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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur latruite fardée versant de l'ouest (populations de la Colombie - Britannique et de l'Alberta) au Canada

Résumé

Truite fardée versant de l’ouest

Oncorhynchus clarkii lewisi

Population de la Colombie-Britannique

Population de l’Alberta

 

Information sur l’espèce

La truite fardée (Oncorhynchus clarkii, anciennementSalmo clarkii) est un salmonidé polytypique indigène de l’ouest de l’Amérique du Nord. Il existe deux sous-espèces sauvages au Canada : la truite fardée côtière (O. c. clarkii) et la truite fardée versant de l’ouest (O. c. lewisi). Les truites fardées sont très diversifiées en termes de phénotype et de cycle vital. La caractéristique qui distingue le mieux la truite fardée des autres espèces apparentées est la présence de lignes d’un rouge orangé éclatant sous la mâchoire inférieure.

La génétique et la discontinuité de l’aire de répartition ont justifié la reconnaisance de deux unités désignables, soit la population de l’Alberta et la population de la Colombie-Britannique.

 

Répartition

La répartition de la truite fardée versant de l’ouest chevauche la ligne continentale de partage des eaux. Aux États-Unis, elle comprend des bassins hydrographiques au Montana, en Idaho, dans l’État de Washington, en Oregon et au Wyoming. Au Canada, la sous-espèce ne se trouve que dans le sud-est de la Colombie-Britannique (principalement dans les bassins du cours supérieur de la rivière Kootenay et du fleuve Columbia) et dans le sud-ouest de l’Alberta (principalement dans le bassin de la rivière Saskatchewan Sud). Dans l’ensemble, sa distribution s’est gravement fragmentée (dans des eaux d’amont isolées et en haute altitude) et le cœur de son aire de répartition est aujourd’hui le bassin de la haute rivière Kootenay dans le sud-est de la Colombie-Britannique.

 

Habitat

La truite fardée versant de l’ouest a des besoins en habitat très stricts à des étapes particulières de son cycle vital; elle a notamment besoin d’une eau pure et froide et de divers types de couvert (berges érodées, habitats de fosses et de rapides et végétation riveraine) pour survivre. En Colombie-Britannique, elle occupe de grands cours d’eau et des lacs ainsi que de nombreux ruisseaux de montagne. En Alberta, elle ne se trouve plus à toutes fins pratiques que dans le haut de l’axe principal de grandes rivières et dans l’extrême amont de quelques affluents majeurs. Cette sous-espèce tend à occuper des cours d’eau plus froids et moins productifs que ceux privilégiés par d’autres espèces apparentées.

 

Biologie

 Les populations sont généralement petites, fortement philopatriques et de structure démographique nettement définie. La détérioration de l’habitat pourrait accroître le risque que les truites fardées versant de l’ouest soient délogées par des espèces introduites (truite arc-en-ciel, autres sous-espèces de truites fardées) ou se croisent avec elles. Ainsi, les populations occupant des habitats détériorés sont davantage exposées au déclin. Compte tenu du haut degré d’isolement des populations, tout déclin aurait peu de chances d’être compensé à court terme par une immigration à partir de populations voisines.

 

Taille et tendances des populations

Il existe peu de données quantitatives sur les tendances démographiques de la truite fardée versant de l’ouest au Canada. On s’attend généralement à ce que ses populations soient de plus petite taille que celles d’autres espèces de salmonidés d’eau douce (soit de 1 p. 100 à 10 p. 100, même dans les plus grands systèmes). Le nombre d’adultes reproducteurs sur lesquels repose la croissance démographique est généralement faible, soit 100 individus ou moins par cours d’eau. Certaines populations semblent stables, mais les données disponibles dans leur ensemble donnent à penser que bon nombre de populations sont en déclin par rapport aux abondances historiques, et que plusieurs disparitions locales ont eu lieu.

 

Facteurs limitatifs et menaces

Les plus grandes menaces qui pèsent sur la truite fardée versant de l’ouest sont la modification et la dégradation de son milieu par l’humain. La foresterie, les installations hydroélectriques, l’exploitation minière, l’urbanisation et l’exploitation agricole ont tous contribué à la destruction et à la dégradation de cours d’eau dans l’aire de répartition des truites fardées, aussi bien en Alberta qu’en Colombie-Britannique. L’hybridation introgressive est répandue (surtout en Alberta), et de nouvelles introductions d’espèces non indigènes risquent de compromettre l’intégrité génétique des populations restantes. Le nombre de populations génétiquement intactes et leur distribution n’ont cessé de s’amenuiser conséquemment aux effets cumulatifs de la perte et de la détérioration de l’habitat, de la surexploitation et des interactions délétères avec des espèces introduites (p. ex. compétition, prédation, hybridation).

 

Importance de l’espèce

Les truites fardées sont des représentants uniques et importants de l’ichtyofaune d’eau douce du Canada; elles constituent la seule espèce de truite indigène dans une bonne partie de leur aire de répartition canadienne. Ainsi, elles jouent probablement un rôle structural important dans les écosystèmes aquatiques tempérés du Nord. En raison de ses besoins en habitat très particuliers, la truite fardée est considérée comme une espèce indicatrice de l’état de santé général de l’écosystème. La truite fardée versant de l’ouest est une sous-espèce prisée des pêcheurs récréatifs de l’Ouest canadien, ne cédant en popularité qu’à la truite arc-en-ciel.

 

Protection actuelle ou autres désignations de statut

L’habitat des truites fardées est protégé par des lois provinciales et fédérales. Comme l’espèce fait l’objet d’une pêche récréative répandue, ses populations sont assujetties à une réglementation provinciale sur la récolte récréative et aux règlements des parcs nationaux. On a toutefois déploré dans le passé un manque de conformité aux règlements sur la protection de l’habitat, la récolte et les parcs nationaux. À l’heure actuelle, les deux sous-espèces de truites fardées figurent dans la liste bleue de la Colombie-Britannique, dans la catégorie « vulnérable ». En Alberta, aucune population n’est inscrite officiellement et le statut de la truite fardée versant de l’ouest n’a pas encore été déterminé. Aux États-Unis, certaines populations ont fait l’objet d’une demande d’inscription en vertu de la Endangered Species Act, mais on a jugé qu’une telle protection officielle n’était pas nécessaire à l’heure actuelle. À l’échelle mondiale, la truite fardée versant de l’ouest est classée « vulnérable à la disparition ou à l’extinction » (G4T3).

 

HISTORIQUE DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

 

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

 

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur a biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

 

DÉFINITIONS

Espèce sauvage: Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D): Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP): Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*: Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M): Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**: Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***: Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****: Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

*           Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.
**         Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.
***       Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
****     Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
*****   Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Environnement                  Environment
Canada                           Canada

Service canadien               Canadian
de la faune                       Wildlife Service

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.