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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la petite Nyctale de la sous-espèce brooksi (Aegolius acadicus brooksi) au Canada

Résumé

Petite Nyctale de la sous-espèce brooksi
Aegolius acadicus brooksi

Information sur l’espèce

La sous-espèce brooksi de la Petite Nyctale (Aegolius acadicus), parfois appelée Petite Nyctale de Haida Gwaii, est endémique à l’archipel Haida Gwaii (îles de la Reine-Charlotte), situé au large de la côte nord de la Colombie-Britannique. Tout comme la sous-espèce continentale (A. a. acadicus), cette Petite Nyctale est une petite chouette longue d’environ 20 cm. Son plumage est globalement plus foncé que celui de la sous-espèce nominative, présentant une couleur générale chamois et une poitrine plus tachetée. La Petite Nyctale a les yeux jaunes et un disque facial rond imposant, et elle est dépourvue d’aigrettes.

Répartition

La sous-espèce continentale de la Petite Nyctale est présente dans une grande partie des États-Unis et de la moitié sud du Canada, mais la sous-espèce brooksi est endémique à Haida Gwaii à l’archipel Haida Gwaii (îles de la Reine-Charlotte).

Habitat

Pendant la saison de reproduction, ces chouettes occupent principalement les forêts anciennes et matures à faible altitude (sous 300 m), soit la zone biogéoclimatique côtière à pruche de l’Ouest. La Petite Nyctale niche dans les cavités abandonnées par d’autres espèces, et la taille de ces cavités (dont l’entrée doit avoir un diamètre supérieur à 7,5 cm) est un facteur limitatif à l’échelle du paysage. Les cavités appropriées sont plus communes dans les forêts anciennes, et se trouvent davantage dans les peuplements de pruches de l’Ouest et d’épinettes de Sitka que dans ceux d’autres espèces d’arbres. L’exploitation forestière a entraîné une diminution de 13 p. 100 de l’habitat convenable au cours des 10 dernières années. Les besoins en matière d’habitat en dehors de la saison de reproduction sont largement inconnus, mais il semble que certaines chouettes se déplaceraient vers les zones côtières afin d’y profiter d’une source de nourriture riche et accessible composée d’isopodes et d’amphipodes intertidaux. Sur les îles, environ 2 250 km² de terres (pas entièrement composées d’un habitat convenable) sont protégées du fait qu’elles se trouvent dans la réserve de parc national Gwaii Haanas, le parc provincial Naikoon et 12 zones d’habitat faunique.

Biologie

La Petite Nyctale vit entre cinq et sept années, et commence à se reproduire dès son premier printemps (à un an). Les femelles se chargent entièrement de couver les œufs et d’élever les juvéniles nidicoles pendant que les mâles les approvisionnent en nourriture. Bien qu’il y ait une asynchronie notable entre les individus quant au moment de la reproduction, les activités de pariade débutent généralement au début du mois de mars et les juvéniles commencent à quitter le nid en juin et en juillet. Les nids sont aménagés dans des cavités creusées principalement par des pics. Il existe certains prédateurs potentiels de la Petite Nyctale sur l’archipel Haida Gwaii, mais ceux-ci sont surtout des animaux diurnes et n’ont probablement pas une incidence importante sur l’abondance des chouettes. La sous-espèce brooksi est différente de la sous-espèce acadicus du fait qu’elle n’est pas migratrice. En effet, cette sous-espèce demeure sur l’archipel Haida Gwaii toute l’année.

Taille et tendances des populations

La taille et les tendances de la population ont été calculées en utilisant des estimations de la densité dans des habitats perturbés et contigus, et en les extrapolant à la quantité de l’habitat convenable disponible dans le paysage. Selon ces calculs, il y aurait environ 926 ± 290 territoires (couples nicheurs) sur les îles de la Reine-Charlotte, et le déclin projeté au cours des 15 prochaines années (trois générations) serait d’environ 9 p. 100.

Facteurs limitatifs et menaces

Cette sous-espèce est endémique à un archipel isolé, et ses populations semblent décliner dans les secteurs ciblés par les activités d’exploitation forestière. Il n’existe pas de population extérieure qui pourrait compenser un déclin démographique causé par une diminution de l’habitat. L’introduction du cerf de Sitka a provoqué le déclin de la végétation du sous-étage par broutage. Ce changement de l’habitat forestier risque d’avoir une incidence sur les populations d’oiseaux chanteurs, de rongeurs et d’invertébrés, toutes d’importantes sources de nourriture pour la Petite Nyctale.

Importance de l’espèce

La Petite Nyctale des îles de la Reine-Charlotte est une sous-espèce distincte endémique au Canada.

Protection actuelle

En vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, il est interdit de chasser les Petites Nyctales de la réserve de parc national Gwaii Haanas, d’en faire le trafic ou d’en avoir en sa possession. À l’échelle provinciale, la sous-espèce brooksi est inscrite sur la liste bleue. À l’échelle internationale, ces chouettes sont inscrites à l’annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du pays (DP)Note de bas de pagea
Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pageb
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pagec
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de paged
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce à l'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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