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Programme de rétablissement et plan de gestion plurispécifiques modifiés pour la flore de la plaine côtière de l'Atlantique au Canada - 2015 [Proposition]

 

Table des matières

3. INFORMATION SUR LES ESPÈCES

3.1 Coréopsis rose

3.1.1 Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation
Mai 2000, novembre 2012
Nom commun (population)
Coréopsis rose
Nom scientifique
Coreopsis rosea
Statut selon le COSEPAC
Espèce en voie de disparition
Justification de la désignation
Cette plante vivace et remarquable que l'on retrouve sur le bord des lacs et des rivières a une aire de répartition mondiale restreinte avec une distribution discontinue limitée à l'extrême sud de la Nouvelle-Écosse. Il existe une préoccupation relativement à une dégradation potentielle répandue et rapide de l'habitat en raison de récentes augmentations des taux de phosphore dans les lacs, liées à l'industrie de l'élevage du vison, en rapide croissance. Bien que la population soit désormais connue comme étant de plus grande taille que ce qui avait été auparavant documenté en raison du nombre grandement accru de relevés, l'espèce est aussi en péril en raison des impacts continus associés à l'aménagement du littoral, ainsi qu'à l'aménagement hydro-électrique historique.
Présence au Canada
Nouvelle-Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1984. Réexamen et confirmation du statut en avril 1999, en mai 2000 et en novembre 2012.

3.1.2 Description

Le coréopsis rose est une plante herbacée vivace. Du milieu à la fin de l'été, il produit au sommet de tiges de 20 à 60 cm de hauteur des fleurs composées réunies en un capitule de type marguerite (Gleason, 1952; Roland et Zinck, 1998). Le centre du capitule est constitué de fleurs jaunes, entourées de rayons pétaloïdes roses à blancs. Les feuilles mesurent 2 à 5 cm de longueur et sont entières, opposées et linéaires (Gleason, 1952; Roland et Zinck, 1998). Les akènes (fruits), d'une longueur de 2 mm, sont étroits et dépourvus d'ailes (Gleason 1952). Le nom « Coreopsis »vient du grec « koris », qui signifie « punaise des lits ». Il fait référence à la similarité des graines noires avec ces insectes. Le mot « Rosea » signifie « de couleur rose » et fait référence aux pétales roses de la fleur.

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Figure 4. Le coréopsis rose.

Le coréopsis rose.
© NS Museum

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3.1.3 Populations et répartition

Le coréopsis rose est présent dans 10 États côtiers de l'est des États-Unis et dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse (Roland et Zinck, 1998). En Nouvelle-Écosse, il se rencontre sur les rivages de 8 lacs (Salmon, Wilsons, Bennetts, Raynards, Gillfillan, Agard, Sloans et Pleasant) des réseaux hydrographiques des rivières Tusket, Carelton et Annis, dans le comté de Yarmouth. Selon les estimations, la population compterait 276 600 à 328 000 tiges. Les lacs Wilsons et Sloans comptent chacun plus de 100 000 tiges, et tous les autres lacs comptent un nombre considérablement plus faible de tiges. L'espèce est disparue des lacs Gavels et Vaughan en raison de la modification des niveaux d'eau causée par la construction d'un barrage hydroélectrique en 1929.

Le coréopsis rose est classé G3 à l'échelle mondiale et a reçu la cote infranationale S1 en Nouvelle-Écosse. Voir le tableau ci-dessous concernant les cotes « S » attribuées à l'espèce dans les États où elle est présente. Elle est protégée en vertu de l'Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse et est inscrite à l'annexe 1 de la LEP comme « espèce en voie de disparition ».

Cotes S attribuées à l'espèce dans les États des États-Unis et les provinces du Canada où elle est présente (Source, 2006: http://www.natureserve.org)
États-UnisCaroline du Sud (S2), Delaware (S1), Georgie (SNR), Maryland (S1), Massachusetts (S3), Mississippi (SNR), New Jersey (S2), New York (S3), Pennsylvania (SX), Rhode Island (S2)
CanadaNouvelle-Écosse (S1)

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3.1.4 Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat du coréopsis rose

Le coréopsis rose pousse sur des rivages lacustres légèrement inclinés, à sol pauvre constitué de sable, de gravier, de tourbe ou de galets. (Isnor, 1981; Maher et coll., 1978; Pronych et Wilson, 1993; Roland et Zinck, 1998). Il est associé aux dépôts de till rouge (Keddy, 1984, 1985a). L'espèce préfère les rivages soumis à des stress et des perturbations environnementaux naturels, notamment les fluctuations périodiques du niveau de l'eau, l'action des vagues et l'érosion par les glaces, qui maintiennent son habitat dégagé et la végétation clairsemée et empêchent l'établissement de plantes plus agressives. Elle est fréquemment observée aux côtés d'autres espèces rares, notamment la sabatie de Kennedy, l'hydrocotyle à ombelle et la platanthère jaune. En outre, elle est associée à la verge d'or de Caroline, au marisque inerme, au xyris difforme, au panic pubescent, au duliche roseau et à la gratiole dorée (Keddy et Keddy, 1983a).

Le coréopsis rose se reproduit surtout par voie asexuée, au moyen de rhizomes rampants souterrains bien développés (Gleason, 1952). En Nouvelle-Écosse, la reproduction sexuée est sporadique. La floraison a lieu de la mi-juillet à la mi-septembre et la maturation des graines, à la fin d'août et en septembre. La fluctuation du niveau de l'eau a une incidence sur le taux de floraison, qui est généralement plus élevé les années où le niveau de l'eau est bas (Keddy et Keddy, 1983a). L'espèce est probablement pollinisée par les insectes (Keddy et Keddy, 1983a). Elle produit un nombre relativement faible de graines, ce qui restreint sa capacité de rétablissement à la suite de graves perturbations de son habitat (Newell, 1998a).

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3.2 Droséra filiforme

3.2.1 Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation
Mai 2001
Nom commun (population)
Droséra filiforme
Nom scientifique
Drosera filiformis
Statut selon le COSEPAC
Espèce en voie de disparition
Justification de la désignation
Espèce des tourbières qui se trouve dans seulement quelques sites très isolés de l'aire de répartition principale de l'espèce le long de la côte de l'Atlantique et qui est sujette à des risques permanents en raison de l'extraction de la tourbe.
Présence au Canada
Nouvelle-Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1991. Réexamen et confirmation du statut en mai 2001.

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3.2.2 Description

Le droséra filiforme est une herbacée vivace carnivore haute de 15 à 25 cm. Ses feuilles sont longues, dressées et filiformes; elles partent d'un tubercule blanchâtre sphérique qui pousse à la surface ou juste sous la surface du sol (Freedman et Jotcham, 2001). Les feuilles sont couvertes de pseudo-poils glanduleux violet rougeâtre qui sécrètent un liquide visqueux (Gleason, 1952; Roland et Zinck, 1998). Chaque plante produit de 6 à 15 fleurs pédonculées violettes composées de 5 pétales et d'un cœur jaune (Zinck, 1991).

Il s'agit de l'une des trois espèces carnivores de la famille des Droseraceae présentes en Nouvelle-Écosse. Elle s'est adaptée à son habitat acide et pauvre en nutriments en capturant des insectes comme source d'azote digestible (Zinck, 1991). Les insectes sont attirés par le liquide visqueux sur les poils présents à la surface des feuilles; la plante sécrète d'autres enzymes liquides digestifs pour digérer et absorber les nutriments des insectes capturés (Zinck, 1991).

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Figure 5. Le droséra filiforme.

Le droséra filiforme.
© NS Museum

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3.2.3 Populations et répartition

Le droséra filiforme est présent dans l'est des États-Unis, depuis le Massachusetts et le sud du New Jersey jusqu'en Caroline du Sud et dans le nord de la Floride (Isnor, 1981; Zinck, 1991). Au Canada, il a été signalé dans 5 tourbières ombrotrophes, dans une petite région du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Les 5 tourbières ombrotrophes, Swaines Road, pré Quinns, Port La Tour, Villagedale et West Baccaro, sont situées dans le comté Shelburne. La population totale du droséra filiforme comprend des dizaines de milliers d'individus, et les 5 emplacements connus se trouvent à au plus 10 km l'un de l'autre. Sa zone d'occurrence est d'environ 77 km2, alors que sa zone d'occupation est d'environ 11,5 km2. La probabilité d'une immigration de source externe est faible, car une immigration à partir de la population américaine la plus proche est peu probable.

Le droséra filiforme est classé G4 à l'échelle mondiale et a reçu la cote infranationale S1 en Nouvelle-Écosse. Voir le tableau ci-dessous concernant les cotes « S » attribuées à l'espèce dans les États où elle est présente. Elle est protégée en vertu de l'Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse et est inscrite à l'annexe 1 de la LEP comme « espèce en voie de disparition ».

Cotes S attribuées à l'espèce dans les États des États-Unis et les provinces du Canada où elle est présente (Source, 2006: http://www.natureserve.org)
États-UnisCaroline du Nord (S1), Connecticut (SH), Delaware (SX), Floride (S1), Maryland (SNA), Massachusetts (S4), New Jersey (S4), New York (S3), Pennsylvanie (SNR), Rhode Island (SH), Virginie-Occidentale (SNA)
CanadaNouvelle-Écosse (S1)

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3.2.4 Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat du droséra filiforme

En Nouvelle-Écosse, le droséra filiforme est présent dans les tourbières ombrotrophes hautes, qui sont des milieux humides ouverts, infertiles, acides et dominés par des sphaignes, des éricacées arbustives, des carex courts et des graminées. Il a besoin de conditions dégagées et se rencontre généralement dans les dépressions tourbeuses où la compétition d'autres espèces végétales est limitée (Zinck, 1991). L'espèce est fréquemment associée au trichophore cespiteux(Trichophorum caespitosum) (Freedman et Jotcham, 2001) et à l'utriculaire cornue (Utricularia cornuta) (Dave MacKinnon, comm. pers., 2007). L'apport supplémentaire en nutriments associé au régime carnivore est important, car les habitats de tourbière ombrotrophe sont généralement caractérisés par une décomposition lente et, par conséquent, une disponibilité restreinte de nutriments (Zinck, 1991). Les espèces associées au droséra filiforme sont le trichophore cespiteux, le carex maigre, le rhynchospore blanc, la sarracénie pourpre, la verge d'or des marais(Solidago uliginosa), la schizée naine(Schizaea pusilla), le droséra à feuilles rondes (Drosera rotundifolia),l'utriculaire cornue, l'aster des tourbières, le cassandre caliculé, le kalmia à feuilles étroites, le kalmia à feuilles d'andromède(Kalmia polifolia), l'andromède glauque, des espèces du genre Aronia, le gaylussaquier de Bigelow, le genévrier commun(Juniperus communis), la canneberge commune(Vaccinium oxycoccos) et la canneberge à gros fruits.

L'espèce se reproduit par voie sexuée au moyen de graines. La floraison a lieu du milieu ou de la fin de juillet jusqu'au mois d'août (Roland et Zinck, 1998). Les fleurs atteignent la maturité l'une après l'autre, en commençant par celles de la partie inférieure de la tige (Zinck, 1991). Il semble que ce sont les insectes qui pollinisent les fleurs de l'espèce (Zinck, 1991). Chaque plante produit en moyenne 8 capsules contenant chacune 70 graines (Zinck, 1991). Les graines sont probablement dispersées par l'eau, à l'échelle locale (Freedman et Jotcham, 2001), mais il est également possible que d'autres modes de dispersion interviennent. Le droséra filiforme peut être multiplié par bouturage (Freedman et Jotcham, 2001). Il n'y a pas de variation génétique au sein des populations de droséra filiforme de Nouvelle-Écosse et du Massachusetts ni entre les populations, et aucun signe de dépression de consanguinité n'a été observé (Cody, 2002).

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3.3 Éléocharide tuberculée

3.3.1 Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation
Mai 2000, avril 2010
Nom commun (population)
Éléocharide tuberculée
Nom scientifique
Eleocharis tuberculosa
Statut selon le COSEPAC
Espèce préoccupante
Justification de la désignation
Cette espèce très localisée des plaines côtières atlantiques est largement isolée en Nouvelle-Écosse de son aire de répartition principale le long des États côtiers des États-Unis. Elle se trouve dans seulement quelques sites couvrant des très petites régions d'habitats près des lacs, où les populations sont menacées par les activités récréatives, la construction de chalets et la pollution de l'eau.
Présence au Canada
Nouvelle-Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC
Espèce désignée « menacée » en mai 2000. Espèce désignée « préoccupante » en avril 2010.

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3.3.2 Description

L'éléocharide tuberculée est une plante graminoïde de 10 à 40 cm de hauteur. L'espèce forme des touffes denses, ses feuilles sont réduites à des gaines basales, et ses tiges sont aplaties, érigées et rigides (Roland et Zinck, 1998). Les fleurs, minuscules et discrètes, sont regroupées en un épi ovale bien visible au sommet de la tige. L'akène (fruit) est réticulé et surmonté par un tubercule globuleux presque aussi long et large que lui; ce tubercule exceptionnellement gros constitue un caractère distinctif de l'espèce (Gleason, 1952; Roland et Zinck, 1998). La base de chaque akène est munie de 6 soies qui sont généralement plus longues que l'akène, mais ne dépassent pas la partie supérieure du tubercule (Newell et Zinck, 1999). Le nom de l'espèce fait référence au tubercule qui surmonte l'akène et est souvent élargi en raison de sa relation symbiotique avec des microorganismes (Roland et Zinck, 1998).

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Figure 6. L'éléocharide tuberculée.

L'éléocharide tuberculée.
© NS Museum

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3.3.3 Populations et répartition

L'éléocharide tuberculée se rencontre principalement le long du littoral oriental, jusqu'en Floride et au Texas, atteint le nord de l'Alabama et le Tennessee vers l'intérieur des terres, et longe la côte du golfe du Mexique jusqu'au Texas (Roland et Zinck, 1998). En Nouvelle-Écosse, il a été signalé sur les rivages de sept lacs : lacs Harpers, Gold, Western et Barrington, dans le comté de Shelburne, Grand lac Pubnico et lac Mill, dans le comté de Yarmouth, et Petit lac Ten Mile, dans le comté de Queens (COSEWIC, 2010). La population totale compte probablement des centaines de milliers de tiges; on trouve de grandes populations en bordure du lac Barrington, du Grand lac Pubnico et d'une petite anse au lac Harpers et des populations beaucoup plus petites en bordure des autres lacs. Des observations laissent supposer que la taille des populations fluctue énormément d'une année à l'autre et que la détectabilité et peut-être la présence de l'espèce varient en fonction du niveau de l'eau. Les tendances démographiques à long terme sont inconnues.

L'éléocharide tuberculée est classée G5 à l'échelle mondiale et a reçu la cote infranationale S2 en Nouvelle-Écosse. Voir le tableau ci-dessous concernant les cotes « S » attribuées à l'espèce dans les États où elle est présente. Elle est protégée en vertu de l'Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse et est inscrite à l'annexe 1 de la LEP comme « espèce préoccupante ».

Cotes S attribuées à l'espèce dans les États des États-Unis et les provinces du Canada où elle est présente (Source, 2006: http://www.natureserve.org)
États-UnisAlabama (SNR), Arkansas (SNR), Caroline du Nord (S5), Caroline du Sud (SNR), Connecticut (SNR), Delaware (S4), District de Columbia (SNR), Floride (SNR), Georgie (S4), Louisiane (SNR), Maine (S1), Maryland (SNR), Massachusetts (SNR), Mississippi (S5), New Hampshire (SH), New Jersey (S4), New York (S2), Pennsylvanie (SX), Rhode Island (SNR), Tennessee (SNR), Texas (SNR), Virginie (S5)
CanadaNouvelle-Écosse (S2)

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3.3.4 Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat de l'éléocharide tuberculée

L'éléocharide tuberculée est présente sur les rivages de lacs à fond sableux ou caillouteux et les flèches de gravier, sur les bords de couches de tourbes ainsi que le long des milieux humides tourbeux qui bordent les lacs (Roland et Zinck, 1998). Elle pousse également sur les tapis de végétation qui flottent ou qui sont poussés vers les rivages par les tempêtes ou par la glace. En Nouvelle-Écosse, toutes les populations sont exposées au plein soleil, ce qui donne à penser que l'espèce est intolérante à l'ombre (Zinck, 1997). Lorsque l'espèce pousse sur des tapis flottants, les castors pourraient lui être utiles en réduisant la présence d'espèces de plantes concurrentes, en les broutant et en les piétinant (Newell et Zinck, 1999). Parmi les espèces associées à l'éléocharide tuberculée, on compte notamment la verge d'or de Caroline, l'aster des tourbières, la bartonie paniculée (Bartonia paniculatasubsp. iodandra), l'utriculaire à feuilles subulées,le jonc articulé(Juncus articulatus) et la rhéxie de Virginie (Rhexia virginica) (Zinck, 1997).

On en sait peu sur la biologie de cette espèce; certaines sources la décrivent comme une annuelle, alors que d'autres la considèrent comme une vivace. Elle peut se reproduire par voie végétative et forme des touffes. La floraison a lieu en août et la pollinisation est assurée par le vent. Les graines atteignent la maturité en septembre et en octobre et sont dispersées par le vent ou l'eau. Le tapis de végétation flottant peut constituer un moyen de dispersion et aider à l'établissement de l'espèce dans de nouveaux sites autour des lacs, si des morceaux du tapis se détachent et sont emportés vers le rivage à un nouvel emplacement (Zinck, 1997).

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3.4 Hydrocotyle à ombelle

3.4.1 Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation
Mai 2000, mai 2014
Nom commun (population)
Hydrocotyle à ombelle
Nom scientifique
Hydrocotyle umbellata
Statut selon le COSEPAC
Espèce préoccupante
Justification de la désignation
Cette espèce ne se trouve que dans trois localités de rivage lacustre disjointes dans le sud de la Nouvelle‑Écosse, dont une localité qui a été découverte depuis la dernière évaluation. La modification et les dommages causés aux rivages par l'aménagement des rivages et les véhicules hors route représentent des menaces continues, alors que la gestion des niveaux d'eau est une menace potentielle à un lac. La hausse de la compétition par d'autres plantes, attribuable à l'eutrophisation pourrait devenir une menace importante.
Présence au Canada
Nouvelle-Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1985. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « menacée » en avril 1999. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « préoccupante » en mai 2014.

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3.4.2 Description

L'hydrocotyle à ombelle est une petite plante herbacée vivace dont le pétiole des feuilles peut atteindre 10 à 30 cm de hauteur. L'espèce est clonale et produit une mince tige qui rampe sur le sable ou le gravier (Gleason, 1952). Les feuilles sont petites, rondes et peu profondément lobées; elles peuvent posséder un pétiole dressé ou être flottantes. Les feuilles émergées ont un diamètre de 1 cm, alors que celles qui se trouvent sous l'eau ont un diamètre de 3 cm (Wilson, 1984). Les fleurs sont blanches et réunies en une petite ombelle portée à l'extrémité d'un pédoncule long et mince (Roland et Zinck, 1998). En général, chaque plante produit 12 petites fleurs hermaphrodites (Vasseur et coll., 2002). Dans la population de Nouvelle-Écosse, les individus ne produisent pas de graines, ce qui est possiblement attribuable à la faible diversité génétique ou à la courte saison de végétation des latitudes septentrionales(Vasseur et coll. 2002). Le mot « umbellata » signifie « en forme d'ombrelle » (Roland et Zinck, 1998), et « Hydrocotyle » vient des mots grecs « hydor », qui signifie « eau », et « kotyle » qui signifie « coupe peu profonde » (Roland et Zinck, 1998).

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Figure 7. L'hydrocotyle à ombelle.

L'hydrocotyle à ombelle.
© NS Museum

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3.4.3 Populations et répartition

L'hydrocotyle à ombelle provient des tropiques et s'est répandue vers le nord le long des côtes de l'Atlantique et du Pacifique (Roland, 1976). Elle est considérée comme une mauvaise herbe à de nombreux endroits aux États-Unis, où elle est présente en abondance. La Nouvelle-Écosse représente la limite septentrionale de son aire de répartition (Roland, 1976; Wilson, 1984). L'espèce est présente sur les rivages de 3 lacs dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse : le lac Kejimkujik, situé au parc national et lieu historique national du Canada Kejimkujik, dans le comté de Queens, ainsi que les lacs Wilsons et Springhaven Duck, dans le comté de Yarmouth. Le lac Wilsons se trouve à environ 70 km au sud-ouest du lac Kejimkujik. Il y a 2 peuplements connus au lac Wilsons et 8 peuplements connus au lac Kejimkujik. Au lac Wilsons, les peuplements occupent respectivement des zones de 800 m et 100 m de longueur sur plusieurs mètres de largeur. Ces peuplements sont demeurés relativement stables depuis 1985. Le lac Springhaven Duck se trouve à moins de 1 km au sud du lac Wilsons et se déverse dans le réseau hydrographique du ruisseau Kiack. La population du lac Springhaven Duck est concentrée dans une anse peu profonde, dans le sud du lac, ainsi que le long de la rive est. Au lac Kejimkujik, la plupart des peuplements sont relativement petits. Le nombre exceptionnellement élevé d'étés secs observés dans le parc au cours des 10 dernières années a favorisé l'espèce. Par conséquent, actuellement, les populations d'hydrocotyle à ombelle du parc sont en bon état et, en général, en croissance. Elles ont fait l'objet de relevés chaque année depuis 2004 et sont demeurées stables au cours de cette période.

L'hydrocotyle à ombelle est classée G5 à l'échelle mondiale et a reçu la cote infranationale S1 en Nouvelle-Écosse. Voir le tableau ci-dessous concernant les cotes « S » attribuées à l'espèce dans les États où elle est présente. Elle est protégée en vertu de l'Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse en tant qu'espèce en voie de disparition (endangered), et est inscrite à l'annexe 1 de la LEP comme « espèce menacée ».

Cotes S attribuées à l'espèce dans les États des États-Unis et les provinces du Canada où elle est présente (Source, 2006: http://www.natureserve.org)
États-UnisAlabama (SNR), Arkansas (SNR), Californie (SNR), Caroline du Nord (S5), Caroline du Sud (SNR), Connecticut (S1), Delaware (S5), Floride (SNR), Georgie (SNR), Indiana (SNR), Louisiane (SNR), Maryland (SNR), Massachusetts (SNR), Michigan (SNR), Minnesota (SNR), Mississippi (SNR), New Jersey (S4), Nouveau-Mexique (SNR), New York (S3), Ohio (S1), Oklahoma (SNR), Oregon (SNR), Pennsylvanie (SH), Rhode Island (SNR), Tennessee (SNR), Texas (SNR), Virginie (S5)
CanadaNouvelle-Écosse (S1)

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3.4.4 Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat de l'hydrocotyle à ombelle

L'hydrocotyle à ombelle se rencontre principalement sur les rivages de lac à fond de sable ou de gravier et pousse dans sur une étroite bande au-dessus ou au-dessous de la surface de l'eau (Roland et Zinck, 1998). Elle est généralement présente sur les rivages à sol acide et pauvre en nutriments. Cette espèce est souvent exposée aux perturbations du vent, de l'érosion par les glaces et des fluctuations de l'eau (Vasseur et coll., 2002). L'hydrocotyle à ombelle forme généralement des peuplements purs ou pousse en compagnie d'un petit nombre d'autres espèces (Vasseur et coll., 2002). Les rares espèces associées à l'hydrocotyle à ombelle sont le coréopsis rose et la sabatie de Kennedy, au lac Wilsons, et le panic pubescent, -+-+ au lac Kejimkujik (Wilson, 1984).

L'espèce se reproduit par voie asexuée, par fragmentation des stolons. Les feuilles demeurent reliées par le stolon durant quelques mois à 1 an et demi, ce qui peut accroître le taux de survie grâce au partage de ressources (Vasseur et coll., 2002). En Nouvelle-Écosse, la floraison est sporadique et est observée entre juillet et septembre (Roland et Zinck, 1998). Selon certaines observations, la floraison se produit généralement dans les zones plus sèches de l'habitat convenable (Vasseur et coll., 2002). Des études récentes ont permis de découvrir que l'espèce ne produit pas de graines en Nouvelle-Écosse et que la diversité génétique des populations y est faible (Vasseur et coll., 2002). Les dates de floraison tardives et la courte saison de croissance pourraient empêcher la production de graines avant la première gelée (Vasseur et coll., 2002). En outre, la faible diversité génétique pourrait jouer un rôle dans l'absence de production de graines et avoir des répercussions sur la capacité à long terme de l'espèce à s'adapter aux conditions environnementales changeantes (Newell, 1998b).

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3.5 Lachnanthe de Caroline

3.5.1 Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation
Mai 2000, novembre 2009
Nom commun (population)
Lachnanthe de Caroline
Nom scientifique
Lachnanthes caroliniana
Statut selon le COSEPAC
Espèce préoccupante
Justification de la désignation
Une espèce très isolée de la plaine côtière de l'Atlantique qui, au Canada, est principalement restreinte à deux vastes populations liées occupant des rivages lacustres dans le sud de la Nouvelle‑Écosse. De nouveaux relevés exhaustifs et d'autres données indiquent que le risque de disparition de cette espèce est moindre qu'on le croyait. La qualité de son habitat riverain a fait l'objet d'une perte et d'une diminution lentes, mais constantes en raison du développement résidentiel et de chalets pendant 30 à 40 ans. Ces pertes continueront sans doute dans un avenir prévisible avec le nouveau développement et l'intensification du développement existant. Malgré cela, la proportion de l'habitat actuellement altéré par le développement est encore faible, et la répartition étendue de l'espèce à l'échelle locale ainsi que sa reproduction asexuée atténuent la menace de sa disparition à court terme.
Présence au Canada
Nouvelle-Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC
Espèce désignée « menacée » en avril 1994. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « préoccupante » en novembre 2009.

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3.5.2 Description

La lachnanthe de Caroline est une herbacée vivace; son feuillage est jaune-vert, ses tiges sont vert clair et sa tige florale est haute de 20 à 40 cm. Les individus végétatifs possèdent de longues feuilles étroites orientées verticalement et des feuilles basales vert-jaune vif pliées en deux sur la longueur (Keddy, 1994). Les feuilles mesurent jusqu'à 40 cm de longueur et 1 cm de largeur et poussent pour la plupart près de la base de la tige (Scoggan, 1978). En Nouvelle-Écosse, une très faible proportion des rosettes fleurit au cours d'une année; l'inflorescence, portée au sommet de la tige florifère, comprend 10 à 30 fleurs jaune terne. Le haut de la tige et l'inflorescence sont densément recouverts de poils jaune pâle. La capsule contient des graines brun rougeâtre d'un diamètre de 2 à 3 mm (Scoggan, 1978; Gleason, 1952). Le nom anglais de l'espèce, « Redroot », fait référence à ses racines souterraines minces et de couleur rouge sang. « Lachnanthes » provient des mots grecs « lachne » et « anthos », qui signifient « fleur laineuse » (Roland et Zinck, 1998). Le nom « caroliniana » indique que l'espèce provient des Carolines (Roland et Zinck, 1998).

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Figure 8. La lachnanthe de Caroline.

La lachnanthe de Caroline.
© NS Museum

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3.5.3 Populations et répartition

L'aire de répartition de la lachnanthe de Caroline s'étend depuis la Nouvelle-Écosse et le Massachusetts jusqu'en Floride et en Louisiane (Roland et Zinck, 1998). L'espèce est aussi présente à Cuba (Roland et Zinck, 1998). En Nouvelle-Écosse, elle est présente dans une petite région, le long des rives de 7 lacs, dans le comté de Queens : lac Ponhook, Petit lac Ponhook, lac Molega, lac Cameron, lac Hog, Premier lac Christopher et lac Beartrap (Roland et Zinck, 1998). L'espèce a été découverte en Nouvelle-Écosse au début des années 1940, mais n'a fait l'objet de relevés relativement complets qu'au cours des dix dernières années. Plusieurs centaines de milliers de rosettes ont été dénombrées, mais, selon les estimations, la population compte moins de 1 200 individus florifères.

La lachnanthe de Caroline est classée G4 à l'échelle mondiale et a reçu la cote infranationale S2 en Nouvelle-Écosse. Voir le tableau ci-dessous concernant les cotes « S » attribuées à l'espèce dans les États où elle est présente. Elle est protégée en vertu de l'Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse et est inscrite à l'annexe 1 de la LEP comme « espèce préoccupante ».

Cotes S attribuées à l'espèce dans les États des États-Unis et les provinces du Canada où elle est présente (Source, 2006: http://www.natureserve.org)
États-UnisAlabama (SNR), Caroline du Nord (S4), Caroline du Sud (SNR), Connecticut (S1), Delaware (S1), Floride (SNR), Georgie (SNR), Louisiane (S2), Maryland (S1), Massachusetts (S3), Mississippi (SNR), New Jersey (S5), New York (S1), Rhode Island (S1) Tennessee (S1), Virginie (SH)
CanadaNouvelle-Écosse (S2)

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3.5.4 Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat de la lachnanthe de Caroline

La lachnanthe de Caroline pousse sur les rivages de lacs, sur des substrats comme la tourbe, le sable et le gravier (Keddy, 1994). L'abondance est la plus élevée sur les plages de galets avec tourbe ou gravier qui sont orientées vers le sud-ouest et exposées au vent, souvent parmi les peuplements riverains de marisque inerme (Keddy, 1994; Wisheu et coll., 1994). Les fluctuations du niveau de l'eau déterminent la répartition et l'abondance de l'espèce. Les prés de marisque inerme sont souvent associés à la présence de la lachnanthe de Caroline (Keddy, 1994). En outre, l'espèce pousse parfois aux côtés de la lophiolie dorée.

La lachnanthe de Caroline se reproduit par voie asexuée et par voie sexuée, au moyen de rhizomes et de graines et par fragmentation. En Nouvelle-Écosse, l'espèce se reproduit généralement par voie asexuée, par la production d'individus végétatifs sur les rhizomes (Keddy, 1994). Elle fleurit d'août à septembre (Keddy, 1994). Les individus en fleurs sont rares et se rencontrent généralement loin de l'eau, dans la partie supérieure du rivage (Keddy, 1994). Le niveau de l'eau influe sur la phénologie et le type de reproduction. La présence de niveaux d'eau élevés peut empêcher la floraison, l'établissement de plantules et la croissance végétative, alors que les niveaux d'eau bas peuvent exposer le réservoir de semences enterré, ce qui stimule probablement la reproduction sexuée. La fluctuation des niveaux d'eau est favorable à la lachnanthe de Caroline, car les espèces concurrentes sont éliminées durant les périodes où le niveau de l'eau est élevé.

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3.6 Lophiolie dorée

3.6.1 Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation
Mai 2000, mai 2012
Nom commun (population)
Laphiolie dorée
Nom scientifique
Lophiola aurea
Statut selon le COSEPAC
Espèce menacée
Justification de la désignation
Au Canada, cette plante côtière de l'Atlantique se trouve seulement en Nouvelle-Écosse dans quelques rivages lacustres et terres humides. La population canadienne se reproduit principalement par voie végétative et est génétiquement distincte et géographiquement isolée des plus proches populations au New Jersey à 800 km au sud. Les révisions apportées aux critères d'éva;uation du COSEPAC depuis la dernière évaluation de l'espèce explique, en partie, le changement du statut de risque. De récents relevés plus intensifs ont aussi permis de déterminer que la population est plus grande qu'on le croyait. Toutefois, l'espèce est exposée à des menaces persistentes découlant du développement et de la modification de l'habitat.
Présence au Canada
Nouvelle-Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC
Espce désignée « menacée » en avril 1987. Réexamen et confirmation du statut en avril 1999 et en mai 2000. En mai 2012, le statut a été changé à « espèce préoccupante ».

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3.6.2 Description

La lophiolie dorée est une herbacée vivace qui mesure jusqu'à 50 cm de hauteur. Elle possède une tige florale voyante blanchâtre à gris rosâtre qui est ramifiée et couverte de poils laineux. De nombreuses petites fleurs jaunes poussent le long de la tige florale. Les feuilles basales, graminoïdes, sont vertes avec du rouge à la base et peuvent atteindre 30 cm de longueur (Keddy, 1987b; Roland et Zinck, 1998). Les graines sont de couleur paille et mesurent environ 1 mm de longueur (Gleason, 1952). Au printemps, l'espèce se distingue par la présence de la tige florale sèche persistante de la saison antérieure (Newell et Proulx, 1998). Le nom « Lophiola » provient du grec, « crinière », et fait référence à l'inflorescence laineuse, et « aurea », qui signifie « jaune doré », fait référence aux fleurs jaunes (Roland et Zinck, 1998).

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Figure 9. La lophiolie dorée.

La lophiolie dorée.
© NS Museum

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3.6.3 Populations et répartition

Aux États-Unis, l'aire de répartition de la lophiolie dorée s'étend depuis le New Jersey, jusqu'en Floride et au Mississippi (Roland et Zinck, 1998). Au Canada, elle est présente en Nouvelle-Écosse, sur les rives de 8 lacs, à savoir les lacs Beartrap, Hog, Ponhook et Molega et le Petit lac Ponhook, dans le comté de Queens, et les lacs Seven Mile, Fancy et Shingle, dans le comté de Lunenburg. En outre, elle a été signalée dans quatre tourbières ombrotrophes : tourbière Dunraven, dans le comté de Queens, tourbière du lac Moores et tourbière Tiddville, dans le comté de Digby, et tourbière du ruisseau Demones, dans le comté de Lunenburg. Deux populations de l'espèce sont disparues de la Nouvelle-Écosse, dont une petite population dans l'île Brier et une grande population dans la péninsule Digby. Une troisième population, signalée à « Sandy Cove » en 1949, n'a jamais été retrouvée. La population de la péninsule Digby est disparue en raison de l'exploitation de terre de diatomées et de la construction de barrages sur la rivière qui traversait les milieux humides (Newell, 1998c). Le nombre total de rosettes est très élevé (plusieurs milliers dans certains sites), particulièrement dans le cas de la grande occurrence longeant les rives des lacs Ponhook et Shingle (est).

La lophiolie dorée est classée G4 à l'échelle mondiale et a reçu la cote infranationale S2 en Nouvelle-Écosse. Voir le tableau ci-dessous concernant les cotes « S » attribuées à l'espèce dans les États où elle est présente. Elle est protégée en vertu de l'Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse, et est inscrite à l'annexe 1 de la LEP comme « espèce menacée ».

Cotes S attribuées à l'espèce dans les États des États-Unis et les provinces du Canada où elle est présente (Source, 2006: http://www.natureserve.org)
États-UnisAlabama (S3S4), Caroline du Nord (S1), Delaware (SX), Floride (SNR), Georgie (S1?), Louisiane (S2S3), Mississippi (S4?), New Jersey (S4)
CanadaNouvelle-Écosse (S2)

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3.6.4 Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat de la lophiolie dorée

La lophiolie dorée est présente dans un certain nombre de substrats, notamment le sable, la tourbe et les radeaux de tourbe flottants, et, par conséquent, elle occupe trois habitats, à savoir les rivages de lacs à fond de galets ainsi que les tourbières ombrotrophes et les tourbières minérotrophes occupant des baies (Keddy, 1987b). Ces types d'habitat subissent des stress et des perturbations d'origine naturelle, notamment l'action des vagues, les inondations périodiques, la faible fertilité du substrat et la saturation en eau, qui empêchent les espèces de plantes communes plus agressives d'envahir le milieu. Les populations lacustres sont souvent présentes le long de rivages de galets, dans les zones où la tourbe formée par les peuplements de marisque inerme s'accumule (Newell, 1998c). La lophiolie dorée est souvent associée à d'autres espèces rares, notamment la lachnanthes de Caroline, le céphalanthe occidental et le scirpe de Long (Newell, 1998c).

L'espèce se reproduit généralement par voie asexuée, par la production de pousses sur les rhizomes (Keddy, 1987b). La production de graines semble sporadique, ce qui donne à penser que le réservoir de semences de l'espèce est faible (Newell, 1998c). La fluctuation des niveaux d'eau permet la floraison et l'établissement de plantules lorsque les niveaux d'eau sont faibles et la réduction de la compétition lorsque les niveaux d'eau sont élevés (Keddy, 1987b). La floraison a lieu en août et en septembre, et les capsules gonflées se forment vers la mi-septembre (Keddy, 1987b; Roland et Zinck, 1998). La lophiolie dorée est pollinisée par les insectes (Newell et Proulx, 1998).

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3.7 Sabatie de Kennedy

3.7.1 Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation
Mai 2000, novembre 2012
Nom commun (population)
Sabatie de Kennedy
Nom scientifique
Sabatia kennedyana
Statut selon le COSEPAC
Epèce en voie de disparition
Justification de la désignation
Cette plante riveraine vivace et remarquable a une aire de répartition mondiale restreinte avec une distribution discontinue limitée à l'extrême sud de la Nouvelle-Écosse. Il existe une préoccupation relativement à une dégradation potentielle répandue et rapide de l'habitat en raison de récentes augmentations des taux de phosphore dans les lacs, liées à l'industrie de l'élevage du vison, en rapide croissance. Bien que la population soit désormais connue comme étant de plus grande taille que ce qui avait été auparavant documenté en raison du nombre grandement accru de relevés, l'espèce est aussi en péril en raison des impacts continus associés à l'aménagement du littoral, ainsi qu'à l'aménagement hydro-électrique historique.
Présence au Canada
Nouvelle-Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC
Espèce désignée « menacée » en avril 1984. Réexamen et confirmation du statut en avril 1999 et en mai 2000. En novembre 2012, l’espèce a été réévaluée « en voie de disparition ».

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3.7.2 Description

La sabatie de Kennedy est une herbacée vivace voyante qui produit des rosettes basales. En Nouvelle-Écosse, elle mesure 30 à 50 cm de hauteur. Chaque plante produit 1 à 10 grandes fleurs roses à centre jaune portées à l'extrémité de longues tiges (Keddy et Keddy, 1983b). Chaque rosette produit une seule tige, qui présente des feuilles lancéolées, opposées et sessiles (Roland et Zinck, 1998). La plante produit des stolons à l'extrémité desquels des rosettes de feuilles vert-jaune. Les capsules sont cylindriques et mesurent 7 à 11 mm de longueur. L'espèce a été nommée « kennedyana » en l'honneur de George Golding Kennedy, botaniste de Nouvelle-Angleterre (1841-1918; Roland et Zinck, 1998).

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Figure 10. La sabatie de Kennedy.

La sabatie de Kennedy.
© NS Museum

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3.7.3 Populations et répartition

La sabatie de Kennedy est présente au Massachusetts, en Caroline du Nord, en Caroline du Sud, au Rhode Island et dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse (Zinck et Jensen, 1998). En Nouvelle-Écosse, elle se rencontre sur les rives de 10 lacs du bassin hydrographique de la rivière Tusket : les lacs Wilsons, Gillfillan, Bennetts, de l'École, Kegeshook, Pearl, Thrid, Fanning, Agard et Travis. L'espèce est disparue des lacs Gavels et Vaughan en raison de la modification des niveaux d'eau causée par la construction d'un barrage hydroélectrique en 1929. De plus, elle est disparue du lac Canoe, mais on ignore ce qui a causé cette disparition. Dans les versions antérieures du présent programme de rétablissement, il est indiqué que l'espèce est présente au lac Kempt Snare. Toutefois, la mention de l'espèce à ce lac était fondée sur un spécimen mal étiqueté, et aucun individu de l'espèce n'a été observé dans le cadre de relevés exhaustifs menés à ce lac (ACCDC, 2010; ACCDC, 2013a).

La plus grande population de l'espèce, qui compte plusieurs centaines de milliers de rosettes selon les estimations, se trouve sur les rives du lac Wilsons (COSEWIC, 2012). Aux autres lacs, on compte beaucoup moins d'individus; des milliers d'individus sont présents au lac Gillfillan, mais la plupart sont végétatifs au cours d'une année. La population de Nouvelle-Écosse représente une importante proportion de la population mondiale totale (Keddy et Keddy, 1983b; COSEWIC, 2012). Un petit nombre d'individus sont présents en bordure de la rivière Tusket, entre les lacs Pearl et Third (COSEWIC, 2012).

La sabatie de Kennedy est classée G3 à l'échelle mondiale et a reçu la cote infranationale S1 en Nouvelle-Écosse. Voir le tableau ci-dessous concernant les cotes « S » attribuées à l'espèce dans les États où elle est présente. Elle est protégée en vertu de l'Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse en tant qu'espèce en voie de disparition (endangered), et est inscrite à l'annexe 1 de la LEP comme « espèce menacée ».

Cotes S attribuées à l'espèce dans les États des États-Unis et les provinces du Canada où elle est présente (Source, 2006: http://www.natureserve.org)
États-UnisCaroline du Nord (S1), Caroline du Sud (S1), Massachusetts (S3), Rhode Island (S1), Virginie (SNA - introduced)
CanadaNouvelle-Écosse (S1)

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3.7.4 Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat de la sabatie de Kennedy

La sabatie de Kennedy pousse sur de larges rivages de lacs légèrement inclinés à sol pauvre constitué de sable, de gravier, de galets ou de tourbe, dans des régions généralement associées aux sédiments glaciaires de till rouge (Keddy, 1984; Keddy, 1985a). En général, les semis sont observés sur les petites étendues de tourbe retenues par les peuplements de marisque inerme (Hill et coll., 2006). Les fluctuations du niveau des eaux contribuent à éliminer les espèces végétales plus agressives et plus compétitives, comme les arbustes et autres plantes indigènes. L'érosion par les glaces et l'action des vagues contribuent également à empêcher l'établissement de plantes plus envahissantes. La sabatie de Kennedy est couramment associée à la verge d'or de Caroline, au marisque inerme, et à la gratiole dorée ainsi qu'à des espèces rares, comme le coréopsis rose, l'hydrocotyle à ombelle, le panic pubescent, la platanthère jaune et l'utriculaire à feuilles subulées (Keddy et Keddy, 1983b).

L'espèce se reproduit principalement par voie végétative, au moyen de pousses nommées « stolons ». Chaque stolon se termine par une petite rosette de feuilles; une petite proportion de ces rosettes produit une tige florifère (Keddy et Keddy, 1983b). La production des graines est irrégulière et certains indices portent à croire que le réservoir de semences de l'espèce est petit (Newell, 1998d; Trant, 2005). En outre, la production de graines pourrait être essentielle à la persistance des populations de sabatie de Kennedy, étant donné que les graines flottantes servent de mécanisme de dispersion dans le réseau fluvial de la rivière Tusket (Hill et coll., 2006). La floraison a lieu de la mi-juillet à la mi-septembre; elle est le plus élevée durant les années où les niveaux d'eau sont bas (Keddy et Keddy, 1983b). Les capsules des fruits arrivent à maturité à la fin d'août, à la suite d'une anthèse de 6 à 10 jours. L'espèce est pollinisée par des syrphes et des abeilles solitaires (Perry, 1971; Trant, 2005).

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3.8 Clèthre à feuilles d'aulne

3.8.1 Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation
Mai 2001, mai 2014
Nom commun (population)
Clèthre à feuilles d'aulne
Nom scientifique
Clethra alnifolia
Statut selon le COSEPAC
Espèce menacée
Justification de la désignation
Cette espèce isolée d'arbuste clonal de la plaine côtière de l'Atlantique ne se trouve que sur les rives de six lacs, dans une petite aire du sud de la Nouvelle-Écosse. Les menaces nouvellement identifiées, le nerprun bourdaine, un arbuste exotique envahissant, ainsi que l'eutrophisation, ont mis l'espèce devant un risque accru de disparition. L'aménagement des rives demeure également une menace.
Présence au Canada
Nouvelle-Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC
Espèce désignée « menacée » en avril 1986. Réexamen et confirmation du statut en avril 1998. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « préoccupante » en mai 2001. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « menacée » en mai 2014.

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3.8.2 Description

La clèthre à feuilles d'aulne est un arbuste ligneux, vivace, longévif et décidu qui pousse habituellement en fourrés denses et peut atteindre une hauteur de 1 à 2 m (Roland et Zinck, 1998; Silberhorn, 1999). Ses feuilles sont luisantes, alternes, dentelées, ovales ou oblongues et longues de 7 à 15 cm (Roland et Zinck, 1998; Silberhorn, 1999). Ses fleurs sont petites, blanches et odorantes; elles possèdent 5 pétales longs d'environ 8 mm. Elles forment une grappe, c'est-à-dire une inflorescence composée d'un axe primaire allongé portant des axes secondaires terminés par une fleur (Roland et Zinck, 1998; Silberhorn, 1999). L'espèce fleurit de la mi-août à la mi-octobre et produit des fruits capsulaires verts, globuleux et pubescents (d'environ 0,5 cm de largeur) qui deviennent gris et prennent la forme de grains de poivre à la fin de l'automne ou au début de l'hiver (Gleason, 1952; Silberhorn, 1999). La production de graines peut être limitée en Nouvelle-Écosse. L'espèce doit son nom anglais « sweet pepperbush » à ses fleurs au parfum doux et à ses capsules en forme de grains de poivre (Silberhorn, 1999).

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Figure 11. La clèthre à feuilles d'aulne.

La clèthre à feuilles d'aulne.
© NS Museum

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3.8.3 Populations et répartition

L'aire de répartition de la clèthre à feuilles d'aulne s'étend depuis le Texas et la Floride jusqu'au Maine, et une population isolée se trouve dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. En Nouvelle-Écosse, cette espèce est présente le long des rives de six lacs : lac Belliveau, dans le comté de Digby, lacs Louis et Canoe, dans le comté de Yarmouth, et lacs Mill, Mudflat et Pretty Mary (où se trouve une seule population interreliée), dans le comté d'Annapolis. La population du lac Belliveau (16 000 tiges selon les estimations) et celle des lacs Mill, Mudflat et Pretty Mary (27 700 tiges selon les estimations) sont grandes, mais le nombre total d'individus génétiquement distincts est probablement beaucoup plus faible que le nombre de tiges, puisque l'espèce se reproduit presque uniquement par voie végétative. Le lac Louis compte plus de 1 700 tiges selon les estimations, et le lac Canoe ne compte qu'un seul individu qui comportait 4 tiges en 2011.

La clèthre à feuilles d'aulne est classée G5 à l'échelle mondiale et a reçu la cote infranationale S1 en Nouvelle-Écosse. Voir le tableau ci-dessous concernant les cotes « S » attribuées à l'espèce dans les États où elle est présente. Elle est protégée en vertu de l'Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse en tant qu'espèce en voie de disparition (endangered) et est inscrite à l'annexe 1 de la LEP comme « espèce menacée ».

Cotes S attribuées à l'espèce dans les États des États-Unis et les provinces du Canada où elle est présente (Source, 2006: http://www.natureserve.org)
États-UnisAlabama (S5), Caroline du Nord (S5), Caroline du Sud (SNR), Connecticut (SNR), Delaware (S5), District de Columbia (SNR), Floride (SNR), Georgie (SNR), Louisiane (S4), Maine (S2), Maryland (SNR), Massachusetts (SNR), Mississippi (SNR), New Hampshire (SNR), New Jersey (S5), New York (S5), Pennsylvanie (SNR), Rhode Island (SNR), Tennessee (S1), Texas (SNR), Virginie (SNR)
CanadaNouvelle-Écosse (S1)

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3.8.4 Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat de la clèthre à feuilles d'aulne

La clèthre à feuilles d'aulne est présente sur des rivages non ombragés et souvent encombrés de blocs de granite (Taschereau, 1986). Contrairement à d'autres espèces de la FPCA, elle se rencontre dans des zones protégées des perturbations des vagues et de l'érosion par les glaces, dans des lacs à bassins versants de petite superficie (Hill et coll., 2000). La clèthre à feuilles d'aulne est souvent associée au myrique baumier et au gaylussaquier à fruits bacciformes. Elle est aussi associée, mais dans une moindre mesure, au cirier de Pennsylvanie (Myrica pensylvanica), à des espèces du genre Photinia, au houx verticillé (Ilex verticillata) et à l'érable rouge (Acer rubrum) (Taschereau, 1986).

En Nouvelle-Écosse, la plante se reproduit presque uniquement par voie végétative, au moyen de drageons (Newell, 2001). La floraison a lieu de la mi-août à la mi-octobre; cependant, les ovules ne donnent généralement pas de graines, malgré l'abondance de pollinisateurs au cours de la floraison. On ne comprend pas encore bien pourquoi la reproduction sexuée est limitée chez l'espèce (Roland et Zinck, 1998); selon des observations récentes, il est possible que des semis soient occasionnellement produits (Hill et coll., 2000).

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3.9 Jonc du New Jersey

3.9.1 Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation
Mai 2004
Nom commun (population)
Jonc du New Jersey
Nom scientifique
Juncus caesariensis
Statut selon le COSEPAC
Espèce préoccupante
Justification de la désignation
Espèce de plante rare à l'échelle mondiale qui se trouve le long de la périphérie de 25 * tourbières ombrotrophes et minérotrophes dans une région géographiquement limitée du sud-est de l'île du Cap-Breton (Nouvelle-Écosse). La population canadienne est estimée comme ayant de 5 000 à 10 000 plantes, ce qui constitue une grande proportion de la population mondiale. Les plantes au Canada sont éloignées des sites se trouvant le long de la côte atlantique des États-Unis, où l'espèce est aussi assez rare. L'espèce est vulnérable aux activités qui modifient le régime hydrologique de son habitat, comme l'exploitation forestière, la construction de routes et le remblayage.
Présence au Canada
Nouvelle-Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC
Espèce désignée « préoccupante » en avril 1992. Réexamen et confirmation du statut en mai 2004.

* En 2007, le jonc du New Jersey était présent dans 30 tourbières.

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3.9.2 Description

Le jonc du New Jersey est une plante herbacée vivace rhizomateuse haute de 40 à 70 cm (Gleason, 1952). Les feuilles sont allongées, minces et cylindriques et présentent des cloisons internes régulièrement espacées. Les fleurs sont petites, vertes, peu voyantes et réunies en glomérules. Les capsules sont brun foncé, plus longues que les pièces florales et terminées par une pointe aiguë; elles retiennent les graines grâce à leurs queues bien développées, longues de 2 à 2,3 mm (Gleason, 1952; Roland et Zinck, 1998). On croit que la longue période d'isolement de cette population d'avec les autres populations dans le monde aurait entraîné une variation génétique entre les deux groupes (Newell et Newell, 1992).

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Figure 12. Le jonc du New Jersey.

Le jonc du New Jersey.
© NS Museum

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3.9.3 Populations et répartition

L'aire de répartition du jonc du New Jersey s'étend depuis le sud du New Jersey et du Maryland jusqu'au nord-est de la Virginie (Roland et Zinck, 1998). Au Canada, l'espèce est présente en Nouvelle-Écosse, sur l'île du Cap-Breton, depuis Lower L'Ardoise jusqu'à Fourchu, dans le comté du Cap-Breton, et vers l'intérieur des terres jusqu'à Loch Lomond (Roland et Zinck, 1998). L'espèce pousse à l'extérieur de l'aire de répartition habituelle de la FPCA, dans le sud­ouest de la Nouvelle-Écosse. Elle a été signalée dans 30 tourbières ombrotrophes ou minérotrophes (tableau7), et son effectif était évalué à 5 000 à 10 000 individus matures dans le cadre du dernier rapport de situation (Newell, 2004). Toutefois, de nombreux nouveaux sites où l'espèce est présente ont été découverts depuis, et la réalisation de relevés additionnels en milieux humides pourrait mener à la découverte de nouveaux individus. La probabilité d'une immigration de source externe est faible, étant donné que l'immigration est peu probable à partir de la population la plus proche, située au New Jersey (Newell, 2004). L'espèce est rare à l'échelle mondiale et, par conséquent, la population de la Nouvelle-Écosse constitue une importante proportion de la population mondiale totale (Newell, 2004).

Le jonc du New Jersey est classé G2 à l'échelle mondiale et a reçu la cote infranationale S1S2 en Nouvelle-Écosse. Voir le tableau ci-dessous concernant les cotes « S » attribuées à l'espèce dans les États où elle est présente. Il est protégé en vertu de l'Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse en tant qu'espèce vulnérable (Vulnerable), et est inscrit à l'annexe 1 de la LEP comme « espèce préoccupante ».

Cotes S attribuées à l'espèce dans les États des États-Unis et les provinces du Canada où elle est présente (Source, 2006: http://www.natureserve.org)
États-UnisCaroline du Nord (S1), Maryland (S1), New Jersey (S2), Virginie (S2)
CanadaNouvelle-Écosse (S2)

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3.9.4 Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat du jonc du New Jersey

Le jonc du New Jersey est présent en bordure de petites baies ou d'anses de tourbières ombrotrophes et minérotrophes ainsi que dans de petites clairières tourbeuses à l'intérieur de forêts de conifères (Newell et Newell, 1992). L'espèce nécessite des conditions de début de succession ou des conditions dégagées, car elle n'est pas en mesure de faire concurrence aux espèces ligneuses. Elle pousse dans les terrains humides, mais ne tolère pas les eaux stagnantes permanentes (Newell, 2004). Les perturbations modérées (par exemple en bordure des sentiers créés par les animaux dans les milieux humides) sont importantes, car elles éliminent les espèces compétitrices et favorisent ainsi le jonc du New Jersey (Newell, 2004). L'espèce est sensible aux changements hydrologiques, et les phénomènes comme le drainage ou l'inondation du site ont une incidence négative sur elle (Newell, 2004). En juillet 1991, le pH et l'épaisseur de la tourbe ont été mesurés dans 5 sites dans la région de Point Michaud (Newell, 2004). Le pH variait entre 4,07 et 5,52, et l'épaisseur de la tourbe, entre 40 cm et plus de 2 m (Newell, 2004). Parmi les espèces associées au jonc du New Jersey, on compte notamment l'épinette noire (Picea mariana), la calamagrostide de Pickering, le carex maigre, la smilacine trifoliée (Maianthemum trifolium), la sarracénie pourpre (Sarracenia purpurea) et la kalmia à feuilles d'andromède (Newell et Newell, 1992).

L'espèce se reproduit principalement par voie asexuée, par la division du rhizome. La reproduction sexuée a été observée peu fréquemment aux États-Unis. La production de graines n'a jamais été observée en Nouvelle-Écosse (Newell, 2004), mais elle n'a pas fait l'objet d'études intensives, et des graines doivent probablement être produites dans une certaine mesure, compte tenu de l'étendue de la présence de l'espèce. Les fleurs sont produites en juillet et en août, et les fruits, d'août à octobre. La pollinisation est assurée par le vent. Les niveaux relatifs d'autopollinisation et de pollinisation croisée n'ont pas encore été déterminés (Schuyler, 1990).

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3.10 Liléopsis de l'Est

3.10.1 Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation
Mai 2004
Nom commun (population)
Lilaéopsis de l'Est
Nom scientifique
Lilaeopsis chinensis
Statut selon le COSEPAC
Espèce préoccupante
Justification de la désignation
Petite plante herbacée vivace se reproduisant par des graines et, à grande échelle, par propagation végétative. Géographiquement très limitée, elle n'est présente que dans trois * estuaires de la Nouvelle-Écosse. Sa zone d'occupation est très petite, mais sa population est de grande taille. Aucun déclin important n'a été signalé au cours des 15 dernières années. Cette espèce ne semble pas faire l'objet de menaces immédiates; cependant, le développement futur ou la dégradation éventuelle des rivages pourrait détruire les populations existantes.
Présence au Canada
Nouvelle-Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC
Espèce désignée « préoccupante » en avril 1987 et en mai 2004.

* En 2007, le liléopsis de l'Est avait été signalé dans cinq estuaires.

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3.10.2 Description

Le liléopsis de l'Est est une petite herbacée vivace semi-aquatique qui pousse près du substrat dans la zone intertidale (Holder, 2004). Les feuilles sont courtes et vert foncé, mesurent quelques centimètres de longueur et poussent à intervalles irréguliers le long du rhizome horizontal mince (Keddy, 1987a; Roland et Zinck, 1998). Le pédoncule, ou tige florifère, peut atteindre 8 cm de longueur (Scoggan, 1978). Elle se termine par une ombelle qui comprend 5 à 7 minuscules fleurs blanches possédant chacune 5 pétales (Keddy, 1987a). L'inflorescence est une ombelle, c'est-à-dire que chaque pédicelle (ramification se terminant par une fleur) part du même point sur le pédoncule. Le fruit est ovoïde et long d'environ 2 mm (Gleason, 1952). L'espèce a été nommée « chinensis », car le botaniste Carl Linnaeus a cru à tort qu'elle provenait de Chine (Roland et Zinck, 1998).

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Figure 13. Le liléopsis de l'Est.

Le liléopsis de l'Est.
© NS Museum

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3.10.3 Populations et répartition

L'aire de répartition du liléopsis de l'Est s'étend le long de la côte de l'Atlantique, depuis la Nouvelle-Écosse jusqu'à la Floride, et atteint vers l'ouest le Mississippi (Isnor, 1981; Roland et Zinck, 1998). Au Canada, le liléopsis de l'Est est présent en Nouvelle-Écosse, dans 6 estuaires : les rivières Tusket et Annis, dans le comté de Yarmouth, la rivière La Have, dans le comté de Lunenburg, la rivière Medway, dans le comté de Queens, la rivière Roseway, dans le comté de Shelburne, et la rivière Philip, dans le comté de Cumberland (Roland et Zinck, 1998; Boates, comm. pers., 2006; Klymko, comm. pers., 2006). En 2010, l'espèce a été découverte au lac Pleasant, soumis aux marées, en amont du site, déjà connu, de la rivière Annis. Elle est abondante dans tous les emplacements connus, où plusieurs milliers d'individus sont présents. Sa zone d'occupation est très petite, mais sa population est relativement grande. La probabilité d'une immigration de source externe est faible, étant donné que l'immigration est peu probable à partir des populations les plus près, situées dans les États de l'Atlantique (Holder, 2004).

Le liléopsis de l'Est est classé G5 à l'échelle mondiale et a reçu la cote infranationale S2 en Nouvelle-Écosse. Voir le tableau ci-dessous concernant les cotes « S » attribuées à l'espèce dans les États où elle est présente. Elle est protégée en vertu de l'Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse en tant qu'espèce vulnérable (Vulnerable) et est inscrite à l'annexe 1 de la LEP comme « espèce préoccupante ».

Cotes S attribuées à l'espèce dans les États des États-Unis et les provinces du Canada où elle est présente (Source, 2006: http://www.natureserve.org)
États-UnisAlabama (SNR), Caroline du Nord (S3?), Caroline du Sud (SNR), Connecticut (S3), Delaware (S5), Floride (SNR), Georgie (SNR), Louisiane (SNR), Maine (S2), Maryland (SNR), Massachusetts (SNR), Mississippi (SNR), New Hampshire (S2), New Jersey (S4), New York (S2), Rhode Island (S1), Virginie (S5)
CanadaNouvelle-Écosse (S2)

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3.10.4 Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat du liléopsis de l'Est

Le liléopsis de l'Est se rencontre dans la zone intertidale, le long des littoraux d'estuaires, principalement sur des pentes boueuses douces et, occasionnellement, sur des pentes douces de gravier fin (Environment Canada, 2000; Roland et Zinck, 1998). Les cinq populations connues se situent près de l'embouchure de grandes rivières, dans des estuaires étroits et allongés isolés de la haute mer (Keddy, 1987a). L'espèce prospère dans les zones intertidales; elle reste submergée de jusqu'à 2 m d'eau pendant une partie de la journée (Keddy, 1987a). Cependant, en milieux contrôlés, l'espèce pousse bien dans des conditions plus sèches et dans l'eau douce (Affolter, 1985). L'espèce est observée principalement dans les littoraux intertidaux dominés par la spartine alterniflore (Spartina alterniflora) et est parfois associée au glaux maritime (Glaux maritima) et au plantain maritime (Plantago maritima). On ignore quel est le niveau de tolérance de l'espèce à la végétation concurrente (Holder, 2004).

L'espèce peut se reproduire par voie végétative, par élongation et ramification du rhizome, et par voie sexuée, au moyen de graines. Toutefois, elle semble se reproduire principalement par voie végétative. La floraison se produit d'août à la mi-septembre, mais les mécanismes de pollinisation précis sont inconnus (Holder, 2004). Chaque ombelle produit environ 5 à 7 graines (Keddy, 1987a). On suppose que les graines sont dispersées par l'eau, grâce aux courants et aux marées (Holder, 2004). Les graines renferment des tissus spongieux qui améliorent leur flottabilité et pourraient leur permettre de flotter sur des distances considérables (Holder, 2004).

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3.11 Scirpe de Long

3.11.1 Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation
Avril 1994
Nom commun (population)
Scirpe de Long
Nom scientifique
Scirpus longii
Statut selon le COSEPAC
Espèce préoccupante
Justification de la désignation
Aire de répartition limitée et reproduction sexuelle limitée, l'un des sites ayant considérablement réduit à cause de la construction routière.
Présence au Canada
Nouvelle-Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC
Espèce désignée « préoccupante » en avril 1994.

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3.11.2 Description

Le scirpe de Long est une plante vivace à croissance lente qui forme des colonies circulaires; ses tiges florifères mesurent jusqu'à 1,5 m de hauteur. Les feuilles sont les premières à apparaître et poussent à l'extrémité en croissance d'épais rhizomes souterrains qui se trouvent immédiatement sous la surface du substrat (Hill, 1992). Ces pousses créent des touffes en forme d'anneau, qui peuvent former de vastes colonies. Les plus grandes colonies mesurent 5 à 10 m de diamètre, et on évalue qu'elles sont âgées de 150 à 400 ans; en effet, l'âge d'une colonie de 1 m de diamètre a été évalué à 40 ans en fonction des anneaux de croissance du rhizome (Hill, 1992). Les feuilles sont coriaces, dentelées et généralement recourbées dans leur partie supérieure. Elles mesurent environ 60 à 80 cm de longueur et 5 à 10 mm de largeur (Gleason 1952). Les fleurs, de petits épillets, mesurent 5 à 8 mm de longueur (Gleason, 1952; Roland et Zinck, 1998). Le scirpe de Long fleurit lorsqu'il est soumis à des perturbations. Les bractées (feuilles modifiées à la base de la fleur ou de la tige florale) sont noires et, par temps humide, collantes. Les écailles sont noirâtres et longues d'environ 3 mm. Les akènes (fruits) sont bruns ou rougeâtres, mesurent 0,8 mm de longueur et sont munis de 5 soies (Gleason, 1952; Hill, 1992). Au début de septembre, les feuilles deviennent dorées, et la plante meurt jusqu'à la base. Les plantes sont submergées de novembre à avril et, pendant ce temps, de nouvelles feuilles vert jaunâtre commencent à se former, pour atteindre une longueur de 8 cm au début de mai. L'espèce porte le nom « longii » en l'honneur de Bayard Long, qui l'a découverte (Roland et Zinck, 1998).

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Figure 14. Le scirpe de Long.

Le scirpe de Long.
© NS Museum

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3.11.3 Populations et répartition

Aux États-Unis, l'aire de répartition du scirpe de Long s'étend depuis le New Jersey jusqu'au Maine. Au Canada, l'espèce est présente dans le sud de la Nouvelle-Écosse, dans des tourbières et parfois en bordure de lacs; les populations connues sont dispersées entre le lac Wilsons, dans le comté de Yarmouth, et le lac Smith et le ruisseau Demones, dans le comté de Lunenburg. Le scirpe de Long a été signalé dans des milieux associés à des lacs aux lacs Shingle, Wilsons et Ponhook, au Petit lac Ponhook, aux lacs Molega, Hog et Moosehorn, au lac de l'École, au lac Ten Mile, au Premier lac Christopher ainsi qu'aux lacs Kejimkujik, George et Loon; il a été signalé dans des milieux associés à des rivières aux rivières Pleasant, Mersey, Wildcat et Medway et au ruisseau Demones; il a également été associé à de grands milieux humides dans la tourbière Dunraven, au ruisseau Eighteen Mile, au pré Quinns, au lac Wilkins, au lac Bull Moose, à la baie Big Sixteen Mile du lac Rossignol, au lac Smith, au lac Little Rocky, au ruisseau Barren Meadow et au ruisseau Blue Hill Bog. On connaît moins bien la présence du scirpe de Long en Nouvelle-Écosse que celle de la plupart des autres espèces inscrites de la FPCA. Au cours des dix dernières années, l'espèce a été découverte dans 26 nouveaux emplacements (AC CDC, 2014; les occurrences séparées par 1 km ou plus sont considérées comme des emplacements distincts, de sorte que certains grands lacs comprennent plusieurs emplacements), généralement dans des milieux assez courants dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse; il est donc probable qu'un nombre considérable d'emplacements additionnels sera encore découvert. Aux fins de la prochaine mise à jour du rapport de situation du COSEPAC sur l'espèce, l'unité utilisée pour le dénombrement de la population sera la rosette (touffe de feuilles formée par une seule pousse partant du rhizome), car l'espèce peut se reproduire par fragmentation du rhizome (Hill, 1992). Le nombre de rosettes est probablement de l'ordre de dizaines de milliers, voire de centaines de milliers dans les sites les plus grands (rivière Pleasant et extrémité ouest du lac Shingle, lac Ponhook près de la pointe Grassy et ruisseau Eighteen Mile) et de quelques milliers dans un certain nombre d'autres sites. Le nombre d'individus génétiquement distincts sera beaucoup plus faible que le nombre de rosettes, étant donné que l'espèce se reproduit principalement par voie végétative.

Il existe peu de données permettant de déterminer si les populations canadiennes sont en expansion ou en déclin. Aux États-Unis, l'espèce est disparue de l'État de New York, et deux populations sont disparues du Massachusetts.

Le scirpe de Long est classé G2G3 à l'échelle mondiale et a reçu la cote infranationale S2S3 en Nouvelle-Écosse. Voir le tableau ci-dessous concernant les cotes « S » attribuées à l'espèce dans les États où elle est présente. Elle est protégée en vertu de l'Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse en tant qu'espèce vulnérable (Vulnerable) et est inscrite à l'annexe 1 de la LEP comme « espèce préoccupante ».

Cotes S attribuées à l'espèce dans les États des États-Unis et les provinces du Canada où elle est présente (Source, 2006: http://www.natureserve.org)
États-UnisConnecticut (SH), Maine (S2), Massachusetts (S2), New Hampshire (S1), New Jersey (S2), New York (SX), Rhode Island (S1)
CanadaNouvelle-Écosse (S2S3)

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3.11.4 Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat du scirpe de Long

Le scirpe de Long est présent dans cinq milieux humides, y compris des tourbières à eaux stagnantes, des tourbières minérotrophes situées à l'intérieur des terres, des tourbières ombrotrophes de baies de lacs, des tourbières ombrotrophes de barrières et des rivages lacustres à sol constitué de tourbe (Hill, 1992). L'espèce pousse sur les substrats de tourbe, dans des endroits où la compétition exercée par les espèces arbustives est minime grâce à la saturation d'eau ou à l'érosion par les glaces, au faible pH et à la pauvreté en nutriments (Hill, 1992). Elle pousse généralement dans les zones les plus engorgées d'eau de ces milieux, où les arbustes sont incapables de pousser (Hill et Johansson, 1992). De plus, elle a tendance à se trouver dans des endroits abrités, notamment des anses et des rivages orientés vers l'est (Wisheu et coll., 1994). Les prés à eaux stagnantes et les tourbières minérotrophes contiennent les colonies les plus âgées et les plus vastes du scirpe de Long, ce qui pourrait être associé à la faible érosion par les glaces (Hill, 1992).

La floraison est très rare dans toutes les populations, sauf dans le cas de la colonie du Lac de l'École, où la floraison est observée chaque année. L'espèce se reproduit principalement par voie végétative, au moyen de rhizomes souterrains. Des pousses sont produites à l'extrémité en croissance des rhizomes et forment lentement des colonies en forme de cercle. La floraison se produit entre juin et le début de juillet et semble dépendre de perturbations (sauf au lac de l'École), comme les dommages causés par les véhicules hors route, les incendies, le broutage par les rats musqués et la construction routière (Schuyler et Stasz, 1985; Hill, 1992). On présume que cette espèce est pollinisée par le vent et que les graines sont dispersées par l'eau ou le vent (Hill, 1992). Toutefois, la production de graines n'est pas fréquente, de sorte que des fragments de rhizomes déplacés par l'érosion par les glaces ou le broutage par le rat musqué pourraient jouer un rôle important dans la dispersion (Hill, 1992).

Au moment de la floraison, le scirpe de Long peut s'hybrider avec le scirpe souchet (Scirpus cyperinus), mauvaise herbe répandue dans les zones perturbées (MacKay et coll., 2008). L'hybridation de ces deux espèces a été observée en Nouvelle-Écosse, dans deux tourbières ombrotrophes qui ont été perturbées (MacKay et coll., 2008). Il faudrait réduire ou éliminer les perturbations qui favorisent les populations de scirpe souchet à proximité des populations de scirpe de Long, pour que l'espèce puisse conserver son intégrité génétique.

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3.12 Baccharis à feuilles d'arroche

3.12.1 Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation
Novembre 2011 (nouvelle)
Nom commun (population)
Baccharis à feuilles d'arroche
Nom scientifique
Baccharis halimifolia
Statut selon le COSEPAC
Espèce menacée
Justification de la désignation
Cette espèce fait partie de la flore de la plaine côtière de l'Atlantique. Cet arbuste canadien rare et isolé est restreint à un habitat de marais salé très particulier dans le sud de la Nouvelle-Écosse. Son habitat côtier est en déclin en raison de l'augmentation de l'aménagement du littoral. De plus, les effets des changements climatiques, incluant l'élévation du niveau de la mer et l'augmentation et la fréquence des ondes de tempête, mèneront à la perte et à la dégradation de l'habitat et auront des répercussions sur les individus au cours des quelques prochaines décennies.
Présence au Canada
Nouvelle-Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC
Espèce désignée « menacée » en novembre 2011.

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3.12.2 Description

Le baccharis à feuilles d'arroche est une plante ligneuse vivace et plus précisément un arbuste, densément ramifié et souvent multicaule. Il appartient à la famille des Astéracées et pousse dans la marge supérieure des marais salés et des plages. L'arbuste mesure en général 1 à 3 mètres de hauteur au Canada, mais atteint parfois 6 mètres plus au sud. Dans la plus grande partie de son aire de répartition mondiale, l'arbuste peut conserver ses feuilles toute l'année; cependant, il perd la plupart ou la totalité de ses feuilles chaque automne dans le nord des États-Unis et la totalité de ses feuilles au Canada. Le baccharis à feuilles d'arroche est dioïque, ce qui signifie que les individus sont unisexués, certains produisant uniquement des fleurs mâles et les autres produisant uniquement des fleurs femelles. Toutefois, les individus mâles et femelles ne présentent aucune différence quant aux caractères des parties végétatives. Chaque capitule comporte 20 à 30 fleurons (petites fleurs individuelles). Ceux-ci sont blanchâtres, mais les fleurs mâles produisent du pollen en abondance, ce qui leur confère une couleur jaune. Les akènes (graines) sont surmontés d'un pappus (aigrette) solidement fixé qui comporte une touffe de soies longues de 10 à 14 mm favorisant la dispersion par le vent et par l'eau. Durant la fructification, les soies s'allongent et finissent par dépasser longuement du réceptacle, ce qui rend les capitules femelles beaucoup plus voyants que pendant la floraison. Une description plus détaillée avec références complètes est disponible dans le rapport de situation sur l'espèce (COSEWIC, 2011).

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Figure 15. Le baccharis à feuilles d'arroche.

Le baccharis à feuilles d'arroche.
Britton, N.L.et A. Brown, 1913

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3.12.3 Populations et répartition

Le baccharis à feuilles d'arroche se rencontre dans l'est de l'Amérique du Nord et de l'Amérique centrale ainsi que le nord des Caraïbes (COSEWIC, 2011; figure, 1). Il pousse principalement le long du golfe du Mexique et de la côte est des États-Unis, depuis l'État de Vera Cruz, au Mexique, jusqu'à la partie nord du Massachusetts, mais il est également présent plus vers l'intérieur des terres et atteint l'Oklahoma, l'Arkansas et le Tennessee. Cependant, certaines des occurrences de l'intérieur résultent d'une colonisation dépassant son aire de répartition naturelle. Le baccharis à feuilles d'arroche est également indigène à Cuba et dans les Bahamas. Il se cantonne de plus en plus à la zone côtière à mesure qu'on s'approche de la limite nord de sa répartition continue, soit depuis la Virginie jusqu'au Massachusetts.

Les occurrences canadiennes sont limitées à une zone côtière de 13 km de largeur sur 12 km de longueur, dans l'extrême sud-ouest de la Nouvelle-Écosse (figure 2), à l'est de Yarmouth; en outre, à 12 km plus au sud-est, on trouve un individu isolé à Pubnico-Ouest. À l'intérieur de cette petite aire de répartition, les individus de l'espèce sont concentrés dans quelques sites bordant l'estuaire de la rivière Tusket et la baie Lobster. Plus de 1 000 individus sont présents dans une zone de 300 m sur 250 m à l'île Morris, dans la baie Lobster, et plus de 1 000 individus sont présents dans une zone de 400 m sur 100 m près de la pointe Bird, dans l'estuaire de la Tusket, ces occurrences représentent ensemble plus de 70 % de l'abondance canadienne totale. Ce degré de concentration expose fortement l'espèce à un déclin rapide et prononcé, si jamais le développement foncier, une onde de tempête ou un autre phénomène affectait les principaux sites. On estime que l'effectif total de la population canadienne est de 2 850 individus. On ignore les tendances des populations au Canada. Il est probable que l'espèce subit de faibles déclins associés à l'aménagement riverain. En outre, l'élévation du niveau de la mer et l'augmentation des répercussions des tempêtes, associées au changement climatique, pourraient constituer une menace actuelle ou future pour l'espèce; cependant, on comprend encore mal les répercussions actuelles et futures de ces menaces.

Cotes S attribuées à l'espèce dans les États des États-Unis et les provinces du Canada où elle est présente (Source, 2006: http://www.natureserve.org)
États-UnisNon en péril (S5) : Caroline du Nord, Delaware, New Jersey, New York et Virginie.
Non classée (SNR*) : Alabama, Arkansas, Caroline du Sud, Connecticut, District de Columbia, Floride, Georgie, Louisiane, Maryland, Massachusetts, Mississippi, Oklahoma et Texas.
Vulnérable (S3) : Pennsylvanie.
En péril (S2) : Rhode Island.
CanadaGravement en péril (S1) : Nouvelle-Écosse

* SNR – Indique souvent, mais non systématiquement, un manque d'intérêt du point de vue de la conservation.

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3.12.4 Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat du scirpe de Long

Dans l'ensemble de son aire de répartition indigène, le baccharis à feuilles d'arroche se rencontre dans des forêts côtières clairsemées, dans des fourrés dunaires, sur des plages ainsi que dans des marais intertidaux d'eau douce à salée à végétation dominée par des espèces herbacées ou arbustives (Penfound et Hathaway, 1938; Mahler et Waterfall, 1964; Allain et Grace, 2001). Dans le sud des États-Unis, l'espèce se rencontre également dans des milieux perturbés par les activités humaines, tels que champs, terrains vagues, bords de chemins et voies ferrées (Boldt, 1989; Lance, 2004).

Au Canada, le baccharis à feuilles d'arroche se rencontre dans une gamme plus restreinte de milieux côtiers. Les occurrences connues se trouvent dans des sites non ombragés ou partiellement ombragés, en bordure de marais salés bien développés ou dans la partie supérieure de plages faisant généralement face à un marais salé. Les occurrences se trouvent au-dessus de la zone inondée par les marées journalières, et, au Canada, l'espèce pousse uniquement dans des estuaires ou des baies qui lui assurent une bonne protection contre le vent du large et les vagues. Elle se rencontre le plus souvent à la limite supérieure des marais salés, à l'intérieur ou à proximité de la zone de transition vers la forêt côtière, où le sol devient moins salé et où la végétation est dominée par des plantes graminoïdes et de petits arbustes. Ces habitats sont occupés par des espèces halophiles et non halophiles, souvent y compris la spartine alterniflore, la spartine pectinée, l'agropyre littoral (Thinopyrum pycnanthum), l'aster de New York (Symphyotrichum novi-belgii), la verge d'or toujours verte (Solidago sempervirens), le rosier de Virginie (Rosa virginiana), le gaylussaquier à fruits bacciformes, le cirier de Pennsylvanie (Myrica pensylvanica), le houx verticillé, l'érable rouge ainsi que l'épinette rouge (Picea rubens) ou l'épinette blanche (P. glauca).

Le climat est probablement un facteur limitatif important pour la répartition de l'espèce au Canada. À cause de l'effet modérateur des courants océaniques, la zone côtière du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, depuis Digby jusqu'à Liverpool et particulièrement dans le secteur voisin de Yarmouth où se rencontre le baccharis à feuilles d'arroche, est la région canadienne où les hivers sont les plus doux, si on exclut le sud de la Colombie-Britannique (USDA, 1990). Les températures y sont beaucoup plus douces que sur la côte du Maine, qui se trouve pourtant aux mêmes latitudes (USDA, 1990; Agriculture and Agrifood Canada, 2000). En outre, l'eau entourant les petites îles et pointes sur lesquelles pousse le baccharis à feuilles d'arroche dans l'estuaire de la Tusket et la baie Lobster demeure généralement libre de glace durant tout l'hiver, ce qui adoucit probablement les températures hivernales.

Des observations donnent à croire que, en Nouvelle-Écosse, la fréquence et la durée des inondations, l'exposition aux vagues et l'ombre créée par le couvert d'arbres sont d'importants facteurs limitatifs à l'échelle locale. Dans les occurrences de Nouvelle-Écosse, le baccharis à feuilles d'arroche est généralement l'espèce ligneuse qui déborde le plus loin dans les marais salés depuis les milieux terrestres, ce qui semble indiquer que l'espèce peut tolérer des degrés de salinité plus élevés que les autres arbustes présents en Nouvelle-Écosse. Selon des études réalisées dans d'autres régions, l'espèce est tolérante à une certaine plage de degrés de salinité du sol et des eaux souterraines (Young et coll., 1994; Westman et coll., 1975), mais elle ne tolère pas une exposition prolongée à des degrés de salinité élevés (Tolliver et coll., 1997). Le baccharis à feuilles d'arroche semble pousser uniquement au-dessus de la zone soumise aux marées journalières. À l'île Morris, les quelques individus matures poussant le plus loin à l'intérieur du marais salé étaient manifestement en mauvaise santé, et certains étaient même morts, ce qui pourrait être attribuable aux effets de l'élévation du niveau de la mer (Blaney et Mazerolle, obs. pers., 2010).

La tolérance à la salinité est probablement importante pour l'espèce, car elle lui permet d'éviter la compétition des arbustes et des arbres qui pourraient lui faire concurrence dans des milieux moins salés grâce à leur meilleure tolérance au froid ou à d'autres facteurs. La concurrence exercée par les végétaux ligneux plus grands semble constituer un facteur limitatif considérable dans tous les sites connus au Canada, car les individus de l'espèce semblent limités aux milieux ouverts ou partiellement ouverts où la couverture d'arbres ne dépasse pas les 60 % (Blaney et Mazerolle, obs. pers., 2006-2010). Des études étrangères ont révélé que la production de fruits et la germination des graines sont fortement réduites si l'arbuste pousse sous ombre dense (Westman et coll., 1975).

En outre, il semble que l'espèce est limitée par les vagues, car elle ne pousse que dans un système estuarien abrité, à l'intérieur duquel on la rencontre principalement dans des baies très abritées des vagues ou derrière de larges marais salés qui lui offrent encore plus de protection. On ignore durant quels stades du cycle du baccharis à feuilles d'arroche ces facteurs sont limitatifs pour l'espèce. En outre, on ne sait pas quelle est l'importance relative des effets physiologiques de la saturation et de la salinité du sol par rapport à celle des dommages physiques causés par les vagues en tant que facteurs limitatifs pour l'espèce.

À l'intérieur de son habitat côtier restreint, outre les effets de la salinité et des inondations énumérés ci-dessus, le type de sol et les propriétés chimiques du sol ne semblent pas constituer des facteurs limitatifs considérables pour l'espèce en Nouvelle-Écosse. Les occurrences de l'espèce se trouvent dans une région à sol généralement acide, mais certains individus poussent dans des sols à forte teneur en matière organique, alors que d'autres poussent dans des sols sableux ou graveleux. Ailleurs, le baccharis à feuilles d'arroche peut prospérer sur une grande diversité de substrats, allant du sable pur à l'argile pure (Dirr et Heuser, 1987) et, selon certaines études, il peut tolérer une vaste gamme de pH (3,6 à 9) et de concentrations d'éléments nutritifs assimilables (560 à 5 500 ppm d'azote mesuré par la méthode Kjeldhal et 4 à 73 ppm de phosphore; Westman et coll., 1975).

La disponibilité de graines viables et de microsites convenables à l'établissement des semis et à leur croissance jusqu'à la maturité est essentielle à long terme pour le baccharis à feuilles d'arroche, car l'élévation du niveau de la mer fera en sorte que les sites actuellement occupés par l'espèce ne lui conviendront plus. Un effet fondateur génétique risque d'apparaître dans la population canadienne de baccharis à feuilles d'arroche, puisqu'elle est petite et isolée, ce qui pourrait limiter la production de graines ou leur viabilité (Ellstrand et coll., 1993). Aucune recherche canadienne n'a été réalisée sur la production de graines, la viabilité des graines et l'établissement des semis.

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3.13 Potamot gracieux

3.13.1 Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation
(Espèce non évaluée par le COSEPAC); évaluation (nouvelle) aux fins de l'ESA de la Nouvelle-Écosse en juillet 2013
Nom commun (population)
Potamot gracieux
Nom scientifique
Potamogeton pulcher
Statut selon le COSEPAC
Espèce non évaluée
Statut selon l'ESA de la Nouvelle-Écosse
Vulnérable (Vulnerable)
Justification de la désignation
Plante aquatique d'eau douce de la flore de la plaine côtière de l'Atlantique. Au Canada, elle est présente presque uniquement dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, dans des lacs et rivières très acides et pauvres en nutriments. Les menaces les plus imminentes pesant sur l'espèce sont les activités susceptibles de modifier la qualité de l'eau et les niveaux d'eau, particulièrement celles qui peuvent entraîner une augmentation des concentrations en nutriments et de la compétition exercée par les autres espèces végétales.
Présence au Canada
Nouvelle-Écosse, Ontario (historique)
Historique du statut selon le COSEPAC
Espèce jamais évaluée.
Historique du statut selon l'ESA de la Nouvelle-Écosse
Espèce désignée vulnérable (Vulnerable) en juillet 2013.

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3.13.2 Description

Le potamot gracieux est une herbacée aquatique qui possède un rhizome vivace produisant de nouvelles tiges chaque année. Les tiges sont verticales et peuvent mesurer quelques centimètres, lorsque le niveau d'eau est bas, à plus de 95 cm, lorsque l'eau est plus profonde. Les tiges présentent généralement des taches foncées bien visibles, particulièrement près de la base. La plante produit des feuilles submergées et des feuilles flottantes; les feuilles submergées sont lancéolées, minces et translucides et mesurent 4 à 14 cm de longueur, alors que les feuilles flottantes sont plus épaisses et plus arrondies et mesurent 2 à 8 cm de longueur. Les inflorescences, de denses épis constitués de minuscules fleurs, sont maintenues à juste au-dessus de la surface de l'eau grâce aux feuilles flottantes. Une fois les fruits formés, l'épi mesure 2 à 3,5 cm de longueur et 8 à 11 mm.

Le potamot gracieux ressemble beaucoup au potamot à grandes feuilles (Potamogeton amplifolius), et des cas d'hybridation entre les deux espèces ont été signalés en Nouvelle-Écosse et dans d'autres régions. Le potamot gracieux se distingue du potamot à grandes feuilles par les taches voyantes présentes sur sa tige (aucune tache chez le potamot à grandes feuilles), ses feuilles submergées généralement droites, d'une largeur de 1 à 2,5 cm et comportant 7 à 19 nervures (feuilles arquées, d'une largeur de jusqu'à 7,5 cm et comportant 19 à 49 nervures dans le cas du potamot à grandes feuilles), ses feuilles flottantes à base cordée ou arrondie et comportant 15 à 19 nervures (base cunéiforme ou arrondie et 27 à 49 nervures chez le potamot à grandes feuilles) ainsi que ses fruits à base ronde ou lobée (base cunéiforme chez le potamot à grandes feuilles; Mazerolle et Blaney, 2010).

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Figure 16. Le potamot gracieux.
Le potamot gracieux.
Holmgren (1998), avec permission.

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3.13.3 Populations et répartition

Le potamot gracieux se rencontre dans l'est des États-Unis et la partie adjacente du Canada et atteint la limite nord de son aire de répartition dans le sud de la Nouvelle-Écosse, le sud du Maine et le nord de l'état de New York, du Michigan et du Minnesota. Vers l'ouest, l'espèce atteint le Minnesota, le Missouri et le sud-est du Texas. La répartition du potamot gracieux diverge de celle de la plupart des autres plantes de la plaine côtière de l'Atlantique, la région comptant le plus grand nombre de mentions allant depuis le sud du New Hampshire et le Massachusetts jusqu'au sud du Texas, avec une concentration encore plus marquée dans la région côtière du nord de la Caroline du Nord. L'espèce est rare dans tous les États où elle est présente, sauf le Tennessee et l'Oklahoma. Les populations de Nouvelle-Écosse se trouvent à au moins 220 km au nord-est des autres populations les plus proches, situées dans le comté de Penobscot, dans le Maine; elles sont donc considérablement éloignées du reste de l'aire de répartition et en sont probablement isolées sur le plan génétique (Mazerolle et Blaney, 2010).

Au Canada, on trouve des occurrences éparses du potamot gracieux dans la moitié sud de la Nouvelle-Écosse. En outre, il existe une mention de l'espèce à la baie Rondeau, au lac Érié, dans l'extrême sud de l'Ontario, mais l'espèce n'a pas été signalée dans cette province depuis 1948 et pourrait y être disparue. L'aire de répartition connue du potamot gracieux en Nouvelle-Écosse s'est considérablement agrandie grâce aux nouveaux relevés réalisés depuis 2007. Presque toutes les occurrences de l'espèce se trouvent dans la région où la FPCA est présente, depuis le sud des comtés de Lunenburg et de Digby jusqu'à Upper Musquodoboit, en plus de deux mentions dans le comté de Halifax. Les mentions de l'espèce à l'extérieur de cette région (lac Grand, dans le comté d'Annapolis, Grand Étang, dans le comté d'Inverness, et ruisseau Chain Lake, dans le comté de Colchester) sont associées à des identifications erronées ou sont douteuses et ne sont appuyées par aucun spécimen. Dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, un grand nombre de lacs acides semblables aux sites connus n'ont pas encore été visités, et de nombreuses nouvelles occurrences de l'espèce ont été découvertes au cours des dix dernières années, ce qui donne à penser qu'un certain nombre d'occurrences additionnelles pourraient encore être découvertes. Cependant, la proportion globale de lacs du sud de la province qui ont été visités et où l'espèce a été trouvée est faible, ce qui indique manifestement que le potamot gracieux y est peu commun. En novembre 2014, le potamot gracieux avait été signalé aux lacs Mill, Raynards, Salmon et Long, dans le comté de Yarmouth, aux lacs Belliveau, Sears* et Placides, dans le comté de Digby, aux lacs Molega, McBride et Carrigan et à la rivière Medway* (trois sites distincts), dans le comté de Queens, aux lacs Shingle, Hirtle et Rhodenizer et à « l'étang Maitland »* (ce nom n'est pas couramment utilisé, et le site correspond probablement au lac Little, au Petit lac Langille ou au lac Naas, près de Maitland), dans le comté de Lunenburg, ainsi que dans la région d'Upper Musquodoboit*, dans le comté de Halifax. Les sites suivis d'un astérisque correspondent à des mentions historiques, mais l'espèce pourraient encore y pousser (Mazerolle et Blaney, 2010).

Cotes S attribuées à l'espèce dans les États des États-Unis et les provinces du Canada où elle est présente (NatureServe Explorer, 2014)
États-UnisAlabama (SNR), Arkansas (S3), Caroline du Nord (S4), Caroline du Sud (SNR), Connecticut (SNR), Delaware (S5), Floride (SNR), Georgie (SNR), Illinois (S1), Indiana (S1), Kentucky (S1S2), Louisiane (SNR), Maine (S1), Maryland (SNR), Massachusetts (SNR), Michigan (S2), Minnesota (SNR), Mississippi (SNR), Missouri (S2S3), New Hampshire (SNR), New Jersey (S3S4), New York (S2), Ohio (S2), Oklahoma (SNR), Pennsylvanie (S1), Rhode Island (SNR), Tennessee (SNR), Texas (SNR), Vermont (SNR), Virginie (S4), Virginie-Occidentale (S1), Wisconsin (S1)
CanadaNouvelle-Écosse (S1S2), Ontario (SH)

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3.13.4 Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat du potamot gracieux

Peu de recherches ont été publiées concernant les besoins en matière d'habitat et l'écologie du potamot gracieux. Les renseignements actuellement disponibles sont principalement fondés sur des observations qualitatives réalisées sur le terrain. Dans l'ensemble de son aire de répartition mondiale, le potamot gracieux a été signalé dans divers types de milieux aquatiques à eau stagnante ou à faible débit, notamment des lacs, des étangs, des mares boueuses ou tourbeuses, des rivières, des cours d'eau à faible débit et des rigoles situées dans des tourbières. Il pousse généralement en eaux acides, mais on le rencontre parfois aussi dans des eaux à pH presque neutre (Williams, 1997).

En Nouvelle-Écosse, la plupart des populations confirmées se trouvent dans des lacs, et les spécimens récoltés en rivière ont tous été récoltés dans des rivières de grande taille, dans des sites où les conditions s'apparentaient probablement à celles de lacs et où le débit était lent ou nul. Selon les données recueillies lors des relevés récents, l'espèce pousse principalement sur des substrats boueux, dans des zones où la profondeur de l'eau va d'environ 10 cm à environ 2 m, souvent dans des peuplements plutôt denses composés de plusieurs espèces submergées et émergentes. Dans certains sites (lacs Carrigan et Rhodenizer), des individus ont été observés près du rivage, dans des zones où l'eau s'était entièrement retirée à la fin de l'été; ils reposaient sur la boue ou le sol organique tourbeux, à l'extérieur de l'eau. La présence du potamot gracieux dans le lac-réservoir Raynards donne à penser que l'espèce peut tolérer les fluctuations extrêmes du niveau d'eau, car Nova Scotia Power y régule considérablement le niveau d'eau. Les espèces couramment associées au potamot gracieux sont la pontédérie cordée (Pontederia cordata), le potamot confervoïde (Potamogeton confervoides), l'utriculaire pourpre (Utricularia purpurea), l'utriculaire à longues racines (Utricularia macrorhiza), l'ériocaulon aquatique (Eriocaulon aquaticum), le grand nénuphar jaune (Nuphar lutea subsp. variegata), le nymphéa odorant (Nymphaea odorata), les faux-nymphéas, le potamot émergé (Potamogeton epihydrus) et la lobélie de Dortmann (Lobelia dortmanna) (Mazerolle et Blaney, 2010). Toutes les populations récemment visitées se trouvaient dans des plans d'eau oligotrophes à mésotrophes à eau claire à turbidité modérée.

Le potamot gracieux se reproduit par voie végétative, par élongation et fragmentation du rhizome, et par voie sexuée, au moyen de graines dispersées par l'eau et les animaux. Les processus et activités anthropiques risquant le plus d'avoir des répercussions sur l'habitat et les besoins biologiques du potamot gracieux sont les suivants : 1) Eutrophisation des lacs acides et pauvres en éléments nutritifs occupés par l'espèce, causée par l'agriculture industrielle (plus particulièrement l'élevage du vison), la transformation du poisson et d'autres activités; cette eutrophisation entraînerait probablement une augmentation de la compétition exercée par les espèces indigènes plus communes. 2) Destruction ou modification de l'habitat associées à l'aménagement riverain, notamment la construction de quais et le remblayage des zones où l'eau est peu profonde. 3) Établissement de populations denses d'espèces envahissantes, notamment les faux-nymphéas, qui pourraient supplanter le potamot gracieux. 4) Modification importante et à long terme du niveau de l'eau causée par la création ou le retrait d'un barrage (Mazerolle et Blaney, 2010).

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3.14 Rhynchospore à gros épillets

3.14.1 Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation
Novembre 2014
Nom commun (population)
Rhynchospore à gros épillets
Nom scientifique
Rhynchospora macrostachya
Statut selon le COSEPAC
Espèce en voie de disparition
Justification de la désignation
Au Canada, ce carex vivace pousse seulement le long de deux rivages lacustres tourbeux et acides dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, où il est isolé de son aire de répartition principale qui se trouve dans la plaine côtière de l’Atlantique, aux États-Unis. La petite taille de sa population (total d’environ 700 individus répartis entre deux sous-populations) et ses besoins très spécifiques en matière d’habitat rend l’espèce vulnérable à l’aménagement des berges, à la régulation des niveaux d’eau (pour l’énergie hydroélectrique), ainsi qu’à l’ombrage et à la compétition causés par des plantes envahissantes introduites, notamment le nerprun bourdaine, qui bénéficient des concentrations accrues de nutriments dans ces deux lacs.
Présence au Canada
Nouvelle-Écosse
Historique du statut selon le COSEPAC
Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2014.

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3.14.2 Description

Le rhynchospore à gros épillets est une herbacée vivace de la famille des Cypéracées. Les tiges florifères, qui partent d'une dense touffe de feuilles basilaires, mesurent 150 à 170 cm aux États-Unis et environ 100 cm au Canada. Les fleurs, hermaphrodites, sont entourées d'écailles brunes et présentent six soies barbelées allongées. Chaque fleur fécondée donne un akène dur et aplati qui mesure 5 à 6 mm de long et est surmonté d'un tubercule remarquablement long.

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Figure 17. Le rhynchospore à gros épillets.
Le rhynchospore à gros épillets.
Britton et Brown (1913)

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3.14.3 Populations et répartition

Le rhynchospore à gros épillets se rencontre principalement dans les plaines côtières de l'Atlantique et du golfe du Mexique, depuis le sud du Maine jusqu'au nord-est de la Floride et à la Louisiane, mais elle est aussi présente dans le sud-est du Michigan et la partie adjacente de l'Indiana, dans l'est de l'Oklahoma et les parties adjacentes du Kansas, du Missouri et de l'Arkansas ainsi que le long de la frontière entre le Tennessee et l'Alabama. Des occurrences isolées ont été signalées au Kentucky et dans le nord de l'État de New York. Les mentions de l'espèce en Illinois, au Mississippi et au Vermont semblent erronées. Au Canada, l'espèce est limitée au sud de la Nouvelle-Écosse, où elle a été signalée aux lacs Carrigan et Molega, qui sont séparés par 23 km et font respectivement partie des bassins de la Mersey et de la Medway. La grande majorité des individus signalés au Canada (688, ou 95 %) poussent au lac Carrigan (AC CDC, 2013). Cette occurrence est isolée par une distance d'au moins 468 km des autres populations de l'espèce, situées plus au sud. Comme cette population se trouve à la limite nord de la répartition mondiale de l'espèce, elle pourrait avoir une importance particulière pour la diversité génétique de l'espèce dans son ensemble. La population canadienne représente moins de 1 % de la population mondiale de l'espèce.

Le rhynchospore à gros épillets est classé G4 à l'échelle mondiale et a reçu la cote N1 (gravement en péril) au Canada et la cote infranationale S1 en Nouvelle-Écosse. Voir le tableau ci-dessous concernant les cotes « S » attribuées à l'espèce dans les États où elle est présente.

Cotes S attribuées à l'espèce dans les États des États-Unis et les provinces du Canada où elle est présente (source, 2014 : http://www.natureserve.org)
États-UnisAlabama (SNR), Arkansas (SNR), Caroline du Nord (S3?), Caroline du Sud (SNR), Connecticut (S1S2), Delaware (S4), District de Columbia (SNR), Floride (SNR), Georgie (SU), Indiana (S2), Kansas (S2), Kentucky (S1), Louisiane (SNR), Maine (S1), Maryland (SNR), Massachusetts (SNR), Michigan (S3S4), Mississippi (SNR), Missouri (SNR), New Jersey (SNR), New York (S3), Oklahoma (SNR), Rhode Island (S1), Tennessee (S1S2), Texas (SNR), Vermont (SNR), Virginie (S3)
CanadaNouvelle-Écosse (S1)

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3.14.4 Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat du rhynchospore à gros épillets

Le rhynchospore à gros épillets pousse uniquement dans les milieux humides (Blaney 2011); au Canada, on le rencontre en bordure de lacs acides, sur des rivages ouverts et entièrement ou presque entièrement exposés durant la période où l'eau est basse, en été. L'espèce pousse généralement dans des substrats graveleux qui sont souvent recouverts d'une mince couche de sol organique tourbeux, mais certains individus poussent dans une couche de tourbe plus épaisse ou dans une mince couche de sol organique, dans des fissures d'affleurements rocheux. Les espèces les plus fréquemment associées au rhynchospore à gros épillets sont, par ordre de fréquence, le millepertuis de Virginie (Triadenum virginicum s.st.), le panic dédaigné (Dichanthelium spretum), le duliche roseau, l'aster des tourbières, le myrique baumier, le marisque inerme, la pontédérie cordée, la canneberge à gros fruits, l'osmonde royale d'Amérique (Osmunda regalis var. spectabilis) et la lysimaque terrestre (Lysimachia terrestris) (AC CDC, 2013b). Dans le sud des États-Unis, le rhynchospore à gros épillets se rencontre aussi dans des marais d'eau douce ou légèrement salins soumis à l'effet des marées, des forêts marécageuses, des marais et des vasières situées à l'intérieur de prairies à grandes graminées ainsi que dans des milieux perturbés, notamment des fossés, des sentiers de véhicules tout-terrain, des emprises de pipelines, des rizières et des ouvrages de retenue. En Nouvelle-Écosse, dans les milieux riverains occupés par le rhynchospore à gros épillets, on trouve une grande diversité d'espèces rares à répartition restreinte qui sont associées aux plaines côtières de l'est et du sud des États-Unis. Ces communautés riveraines, qui présentent une faible biomasse et une diversité élevée, sont maintenues grâce aux conditions acides et pauvres en éléments nutritifs et aux perturbations associées à la fluctuation des niveaux d'eau, à l'érosion par les glaces et aux vagues (Keddy, 1985b; Keddy et Wisheu, 1989; Hill et Keddy, 1992; Wisheu et Keddy, 1994; Hill et coll., 1998).

En Nouvelle-Écosse, le rhynchospore à gros épillets fleurit de juillet à septembre. La pollinisation est probablement assurée entièrement ou en grande partie par le vent, comme c'est le cas pour la plupart des Cypéracées. On croit que l'espèce est autocompatible. Les akènes, qui ressemblent à des graines, sont dispersés depuis la plante parent en automne; leurs longues soies favorisent peut-être la dispersion par l'eau et les animaux. En outre, il est probable que les graines soient dispersées (par voies interne et externe) par les oiseaux aquatiques sur de longues distances. Chez une espèce étroitement apparentée, le taux de germination est le plus élevé durant les périodes sèches, idéales pour la croissance. Les individus peuvent se reproduire avant l'âge de un an aux États-Unis, mais ils ne peuvent probablement pas se reproduire avant l'âge de deux ou trois ans en Nouvelle-Écosse, si on se fie aux rosettes végétatives de grosseur moyenne observées dans la province. L'espèce ne produit pas de rhizome, mais peut se reproduire par voie végétative et se propager ainsi sur de courtes distances, en produisant de nouvelles rosettes à côté des rosettes existantes. On ignore les paramètres démographiques de la multiplication par voie végétative, la longévité des individus distincts sur le plan génétique et des ramets ainsi que la durée d'une génération.

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