPCA en péril présentent certains facteurs limitatifs sur le plan biologique qui pourraient expliquer leur rareté et avoir une incidence sur leur potentiel de rétablissement. Leur répartition pourrait être limitée en raison de la rareté de l'habitat convenable, de la lenteur de la croissance et des faibles taux de reproduction (Sweeney et Ogilvie, 1993). Presque toutes ces espèces sont présentes dans un type particulier d'habitat, dont la présence est très limitée dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse (Wisheu et Keddy, 1989a). La possibilité d'une immigration de source externe est très faible, car les populations canadiennes sont isolées des autres populations de ces espèces; la recolonisation à partir des populations éloignées, situées le long de la côte est des États-Unis, est donc très peu probable. Les régimes naturels de perturbation, y compris les fluctuations du niveau de l'eau, les vagues et l'érosion par les glaces, sont essentiels pour réduire la compétition exercée par d'autres espèces et prévenir l'établissement d'espèces plus agressives, notamment les espèces arbustives et les espèces exotiques envahissantes.

En Nouvelle-Écosse, plusieurs espèces de la FPCA produisent peu de graines ou n'en produisent pas du tout et se reproduisent souvent plutôt par voie végétative, par fragmentation ou par production de rhizomes ou de drageons. Ces stratégies de reproduction asexuée facilitent la propagation de l'espèce, mais les faibles taux de reproduction sexuée, combinés aux réservoirs de semences restreints et aux petits nombres de populations, limitent la diversité génétique. Cette situation peut entraîner une faible adaptabilité environnementale et, par conséquent, une capacité de rétablissement réduite à la suite d'une perturbation grave de l'habitat.

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1.2 Populations et répartition

La présence de la FPCA en Nouvelle-Écosse a été associée au recul de la glace à la fin de la glaciation du Wisconsin, il y a environ 10 000 ans. Le niveau de la mer était plus bas pendant la glaciation, et il est possible qu'une série d'îles aujourd'hui submergées aient servi de lien biologique entre le sud de la Nouvelle-Écosse et la région du cap Cod, au Massachusetts (Keddy et Wisheu, 1989; Pielou, 1991). Toutefois, selon des découvertes récentes, la superficie des terres émergées et la période durant laquelle elles ont été émergées sont plus limitées qu'on le croyait auparavant, et ces terres présentaient un climat arctique ou subarctique qui ne convenait peut-être pas à la FPCA (voir le sommaire dans Clayden et coll., 2009). Ainsi, les autres théories sur la dispersion des espèces de la FPCA jusqu'en Nouvelle-Écosse sont probablement aussi importantes que cette théorie, voire plus importantes.

La répartition générale de la FPCA s'étend depuis le Texas jusque dans le sud du Maine, aux États-Unis, et coïncide avec les plaines côtières du golfe du Mexique et de l'Atlantique, situées le long de la côte est du continent nord-américain (figure 1). On trouve des occurrences isolées de la FPCA dans la région au sud de la baie Georgienne, en Ontario, dans une faible mesure dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick et plus abondamment en Nouvelle-Écosse. Au Canada, 12 des 13 espèces de la FPCA qui sont protégées par la loi et visées par le présent document sont présentes uniquement en Nouvelle-Écosse. Le potamot gracieux a déjà été signalé en Ontario, mais l'espèce n'y a pas été observée depuis 1939.

Figure 1. Répartition générale (en vert) de la FPCA en Amérique du Nord (d'après www.speciesatrisk.ca).
The general distribution of ACPF in North America
Description longue pour la figure 1

La figure 1 montre la répartition générale des espèces de la Flore de la plaine côtière de l'Atlantique officiellement inscrites comme espèces en péril, des espèces non inscrites cotées en rouge et des espèces cotées indéterminées en Nouvelle Écosse. Ces espèces sont concentrées dans le sud-ouest de la province mais se rencontrent également dans le sud-est de l'île du Cap-Breton et sur la rive du détroit de Northumberland.

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En Nouvelle-Écosse, la majorité des espèces de la FPCA qui sont en péril se rencontrent dans la partie sud-ouest de la province, notamment 12 des 13 espèces protégées par la loi (Figure 2). Toutefois, on retrouve aussi ailleurs dans la province des milieux convenant à la FPCA, notamment les tourbières qui sont soumises à l'effet côtier et où le jonc du New Jersey, est présent, dans le sud-est de l'île du Cap-Breton.

Figure 2. Répartition générale (en bleu) des espèces de la FPCA qui sont protégées par la loi ou qui figurent sur les listes rouge (possiblement en péril) et jaune (sensible).
Répartition générale (en bleu) des espèces de la FPCA qui sont protégées par la loi ou qui figurent sur les listes rouge (possiblement en péril) et jaune (sensible).
Description longue pour la figure 2

La figure 2 montre la répartition générale de la Flore de la plaine côtière de l'Atlantique en Amérique du Nord. Celle ci occupe essentiellement la plaine côtière de l'Atlantique de l'Est de l'Amérique du Nord.

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Cinq des 94 espèces de la FPCA présentes en Nouvelle-Écosse sont considérées comme en péril à l'échelle mondiale et se sont vu attribuer une cote mondiale (G) de G2 ou G3 (voir l'annexe 3 pour les définitions des cotes). De ces 5 espèces, 4 sont protégées par la loi au Canada (coréopsis rose, sabatie de Kennedy, jonc du New Jersey et scirpe de Long), et une est considérée comme relativement non en péril en Nouvelle-Écosse (schizée naine; annexe 1). Ces cinq espèces ont une aire de répartition très limitée qui longe la côte est de l'Amérique du Nord et sont en péril dans la majeure partie de leur aire de répartition. Cette situation illustre l'importance des populations de la Nouvelle-Écosse pour la conservation et le rétablissement de ces espèces en péril à l'échelle mondiale.

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1.3 Justification de la méthode de rétablissement plurispécifique

Les méthodes écosystémiques et plurispécifiques de rétablissement sont explicitement autorisées par la LEP et l'Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse. Il n'existe actuellement qu'un petit nombre de programmes de rétablissement plurispécifique au Canada, mais on reconnaît de plus en plus leur valeur et leur utilité (Moore et Wooler, 2004). La conservation et le rétablissement de la FPCA reposent sur une approche plurispécifique depuis le premier plan de rétablissement de la FPCA, publié en 1998.

Parmi les principaux facteurs ayant motivé l'utilisation d'une démarche plurispécifique, mentionnons le nombre élevé d'espèces de la FPCA en péril qui sont protégées par la loi et sont semblables en ce qui a trait aux besoins en matière d'habitat, aux menaces et à la répartition géographique en Nouvelle-Écosse. Ces 13 espèces inscrites de la FPCA font partie d'un vaste ensemble de 98 espèces de FPCA. L'approche plurispécifique permet que d'autres espèces de la FPCA puissent bénéficier du présent programme de conservation même si elles ne sont pas protégées par la loi. De plus, elle favorise le rétablissement d'espèces en péril et permet d'évier que d'autres espèces de la FPCA deviennent en péril. Cette approche plurispécifique permet une utilisation efficace des fonds et des ressources écologiques et humaines restreints tout en maximisant les initiatives de conservation et de rétablissement (Wisheu et Keddy, 1994). De plus, ce type d'approche est efficace pour aborder les besoins conflictuels entre les espèces, la prise de mesures de rétablissement appropriées et l'établissement de priorités. La planification plurispécifique du rétablissement peut être complexe et, par conséquent, l'établissement de priorités est difficile, mais il représente une partie essentielle du processus, en fournissant la structure organisationnelle du programme de rétablissement et, en définitive, en accroissant l'efficacité de l'élaboration et de l'application de mesures de rétablissement.

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1.4 Caractérisation de la planification du rétablissement de la FPCA et établissement des priorités

Dans le présent programme, les priorités touchent la conservation et ont été établies par des spécialistes qui ont examiné les données disponibles. Les priorités ont été étudiées en vue de déterminer ce sur quoi doit se concentrer la planification du rétablissement. Une fois que les priorités sont établies, elles forment la base des objectifs et des approches du rétablissement et aident à orienter le contenu structurel et la planification du document.

Lorsqu'une démarche plurispécifique est utilisée en vue de la conservation et du rétablissement, l'établissement de priorités est difficile, mais indispensable. Dans le présent programme, les priorités sont établies en fonction de catégories biologiquement appropriées, ce qui facilite le regroupement et l'orientation des approches et des étapes de rétablissement dont profitera plus d'une espèce à la fois. L'analyse des priorités appartenant à ces catégories et l'intégration entre les catégories permettent de dégager des priorités générales. Ces priorités fournissent alors la structure organisationnelle des méthodes et des étapes en vue de la conservation et du rétablissement.

Dans la présente section, un niveau de priorité (élevé, intermédiaire, faible) est établi pour les éléments de chacune des trois catégories appropriées sur le plan biologique (espèces, habitats, menaces). La caractérisation de catégorie fournit un contexte pertinent sur lequel se fondent les priorités. Les niveaux de priorité attribués à chaque espèce, habitat et menace représentent le degré d'importance qui leur sera accordé dans le cadre des approches de rétablissement et sont décrits plus en détail pour chacune des catégories.

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1.4.1 Caractérisation des espèces et établissement des priorités

II est important d'indiquer le niveau de priorité accordé à la planification du rétablissement et de la conservation pour chacune des espèces, car le présent document porte sur le rétablissement des 13 espèces inscrites de la FPCA dans le contexte de l'ensemble des 98 espèces de la FPCA. Un niveau de priorité élevé, intermédiaire ou faible est attribué aux 98 espèces de la FPCA, ce qui permet de déterminer les méthodes nécessaires ou requises pour leur conservation et leur rétablissement.

Un niveau de priorité pour le rétablissement élevé ou intermédiaire a été accordé à moins de la moitié des 98 espèces de la FPCA. Les espèces de la FPCA de priorité élevée sont celles qui sont inscrites aux termes de la LEP et/ou de l'ESA de la Nouvelle-Écosse, celles qui ne sont pas inscrites mais figurent sur la liste rouge (possiblement en péril) de la province et celles dont la situation n'a pas été déterminée (Tableau 2). Le présent programme de rétablissement et plan de gestion est axé sur les 13 espèces inscrites de la FPCA (tableau 1). Le niveau de priorité pour le rétablissement des 13 espèces qui figurent sur la liste rouge (possiblement en péril) a aussi été considéré comme élevé, car elles ont ainsi été classées par l'Équipe de rétablissement et en raison du risque qu'elles disparaissent de la province (Tableau 3). Des spécialistes en botanique ont examiné l'information biologique et les autres données disponibles relatives à ces espèces et ont jugé que ces espèces pourraient être ajoutées à la liste des espèces candidates en vue de rapports de situation approfondis et être inscrites comme espèce en péril. Les deux espèces dont la situation est indéterminée se sont également vu attribuer un niveau de priorité élevé (Tableau 3). Il faut réaliser d'autres activités de recherche et de suivi avant qu'un statut puisse leur être attribué, étant donné qu'il en reste beaucoup à apprendre sur ces espèces, qui sont souvent discrètes et difficiles à identifier.

Des buts, objectifs et méthodes de rétablissement sont fixés pour toutes les espèces à priorité élevée. Dans certains cas, les espèces inscrites de la FPCA recevront une plus grande attention, en raison des exigences de la loi provinciale (ESA de la Nouvelle-Écosse) et de la loi fédérale (LEP). Les exigences et les aspects juridiques du rétablissement sont un des volets des mesures de conservation.

Un niveau de priorité intermédiaire est accordé aux 16 espèces qui figurent sur la liste jaune (sensible; Tableau 2; voir l'annexe 1 pour la liste des espèces). Si aucune attention n'est portée à leur conservation, ces espèces courent un grand risque de devenir en péril. Actuellement, les espèces à priorité intermédiaire ne sont pas considérées comme étant en péril et, par conséquent, les buts, les objectifs et les méthodes de rétablissement pour ces espèces ne sont pas inclus explicitement dans le présent programme. Il est important de reconnaître que, en raison de leur association géographique et écologique avec les espèces à priorité élevée, les espèces à priorité intermédiaire bénéficieront également des mesures de rétablissement. Toutefois, des méthodes proactives peuvent être adoptées de façon à ce que les mesures d'intendance et de gestion visant les espèces à priorité élevée visent également les espèces à priorité intermédiaire. II s'agit du principal moyen pour empêcher que ces espèces ne deviennent en péril.

À peine plus de la moitié des 98 espèces de la FPCA sont considérées comme non en péril (liste verte; Tableau 2, voir l'annexe 2 pour la liste des espèces); on a attribué à ces espèces un faible niveau de priorité. De plus, les 4 espèces qui figurent sur la liste violette (espèce disparue du pays ou historique) sont de faible priorité (voir l'annexe 1 pour la liste d'espèces). Aucun but, objectif et approche n'est établi pour les espèces disparues et les espèces non en péril, car leur conservation et leur rétablissement ne sont pas nécessaires actuellement. Comme dans le cas des espèces à priorité intermédiaire, il est important de reconnaitre que, en raison de leur association géographique et écologique avec les espèces à priorité élevée, les espèces à priorité faible bénéficieront également des méthodes de rétablissement. Il est pourtant important de les inclure dans le programme, afin de fournir le contexte complet du nombre d'espèces de la FPCA présentes en Nouvelle-Écosse.

Les espèces qui figurent sur la liste violette (disparues du pays ou historiques) n'ont pas été signalées en Nouvelle-Écosse depuis plus de 25 ans, de sorte qu'on ignore leur situation dans la province. Les quatre espèces qui figurent sur cette liste sont des graminées ou des carex difficiles à identifier, et il est possible qu'elles soient encore présentes dans la province. Si elles étaient retrouvées en Nouvelle-Écosse, on réévaluerait le niveau de priorité qui leur est accordé.

La situation du groupe dans son ensemble doit continuer de faire l'objet d'un suivi, car les renseignements liés à la conservation peuvent changer; il est important que les priorités en matière de conservation reflètent les renseignements à jour. Le programme de rétablissement peut être modifié et mis à jour au besoin, comme en témoigne le présent document modifié.

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Tableau 2. Classement ou statut de chacune des 94 espèces de la FPCA et niveau de priorité.
Processus d'évaluation du statut Note de bas de tableau aClassement/statutNbre d'espèces% du nbre total d'espècesNiveau de priorité pour le rétablissement
Protégées par la loi provinciale et/ou fédéraleLEP et ESA de la Nouvelle-Écosse Note de bas de tableau b1112.2Élevé
Classification de la situation générale dans la province (non protégées par la loi)Rouge (possiblement en péril)1213.3Élevé
Classification de la situation générale dans la province (non protégées par la loi)Indéterminé88.9Élevé
Classification de la situation générale dans la province (non protégées par la loi)Jaune (sensible)1516.7Intermédiaire
Classification de la situation générale dans la province (non protégées par la loi)Violet (disparue du pays ou historique)44.4Faible
Classification de la situation générale dans la province (non protégées par la loi)Vert (non en péril)4044.4Faible
Nombre total d'espèces à priorité élevée et intermédiaire-4651.2-
Nombre total d'espèces-90--

Notes de bas du tableau 2

Note a

Voir l'annexe 3 pour obtenir une explication du processus d'évaluation de la situation de l'espèce et des définitions des cotes.

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Note b

Huit de ces espèces ont été classées « possiblement en péril » (liste rouge), et cinq ont été classées « sensibles » (liste jaune) dans le cadre du processus d'évaluation de la situation générale dans la province.

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Tableau 3. Espèces non inscrites à priorité élevée ou intermédiaire qui figurent sur les listes rouge (possiblement en péril) et jaune (sensible) ou dont la situation est indéterminée selon le processus d'évaluation de la situation générale dans la province.
Nom scientifiqueNom françaisStatut général selon le MRN de la Nouvelle-Écosse
Amelanchier nantucketensisAmélanchier de NantucketRouge (possiblement en péril)
Eupatorium dubiumEupatoire douteuseRouge (possiblement en péril)
Iris prismaticaIris prismatiqueRouge (possiblement en péril)
Lyonia ligustrinaLyonie faux-troèneRouge (possiblement en péril)
Panicum dichotomiflorum var. puritanorumPanic des PuritainsRouge (possiblement en péril)
Proserpinaca intermediaProserpinie intermédiaireRouge (possiblement en péril)
Proserpinaca palustris var. palustrisProserpinie des maraisRouge (possiblement en péril)
Rhynchospora macrostachyaRhynchospore à gros épilletsRouge (possiblement en péril)
Salix sericeaSaule soyeuxRouge (possiblement en péril)
Schoenoplectus torreyiScirpe de TorreyRouge (possiblement en péril)
Sisyrinchium fuscatumBermudienne fauveRouge (possiblement en péril)
Toxicodendron vernixSumac à vernisRouge (possiblement en péril)
Trichostema dichotomumTrichostème fourchuRouge (possiblement en péril)
Elymus virginicus var. halophilusÉlyme halophileIndéterminée
Suaeda maritima subsp. richiiSuéda maritimeIndéterminée
Agalinis maritimaGérardie maritimeJaune (sensible)
Alnus serrulataAulne tendreJaune (sensible)
Carex longiiCarex de LongJaune (sensible)
Cephalanthus occidentalisCéphalanthe occidentalJaune (sensible)
Eleocharis olivaceaÉléocharide olivâtreJaune (sensible)
Eleocharis rostellataÉléocharide à petit becJaune (sensible)
Galium obtusumGaillet obtusJaune (sensible)
Hudsonia ericoidesHudsonie éricoïdeJaune (sensible)
Iva frutescens subsp. orariaIve arbustiveJaune (sensible)
Juncus marginatusJonc marginéJaune (sensible)
Juncus subcaudatusJonc subcaudéJaune (sensible)
Najas gracillimaNaïade grêleJaune (sensible)
Platanthera flava var. flavaPlatanthère jauneJaune (sensible)
Schoenoplectus americanusScirpe d'AmériqueJaune (sensible)
Spiranthes casei var. novascotiaeSpiranthe de Nouvelle-ÉcosseJaune (sensible)
Utricularia resupinataUtriculaire résupinéeJaune (sensible)

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1.4.2 Caractérisation des habitats et établissement des priorités

Le maintien et la protection de l'habitat sont primordiaux pour la conservation et le rétablissement de la FPCA. Étant donné que les habitats des espèces de la FPCA présentent des caractéristiques communes, la protection de milieux naturels entiers profite à de multiples espèces et maximise l'efficacité des mesures de conservation. La protection de milieux naturels entiers accroît la probabilité que le système protégé demeure autonome, conserve ses processus fonctionnels et résiste mieux aux perturbations passagères (Keddy et Wisheu, 1989).

Les espèces de la FPCA sont généralement de faibles compétitrices et ne sont souvent pas en mesure de coexister avec d'autres plantes plus agressives. Cette caractéristique fait en sorte qu'elles ne sont habituellement pas présentes dans les habitats riches en nutriments (Sweeney et Ogilvie, 1993). Par conséquent, les espèces de la FPCA poussent dans des zones où la plupart des autres plantes ont de la difficulté à survivre, généralement des habitats acides, pauvres en nutriments et humides exposés à un niveau élevé de stress et de perturbation naturels. La FPCA a tendance à coïncider avec des espèces de plantes tolérantes au stress, notamment les plantes aquatiques submergées courtes (isoétides) et les espèces carnivores qui sont également associées aux sols infertiles pauvres en nutriments (Wisheu et Keddy, 1989a; Wisheu et Keddy, 1994). Le tableau 4 fournit un aperçu des caractéristiques principales de l'habitat et de la reproduction des 13 espèces inscrites de la FPCA à priorité élevée. D'autres renseignements sur l'habitat de ces 13 espèces sont fournis dans la section 3.

Aux fins de l'attribution des priorités dans le cadre du présent document de planification du rétablissement, l'habitat est divisé en trois catégories pertinentes sur le plan biologique, lesquelles correspondent aux endroits où ces espèces sont présentes : types d'habitat (lac, tourbière ombrotrophe ou minérotrophe et milieu côtier), emplacements (lacs et tourbières précis) et bassins hydrographiques.

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Tableau 4. Caractéristiques de l'habitat et de la reproduction des 13 espèces inscrites de la FPCA. Pour les références, veuillez consulter l'information relative à chaque espèce, dans la section 3.
EspèceNombre d'emplacements pour chaque type de milieu à priorité élevée1 Note de pied de tableau aDescription de l'habitatBesoins essentielsEspèces VD/M/P également présentes dans au moins un emplacementStratégie reproductivePériode de floraisonPollinisation Note de pied de tableau bMécanismes de dispersion des graines Note de pied de tableau c
Coréopsis rose8 L 2 LHRivages de lac légèrement inclinés, à sol pauvre constitué de sable, de gravier, de tourbe ou de galets.Perturbations naturelles : fluctuations du niveau de l'eau, érosion par les glaces, vagues.Hydrocotyle à ombelle, sabatie de Kennedy, scirpe de LongAsexuée (rhizomes); sexuée (production sporadique de graines).Mi-juillet à sept.IIN
Droséra filiforme5 TO/TMTourbières ombrotrophes élevées (ou de plateau) infertiles, milieux humides ouverts et acides dominés par des sphaignes, des éricacées arbustives, des carex courts et des graminées. L'espèce est habituellement présente dans les dépressions tourbeuses où la compétition d'autres végétaux est limitée.Milieu ouvert (espèce intolérante à l'ombre).Scirpe de LongSexuée (graines)Mi-juillet à août.IE
Sabatie de Kennedy11 L 3 LHRivages de lac larges, légèrement inclinés, à sol pauvre constitué de sable, de galets, de gravier ou de tourbe.Rivage maintenu ouvert par les perturbations naturelles (fluctuations du niveau de l'eau, érosion par les glaces, vagues).Coréopsis rose, hydrocotyle à ombelle, scirpe de LongAsexuée (stolons); sexuée (production sporadique de graines).Mi-juillet à sept.IE
Hydrocotyle à ombelle2 LPrincipalement sur les rivages de lac à sol de sable ou de gravier, dans une bande étroite au-dessus ou au-dessous de la limite de l'eau. En Nouvelle-Écosse, l'espèce est limitée à des sites à sol acide et pauvre en nutriments.Rivage maintenu ouvert par les perturbations naturelles (fluctuations du niveau de l'eau, érosion par les glaces, vagues).Coréopsis rose, sabatie de KennedyAsexuée (stolons); sexuée (graines non observées en Nouvelle-Écosse)Juillet à sept.S/OIN
Lophiolie dorée6 L 3 TMRivages de lac à sol de galets, tourbières ombrotrophes et minérotrophes situées dans des baies, dans les zones où la tourbe formée par les peuplements de marisque inerme (Cladium mariscoides) s'accumule, et parfois sur des tapis flottants. L'espèce se rencontre parfois dans de grandes tourbières ouvertes qui ne sont pas associées à des lacs.Rivage maintenu ouvert par les perturbations naturelles (fluctuations du niveau de l'eau, érosion par les glaces, vagues) OU Tourbière saturée ouverte.Lachnanthe de Caroline, scirpe de Long, potamot gracieuxAsexuée (rhizomes); sexuée (production sporadique de graines).Août à sept.IIN
Baccharis à feuilles d'arroche7 E/CPartie supérieure de la marge des marais salés estuariens, près de la zone de transition avec les milieux non salés, dans des sites protégés de l'exposition à l'océan et présentant des températures hivernales particulièrement douces.Températures hivernales très modérées; salinité du sol modérée, qui réduit la capacité de survie des arbustes compétiteurs.-Asexuée (rhizomes, marcottage); sexuée (graines)AoûtI(?)V, E
Clèthre à feuilles d'aulne6 LRivages de lac à sol acide encombrés de blocs rocheux et sites adjacents, humides et souvent tourbeux. Contrairement à certaines autres espèces herbacées lacustres de la FPCA, la clèthre à feuilles d'aulne pousse au-dessus de la zone soumise à une forte érosion par les glaces et n'a été signalée dans aucun lac de la partie amont des bassins versants.Rivages de lac et milieu humides associés, au-dessus de la zone soumise à une forte érosion par les glaces.AucuneAsexuée (drageons); sexuée (graines, mais leur production pourrait être limitée en Nouvelle-Écosse)Mi-août à octobreININ
Éléocharide tuberculée5 LRivages de lac sablonneux ou pierreux et bancs de gravier, en bordure de couches de tourbe ainsi qu'aux limites de tourbières humides bordant des lacs. L'espèce est également présente sur les tapis de végétation qui flottent ou qui sont poussés sur les rivages au cours de tempêtes ou par la glace.Rivage maintenu ouvert par les perturbations naturelles (fluctuations du niveau de l'eau, érosion par les glaces, vagues).AucuneAsexuée (végétative); sexuée (graines).AoûtVV, E
Jonc du New Jersey30 TO/TMEn bordure de lobes de tourbière ouverte qui pénètrent dans la forêt et dans de petites éclaircies tourbeuses dans les forêts conifériennes; milieux recevant généralement un peu de nutriments provenant du ruissellement souterrain. L'espèce est présente dans des zones humides, mais elle ne tolère pas la présence prolongée d'eau stagnante. Elle est sensible aux modifications hydrologiques, et certains phénomènes comme le drainage ou l'inondation du site ont des effets négatifs sur elle.Milieux tourbeux saturés ouverts, enrichissement grâce au ruissellement souterrain par rapport aux zones avoisinantes de la tourbière, faible tolérance aux modifications hydrologiques.AucuneAsexuée (rhizomes); sexuée (graines non observées en Nouvelle-Écosse).Juillet à aoûtVIN
Lachnanthe de Caroline6 LRivages de lac à sol de tourbe, de sable ou de gravier. L'abondance est la plus élevée dans les plages de galets ou de gravier recouvertes d'une mince couche de tourbe, souvent dans des prés de marisque inerme.Perturbations naturelles permettant de réduire la concurrence : fluctuations du niveau d'eau, érosion par les glaces, vagues.Lophiolie dorée, scirpe de LongAsexuée (rhizomes); sexuée (graines).Août à sept.I (?)IN
Liléopsis de l'Est6 E/CZones intertidales longeant les estuaires, dans des sites où la salinité est fortement modérée par un apport d'eau douce; espèce principalement présente sur des pentes douces recouvertes de boue et parfois sur des pentes douces recouvertes de gravier fin.Fluctuations dues aux marées et salinité modérée par un apport d'eau douce.AucuneAsexuée (rhizomes); sexuée (graines).Août à sept.INE
Potamot gracieux11 L 2 RZones à eau peu profonde (jusqu'à environ 1,5 m) dans les lacs et rivières; sites à sol généralement pauvre et acide.Milieu presque constamment inondéLachnanthe de Caroline, lophiolie dorée, scirpe de Long, éléocharide tuberculée, hydrocotyle à ombelle, coréopsis rose, rhynchospore à gros épilletsAsexuée (rhizomes); sexuée (graines).Juillet à aoûtIN (peut-être V et E)E, A (princ. canards)
Scirpe de Long6 L 16 TO/TMDivers types de tourbière ouverte [a) grandes tourbières non associées à un lac; b) tourbières de baie ou de barrière – tourbières s'étant formées en bordure des lacs; c) tourbières minérotrophes à eau stagnante – tourbières marécageuses bordant les rivières à débit lent. L'espèce pousse aussi dans les dépôts de tourbe beaucoup plus minces, sur les rivages de quelques lacs à bassin hydrographique de vaste superficie. Elle se rencontre généralement dans les zones très humides où la concurrence est faible. Elle pousse généralement dans les zones les plus saturées d'eau dans ces milieux ainsi que sur les rivages orientés vers l'est.Sol tourbeux saturé avec couverture minimale d'arbres et de grands arbustes (espèce intolérante à l'ombre)Droséra filiforme, hydrocotyle à ombelle, sabatie de Kennedy, lophiolie dorée, lachnanthe de CarolineAsexuée (rhizomes); sexuée (production irrégulière de graines).Juin à début juilletVE, V

Notes de bas du tableau 4

Note a

Types de milieux à priorité élevée : L = lac, TO = tourbière ombrotrophe, TM = tourbière minérotrophe, E/C = milieu estuarien ou côtier, LH = lac historique.

Rtour à la référence de la note a du tableau 4

Note b

Pollinisation: I = insectes, V = vent, IN = inconnu, S/O = sans objet.

Rtour à la référence de la note b du tableau 4

Note c

Mechanismes de dispersion des graines : E = eau, V = vent, A = animal, IN = inconnu.

Rtour à la référence de la note c du tableau 4

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1.4.2.1 Types d'habitat de la FPCA

Aux fins de la planification du rétablissement et de l'établissement des priorités, les types d'habitat ont été déterminés en fonction de vastes groupes écologiques et fonctionnels (rivages de lac, tourbières ombrotrophes et minérotrophes, milieux estuariens et côtiers, rivières, forêts) (Tableau 5). Les membres de l'Équipe de rétablissement de la FPCA ont évalué toutes les espèces et indiqué les types d'habitat dans lesquels elles sont présentes. L'annexe 4 contient la liste complète des espèces de la FPCA, avec les types d'habitat où elles sont présentes. Tous les types d'habitat où des espèces de la FPCA sont présentes sont importants pour la conservation et le rétablissement; cependant, l'établissement de priorités permet de mieux orienter les activités, ce qui est particulièrement important lorsque les ressources sont limitées.

Le niveau de priorité accordé à chaque type d'habitat a été déterminé en fonction du nombre d'espèces à priorité élevée et intermédiaire (tableau 5) qu'on y rencontre ainsi que d'autres facteurs liés à la conservation, notamment le caractère réalisable du rétablissement, les connaissances appropriées et les possibilités de gestion des menaces. Un niveau de priorité élevé a été attribué aux rivages de lac et aux tourbières, car on trouve dans ces types d'habitat 11 des 13 espèces inscrites de la FPCA. Pour ce qui est des deux autres espèces, le liléopsis de l'Est et le baccharis à feuilles d'arroche, elles ont respectivement été signalées uniquement dans des milieux estuariens et dans des marais salés; un niveau de priorité élevé a donc été attribué à ces deux types de milieux. Un niveau de priorité intermédiaire a été attribué aux rivages de rivière et de ruisseau, aux marais et aux milieux aquatiques, car au moins une espèce inscrite de la FPCA et quelques autres espèces à priorité élevée y sont présentes. Les autres types d'habitat (marais, marécages et marécages boisés, prés et champs, terrains dénudés) se sont vu accorder un niveau de priorité faible.

Les milieux à priorité élevée seront particulièrement ciblés par le présent document pour toutes les approches de rétablissement. La conservation et le rétablissement des espèces dans les types d'habitat à priorité intermédiaire seront principalement coordonnés aux approches associées aux milieux à priorité élevée, lorsque cela est possible. Les types d'habitat à faible priorité, même s'ils contiennent des espèces à priorité élevée, ne seront pas directement ciblés par le présent document de planification du rétablissement.

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Tableau 5. Fréquence de la présence des espèces de la FPCA dans chaque type d'habitat et niveau de priorité attribué en matière de conservation pour chaque type d'habitat. Il est à signaler que certaines espèces sont présentes dans plus d'un type d'habitat.
-Espèces à priorité élevéeEspèces à priorité élevéeEspèces à priorité élevéeEspèces à priorité intermédiaire-
Type d'habitatProtégées par la loi (13) Note de pied de tableau aRouge - possiblement en péril (13)Situation indéterminée (2)Jaune - sensible (16)Niveau de priorité
Rivages de lac810-8Élevé
Tourbières ombrotrophes et tourbières minérotrophes45-2Élevé
Milieux estuariens et côtiers (marais salé, plage de mer, rivière soumise aux marées)2124Élevé
Rivages de rivière et de ruisseau44-5Intermédiaire
Milieux aquatiques22-2Intermédiaire
Marais04-2Faible
Marécages et marécages boisés13-5Faible
Prés et champs02-2Faible
Terrains dénudés03-3Faible

Notes de bas du tableau 5

Note a

Les espèces qui figurent sur les listes rouge (possiblement en péril) et jaune (sensible) et sont aussi protégées par la loi sont incluses dans cette colonne.

Retour à la référence de la note a du tableau 5

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1.4.2.2 Caractérisation des habitats lacustres

Onze des treize espèces inscrites de la FPCA poussent sur les rivages de lacs. On retrouve des espèces lacustres de la FPCA tout le long du gradient ou de la zone transversale des rivages de lacs, depuis la zone arbustive jusqu'à la zone aquatique, en passant par la zone riveraine. Toutefois, elles sont le plus souvent présentes dans la zone riveraine, et leur abondance est la plus élevée où on retrouve du till glaciaire rouge (Keddy, 1984; Keddy, 1985a). Ce till est généralement associé aux rivages larges et légèrement inclinés composés de sable lisse ou de gravier; il a tendance à être saturé d'eau et à être pauvre en nutriments (Keddy et Wisheu, 1989).

Parmi les caractéristiques importantes de l'habitat associées aux rivages de lac, citons la profondeur de l'eau, l'inclinaison du rivage (faible dénivellation associée à une grande largeur), le type de till et l'exposition aux perturbations (Keddy et Wisheu, 1989). Les rivages larges et de faible dénivelé sont importants pour la persistance de la FPCA; ces deux éléments constituent de bons paramètres de la présence d'espèces de la FPCA rares dans une région (Hill et Keddy, 1992). La FPCA se rencontre généralement sous la zone arbustive, dans la zone qui est souvent inondée et où l'exposition aux perturbations est la plus élevée (Keddy et Wisheu, 1989). Toutefois, certaines espèces font exception, notamment la clèthre à feuilles d'aulne, qui pousse généralement sur les rivages à sol acide encombrés de blocs rocheux, dans la zone arbustive où le rivage est abrupt et où il n'y a pas d'érosion par les glaces.

Les perturbations naturelles sont importantes pour le maintien des populations lacustres de la FPCA. Elles peuvent éliminer les plantes concurrentes et créer de nouvelles zones d'habitat convenable. Les espèces de la FPCA sont associées aux lacs caractérisés par trois perturbations naturelles importantes : a) fluctuations saisonnières du niveau de l'eau, b) vagues puissantes et c) érosion par les glaces.

(a) Fluctuations saisonnières du niveau de l'eau : les niveaux d'eau élevés créent une un rivage dégagé convenant aux espèces de la FPCA, car ils limitent la croissance d'arbustes, empêchant ainsi l'établissement d'espèces concurrentes (Keddy et Wisheu, 1989; Wisheu et Keddy, 1994). Cependant, la présence continue de niveaux d'eau élevés risque d'avoir un effet négatif sur la reproduction des espèces de la FPCA, en empêchant la croissance à partir du réservoir de semences (Keddy et Reznicek, 1982; Keddy et Wisheu, 1989). Les fluctuations du niveau de l'eau sont donc favorables pour la reproduction et la réduction des espèces compétitrices (Keddy et Reznicek, 1982).

(b) Vagues puissantes : l'exposition des rivages à l'action des vagues battantes comporte deux effets principaux qui avantagent la FPCA. Premièrement, l'action des vagues diminue la compétition sur les rivages, car elle empêche l'établissement d'espèces arbustives (Keddy, 1985b; Keddy et Wisheu, 1989). Deuxièmement, les vagues réduisent la fertilité des rivages et contribuent à créer des conditions pauvres en nutriments, car les particules fines et les nutriments sont lessivés (Keddy, 1985b). La puissance des vagues est inversement proportionnelle aux taux de matière organique, de limon, d'argile, de phosphore, de potassium, de magnésium et de calcium du substrat des rivages (Keddy, 1985b; Keddy et Wisheu, 1989).

(c) Érosion par les glaces : l'érosion par les glaces est généralement bénéfique pour la FPCA, car elle favorise la colonisation des aires avoisinantes par la FPCA. Le mouvement de la glace déloge souvent des mottes de sol et des plantes et les transporte vers les rivages environnants, créant potentiellement un habitat et de nouvelles populations (Wisheu et Keddy, 1989b; Sweeney et Ogilvie, 1993; Morris, 1994). Wisheu et Keddy (1989b) ont observé que l'infertilité du sol, les dommages causés par les vagues et l'érosion par les glaces étaient les plus élevés le long des zones riveraines composées de till rouge.

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1.4.2.3 Caractérisation des habitats de tourbière ombrotrophe ou minérotrophe

À l'instar des habitats lacustres, les tourbières ombrotrophes et minérotrophes présentent des conditions favorables pour les espèces de la FPCA, car les communautés y sont de faible biomasse, et la compétition interspécifique y est faible. Toutefois, la diversité des espèces de la FPCA est plus faible dans les habitats de tourbière que dans les lacs. Selon le Groupe de travail national sur les terres humides (1997), les tourbières ombrotrophes sont des tourbières acides et pauvres en nutriments où la nappe phréatique se situe au niveau ou près de la surface du sol. La surface des tourbières ombrotrophes est surélevée par rapport au paysage environnant ou est située au même niveau, de sorte que les eaux souterraines et le ruissellement de surface n'alimentent pas la tourbière. L'eau provient donc principalement des précipitations et de la fonte des neiges, qui sont pauvres en minéraux dissous. En comparaison, les tourbières minérotrophes sont des tourbières riches en minéraux dissous dont la nappe phréatique fluctue et se situe au niveau de la surface ou près de la surface (National Wetlands Working Group, 1997). Parmi les sources d'eau, mentionnons le ruissellement de surface, les précipitations et les apports d'eaux souterraines. Il est possible que l'eau s'écoule à la surface de la tourbière minérotrophe par l'entremise de chenaux, de mares ou d'étendues d'eau libres (National Wetlands Working Group, 1997). Ces deux types d'habitat ne sont pas toujours distincts, et plusieurs milieux humides peuvent contenir des composantes de tourbière ombrotrophe et de tourbière minérotrophe.

Les espèces de la FPCA sont présentes dans plusieurs types d'habitats de tourbière ombrotrophe, y compris les tourbières ombrotrophes de baies, de barrières et de plateaux. Les tourbières ombrotrophes de baie, selon la définition de Hill et Johansson (1992), se forment lorsque des baies abritées de lacs se remplissent entièrement de tourbe accumulée. Les tourbières ombrotrophes de barrière, selon Hill et Johansson (1992), sont séparées des étendues d'eau par une barrière rocheuse et inondées au cours de l'hiver lorsque le niveau des masses d'eau environnantes monte. Les niveaux d'eau élevés sont maintenus par la barrière rocheuse après la baisse des niveaux d'eau au printemps (Hill et Johannson, 1992).

Les tourbières ombrotrophes de plateau (ou élevées) se situent clairement au-dessus du paysage environnant, et leurs bordures sont souvent fortement inclinées (National Wetlands Working Group, 1997). Dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, les tourbières ombrotrophes de plateau sont caractérisées par un fond vaseux et des buttes (hummocks) coniques de 50 à 60 cm de hauteur (Damman et Dowhan, 1981). Les buttes forment des zones basses et élevées occupées par différents types de végétation, adaptés à différents degrés d'humidité. Ce type de tourbière, comme de nombreuses autres tourbières ombrotrophes, présente généralement un pH très faible et un niveau d'eau variant selon les précipitations.

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1.4.2.4 Caractérisation des habitats estuariens et côtiers

Un estuaire est une région d'interaction entre un cours d'eau et les eaux océaniques côtières, où l'action des marées et l'écoulement fluvial ont pour effet de mélanger les eaux douces et les eaux salées (Environment Canada, 2006). Il peut s'agir de baies, d'embouchures de rivières, de marais salés et de lagunes (Environment Canada, 2006). L'habitat estuarien des espèces de la FPCA est caractérisé par des littoraux boueux peu inclinés ou des littoraux de gravier fin; il est souvent situé dans les vasières intertidales, entre de gros blocs rocheux. En Nouvelle-Écosse, le liléopsis de l'Est et le baccharis à feuilles d'arroche, espèces inscrites de la FPCA, poussent respectivement dans des estuaires situés à l'embouchure de grandes rivières et en bordure de marais salés, dans des baies abritées, dans le sud de la province. Le baccharis à feuilles d'arroche se rencontre dans une gamme limitée de milieux côtiers, dans des sites non ombragés ou partiellement ombragés, en bordure de marais salés bien développés ou dans la partie haute de plages qui font généralement face à un marais salé. Ces milieux se trouvent au-dessus de la zone quotidiennement inondée par les marées, dans des estuaires ou des baies qui fournissent une protection considérable contre les vents du large et les vagues. L'espèce se rencontre souvent à la limite supérieure du marais salé, à l'intérieur ou à proximité de la zone de transition avec la forêt côtière, où le sol devient moins salé et où la végétation est dominée par des plantes graminoïdes et de petits arbustes. Les espèces estuariennes sont adaptées aux fluctuations quotidiennes du niveau d'eau, et leur habitat est inondé par plusieurs mètres d'eau durant une partie de la journée.

Les milieux côtiers comprennent notamment les marais salés ainsi que les plages et les rivières soumises aux marées, où le niveau et la composition de l'eau varient en fonction des processus marins tels que le cycle de marées. Certaines espèces de la FPCA à priorité élevée poussent dans les milieux côtiers, y compris les deux espèces dont la situation est indéterminée (annexe 4).

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1.4.3 Habitat de la FPCA : Emplacements

Aux fins du présent document, le niveau de priorité des emplacements sera établi uniquement pour les trois types de milieux à priorité élevée (rivages de lac, tourbières ombrotrophes et minérotrophes et milieux estuariens et côtiers). Tous les emplacements où des espèces de la FPCA sont présentes sont importants pour la conservation et le rétablissement, mais l'établissement de priorités permet de mieux orienter les activités. La caractérisation et l'établissement de priorités par emplacement représentent un échelon important du point de vue du rétablissement des espèces, car il s'agit d'une unité définissable sur le plan géographique sur laquelle cibler les activités et d'une échelle à laquelle la collectivité peut participer. Le niveau de priorité a été attribué selon le nombre d'espèces inscrites de la FPCA, le nombre total d'autres espèces non inscrites à priorité élevée (rouge [possiblement en péril] et situation indéterminée) et le nombre d'espèces de priorité intermédiaire (jaune [sensible]).

La caractérisation et l'établissement de priorités fournissent un aperçu de l'étendue et de l'ampleur des emplacements qui doivent être visés. On pourrait croire qu'un grand nombre d'emplacements devront faire l'objet de mesures en vue de la conservation et du rétablissement de multiples espèces de la FPCA. Cependant, les espèces de la FPCA de priorité élevée et de priorité intermédiaire ont été signalées dans moins de 2 % des 6 700 lacs de Nouvelle-Écosse. De même, des espèces de la FPCA à priorité élevée sont présentes dans moins de 0,5 % des plus de 22 000 tourbières ombrotrophes présentes en Nouvelle-Écosse.

Un niveau de priorité élevé, intermédiaire ou faible, indiquant le niveau d'efforts à déployer en matière de conservation et de rétablissement, sera attribué à chaque emplacement. La plus grande importance en ce qui concerne les approches et les mesures de rétablissement à suivre sera accordée aux lacs à priorité élevée. Ces approches et mesures comprennent toutes les mesures de rétablissement visant les emplacements où les 13 espèces inscrites de la FPCA sont présentes, notamment les mesures juridiques visant la protection des espèces et de leur habitat, la réduction ciblée des menaces, la recherche nécessaire ainsi que l'intendance et la gestion. Dans le cas des lacs à priorité intermédiaire, on adoptera principalement des approches d'intendance et de gestion, et les efforts déployés seront moins ciblés et plus opportunistes. Les lacs à priorité faible ne sont pas occupés par des espèces à priorité élevée; on ne s'y intéressera dont pas dans le présent document.

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1.4.3.1 Priorisation des lacs

Le tableau 6 présente les lacs où on trouve les plus grands nombres d'espèces de la FPCA à priorité élevée et à priorité intermédiaire; on leur a donc attribué un niveau de priorité élevé en ce qui a trait aux mesures de conservation. Il est à signaler que la pertinence de la colonne « Bassin hydrographique » du tableau 6 est expliquée à la section 1.5 ci-dessous. Une priorité élevée a été attribuée aux lacs où se trouvent une ou plusieurs espèces inscrites de la FPCA, étant donné qu'elles représentent l'intérêt principal du document. Un niveau de priorité intermédiaire a été attribué aux lacs où poussent une ou plusieurs espèces non inscrites de la FPCA qui figurent sur la liste rouge (possiblement en péril) ou dont la situation est indéterminée (voir l'annexe 6). Il y a 53 lacs à priorité élevée, dont plusieurs sont occupés par plus d'une espèce à priorité élevée; les mesures de conservation et de rétablissement visant diverses espèces pourront donc être combinées dans le cas de plusieurs lacs prioritaires. Les annexes 5 et 6 renferment chacune un tableau indiquant les espèces de la FPCA de priorité élevée et intermédiaire qui sont présentes à chacun des lacs. En outre, on trouve environ 70 autres lacs où des espèces figurant sur la liste jaune sont présentes, mais où on n'a signalé aucune espèce figurant sur la liste rouge (possiblement en péril) ou dont la situation est indéterminée.

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Tableau 6. Lacs à priorité élevée (53) pour les espèces de la FPCA en Nouvelle-Écosse, avec nombre total d'espèces à priorité élevée et bassin hydrographique.-
--Espèces inscrites à priorité élevéeEspèces inscrites à priorité élevéeEspèces inscrites à priorité élevéeEspèces non inscrites à priorité élevéeEspèces non inscrites à priorité élevéeNbre total d'espèces à priorité élevée et intermédiaire
Bassin hydrographiqueEmplacementVD Note de bas de tableau aM Note de bas de tableau aP Note de bas de tableau aRouge (possiblement en péril)IndéterminéeNbre total d'espèces à priorité élevée et intermédiaire
TusketLac Wilsons211206
MedwayLac Hog012115
MedwayLac Molega013105
Tusket (Annis)Lac Pleasant101305
MedwayPetit lac Ponhook012104
MedwayLac Ponhook012104
TusketLac Bennetts200204
TusketLac de l'École101204
TusketLac Fanning100304
Tusket (Annis)Lac Salmon101 Note de bas de tableau b114
BarringtonLac Barrington001113
MedwayLac Cameron001203
MedwayLac Shingle012003
MerseyLac Carrigan001 Note de bas de tableau b203
MerseyLac Kejimkujik002103
TusketLac Gillfillan200103
TusketLac Raynards101 Note de bas de tableau b103
BarringtonGrand lac Pubnico001102
Barrington (Clyde)Lac Harpers001102
MedwayLac Beartrap011002
MedwayPremier lac Christopher002002
MedwayLac Mill002 Note de bas de tableau b002
MerseyPetit lac Ten Mile001102
MeteghanLac Belliveau011 Note de bas de tableau b002
TusketLac Kegeshook100102
TusketLac Mill011 Note de bas de tableau b002
TusketLac Pearl100012
Tusket (Annis)Lac Agard200002
AnnapolisLac Grand001001
LaHaveLac Hirtles001000
LaHaveLac Rhodenizer001100
LaHaveLac Seven Mile100100
MerseyLac Loon001001
MerseyLac Ten Mile001001
MerseyLac McBride001101
MedwayLac Beavertail001001
MedwayLac Fancy010001
MedwayLac Moosehorn001001
MedwayLac Mudflat010001
MedwayLac Pretty Mary010001
RosewayLac Gold001001
RosewayLac Western001001
TusketLac Long001001
TusketLac Placides001001
TusketLac Springhaven Duck010102
TusketLac Canoe010001
TusketLac Louis010001
TusketLac Sloans100001
TusketLac Third100001
TusketLac Travis100001

Notes de bas du tableau 6

Note a

Statut selon le COSEPAC : VD = espèce en voie de disparition, M = espèce menacée, P = espèce préoccupante

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Note b

Potamot gracieux, espèce classée vulnérable par la province mais non évaluée par le COSEPAC

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1.4.3.2 Priorisation des tourbières ombrotrophes et minérotrophes

Le tableau 7 indique les tourbières ombrotrophes et minérotrophes comptant le plus grand nombre d'espèces inscrites de la FPCA à priorité élevée. Seulement 3 des 56 tourbières ombrotrophes et minérotrophes où des espèces inscrites de la FPCA sont présentes contiennent plus d'une espèce, alors que les 53 autres tourbières ombrotrophes et minérotrophes n'en hébergent qu'une seule. Ces emplacements sont aussi importants que ceux où plusieurs espèces sont présentes et, par conséquent, une priorité élevée a été attribuée aux 56 tourbières ombrotrophes et minérotrophes. Seulement 3 des tourbières comptent plus d'une espèce inscrite à priorité élevée, de sorte qu'il est impossible de combiner les efforts de conservation et de rétablissement visant ce type d'habitat. Cependant, il est possible d'appliquer certaines stratégies et approches de conservation et de rétablissement communes dans l'ensemble des tourbières.

Cinq espèces non inscrites à priorité élevée qui figurent sur la liste rouge (possiblement en péril) ou dont la situation est indéterminée ont été signalées dans des tourbières ombrotrophes ou minérotrophes : le carex de Long, le gaillet obtus, l'iris prismatique, la proserpinie intermédiaire et le sumac à vernis. En outre, il existe deux mentions historiques connues de la lophiolie dorée au complexe de tourbières Big Meadow, à l'île Brier, et à l'anse Sandy, dans le comté de Digby, en Nouvelle-Écosse.

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Tableau 7: Tourbières ombrotrophes et minérotrophes (56) à priorité élevée pour les espèces inscrites de la FPCA en Nouvelle-Écosse, avec espèces présentes à chaque emplacement et bassin hydrographique.
EmplacementStatut selon le COSEPAC Note de pied de tableau a
Droséra filiformeVD
Lophiolie doréeM
Scirpe de LongP
Jonc du New JerseyP
Tableau 7. Suite
Bassin hydrographiqueEmplacementDroséra filiformeLophiolie doréeScirpe de LongJonc du New JerseyNbre total d'espèces
MerseyTourbière ombrotrophe Dunraven--2
RosewayTourbière ombrotrophe Quinns Meadows--2
RosewayTourbière ombrotrophe Port La Tour---1
RosewayTourbière ombrotrophe du chemin Swaines---1
RosewayTourbière ombrotrophe Villagedale---1
RosewayTourbière ombrotrophe West Baccaro---1
LaHaveTourbière ombrotrophe du lac Smith---1
LaHaveTourbière ombrotrophe du ruisseau Demones--2
RosewayTourbière ombrotrophe du ruisseau Blue Hill---1
Rivière LittleTourbière ombrotrophe du lac Moores---1
Rivière LittleTourbière ombrotrophe Tiddville---1
MerseyTourbière ombrotrophe de la baie Big Sixteen Mile---1
MerseyTourbière à la décharge du lac Bull Moose---1
MerseyTourbière ombrotrophe située près du lac McGowan---1
MerseyTourbière ombrotrophe à l'ouest du lac Wilkins---1
MerseyTourbière ombrotrophe au nord-ouest de la baie East Brook, lac Rossignol (auparavant nommé tourbière ombrotrophe au sud du Petit lac Rocky)---1
MedwayTourbière ombrotrophe au nord du ruisseau Barren Meadow, près de la route 325---1
MedwayTourbière ombrotrophe sud du ruisseau Barren Meadow, près de la baie Cow Moose, lac Shingle---1
MedwayTourbière Eel Weir Stillwater---1
MedwayTourbière minérotrophe du ruisseau Eighteen Mile---1
MedwayTourbière située près du lac Molega, au sud de la baie Salmon---1
MedwayTourbière située près du lac Molega, à l'ouest de l'anse Bear---1
MedwayTourbière de la rivière Medway, ruisseau Glode Meadow (auparavant nommé « Tourbière ombrotrophe/minérotrophe 1 de Medway River »)---1
MedwayTourbière de la rivière Medway, ruisseau Wentworth / chutes Poltz (auparavant nommé « Tourbières ombrotrophes/minérotrophes 2 et 3 de Medway River »)---1
MedwayTourbière de la rivière Medway, chemin Echo Lodge (auparavant nommé « Tourbière ombrotrophe/minérotrophe 4 de Medway River »)---1
MedwayRivière Wildcat---1
GrandBarren Hill---1
GrandComplexe de tourbières de Gracieville, comprend les tourbières 1 et 2*, 3, 4 et 5 Note de pied de tableau b---1
GrandRivière Grand (Indian Point)---1
GrandRivière Grand est 1---1
GrandRivière Grand est 2---1
GrandRivière Grand ouest---1
GrandComplexe de tourbières du ruisseau MacAskills Comprend les tourbières de la pointe Michaud (tourbière sans nom, tourbière German, tourbière Elbow) ainsi que celles de la rivière Grand (tourbière 8, tourbière 9b)---1
Sydney et MiraLac Belfry---1
Sydney et MiraTourbière ombrotrophe à l'est du lac South Arm Breeches---1
Sydney et MiraAnse MacLeods (auparavant nommé « Framboise / Fourchu (en face du chemin de la plage Morrison) »)---1
Sydney et MiraAnse MacLeods (auparavant nommé « Framboise / Fourchu (en face du chemin de la plage Morrison) »)---1
Sydney et MiraTourbière minérotrophe au nord du chemin Kennington Cove---1
Sydney et MiraComplexe de tourbières à l'est du lac Cricket (auparavant nommé « tourbière ombrotrophe W du lac Mulcuish » et « Lac Mulcuish (près de la gravière) »)---1
Sydney et MiraLac Cricket---1
Sydney et MiraTourbière au nord-ouest du ruisseau Jimmy MacLeods (auparavant nommé « Tourbière minérotrophe près de Stirling »)---1
Sydney et MiraLac Gabarus---1
Sydney et MiraLacs MacLeods, au sud-est des lacs (auparavant nommé « Loch Lomond (tourbière minérotrophe du chemin Graces plus un nouvel emplacement) »)---1
Sydney et MiraLacs MacLeods, à l'ouest des lacs (auparavant nommé « Loch Lomond (tourbière minérotrophe du chemin Graces) »)---1
Sydney et MiraSilver Mine---1
Sydney et MiraL'Archevêque/ St. Esprit---1
Sydney et MiraComplexe de tourbières de Lower St. Espirit---1
Sydney et MiraTourbière ombrotrophe de St. Espirit / chemin Ferguson---1
Sydney et MiraSt. Esprit, ruisseau Matheson---1
Sydney et MiraTourbière ombrotrophe 2 de l'île St. Paul---1
Sydney et MiraBarren Hill---1
Sydney et MiraLac Upper Marie Joseph---1
Sydney et MiraTourbière au nord-ouest du lac Upper Marie Joseph---1
Sydney et MiraLac Lower Marie Joseph---1
Sydney et MiraTourbière au nord du lac Powderhorn---1
Sydney et MiraComplexe de tourbières à l'ouest du lac Belfry---1

Notes de pied de tableau 7

Note a

Statut selon le COSEPAC : VD = espèce en voie de disparition, M = espèce menacée, P = espèce préoccupante

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Note b

Les tourbières 1 et 2 sont uniquement séparées par une route et sont considérées comme faisant partie de la même population dans l'Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC de 2004.

Retour à la référence de la note b du tableau 7

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1.4.3.3 Priorisation des habitats estuariens ou côtiers

Un niveau de priorité élevé a été attribué aux 6 estuaires où le liléopsis de l'Est Lilaeopsis chinensis est présent, car ce sont les seuls emplacements où l'espèce a été signalée. Ces 5 estuaires sont situés à l'embouchure des rivières Annis, Tusket, Medway, LaHave et Roseway, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, et de la rivière Philip, dans le nord-ouest de la province.

De plus, un niveau de priorité élevé est attribué à 7 marais salés, car le baccharis à feuilles d'arroche y est présent. Ces 7 marais salés sont situés dans le comté de Yarmouth, à l'embouchure de la Tusket (pointe Arnold, nord de l'anse Johnston, sud de l'anse Johnson et pointe Bird), dans les îles Morris et Roberts, dans l'île des Surette ainsi qu'à Pubnico-Ouest.

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1.4.4 Bassins hydrographiques où la FPCA est présente

Dans le cadre de la planification des priorités et des mesures en matière de conservation et de rétablissement, il est important d'examiner les contextes immédiats et généraux. Les bassins hydrographiques sont généralement reconnus comme une importante unité de planification et de gestion, car ils permettent d'aborder les menaces à grande échelle et de traiter les effets cumulatifs pouvant entraîner des répercussions sur plus d'un emplacement. Le bassin hydrographique est considéré comme une unité écologique importante pour les espèces de la FPCA (Hill et Keddy, 1992; Hill et coll., 2000), mais il est difficile de mettre en œuvre des mesures de gestion et d'intendance à cette échelle, et il constitue donc une unité moins convenable que l'emplacement à des fins de rétablissement.

Il faut recueillir davantage de renseignements afin de comprendre à fond l'importance des bassins hydrographiques pour la conservation et le rétablissement de la FPCA en Nouvelle-Écosse. Cependant, selon Hill et Keddy (1992), par rapport aux lacs situés en amont dans les bassins hydrographiques, ceux situés en aval, associés à de grandes superficies de bassin hydrographique, présentent généralement une richesse en espèces plus élevée et un plus grand nombre d'espèces rares de la FPCA. Ce phénomène est probablement attribuable aux perturbations accrues associées à l'effet d'entonnoir qui est engendré par l'eau de fonte libérée au printemps et par l'eau des précipitations dans les bassins versants de vaste superficie. Les inondations printanières et les ondes de tempête éliminent les arbustes et autre végétaux qui pourraient supplanter les plantes de la FPCA sur les rivages. En outre, elles entraînent un lessivage des nutriments du sol, ce qui avantage les plantes de la FPCA, qui ont une faible capacité de compétition mais sont tolérantes aux substrats pauvres. Ce ne sont pas toutes les espèces de la FPCA qui poussent en bordure de lacs associés à un vaste bassin hydrographique; les lacs associés à un bassin hydrographique de petite superficie ne peuvent donc pas être exclus des mesures de conservation et de rétablissement (Hill et coll. 2000). Dans le cas des espèces des tourbières ombrotrophes et des milieux estuariens, l'importance du bassin hydrographique en ce qui a trait à la répartition, à l'abondance ou à la persistance n'a pas encore été étudiée.

L'établissement de priorités à l'échelle du bassin hydrographique aura moins de répercussions sur la mise en œuvre des approches et des mesures de rétablissement, car il s'agit d'une échelle tellement vaste. Cependant, certaines décisions de gestion et des recherches doivent être entreprises à cette échelle; il est donc important de déterminer les bassins hydrographiques prioritaires. On trouve des espèces de la FPCA dans environ 75 % des 46 bassins hydrographiques de premier ordre en Nouvelle-Écosse. Pourtant, des espèces inscrites de la FPCA à priorité élevée ne sont présentes que dans 13 de ces bassins. Un niveau de priorité élevé a été attribué à ces 13 bassins hydrographiques, car les espèces inscrites à priorité élevée y sont présentes, en plus de la majorité des autres espèces à priorité élevée et intermédiaire. La figure 3 montre l'emplacement de ces 13 bassins hydrographiques à priorité élevée, dont 9 se trouvent dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, ce qui met en évidence l'importance de cette région de la province pour la conservation et le rétablissement des espèces de la FPCA.

L'annexe 7 présente les espèces inscrites à priorité élevée présentes dans chacun des 13 bassins hydrographiques à priorité élevée. Les bassins des rivières Tusket, Medway et Roseway contiennent le plus grand nombre d'espèces, à savoir 5 chacun. De plus, ces bassins hydrographiques hébergent au moins une espèce qui n'est pas présente dans un autre bassin. Les seuls emplacements où le jonc du New Jersey a été signalé se trouvent dans les bassins des rivières Grand et Sydney/Mira, à l'île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse.

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Figure 3. Bassins hydrographiques (de premier ordre) à priorité élevée où des espèces de la FPCA à priorité élevée sont présentes en Nouvelle-Écosse. Ces bassins sont au nombre de 13.
Bassins hydrographiques (de premier ordre) à priorité élevée où des espèces de la FPCA à priorité élevée sont présentes en Nouvelle-Écosse. Ces bassins sont au nombre de 13.
Description longue pour la figure 3

La figure 3 montre la dist ribution des espèces de la FPCA de différents niveaux de priorité dans les bassins versants à priorité élevée de la Nouvelle-Écosse. Les espèces de la liste rouge occupent surtout dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, tandis que les espèces à situation indéterminée et les espèces de la liste orange sont réparties uniformément dans toute la province.

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1.5 Caractérisation des menaces communes et établissement des priorités

1.5.1 Classification des menaces

Le tableau 8 résume les 24 menaces générales et spécifiques aux 13 espèces inscrites de la FPCA qui sont abordées dans le présent document. Les menaces sont organisées selon 6 catégories de menaces générales définies dans les directives du RESCAPÉ : perte ou dégradation de l'habitat, changements dans la dynamique écologique ou les processus naturels, pollution, perturbation ou persécution, espèces exotiques ou envahissantes et catastrophes naturelles et climatiques (RENEW, 2006). De plus, il fournit les indicateurs des stress causés par les menaces, d'autres informations sur les menaces, notamment l'occurrence et la fréquence, ainsi que le niveau de priorité des menaces pour chaque type d'habitat prioritaire (voir l'annexe 9 pour une définition de chaque catégorie de menace). Bon nombre de ces menaces touchent plusieurs espèces et types d'habitats; cependant, le tableau 9 fournit un résumé des espèces qui sont touchées par chaque menace.

Les espèces en péril de la FPCA sont contraintes par des facteurs limitatifs sur le plan biologique, y compris la petite taille des populations, les limites septentrionales de l'aire de répartition et la capacité reproductive réduite (voir la section 1.1.2). Cependant, de nombreuses menaces anthropiques importantes ont également un effet sur toutes les espèces inscrites de la FPCA à priorité élevée (tableaux 8 et 9). Plusieurs de ces menaces sont interreliées, et les pressions sur les espèces sont probablement le résultat d'interactions complexes et des effets cumulatifs de plus d'une menace.

L'évaluation de l'information sur les menaces présentée dans les tableaux 8 et 9 se fonde sur une recherche documentée (voir les références à la section 4) ou sur les opinions des spécialistes membres de l'Équipe de rétablissement de la FPCA. Il est nécessaire de mener des recherches supplémentaires sur certaines des menaces afin d'évaluer de façon empirique leur certitude causale et le stress biologique provoqué.

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Tableau 8. Tableau de classification des menaces pesant sur les 13 espèces inscrites de la FPCA.
----ÉtendueOccurrenceFréquenceCertitude causaleGravitéNiveau de préoccupationRivage de lacTourbièreMilieu estuarien ou côtier
-Menace générale
(Code alphanumérique)
Menace spécifiqueFacteur de stressInformation sur la menace Note de pied de tableau aInformation sur la menace Note de pied de tableau aInformation sur la menace Note de pied de tableau aInformation sur la menace Note de pied de tableau aInformation sur la menace Note de pied de tableau aInformation sur la menace Note de pied de tableau aNiveau de priorité par type d'habitat Note de pied de tableau bNiveau de priorité par type d'habitat Note de pied de tableau bNiveau de priorité par type d'habitat Note de pied de tableau b
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat1. Construction de chalets et de résidencesConversion et fragmentation de l'habitat, érosion, envasement accru, eutrophisation (augmentation de la concentration en nutriments).↑ mortalité, faible succès de reproduction; ↑compétition interspécifiqueGAAÉÉÉÉFF
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat2. Modifications des berges (fauchage et ratissage, aires et rampes de mise à l'eau de bateaux, quais, brise-lames)Conversion et fragmentation de l'habitat, modification des caractéristiques de l'habitat (composition du substrat).↑ mortalité; faible succès de reproduction; ↑compétition interspécifiqueGAAÉÉÉÉ-I
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat3. Utilisation de véhicules hors routeMicrohabitat réduit, modification des caractéristiques de l'habitat (composition en espèces, compactage du substrat).↑ mortalité, faible succès de reproductionGAAÉÉÉÉÉF
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat4. Remblayage (remblayage de zones humides pour l'aménagement et à des fins récréatives ou industrielles)Conversion et fragmentation de l'habitat.↑ mortalitéLAUFÉÉÉÉÉÉ
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat5. Pratiques d'exploitation forestière (coupe à blanc, récolte dans la bande riveraine, temps de rotation)Érosion, envasement accru, eutrophisation (augmentation de la concentration en nutriments).↑ compétition interspécifiqueLAAFINFFF-
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat6. Pratiques agricoles (labourage, production)Érosion, envasement accru, eutrophisation (augmentation de la concentration en nutriments).↑ compétition interspécifiqueLAAFINFF-F
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat7. Élevage (vison)Érosion, envasement accru, eutrophisation (augmentation de la concentration en nutriments).↑ compétition interspécifiqueLAAÉÉÉÉ--
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat8. Extraction de la tourbeConversion de l'habitat; élimination du substrat.Disparition locale; faible succès de reproductionLPUFÉÉÉ-É-
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat9. Culture de la cannebergeConversion de l'habitat; élimination du substrat.Disparition locale; faible succès de reproductionLPAÉMM-II
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat10. Construction routièreConversion et fragmentation de l'habitat; accès accru pour les utilisateurs de VTT.↑ mortalité; faible succès de reproduction; ↑compétition interspécifiqueLPAÉMM-II
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat11. Extraction de terre de diatoméesÉlimination du substrat.Disparition localeLHUFÉÉF-F-
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat12. Construction de barrages(hydroélectriques)Transformation de l'habitat.Disparition localeLHUFÉÉFF--
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat13. Bétail (porcs)Érosion, envasement accru, eutrophisation (augmentation de la concentration en nutriments).↑compétition interspécifiqueLPAMÉMI--
B. CATÉGORIE DE MENACE : Modification de la dynamique écologique ou des processus naturels1. Construction de chalets et de résidencesModification du régime naturel de perturbation; fragmentation de l'habitat des pollinisateurs.↑ mortalité; faible succès de reproduction; ↑compétition interspécifiqueGAAÉMÉÉFF
B. CATÉGORIE DE MENACE : Modification de la dynamique écologique ou des processus naturels2. Modifications des berges (fauchage et ratissage, aires et rampes de mise à l'eau de bateaux, quais, brise-lames)Modification du régime naturel de perturbation.↑ mortalité; faible succès de reproduction; ↑compétition interspécifiqueGAAÉMÉÉ--
B. CATÉGORIE DE MENACE : Modification de la dynamique écologique ou des processus naturels3. Exploitation de barrages (hydroélectriques)Modification du régime naturel de perturbation (stabilisation du niveau d'eau).Faible succès de reproduction; ↑compétition interspécifiqueLAAÉMM-F-
B. CATÉGORIE DE MENACE : Modification de la dynamique écologique ou des processus naturels4. Pratiques d'exploitation forestière (coupe à blanc, récolte dans la zone riveraine, temps de rotation) et pratiques agricoles (labourage, production)Modification du régime naturel de perturbation (stabilisation du niveau d'eau).Faible succès de reproduction; ↑compétition interspécifiqueLAAÉMMFF-
B. CATÉGORIE DE MENACE : Modification de la dynamique écologique ou des processus naturels5. Extraction de la tourbeModification du régime hydrologique (profondeur de la nappe phréatique).↑mortalité, faible succès de reproductionLPUFÉÉÉ-É-
B. CATÉGORIE DE MENACE : Modification de la dynamique écologique ou des processus naturels6. Culture de la cannebergeModification du régime hydrologique (inondations).↑mortalité, faible succès de reproductionLPAÉÉÉ-É-
C. CATÉGORIE DE MENACE : Pollution1. Eaux usées (septiques, industrielles et issues du bétail et de l'élevage d'autres animaux)Eutrophisation (augmentation de la concentration en nutriments).↑compétition interspécifiqueGAAMÉÉÉ--
C. CATÉGORIE DE MENACE : Pollution2. Pesticides (utilisés pour le paysagement et les productions végétales et animales)Exposition directe; modification des caractéristiques de l'habitat (composition en espèces).↑ mortalité; ↑compétition interspécifiqueGAAFINFI--
C. CATÉGORIE DE MENACE : Pollution3. Fuites et déversements de gaz et d'hydrocarbures (bateaux à moteur, VTT, lavage des voitures)Exposition directe; modification des caractéristiques de l'habitat (conditions du substrat).↑mortalité, faible succès de reproductionLAAFINFFFF
D. CATÉGORIE DE MENACE : Perturbation ou persécution1. Utilisation de véhicules hors route-↑ mortalitéGAAÉÉÉÉÉF
D. CATÉGORIE DE MENACE : Perturbation ou persécution2. Cueillette et piétinement-↑ mortalitéGAAÉFFFF-
E. CATÉGORIE DE MENACE : Espèces exotiques ou envahissantes1. Diverses espèces végétalesCompétition pour les ressources.↑compétition interspécifique; faible succès de reproductionLPAFINFIII
F. CATÉGORIE DE MENACE : Climat et catastrophes naturelles1. Changements climatiquesModification du niveau d'eau et du régime naturel de perturbation.IncertainGINAFININININÉ

Notes de bas du tableau 8

Note a

Étendue : G = généralisée, L = localisée.

Occurrence: H = historique, A = actuelle, I = imminente, P = prévue, IN = inconnue.

Fréquence: UF = une fois, S = saisonnière, C = continue, R = récurrente, IN = inconnue.

Certitude causale: É = élevée, M = moyenne, F = faible.

Gravité: É = élevée, M = modérée, F = faible, IN = inconnue.

Niveau de préoccupation: É = élevé, M = moyen, F = faible, IN = incertain. Voir l'annexe 9 pour les définitions de chaque catégorie d'information sur la menace.

Retour à la note a du tableau 8

Note b

Niveau de priorité (É = élevé, I = intermédiaire, F = faible, IN = incertain, « - » [tiret] = sans objet).

Retour à la note b du tableau 8

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Tableau 9. Sommaire des menaces pesant sur les espèces inscrites de la FPCA à priorité élevée.
--Espèces à priorité élevée (inscrites) Note de bas de tableau aEspèces à priorité élevée (inscrites) Note de bas de tableau aEspèces à priorité élevée (inscrites) Note de bas de tableau aEspèces à priorité élevée (inscrites) Note de bas de tableau aEspèces à priorité élevée (inscrites) Note de bas de tableau aEspèces à priorité élevée (inscrites) Note de bas de tableau aEspèces à priorité élevée (inscrites) Note de bas de tableau aEspèces à priorité élevée (inscrites) Note de bas de tableau aEspèces à priorité élevée (inscrites) Note de bas de tableau aEspèces à priorité élevée (inscrites) Note de bas de tableau aEspèces à priorité élevée (inscrites) Note de bas de tableau aEspèces à priorité élevée (inscrites) Note de bas de tableau aEspèces à priorité élevée (inscrites) Note de bas de tableau a
--Rivage de lac (L)Rivage de lac (L)Rivage de lac (L)Rivage de lac (L)Rivage de lac (L)Rivage de lac (L)Rivage de lac (L)L et TL et TTourbière (T)Tourbière (T)Milieu estuarien ou côtierMilieu estuarien ou côtier
-Menace généraleCoréopsis roseÉléocharide tuberculée)Sabatie de KennedyHydrocotyle à ombelleLachnanthe de CarolineClèthre à feuilles d'aulnePotamot gracieuxLophiolie doréeScirpe de LongDroséra filiformeJonc du New JerseyLiléopsis de l'EstBaccharis à feuilles d'arroche
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat1. Construction de chalets et de résidences
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat2. Modifications des berges (fauchage et ratissage, aires et rampes de mise à l'eau de bateaux, quais, brise-lames)----
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat3. Utilisation de véhicules hors route-
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat4. Remblayage (remblayage de zones humides pour l'aménagement et à des fins récréatives ou industrielles)-
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat5. Pratiques d'exploitation forestière (coupe à blanc, récolte sur la bande riveraine, temps de rotation)---
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat6. Pratiques agricoles (labourage, production agricole)---
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat7. Extraction de la tourbe---------
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat8. Culture de la canneberge---------
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat9. Construction routière-----------
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat10. Extraction de la terre de diatomées------------
A. CATÉGORIE DE MENACE : Perte ou dégradation de l'habitat11. Construction de barrages(hydroélectriques)---------
B. CATÉGORIE DE MENACE : Modification de la dynamique écologique ou des processus naturels1. Construction de chalets et de résidences
B. CATÉGORIE DE MENACE : Modification de la dynamique écologique ou des processus naturels2. Modifications des berges (fauchage et ratissage, aires et rampes de mise à l'eau de bateaux, quais, brise-lames)----
B. CATÉGORIE DE MENACE : Modification de la dynamique écologique ou des processus naturels3. Exploitation de barrages(hydroélectriques)--------
B. CATÉGORIE DE MENACE : Modification de la dynamique écologique ou des processus naturels4. Pratiques d'exploitation forestière (coupe à blanc, récolte dans la zone riveraine, temps de rotation) et pratiques agricoles (labourage, production)--
B. CATÉGORIE DE MENACE : Modification de la dynamique écologique ou des processus naturels5. Extraction de la tourbe---------
B. CATÉGORIE DE MENACE : Modification de la dynamique écologique ou des processus naturels6. Culture de la canneberge---------
C. CATÉGORIE DE MENACE : Pollution1. Eaux usées(septiques, industrielles et issues du bétail et de l'élevage d'autres animaux)----
C. CATÉGORIE DE MENACE : Pollution2. Pesticides (utilisés pour le paysagement et les productions végétales et animales)-----
C. CATÉGORIE DE MENACE : Pollution3. Fuites et déversements de gaz et d'hydrocarbures (bateaux à moteur, VTT, lavage des voitures)-
D. CATÉGORIE DE MENACE : Perturbation ou persécution1. Utilisation de véhicules hors route-
D. CATÉGORIE DE MENACE : Perturbation ou persécution2. Cueillette et piétinement----
E. CATÉGORIE DE MENACE : Espèces exotiques ou envahissantes1. Diverses espèces végétales----
F. CATÉGORIE DE MENACE : Climat et catastrophes naturelles1. Changements climatiques
TOTAL-1816181816161821131414105

Notes de bas du tableau 9

Note a

Le tiret (-) : indique que la menace ne s'applique pas à l'espèce en question.

Retour à la référence de la note a de bas du tablean 9

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1.5.2 Description des menaces

Les menaces qui pèsent sur la FPCA appartiennent majoritairement à deux catégories générales : perte ou dégradation de l'habitat et changements dans la dynamique écologique ou les processus naturels (tableaux 8 et 9). Les espèces de la FPCA ont une faible capacité de compétition et dépendent d'habitats présentant des caractéristiques précises, en particulier des substrats pauvres en nutriments subissant des perturbations naturelles qui conservent les caractéristiques de l'habitat et réduisent la compétition (Wisheu et Keddy, 1989a). La persistance des populations de FPCA dépend du maintien des niveaux actuels de perturbation naturelle (Wisheu et Keddy, 1989a). Par conséquent, les activités anthropiques ayant un effet sur les habitats de la FPCA ou sur les processus naturels constituent une menace considérable pour les espèces en péril de la FPCA.

Les menaces auxquelles un niveau de préoccupation élevé a été attribué (tableau 8) sont considérées comme prioritaires et seront le point central des approches et des mesures de rétablissement. Les espèces de rivages de lac et de tourbières ombrotrophes et minérotrophes sont touchées par 7 menaces à priorité élevée. Cependant, il ne s'agit pas des mêmes menaces pour chaque type d'habitat; en ce qui concerne les espèces de tourbières ombrotrophes et minérotrophes, seulement 3 des menaces sont actuelles et les 4 autres sont anticipées. Les espèces de rivages de lac font face au plus grand nombre de menaces, à savoir 18 menaces générales. Jusqu'à 14 menaces pèsent sur les espèces de tourbières ombrotrophes et minérotrophes, et jusqu'à 10 menaces pèsent sur les espèces estuariennes ou côtières (tableau 9). La lophiolie dorée est présente dans les habitats de tourbières ombrotrophes et minérotrophes et de rivages de lac et, par conséquent, fait face au plus grand nombre de menaces, à savoir 21.

Selon Wisheu et Keddy (1989), les perturbations anthropiques croissantes sont la plus grande menace pesant sur la FPCA, en particulier la construction résidentielle et de chalets et l'utilisation de véhicules hors route, qui ont des conséquences sur les 3 types d'habitat prioritaires (tourbières ombrotrophes et minérotrophes, lacs et milieux estuariens). Comme il est indiqué au tableau 9, la construction de résidences et de chalets, l'utilisation de véhicules hors route et le remblayage représentent les seules menaces affectant les 13 espèces inscrites de la FPCA. La gravité des conséquences de ces menaces varie selon le type d'habitat, la construction constituant la préoccupation la plus sérieuse pour les espèces des rivages de lac (Eaton et Boates, 2003). Plusieurs des menaces présentées dans les tableaux 8 et 9 ne sont pas décrites dans les rapports de situation du COSEPAC. Les menaces présentées dans ces tableaux se fondent sur les opinions des spécialistes de l'Équipe de rétablissement de la FPCA et sur d'autres sources citées.

Menaces pesant sur les espèces lacustres et leur habitat

La construction de chalets aux environs des principaux lacs où la FPCA est présente augmente de façon constante. Au cours des 55 dernières années, le nombre de chalets près des principaux lacs de la FPCA a augmenté en moyenne de 353 % (Eaton et Boates, 2002). La menace que pose la construction s'est aggravée, car elle est directement liée avec l'accroissement du nombre de modifications apportées aux rivages, notamment les quais de bateaux, le remblayage, le ratissage, le fauchage et l'utilisation de véhicules hors route (Eaton et Boates, 2003). La construction a déjà d'importantes conséquences, et la possibilité que ses effets sur les espèces de la FPCA et leur habitat continuent et s'accroissent est grande. Eaton et Boates (2002) ont présenté des données, pour 13 lacs, sur le nombre total de chalets par lac et le nombre de propriétés qui pourraient encore être construites; ils ont estimé qu'en moyenne, le nombre de chalets par lac pourrait augmenter de presque 100 %.

L'utilisation de véhicules hors route sur les rivages de lac peut entraîner plusieurs répercussions négatives sur les espèces et les habitats de la FPCA (tableau 8). En plus d'entraîner le compactage du sol et la destruction des plantes existantes, elle réduit le réservoir de semences. Les zones riveraines très perturbées contiennent 10 % du réservoir de semences, comparativement aux zones ne subissant pas l'utilisation de véhicules hors route (Wisheu et Keddy, 1991). Des semences restantes, 91 % n'ont pas réussi à germer, ce qui laisse croire que le réservoir de semences, en plus d'être gravement réduit, est aussi endommagé par l'utilisation de véhicules hors route (Wisheu et Keddy, 1991).

Parmi d'autres préoccupations associées à la construction, citons les effets potentiels sur les processus écologiques, notamment la pollinisation. De récents travaux visant la sabatie de Kennedy montrent que le nombre de pollinisateurs diminue dans les rivages perturbés, tout comme le temps que passent les pollinisateurs sur les fleurs (Trant, 2005). On suppose que ce phénomène est attribuable à la fragmentation des milieux riverains et à la dégradation de la zone arbustive, que les pollinisateurs utilisent pour hiverner et pour construire leur nid (Trant, 2005); cependant, cette hypothèse n'a pas encore étudiée de façon empirique.

La construction de barrages hydroélectriques à la fin des années 1920 a provoqué la disparition du coréopsis rose et de la sabatie de Kennedy des lacs du bassin hydrographique de la rivière Tusket et la modification de l'habitat convenable dans plusieurs lacs. On estime que 50 % de l'habitat riverain convenable à la FPCA rare a été perdu en raison de l'installation de barrages hydroélectriques (Morris et coll., 2002). Les lacs des bassins versants de vaste superficie (&gt; 50 000 ha) sont généralement ciblés pour l'exploitation de barrages hydroélectriques; cependant, une corrélation positive a été observée entre ces lacs et la présence des espèces rares de la FPCA (Hill et coll., 1998). De nouvelles pertes importantes liées à la production d'énergie sont improbables, mais il y a encore des répercussions négatives potentielles sur les espèces de la FPCA, car les barrages hydroélectriques dérangent et stabilisent les niveaux d'eau saisonniers naturels dans un bassin hydrographique (Hill et coll., 1998). La stabilisation du niveau d'eau d'un lac entraînerait une diminution des perturbations et, par conséquent, une régénération moindre des semences enfouies (Keddy et Reznicek, 1982). Il est possible d'atténuer les effets antérieurs et actuels au moyen d'une gestion planifiée des niveaux d'eau favorisant la FPCA (Morris et coll., 2002; Lusk 2006).

Il faut mener d'autres recherches pour déterminer la gravité des effets des menaces qui entraînent un ruissellement et une eutrophisation accrus sur les espèces de la FPCA et leur habitat. Toutefois, la FPCA pousse généralement sur des substrats infertiles pauvres en nutriments et, par conséquent, l'enrichissement du sol découlant du ruissellement de nutriments pourrait modifier les habitats du littoral en fournissant les conditions de croissance convenables aux espèces capables de supplanter la FPCA (Wisheu et Keddy, 1989a; Wisheu et Keddy, 1994). Le ruissellement de nutriments provenant des chalets et les perturbations pourraient modifier la composition en espèces des communautés végétales des rivages (Wisheu et coll., 1994). De plus, il est probable que certaines pratiques d'exploitation forestière et agricole contribuent à l'apport de sédiments et de nutriments et enrichissent le sol des rivages (Wisheu et Keddy, 1989a). Il est nécessaire de mener davantage de recherches afin d'étudier les effets cumulatifs de la charge en nutriments découlant de l'aménagement des lacs, de l'exploitation forestière et de l'agriculture à l'échelle du bassin hydrographique (Wisheu et coll., 1994). Les espèces de la FPCA qui poussent le long de la rivière Tusket sont menacées par l'eutrophisation associée à l'élevage d'animaux (visonnières). Des chercheurs tentent actuellement de déterminer les sources et quantités de nutriments relâchés par cette activité ainsi que l'effet de ces nutriments sur les proliférations d'algues dans les lacs qui sont situés en aval et où la FPCA est présente (Fanning, Raynards).

L'introduction d'espèces exotiques ou envahissantes constitue une autre menace souvent associée à la construction de chalets et à l'agriculture. Un examen préliminaire des espèces de plantes envahissantes à six lacs prioritaires du bassin hydrographique de la rivière Tusket a révélé que cette situation ne représente pas actuellement une menace grave (Eaton et Boates, 2003). Cependant, étant donné le dynamisme des espèces envahissantes (propagation rapide et introduction imprévisible) et la gravité potentielle de leurs effets, cette menace ne devrait pas être sous-estimée et devrait continuer à faire l'objet d'un suivi.

Menaces pesant sur les espèces de tourbières ombrotrophes et minérotrophes et leur habitat

Le nombre de menaces à priorité élevée touchant actuellement les habitats de tourbière ombrotrophe et minérotrophe est considérablement inférieur à celui des habitats lacustres. Certaines activités anthropiques, y compris la construction résidentielle et de chalets, l'exploitation forestière, la construction routière et le remblayage, peuvent modifier le régime hydrologique des tourbières ombrotrophes et minérotrophes et ainsi modifier la composition de la communauté végétale pour favoriser des espèces plus agressives qui pourraient supplanter la FPCA (Hill et Johansson, 1992). Même si, actuellement, l'exploitation commerciale de tourbe ou la production de canneberge aux emplacements de la FPCA ne sont pas prévues, ces activités demeurent une menace anticipée. Des demandes ont déjà été présentées pour l'extraction de tourbe dans un des emplacements où le droséra filiforme est présent. Cependant, l'extraction de la tourbe a été limitée dans cette tourbière, en raison de la présence de l'espèce.

Menaces pesant sur les espèces estuariennes et côtières et leur habitat

Le liléopsis de l'Est et le baccharis à feuilles d'arroche, espèces à priorité élevée de la FPCA, poussent dans des milieux estuariens ou côtiers. Le liléopsis de l'Est, qui se rencontre dans les milieux estuariens, est confronté à moins de menaces que les espèces de rivages de lac et des tourbières. La seule menace à priorité élevée qui pèse sur le liléopsis de l'Est est le remblayage, lequel peut résulter de la bonification de terrains en vue de l'aménagement ou de la construction routière. Dans le passé, la construction routière a eu un effet négatif sur l'espèce, en modifiant le régime hydrologique de l'estuaire et en entraînant la perte directe d'habitat. Cependant, elle est considérée comme une menace anticipée, étant donné qu'il n'y a actuellement aucun projet de construction routière près des emplacements connus. L'altération de l'habitat côtier du baccharis à feuilles d'arroche par les activités humaines est la menace la plus imminente. Le changement climatique menace aussi l'espèce, car il entraîne une augmentation de la fréquence et de la gravité des tempêtes ainsi qu'une élévation du niveau de la mer. Cependant, on ignore quel est l'impact exact de cette menace (Blaney et Mazerolle, 2011).

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1.6 Mesures déjà achevées ou en cours

La conservation des espèces de la FPCA en Nouvelle-Écosse fait l'objet de travaux depuis au moins une trentaine d'années, les initiatives de rétablissement et de conservation ayant été officialisées par la mise sur pied de l'Équipe de rétablissement de la FPCA en 1996. L'équipe a élaboré un premier plan de rétablissement plurispécifique en 1998. En 2005, le plan a été évalué et élargi à la suite de l'élaboration d'un nouveau programme de rétablissement et plan d'action plurispécifiques pour la FPCA. Le présent programme de rétablissement et plan de gestion (2015) se fonde sur ces documents antérieurs; il conserve une grande partie du contenu, mais des renseignements supplémentaires ont été ajoutés conformément à la LEP.

Bien que des activités de recherche et de conservation aient été déployées pendant des décennies, les mesures entreprises n'ont pas toujours été systématiquement planifiées et les initiatives ont souvent été opportunistes, mais pas forcément stratégiques. Ces approches au cas par cas ont fait en sorte qu'il existe encore certaines lacunes importantes dans les connaissances. Le présent document de planification du rétablissement et le plan d'action subséquent fourniront l'orientation nécessaire en vue de l'atteinte des objectifs de conservation et de rétablissement. La présente section offre un aperçu des progrès réalisés jusqu'à présent, structurés selon les trois approches stratégiques générales définies à la section 2.4 (Acquisition de l'information, gestion et intendance).

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1.6.1 Acquisition d'information

Bases de données

Les plus vastes bases de données sur les espèces de la FPCA sont hébergées et maintenues par le ministère des Ressources naturelles (MRN) de la Nouvelle-Écosse et le Centre de données sur la conservation du Canada Atlantique (CDCCA). D'autres bases de données sont maintenues par le Musée d'histoire naturelle de la Nouvelle-Écosse, l'Acadia University Museum, le ministère de l'Environnement et du Travail de la Nouvelle-Écosse (Direction des zones protégées), le parc national Kejimkujik et le Nova Scotia Nature Trust (NSNT), ainsi que par certains chercheurs. La base de données contient des données historiques et actuelles sur les espèces de la FPCA, notamment dans plusieurs cas de l'information sur les emplacements précis, des estimations de la population et des données de terrain supplémentaires. Il existe une base de données en ligne, protégée par un mot de passe, sur les activités de suivi coordonnées de 2010 à 2012 par le Mersey Tobeatic Research Institute (MTRI); cette base comprend des données sur les populations, l'habitat, la qualité de l'eau et les menaces. Des données de suivi des populations pour ce projet sont aussi consignées dans la base du CDCCA.

Relevés et suivi

Depuis 1998, un certain nombre d'emplacements de la FPCA à priorité élevée ont été visités régulièrement. Des travaux sur le terrain ont été menés par plusieurs particuliers et organisations; un résumé complet des travaux et des lacs ayant fait l'objet de relevés peut être obtenu auprès de l'Équipe de rétablissement de la FPCA. Cependant, avant 2010, en général, la sélection d'emplacements en vue des activités de relevés et de suivi s'est faite de façon plus opportuniste que systématique. Aucune norme et aucun protocole d'échantillonnage et de suivi de différentes espèces sur le terrain n'ont été officiellement élaborés pour les espèces de la FPCA, à l'exception de la population d'hydrocotyle à ombelle du parc national Kejimkujik (Vasseur, 2005). Par conséquent, la quantité et la qualité des données de relevés recueillies varient considérablement. Cependant, depuis 2010, de nouveaux protocoles s'appliquant aux relevés des rivages, au suivi des menaces et aux programmes de suivi volontaire ont été élaborés et adoptés. En outre, aucune démarche structurée et méthodique n'a été utilisée pour la délimitation de nouvelles zones d'habitat potentiel pour les espèces à priorité élevée. La délimitation était principalement fondée sur les emplacements possibles indiqués dans la documentation ou sur la proximité d'autres emplacements connus. D'autres zones ont été relevées fortuitement, pendant la réalisation d'autres recherches. Un programme de suivi de 5 ans a été entamé en 2010; les chercheurs et volontaires qui y participent réalisent un suivi des populations, de leur habitat et des menaces tout le long du rivage des 36 lacs à priorité élevée énumérés à l'annexe 5 du programme de rétablissement de 2010.

Recherche

En Nouvelle-Écosse, des travaux de recherche et de conservation de grande envergure ont commencé dans les années 1980, par des botanistes comme Paul Keddy, Cathy Keddy et Irene Wisheu. Parmi les travaux sur la FPCA, citons l'examen des caractéristiques de l'habitat, la classification en zones et la répartition des rivages, le rôle des régimes de perturbation, les capacités et les limites compétitives, la représentation du réservoir de semences et l'effet des menaces, notamment la construction de chalets et l'utilisation de véhicules hors route. Ces recherches ont fait ressortir la nécessité de porter une attention particulière à la conservation. Des recherches ultérieures ont accru la masse de connaissances à l'égard de la FPCA; elles sont résumées à l'annexe 8. En 1990, un atelier sur la flore de la plaine côtière, auquel ont participé des chercheurs et des organismes voués à la conservation de l'est du Canada et des États-Unis, a eu lieu à Halifax (Nouvelle-Écosse).

Dans plusieurs universités de la Nouvelle-Écosse, des recherches sur la FPCA ont récemment été menées ou sont en cours sous la supervision de Sara Good-Avila, de Tom Herman et d'Ed Reekie, de l'Acadia University, de Liette Vasseur, de la Saint Mary's University, et de Nick Hill et Ron MacKay, de la Mount Saint Vincent University. Parmi ces études, mentionnons les recherches portant sur la génétique, la biologie reproductive, la composition du réservoir de semences, l'aménagement des berges et les lacs-réservoirs utilisés pour la production d'hydroélectricité (annexe 8). Parmi les recherches du MRN de la Nouvelle-Écosse, d'Environnement Canada et de Parcs Canada (parc national Kejimkujik), citons un inventaire des menaces anthropiques pesant sur la FPCA dans le bassin hydrographique de la rivière Tusket, les effets de la qualité de l'eau et des espèces exotiques envahissantes sur la FPCA et l'élaboration d'un protocole de suivi de l'hydrocotyle à ombelle (annexe 8).

Connaissances traditionnelles écologiques

Les discussions et évaluations préliminaires concernant les connaissances traditionnelles écologiques (CTE) sur les espèces de la FPCA indiquent que ces plantes seraient peu connues. Les collectivités mi'kmaq ont été contactées et ont été invitées à prendre part à l'Équipe de rétablissement de la FPCA.

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1.6.2 Gestion

Les mesures de gestion du rétablissement comprennent diverses mesures de conservation et de rétablissement, notamment la législation, la prise de décisions, la coordination, la planification, les politiques et les programmes. Plusieurs lois provinciales et fédérales contribuent à la conservation et au rétablissement de la FPCA (les sections 2.7.1 et 2.7.2 donnent un aperçu de ces lois). Depuis la formation de l'Équipe de rétablissement de la FPCA en 1996, l'Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse (1998) et la Loi sur les espèces en péril (2002) du gouvernement fédéral ont été adoptées; ces lois protègent 13 espèces de la FPCA.

Le processus provincial de planification de la gestion intégrée des ressources (GIR) vise à déterminer les aires importantes pour la conservation et le rétablissement de la FPCA, ce qui signifie que les répercussions potentielles sur la FPCA de tout projet d'aménagement proposé dans ces zones sont étudiées en profondeur. Des programmes comme le Programme d'intendance de l'habitat pour les espèces en péril du gouvernement du Canada, en place depuis 2000, ont permis que des activités de conservation et de rétablissement soient réalisées dans le cadre de plusieurs initiatives liées à la FPCA.

Le ministère des Richesses naturelles de la Nouvelle-Écosse peut établir des pratiques de gestion spéciales qui s'appliquent aux activités menées sur les terres de la Couronne. Actuellement, des pratiques de gestion spéciales ont été mises en place pour certaines espèces en péril, notamment l'érioderme boréal, la population continentale d'orignal, le lynx du Canada et la tortue des bois, mais aucune espèce de la FPCA n'est de ce nombre.

La conservation et le rétablissement de la FPCA ont nécessité la coordination et la collaboration des trois ordres de gouvernement (fédéral, provincial et municipal). Selon Eaton et Boates (2005), les municipalités sont des partenaires essentiels au rétablissement de la FPCA, en particulier parce que l'aménagement des rivages de lac représente l'une des principales menaces pesant sur la FPCA et que les municipalités sont en grande partie responsables des règlements sur la planification du développement et la délivrance de permis. De plus, en 2002, les municipalités ont répondu à l'appel lorsque les ministères des Richesses naturelles et de l'Environnement et du Travail de la Nouvelle-Écosse ont rencontré un promoteur local et les agents municipaux afin d'élaborer des directives d'aménagement visant à éliminer les menaces envers la FPCA sur les rivages de lac; cette rencontre a mené à la création d'un nouveau processus destiné à améliorer la délivrance de permis d'aménagement des rivages de lac en vertu de l'Environment Act. Certaines municipalités ont mis au point des stratégies municipales de planification, qui tiennent compte des espèces sauvages et de leur habitat (par exemple, la municipalité du comté de Queens).

Des progrès relatifs à la protection au sol de la FPCA ont été accomplis grâce à la création d'aires protégées, notamment le parc national Kejimkujik en 1976, la réserve naturelle de la rivière Tusket sur les lacs Wilsons et Gillfillan en 1987, suivie de la réserve naturelle du lac Ponhook, de la réserve naturelle du pré Quinns (terres environnant l'emplacement de tourbière ombrotrophe et minérotrophe) et de l'aire de nature sauvage Tobeatic. Les aires sauvages des prés Bowers et de la rivière Tidney pourraient également s'avérer d'une certaine valeur pour la conservation de la FPCA.

Conservation de la nature Canada (CNC) a participé à l'achat et à la protection des terres du lac Wilsons, qui constituent maintenant une réserve naturelle. En outre, CNC a acquis d'autres propriétés où des espèces de la FPCA à priorité élevée sont présentes aux lacs Pearl, Third, Kegeshook et Bennets ainsi que dans le pré Quinns. L'entreprise Bowater Mersey Paper Company Incorporated a collaboré avec CNC pour faire don à la TREPA d'une parcelle de terre, qui est devenue la réserve naturelle privée C.R.K. Allen, au lac Gillfillan. De plus, le Nova Scotia Nature Trust (NSNT) a créé des réserves pour des espèces de la FPCA aux lacs Gillfillan, Bennets, Wilsons et Ponhook ainsi qu'à Riversdale, en bordure de la rivière Medway.

La Nouvelle-Écosse s'est fixé comme objectif de protéger 12 % de son territoire et a donc entamé en 2012 un processus visant à désigner de nouvelles aires protégées. Il ne fait aucun doute que certaines de ces nouvelles aires sauvages et réserves naturelles seront établies en fonction de la présence des espèces de la FPCA à priorité élevée. Parmi les projets candidats, on compte l'expansion des réserves naturelles du lac Ponhook, du ruisseau Eighteen Mile et du lac Gillfillan. En outre, de nouvelles réserves naturelles et aires sauvages pourraient être créées pour protéger la FPCA au lac Ten Mile, au Petit lac Ten Mile ainsi qu'aux lacs Shingle, Seven Mile, Smith, Harpers, Western, Gold, Raynards, Shingle, Canoe et Kegeshook, à la tourbière Dunraven et à la rivière Tusket. Le jonc du New Jersey sera protégé dans la zone sauvage Fourchu Coast ainsi que les réserves naturelles Point Michaud et Mulcuish Lake, situées au Cap-Breton.

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1.6.3 Intendance

Des groupes menant des initiatives d'intendance ont travaillé en étroite collaboration avec l'Équipe de rétablissement de la FPCA. Depuis 2000, la Nova Scotia Nature Trust (NSNT) s'est concentrée sur la promotion du rôle et de l'importance de l'intendance des terres privées dans la conservation de la FPCA au moyen des projets « Coastal Plain Stewards » et « Plants on the Edge ».

Le NSNT a recueilli des renseignements détaillés sur les terrains privés aux principaux emplacements de la FPCA, produit des panneaux de visualisation pour les terres privées, compilé des dossiers de propriétés foncières, rencontré les propriétaires fonciers afin de discuter de la protection de la FPCA sur leurs terres et consigné les interactions avec les propriétaires fonciers individuels. Des accords d'intendance ont été établis avec les propriétaires de 45 propriétés. Les propriétaires fonciers conviennent de 3 points : être de bons intendants de leur propriété importante sur le plan écologique, communiquer avec le NSNT s'ils ont l'intention de modifier l'habitat et avertir le NSNT s'ils décident de vendre leur propriété.

Le succès du programme de relations avec les propriétaires fonciers du NSNT représente une base pour la sécurisation officielle (achat, don ou établissement d'une servitude de conservation) des principaux habitats de la FPCA désignés en collaboration avec l'Équipe de rétablissement de la FPCA. Quatre propriétés ont été sécurisées de façon permanente, deux au lac Molega et deux au lac Gillfillan; plus de 5 km d'habitat lacustres de la FPCA (pour obtenir d'autres renseignements, visitez le site Nova Scotia Nature Trust ; en anglais seulement).

Le NSNT et le ministère de l'Environnement et du Travail de la Nouvelle-Écosse ont accru l'intendance et le soutien du rétablissement de la FPCA au moyen d'initiatives de sensibilisation du public, telles que des présentations et des promenades guidées. Ils ont organisé des promenades guidées pour les propriétaires de terrains privés et le grand public, de concert avec des spécialistes locaux, des biologistes et des chercheurs qui font la promotion de la conservation et du rétablissement de la FPCA.

Du matériel efficace de communication éducative a été produit et distribué, notamment une affiche illustrant les espèces de la FPCA à priorité élevée, des brochures et des feuilles de renseignements sur les programmes d'intendance et de suivi bénévole du NSNT, des documents de soutien pour un programme bénévole de suivi des plantes ainsi que des brochures sur la qualité de l'eau et les espèces exotiques envahissantes. Un guide sur la FPCA en Nouvelle-Écosse a été produit par le NSNT (NSNT, 2005) et un site Web a été conçu par l'équipe de rétablissement (Nova Scotia's Atlantic Coastal Plain Flora Recovery and Stewardship ; en anglais seulement). La Tusket River Environmental Protection Association (TREPA) a participé à la communication avec les propriétaires fonciers locaux dans la région de la rivière Tusket et à leur sensibilisation. De plus, le parc national Kejimkujik poursuit la promotion de l'ensemble des espèces de la FPCA, en mettant un accent particulier sur l'hydrocotyle à ombelle.

En 2010, le Mersey Tobeatic Research Institute (MTRI) a lancé un projet de 5 ans, auquel participent plusieurs partenaires, visant à sensibiliser le public aux espèces de la FPCA. Dans le cadre de ce projet, le public était invité à participer à certaines activités de suivi, et des campagnes de sensibilisation ciblées ont été menées autour des 36 lacs à priorité élevée. En outre, Parcs Canada et le MTRI ont produit un guide d'identification de la flore de la plaine côtière de l'Atlantique en Nouvelle-Écosse (Atlantic Coastal Plain Flora in Nova Scotia: Identification and Information Guide; MTRI, 2011). Ce guide ainsi que le document « Healthy Lakes and Wetlands for Tomorrow » (MTRI, 2009) ont été distribués au porte-à-porte aux propriétaires des terrains bordant les 36 lacs à priorité élevée. Des activités sociales, des barbecues et des excursions d'observation des plantes ont été réalisés en collaboration avec les organisations partenaires dans les collectivités situées près des lacs à priorité élevée. De 2010 à 2012, plus de 1 700 heures de bénévolat ont été réalisées pour divers aspects du projet.

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1.7 Lacunes dans les connaissances communes à toutes ou à la plupart des espèces

La conservation et le rétablissement des espèces en péril de la FPCA sont en cours depuis plus de 10 ans, et certaines aires protégées sont en place depuis plus de 30 ans. On dispose donc d'une base d'information suffisante en vue des initiatives de rétablissement pour orienter les objectifs et les approches stratégiques. Toutefois, il existe encore des lacunes dans les connaissances; il est donc nécessaire de mener un suivi et des recherches sur les espèces, leur habitat et les menaces pour faire progresser les initiatives de rétablissement. Bien qu'il y ait des lacunes dans les connaissances dans le cas de toutes les espèces à priorité élevée, les efforts seront axés sur les espèces inscrites. Les mesures ci-dessous doivent être mises en œuvre.

Besoins en matière de relevés et de suivi

  • Réaliser des relevés périodiques aux sites connus dans le cadre d'un programme de suivi à long terme, pour établir avec précision l'abondance et la répartition de la population, les tendances démographiques et l'état de l'habitat.
  • Définir des sites potentiels et faire des inventaires pour déterminer si l'espèce pourrait être présente dans d'autres emplacements.

Besoins en matière de recherche sur la clarification des menaces

  • Définir l'étendue des menaces et déterminer les voies par lesquelles elles se répercutent sur l'espèce et son habitat, en particulier pour les menaces à priorité élevée et celles dont la gravité est inconnue ou la certitude causale est faible (tableau 8).

Besoins en matière de recherches biologiques et écologiques

  • Étudier la biologie de la population, notamment en ce qui a trait à la reproduction, à la démographie, à la génétique et à la dispersion (production de graines, longévité du réservoir de semences, dispersion, recrutement et survie).
  • Comprendre les principales caractéristiques de l'habitat, de façon à pouvoir désigner de manière exhaustive l'habitat essentiel des espèces en voie de disparition et menacées.
  • Comprendre les processus écologiques, notamment les besoins en matière d'habitat des pollinisateurs et les processus à l'échelle des bassins hydrographiques, comme la dispersion entre les lacs.
  • Déterminer s'il y a des obstacles au rétablissement de populations particulières de certaines espèces ou à la réintroduction de nouvelles populations.
  • Examiner les différences génétiques entre les populations des États-Unis et de la Nouvelle-Écosse, pour déterminer si les populations de la Nouvelle-Écosse sont distinctes, s'il s'agit de populations irremplaçables à l'échelle mondiale ou si elles sont semblables aux populations des États-Unis et, par conséquent, pourraient servir de populations sources pour les emplacements gravement menacés des États-Unis.

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Notes de pied de page

Note 2

L'annexe 1 renferme des renseignements sur les espèces de la FPCA qui sont inscrites aux termes de la LEP et/ou de l'ESA ainsi que celles qui ne jouissent pas d'une protection juridique mais figurent sur les listes rouge (possiblement en péril), jaune (sensible) et violette (historique/disparue du pays) et celles dont la situation est indéterminée. L'annexe 2 renferme des renseignements sur les espèces classées dans la liste verte (non en péril).

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